‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 14Chapitre 38 sur 1059 · SA1G · texte numérisé non relu

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mais ceux-ci s'observent très-rarement chez les animaux domestiques.

SAIGNEMENT s. m. (sè-gne-man; gn mil.

— rad. saigner). Ecoulement, épancnement de sang : Arrêter un saignement de nez. Sa plaie a recommencé à saiyner, et ce saignement est de mauvais augure. (Acad.)

SAIGNE-NEZ s. m. Bot. Nom vulgaire de l'achillée mille-feuille.

SAIGNER v. a. ou tr. (sè-gné; gn mil. — du lat. s/uiguinare,qm, dans la basse latinité,signifits jeter du sang; ùesanguis, sang). Tirer du sang, ouvrir la veine à : Saigner un malade du bras, de la chenille. Saigner un malade. Saigner à la gorge, à la nuque, sous la langue. Saigner à la tempe. Saigner à In jugulaire. Saigner un cheval. (Acad.) Venezvous purger encore, saigner, droguer, mettre toute la maison sur le grabat? (Beaumarcli.) On ne voit pas qu' Hippocrate ait dédaigné de saigner les malades quand il le croyait nécessaire. (Cuv.)

— Blesser avec une arme, faire couler le sang de : Il parle de vous saigner s'il vient à vous rencontrer.

— Tuer par effusion de sang : Saigner un poulet. Saigner un mouton.

— Pratiquer une saignée, une ouverture dans les parois, les digues de : Saigner un fossé, un étang, une rivière.

— Fig. Rançonner, tirer de l'argent de : Saigner les contribuables. Il y a eu des temps où le pouvoir saignait arbitrairement certaines classes de gens riches. (Acad.) Il Tirer de l'argent de : Saigner son coffre- fort. Il n'y a père gui ne saignât sa bourse pour faire apprendre ses exercices à ses enfants. (Nie. Pasq.) Comme il se rallie à l'humanité par un amour excessif de l'argent, j'ki saigné en sa faveur ma ceinture de piastres espagnoles. (Méry.)

— Saigner la viande, La purger du sang contenu dans les gros vaisseaux, n'y laisser que le sang contenu diins les capillaires : On n'A pas assez saigné cette viande.

— Saigner à blanc. Saigner jusqu'au blanc, Saigner jusqu'à faire pâlir le malade. Il Fig. Epuiser par des exactions.

— Loc. fam. Saigner d'une autre veine, Eprouver d'un autre façon.

— Art milit. Saigner une gargousse, Crever une gargousse pour en tirer la poudre qu'elle contient.

— v. n. ou intr. Perdre du sang : Saigner du nez. Il faut laisser saigner la plaie. Vous m'avez coupé, car je saigne. Le nez, le doigt lui saigne. Son front saigne. (Acad.)

— litre sensible, en parlant d'une plaie morale : La plaie saigne encore. C'est une plaie gui saignera longtemps. La plaie de la révocation de l'ëdit de Nantes saigne encore. (Volt.)

J'ai revu l'ennemi que j'avais éloigné, Ma blessure trop vive aussitôt ajaigné.

Racine.

— Saigner comme un bœuf, Perdre beaucoup de sang.

— Saigner du nez, Manquer de courage, reculer, faiblir : Je vous assure que je n'hipus saigné nu nez à la barricade de la porte Saint-Martin. (K. Abolit.) Il Ne pas tenir une promesse qu'on avait fuite :

Combien saignent du «t dans le moindre besoin, Quf tous les jours vous font cent promesses nouvelles?

Lenoble.

— Le cœw me saigne, Le cœur lui saigne, Cela fait saigner le cœur, J'ë.pvouve;ï\éi)ruuve une vive douleur, cela t-ause une impression très-pénible : Je gémis toujours de n'être pas aidé par quelqu'un de nos frères : cela fait saigner le cœur. (Volt.) Ce qui fait le charme de la vie est perdu pour vous, et je vous assure que cela me fait saigner le cœur. (Volt.) Le cœur est toujours jeune et peut toujours saigner.

Pour peu que vos regards puissent l'é^ratigner, C'est un cœur pantelant que vous ferez saigner.

Corneille.

... Il m'en a coûté, pour vaincre tant d'amour, Des combats dont mon cœur saignera plus d'un jour.

Racine.

— Artill. Saigner du nez, Baisser dans le tir, par suite de l'insuffisance du poids de la culasse : Ce canon saigne ou nez.

— Mar. Se dit du cliouquet d'un bas mât quand il fléchit et s'incline par su partie de 1 avant : Ce chouquet saigne.

Se saigner v. pr. Etre saigné : Un malade ne doit se saigner que pour des raisons trèsgraves.

— Se tirer du sang, s'ouvrir la veine : Je me suis saigné moi-même.

— Fig. Donner jusqu'à se gêner : Les'habitanls ont bien voulu se saigner pour réaliser ce projet utile. C'est un bon père, il se saigne pour ses enfants. (Acad.) Lui as-tu dit qu'il fallait qu'elle se saignât pour une occasion comme celle-ci? (Mol.)

— Gramin. Comme verbe actif, saigner peut indifféremment être suivi de la préposition à OU de la préposition de : Saigner un animal de ta jugulaire, à ta jugulaire. Comme verbe neutre, certains grammairiens, voulant établir une distinction entre le sens piopre et le sens métaphorique du verbe saigner, disent saigner au nez dans le premier cas , et

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