UN SI, ON METTRAIT PARIS DANS UNE BOU- TEILLE
— Gramm. Pour les temps à employer après si, voir la note du mot temps.
— Allua. hist. Si ouinr augurera... Si un
augure rencontre un autre augure... V. augures (deUX) NE PEUVENT SE REGARDER SANS RIRE.
SI adv. (si — du lat. sic, ainsi et oui, qui a donné également l'italien si, oui). A tel point, tellement : Il est si aimable qu'on le recherche partout. La rivière est si haute qu'on ne peut la passer. Les beaux vers de Corneille sont beaux si naturellement, Si simplement, si pleinement, qu'il n'y a rien de si accompli. (Marmontel.) L'enfance n'est si heureuse que parce qu'elle ne sait rien. (Chateaub.) Il n'y a si bonne compagnie qui ne se quitte. (J. de Maistre.) Iiien n'est si sot que les méchants, ni si méchant que les sots. (De Bonneval.) L'homme est si bien fait pour être libre, que l'esclavage détruit l'espèce. (A. Martin.) Comme te voila fait ! Je t'ai vu si joli !
La Fontaine.
Û dieux! Que de faiblesse en une âme si forte!
Corneille.
Mourir pour son pays est un si digne sort, Qu'on briguerait en foule une si belle mort.
Corneille.
— Aussi, autnnt, au même point que; ne s'emploie que lorsqu'il y a négation ou interrogation, au moins dans la pensée : On n'a jamais rien vu de si beau. A-t-on jamais rien imaginé de si drôle? On n'est jamais si heureux ni si malheureux qu'on s'imagine. (La Rochef.) L'ambition n'est pas si près du cœur que l'amour. (Mme deTencin.) Rien n'est si barbare que la vanité. {Mme de Staël.) Les peuples ne sont ni Si difficiles ni si faciles à gouverner qu'on le pense. (Guizot.) Le cœur de l'homme n'est jamais si inflexible que son esprit. (Lamart.)
— Pourtant, finalement :
Si faut-il une fois brûler d'un feu durable.
La Fontaine.
Il Emploi vieilli.
— Oui bien, mais oui ; s'emploie pour répondre par une affirmation à une négation ou à un doute : Vous ne voulez pas? — Si, je veux bien. Vous dites1 que non, et je dis que Si. (Acad.)
Tirons au doigt mouillé. — Parbleu! non. — Par-
[bleu S si .
Florian.
Je ne me pendrai pas? Eh! vraiment, si ferai-je.
— Si fait, Que si, Oui bien, mais si ; s'emploie, comme si, pour rectifier, corriger ce qui a été dit, répondre affirmativement k un
SI
doute exprimé -.Vous n'êtes pas allé à la promenade? — Si fait, j'y suis allé. Vous ne le connaissez pas? — Oh! que si! Nous ne lui avons seulement pas demandé s'il avait besoin de nos services. — Si fait, si fait. (Scribe.)
— Si... que, A quelque point, à quelque degré que : Si heureux Qu'oft soit, on se plaint toujours de son sort.
— Si peu que, Quelque peu que, pour peu que : Si peu que j'aie d'argent, j'en aurai assez pour faire ce voyage.
— Si bien que, Tellement que, de sorte que : La chance tourna, si bien qv'U perdit tout son argent.
— Et si, Et cependant, quoique : le souffre plus que vous, et si je ne me plains pas. (Acad.) J'ai la tête plus grosse que le poing, et si elle n'est pas enflée. (Mol.)'ll Vieille loc; c'était la simple transcription du latin etsi, quoique.
— Gramm. St ne peut modifier qu'un adjectif ou un adverbe. Il ne faut donc pas dire, comme Voltaire : J'ai si mal aux yeux; mais si grand mal. Certains grammairiens pensent qu'on peut dire : Il était si en colère, parce que en colère est une expression adjective équivalente à irrité; d'autres condamnent cet emploi de si et prétendent que l'exactitude grammaticale demande : Il était si fort en colère.
Employé pour aussi dans les propositions négatives, il ne doit jamais être suivi de comme. Au lieu de : Il n'est pas si grand comme vous, il faut dire : Si grand que vous.
SI jeunesse savait, si vieilles»© pouvait,
roman de Frédéric Soulié (1S35, 6 vol. in-8°). Le vieil adage qui a fourni ce titre au romancier est souvent répété ; il semble l'expression d'un vœu tout naturel. Fréd. Soulié a entrepris de démontrer que si ce vœu était réalisé, s'il arrivait qu'on pût jamais donner au jeune homme l'expérience du vieillard, au vieillard la puissance du jeune homme, le monde ne serait bientôt composé que de monstres. Que le jeune homme aux ardents désirs, à la passion dévorante possède la ruse, la patience, l'expérience de la vieillesse ; qu'il ait l'égoïsme habile ; qu'il prenne en mépris, comme ie vieillard qui les a vu méconnaître de mille façons, le respect du mariage, l'obéissance filiale; qu'il ne croie a l'invulnérabilité d'aucune vertu, et bientôt ce sera un don Juan féroce, semant de toutes parts le' déshonneur, la révolte et te crime. Supposez qu'il rencontre une jeune fille possédan t aussi 1er Couplet. Larghetto.
SIAG
cette triste science de la vie, qui montre k tant de femmes que les plus honnêtes ne sont pas les plus heureuses, les plus considérées, et qu'elles sont toujours les plus pauvres ; que deux êtres pareils se rencontrent, et l'on aura sous les yeux l'accouplement le plus inique de la terre. Le romancier soutient cette thèse que c'est en vertu de sa faiblesse physique et morale que l'homme est un animal sociable. Si, comme lès autres animaux, il possédait toute la science dont il est capable, tout ce qu'il lui faut d'habileté pour pourvoir à ses besoins, comme le renard, le loup et le tigre, la société n'existerait pas ; car ce ne sont pas les forts qui se réunissent, ce sont les faibles. Eh bien ! dit le romancier, l'éducation qu'on donne de nos jours à l'homme, les principes qu'on lui inculque, cette science hâtive qu'on lui jette dans la tête le poussent à penser que seul il se suffit k lui-même. Aussi voyez quels progrès a faits l'égoïsme, et surtout ce nouvel égoïsme si empreint d'un caractère particulier qu'on lui a inventé un nouveau nom et qu'on l'a appelé individualisme.
Tel est le thème sur lequel Frédéric Soulié a brodé son roman, en replaçant dans l'existence actuelle un homme qui avait vécu au milieu des dernières années de Louis XV, nourri du philosophisme de la tin du dernier siècle et ayant traversé l'époque de la Révolution française; mais il n'a pas voulu pousser la chose au noir; il aurait pu lancer ce personnage dans tous les crimes; il a préféré le jeter dans toutes les sottises. Le marquis de Mun, rajeuni de soixante-quinze ans par un savantalchimiste, garde, avec ses passions de vingt ans, son expérience de centenaire et, au lieu d'en tirer profit, après mille mésaventures plus curieuses les unes que les autres, il se voit relégué dans un établissement d'aliénés, où il ne peut s'empêcher de penser qu'il vaut mieux que jeunesse ne sache pas et que vieillesse ne puisse pas. En dehors du thème plus ou moins philosophique, les aventures du héros sont très-amusantes, quoique trop enchevêtrées.
Si j'étais rai, opérn-comique en trois actes, paroles de Dennery et Brésil, musique d'Adam ; représenté au Théâtre-Lyrique le 4 septembre 1852, avec assez de succès.
Parmi les morceaux qui ont eu le plus de succès, nous allons donner la romance Bans le sommeil, morceau qui caractérise parfaitement la manière d'Adam et qui a joui longtemps d'une vraie popularité.
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