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fondues. Son extérieur répondait à sa bizarrerie, k l'anomalie de son intelligence et de son caractère. Grand, débite, d'une taille élancée et souple jusqu'k la faiblesse, le front couronné de cheveux grisonnants quoiqu'il eût k peine atteint sa trentième année quand il est mort; d'une constitution prédestinée k la consomption et k l'étisie, il avait la parole aiguë et peu sonore, le regard brillant et d'une lueur étrange, les joues colorées d'une teinte pourprée sur un front pâle , les traits allongés, sans énergie et sans concentration, peu agréables si vous le regardiez de profil et révélant k l'observateur une débilité d'organisation incurable. Mais si vous vous arrêtiez devant lui et que vous le vissiez en face, on ne sait quelle expression douce, résignée, séraphique et cependant résolue vous donnait l'idée d'un apôtre, de saint Jean-Baptiste, par exemple, ou de cet ange dont parle Milton : «Beau, calme, bienveillant, qui tenait » dans sa main le rameau couronné de flam- » mes rougissantes.
» Selon leurs tendances politiques et religieuses, infidèles ou croyants, conservateurs on initiateurs, admirent ou plaignent les poètes comme Shelley, les exaltent ou les déprécient; cela se conçoit. On conçoit aussi que l'ironie des hommes faits s'attaque volontiers aux juvéniles illusions, aux candides espérances, k l'emphase ambitieuse des réformateurs poétiques. Ce qui se concevrait moins, c'est qu'on eût pour des penseurs tels que Spinoza ou Shelley, leur parenté intellectuelle est des plus proches, une antipathie sérieuse, un mépris réel. Toute estime est due k leur vie, tonte confiance k leur sincérité. Leur courage, leur dévouement désintéressé restent hors de doute, et leurs grandes facultés ne sont pas de celles qu'on peut nier ou méconnaître. Si, par le malheur de leur nature exigeante et raffinée, ils ont ressenti plus vivement que d'autres les tristes lacunes de leur condition humaine ; si, rêvant la perfectibilité humaine indéfinie, ils ont travaillé avec plus de zèle et moins de prudence kl'émancipation des intelligences qu'ils jugeaient asservies; s'ils ont, au risque et au détriment de leur bonheur, pris en main la cause du faible contre le fort avec une abnégation plus entière, devons-nous pour cela les maudire et persécuter leur mémoire? Ou bien, condamnant à l'oubli les torts douteux de leur esprit, les généreux excès de leur dévouement, n'est-il pas plus juste de jeter, comme l'a dit le poëte lui-même, quelques fleurs éplorées, quelques guirlandes de cyprès votifs sur la couche solitaire où le poêle repose à jamais? »
SHELLEY (Mary Wollstonecraft, dame), romancière anglaise, femme du précédent, née en 1798, morte k Londres en 1851. Elle était fille naturelle du romancier Godwin et prit le nom de sa mère. Mary n'avait que seize ans lorsqu'elle connut Shelley, qu'elle suivit en Allemagne et en Italie et qu'elle épousa par la suite. A dix-huit ans, elle fit paraître son premier roman, Frankenstein (Londres, 1816), dont le succès fut énorme et qui annonçait une grande puissance d'imagination. On lui doit encore : Valperga (1823); Valktand; The Lasl man; The Fortunes of Perkins Warbeck; Rambles in Germany and Italy (1844), ouvrage intéressant et qui fut bien accueilli; enfin des biographies d'artistes et de littérateurs italiens.
SHELLUH s. m. (ehèl-loû). Linguist. Autre orthographe du mot CHELLOOH.
SHELTON (Frédéric-Guillaume), écrivain américain, né k la Jamaïque vers 1814. Il étudia la théologie et prêcha dans plusieurs villes, et en dernier lieu, depuis 1854, k Montpellier (Vermont). Il a écrit un poème satirique, The Trollopiad or Travelling gentleman in America (New-York, 1837), les romans : Salander and the Dragon (1851), Chrystalline (1854), The Reclor of St-Bardolph's or Superannuated (1853), etc.
SHELTOPUS1CK ou SHELTOPUSIK s. m.
(chèl-to-pu-zik). Erpét. Genre de reptiles sauriens, de la famille des chalcidiens, voisin des orvets, et dont l'espèce type habite la partie orientale du pourtour du bassin méditerranéen : Le snauropusiCK fréquente, dit-on, les localités herbeuses, (E. Desmarest.)
— Encycl. Ce genre, qui semble établir le passage des ophidiens aux sauriens, présente, comme caractères principaux : une langue en fer de flèche, échancrée en avant; des dents au palais ; des narines latérales, n'ouvrant chacune dans une seule plaque; l'oreille k orifice externe très-petit; des plaques céphaliques nombreuses ; le corps serpentiforme; deux sillons latéraux assez profonds ; deux membres postérieurs, représentés par deux petits appendices écailleux, simples ou un peu bifides. Ces sauriens sont très-voisins des orvets. Le shettopusick de Pallns est la seule espèce connue; il atteint environ 0m,70 de longueur; sa couleur est d'un châtain rougeâtre ponctué de noir en dessus, cendrée en dessous. Mais ces couleurs varient avec l'âge. Ce reptile est ré ■ pandu surtout au pourtour du bassin méditerranéen; il fréquente les localités herbeuses.
SHENANDOAH, rivière des Etats-Unis d'Amérique, dans l'État de Virginie, formée de deux ruisseaux qui se réunissent près de Front-Royal. Elle coule au N.-E., presque
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parallèlement à la chaîne des Blue-Riil^e et se jette dans le Potomac, à Harper's Ferry, après un cours de 195 kilom.
SHENSTONB (William), poète anglais, né auxLeasowes(Shropshire) en 1714, mort dans le même lieu en 1703. Après avoir terminé ses études k Oxford, il débuta dans la carrière littéraire par un recueil de vers intitulé Poems upon various occasions (Oxford, 1737, in-8«). Il mena ensuite quelque temps la vie élégante des riches désœuvrés, puis retourna dans son domaine des Leasowes, où il créa des jardins magnifiques qui lui coûtèrent toute sa fortune. Indépendamment du recueil poétique que nous avons cité plus haut, on possède de Shenstone : la Maîtresse d'école (1741); des odes, des chansons, des élégies, dontla plus remarquable est sa Ballade pastorale; des pastorales, des poëmes burlesques et quelques écrits en prose, Essais sur les hommes et les mœurs et Lettres à mes amis. On lui trouve des observations justes et fines, mêlées k des idées paradoxales. Ses vers sont élégants et harmonieux, mais ils manquent de variété et on y trouve souvent une sorte d'afféterie langoureuse. Ses Œuvres complètes, publiées a Londres (1764, 3 vol, in-8°), ont été plusieurs fois rééditées.
SHEPARD (Charles- Upham), naturaliste américain, né k Little-Compton (Rhode-Island) en 1804. Il étudia k Amherst, dans le Massachusetts, puis k Cambridge, en Angleterre. De retour aux Etats-Unis, il fut nommé professeur de chimie k Charleston (Caroline du Sud) et, en 1845, professeur de chimie et d'histoire naturelle k l'université d'Ainherst. Il a publié plusieurs brochures et écrit dans les recueils périodiques. Son principal ouvrage est un Traité de minéralogie (1832 ; 3« édit., 1855).
SHÉPHERDIE s. f. (ché-fèr-dî — de Shepherd , botan. angl.). Bot. Genre d'arbrisseaux, delà famille des éléagnées, formé aux dépens des argousiers, et comprenant plusieurs espèces, qui croissent dans l'Amérique du Nord et au Japon. *
— Encycl. Les shépherdies, réunies autrefois aux argousiers, sont de petits arbres ou de glands arbrisseaux, à feuilles opposées, lancéolées, revêtues, surtout k la face inférieure, de poils écailleux, argentés ou ferrugineux, répandus aussi sur les rameaux, qui se terminent en épines; les fleurs sont dioïques; elles ont un pénanthe k quatre divisions, dont la gorge est fermée par huit glandes; le fruit est un akène recouvert par le tube du périanthe devenu charnu, ce qui lui donne l'apparence d'une baie ou d'un drupe. Ces végétaux croissent surtout datfs l'Amérique du Nord et aussi au Japon. Plusieurs sont cultivés dans nos jardins et produisent un bel effet par leur feuillage et leurs fruits. La shépherdie du Canada atteint environ 2 mètres de hauteur; ses feuilles sont ferrugineuses; ses fruits ont une saveur douceâtre et passent pour purgatifs. On peut citer aussi la shépherdie argentée.
SHEPPEV, lie d'Angleterre, près de la côte du comté de Kent, k "embouchure de la Tamise et de la Medway, Elle mesure 16 kilom. de l'E. k l'O., sur 8 kilom. du N. au S. Les quatre cinquièmes du sol sont couverts de marais et de pâturages; le reste, très-fertile et bien cultivé, produit beaucoup de blé et de légumes. Le ch.-l. de l'Ile est Sbeerness.
SUEPTON - MALLET, ville d'Angleterre, comté de Somerset, k 9 kilom. S.-E. de Wells, sur la petite rivière de la Bure ; 5,500 hab. Manufacture de soie, crêpes, velours ; fabrication de lainages et tricots. Le nom de cette \ ille vient de celui d'un certain Mallet, compagnon de Guillaume le Conquérant.
SHERARD ou SHERWOOD (Guillaume), botaniste anglais, né en 1G59, mort en 1728. Il voyagea en Hollande, en France et en Italie, se lia avec les plus célèbres botanistes du continent, Boerhaave, Tournefort, Vaillant, Michel1, etc. En 1702, il fut nommé consul d'Angleterre k Smyrne. Ce fut dans sa maison de campagne de Sedekïo, près de cette ville, qu'il commença son grand Herbarium. 11 revint en Angleterre en 1718, puis il fit un nouveau voyage sur le continent. Il amena avec lui d'Allemagne en Angleterre le célèbre Dillenius et aida Boerhaave k la rédaction du Botanicon parisiense. Il parait certain quo c'est Sherard et non Samuel Wharten qui est l'auteur de l'ouvrage intitulé Schola botanica (Amsterdam, 1689, réimprimé en 1691 et 1699).
SHERARD (Jacques), frère cadet du précédent et botaniste comme lui. Il contribua k lu publication de l'Histoire naturelle de la Caroline de Catesby et de l'Hortus Ulhamensis de Dillenius, en fournissant aux deux botanistes des matériaux et des secours pécuniaires. Ces deux ouvrages n'ont paru qu'aprèd la mort de Sherard.
SHÉRARD1E s. f. (ché-rar-dl — de Sherard, botan. angl.). Bot. Genre de plantes, de la famille des rubiacées, tribu des galiées, dont l'espèce type est commune dans toute l'Europe : Les shérardies sont voisines des aspérules. (T. de Berneaud.) Il On dit aussi shkraudb.
— Encycl. Les shérardies sont des plantes herbacées ou sous-frutescentes, k teu.lle^
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verticillécs, a fleurs monopétales, bleuâtres, disposées en cyme ombelliforme terminale et auxquelles succèdent des fruits composés de deux petites coques indéhiscentes et surmontés par le calice persistant. Ce genre ne comprend qu'un petit nombre d'espèces, qui habitent l'Europe. La shérai die des champs est une plante annuelle, à racine pivotante, à tiges striées, hautes de 001,10 au plus. Elle est très-répandue dans toute la France et abonde surtout dans les champs incultes et les jachères. Elle fleurit de très-bonne heure, même avant la fin de l'hiver, et fournit un pâturage, peu abondant, il est vrai, aux moutons, aux chèvres et aux chevaux, qui la mangent volontiers,
SHERBORNE, ville d'Angleterre, comté de Dorset, k 27 kilom. N.-O. de Dorchester, sur l'ivel, qui la divise en deux parties appelées Sherborne et Castleton ; 4,975 hab. Oolléjre occupant les bâtiments d'une ancienne abbaye. Fabrication de soieries, toiles, bonneterie. Cette ville, agréablement située, possède une église que l'on considère comme unft des plus belles de cette partie de l'Angleterre, et où l'on voit des spécimens des différentes époques d'architecture, depuis les Normands jusqu'au xvie siècle. Aux environs, beau château des comtes de Digby.
SHERBURN, bourg et paroisse d'Angleterre, comté et à 20 kilom. S.-O. d'York (\Vest-Riding) ; 3,800 hab. Récolte et commerce important de chanvre, prunes et cerises.
SHERBURN, bourg des Etats-Unis d'Amérique, dans l'Etat de New.- York, à n kilom. N. de Norwich; 3,500 hab.
SHËRBURMÎ ou SHIRBURN (sir Edward), poète anglais, né k Londres en 1G18, mort dans la même ville en 1702. Après avoir voyagé sur le continent, il succéda, en 1641, à son père dans le grade d'intendant de l'artillerie, puis fut cassé par le Parlement pendant la guerre civile et emprisonné pour ses opinions royalistes. Ayant recouvré la liberté, il alla rejoindre Charles I«r, sous les ordres duquel il combattit. Ses biens furent confisqués et, en 1646, il revint à Londres, où il vécut obscurément, en ayant soin de se cacher. Il s'adonna alors à la poésie, devint intendant de lord Saville, puis accompagna un de ses élèves sur le continent de 1654 à 1059. Lors de la restauration des Stuarts, il fut réintégré dans sa charge, qu'il perdit de nouveau pour refus de serment à Guillaume 111 (1688), et il acheva son existence dans la misère. On lui doit : Medea, tragédie (1648, in-8<>) ; Poems and translations (Londres, 1051, in-8°); The Sphère of Manilias (1675, in-fol.) ; Troades, tragédie (1679, in-4°).
SHERIDAN, bourg des Etats-Unis d'Amérique, dans l'Etat de New-York, sur le lac Erié ; 2,275 hab.
SHERIDAN (Thomas), acteur et littérateur anglais, né à Quilca (Irlande) en 1721, mort k Margate en 1788. Sans ressource à la mort de son père, qui avait été successivement pasteur et maître d'école, il embrassa la profession théâtrale, joua pendant quelque temps à Covent-Garden (1744), puis dirigea pendant huit ans le théâtre de Dublin (1746-1754) et se voua ensuite exclusivement à l'enseignement de la déclamation. Il professa a Londres, à Oxford, à Cambridge et en Ecosse des cours fort suivis. Lorsque George III monta sur le trône, il obtint une pension. Par la suite, il dirigea pendant trois ans le théâtre de Drury-Lane, dont son fils était devenu propriétaire. Thomas Sheridan avait une idée rixe ; il était profondément convaincu que le moyen de régénérer le genre humain était do le rendre éloquent, et, eu conséquence, il pensait que le premier des arts était la déclamation. Il exposa ses idées à ce sujet dans un ouvrage intitulé Drilish éducation, the source of the disorders in Great Britaiu (1755, in-8°). On lui doit, en outre: Diclionary of tlie Jinglish tangiiage (nSO, 2 vol. in-4») ;Life of J, Swift (1864, iu 8°); Course of oratoricul lectures.
SHERIDAN (Frances Chamberiaine, dame), romancière et auteur dramatique anglais, femme du précédent, née en Irlande en 1724, morte à Blois en 1766. Elle écrivit en faveur de Sheridan, en 1754, une brochure à propos des troubles qui avaient éclaté uu théâtre do Dublin dirigé par ce dernier, et Sheridan reconnaissant lui donna son nom. C'était une femme aimable et spirituelle qui a laissé divers écrits : Memoirs of Siduey Diddulph (Londres, 1761, 5 vol. in-8°) ; Mistory of Nourjahad (Londres, 1767, in-12), romans qui ont été traduits en français, et deux comédies, The Discovery et The Lape.
SHERIDAN (Richard-Briiisley-Butler), célèbre auteur dramatique et homme politique anglais, fils des précédents, né à Dublin le 30 octobre 1751, mort à Londres le 7 juillet 1816. Sa mère dirigea sa première éducation et essaya vainement de développer son intelligence, qui paraissait obtuse. A Dublin, puis au collège d'Harrow, où il fit ses études, il laissa de lui une pitoyable impression à ses professeurs, qui ne trouvèrent dans le jeune Sheridan qu'un écolier profondément paresseux et sans aucune disposition pour l'étude. Se ne fut que lorsqu'il vint habiter Londres a/ec sa famille que cet esprit, jusqu'alors presque ferm/ commença à se développer et
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à regagner tout le temps perdu. L'amour fut pour beaucoup dans cette métamorphose, qui devait donner à l'Angleterre un des plus grands talents dont elle s'honore. Ne sachant quelle profession adopter, il venait de faire avec ses amis une traduction d'Aristénêie et menait une existence des plus oisives, lorsqu'il entendit un jour, à Bath, une cantatrice de seize ans, miss Elisabeth Linley, dont la beauté égalait le talent. L'obscur jeune homme s'éprit de la plus vive passion pour la jeune cantatrice, autour de laquelle s'empressaient les adorateurs. Un certain capitaine Mathews, repoussé par la jeune fille, voulut s'en venger en faisant paraître dans un journal un article diffamatoire sur Elisabeth. Sheridan prit aussitôt fait et cause pour celle qu'iL aimait, provoqua, en duel le capitaine, qu'il désarma, et le força k signer une rétractation. Mais Mathews, furieux, provoqua à son tour Sheridan à une nouvelle rencontre. Le duel s'engagea au pistolet, se continua à l'épèe et se termina par une lutte a coupa de poing. Miss Elisabeth, informée de ce qui venait de se passer, ne resta pas insensible aux marques d'amour que venait de lui donner son défenseur. Sheridan voulut l'épouser; mais les parents des. deux jeunes gens s'opposèrent à cette union, et uu beau jour l'amoureux couple quitta l'Angleterre et se rendit en France. Là, Sheridan épousa secrètement miss Linley, qu'il dut, faute de ressources, ramenerau bout de quelque temps dans sa famille. M. Linley continua à ne pas vouloir de lui pour gendre, et ce ne fut qu'en 1773 qu'il parvint à arracher enfin un consentement et h contracter un mariage public. Il ne voulut plus que sa femme chantât sur un théâtre et, comme il était sans fortune, il résolut de se créer des ressources en écrivant des œuvres dramatiques. Ses premiers essais, les Rivaux (1774), le Jour de Saint-Patrice (1774), la Duègne (1775), commencèrent sa réputation. Par suite d'un arrangement avec le célèbre acteur Garrick, il devint, en 1776, directeur du théâtre de Drury-Lane et gagna alors beaucoup d'argent. L'année suivante, il fit représenter l'Ecole de la médisance (1777), comédie dans laquelle se trouve une peinture piquante des mœurs anglaises et qui lui valut d'être proclamé le premier auteur dramatique de son temps. Cette même année, Sheridan donna k son théâtre le Relaps, pièce de Vanbrugh qu'il avait arrangée, et, en 1779, lo Critique, spirituelle et amusante comédie dont le succès fut très-grand.
A cette époque, Sheridan était en complète possession de la renommée. 11 gagnait beaucoup, mais, prodigue k l'excès et adonné à la déplorable passion du jeu, il se trouvait comme toujours dans une situation pécuniaire embarrassée. Ce fut alors que Fox, son ami, l'engagea a profiter de sa popularité pour se lancer dans la carrière politique. Nommé lors des élections de 1780 membre de la Chambre des communes par le bourg de Stufford, il alla siéger parmi les whigs et ne tarda pas à prendre rang parmi les défenseurs les plus ardents de la liberté. « Avec une ample part de renommée littéraire, mais non pas assurément de celle qui promet le plus un homme d'Etat, dit lord Brougham, avec une trèsmince provision de connaissances de quelque utilité dans les affaires politiques, avec une naissance et une position sociale peu propres a obtenir la considération du pays le plus aristocratique de l'Europe, lils d'un acteur et lui-même directeur de théâtre, il entra duns ce Parlement alors éclairé par le vaste savoir, non inoins que fortifié et embelli par la haute' réputation de Burke et soumis à l'empire d'orateurs accomplis, tels que Fox et Pilt. Son premier essai fut modeste et ne fut pas heureux. Sans porter trop loin ses prétentions, il échoua dans son humble tentative... Ce qui lui manquait en talents acquis et en facilité naturelle, il y suppléa par une industrie infatigable. Dans certaines limites et avec un objet déterminé en vue, aucun labeur ne pouvait l'abattre; nul ne pouvait travailler, pendant un temps, avec une application plus active et plus soutenue. Par une attention constante aux moindres détails et aux entretiens des eomitès secrets; par une diligente assiduité à tous les débats-, par des relations habituelles avec tous les agents du drame politique, depuis les chefs de parti et les cercles à la mode jusqu'aux pourvoyeurs de discussions quotidiennes pour le public et aux rapporteurs des séances parlementaires, il s'accoutuma à une aisance d'élocuiion absolument indispensable pour tous, excepté pour les génies supérieurs, et même presque nécessaire à ceux-là, et il acquit tout ce qu'il posséda jamais d'instruction pratique ou tout ce que ses discours en décèlent. Par ces degrés, il s'éleva au rang d'orateur de premier ordre et d'improvisateur aussi habile que le défaut de promptitude et le besoin de préparation pouvaient le permettre. •
A son entrée au Parlement, il y parla peu et rarement. Il se trouvait plus à l'aise dans les réunions privées et dans les clubs et faisait une guerre acharnée au cabinet de lord Nortb, soit dans des pamphlets, soit dans des articles publiés dans l'Englishman. Lorsque les whigs arrivèrent au pouvoir en mars 17S2, il l'ut nommé secrétaire d'Etat des affaires étrangères; mais, au mois de juillet suivant, le cabinet Rockinghum donna sa démission et Sheridan redevint simple député. 11 lit
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alors paraître le Jésuite, journal satirique dans lequel il continua à attaquer les tories de la façon la plus acerbe et la plus mordante. A la suite d'une nouvelle crise ministérielle qui ramena les whigs aux affaires (avril 1783), Sheridan reçut le poste de secrétaire du trésor, dont il dut se démettre au mois de décembre suivant. Le jeune Pitt, devenu ministre, trouva en lui un redoutable adversaire. Comme il le raillait un jour sur son origine théâtrale, Sheridan l'écrasa de sa mordante ironie et désigna le ministre sous le nom A'Angry boy (le petit garçon en colère), surnom qui lui resta longtemps. A cette époque, il s'éleva par son éloquence au rang des Fox, des Burke et des Pitt. Lors du procès d'Hastings, gouverneur de l'Inde, il prononça contre lui, le 7 février 1787, un célèbre discours, regardé comme le chef-d'œuvre de la tribune anglaise et au sujet duquel Pitt disait : 0 Sheridan a dépassé l'éloquence des temps anciens et des temps modernes. » Devenu un des familiers du prince de Galles, dont il égayait par ses saillies les réunions intimes et qui lui fit donner par la suite la lucrative sinécure de receveur général du duché de Cornouailles, il se prononça pour qu'on conférât à ce prince la régence et les pouvoirs royaux lorsque George III, frappé d'aliénation mentale, fut hors d'état de gouverner.
Ce fut avec enthousiasme que Sheridan accueillit les grandes réformes de la Révolution française, dont il se fit constamment le défenseur contre les attaques passionnées de Burke. En 1792, il perdit la femme qu'il avait tant aimée et épousa, trois ans plus tard, la fille du doyen de "Winchester, miss Ogle, qui lui apporta une belle fortune, mais avec laquelle il fut loin de trouver le bonheur domestique. Pour se distraire de ses chagrins, il se livra plus que jamais aune vie de dissipation et de désordre, et se trouva plongé dans de nouveaux embarras d'argent qu'il cherchait à oublier dans le vin. En 1798, il fit jouer k Drury-Lane deux pièces imitées de Kotzebue, Pizarre et Misanthropie et repentir, dont le succès fut énorme. Depuis quelque temps, il avait acheté le beau domaine de Polesden, où il songeait à se retirer, lorsque l'arrivée de Fox au ministère le rappela aux affaires. Il fut nommé membre du conseil privé et trésorier de la marine (1806) ; mais à la mort de Fox, qui survint peu après, il perdit ces deux fonctions. Son caractère d'homme politique ne l'empêchait pas de rester à la tête de Drury-Lane ; mais, ne pouvant y donner tous ses soins, il le voyait déchoir. Les affaires personnelles de Sheridan étaient des plus embarrassées, lorsque l'incendie du théâtre, en 1809, précipita sa ruine. Non-seuloment il n'eut plus les ressources nécessaires pour se faire élire député, mais des créanciers avides le poursuivirent à outrance. Avec la gène et la vieillesse, il se vit abandonné de ceux qui l'avaient recherché; les bourses se fermèrent et il fut plongé pour dettes dans une prison dont il ne sortit que par la libéralité de ses médecins, les docteurs Bain et Baillie, les seuls amis qui, avec Rogers et Thomas Moore, lui restèrent rideras dans le malheur. A su mort, ses restes furent déposés à Westminster, k côté des hommes illustres dont l'Angleterre s'honore. On lui fit des funérailles pompeuses ; elles donnèrent lieu k une anecdote trop curieuse pour ètro passée sous silence. Au moment où le cercueil allait être placé sur le char funèbre, un huissier vint saisir le défunt, en vertu d'un mandat de prise de corps, pour une dette de 500 livres sterling, et il fallut que Canninget iord Sidmouth payassent sur-le-champ cette somme pour empêcher que la cérémonie ne fût suspendue.
Dans les Mémoires qu'il a écrits sur Sheridan, Thomas Moore cite le jugement suivant de lord Byron sur le célèbre auteur de l'Ecole de la médisance : « Lord Holland m a raconté un trait curieux de sensibilité de Sheridan. L'autre soir, chacun de nous exprimait son opinion sur lui et sur d'autres hommes marquants. Je dis, pour ma part, que tout ce que Sheridan avait fait ou tenié de faire avait toujours été la chose par excellence, la meilleure eu son genre. li a écrit la meilleure comédie {l'Ecole de la médisance), le meilleur opéra (la Duègne, bien supérieur, selon moi, à l'opéra du Gueux), la meilleure farce (le Critique), qui n'a d'autre défaut que d'être une trop bonne pièce pour une pièce de second ordre; le meilleur monologue (celui sur Garrick), et, pour couronner le tout, il a prononcé le meilleur discours oratoire (le célèbre Begum speech) qui ait jamais été conçu ou entendu dans ce pays. Quelqu'un répéta ceci à Sheridan le lendemain, et, en l'entendant, il fut ému jusqu'aux larmes. Pauvre Brinsleyl si ce furent des larmes de plaisir, j'aime mieux avoir dit ce peu do mots sincères que d'avoir écrit l'Iliade uu d'avoir composé sa belle Philippique. Sa charmante comédie ne me fit même jamais autant de plaisir que j'en eus à apprendre qu'un de mes éloges lui avait causé un moment de satisfaction. » L'esprit de Sheridan était un mélange d'insouciance et de vivacité, d'activité et de paresse. Il excellait dans l'art de renvoyer à ses adversaires les traits qu'ils lui lançaient, et il les battait presque toujours avec leurs propres armes. Des qu'il appliquait sérieusement son intelligence à l'examen d'une question, il en saisissait rapide-
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ment toutes les faces, et personne ne savait mieux que lui profiter d'un avantage. Il n'avait pas une conviction passionnée, mais raisonnée et spirituelle qui lui laissait toute sa liberté d'esprit et lui permettait de choisir de sang-froid ses moyens d'attaque et de défense. Son instruction était très-bornée, et il lui arrivait souvent de faire les recherches les plus simples au moment même où il en avait besoin ; mais il savait jusqu'où il pouvait s'aventurer et allait rarement au delà. Les Œuvres dramatiques de Sheridan ont été publiées avec une notice par Thomas Moore (Londres, 1821, 2 vol. in-8°). Ses comédies ont été traduites en français. Il existe une douzaine de traductions sous divers titrea de son Ecole de la médisance. Son Théâtre complet a été traduit par Bonnet (1836, 2 vol. in-8") et par B. Laroche (1841, in-8°). Quant à ses discours politiques, ils ont été publiés à Londres (1816, 5 vol. in-8°,et 1842, 3 vol. in-8"). Enfin, on a publié sous le titre de Sheridiaua un recueil de la plupart de ses mots spirituels et de ses piquantes saillies. — Son frère aîné, Charles-Francis Shkridan, devint membre de la Chambre des communes, fut secrétaire du ministre anglais à Stockholm et fit paraître une Histoire de la réuolution de Suède en 1772, -laquelle a été traduite en français par Bruysel (1783, in-S°J.
Sheridan (MÉMOIRES DK), par Thomas
Moore (Londres, 1825). Cet ouvrage n'est pas une autobiographie. Le rédacteur de ces Mémoires a puisé largement dans les papiers de Sheridan. Malheureusement, un ami, même le plus intime, ne pouvait remplacer le héros du livre pour l'exécution d'une tâche de ce genre; comment aurait-il pu s'emparer de tous ses souvenirs, pénétrer les plus secrets sentiments de son âme, rendre compte enfui de toutes ses actions? Sheridan avait obtenu dans la société des succès brillants. On peut faire bon marché de ses exploits mondains, mais on regrettera toujours de n'avoir pas reçu sans intermédiaire les pensées et las observations d'un orateur patriote, d'un écrivain dramatique, qui marquait parmi les hommes les plus illustres de son pays et de son temps. Moore a tiré parfois des choses curieuses des papiers de Sheridan; mais il aurait pu y laisser des détails dont l'importance s'est évanouie. On n'embrasse pas bien toute l'époque, dont le grand caractère est en quelque sorte noyé dans une foule de petites circonstances trop longuement exposées. On reconnaît néanmoins torigine de l'ouvrage à la manière dont il est composé : en effet, la par- . tie littéraire y est traitée avec plus de soin que la partie politique; les dissertations 3' sont plus fréquentes que les récits. Sheridan avait coutume de travailler longtemps les écrits qu'il destinait k voir le jour; avant de paraître à Drury-Lane et d'exciter l'enthousiasme général, son Ecole de la médisance avait subi mille métamorphoses ; ses notes en font foi ; on y trouve consignées toutes les inspirations de l'auteur, toutes ies corrections que son goût et son jugement lui dictaient chaque jour. C'est en les rapprochant que Moore est parvenu a tracer l'histoire des compositions littéraires de Sheridan, k décrire les travaux de son génie. Quelquefois aussi il y a puisé des éclaircissements sur divers événements de la vie de son héros. Mais il laisse encore bien des faits dans le doute et dans l'obscurité. Toutefois, il a fidèlement retracé la vie aventureuse de l'homme singulier que Byron a jugé avec une bienveillance si rare chez le grand poëte. L'admiration et la partialité n'ont point égaré son propre jugement. Il a peint, avec une parfaite exactitude, le brillant, l'ingénieux Sheridan, fameux par ses talents, dégradé par ses désordres; comblé des dons de la nature et négligé dans son éducation; distingué par la noblesse de ses inclinations, et conduit à la misère par ses folies et son imprévoyance. Sous sa plume, la morale ne perd jamais ses droits.
SHERIDAN (Philippe), célèbre général américain, né k Albany, dans l'Etat de New- Ynrk, en 1831. Il appartient à une pauvre famille irlandaise, avec laquelle il alla s'établir, en 1834, k Somerset, dans l'Etat d'Ohio, où il reçut une éducation première très-incomplète. Sheridan était, depuis quelques années, apprenti chez uu mercier, lorsque le hasard le rapprocha du générai Ritchie, représentant du district au Congrès, qui s'intéressa à lui et lui fit obtenir une place de cadet k l'Ecole militaire de Westpoint. Après avoir terminé ses études, Sheridan entra comme lieutenant dans un régiment de cavalerie k Oregon, fit pendant longtemps la guerre aux Indiens et ne parvint que trèslentement.au grade de capitaine. Ses supérieurs n'avaient pas une haute idée de ses capacités ; aussi, au début de la guerre de sécession, le laissèrent-ils k sa garnison, sur la côte de l'océan Pacifique. Ce ne fut que vers la tin de l'année 1861 que, sur ses instances, on l'appela dans le Missouri, où il fut attaché à l'administration militaire; enfin, le manque d'officiers expérimentés dans les troupes volontaires décida le général Halleck k l'appeler, en mai 1862, au service actif dans l'armée de l'Ouest devant Corinthe. Sheridan fit d'abord, sous les ordres de BuelJ, la campagne du Kentucky contre Bragg, et, k la tête d'une brigade, prit une part glorieuse Iv la bataille de Perryville. Sous Rosencrans,
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successeur de Buell, il eut le commandement d'une division et se signala à la sanglante bataille de Murfreesboro (31 déc. 1862 et 1er janv. 1803). Dans les opérations postérieures qui se terminèrent par la prise de Chattanooga, il fut l'un des chefs de division les plus actifs et les plus heureux. A la désastreuse bataille de Chickamauga (19 sept. 1863), il se distingua de nouveau en sauvant, par une marche hardie de flanc sur les hauteurs de Missionary (Missionary-Ridge), son corps d'armée qui avait déjà été coupé par l'ennemi. Sous Grant, il décida de la victoire à la pataille de Chattanooga (25 nov.) en enlevant d'assaut le Missionary-Ridge. Lorsque, dans les premiers mois de 1864, Grant, promu au commandement de toutes les armées, se rendit dans l'Est pour commencer la campagne contre Lee, Sheridan reçut le commandement de la cavalerie et acquit alors par son intrépidité le surnom de Murai américain. Après la bataille dans le désert (5 et 6 mai ISG4), il entreprit sa fameuse campagne sur les derrières de l'armée de Lee, pénétra dans la première ligne des fortifications de Richinond, battit à deux reprises (9 et il mai) la cavalerie ennemie, et, le 15 mai, atteignit heureusement, au sud de Richmond, la rivière James et l'armée de Butler. 11 rejoignit ensuite Grant après plusieurs engagements heureux, puis il entreprit une nouvelle expédition contre Gordonsville, au nordouest de Richinond, battit le 11 et le 12, près de la station de Trevillian, la cavalerie ennemie, revint ensuite au Pamunkey, près duquel il remporta le 24 juin une nouvelle victoire à White-House, et, le lendemain, rejoignit Grant devant Petersburg. Au commencement d'août, Grant lui confia le commandement du département militaire du centre et le chargea de s'emparer de la vallée du Shenandoah, par laquelle les généraux confédérés Early et Longstreet marchaient avec des forces considérables contre Washington. Après plusieurs petits engagements, il remporta sur eux les deux brillantes victoires de Winchester et de Fisher-hills (19 et 28 sept.), les délogea de la vallée et détruisit, le 19 octobre, 1 armée confédérée du Shenandoah dans une seconde bataille sanglante à Cedar-Creek. Sheridan avait fait preuve, non-seulement des talents d'un général de cavalerie, mais encore de ceux d un général en chef consommé. En récompense de ses services, il fut promu major général dans l'armée régulière. Après avoir chassé les débris de l'armée ennemie, il détruisit, le 2 février 1865, à Fisherviile, un nouveau corps rassemblé par Early. Appelé ensuite à Petersburg par Grant, il reçut le commandement du cinquième corps d'armée et de toute la cavalerie, et enleva, dans la sanglante bataille des Cinq- Fourches (6 avril), la clef de la position ennemie. Ce succès facilita la victoire décisive de Grant (7 avril), à la suite de laquelle Petersburg dut capituler. Sheridan se lança ensuite à la poursuito de Lee, lui coupa la retraite, le força a mettre bas les armes près d'Appomatox-Courthouse et termina ainsi la guerre dans l'Est. A la paix, il reçut le commandement du département au delà du Mississipi (Louisiane et Texas) et celui de forces militaires considérables, tant pour achever la pacification de cette partie des Etats-Unis, qui était encore dans une grande agitation, que pour occuper une position solide contre toute éventualité dans le Mexique. Il accomplit sa mission avec sagesse et énergie. Le décret de reconstruction, voté par le Congrès, lui donna un pouvoir presque illimité, comme gouverneur militaire, afin qu'il pût réorganiser facilement son district. La vigueur avec laquelle il Mit ce décret à exécution irrita vivement le président Johnson, qui le rappela de son poste en avril 1807, malgré les protustations de Grant, et l'envoya dans les territoires indiens du Nord-Ouest, sous le commandement de SUerman. Dans son voyage de la Nouvelle-Orléans nu Nord- Ouest, il fut partout l'objet d'ovations populaires. Lorsdelaguerre qui éclata entre la France et l'Allemagne en 1870, M. Sheridan se rendit en Europe et suivit les opérations militaires de l'état-major prussien.
SIIKR1DAN-KNOWLES (James), acteur et auteur dramatique anglais. V. Kisowucs.
SHÉRIF s. m. (ché-rif ■— de sheriff, mot angl.). Officier municipal chargé de plusieurs fonctions de justice et de police, en Angleterre et aux Etats-Unis.
— Encycl. Dans la Grande-Bretagne, le shérif est un fonctionnaire chargé de représenter la couronna, d'administrer ses biens, de présider les élections parlementaires, de dresser la liste des jurys, de maintenir la paix publique, de tenir la main à l'exécution les jugements et de veiller à la garde des prisons. A l'époque de l'histoire saxonne d'Angleterre, le shérif représentait le lord (seigneur) dans son district, faisait rentrer les redevances féodales et remplissait quelques fonctions judiciaires. Lorsque la féodalité saxonne eut été détruite, ces officiers civils lui survécurent et passèrent au service de la royauté. Tous les shérifs (excepté quatre) sont nommés par la couronne, sur une liste dressée par les juges de paix réunis tous les ans en sessions trimestrielles. Cette liste, une fois arrêtée, est présentée au souverain qui pointe au hasard un des noms, et la per-
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sonne ainsi désignée est aussitôt nommée shérif, à moins qu'elle ne s'excuse sur l'insuffisance de sa fortune, car ces fonctions entraînent d'assez grandes dépenses. La chambre de l'Echiquier statue sur ces réclamations, qui sont presque toujours fondées parce que, les fonctions étant gratuites, il faut être riche pour les accepter; cependant les cas de refus sont fort rares. Dans le comté de Cornwall, le shérif est nommé parle prince de Galles, et ce sont les bourgeois qui élisent ceux de Londres et du comté de Middlesex. Le shérif a beaucoup de pouvoiret jouit d'une grande considération. 11 siège tous les mois , pour juger les procès civils dont l'objet ne dépasse pas une valeur de 40 shillings et tous les six mois pour les causes plus graves et ! les procès criminels, sauf les cas réservés au j Parlement. 11 accompagne les magistrats i dans leurs tournées d'assises et dans les af- I faires criminelles; il a le droit de siéger l'épée au côté. Il peut déléguer une partie de | ses fonctions à un ou plusieurs sous-shérifs S qui reçoivent un traitement prélevé sur la ! taxe du comté. Les attributions .des shérifs d'Ecosse ne sont pas absolument semblables à celles des shérifs d'Angleterre et d'Irlande. Dans le premier de ces trois pays, ils ont pouvoir de juridiction sur un certain nombre de causes civiles et criminelles; et, pour cette cause, on les choisit parmi les membres du barreau et ils reçoivent un traitement qui varie de 500 à 1,250 livres sterling.
Le* shérifs des Etats-Unis sont à peu près investis des mêmes attributions que ceux d'Angleterre. Ils sont nommés, dans chaque comte, par les personnes inscrites au rôle des i taxes. Chacune de leurs vacations leur donne droit à des honoraires.
Shérif (le), opéra-comique en trois actes, paroles de M. Scribe, musique d'Halévy, représenté à l'Opéra-Comique le 2 septembre 1839. L'idée du livret a été empruntée à une nouvelle de Balzac. Le shérif Surner est un magistrat vigilant qui protège la cité de Londres contre Tes malfaiteurs et semble ne pouvoir en préserver sa maison. Chaque jour il constate la disparition de quelque objet précieux. Aussi soupçonne-t-il tous ceux qui franchissent le seuil de son logis : il va jusqu'à faire arrêter son futur gendre. Sa tille, de son côté, ne peut se détendre de soupçonner le jeune marin Edgar, qu'elle. aime. Tout s'explique : le shérif est somnambule, et il est lui-même le voleur mystérieux qui depuis si lon-gtemps trompe sa vigilance. Quoique la partition du Shérif ait été considérée en 1839 comme une œuvre d'éclectisme musical et qu'en somme elle ait été peu goûtée du public, on peut présumer qu'elle serait mieux comprise aujourd'hui; car les compositeurs qui ont eu de grands ouvrages joués pendant longtemps, comme M. Halévy, finissent par influencer le goût du public et lui faire admettre les formes particulières de leur style, qui en premier lieu n'avaient pas été comprises. Il est constant qu'Halévy, dans sos opéras des Treize, de Y Eclair et du Shérif, a fait preuve d'une puissante originalité, et l'ouverture de ce dernier ouvrage montre que non-seulement il a cherché à faire parler à l'harmonie un langage plus dramatique, mais encore que la syrnphonie des instruments a été traitée par lui dans le même esprit d'investigation hardie et souvent heureuse dans ses etfets. Nous signalerons la ballade chantée par Roger: Enfant de l'Angleterre, avec le refrain du chœur : l'Océan est à nous ; l'air chanté par Mme Da- Inoreau : Alt! qu'une cuisinière, qui est fort difficile d'intonation, mais riche en saillies comiques; le quatuor du premier acte; la romance de soprano : Je vois encore la vague, chantée par M"e Rossi, et le trio : Mais ce jeune marin. Moreau-Sainti et Henri ont chanté les rôles de l'Irlandais et du shérif.
SHÉRIF s. m. (ché-riff). Autre orthographe du mot chéeip.
SHER-KHAN, prince indien. V. Chyr-
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SHERLOCK (William), théologien anglais, hé à Southwark en 1641, mort à Hampstead çjn 1707. Il fit ses études à Cambridge, entra dans les ordres et fut nommé recteur de la paroisse de Saint-George, à Londres. En 1681, il reçut le titre de chanoine de Saint- Paul et, en 1691, devint doyen de son chapitre. Ses principaux ouvrages sont : A discours concerning the knawledge of Christ (Londres, 1674, in-8°) ; Preservative against papism (Londres, 1688, 2 part, in-4»), traduit en français en 1721 ; On death (Londres, 1690, in-8<>); On future ju.dgm.ent (Londres, 1692, in-so); On Providence (Londres, 1694, in-4°), traduit en français en 1721); On the happiness of the goodmen and the punishment of the wicked (Londres, 1704, in-s°), traduit en français (Amsterdam, 1708, in-8°) sous le titre de Traité de l'immortalité de l'(lme et de lu vie éternelle.
SHERLOCK (Thomas), prédicateur et théologien anglais, fils du précédent, né à Londres en 1678, mort dans la même ville en 1761. Il fit ses éludes à Eton et à Cambridge, entra dans les ordres et occupa la chaire dans une maîtrise du Temple. Il devint ensuite et successivement principal du collège de Sainte-Catherine, vice-chancelier de l'université, doyen de Chichester, évéque de Banyor, évêque de Salisbury, et enfin évè-
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, que de Londres. Ses principaux écrits sont : The use and intent of prophecy in the seuerat âges ofthe world (Londres, 1725, in-s°); The trial of the witness ofthe résurrection of Jésus (Londres, 1729, in-8<>), traduit en français en 1732 ; Sermons (1735, 4 vol. in-8°) ; il en a été publié un choix en français (1738, in-12).
SUERMAN (Wiiliam-Tecumseh), général américain, né à Lancaster, dans l'Etat d'Ohio, en 1820. Il reçut une excellente éducation et entra, à l'âge de seize ans, à l'Ecole militaire de Westpoint, d'où il sortit lieutenant d'artillerie en 1840. Il prit part en cette qualité à la guerre contre les Séminoles en Floride (1840-1841), fut promu capitaine en 1850, et, trois ans plus tard, quitta le service pour accepter une place dans une des premières banques de San-Franciseo ; mais il revint bientôt après à sa première profession et fut choisi par l'Etat de Louisiane pour diriger son école militaire. Il se démit de cet emploi au commencement de la guerre civile, fut nommé colonel d'un régiment d'infanterie régulière et se distingua par sa hardiesse et son sangfroid à la bataille de Bulls-Run (21 juillet 1861). Promu générai de brigade des volontaires, il fut envoyé dans le Kentucky, où il eut le commandement en second sous le général Anderson. En octobre 1861, il prit le commandement en chef, que l'état de sa santé le força à quitter peu après, rentra au service actif en mars 1862 et eut, sous les ordres de Grant, le commandement d'une division, à la tête de laquelle il se distingua à la bataille de Shiloh. Il fut ensuite commandant de Memphis jusqu'en décembre 1862, descendit le Mississipi pour marcher contre Wicksburg et prit une part active aux opérations du siège de cette ville. Lorsqu'elle eut été prise (4 juillet 1863), il poursuivit le général Johnston jusqu'à Jackson, capitale du Mississipi, détruisit cette ville et assura ainsi à l'armée fédérale la possession de la partie occidentale de cet Etat. Après la défaite de Rosencranz k Chickamauga, il fut appelé au commandement du département du Tennessee, marcha en toute hâte de Memphis au secours de Chattanooga, qui était vivement pressée par Bragg, contribua efficacement à la défaite de ce dernier et força ensuite le général confédéré Longstreet à lever le siège de Knoxville. En février 1864, il entreprit une grande campagne de partisans au cœur du pays ennemi. Lorsque Grant, nommé général en chef, se dirigea à la tête de l'armée du Potomac contre Richmond, Sherman lui succéda dans le commandement de tout le département du Mississipi et fut chargé de s'emparer de la formidable forteresse d'Atlanta, en Géorgie. Le 5 mai, à la tête de 90,000 hommes et de 250 canons, il commença sa campagne contre le général confédéré Johnson, qui n'avait à lui opposer que 60,000 hommes et 200 canons, et, après avoir, par une suite de brillantes manœuvres et de victoires (Dalton, Resaca, Rocky-Faad- Ridge, Altoona, Dallas, Kennesaw et Chattahoockie), forcé l'ennemi à la retraite, il parut, le 10 juillet, devant Atlanta. Là, il vainquit, dans trois sanglantes batailles, le général confédéré Hood, qui avait remplacé Johnston, s'empara de la place le 1er septembre et refoula l'ennemi dans l'Ouest vers Alabama, Le 16 novembre, il partit d'Atlanta pour commencer sa « grande marche vers la mer, u fit avancer ses troupes en quatre colonnes, détruisant tout dans les riches campagnes de la Géorgie, où la guerre n'avait point encore exercé ses ravages, et, le 13 décembre, atteignit la côte de la mer, près de Savannah,où il entra, le 21 du même mois, après avoir détruit le fort Mac-AUister, situé sur Je détroit d'Ossabaw. 11 partit de là le 1er février pour rejoindre devant Richmond l'armée de Grant, atteignit le 17 Columbia, capitale de la Caroline méridionale, surprit Charleston le 21, puis, se voyant pressé par l'ennemi, se mit prudemment en marche pour la Caroline Septentrionale, atteignit Fayetteville le 11 mars et battit, cinq jours plus tard, le général Harden à Averysboro. Le 19 mars, il occupa Goldsbow, écrasa le même jour, dans une grande bataillé, son ancien adversaire Johnston, et arriva devant Raleigh, dont il s'empara lej3 avril, après avoir remporté une nouvelle victoire sur Johnston. Dans l'intervalle, la reddition de Lee à Appoinatox-Courthouse avait détruit tout espoir de succès pour les confédérés, et, le 17 avril, Johnston fit, pour une suspension d'armes et pour la conclusion d'une paix générale, des propositions qui furent acceptées le 18 par Slierman, mais qui furent désavouées aussitôt par le gouvernement de Washington, Johnston se rendit, le 26 avril 1865, avec les 28,000 hommes qui lui restaient, en stipulant les mêmes conditions auxquelles Lee s était rendu au général Grant. La paix conclue, Sherman, qui venait d'être promu lieutenant général, reçut le commandementmilitaire du département de l'Ouest. Il eut à y comprimer les soulèvements des Indiens et y déploya dans l'administration une activité semblable à celle qu'il avait montrée dans la guerre. Il conclut avec eux un traité au mois d'août 1867; mais la construction du grand chemin de fer transcontinental provoqua, de la part des tribus indiennes en 1868, des actes de dévastation que le général dut réprimer d'une façon sanglante. Lorsque le général Grant devint, en 1869, président de la ré-
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, publique, il le remplaça comme commandant en chef des armées fédérales. En 1871, un groupe d'hommes politiques ayant parlé de poser sa candidature à la présidence de la république, le général Sherman écrivit en 1872 une lettre dans laquelle il fit les déclarations suivantes: «Tous mes amis connaissent ma profonde antipathie pour la politique. Je crois donc devoir déclarer ici que je n'ai jamais été et que je ne serai jamais candidat à la présidence; quej si j'étais nommé par un parti quelconque, je refuserais péremptoirement, et que, fussé-je même élu à l'unanimité, je refuserais encore. » En 1871 et 1872, il a visité successivement l'Espagne, l'Italie, la Turquie, la Grèce, l'Egypte, -la Russie, l'Allemagne et la France.
SHERRY s. m. (chè-rô — mot angl.). Vin de Xérès,
SHERRY, nom anglais de la ville espagnole de Xérès.
SHERWIN (Jean-Keyse) , peintre et gra> veur anglais, né dans la première moitié du xvme siècle, mort en 1790. Fils d'un charpentier de Sussex, il avait embrassé le métier de son père, lorsqu'un riche amateur remarqua ses dispositions pour le dessin et le fit entrer, à Londres, chez le graveur Bartolozzi. En peu de temps, Sherwin se fit une brillante réputation et devint le favori de l'aristocratie anglaise, qui briguait l'honneur de poser devant lui. Il acquit ainsi une belle fortune, que ses goûts luxueux épuisèrent rapidement. Il tomba alors dans la misère, s'adonna à l'ivrognerie et mourut oublié. Ses deux principales gravures ^ont: le Bijou de Marlborough et le Village abandonné. On cite comme une œuvre remarquable son tableau du Moïse sauvé.
SHERWOOD, forêt d'Angleterre, au milieu du comté de Notthingham. Elle est peuplée de cerfs et de daims. Plusieurs rivières, le Meden, le Moi), etc., y prennent leur source. Cette forêt fut longtemps le théâtre des exploits de Robin Hood.
SHERWOOD (miss Butt, dame), romancière anglaise, née à Stanford en 1775, morte en 1851. Fille d'un chapelain de George III, elle épousa M. Sherwood, avec qui elle habita longtemps les Indes. On lui doit des romans qui obtinrent, lors de leur apparition, une grande vogue. Ses principaux ouvrages sont : la Dame du manoir; le Catéchisme de la paroisse; la Nonne; le Miroir des demoiselles au temps d'Elisabeth (1851), etc.
SHETLAND, en latin Emodss, groupe d'îles situé entre la mer du Nord et l'océan Atlantique, au N.-E. des Orcades, avec lesquelles il forme un comté de l'Ecosse, compris entre 59045' et 6l»l2' de latit. N., et entre 30 5' et 4» 36r de longit. O. Ce groupe, composé de 86 îles ou îlots, dont 40 seulement sont habités, présente une superficie de 225,000 hectares. Les îles principales de cet archipel sont : Mainland, Yell, Ust, Fetlar, Walsey, Papa-Stour, les deux Barra, Foula, Noss et Fair. Le climat de ces îles, humide et variable, est cependant assez sain ; la température moyenne est d'environ 6°, 10 ; des vents froids y soufflent généralement pendant les mois de février et de mars ; le printemps ne s'y fait guère sentir qu'à la fin d'avril, et la chaleur ne commence que vers le milieu de juin. L'hiver, qui commence vers la mioctobre, dure ordinairement six mois; toutefois, durant cette époque, la neige ne séjourne pas très-longtemps sur la terre, et les gelées ne sont pas trè^-fortes. Pendant cette longue saison, la mer est très -agitée, de sorte que les habitants des Shetland restent pendant l'hiver sans communication avec le reste de l'univers. Les côtes, découpées par uft grand nombre d'anfractuosités, sont escarpées et offrent presque partout des précipices et des cavernes profondes. Le sol est âpre et stérile, et, à l'exception de quelques genévriers, on n'y trouve ni arbres ni arbrisseaux. Quelques portions du sol sont cependant assez fertiles, et, bien que l'agriculture y soit négligée à cause des droits énormes perçus par le comte de Shetland, propriétaire et seigneur féodal de la plus grande partie de ces îles, on y fait d'assez belles récoltes d'orge, de blé, de pommes de terre et de légumes. L'absence de bois influe beaucoup sur le climat des Shetland, dont les habitants emploient pour le chauffage les mousses et les gazons séchés. Dan* les pâturages, qui s'étendent environ sur 15,000 hectares, on élève un grand nombre de bêtes à cornes, de bêtes à laine et de chevaux, tous de race très-petite, que l'on croit être d'origine norvégienne. Les chevaux, nommés shetland-poneys, sont exportés surtout dans le nord de l'Angleterre, où on tes emploie dans les bassins houillers. Le gibier est rare dans ces îles , mais on y trouve beaucoup d'oiseaux aquatiques et d'oiseaux de proie; les petits lacs qu'on y voit abondent en truites et en carrelets, et les côtes sont aussi très-poissonneuses. Le granit, le grès, la pierre à chaux abondent dans toutes ces îles, dont quelques-unes possèdent do riches tourbières. On y trouve aussi de la terre à porcelaine, principalement à Mainland, Ust et Fetlar; ust possède du chromate de fer; Dunrossness des pyrites de fer. L'industrie manufacturière se réduit k la fabrication de draps grossiers, de toiles communes et d'une grande quantité de tricots et de bas de laine renommés. Les exportations con-
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sistent en morue, poissons, soude, tricots et bas de laine; les importations comprennent les denrées coloniales et les objets manufacturés. La population des Shetland, d'origine norvégienne, n'est chrétienne que depuis le xine siècle ; elle est agglomérée dans les deux villes de Lerwick et Scalloway, et dans quelques villages et bourgades sans importance. Ces îles turent dans le principe possédées par la Norvège ; Alexandre d'Ecosse , au xirie siècle, tes acheta au roi Magnus; elles furent ensuite réclamées par le Danemark, qui les conserva pendant deux siècles. Vers la lin du xve siècle, le roi Christiern 1er ayant marié sa fille à Jacques III, roi d'Ecosse, et ne pouvant payer la dot promise, engagea les Orcades et les Shetland à l'Ecosse, qui les a conservées depuis cette époque.
SHETLAND (NOUVELLE-) ou SHETLAND DU SUD, archipel de l'océan Atlantique austral, au S.-E. de la Terre de Feu, au N.-O. de la Terre de la Trinité, dont elle est séparée par le détroit de Bransfield, par 60° et 63» de latit. S., et par 55° et 65° de longit. O. Il se compose de 12 îles principales, entre autres Levingston, Cornwaiis, Robert, King- George, Eléphant, etc. Cet archipel fut aperçu pour la première fois en 1599 par le Hollandais Dirn-Gueritz, qui fut poussé sur ces parages par une affreuse tempête; l'Anglais Smith le visita en 1819 ; il fut complètement exploré erî 1838 par Dumont d'Urville.
SII1ELD (William), compositeur anglais, né à Swalwell (Durham) en 1749, mort en 1829. Il apprit les éléments de la musique sons la direction de son père , qui était maître de chant; puis, la mort de ce dernier l'ayant laissé sans ressource, il entra chez un constructeur de bateaux, où le rencontra le musicien Avison, qui lui procura les moyens de continuer ses études artistiques. Après avoir exercé quelque temps les fonctions de chef d'orchestre à Durham, Shield fut employé à l'orchestre de l'Opéra de Londres, fit un voyage en Italie et, à son retour dans son pays, s'adonna à la composition. Le méritede ses partitions, le succès de ses ouvrages techniques lui valurent le titre de musicien ordinaire du roi. Ses principaux opéras sont : Rosina, le Fermier, Fontainebleau, V Amour dans un camp, le Pauvre soldat, la Caverne magique; et on cite, parmi ses travaux théoriques: Introduction à l'harmonie (I800,in-4o); Rudiments de la basse continue (lsiïj, in-4o)
SHIELDS (NOKTH-), ville d'Angleterre, comté de Northumberland, à 11 kilom. N.-E. de Newcastle, sur la rive gauche de la Tyne et près de son embouchure dans la mer du Nord; 8,882 hab. Vaste et bon port de commerce ; chantiers de construction , brasseries ; fabrication de toiles à voiles et de cordages. Exportation de houille. Cette ville est bâtie en amphithéâtre sur le penchant d'une colline au ^ied de laquelle la Tyne forme un excellent port bordé de quais larges et commodes. On y remarque une belle église catholique, onze églises ou chapelles presbytériennes, un théâtre et plusieurs hôpitaux.
SHIELDS (SOOTII-), ville et paroisse d'Angleterre, comté et à 25 kilom. N.-E. de Durham, sur la rive droite de la Tyne et à son embouchure dans la mer du Nord, vis-àvis de North-Shields; 28,974 hab. Chantiers de construction ; manufactures de verre, corderies, brasseries; fabriques de savon et de sel ammoniac. Grande exportation de houille, verre, etc. Cette ville, défendue du côté de la mer par une batterie, est formée de rues généralements étroites, bordées de maisons irrégulièrement bâties. On y remarque quatre églises, une bibliothèque publique et un théâtre.
SH1FFNAL, ville et paroisse d'Angleterre, comté de Shrop, chef-lieu du district do son nom, à 27 kilom. S.-E. de Shrewsbury; 3,307 hab. Mines de fer et de houille aux environs ; grandes usines à fer et établissement minéralogique.
SHILLING (ehi-lingri). Mélrol. Monnaie d'argent d'Angleterre, valant 1 fr. 25. il Monnaie d'argent des Etats-Unis, valant, selon les localités, de 0 fr. 65 à 1 fr. 12.
SIIILOH, localité des Etats-Unis, près de Pitcsburg-Landing et à quelques kilomètres de Corinth. Elle a donné son nom à la bataille gagnée, les 6 et 7 avril 1862, par le général fédéral Grant sur les généraux confédérés Beauregard et Johnston. Le corps principal de l'armée de l'Ouest, sous les ordres de Grant, marchait contre les positions de Corinth, lorsque, le 6, son avant-garde fut attaquée aShiloh par Johnston et Beauregard. La bataille se poursuivit avec une rage égale de part et d'autre depuis 2 heures du matin jusqu'aux approches de la nuit, moment où les fédéraux furentramenésjusque sur le bord de la rivière, où ils s'arrêtèrent sous le feu de leurs canonnières. Le général Johnston se trouvait parmi les morts. Pendant la nuit, les deux armées recurent respectivement du renfort et la bau.lle recommença à sept heures. Après une lutte de huit heures, une charge brillante accomplie par le général Grant en personne, avec 6 régiments, rompit l'armée confédérée, qui, poursuivie de fort près par la cavalerie, se retira sur Corinth, qu'elle n'évacua que le 30 mai suivant. On donne quelquefois à la bataille de Shiloh le nom da bataille de Corinth; mais ce nom s'appliqua
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plus particulièrement à la lutte dont Corinth (v. ce mot) fut le théâtre au mois d'octobre suivant.
SHINAC s. m. (chi-nak). Art vétér. Maladie particulière aux vaches d'Irlande.
SH1RBURN (Edouard), poète anglais. V.
Sherbcrnb.
SHIBE, cours d'eau de l'Afrique centrale, signalé en 1859 par le docteur Livingstone : « Le Shire, dit cet intrépide voyageur, a environ 80 à 100 mètres de largeur et 2 brasses de profondeur. Nous avons constaté que le Shire est aisément navigable jusqu'à 100 milles au-dessus de son confluent, le Zambèze, avait 33 milles de cataractes au-dessus du 15e degré 55' de latit. S., où la rivière reprend sa placidité et continue ainsi jusque sous le 14e degré 25' de latit. S. La découverte de la direction de cette rivière dans un sens que nous ne soupçonnions pas est très-importante, car elle nous ouvre un pays producteur de coton dont l'étendue peut être immense. Le Shire prend sa source dans le lac Shirwa et se jette dans le grand lac Nyassa, après un cours de 200 milles environ. »
SHIRLEV (Antoine), voyageur anglais, né en 1565, mort vers 1614. Il partit en 1596 pour les Antilles, et, de retour en Angleterre, il fut chargé par la reine Elisabeth d'une mission en Italie (1597). Ayant appris à son arrivée à Ferrare que les difficultés qu'il était chargé d'aplanir avaient reçu une solution favorable, Shirley résolut de faire un voyage en Perse (1598). Il reçut un favorable accueil du schah, à qui il fit des présents, essaya sans succès d obtenir un port pour le commerce anglais, puis, sur l'invitation de Sehah- Abbas, il partit pour l'Europe pour proposer aux princes chrétiens de faire la guerre aux Turcs. Shirley quitta la Perse avec un négociateur persan, Hossein-Ali-Bey, qui lui fut adjoint (1599), passa par Moscou, se rendit ensuite à Venise , y fut arrêté pour avoir commis un délit et recouvra la liberté grâce à l'intervention de l'ambassadeur d'Espagne. Il se rendit alors dans ce pays, où le roi le nomma amiral des mers du Levant. Le roi Jacques Ier lui enjoignit de revenir en Grande- Bretagne, mais il refusa, se rendit à Naples vers 1614 et proposa au vice -roi de faire venir la sois de la Perse par Ormuz, au lieu de la faire passer par la Turquie. On possède, sous le titre d'Abrégé concis de l'histoire des voyages de sir Shirley en Perse (Londres, 1613, in-4o)-, une relation intéressante qui a été insérée dans le recueil de Purchas.
SHIRLEV (Robert), voyageur anglais, frère du précédent, né vers 1670, mort en 1627. Il suivait le métier des armes, lorsqu'il se rendit en Perse avec son frère Antoine en 159&, entra dans l'armée du schah et fut chargé par ce prince, en 1604, d'une mission auprès des principaux souverains de l'Europe. Shirley se rendit successivement auprès du pape, de l'empereur Rodolphe, qui lui donna le titre de comte palatin, et en Angleterre (1612), où il fut bien accueilli par le roi Jacques 1er. a son retour en Perse, il épousa une Circassienne, parente d'une des femmes du schah, puis il repartit de nouveau pour l'Europe, dans le but de demander, dit-on, des secours contre les Turcs. Shirley obtint en Espagne l'envoi de quatre -galions pour fermer le passage de la mer Rouge, passa ensuite dans les Pays-Bas, d'où il fut expulsé pour avoir refusé de montrer sa lettre de créance, et arriva en 1623 en Angleterre, où il obtint une audience du roi. Il était depuis trois ans dans ce pays, lorsque arriva à Londres Nagdi-Ali- Bey, ambassadeur de Perse (1626). Celui-ci affirma que Shirley n'avait reçu aucune mission du schah, qu'il était un imposteur, et s'emporta au point de le frapper. Peu après, le roi Charles Ier faisait embarquer pour la Perse Shirley et Nagdi-Ali-Bey, et chargea Cotton, qu'il nomma son ambassadeur auprès de Sehah-Abbas, de les conduira en Perse et de savoir la vérité. Pendant la traversée, Nagdi mourut empoisonné, et, à son arrivée en Perse, Cotton ne put obtenir du premier ministre Méhémet que des explications entortillées qui ne lui permirent pas de savoir au juste qui avait été l'imposteur. Peu après, Shirley tombait malade et mourait à son tour. — Le frère aîné des deux précédents, Thomas Shirley, né en 1564, ht également de lointains voyages dont il écrivit la relation. Quelques auteurs l'ont confondu avec Robert. Jean Day a puisé dans les aventures des trois frères le sujet d'une pièce de théâtre intitulée Voyages des trois frères Shirley (1607, in-40).
SHIRLEY (Jacques), poëte anglais, né à Londres en 1594, mort eu 1656. Il fit ses études à Oxford, entra dans les ordres, puis renonça à l'exercice du ministère évangélique et sa convertit au catholicisme. Après avoir ouvert sans succès une école à Saint-Alban, il vint se fixer à Londres et écrivit pour le théâtre. Dès le début de la guerre civile, il s'engagea sous la hannière royale, à la suite du duc de Newcastle; mais, à son retour à Londres, se trouvant dans la misère, il reprit son ancien métier de maître d'école. Le retour de la monarchie le tira de la gêne; il avait amassé déjà quelques économies, quand tout à coup il perdit entièrement le fruit de son travail dans le grand incendie de 1666. Shirley, qui peut être considéré comme le premier des potttes de second ordre, et dont
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le talent dans le genre comique ne saurait être contesté sans injustice, a laissé des Poèmes (Londres, 1649), deux ouvrages de grammaire latine et trente-sept pièces de théâtre, parmi lesquelles on cite : le Serviteur reconnaissant (1630); les Changements (1632); le Triomphe de la paix (1633) ; V Oiseau en cage (1633) ; le Traître (1635) ; Hyde-Park (1635) ; le Joueur { 1639), son chef-d'œuvre; la Cruauté de l'Amour, les Sœurs, l'Imposteur, les Frères, le Secret de la cour, le Cardinal, etc. Ces pièces manquentd'originalité et d'invention; maison y trouve des caractères bien tracés, un dialogue vivant, une belle versification et un fort bon style. M. A. Pichot a traduit en français la comédie intitulée les Sœurs, qui a paru en 1836 dans le Théâtre européen.
SHIRLEY (Thomas), savant anglais, né à Westminster en 1638, mort en 1678. Il étudia la médecine à Oxford, puis en France, exerça son art avec succès à Londres et devint un des médecins ordinaires de Charles IL On lui doit : Essai philosophique sur la production des pierres dans la terre et dans la vessie (Londres, 1672, in-8») et des traductions de la Coclttearia curiosa de Molinbrochius (1676), des Conseils et avis de médecine de Tuiquet (1676) et du Traité de la goutte, du même.
Sfairley, roman anglais, par Currer Bell (miss Brontë). Ce roman, le second de l'auteur de Jane Eyre, parut en 1849. Les événements se passent vers 1812, et le roman s'ouvre avec beaucoup de vivacité par des scènes fort neuves. C'était l'époque où les manufacturiers anglais introduisaient les machines dans leurs usines. La crise fut rude dans les cantons industriels. Partout les ouvriers s'insurgèrent contre la concurrence momentanée que leur suscitait le génie des inventeurs. Ils ne prévoyaient pas qu'au lieu de diminuer le nombre des bras employés les machines devaient, au contraire, multiplier la population des travailleurs. Il y eut donc, à l'origine, une sorte de jacquerie industrielle. Bien des machines furent détruites, bien des fabricants furent tués. Au moment où commence Shirley, c'est le soir; Robert Moore, un des principaux acteurs, attend des machines qui devaient lui arriver dans la journée. Ces machines sont l'ancre de salut de sa fortune; cependant les charrettes arrivent vides; elles ont été attaquées par un rassemblement d'ouvriers qui ont brisé les machines. Moore reste impassible devant ce désastre; il va livrer à la justice les chefs des destructeurs, et il épuisera sas dernières ressources pour acheter de nouvelles machines. Le lendemain du jour où Robert Moore a vu ses espérances déjouées et sa fortune presque emportée, il passe la soirée auprès de sa jeune cousine, Caroline Helstone, charmante jeune fille qui a grandi en l'aimant et qui essaye de montrer à Robert Moore les dangers de son caractère indomptable et de sa dureté envers Ses ouvriers; mais celui-ci, après avoir promis de profiter des leçons de la jeune fille, redevient dès le lendemain l'homme froidement ambitieux qui brise sans l'apaiser la résistance de ses ouvriers. M. Helstone, le père de Caroline, se brouille avec le jeune manufacturier, et Caroline cesse de voir l'homme qu'elle adore. Sur ces entrefaites, un secours inespéré vient rétablir les affaires de Robert Moore. Cette bonne fortune est l'arrivée à Briarmâins de la propriétaire de l'usine, miss Shirley Keeldar. Elle venait, pour la première fois depuis son enfance, habiter son domaine du Yorkshive. A la mort de ses parents, elle avait été recueillie toute jeune par une sœur de sa mère, mariée dans le midi de l'Angleterre. Miss Shirley avait été élevée dans la famille Sympson, sous l'influence de l'esprit et des idées du jeune frère de Robert Moore luimême, Louis Moore, précepteur du fils de sa tante. Son retour à Briarmâins a trois conséquences : elle prête àRobert Moore 5,000 livres sterling, qui rétablissent le crédit du hardi manufacturier ; elle vient remplir le vide de la vie de Caroline Helstone, qui est tout de suite son intime amie; elle amène à sa suite plusieurs personnages nécessaires au développement de l'histoire. Miss Shirley était une fille gracieuse, vive, forte et heureuse. Comme les natures saines et complètes, elle pouvait vivre à la fois au dehors et au dedans d'ellemême ; « elle était positive et mondaine, et avait de grandes échappées de rêverie. » La virilité de son esprit faisait un contraste avec la faiblesse toute féminine de la pauvre Lina, Shirley et Caroline furent inséparables. Ensemble elles couraient les champs; elles discutaient les points les plus délicats de la poétique et de la politique des jeunes filles ; ensemble elles conduisaient les petites affaires de charité de la paroisse de Briarmâins, sans épargner les malices au curé de la localité. Il y eut une nouvelle révolte d'ouvriers ; ils attaquèrent dans la nuit la fabrique de Moore. Cette fois Robert était sur ses gardes ; des soldats défendirent la manufacture. Les deux amies assistèrent avec le même courage , presque avec la même anxiété, à la sanglante bataille. Caroline revit Moore : ce fut pour son malheur. Les empressements de Moore auprès de miss Shirley lui montrèrent que celui qu'elle aimait faisait la chasse à l'héritière. Caroline le crut aimé de miss Shirley et fut malade à mourir. Elle fut sauvée par les tendres soins de sa mère, mistress Dryor, une des ligures les plus délicatement tracées du roman. Bientôt arrive à Briar-
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mains la famille Sympson, et avec elle Louis Moore. Parmi tout ce monde se présentent plusieurs prétendants à la main de miss Shirley, qui leséconduit tousetdébite même à son oncle, M. Sympson, une curieuse tirade a propos du mariage. A la fin de cette conversation avec sa nièce, M. Sympson a dû croire que Robert Moore était l'homme selon le cœur de miss Shirley. Le bonhomme s'est trompé. En effet, Robert Moore avait aussi cru à la partialité de miss Shirley en sa, faveur. Avant de partir pour les assises où devaient être condamnés les ouvriers révoltés, il avait voulu conclure cette affaire. Il fit sa proposition à miss Shirley de ce ton brusque, impératif qu'il affectait ordinairement, semblant lui dire, dans sa fatuité : « Tout le monde sait que vous m'aimez ; je veux bien vous épouser. » Miss Shirley frémit sous cet affront: " Vous ne m'aimez pas, répondit-elle à Robert en pleurant de honte, et vous voulez que je me livre à vous! Vous me demandez la bourse ou la vie ! « Tous les bons sentiments de Robert se réveillèrent h cette réponse. Il demanda pardon à miss Shirley et la quitta comme s'il venait de commettre un crime, jurant de ne plus parler jamais de mariage à une femme à moins de l'aimer d'amour. Robert ne s'était pas douté que l'amitié que lui témoignait Shirley était un reflet de l'intimité déjà ancienne qui la liait à son frère Louis Moore. Celte intimité devient un amour puissant qui éclate au grand jour lorsque Louis se brouille avec ie père de son élève. Il provoque une explication avec miss Shirley, qui, dans une admirable scène, à elle seule un chef-d'œuvre, avoue la première au jeune homme son amour pour lui. Après cette explosion mutuelle, les choses marchent vite. Robert Moore, en arrivant à Briarmâins dans la nuit, est blessé d'un coup de feu par un de ses anciens ouvriers. Transporté dans la maison de Caroline, sa guérison est lente; elle a lieu grâce aux soins de cette tendre fille. Le roman finit par deux mariages. Telle esta peu près l'intrigue Compliquée de ce livre. Ses qualités les plus fines et les plus caractéristiques échappent ii l'analyse. Le drame, en effet, y est peu dans les événements ; il se compose de ces mille circonstances morales, de ces mille riens de sentiment et de douce passion qui s'entrecroisent lentement et naissent des moindres incidents, du moindre contact entre les personnages dans des scènes de la vie ordinaire minutieusement daguerr'éotypées. On doit comprendre qu'en un pareil genre littéraire le principal mérite est la perfection des détails, la fidélité du calcule, l'entrain et la variété du style. Miss Bronte possède ces qualités au suprême degré ; et celles de ce second livre, différentes de ce qui avait fait le succès de Jane Eyre, n'en maintiennent pas moins l'auteur à la place élevée que lui avait value son début.
SH1RWA, lac de l'Afrique centrale, découvert en 1859 par le docteur Livingstone. Les indigènes le nomment Tamakdha.
SHITSANULOK, nom de l'un des seize Etats qui constituèrent au xive siècle le royaume de Siam,
SHOBERL (Frédéric), polygraphe anglais, né à Londres en 1775, mort en 1853. Il fonda plusieurs recueils, parmi lesquels : le New Monthly Magazine et le Ne m'oublie: pas (Forget me not) [1823-1834]. Il édita aussi le Dépôt ou Répertoire des arts (Repository of arts) d'Ackerman et fut le fondateur du Royal CovnwaU Gazette. Les ouvrages originaux de Shoberl sont : Prince Albert and the house of Saxomj (le Prince Albert et la maison de Saxe); The History of our ovrn limes (l'Histoire de notre temps) ; Frédéric the Great and his times (Frédéric le Grand et son temps) ; The Beauties of England and Wales (Beautés de l'Angleterre et du comté de Galles); divers traités d'histoire naturelle ; des traductions d'auteurs étrangers, tels que Chateaubriand (Génie du Christianisme) ,Thiers (Histoire de la Révolution)) Klaproth (Voyage dans le Caucase et dans la Géorgie).
SHOCKING interj, (cho-kingh — motangl.
qui signif. choquant). Exclamation dont so servent fréquemment les Anglais, pour diro qu'une chose leur paraît choquante, inconvenante, déplacée.
SHORE (Jane), maîtresse d'Edouard IV, roi d'Angleterre, née à Londres vers 1460, morte en exil, à Ludgate, vers 1525. Issue d'une famille honorable et aisée? elle reçut une éducation extrêmement soignée. Jane était de petite taille, mais d'une beauté exquise, et tous ses contemporains s'accordent à reconnaître qu'elle était la séduction même, qu'elle portait en elle un irrésistible charme. Sans consulter en rien son cœur, ses parents la marièrent toute jeune encore à un riche orfèvre de Londres, Guillaume Shore. Dans cette union, qui, pour ses parents, n'avait été qu'une pure affaire d'argent, Jane ne pouvait trouver l'amour, et son âme flère se révoltait à la pensée qu'elle avait été, en quelque sorte, l'objet d'un marché. Ce fut alors que le jeune Edouard IV, prince débauché, mais séduisant, la vit, laima et l'enleva à son mari. ■ Si un monarque aimable et amoureux parvint à l'écarter de ses devoirs, dit Hume, elle ne cessa pas d'être respectable par les vertus qu'elle développa près du trône. N'employant l'ascendant de ses charmes qu'à des actes de bienfaisance et d'humanité, on la
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trouva toujours ardento à repousser la calomnie, à protéger les opprimés, à secourir les malheureux, et ces services, inspirés par les penchants de son cœur généreux et sensible, ne furent jamais pour elle un calcul d'intérêt ni d'ambition. » Bien qu'inconstant et plus que léger, Edouard IV resta fidèle a la belle Jane jusqu'à sa mort (1482). Celle-ci se consola facilement, dit-on, de la perte de son amant, qu'elle remplaça, selon les uns, par lord Hastings, selon d'autres parle marquis de Dorset. o Sans qu'on puisse assigner une cause précise à la cruauté que Richard exerça contre Jane Shore, dit Hume, ce tyran l'enveloppa dans l'accusation soudaine qu'il lança en plein conseil contre lord Hastings lorsque, après avoir demandé à ce seigneur quelle peine mériteraient les traîtres qui auraient conspiré sa mort, il s'écria brusquement : ci Ces traîtres sont des sorcières, » la femme de mon frère et Jane Shore, sa. » maîtresse, avec d'autres complices, » associant ainsi dans le même complot, par une fable absurde, et l'épouse outragée et la rivale qui ne pouvait que redouter le retour du pouvoir dans la main de cette épouse. Lord Hastingsdutprévoir aussitôt, surtout s'il était en effet l'amant de Jane Shore, que la vengeance de Richard menaçait des ennemis plus redoutables que des femmes impuissantes et isolées. « S'il est vrai, mylord, ré- » pondit-il, qu'elles soient coupables de ces » crimes, elles méritent les châtiments les plus » sévères. — Et croyez-vous me répondre, re- » prit Richard, avec vos si et vos mais? » Vous êtes le principal fauteur de tout cela, » avec la Shore ; vous êtes vous-même un » traître, et je jure par saint Paul que je ne dî- » norai pas qu'on ne m'ait apporte votre tête. » Quelques instants après, llastings fut décapité. » Après s'être débarrassé d'Hastings, Richard 111 voulut frapper Jaue k son tour et la fit traduire devant une cour ecclésiastique comme coupable d'aduttère et de débauche. La cour condamna la jeune femme k faire amende honorable, en chemise, devant l'église Saint-Paul. Jane, après avoir subi cette douloureuse humiliation (18 juin 1483), fut exilée à Lugdate. Richard avait confisqué non-seulement tous les biens qu'elle avait reçus d'Edouard, mais encore ceux qu'elle tenait de sa famille. Tombée dans la plus profonde misère, ayant à peine de quoi se vêtir, la belle Jane se vit réduite à une telle extrémité que, pour calmer sa faim, il lui fallait, dit-on, se nourrir de l'herbe qu elle arrachait dans un champ, u Elle ne vécut plus, dit Hume, que pour sentir l'amertume de l'ignominie dont un tyran barbare empoisonnait ses derniers jours et pour éprouver dans la vieillesse et dans l'indigence l'ingratitude des lâches courtisans qui avaient si longtemps ra nipé il ses pieds et profité de son crédit. Parmi la grande multitude des gens qu'elle avait obligés, pas un ne parut songer ni à la consoler ni à la secourir. Elle termina sa languissante vie dans la solitude et dans la pauvreté. » Un poète anglais, Rowe, a puisé dans la dramatique existence de la maltresse d'Edouard IV le sujet d'une tragédie estimée, dont nous allons parler plus loin,
Shore (Janu), tragédie en cinq actes, par Rowe (1713). L'action de ce drame se passe à Londres en 1483. Richard, duc de Glocester, frère du roi Edouard IV, gouverne le royaume, au nom de son neveu Edouard V, enfant âgé de treize ans, sous le titre de protecteur. U songe à s'emparer du trône et dévoile ses ambitieux desseins à Ratelill'et à Catosby,ses dévoués serviteurs; il a proscrit ou fait décapiter les plus résolus partisans du jeune roi et veut gagner à sa cause le chambellan Hastings, personnage considérable par son rang et sa popularité. Il apprend que le chambellan, aimé de la belle Alicia, s'est épris tout a coup de l'ancienne maîtresse d'Edouard, et llastings confirme ce qu'on vient de dire k Richard en venant implorer le protecteur en faveur de Jane Shore, dépouillée de tous ses biens et qui vit dans les remords et dans les humes. Richard saisit cotte occasion de le mettre dans ses intérêts et lui promet d'accueillir avec bonté sa belle cliente. Ici, la scène change, et, du palais du protecteur, le poBte nous transporte dans la maison de Jane, k qui il donne toutes les vertus qui peuvent lui taire pardonner sa faute. Il développe heureusement ce caractère dans une scène entre Jane et Alicia, son amie. Au second acte, .Alicia sort, à la nuit tombante, de chez Jane qui lui confie en dépôt ses diamants, seul débris de sa fortune. Alicia est tourmentée d'un sentiment jaloux ; ses soupçons redoublent lorsqu'elle voit llastings arriver, à celte heure, chez Jane pour lui annoncer le gracieux accueil du Protecteur. Après une scène fort vive de part et d'autre, Alicia sort en menaçant llastings de toute sa vengeance. Dans la scène suivante, llastings déclare à Jane qu'il est amoureux d'elle et qu'il prétend être écouté. Au moment où il se dispose à l'entraîner de vive force, un hôte de Jane, et son compatriote, paraît. Hastings est obligé de tirer l'épée ; il est désarmé et sort en jurant de punir cet affront. Jane promet à son défenseur de se retirer dans une solitude champêtre. Au troisième acte, on est au palais du protecteur. Jane vient réclamer la liberté de son hôte, arrêté par ordre d'Hastin°s. Alicia arrive de son côté pour dénoncer l'ot>uosition inébranlable d'Hastings,
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la complicité de Jane dans cette résistance et elle trouve le moyen de substituer, le papier qu'elle tient à celui que Jane lui montre; de sorte que cette malheureuse remet au protecteur une dénonciation contre elle-même. Richard, fort intrigué par cette bizarre aventure, en fait bientôt son profit. Il emploie toute sa dissimulation à pénétrer les secrets sentiments d'Hastings, et, jugeant qu'il ne parviendra jamais k le gagner, il le loue, pour le moment, de sa fidélité. Au quatrième acte, le protecteur tente un dernier effort ; il voudrait se servir de l'immense crédit d'Hastings sur le peuple. Dans ce but, il engage Jane k user de son influence et promet de payer magnifiquement ce service. Jane refuse noblement; elle s'attendrit, s'exalte, brave le tyran et accepte en expiation de ses fautes le terrible châtiment de la loi contre l'adultère. Richard la fait entraîner par ses gardes, ordonnant de proclamer la peine de mort contre quiconque donnerait k cette malheureuse du pain ou un asile. Puis, quand le conseil assemblé va fixer le jour du couronnement du jeune roi, le protecteur s'écrie que des ennemis de l'Etat conspirent contre sa vie et qu'on emploie pour le perdre la magie et les sortilèges; il montre son" bras desséché pour preuve de l'accusation qu'il porte contre llastings et Jane Shore, auteurs (io ces maléfices régicides. 11 ordonne que la tète d'Hastings soit abattue sans retard. Alicia, informée du résultat de sa dénonciation, accourt implorer le pardon d'Hastings, qui le lui accorde et la conjure d'accorder le sien k Jane Sliore. Cette prière ne fait qu'irriter la fureur jalouse d'Alicia. Hastings marche au supplice, La fin de la pièce nous montre la malheureuse Jane, exténuée de fatigue et de besoin, la raison égarée, implorant en vain un asile au seuil de la maison d'Alicia, retrouvée et secourue par son hôte, qui n'est autre que sou mari, Shore, supposé mort, et qui lui pardonne ses fautes à son égard. Des gardes arrivent et arrêtent celui qui a violé la loi portée contre Jane. Celle-ci expire dans lus bras de son mari.
Telle est la tragédie de Rowe, laquelle renferme de belles parties, mais est loin d'être irréprochable. Dans la pièce qu'il a donnée sous le môme titre en 1824., Liadières a traduit le drame de Rowe, en y faisant toutefois quelques modifications qui montrent la crainte qu'il avait de froisser les habitudes et les goûts du public français. Lemercier a osé beaucoup plus. Dans liichard 111 et Jane Shore (1824), il suppose que Shore, le mari, se présente sous le nom d'un frète avec lequel il avait une parfaite ressemblance. Il laisse de côté l'escamotage de la pétition de Jane. Quand Jane demande du pain à Alicia, celle-ci lui passe au cou le portrait d'Edouard, ce qui amènera de la part du mari désespéré quelques traits énergiques. Au cinquième acte, il introduit un pauvre qui demande l'aumône ; ce pauvre joue le principal lôlejusqu'au dénoûment; il est auprès de Buckingham, qu'il ne connaît pas, l'organe des malédictions populaires, lorsque Ce favori, complice des crimes de Richard, se dispose à fuir l'Angleterre pour mettre sa tête à l'abri dune tyrannie que lui-même a contribué k établir; il donne à tout le peuple de Londres une leçon de courage et d'humanité lorsque, au péril de sa vie, il partage un morceau de pain avec la malheureuse victime qui meurt de faim depuis deux jours; il confond le despote luimême, lorsque ce prince hypocrite, en lui faisant grâce d'avoir violé la loi, iui dit : « Va prier Dieu pour moi. — Je vais prier pour eux, » répond le pauvre en tombant k genoux auprès de Jane sans vie1 que son mari tient embrassée. Ce mot termine la pièce. La création de ce rôle est heureuse et le serait davantage si le pauvre et le mari ne faisaient qu'un. La ligure historique de Richard, hideusement belle, est bien supérieure à l'esquisse de Rowe; les traits empruntés k Shakspeare et ceux inventés par Lemercier font de ce personnage un type original et parfait selon les règles de l'art dramatique. Cette figure énergique remplit tout le quatrième acte, qui est fort beau; la scène du conseil surtout est admirable; la présence de Jane ajoute beaucoup k l'effet. Ce rôle, une des plus heureuses créations du talent du Lemercier, place sa tragédie bien au-dessus de la pièce anglaise et de la traduction de Liadières.
SHORÉE s. f. (cho-ré — de Shore, nom angl.). Bot. Syn. de vatica, genre de diptérocarpées. Il On dit aussi shoréa s. in.
— Encycl. On sait peu de chose sur les végétaux qui composent ce genre. La shorée robuste, espèce typé et peut-être unique, est un arbre qui, par le port et le feuillage, ressemble assez au laurier; ses fleurs sont nombreuses, grandes, d'un jaune pâle; ses fruits sont capsulaires, ovoïdes, un peu aigus, monospermes. Ce végétal croît dans les montagnes de l'Inde septentrionale et probablement aussi dans les régions voisines. Il atteint d'assez grandes dimensions; son bois, brun, luisaut, d'un grain serré, est employé pour les constructions civiles. D'après Correa de Serra, il fournit aux îles de la Sonde beaucoup de camphre, que l'on brûle daus les pagodes; mais le fait a été contesté par d'autres. Cet arbre n'est pas connu daus nos cultures.
SUOREliAAl (NEW-), ville et paroisse d'An-
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gleterre, comté de Susses, sur la Manche, k l'embouchure de l'Adur, k 32 kilom. E. de Chicliester; 2,590 hab. Port de commerce, peu commode et même dangereux k marée basse , à cause des rochers qui s'y trouvent; cabotage; pêche d'huîtres; construction de navires. On y voit une église ancienne qui est un modèle curieux de l'architecture normande. A 1 kilom. N, de la ville est le village de Old-Shoreham, autrefois ville assez importante.
SHORTHORN s. m. (chor-tornn — mot angl. formé de short, court, et de horn, corne). Econ. rur. Bœuf de race anglaise, petit de taille et k cornes courtes.
SHORTIAs. f. (chor-ti-a — de Short, u. pr.). Bot. Genre de plantes, de la famille des pyrolacées, dont l'espèce type croît dans l'Amérique du Nord.
SHOVEL (Cloudesley), amiral anglais, né près de Clay vers 1650, mort eu mer en 1705. Lieutenant en 1674, il se distingua dans l'expédition contre Tripoli et incendia la flotte barbaresque. En 1689, il assista k la bataille navale de Bautry-Bay. En 1090, il transporta en Irlande le roi Guillaume et son armée et reçut de ce prince le titre de contre-amiral de l'escadre bleue, puis en 1692 celui d'amiral. Il prit part en cette qualité k la bataille de la Hogue en 1692, et fut un des amiraux chargés de commander collectivement la flotte britannique. L'année suivante, il se distingua sous lord Berkley dans l'expédition de la baie de Camaret. En 1702, il se rendit dans la baie de Vigo pour retirer du fond de la mer les fameux galions espagnols restés jusqu'ici introuvables. L'année suivante, il commanda la grande flotte dans le détroit et en 1704 celle de la Méditerranée, k la tête de laquelle il participa k l'action qui eut lieu près de Malaga. En 1705 , il fut employé comme commandant en chef. Envoyé en Espagne, il contribua k la prise de Barcelone. En revenant en Angleterre, il périt dans un naufrage, près des îles Sorlingues.
SHRAPNELL s. m. (chra-pnèl — du nom de l'inventeur, le colonel ang\3.i&,Shrapneli). Artill. Obus qui lance des balles en éclatant.
— Encycl. V. obus.
SUKEWSBURy, VUriconium des Romains, la Penqweme des Bretons, ville d'Angleterre, ch.1-1. du comté de son nom ou de Shrop, sur la Severn et le canal de son nom, k 248 kilom. N.-E. de Londres, par 52» 42' de latit. N., S0 5' de longit. O. ; 20,000 hab. Fonderies de fer ; filatures de laine, manufactures de flanelles et de toiles; brasseries, pâtisserie et charcuterie renommées. Entrepôt du commerce du pays de Galles. Celte ville, située sur deux éminences qu'entoure la Severn, est renommée pour la salubrité de son climat et la beauté de sa situation; mais ses rues sont étroites, roides,mal pavées et répondent peu k la réputation dont jouit la ville. On y trouve plusieurs édifices remarquables. Le château de Shrewsbury comprend trois corps de bâtiments distincts : l'ancienne forteresse bretonne; l'édifice normand de Roger de Montgomery, dont la porte voûtée est encore admirablement conservée aujourd'hui ; enfin un donjon carré et deux tours massives dues k Edouard Ier. Le château s'élève k l'entrée de l'isthme, dans une situation des plus pittoresques. L'hôtel de ville, construit d'après les dessins de Sniyrke sur l'einplacementd'un ancien hôtel du tempsd'Edouard II, est un édifice imposant, où l'on remarque une belle galerie de portraits de rois et d'autres personnages célèbres. Parmi les neuf églises de la ville, nous ne citerons que Sainte-Croix, édifice normand qui fit longtemps partie d'une abbaye fondée k l'époque de Guillaume le Conquérant par Roger de Montgomery.
Mentionnons encore : la chambre du conseil, dont la salle principale, ornée dans le style gothique, possède une porte curieuse et mesure une longueur de 16 mètres; l'hôtel des postes, le théâtre, le marché, construit en 1535, surchargé d'ornements et qui forme le spécimen le pUs complet du style dit d'Elisabeth; l'hôtel des Drapiers, vieille et intéressante construction du moyen âge, où naquirent deux des filles d'Edouard IV ; la .statue de Richard, duc d'York, pète du précédent, et celle du général Hill ; cette dernière placée au sommet d'une colonne dorique haute de 40 mètres. Shrewsbury possède encore une école gratuite de grammaire, fondée en 1550 par Edouard VI, augmentée par la reine Elisabeth et qui tient un rang important parmi les établissements d'enseignement public. Le célèbre évoque Butler en fut longtemps le directeur.
La principale promenade de Shrewsbury, connue sous le nom de Quarry, occupe une prairie d'environ huit hectares, plantée de tilleuls et de marronniers. A l'ouest de cette promenade apparaissent les vestiges d'un ancien amphithéâtre qui ont longtemps exercé la sagacité des antiquaires; mais il parait aujourd'hui établi que cet amphithéâtre ne remonte pas au delà du moyeu âge et est dû aux moines d'une abbaye voisine qui, suivant un usage alors assez répandu, y venaient représenter des mystères. La cour assistait quelquefois k ces bizarres représentations.
Aux environs de Shrewsbury se trouvent les ruines de l'abbaye de Haughmond, fondée en 1100 par Richard Kitzallan. La nef seule est aujourd'hui debout, protégée contre de
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nouveaux ravages du temps par un solide plafond de chêne. A moins d'un mille de la ville, on voit encore le chêne gigantesque (il mesure 15 mètres de circonférence) au sommet duquel monta, si l'on en croit la légende, Owen Glendower, afin d'observer le résultat de la bataille livrée en 1403 par Henri IV au duc de Northumberland. Une église qui tombe en ruine s'élève sur une partie de l'emplacement où eut lieu le terrible combat.
— Histoire. Shrewsbury n'est autre que l'antique cité celtique de Sengwan,dont les Saxons changèrent le nom plus tard en celui de Serobbesbyrig, qui signifie colline boisée. Il est aisé de voir que le nom actuel n'est que la corruption du précédent. La fondation de la ville moderne remonte au v« siècle. Guillaume le Conquérant en fit don k Roger de Montgomery. Ce dernier construisit k Shrewsbur3' un redoutable château fort qui fut le théâtre do nombreux combats entre les Welches et les Anglais. Edouard 1er justalla k Shrew.-ibury, en 1277, six quartiers militaires et agrandit encore le château. C'est aux environs que fut livrée, en 1403, la bataille décisive entre l'armée royale, commandée par Henri IV, et celle du duc de Northumberland, que Shakspeare met en scène, et où périt le fameux lord Percy, dit Hotspûr. A l'époque de la guerre des Deux-Roses, ce fut avec une armée lovée* k Shrewsbury qu'Edouard IV, après la mort et la défaite de Richard, duc d York, son père, réussit k écraser k Mortimer-Cross la faction rivale. Quand la guerre civile éclata, Shrewsbury embrassa d'abord lu parti du roi Charles Iir; mais, menacée d'un siège, elle lit bientôt sa soumission au Parlement, qui ordonna le démantèlement de ses fortifications (1C45).
Charles H, après sa restauration, donna Shrewsbury au comte de Bradford. L'ancien château et le domaine qui en dépend sont aujourd'hui la propriété du duc de Cluveland.
SHREWSBURY, SALOP ou SHROP (comté:
de), division administrative de l'Angleterre, comprise entre les comtés de Chester au N., de Stafford k l'E., de Worcester au S.-E., de Hereford au S. et le pays de Galles k l'O. Le comté mesure 68 kilom. du N. au S., sur 52 kilom. dans sa plus grande largeur. Superficie , 3,000 kilom, carrés ; 229,341 hab. Le sol est accidenté par une chaîne de montagnes, qui le traverse du N. au S. et le divise en deux versants, celui de la mer d'Irlande, où l'on ne remarque que la Dee, et celui du canal du Bristol, ou l'on rencontre la Severn, qui reçoit le Perry, lu Thern, le Wolf, le Clun et la Corve. Climat salubre, sol fertile et bien cultivé. Les principales productions agricoles sont les céréales, le houblon, le lin et le chanvre ; belles forêts de chênes; vastes pâturages qui nourrissent de nombreux, troupeaux, dont le lait sert à la fabrication du fromage connu sous le nom de Chester. Dans les parties montagneuses, on élève un grand nombre de moutons, dont la laine est tiès-estimée. Les richesses minérales du comté sont encore plus importantes que ses productions agricoles; on extrait de ses houillères 300,000 tonnes de charbon tous les ans; ses mines de fer, de cuivre, ses carrières de pierre k chaux et k bâtir, exploitées avec activité et intelligence, sont une source de revenu inépuisable. Inutile de dire que le mouvement commercial y est favorisé par tous les moyens possibles de locomotion, navigation, railway, grande et petite voirie,
SI1REWS3URV (Talbot, duc de), célèbre général anglais. V. Talbot.
SHUCKBURGH-EVELYN (George Auguste- Guillaume) , physicien anglais, ne k Scluickburgh-Park vers 1731, mort en 1804. Membre de plusieurs sociétés savantes, il fut envoyé en 1786 parle \\ arwickshireau Parlement et fut réélu pour la cinquième fois en 1802. On a de lui : Observations faites en Savoie pour déterminer la hauteur des montagnes au moyen du baromètre (1777, in-4o); Comparaison de ses règles et de celles du colonel Boy pour mesurer les hauteurs par te moyen du baromètre (1778); Sur la variation de la température de l'eau bouillante (1778) ; Description d'un équatorial (1793) ; Rapport sur quelques essuis pour la fixation d'un étalon de poids et mesures (1798).
SHUCKFORD (Samuel), historien an-lais, mort en 1754. Il embrassa la carrière ecclésiastique et publia un ouvrage intitulé ; Histoire du monde sacré et profane, depuis la création jusqu'à la destruction de l'empire des Assyriens, à la mort de Surdanapale, et jusqu'à la décadence des royaumes de Juda et d'Israël (3 vol. in-8°), destinée k servir d'introduction k {'Histoire des Juifs de Pridoaux. La mort empêcha Shuckford do terminer son Histoire du monde. Elle a été traduite en français par J.-P. Bernard, Chaulépié et Toussaint (Leyde, 1738, 2 vol. in-12; t. III, Paris, 1752), titres noirs et rouges, avec cartes et figures. Shuckford a écrit aussi quelques Sermons et un traité sur la Création et la chute de l'homme, devant servir de supplément k la préface de l'Histoire du monde.
SHULTZIA s. f. (chul-tzi-a — de ShultS, botati. alleni.). Bot. Syn. d'oBOLAiRE, genre de plantes peu connu , rapporté successivement, par les divers auteurs , aux gentianées, aux orobanchées et aux personuèes, et
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dont l'espèce type croît dans l'Amérique du Nord.
SHUTÉBÉIB s. f. (ehu-té-ré-î — de Shuter, botnn. angl.). Bot. Genre de plantes, de la famille des convolvulacées, formé aux dépens des palmiers, et dont l'espèce type croît dans l'Inde et au Cap de Bonne-Espérance.
SHUTÉRIE S. f. (chu-té-rî — de Shuter, botan. angl.). Bot. Genre de plantes, de la famille des légumineuses, tribu des phaséolées, voisin des glycines, et comprenant des espèces qui croissent dans l'Asie tropicale.
SHUTTLEWORTHIA s. m. (chu-tlé-ouortî-a — de Shuttleworth, savant angl.). Bot. Syu. d'uwAROWA, genre de verbénacées.
SHYLOCK, personnage principal du Marchand de Venise, comédie de Shukspeare (v. Marchand de Venise [le]). Shylock est le type de l'usurier impitoyable et sans entrailles. Les écrivains emploient souvent ce nom comme synonyme d usurier, en faisant allusion au personnage de la pièce.
» Shylock, Shylock, c'est toi, le génie de l'usure, qui dévores sans fin ni trêve, depuis l'origine du monde, le foie du travailleur sans cesse renaissant. C'est toi qui condamnas Jésus par la voix de Cu'iphe, qui le clouas au gibet sur un autre Caucase, qui le fis outrager par les vociférations de la populace , cette vile et éternelle complice des bourreaux. »
Toussenel.
«Jamais je ne pardonnerai k mon pays de m'avoir fordé, par sa dureté de cœur, à vendre, en pleurant sur sa crinière, mon dernier cheval de selle, nourri, élevé, dressé par ma main, pour payer de quelques pièces d'or, or à mes yeux sacriiége, une dette que j'aurais préféré payer de quelques onces de mon sangl Pa3's de Sliylocks, qui laisses vendre la chair de l'homme, que les malédictions de ceux qui aiment la nature animée retombent
à jamais sur toi 1 »
LamahtWë.
• „. Ce passant Fit sa fortune à l'heure où tu versais ton sang; Il jouait a la baisse et montait à mesure Que notre chute était plus profonde et plus sûre.
Si bien que du désastre il a fait sa victoire, Et que, pour la manger, et la tordre, et la boire, Ce Shaijlock, avec le sabre de Blflcher, A coupé sur la France une livre de chair. •