V. RECONNAÎTRE
SIENA (Simone da) ou MEM1HI, peintre italien. V. Memmi.
S1ENA (Duccio da) ou BCONINSEGNA , peintre italien. V. Duccio.
SIENA (GuidoDA) ou GU1DONEDAGHEZZO,
peintre italien. V. Guido da Siena.
SIENK1EW1CZ (Jean-Charles), bibliographe et historien polonais, né en 1792, mort à Paris en 1860. Après avoir exécuté un long voyage scientifique et littéraire à travers l'Europe, il revint à Varsovie et devint bibliothécaire de Pnlawy. Au début de sa carrière littéraire, Sienkiewicz cultiva la poésie et fit des traductions des meilleures productions littéraires anglaises, qu'il publia sous
SIEN
lô pseudonyme de Cbitrle* de Kallnawlu.
Ayant quitté la Pologne en 1831, il al'a se fixer a Paris, où il flt dans les bibliothèques publiques de minutieuses et très-laborieuses recherches sur l'histoire de la Pologne, prépara et publia en polonais et en fiançais plusieurs ouvrages "historiques et politiques trèsremarquables et rédigea, de 1834 à 1839, l'écrit périodique intitulé : la Chronique de l'émigration, qui se compose de huit volumes, dont la moitié presque est de sa plume. Grâce à ses soins a paru une excellente édition de Portofolio et autres œuvres de David Urquhart (1836-1837, 6 vol.), avec une traduction française. Puis il a publié un ouvrage de lui, intitulé : Mémoire sur l'état actuel de la ville libre de Cracovie. C'est à lui qu'appartient l'honneur d'être le créateur d'une Société historique polonaise ayant pour but de faire des recherches historiques dans toutes les bibliothèques et les archives étrangères. A partir de ce moment-là, en sa qualité de secrétaire, de conservateur et de bibliothécaire de cette société, il se livra à un labeur pénible et recueillit de précieux manuscrits, des ouvrages très-rares qui ont été plus tard le fonds de la bibliothèque polonaise de Paris. Parmi ses ouvrages, nous citerons : Documents historiques relatifs à la Russie et à la Pologne, en français (Paris, 1854,3 vol.); Poésies diverses (Krzemieiiielz, 1836, 4 vol.) ; Nicolas et Marie, poème ; Iphigénie, tragédie de Racine, traduite en vers polonais (Varsovie, 1816); Voyage en Italie (Varsovie, 1819); Pani Jeziora, poëme da Walter Scott, remarquablement traduit sous le pseudonyme de Charles de Kiilinowka (Vamovie, 1822,2 vol. in-8<>); Dissertation de Mac-Culloch sur l'origine, les progrès, l'objet et l'importance de l'économie politique (Varsovie, 1825, in-8°); Catalogue des duplicatas de la bibliothèque de Pulawy (Pulawy, 1829, in-8<>), ouvrage très-important dans la bibliographie polonaise; l'Etude de la Grèce actuelle (Varsovie, 1830, in-8°), avec la carte ; Trésor de l'histoire polonaise (Paris, 1839- 1842, 4 vol. in-8°); Dissertations concernant l'histoire ancienne de la Pologne (Posen, 1847, in-8°); V Emigration en 1856, écrit posthume (Paris, 1862, in-8»); Ecrits et travaux littéraires (Paris, 1864, in-8°), etc.
SIENNE, petit fleuve de France (Manche), tl prend sa source dans le canton de Saint- Sever, département du Calvados, coule kl'O,, entre dans le département de la Manche, baigne Villedieu, prend la direction du N.-O., arrose Gavray et se jette dans le havre de Régneville, à 12 kilom. S.-O. de Coutatices, après un cours de 76 kilom., navigable sur S kilom., depuis le confluent delà Soulle'jusqu'à la mer.
SIENNE, la Sena Julia des Romains, en italien Siena, ville du royaume d'Italie, efi.-l. de la province et du district de son nom, à 60 kilom. S. de Florence, par 43° 19' de latit. N. et 8» 59' de longit. E.; 22,000 hab. Place forte; siège d'un archevêché et résidence du gouverneur et des autorités civiles et militaires de la province. Cour civile; tribunal de lr<s instance et tribunal criminel; synagogue ; université fondée en 1380 et autrefois célèbre; Académie des sciences; école de beaux-arts; collège; bibliothèque publique (50,000 vol.) ; institut de Sourdsmuets. Fabriques de draps ordinaires, soierie, passementerie, ébénisterie, instruments de musique, chapeaux de paille, cuirs, papier; exploitation de beaux marbres jaunes dans les environs. Commerce de grains, vins et marbres.
Sienne est bâtie sur le penchant d'une montagne; la nature du sol sur lequel cette ville est assise, sa configuration mamelonnée par trois petites collines font croire qu'il a dû appartenir à un cratère. Quoi qu'il en soit, il est certain que Sienne repose en partie sur des souterrains formés par des accidents naturels ou creusés par la inain des hommes. Cette ville, qui a un bel aspect, présente la forme d'une étoile à trois pointes rayonnant d'une place centrale.
Les rues, tracées irrégulièrement sur un sol inégal, montent ou descendent sans cesse ; elles sont tortueuses et tellement étroites, que la circulation des voitures y est impossible. La -disposition de ces rues, pavées les unes de grandes pierres unies, les autres de briques posées sur champ, est telle, que la plupart sont dirigées vers le centre de la ville. Les maisons, en général d'architecture gothique, sont crénelées et flanquées de tours : Sienne semble bâtie pour la guerre civile. Plusieurs de ces maisons, qui se trouvent adossées à la montagne, ont des jardins uu niveau des croisées, ce qui procure des points de vue très-agréables. Le climat y est salubre, le choléra n'y a jamais paru. L'eau est amenée à Sienne par des conduits souterrains dits bottini, dont on attribue aux Romains la première construction. Des trentehuit portes qui lui donnaient jadis accès, Sienne n'en possède plus que huit. La place principale de Sienne, dite ptazza del Campo, est située au centre de la ville ou plutôt de l'étoile dont la ville a la forme; elle sert de point de départ au rayonnement de la plupart des rues. Elle est ovale, pavée avec des briques posées sur champ et des pierres en compartiments, bordée de boutiques et de bâtiments anciens avec de petits portiques dans le genre gothique. Cette place, creusée en
SIEN
forme de vaste coquille, est ornée de beaux, édifices : le palais du gouvernement, le palais municipal et l'ancien tribunal de commerce, aujourd'hui Casino de' nobili. La fameuse tour del Mangia, élevée en 1325 et dont la légèreté et la hauteur faisaient l'admiration de Léonard de Vinci, est également située sur la grande pla'ce de Sienne, qu'orne encore la fontaine Gaja. La place de Sienne est chaque année, à 1 époque du 15 août, te théâtre de courses de chevaux très-périlleuses, mais très-suivies. ,
— Monuments. Sienne est une des villes de l'Italie les plus riches en monuments de tous genres. La plupart de ces monuments sont célèbres. Nous les passerons successivement en revue. En première ligne figure l'église connue sous le nom du Dôme. Le Dôme de Sienne, dont la réputation est européenne, fut commencé vers 1229 ; en 1264, sa coupole était entièrement terminée. On a pratiqué à . cette église quelques embellissements et modifications qui ont suffi pour en faire le magnifique édifice que nous connaissons. La façade du Dôme présente trois portails surmontés de gables ; elle est flanquée aux angles de deux tourelles finissant en pyramides. L'architecture en est attribuée par les uns à Giovanni de Pise, par les autres a Giovanni di Cecco. Mais une partie des sculptures qui en composent l'ornementation provient d'une autre église et a pour auteur Giovanni de Pise. D'autres sculptures, les plus remarquables, représentant les prophètes et les anges, sont de Jacopo délia Quercia. Un grand nombre d'animaux, sculptés sur les diverses faces de l'édifice, symbolisent les nombreuses villes avec lesquelles Sienne contracta alliance à l'époque de sa puissance : la cigogne représente Pérouse; l'oie, Orvieto; l'éléphant, Rome; le dragon, Pistoie; le lièvre, Pise; le rhinocéros, Viterbe ; le cheval, Arezzo; le vautour, Volterïa; le lynx, Lucques ; le bouc, Grossetto ; enfin, Sienne elle-même a pour emblème une louve. Les assises extérieures du Dôme, en marbre blanc et noir alterné, rappellent, dit-on, le concours égal que les factions des noirs et des blancs devaient à la république. L'intérieur de l'église a été quelque peu gâté par des adjonctions modernes ; mais la nef, dont les arcades inférieures sont à plein Cintre et les arcades supérieures en arc aigu, présente un aspect imposant. Une galerie de têtes en terre cuite, représentant la succession des papes, forme la corniche. Un grand vitrail de Pastorino Pastorini surmonte la porte principale. C'est un des plus beaux échantillons de cette école du xvie siècle dont le Français Marcile fut le chef. Malheureusement, l'addition maladroite de chapelles latérales à frontons supportés par des colonnes sans caractère vient dissimuler en partie les hautes fenêtres ogivales qui éclairent l'édifice et former le plus déplorable contraste avec le style général de l'architecture du Dôme. Les peintures du xviie siècle qui ornent ces chapelles ne sont pas une suffisante compensation. Nous ajouterons que les colonnes sont ornées pour la plupart de statues colossales dans le style du Bernin et qu'elles jurent avec les proportions de l'édifice. L'église est pavée en inarbres de diverses couleurs, sorte de marqueterie sans autre exemple en Italie, formée de marbre blanc pour les clairs, de gris pour les demi-teintes (que renforcent au besoin des hachures creusées et noircies) et de noir pour les tons obscurs. « C'est en même temps, dit M. du Pays, dont l'excellent travail nous a dirigé dans la partie de notre résumé relative aux monuments, un vaste nielle [graffito) où le dessin des figures est accusé par des traits graves en creux et noircis. Il offre de belles composition^; les plus remarquables de ces graffiti sont de Beccafumi, entre autres une Eve charmante, le Sacrifice d'Abraham et Moïse •sur le mont Sinaï... Plusieurs ont été refaits récemment ; tels sont ceuxd'/?erm& Trismégiste, de Moïse et de la Roue de la Fortune, qui datait de 1372. » La plupart de ces curieux tableaux de marbre sont, en temps ordinaire , recouverts d'un plancher mobile qu'on n enlève que deux fois chaque année, à l'occasion de la fête patronale du 15 août et de celte du Statut. L'entrée principale est surmontée de bas-reliefs représentant diverses scènes de la vie de la Vierge-; à droite de cette entrée se trouve un bénitier, œuvre de Jacopo délia Quercia, présentant des poissons sculptés, symbole des chrétiens, et soutenu par un pilier antique qu'ornent des figures mythologiques mutilées. Mais c'est surtout le chœur qui offre des richesses artistiques inappréciables : les stalles sculptées sont de Riccio et remontent à 1570 ; le maître-autel, œuvre de Peruzzi, est surmonté d'un tabernacle en bronze commencé en 1472 par Lorenzo di Pietro del VeCchietta et qui touta à. l'artiste près de sept années de travail. Il est orné d une figure du Christ ressuscité rappelant la manière de Donatello et qui n'est pas inférieure aux plus hardies compositions de ce maître célèbre. De chacun des côtés de l'autel se tiennent deux anges de bronze, œuvre de Francesco di Giorgio Martini, qui fut premier magistrat de la république de Sienne. Une 'Assomption de Cisî (1549} est placée derrière cet autel. Deux fresques se font pendant au-dessus : l'une, de Salimbeni, représente la .Manne dans le. désert; l'autre, l'Exaltation d'Esther. Mai3
SIEN
le principal ouvrage de peinture que possède le Dôme se compose d une série de sujets peints en 13ll par Duccio di Buoninsegna et qui se trouvent maladroitement relégués à l'extrémité de'l'édifice, sur les murs des chapelles à droite et à gauche du chœur. Ces magnifiques peintures, qui, par suite de la profusion d'or et d'outremer qui y est prodiguée, ne coûtèrent pas moins de 3,000 florins d'or de la monnaie du temps, excitèrent à leur apparition un tel enthousiasme, qu'elles furent l'objet d'une procession analogue à celle qui eut lieu à Florence à propos de l'œuvre de Cimabué. La chaire octogonale en marbre blanc mérite également une mention importante. Soutenue par dix colonnes, dont quelques-unes sont portées par des lions, elle est due à Nicolas de Pise, qui l'entreprit en 1 266 et fut aidé dans son œuvre par son fils Giovanni et ses élèves Arnolfo di Cambio et Lapo di Donato. On remarque surtout les bas-reliefs, représentant diverses scènes de l'histoire du Christ; celle du jugement dernier est la plus estimée. L'escalier de la chaire, d'une grande légèreté , est digne de l'ensemble. Mentionnons encore, dans la sacristie, un bénitier du xvo siècle, ouvrage de Turini, soutenu par un ange en bronze doré; un beau triptyque de Pietro Lorenzetti (1342), représentant la Nativité de la Vierge, et un Saint Bernardin de Vecchietta. La chapelle Chigi, bâtie à droite de la coupole par Alexandre VII, est enrichie de marbre, de lapis-lazuli et de statues du Bernin. La chapelle Saint-Jean-Baptiste , dessinée par Peruzzi vers 1510, contient une sculpture antique, représentant Neptune et Amphitrite , et des fonts baptismaux où sont exécutés des basreliefs relatifs à l'histoire d'Adam et d'Eve par Jacopo délia Quercia.
Il nous reste à parier de la grande salle située dans la nef de gauche du Dôme et que le cardinal Piccolomini, élu plus tard pape sous le nom de Pie III, fit construire en 1495 pour y placer l'admirable bibliothèque à lui léguée par son grand-oncle maternel, /Eneas Sylvius, pape lui-même sous le nom de Pie II. La salle reçut pour cette raison et porte encore aujourd'hui le nom de Libreria (bibliothèque). De grandes peintures à fresque, exécutées en 1502 par Bernardino Betti, surnommé il Pinturicchio, couvrent la voûte. Elles se divisent eu dix sujets tirés de la vie de Piccolomini. Ces dix fresques, admirablement conservées, au point de n'avoir nécessité jusqu'à ce jour aucune restauration, sont un des monuments les plus complets que nous ait légués l'école ombrienne. Ne quittons pas la Libreria sans mentionner encore le tombeau de Mascagni, œuvre de Ricci ; celui de Bianchi, gouverneur de Sienne, œuvre de Tenerani, et un Christ attribué à la jeunesse de Michel-Ange. Un beau groupe antique, représentant les Trois Grâces, après avoir été conservé dans la Libreria, a été transféré à l'Académie des beaux-arts de la ville. Ce groupe, parfaitement conservé, avait été découvert, au xme siècle, dans les fondations de la Libreria. Enfin, c'est encore dans le Dôme de Sienne que l'on garde les trophées et les étendards de la bataille de Monte-Aperto.
Nous nous bornerons à passer rapidement en revue les autres églises de Sienne, qui, sauf quelques détails, ne peuvent soutenir aucune comparaison avec le magnifique édifice dont il vient d'être question ci-dessus. L'église San-Giovanui, construite au xwe siècle (1382 environ), présente une façade vraiment remarquable. On y trouve quelques curieuses fresques du xve siècle ; le Baptême du Christ et Saint Jean conduit en prison, par Ghiberti (1417-1427) ; la Tête de saint Jean apportée d Hérode, par Donatello ; la Naissance et la Prédication de .oint Jean, par Jacopo délia Quercia. L'église Sant'Agostino, reconstruite au xvii» siècle par Vanvitelli, ne mérite qu'une mention au point de vue architectural, mais possède un grand nombre de peintures. Parmi les principales, il faut citer : le Christ en croix, du Pérugin ; le Massacre des initO' cents, par Matteo di Giovanni (1482); Y Epiphanie, par le Sodoma; Saint Augustin, par Sorri (1600); un Baptême de Constantin, par Vanni. L'église del Carminé, dont on remarque le clocher et le cloître, œuvre de Peruzzi, possède une Nativité inachevée de Riccio et terminée par Salimbeni ; le Saint Michel, œuvre de Beccafumi, qui orne le chœur, est d'une lumière qui rappelle Rembrandt. Dans la cour du cloître se trouve un puits d'une profondeur considérable, désigné sous le nom de puits de Diane [pozzo di Diana). L'église de la Concezione fut construite de 1471 à 1528 ; on y remarque une Nativité de Casolani, un Massacre des innocents de Matteo di Giovanni et deux Madones, l'une de Lippo Memmi, l'autre de Sano di Pietro. Cette église était placée, avant le xm« siècle, sous l'invocation de saint Clément. L'église Saint- Dominique, qui ne se compose que d'une vaste nef sans bas-côtés recouverte d'une charpente apparente, possède une Sainte Catherine, plus intéressante encore au point de vue de son auteur qu'à celui du mérite propre de l'œuvre; ce tableau est dû, en effet, à Andréa di Vanni, un des principaux personnages de la république de Sienne et l'un de ceux qui provoquèrent avec le plus de vigueur, en 1368, l'expulsion des nobles. On sait que sainte Catherine de Sienne est une sainte toute locale; son souvenir est fré-
SIEN
quemmeut reproduit par la peinture dans l'église qui nous occupe. Nous citerons les tableaux du Sodoma et de Gambareili, représentant l'un l'Extase de la sainte , l'autre Sainte Catherine donnant à Jésus-Christ sa croix d'argent. L'œuvre du Sodoma, artiste inconnu en France, est du premier ordre. Le maître-autel de l'église est attribué à Michel- Ange. Saint Thomas a, dit-on, habité le cloître attenant à l'église Santo-Domenico. L'église de Fonte-Giusta contient un tableau singulier et d'une admirable exécution, représentant la Sibylle annonçant à Auguste la venue de Jésus-Christ ; les restaurations maladroites ont, par malheur, altéré quelque peu le caractère primitif de la peinture. On montre, en outre, dans l'église de Fonte- Giusta, un glaive, un petit bouclier en bois et un grand fanon de baleine offerts par Christophe Colomb à son retour en Europe. L'église Saint-François, construite en 1326, incendiée en partie en 1655, est occupée aujourd'hui par une caserne. La plupart des tableaux qu'elle contenait, et dont nous nous bornerons à citer la fameuse Descente de croix du Sodoma, ont été transférés au musée. L'église Saint- Bernard (San- Bernardino) contient une Assompiion du même et la Vierge et les saints de Beccafumi. L'église Saint- Martin remonte à 1537 ; mais sa taçade, due à Giovanni Fontana, ne date que de 1613. On remarque dans cette église un tableau représentant la bataille remportée par les Siennois en 1529, près de la porte Camulia. Ce tableau a pour auteur Lorenzo Cini, qui se trouvait a la bataille. Il faut mentionner encore : une Circoncision, du Guide; un Jlfartyre de saint Barthélémy, par le Guerchin ; un Christ, attribué à Jacopo délia Quercia. L'église de San-Spiriio ou du Saint-Esprit fut commencée en 1345 ; sa coupole date des premières années du xvi« siècle (1504 environ) ; son portail, postérieur de quinze ans environ, est du à Peruzzi. On y remarque la chapelle dite des Espagnols, ornée de belles peintures par le Sodoma, et une grande fresque exécutée par deux dominicains, élèves de Fra Bartolomeo : le Christ , la Vierge, saint Jean, sainte Madeleine et sainte Catherine de Sienne. Enfin, nous placerons en dernier lieu, parmi les églises, le célèbre oratoire de cette dernière, construit sur l'emplacement de sa maison et de la boutique de son père, simple foulon, nommé Benincasa. Cet oratoire est orné de nombreuses peintures de Vanni, Sorri , Nasini, retraçant diverses scènes de la vie de la sainte.
Après les églises, nous devons mentionner les édifices particuliers suivants : le Palazso publico (palais public), aujourd'hui Municipe, agrandi de 1293 à 1309; la tour del Mangia, haute de 10im,80, commencée en 1325, achevée en 1345; elle doit son nom à un automate qui jadis venait battre à l'horloge le coup de midi ; au pied de cette tour se trouve une chapelle dédiée k la Vierge en commémoration de la cessation delà peste de 1348; cette chapelle fut terminée en 1376; on y remarque une fresque du Sodoma (1537); le palais del Governo (ancien palais Piccolomini), bâti par Pie II; le palais Buonsignori, édifice du xivo siècle, éclairé de fenêtres ogivales ornées de curieuses terres cuites ; le palais del Magnifico, bâti en 1504 par Pan- ' dolfo Petrucci, tyran de Sienne; la façade j présente de remarquables ornements de i bronze dus à Cozzarelli, architecte du palais ; enfin, les palà'is Saracini, Tolomei (ce dernier datant de 1205), Gandellini, etc., etc., tous remarquables tant par leur construction que par les trésors artistiques qu'ils contiennent.
Quelques-unes des fontaines de Sienne sont intéressantes au point de vue monumental. Nous citerons notamment : la Fonte Nuova (1259); la Fonte Branda (1193); la Fonte di Follonica (1249); enfin, la Fonte Gaja, dont nous avons dit plus haut l'emplacement. Cette fontaine doit son nom à la /oteque manifestèrent les habitants de Sienne en voyant, en 1343, l'eau arriver jusqu'à la place del Campo. Elle est ornée de bas-reliefs représentant les vertus théologales, la création, Adam et Eve et leur expulsion du paradis terrestre.
— Etablissements divers. Sienne possède un hôpital fondé au xme siècle et agrandi Vers 1466 et conservé tel quel jusqu'à nos jours ; on y voit des peintures de Beccafumi, de Domenico di Bartoli et de Taddeo di Bariolo; un institut des beaux-arts comprenant une collection de tableaux (ou musée) divisée en deux parties : peintres de l'école de Sienne proprement dite et œuvres des autres écoles. Parmi ces dernières, nous citerons des tableaux de Breughel, du Tintoret, de Paul Véronèse, d'Albert Durer, de Salvator Rosa, du Bassan, de Caravage, du Titien, d'Holbein, etc., etc. Parmi les ouvrages de sculpture, nous ne mentionnerons que le groupe des Trois Grâces, qui se trouvait jadis dans la Libreria et dont nous avons parlé plus haut. Enfin, Sienne est aujourd'hui pourvue de deux théâtres, dont le plus grand a été construit sur les dessins de Bibiena, célèbre architecte moderne. La promenade de la ville consiste dans la Lizza et occupe l'emplacement d'une ancienne forteresse élevée par Charles-Quint et démolie en
— Histoire. Les premières origines de
SIEN
Sienne sont incertaines. Auguste en fit le siège d'une des vingt-huit colonies romaines. Il ne parait pas, néanmoins, qu'elle ait joué à cette époque un rôle important, car ou ne la voit figurer dans aucun épisode historique contemporain de la grandeur et de la chute de l'empire. Au moyen âge, au contraire, Sienne prend une extension soudaine et peut même rivaliser avec les grandes cités voisines, sans excepter Florence. Au xii« siècle, elle se constitue en république et institue des consuls réélus chaque année qui, en 1212, font place à d'autres magistrats. La g^randu lutte entre le sacerdoce et l'empire, qui, vers la même époque, divisa l'Italie, trouva dans Sienne une alliée de l'empereur.Ce fut a Sienne que se retirèrent, en 1258, Farinata degli Uberti et ses partisans, expulsés de Florence. Deux ans plus tard, les réfugiés et les Siennois réunis remportaient sur les guelfes, à trèspeu de distance de la ville qui nous occupe, la célèbre bataille de Monte-Aperto. L'importance que Sienne tira de ce succès décisif, la prospérité de son commerce, l'éclat de son école artistique, tout cela n'empêcha pas la cité de subir tes maux ordinaires à cette époque, c'est-à-dire les déchirements sans lin et les querelles intestines. Les descendants des premiers consuls étaient nobles , d'où des discussions de préséance dégénérant aisément en conflits; les principales familles de Sienne, Piccolomini, Tolomei, Malavolti, Salimbeni, étaient presque constamment en rivalité ; enfin, les troubles excités sans cesso par les bannis mettaient le comble à cette lutte continuelle et souvent sanglante. Un nouveau fléau, la peste, vint, en 1348, y ajouter encore ses ravages. Dès ce jour, l'histoire de Sienne ne sera plus que confusion et qu'incertitude. En 1355, Sienne proclame pour son chef l'empereur Charles IV, qui essaye, mais sans succès, d'apaiser les divisions entre les nobles et le peuple; ce dernier reçoit satisfaction sur la plupart de ses exigences; mais alors la noblesse se révolte contre l'empereur, qui la proscrit en masse en 1368. Cet exil ne fut pas même un répit pour Sienne. Un an plus tard, à la suite d'une famine effroyable, la populace se révolte et envahit le palais de Charles IV, trop heureux de pouvoir fuir avec quelques soldats fidèles. La noblesse ne tarde pas à reprendre l'avantage et, en 1384, bannit près de quatre mille citoyens , par mesure de représailles. On compta, peu de temps après, jusqu'à cinq factions a Sienne : celle des gentilshommes, celle des neuf, celle des douze, celle des réformateurs et celle du peuple. Ces divisions incessantes, habilement fomentées par les Florentins, rendirent plus acharnée encore la guerre qui éclata de nouveau entre les deux cités rivales.
En 1399, la république de Sienne, à bout de ressources, se place sous la protection de Jean-Galéas Visconti, duc de Milan. Elle reprend sa liberté trois années après, à la mort du duc, mais les querelles intestines recommencent aussitôt dans son sein, sans répression possible. L'avènement de Pandolfo Petrucci (1487) comme gouverneur de Sienne, de retour de son exil, inaugura pour la ville une ère de prospérité et de calme relatif; en des temps difficiles , où l'indépendance de Sienne était menacée plus profondément que jamais, soit par les Florentins, soit par César Boigia, soit enfin par le roi de France Louis XII, Petrucci sut gouverner avec une habileté peu commune, et Machiavel, qui vint près de lui en 1510, en qualité d'ambassadeur, rend témoignage, dans son célèbre livre, aux qualités politiques de Petrucci. Malheureusement, à la mort de ce dernier ( 1512 ), tout retomba dans l'ancien désordre ; après une victoire du parti populaire, la villa fut vendue par l'empereur 30,000 ducats à Jules II. Il serait trop long de détailler dès lors les efforts, les tentatives, les convulsions de la république mourante, essayant de reconquérir son indépendance et s'adressant, sans résultat autre qu'un accroissement de divisions, aux puissances voisines. L'heure de la chute définitive n'était pas loin. En 1554,Cosme I«r deMédicis marche sur Sienne dans le but de s'en rendre maître au nom et pour le compte de Charles-Quint, son allié. Sienne était alors défendue par Pierre Strozzi, qui, se laissant emporter par ses rancunes contre les Mèdicis, accepta la bataille rangée avec les troupes de Cosme et fut battu La ville de Sienne demeurait ouverte au vainqueur, quand le fameux Biaise de Montlue sy jeta au nom de Henri II de France et résolut d'y faire une résistance héroïque. Il lutta, en effet, courageusement contre les assiégeants, et Sienne ne se rendit, pressée par la famine, que le 17 avril 1555. Montluc sortit de Sienne avec les honneurs de la guerre, mais la ville était à jamais ruinée. Le vieux capitaine catholique nous a laissé, dans ses Commentaires, un tableau navrant et fidèle de cette population chassée de ses foyers par l'ennemi : « Il y avoit, dit-il, des femmes qui portoient des berceaux où estaient leurs enfants sur leurs testes, et eussiez vu beaucoup d'hommes qui teuoient en une main leur fille et en l'autre leur femme, et furent nombres à plus de huit cents hommes, femmes et enfants. Oncques en ma vie je n'ay veu départie si désolée..., et ne peus sans larmes voir toute ceste misère, regrettant infiniment ce peuple qui s'estoit montré si dévotieux à sauver sa liberté. > Cosme da
SIER
Médicis entra donc dans Sienne et en obtint même la cession de Philippe II en 1557; m;iis tel était l'abaissement de l'ancienne république que son chiffre de -10,000 habitants tomba dès lors à 6,000. Depuis cette époque, Sienne a suivi les destinées de la Toscane. Réunie à la France en 1808, elle fut, jusqu'en 1814, le chef-lieu du département de l'Ombrone, et, depuis 1860, elle fait partie du royaume d'Italie. Sienne a fourni a l'Eglise sept papes, entre autres Grégoire VII et Alexandre III ; elle est aussi le berceau des trois Socin et de sainte Catherine.
Des conciles ont été tenus a Sienne en 1423 et en 1599. Dans le premier, qui siégea du 22 août 1423 au 26 février 1454, on fit un décret contre les hérésies déjà condamnées k Constance et contre ceux, qui prêteraient secours aux wicléfites et aux hussites. On s'occupa aussi de la réformation et de la réunion des Grecs, mais on renvoya les deux affaires au concile de Bàle qui se tint en 1431. Les Pères accordèrent dans le décret contre les wieléfltes et les hussites une indulgence plénière à ceux qui les persécuteraient et qui travailleraient k ruiner leur hérésie. On enjoignit aux ordinaires et aux inquisiteurs de veiller à la capture, a la condamnation et à la punition des hérétiques et de leurs fauteurs, sous peine de suspense de quatre mois en cas de négligence.
Le concile de 1599, présidé par l'archevè-
3ue de Sienne Tarusi, publia de nombreux écrets sur des questions de discipline ecclésiastique. La disposition la plus intéressante est la suivante : on ne vendra ni achètera aux jours de fête ce qui est nécessaire pour la vie ou la santé. Les foires et les marchés y seront interdits, la justice y sera suspendue ; on n'y fera aucun contrat et on n'y mettra rien à l'enchère. Les curés s'élèveront avec une sévérité paternelle contre les abus qui se commettent ces jours-là. On ne fera aucun voyage, et les ecclésiastiques donneront à cet égard l'exemple au peuple.
SIENNE (province de), division administrative du royaume d'Italie, comprise entre les provinces de Florence au N., celle d'Arezzo à l'E., les Etats de l'Eglise au S., la province de Grossetto au S.-O. et à l'O., où elle confine aussi à la province de Pise. Superficie, 3,793 kilom. carrés. Elle est subdivisée en deux districts : Sienne et Monte- Pulciano; comprend trente-huit communes, avec une population de 193,935 hab. Dans cette province, on récolte des vins de liqueur excellents, parmi lesquels l'alcatico ou muscat rouge de Monte-Pulciano occupe le premier rang. A une brillante couleur purpurine, il joint un parfum aromatique des plus agréables et une douceur tempérée par un peu de fermeté, et qui n'empâte pas la bouche. Les vins d'ordinaire sont peu abondants et ne suffisent pas à la consommation des habitants ; mais les vins de liqueur s'expédient dans des traçons de 1 litre.
Les vins sont conservés dans de petits barils ou dans des flacons revêtus de paille. On rient ces derniers debout, et, au lieu de les boucher avec du liège, on verse sur le vin une certaine quantité d'huile, que l'on retire avec un petit rouleau d'étoupe quand on veut le boire.
SIENNOIS, OISE s. et adj. (siè-noi, oi-ze). Géogr. Habitant de Sienne; qui appartient à cette ville ou à ses habitants : Les Siennois. La population siennoise.
S1ERADZ, ville de la Russie d'Europe, dans la Pologne, gouvernement et à 157 kilom. S.-O. de Varsovie, à 53 kilom. S.-E. de Kalisch, près de la Wartha; 3,500 hab. Tanneries ; fabrication de toiles.
SIERAKOWSKI (Jean), homme politique et orateur polonais, né en 1498, mort en 1585. Il alla compléter ses études dans diverses universités d'Allemagne et d'Italie, apprit plusieurs langues et se fit bientôt remarquer par son savoir et son éloquence. Bien qu appartenant par sa naissance au parti aristocratique, il fut un véritable tribun du peuple, qui attaqua avec une grande vigueur les abus et les privilèges des seigneurs et les prétentions du clergé à exercer une autorité juridique. Sierakowski fit partie de presque toutes les assemblées nationales, notamment de la diète de Léopol (1537), où il prononça une virulente philippique contre les excès des seigneurs, et présida, en 1518, la Chambre des députés. Sous Stanislas-Auguste, il devint successivement grand référendaire delà couronne, castellan de Lindzk, staroste de Pvredeck (1559), castellan de Kulisch et voïvode de Lincryco (1569). Il remplit diverses missions diplomatiques, rédigea une constitution pour Elblog, et parvint par son éloquence, en 1570, à apaiser un grave conflit qui avait surgi à Dantzig. Ses principaux discours ont été publiés dans la Chronique d'Orzechowski, dans le Mémoire de Sandomierz et dans la Chronique dû Bielski.
SIERAKOWSKI (W.-H.), prélat polonais, de la famille du précédent, né en 1699, mort en 1780. Il fut successivement chanoine de Cracovie (1725), curé de Jaroslaw, garde du trésor royal, puis évêque d'Iuflant (1737) et de Przeinysl (1742). Membre de la diète, il s'y fit remarquer en défendant avec ardeur les intolérables privilèges de l'Eglise. En 1759, il devint archevêque de Léopol, On lui
SIER
doit un certain nombre d'ouvrages, dont les principaux sont : De eminentia et juribus épiscoporum super presbyteros (1776, in-4°); Disputalio de praescriptionibus (1776, in-4°).
SIERAKOWSKI (Michel), écrivain polonais, de la famille du précédent, mort en 180S. Il fut chanoine de Przeinysl, puis juge suffragant de l'évêque de Latyczew. Il mena une vie fort orageuse, qui fit scandale, et publia entre autres ouvrages : Instructiones juris ecclesiastici (1774, in-4») ; Ethica christiana (1774, in-4«).
SIERAKOWSKI (W.), écrivain polonais, frère du précédent, mort en 1806. Successivement chanoine de Varsovie, de Cracovie, député au tribunal de la couronne (1776) et curé de Sandomierz, il fonda dans cette ville une pharmacie et des fabriques de calicot et de drap. A la suite d'un voyage qu'il lit en Italie, où il se prit de passion pour la musique, il établit à Sandomierz une école de musique pour les enfants pauvres. Enfin, il se fit l'éditeur de plusieurs ouvrages utiles. Parmi ses propres écrits, nous citerons : Y Art musical pour la jeunesse (Cracovie, 1795-179G, 3 vol. in-8») ; Histoire sainte de l'Eglise (i799- 1800, 13 vol. in-8<>); Traité d' agriculture (1798, 3 parties in-8°); De evidentiamyslerii sanctissimx et individu» Triai tatit (Cracovie, 1799, in -40); Historia universitatis Cracoviensis (Cracovie, 1800, in-8°.
SIERAKOWSKI (Sébastien), jésuite et écrivain polonais, frère des précédents, né en 1743, mort à Cracovie en 1824. Il entra chez les jésuites, se fit recevoir docteur en philosophie et reçut la prêtrise en 1774. Successivement chanoine de Cracovie, président du tribunal de la couronne, député à la diète de Proszkowice en 1780 et 1786, il devint ensuite sénateur de Cracovie et recteur de l'Académie de cette ville. Grand amateur d'architecture et très-habile dans cet art, il fit bâtir, d'après les plans qu'il avait tracés, la belle église gothique de Pleszow, près de Cracovie, et éleva, dans l'église de Sainte- Anne, un monument à Copernic. Ses principaux ouvrages sont : l'Architecture contenant tous les genres et tous les styles des bâtiments, en 3 parties (Cracovie, 1812, 2 vol. in-fo).), ouvrage unique dans son genre en Pologne et qui coûte excessivement cher, à cause des 115 belles gravures qui accompagnent le texte. Le traité sur 1 architecture de Sierakowski jouit encore aujourd'hui, dans son pays, d'une grande autorité et est fort estimé ; Esquisse sur la statistique de la Pologne (Cracovie, 1809, in-8<>); 1 Organisation des écoles en Pologne (1810, in-8°); les Constitutions des trois villes libres, Lubeck, Brème et Hambourg (Cracovie, 1816) ; Traité sur les sépultures des anciens (1818, infol.), etc.
SIERAKOWSKI (Joseph, comte), savant archéologue polonais, né en 1765, mort à Varsovie en 1831. Après avoir terminé ses études, il entra dans les bureaux du consulat de la cour de Suède et remplit, en 1796, plusieurs missions diplomatiques en Lithuanie et en Courlande. Après le dernier partage de la Pologne, il entreprit de longs voyages, visita et parcourut toute l'Europe, collectionnant des livres rares, des objets d'art, des pierres gravées, etc. De retour dans sa patrie, Sierakowski prit une part fort active à ta propagation des lettres et des sciences, organisa plusieurs sociétés et fut membre de la Société des amis des sciences de Varsovie. Il contribua à la publication de YIHstoire de Narusrewiez (Varsovie, 1824, 2 parties), édita les Monument a regum Polonix, et devint un des collaborateurs de la Biographie des illustres Polonais. On a de lui : Sur ta mythologie des Slaves; Sur l'origine des Slaves (Varsovie, 1825. in-4o); Récit de deux mois d'emprisonnement (Dresde, 1816, in-8°), en français; Vende pallium, eme librum, prooerbium antiquum academicum (Varsovie, 1819, in-4°) ; Synopsis grammaticx hebrai,cx (Cracovie, 1821, in-40, 3 purlies); Aulus Persius Flaccus, traduction, etc.
SIEHCK, ancien bourg de France (Moselle), chef-lieu de cant., arrond. et à 18 kilom. N.-E. deThionville, sur la rive gauche de la Moselle, cédé à l'Allemagne par le traité de Francfort (10 mai 1871). Collège communal; fabrication de porcelaine; tanneries, huilerie, tuilerie. Commerce de grains, farine, vins, bois. Exploitation de quartz pour pavés, auges et pressoirs. Sierck, autrefois place forte prise par Condé en 1643, est encore entouré de murailles. Sou ancien château fort est construit sur une esplanade qui domine le cours de la Moselle; une partie du bourg, bâtie sur l'escarpement d'une montagne, sa compose de rues rapides, étroites et tortueuses; l'autre partie, qui s'étend sur la rive droite de la Moselle, présente d'assez belles constructions. Les monuments de Sierck sont peu nombreux. L'ancien château fort n'est plus qu'une ruine. L'église paroissiale, ancienne chapelle ducale au temps des ducs de Lorraine, fut construite vers le xme siècle par Matthieu IL Mais souvent restaurée depuis cette époque, elle a, surtout extérieurement, presque entièrement perdu son caractère primitif. L'intérieur est encore remarquable par la hauteur et la hardiesse de la voûte. Autrefois reliée au château des ducs de Lorraine à l'aide d'une galjrie, l'église
SIER
de Sierck contenait avant la Révolution un grand nombre de tombeaux de cette maison.
Les autres édifices de Sierck qui méritent une mention sont: le collège ecclésiastique, la caserne, belle construction du dernier siècle, et une curieuse maison particulière, ornée d'un balcon de pierre sculptée, que quelques archéologues font remonter au xiv« siècle, mais qui appartient vraisemblablement à l'époque de la Renaissance.
Tout porte à croire que Sierck existait déjà, avant la conquête romaine. Après la chute de l'empire, il fut compris dans le royaume d'Austrasie. Il appartint ensuite aux archevêques de Trêves, aux évêques de Metz, et donna son nom à une maison qui joua un assez grand rôle au moyen âge, mais qui s'est éteinte depuis longtemps. Au xiiib siècle, Sierck passa aux ducs de Lorraine, qui y fixèrent pendant quelque temps leur résidence et y battirent monnaie. A cette époque, la ville était une place forte défendue par des murailles flanquées de tours, dont les ruines sont encore visibles aujourd'hui, et par un château fort construit au point culminant de Sierck et qui commandait to ît le cours de la Moselle. L'invention de la poudre, en permettant de battre en brèche cette forteresse de tous les points élevés des montagnes voisines, anéantit son ancienne importance.
Sierck subit au moyen âge de nombreux sièges dont le détail est inutile, la plupart ayant été dirigés par des seigneurs particuliers en guerre les uns contre les autres ; il convient seulement de mentionner les derniers : l'un commandé par Louis XIII en 1633 . l'autre par le duc d'Enghien, dix ans plus tard. Louis XIII s'empara de Sierck au bout de huit jours; le duc d'Enghien au bout de cinq. Enfin, la ville fut cédée à la France en 1661, et, vers les dernières années du règne de Louis XIV, le maréchal de Villars campa aux environs afin de s'opposer au passage de Marlborough. Sierck est tombé, au mois d'août 1870, au pouvoir des Alieraands, qui l'ont conservé depuis.
SIEROCINSK1 (Théodore), gramairien et pédagogue polonais, né à Lachowce (Volhynie) en 1789, mort en 1857. Pendant dix ans il se livra à l'enseignement public et privé à Lubarz, alla suivre les cours de droit à Krzemienielz en 1809, puis se livra à l'étude de la philologie et de la littérature latine et polonaise. Ayant repris l'enseignement, il professa les langues latine, française et allemande, dirigea plusieurs institutions et fut nommé successivement professeur de littérature polonaise au lycée de Szcrebrzesryn (1823), a Varsovie et enfin à Pulawy, où il passa le reste de sa vie. Outre une grande quantité d'articles et de dissertations dans les journaux et les écrits périodiques polonais, Sierocinski a publié les ouvrages suivants : Souvenir d'un bon père (Varsovie, 1825, in-80); les Principaux fondements de la grammaire de la langue polonaise (Varsovie. 1838, in-80); Logique (Varsovie 1834, in-8°), d'après le système de Kieswelter; la Pédagogie ou la Science de l'éducation (Varsovie, 1846, in-8°); le Livre de la jeune chrétienne, en polonais et en français (Varsovie, 1847, 2 vol. in-12) ; Coup d'ceit historique et critique sur l'orthographe polonaise depuis 1S0S jusqu'à aujourd'hui (Varsovie, 1852, in-8") ; Etude surles figures de rhétorique et sur le style (Varsovie, 1857, in-8"), etc.
S1ERP1NSKI (Zenon), littérateur polonais, né à Lublin en 1818, mort en 1843. Après avoir terminé ses études dans sa ville natale, il se rendit en 1840 à Varsovie, où il obtint un emploi dans l'administration de la justice. 11 consacra ses loisirs à la littérature et, bien que la mort l'ait enlevé à l'âgje ou d'autres débutent à peine, il av*it déjà publié plusieurs ouvrages remarquables. Outre un grand nombre d'articles et de nouvelles insérés dans différents journaux polonais, on a de lui : Description historique de Lublin (1839 ; 2e édit., 1843) ; Abrégé du code pénal polonais (1841) ; Robert le Diable, roman national (Varsovie, 1842); le Nouveau cabinet de romani (Varsovie, 1842, 3 vol.); Cinq romans originaux (Varsovie, 1843).
SIERRA-LEONE (côte de), littéralement montagne aux lions, côte de l'Afrique occidentale, formant l'extrémité N.-O. de la Guinée supérieure, entre la république de Libéria au S.-E. et la Séuégamuie au N., baignée à l'O. par l'Atlantique et confinant à l'E'. au Fouta-Dialon. Cette contrée, qui forme un gouvernement colonial de l'Afriijue anglaise sous le nom de gouvernement de Sierra-Leone, est comprise entre 6" 30' et 11° de latit. N. et entre 120 55r et 16» 45' de longit. U. ; elle mesure 600 kilom. de longueur sur la côte et 350 kilom. de largeur. Chef-lieu, Freetown. Les côtes, généralement basses, se relèvent au N., où l'on rencontre la montagne qui a donné son nom à oette contrée, parce qu'elle est infestée de lions. Sur la frontière de la Sénégambie, on rencontre aussi des montagnes assez élevées. Les principaux accidents que présente cette côte sont : le cap Monte, au S., près de la république de Libéria; la baie Sainte-Anne, le cap Sierra-Leone, au N. duquel on trouve les petites îles de Loss. Le principal cours d'eau de la contrée est la Rokelle, qui se jette dans l'Atlantique près de Freetown.
Le climat de Sierra-Leone est chaud et très.-insalubre pour les Européens que la