‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 14Chapitre 351 sur 1059 · V. Huao · texte numérisé non relu

V. Huao

• Mlle Rachel a payé bien cher une carrière de triomphes ; il n'en est pas un seul qui ne l'ait conduite un peu plus près de la tombe, où la voici arrivée. Le théâtre, comme le Shylock de Shakspeare, ne consentit à lui vendre Je succès et la fortune qu'au prix , chaque fois, d'un quartier de chair humaine ; de sorte que, te jour où elle fut riche et célèbre, plus rien ne respirait et ne vivait dans sa poitrine labourée par le juif impitoyable. La gloire tue aussi sûrement que la faim. »

B. Jouviu.

SI, S' devant il et ils, conj. (si — mot lat.). En cas que, pourvu que, supposé que : Il faut toujours agir avec franchise, si l'on veut être sincèrement vertueux. (J.-J. Kouss.) Il n'y aurait que demi-mal d'être dupe, si l'on n'était de plus calomnié par le dupeur. (Mme Necker.) Si la fierté est excusable, c'est quand elle s'adresse à la force. (Bignon.) Si vous êtes pierre, soyez aimant ; si vous êtes plante, soyez sensitioe; si vous êtes homme, soyez amour. (V. Hugo.) Nul empire n'est sûr s'il n'a l'amour pour base.

RAClfE.

Si tu vis, je vivrai, et si tu meurs, je meurs.

Campenon.

Fuyons; mais si l'ingrat rentrait dans son devoir; Si la foi dans son coeur retrouvait quelque place; S'il venait, à mes pieds, me demander sa grâce; Si, sous mes lois, amour, tu pouvais l'engager ;

S'il voulait...

Racine.

Il Avec la forme suspensive : Ah.' si j'avais sul Si vous m'aviez laissé faire! Si richesse savait, si pauvreté pouvait. (Rigault.)

— Exprime un vœu, un projet incertain, une proposition dubitative que l'on fait : Si nous allions nous promener ?

Si j'apprenais l'hébreu, les Bciences, l'histoire?

La Fontaine.

— Combien, a quel point ; Vous savez si je vous aime.

D'un côté..., mais de l'autre : Si c'est la

raison qui fait l'homme, c'est le sentiment gui le conduit. (J.-J. Rouss.) Si les hommes supérieurs n'ont pas tous une moralité parfaite, il n'y a peut-être de moralité parfaite que parmi les hommes supérieurs. (Mm« de Staël.) Si l'oreille ouït, si les yeux lisent, c'est l'esprit qui entend. (De Bonald.) En fait de femmes, en France., s'il y a peu d'ensemble, il y a de ravissants détails. (Bal«.) Si le monde console de la solitude, la solitude console du monde. (Petiet.)

La raison pour laquelle : Si je le fuis,

vit qu

SI

a parlé; s'il se meut, c'est qu'il est poussé ; s'il agit, c'est qu'il a un motif. (I/ubbé Bautain.)

— Sert à marquer le doute : Je ne sais si cela est vrai. Ou ignore s'il est encore à la campagne.

— Si... ne, A moins que : Les voilà, Si je ne me trompe.

— Ou si, Ou bien est-ce que ; Est-il là, ou s'tï est sorti?

— Que si. Dans le cas où : Que si vous en doutez, je donnerai des preuves.

— Si ce n'est, Excepté, hormis : Il vous ressemble, si ce n'est qu'il est un peu plus grand. Qu'est-ce q«e le fils de l'homme, SI ce n'est du fumier et de la boue? (Boss.) Pourquoi donc vivons-nous, si ce n'est pour mourir? (Lumenn.) Il n'y a rien d'égal à la petitesse de l'homme, si ce n'est sa vanité. (A. Karr.J

Eux ou moi, nous avons la cervelle troublée, Si Ce n'est qu'à, dessein ils se soient concertés Pour nous faire enrager.

Corneille.

— Si tant est que. S'il est vrai que : Si tant est qu'îY vous ait offensé, il faudra l'en faire repentir, u Supposé même que : Il ne vous apprendra rien, si tant est qv'il sache quelque chose.

— Si j'étais que de vous, Si j'étais à votre place :

Je ne souffrirais point, si j'étais que de vous. Que jamais d'Henriette il pût être l'époux.

Molière.

— s. m. Action de dire si; condition restrictive : Il a toujours à la bouche un si ou un mais, des si ou des mais. le sais tous les si et les mais dont les petits spéculateurs ont enluminé cette vaine science. (Mirab.) A toute perfection il y a un si ou un mais. (Gracian.)

Les si, les car, les contrats sont la porte Far où la noise entre dans l'univers.

Les si, les mats, les oui, les non, Toujours à contre-sens, toujours hors de saison, Echappent au hasard a sa molJe indolence.

Delille.

Il Condition particulière :

Je te la rends dans peu, dit Satan, favorable; Mais par tel si, qu'au lieu qu'on obéit au diable

Quand il a fait ce plaisir-la, A tes commandements le diable obéira.

La Fontaine.

II Inus.

— Prov. Avec un si, on mettrait Paris dans une bouteille, Avec des hypothèses, tout devient possible : Si vous étiez riche, oui; avec

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