‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 14Chapitre 37 sur 1059 · V. VENTOUSE · texte numérisé non relu

V. VENTOUSE

Toutes ces saignées capillaires ne présentent aucune difficulté pour le chirurgien et n'exposent à aucun accident.

— IL La saignée chez l'homme au point de

VUE PHYSIOLOGIQUE, PATHOLOGIQUE ET THÉRA- PEUTIQUE. Nous avons dit qu'on doit distinguer la saiynée générale et la suignée locale. La saignée générale est ordinairement la saignée veineuse que nous avons décrite comme opération de chirurgie ; mais les deux autres peuvent être aussi des saignées générales. C'est ce qui arrive quand on a pour but de guérir, non pas un mal local, mais un mal général et qu'on tire assez de Sang, par un moyen quelconque, pour agir sur toute l'économie. Par contre, la saignée veineuse peut aussi n'être que locale, par exemple quand elle est faite pour parer directement à un accident particulier, propre à un organe déterminé, ou à un mal bien positivement localisé; telle est la saignée pratiquée pour arrêter l'effet subit d'une congestion au cerveau. Elle n'est, comme moyen thérapeutique, qu'une saignée locale, aussi bien que l'application de sangsues ou de ventouses scarifiées dans le voisinage d'un organe engorgé, tel que la plèvre, dans la pleurésie. On distingue encore, au même titre, la saignée curative ou thérapeutique proprement dite, qui a pour but la guérison d'un mal existant bien constaté, soit général, soit local, et la saignée préventive ou hygiénique, qui a pour but de prévenir des maux qui n'existent pas encore, mais dont on se croit menacé, ou d entretenir seulement la bonne santé.

Avant d'apprécier ces diverses sortes de saignées, il est nécessaire de s'arrêter en premier lieu sur les effets physiologico-pathologiques de toute espèce de saignée assez considérable pour exercer une action générale, quel que soit, d'ailleurs, son but spécial et quelle qu'en soit la nécessité, et de résumer, en second lieu, les indications et contre-indications thérapeutiques indépendantes de la maladie.

— -Effets pkysiologico-pathologiques de la saignée. 11 y a lieu de distinguer, dans ees effets, les phénomènes physiologiques qui accompagnent ou suivent cette opération et l'action pathologique générale qu elle exerce sur l'ensemble des organes.

Pendant la saignée, ou peu de temps après, on rémarque un i,otable ralentissement du pouls; le nombre des pulsations diminue de vingt-cinq à trente par minute. A mesure que

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le pouls perd de sa fréquence, la résistance cesse d'être aussi marquée, et souvent, quoique les parois de l'artère soient plus souples, le calibre du vaisseau semble se resserrer. Tandis que les pulsations deviennent moins fortes et moins fréquentes par l'effet de l'émission sanguine, les inspirations sont aussi plus rares et plus profondes, et si le sujet est impressionnable ou \a. saignée très-abondante, la faiblesse du pouls et de la respiration s'accompagne bientôt de la pâleur de la face, du refroidissement des extrémités et d'une syncope complète avec évacuation involontaire des urines et quelquefois des matières fécales ; parfois même ces syncopes sont suivies de mouvements convûlsifs à la face et dans les membres.

Des accidents aussi graves sont toujours rares , k la suite même des saignées assez copieuses ; mais presque toujours celles-ci sont accompagnées d'un sentiment plus ou moins prononcé de défaillance qui se propage à tous les organes et particulièrement aux organes gastro-intestinaux. La sécheresse de la bouche et la soif succèdent bientôt à la saignée, qui est accompagnée quelquefois aussi de nausées et même de vomissements et de diarrhée, lorsque des circonstances particulières obligent de pratiquer cette opération pendant le travail de la digestion, ce qu'on a soin d'éviter autant qu'on le peut.

Si les émissions sanguines générales sont répétées au delà de la limite fixée par l'état des forces, les phénomènes qui suivent d'ordinaire et momentanément une saignée abondante deviennent, en quelque sorte, constitutionnels, et les signes de l'anémie se prononcent. La peau se décolore, devient blafarde ; le tissu cellulaire s'infiltre de sérosité, surtout aux extrémités inférieures; un bruit de souffle se fait entendre dans les principaux troncs artériels ; les forces digestive*, et particulièrement celles de l'estomac, languissent. La même impression débilitante se remarque consécutivement sur les organes de relation, sur l'appareil locomoteur et sur les organes des sens ; les forces musculaires diminuent et les malades tombent dans un état de faiblesse générale, dont la durée varie; les yeux surtout, lorsqu'ils sont déjà primitivement faibles, se ressentent évidemment de l'action débilitante des émissions sanguines générales, en sorte que le dicton populaire que les sai^new affaiblissent la vue n'est pas sans fondement. Ces effets consécutifs sont en général d'autant plus prononcés que la perte du sang a été plus abondante et plus répétée. Les saignées peuvent être toutefois, dans certains Cas, poussées à un point qui étonne, sans entraîner aucune conséquence fâcheuse. Ainsi Brillouet, chirurgien de l'hôpital de Chantilly, a cité l'exemple d'une fille qui, pendant dix-neuf ans, fut saignée mille vingt fois, quatre-vingts fois du pied et neuf cent quarante fois du bras. Elle était sujette à des vapeurs épileptiques et à des vomissements. Une métrorvhagie, qui dura un an, la guérit complètement. Elle put su marier, et treize ans après sa santé ne s'était pas démentie. Mais, d'un autre côté, les faits d'anémie pur suite de la saignée sont très-nombreux, et il n'est pas même nécessaire que les émissions sanguines soient très-abondantes ni répétées à des intervalles très-rapprochés pour les produire. Quelquefois une seule saignée, même peu considérable, suffit pour déterminer cette maladie ; c'est ce qu'on observe en particulier chez les enfants dans certaines circonstances.

L'action pathologique des émissions sanguines générales, déterminée par le concours des divers effets physiologiques que nous venons de passer en revue, est nécessairement très-complexe. Elle se compose de plusieurs résultats que nous pouvons, jusqu'à un certain point, isoler par l'analyse, mais qui en réalité ne forment qu'un tout. Le premier résultat est la suite immédiate de la déplétion ou de l'évacuation du premier de tous les liquides de l'organisme, de celui qui est la source de tous les autres et le principe de l'excitation de tous les solides, le foyer de la vie enfin; et ce résultat direct et fondamental de la saignée, on peut en dire, avec Hufeland, que c'est l'affaiblissement de la vie. Le second résultat de la saignée, c'est d'émousser la sensibilité exaltée, de relâcher et détendre les fibres contractées, de favoriser les sécrétions et par conséquent d'être relâchante, antispasmodique et calmante. Une troisième série d'effets, qui n'est peut-être que le résultat des deux actions primitives, est celle à laquelle on donne le nom d'antipblogistique. Cette action est surtout caractérisée par la diminution de la fréquence et de la dureté du pouls, l'abaissement de la température du corps, la diminution de la sécheresse de la peau et en outro, par l'augmentation de la transpiration insensible. Tous ces effets d épié tifs ou évacuants, relâchants, antispasmouiques, calmants et antiplilogistiques de la suignée générale sont d'autant plus marqués que l'évacuation sanguine est plus abondante, faite par une plaie plus large à la veine ou à l'artère et que le sang s'écoule plus rapidement.

— Indications thérapeutiques, indépendantes de la maladie, sur le traitement par la saignée. Les indications et contre-indications générales que nous donnent les méde-

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cins de la convenance des émissions sanguines sont tirées de l'âge et du sexe, de la constitution du sujet, de ses habitudes, des circonstances au milieu desquelles il se trouve placé, etcJ Passons en revue les plus importantes.

L'âge. L'enfant étant exposé, disent les médecins, à beaucoup d'affections qui réel unent la saignée, cest un grand préjugé de croire qu'il faille s'en abstenir durant cette période de la vie. Ils citent des cas nombreux où ils ont pratiqué la saignée avec les plus grands avantagea quelques jours après la naissance. Jusqu'à un an ou deux, cependant, ils reconnaissent qu'on est souvent obligé de s'en tenir aux émissions sanguines capillaires; mais, à compter de cette époque, les veines deviennent très-susceptibles d'être ouvertes, et la saignée veineuse est regardée en médecine comme un moyen puissant auquel il ne faut pas négliger de recourir quand il est indiqué. Le bon sens dit, au reste, que plus l'enfant est jeune, plus la quantité de sang qu'on peut tirer est petite. Ce que les médecins disent de l'enfant, ils le disent aussi du vieillard. Il n'est pas rare de voir pratiquer la saignée sur des individus de quatrevingts et même de quatre-vingt-sept ans jusqu'à deux fois le même jour, dans des pneumonies, avec le plus grand succès. Franck rapporte qu'il a saigné neuf fois un vieillard octogénaire atteint d'une affection fort grave de ce genre et l'a guéri. On peut donc regarder comme un aphorisme de la médecine réputée la plus sage que la pusillanimité dans l'emploi des saignées est souvent également nuisible aux vieillards et aux enfants. Il faut dire que la, saignée par les sangsues serait bien toujours la meilleure dans l'enfance et dans la vieillesse; mais la difficulté d'apprécier au juste la quantité de sang qui est extraite par chaque sangsue rend pour ainsi dire impossible de déterminer rigoureusement le nombre qu'il en faut appliquer suivant les âges-, cette quantité, au reste, doit évidemment varier en raison de l'état du sujet, de ses forces et de' l'intensité du mal.

Le sexe. Par les fonctions spéciales que la nature a dévolues aux femmes, le sexe devient pour la médecine une source d'indications et de contre-indications de la saignée. Voici un résumé du langage que tiennent aujourd'hui les meilleurs praticiens sur cette matière : aLes troubles et les désordres de la menstruation, disent-ils, exigent souvent des émissions sanguines. Soit locales, soit générales. L'écoulement des règles ne doit pas empêcher la saignée lorsqu une phlegiuasie intense la réclame d'ailleurs; attendre pour la pratiquer la disparition du flux menstruel, comme le conseillent quelques médecins, serait s'exposer à voir la maladie marcher quelquefois rapidement vers une terminaison funeste. La grossesse et l'état pléthorique qui en est souvent le résultat indiquent souvent l'usage de la saignée. Quant aux phlegmasies qui surviennent pendant la durée de la grossesse, elles doivent être combattues par les émissions sanguines; on ne doit pas craindre, comme le t'ont certains auteurs, comme le craignait Ilippocrate lui-même, qu'il en résulte des accidents. Maurioeau rapporte qu'une femme fut saignée dix fois du pied pendant sa grossesse, sans avorter. Le docteur Raciborski a communiqué récemment à l'Académie des faits qui démontrent de nouveau que les femmes enceintes, affectées de phleginasies aiguës peuvent supporter souvent sans danger les saignées même répétées. Mais quoiqu'on puisse et qu'on doive même recourir quelquefois k des saignées dans l'état de grossesse, les phleginasies qui nécessitent ce moyen thérapeutique n'en sont pas moins des complications fâcheuses.

«La constitution, la manière de vivre, les professions, etc., fournissent aussi des indications propres à diriger le médecin dans l'emploi de la saignée. Ramazzini dit avoir observé que les habitants des campagnes, adonnés à des travaux très-pénibles, supportent moins bien les saignées que les habitants des villes, qui mènent une vie plus tranquille et font d'ailleurs usage d'aliments plus nutritifs. Les climats chauds, en disposant les Européens surtout aux. maladies inflammatoires, provoquent assez souvent le besoin des saignées. Dans tous les cas, il est indispensable que le praticien ait présente à l'esprit, daijs l'emploi qu'il doit faire des émissions sanguines, l'influence capitale des constitutions médicales. Les exemples rapportés par Sydenham, Bâillon, Stoll, Huxhmann, etc., ont une gravité qu'aucun esprit sérieux ne saurait contester.» (Blache.)

— Saignée locale et saignée générale. La saignée locale, soit veineuse, soit artérielle, soit capillaire, selon les circonstances, est incontestablement un des moyens thérapeutiques les plus puissants. Qu'un organe soit engorgé de sang plus ou moins vicié et qu'il soit malade par cette cause, il est évident qu'en le dégorgeant par une ouverture on le guérira, car a la place du sang impur ou en excès dont il sera débarrassé se rétablira le cours naturel du fluide vivifiant. C'est ainsi que, quel que soit le préjugé populaire contre 1 emploi du bistouri et de la lancette dans les cas d'un organe visible affecté, le bon sens dit qu'il n'existe point de meilleur remède que la saignée locale. Mais, pour que la sai-

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gnée soit locale au sens de la lettre, il faut que l'organe malade soit susceptible d être atteint directement par le bistouri, la lan- ; cette, les sangsues, le scarificateur ou tout autre instrument propre à déterminer chez | lui l'émission sanguine ; aussi n'est-ce pas au sens littéral que nous prendrons ces mots ef I entendrons-nous aussi par saignée locale une , saignée pratiquée dans le voisinage du mal ou sur un vaisseau quelconque, tel que la veine du pli du bras, qui permet de la faire assez abondante; la saignée est, dans ce cas, générale dans son premier effet, puisque le sang, en vertu de sa circulation dans un système de canaux fermé et nulle part interrompu, ne peut être retiré en quantité considérable d'un de ces vaisseaux sans quo la déplétion se fasse sentir dans les autres; mais la partie malade en ressent sa part et cette part peut suffire pour la guérison. Il est vrai qu'alors des inconvénients, telsqtio celui d'un affaiblissement général, pourront en résulter pour les autres parties et pour l'ensemble-, mais ce qu'il faut considérer, c'est le résultat le plus important, qui sera la guérison de l'organe affecté ; les inconvénients généraux s: effaceront si cette guérison est obtenue. C'est ainsi que nous qualifions de locale, et par là même de souveraine et d'indispensable, la saignée veineuse dans le cas d'un commencement de congestion au cerveau qui peut entraîner la mort; quel autre moyen d'empêcher le sang d'affluer dans des vaisseaux dont les parois, déjà affaiblies, déjà dilatées comme celles des veines ou des artères dans les varices ouïes anévrismps, vont se gonfler encore davantage, blesser les parties environnantes du cerveau, peut-être se rompre et laisser se produire un épanchement dont le moindre effet sera la paralysie de tonte une partie du corps, si même cet effet n'est pas la mort elle-même? Il n'y a qu'à retirer, par la veine qu'on juge la plus.[ ropre à être ouverte avec avantage, la quantité de sang convenable de toute 1 économie utin que la veine ou l'urtère du cerveau, participant pour sa part à la déplétion, soit délivrée de la congestion et puisse ensuite se refortifier et se guérir; c'est co qui arrive souvent. De même, dans l'inflammation d'un organe interne comme celle du poumon ou de son enveloppe, dans la pneumonie ou la pleurésie, mettre des sangsues sur la partie extérieure la plus rapprochée du point douloureux n'est faire au- . tre chose que de pratiquer, autant que pos- 1 sible, une saignée locale qui peut être le seul moyen de salut. On doit en tout cas, d'ailleurs, chercher à retirer le sang le plus près possible de l'organe intérieur malade, parce que, bien que tout le système des vuisseaux , reçoive l'influence de la diminution de la masse totale, ce sont cependant les plus voisins du lieu où le sang s'échappe qui se vident les premiers et qui prennent le plus de pare à la déplétion.

Ici se présente naturellement la question | de ce qu'on entendait autrefois par la sai- \ gnée dérivatioe et la saignée révulsive. Dès le temps d'Hippocrate, on avait remarqué que telle saignée semblait attirer le sang, comme effet secondaire et comme réaction, vers l'organe malade, tandis que telle autre, pratiquée dans une région différente, paraissait, au contraire, détourner le sann' du lieu affecté, quoique la quantité extraite fût la même dans les deux cas. Sur cette observation, les anciens avaient établi leur distinc- 1 tion entre la dérivation et la révulsion, et l'on I a continué d'appeler saignée révulsive toute suignée qui a pour résultat de détourner le sang du siège du mal, et saignée dérivative celle qui attire, en résultat secondaire, le sang vers un organe sain ou malade. Or, cette distinction a perdu en réalité a pou près toute son importance depuis la découverte de la circulation du sang. Il y a toujours dérivation immédiate dans la saignée locale de la seconde espèce, c'est-à-dire pratiquée sur un vaisseau plus ou moins éloigné de la partie malade, et révulsion par rapport à cette partie. Au contraire, si la saignée est pratiquée dans l'organe même affecté, il y a immédiatement débarras du mauvais sang qui y causait le mal et, comme effet subséquent, attraction de la masse du sang vivitia.rt qui viendra opérer la guérison, et par conséquent dérivation vers cet organe. Les mots restent donc vrais : l'un (révulsion) pour exprimer l'effet premier, relatif au mauvais sang dans la saignée locale immédiate et pour exprimer le même effet, relatif à l'excès du sang, à l'engorgement et à l'inflammation, dans la saignée locale médiate; l'autre (dérivation) pour exprimer l'effet secondaire dans ces deux saignées par rapport au siège du mal et au sang général de 1 organisme ; il est évident qu'après la révulsion qui dégage revient la dérivation vers l'organe, qui rétablit.

11 existe, au reste, des saignées dont l'effet, à la fois dérivatif et révulsif, est de toute évidence. Telle est la saignée du pied pour dégager la tête ; telle est l'application des sangsues à l'aine pour dégager le thorax; la dérivation est évidente dam la première, comme ceile du bain de pieds très-chaud et à la moutarde par rapport aux pieds pour y attirer le sang momentanément et, par là même, en débarrasser momentanément le cerveau, ce qui pourra suffire pour sa guérison ; et la révulsion, également raomenta-

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née, n'est pas moins évidente par rapport au cerveau. Nous disons momentanée parce que, après un certain temps, l'équilibre se rétablit, le niveau se refait, comme dans un cours d'eau dont le niveau a été dérangé par un canal dérivateur subitement ouvert, et il ne reste plus qu'un effet général de déplétion qui produit à son tour ses effets comme dans la saignée générale.

La saignée générale est pratiquée comme eurative d'un mal existant, comme préventive de maux qui n'existent pas encore ou comme hygiénique pour conserver la bonne santé. A ces divers titres, la saignée a joui longtemps d'une grande faveur. Les Gall, les Broussais, les Bouillaud en avaient fait à peu prés une panacée universelle. Son emploi s'est peu à peu modifié dans la pratique, et la grande majorité des docteurs a fini par adopter un système mixte, qui fait une part à la. saignée et une part à la purgation. Des trois moyens thérapeutiques ridiculisés par Molière : saignare, ensuita purgare, poslea clysierium donare, le progrès a considérablement diminué l'importance des deux premiers, du moins comme remèdes à tous les maux, sans trop entamer le troisième, qui n'a rien de dangereux et qu'on peut s'accorder impunément si l'on y trouve du plaisir; aujourd'hui, l'usage de la saignée, quoique grandement restreint, continue cependant de régner comme remède dans les madies graves sous le" titre d'antiphlogistique , c^està-dire antiinflammatoire. Certaines maladies ont, en effet, une période d'inflammation contre laquelle la saignée est peut-être le dérivatif le plus puissant. Si ce caractère d'inflammation n'est pas bien déterminé, s'il n'est que l'effet d'une autre cause morbide, s'il y a altération ou commencement d'altération de la niasse sanguine, la saignée peut être dangereuse, parce qu'elle affaiblit le principe de la vie toujours en travail pour réparer les désordres. Si le sang s'altère, ce n'est pas en diminuant sa quantité qu'on le purifiera; on stimule, au contraire, la source de son altération. C'est bien plutôt en le nourrissant et le fortifiant qu'on parviendra à le remettre en état de se purifier lui-même. Les autres remèdes, les purgatifs, les vomitifs, les vésicatoires, les diurétiques, les sudorifiques, la diète, l'eau, les bains et les substances propres à agir, par la nutrition, sur la composition du sang, doivent être préférés comme règle" générale.

Que dirons-nous de la saignée hygiénique et préventive? On a cru longtemps que cet agent, si puissant pour combattre les affections locales, devait être efficace pour prévenir les maladies, et les préjugés des médecins sont devenus populaires. On trouve dans beaucoup de pays l'usage des saignées de précaution. Les paysans, dans une multitude de villages en France, se font saigner au printemps, eux et leurs chevaux. Cette pratique, appliquée sans discernement, est aussi mauvaise pour les uns que pour les autres. Elle devient une habitude impérieuse, provoque l'organisme à fabriquer trop de sang, l'use et enlève au médecin la ressource de la saignée eurative pour les cas graves où l'emploi en devient nécessaire. A quoi bon s'affaiblir chaque année sans raison k une époque déterminée quand on se porte bien? La vraie, la bonne, la naturelle saignée préventive, c'est l'exercice qui vide le trop-plein par la transpittition, c'est surtout la sobriété. Peu de viandes et peu de liqueurs alcooliques, beaucoup de végétaux mélangés d'une quantité suffisante de graisse, deXeurreet de graines oléagineuses : voilà le régime préventif contre la goutte, la gravelle et l'apoplexie, maladies des riches, des oisifs et des travailleurs de cabinet; voilà la saignée naturelle préventive.

Il faut cependant faire une exception à l'égard des femmes pléthoriques, fréquemment disposées aux phleguuisies et aux hémorragies, qui mangent beaucoup et mènent une vie sédentaire; pour celles-là, il peut être utile de recourir, de temps en temps, à des émissions sanguines générales ou locales destinées à empêcher le retour de ces hémorragies ou de ces inflammations périodiques. Les saignées, chez les femmes pléthoriques, à l'époque de la cessation des menstrues, et chez les hommes d'une constitution apoplectique, sont certainement aussi des moyens de prévenir les congestions cérébrales et les coups de sang. Ce qu'il faut se garder de croire, c'est qu'elles soient un préservatif infaillible pour détourner les hémorragies cérébrales; tous les praticiens reconnaissent avoir vu desindividusfrappésd'apoplexie le jour même qu'ils s'étaient fuit saigner dans le but de prévenir l'accident qu'ils redoutaient.

Les saignées, comme moyen préservatif, sont, d'un autre côté, très-insigniliantes, ou même nuisibles, dans les épidémies de maladies inflammatoires. La plupart de ces affections inflammatoires, comme la dothiéneutôrie, le typhus, la rougeole et la scarlatine, sont des maladies miasmatiques, contagieuses, dans lesquelles les liquides sont toujours plus ou moins profondément altérés, et contre lesquelles aussi les saignées, par leur effet débilitant, ne peuvent être que nuisibles, en affaiblissant encore davantage l'économie et en la rendant plus apte à contracter l'épidémie. Aussi a-t-on maintenant renoncé, et avec raison, à l'usage de la saignée comme moyen prophylactique dans les épidémies.

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— Saignée spoliative. On a qualifié de saignée spoliative celle qui, par suite de répétitions fréquentes, diminue la partie rouge du sang; on y avait recours fréquemment autrefois, parce que, disait-on, la partie rouge s'entraîne de proche en pioche plus rapidement que le sérum qui, de son côté, se répare plus promptenient; mais il n'y a rien de fondé dans cette assertion, si ce n'est la diminution de la couleur rouge du sang par suite de l'affaiblissement anémique de la masse, dont la partie excitante et fortifiante consiste principalement dans les globules rouges. Il est incontestable que les saignées fréquentes appauvrissent le sang et le rendent plus pâle.

— Saignée latérale. On donne le nom de saignées latérales à des saignées pratiquées du côté correspondant au siège du mal, afin, d'après certains auteurs, que l'effet soit plus certain et plus considérable sur le siège même par suite d'une sympathie qu'ils supposent exister entre tous les organes situés d'un même côté de la ligne médiane. Mais cette sympathie, d'après MM. Littré et Robin, est purement imaginaire.

— Art vétér. Chez les Grecs et les Romains, on saignait les animaux à la jugulaire, à la saphène, aux veines de la poitrine, à la face, à l'oreille, à la tempe, à la lèvre supérieure, aux naseaux, au-dessous des mâchoires, au palais, au flanc , au-dessous de la queue, aux genoux, aux jarrets et aux différentes parties du pied, à la couronne, au talon, à la pince et a l'espace interdigital chez les ruminants. Les hippiatres du moyen âge, qui appelaient veines toute espèce de vaisseaux, en signalèrent de nouvelles et recommandèrent encore la saignée au sommet de la tête, à la cloison du nez, à la lèvre inférieure, au-dessous de la langue, sur le dos, à la cuisse, aux canons, aux paturons, etc. ; en tout, on a prescrit la saignée sur une soixantaine de points. Lafosse s'éleva Je premier contre cette coutume de saigner ainsi partout où il y avait des vaisseaux apparents et montra même des ouvrages où l'on indique la saignée dans des endroits où il n'y a pas de veines.

Des abus et des erreurs en grand nombre s'étaient également perpétués sur les indications, le manuel opératoire, les soins secondaires, préparatoires ou consécutifs de la saignée, etc. Il faut arriver à Bourgelat pour trouver une étude assez complète de la saignée, dans la pratique vétérinaire.

La saignée opérée par l'ouverture d'une veine (phlébotomie) est celle qui est le plus généralement usitée pour nos animaux domestiques. On la pratique sur diverses veines suivant l'espèce de l'animal; cependant elle peut avoir lieu dans tous aux jugulaires externes. Aujourd'hui, grâce aux progrès de la physiologie, le nombre des veines ou l'on saigne est fort restreint, comparativement à ce qu'il était autrefois. On ne saigne plus, au moins chez nos grands animaux, à la tempe, au larmier, sous la mâchoire, au flanc, au jarret, au genou, au boulet, au paturon, etc., et ce n'est que dans des circonstances exceptionnelles que l'on saigne aux veines du bras et de l'avant-bras, à la thoracique, à l'abdominale et à la saphène. Toutefois, le choix de la veine a peu d'importance au point de vue thérapeutique, à cause de la communication de toutes les parties du système sanguin. Au contraire, ce choix est très-important si l'on considère la facilité de l'opération elle-même ; c'est pourquoi l'on accorde toujours la préférence aux veines grosses et superficielles, qui fournissent, dans le moins de temps possible, une quantité de sang dé- ' terminée.

Les instruments nécessaires pour la saignée, chez les animaux, sont de deux ordres. 11 y a d'abord les instruments essentiels; ce sont la flamme, la lancette et le bistouri, avec les diverses modifications qu'on leur a fait subir ; puis les instruments accessoires, qui sont : le bâtonnet, le vase à sang, les épingles, porteépingles, fils, crins, bandes, etc. ; puis les ciseaux, les vases à eau et l'éponge.

La flamme ordinaire, qui s emploie pour les saignées aux jugulaires, aux veines sous-cutanées des bras, du plat des cuisses et du thorax des solipèdes et du bœuf, est composée d'une tige avec sa lame, qu'on fait pénétrer par un choc à l'aide d'un corps pesant. La tige est une bande d'acier aplatie et allongée, d'une longueur de nm,10, sur on^oio à oiQjOlS de largeur, 0™,002 d'épaisseur, et portant la lame à une de ses extrémités. Cette lame est tirée sur plat et fait, par son axe, un angle droit avec la tige. Quant aux dimensions de cette lame , elles varient dans une certaine limite, de manière que l'instrument soit toujours proportionné au diamètre du vaisseau et au plus ou moins de facilité qu'on a pour l'atteindre.

La lancette, semblable à celle qu'on emploie dans la chirurgie humaine, sert ordinairement aux saignées dans les petits animaux, tels que le chien, le chat, le mouton et les oiseaux ; on en fait aussi usage avec le cheval et le bœuf, pour ouvrir certaines veines superficielles et peu volumineuses, ou qui rampent, soit près des artères que la pointe ou le tranchant de la flamme éviterait difficilement, soit sur une base dure et résistante, telle qu'un os, qui ne permet pas à la veine de fuir le corps qui va la pénétrer.

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Le bistouri droit remplace quelquefois avantageusement la lancette ; dans ce cas , on garnit la lame d'étoupe et on ne laisse sortir que l'extrémité du tranchant, dans une longueur jugée suffisante pour l'opération à faire.

Le bâtonnet ou bâton à saigner est l'instrument destiné k frapper sur la flamme pour la faire pénétrer dans le vaisseau. Il a la forme d'une petite massue de o111^ à om,30 de longueur, d'un diamètre de 0K>,04 à 010,05 à sa grosse extrémité. On peut le remplacer par un morceau de bois quelconque ; il est même des vétérinaires qui se servent de la main, en la mettant de- champ et frappant avec le bord cubital.

Le vase k sang sert à recueillir le sang qui s'écoule, à constater sa quantité et permet de juger de son état. Ce vase est en zinc ou en fer-blanc, de forme cylindrique, et portant à sa face interne de petits crans indiquant de l'un à l'autre un kilogramme ou un demikilogramme de sang.

Les épingles servent à pratiquer la suture entortillée, usitée généralement pour fermer, après la saignée, la petite plaie des téguments. Les autres objets servant à la saignée sont : les liens employés avec l'épingle" pour fermer la plaie, les bandes eé compresses, l'éponge qui sert à faire des aspersions d'eau froide et enfin le vase à eau destiné à contenir l'eau nécessaire aux aspersions.

Quelques précautions sont nécessaires pour procéder k l'opération de la saignée. D'abord il faut se placer et placer l'animal dans un jour favorable. Si c'est en été, On sort le sujet, et l'on a le jour de tous côtés ; mais si c'est en hiver, si la saison est froide ou pluvieuse ou si l'état de l'animal ne permet pas de le sortir, on doit toujours l'approcher d'une fenêtre, de manière que le jour tombe directement sur l'endroit que l'on doit piquer. On doit ensuite fixer l'animal de manière que l'opérateur soit à l'abri de ses atteintes. Généralement, on maintient les grands animaux debout. Le cheval est tenu à la longe ou au bridon et, s'il se défend, on lui met le tordnez, on lui lève un pied de derrière ou de devant, suivant le lieu de la veine qu'on se propose d'ouvrir ; on lui cache aussi l'oeil du côté du vaisseau que l'on doit piquer, surtout si ce vaisseau est dans le voisinage delà tête. Les bêtes bovines, qu'on laisse également debout, sont maintenues par la tête. Quant aux petits animaux, comme le chien, le mouton, il est préférable de les coucher; on les maintient mieux et l'on opère plus commodément. Les instruments étant prêts et l'animal fixé, il faut préparer la veine. Pour la faire paraître, lorsqu'elle est peu volumineuse, on fait des frictions à la surface de la peau et on provoque les mouvements de la partie. Si les poils gênent la vue, quand ils sont fins et courts, on les couche et on les lisse après les avoir humectés, ou on les coupe s'ils sont longs ou hérissés. Le vaisseau étant bien en vue, on le comprime avec le doigt entre le point où l'on doit inciser et le cœur, de manière k intercepter le cours du sang. Bientôt la veine se gonfle et l'on aperçoit des sortes d'ondulations très-sensibles à la vue et surtout au tact dans le liquide qu'elle contient. L'ouverture du vaisseau varie suivant l'instrument mis en usage. La flamme est l'instrument le plus généralement employé pour pratiquer la saignée. Pour faire usage de la flamme, ou l'ouvre de manière qu'elle forme avec la tige un angle presque droit; puis on saisit la tige k sa partie inférieure entre le pouce et l'index. Avec les trois autres doigts, on comprime le vaisseau ou on prend un point d'appui sur les parties voisines. La flamme ainsi maintenue est portée en regard du vaisseau, à une certaine distance des téguments la pointe dirigée du côté de la veine, sur son axe, de manière qu'en pénétrant elle soit dans le plus grand éloignemeut possible de la paroi opposée. L'instrument étant dans cette position et la veine suffisamment gonflée, l'opérateur, avec l'autre main armée du bâtonnet, donne un coup sec sur la tige au point correspondant à la lame. Plus la peau est fine, l'animal jeune, le bâtonnet lourd, moins il faut frapper fort. Dès que le coup a été donné, on retire la flamme et le jet de sang qui s'échappe indique que l'ouverture est faite. Quelquefois, au lieu de s'échapper en jet, le sang coule lentement et en petite quantité sur les poils, en nappe, comme on dit; on a alors une saignée baveuse. Dans ce cas, si la compression ne rétablit pas le jet, on peut donner un second coup de flamme, et si ce second coup ne réussit pas, il faut fermer l'incision et recommencer la saignée sur un autre point.

La saignée k la lancette est peu usitée en chirurgie vétérinaire. On s'en sert lorsque les veines sont superficielles et d'un petit calibre ou placées au voisinage d'artères que la flamme pourrait atteindre, ou bien encore quand elles reposent sur des plans osseux ou résistants sur lesquels la flamme pourrait se briser.

Quand la veine est ouverte par le moyen de la flamme ou de la lancette, il faut maintenir la continuité du jet de sang à l'aide de la compression uniformément soutenue, de la mise en action de la partie, de la inarche, etc. Lorsqu'on a laissé écouler une quantité suffisante de sang, on cesse la compression et assez souvent le sang cesse spontanément de couler; cependant il s'en échappe encore

SAIG

dans les mouvements inévitables do l'inimnl ; c'est pourquoi il est nécessaire de fermer lu saignée en rapprochant et maintenant rapprochés les bords de l'ouverture qui a donné issue au sang. A cet effet, on pratique généralement la suture entortillée, afin de rapprocher les deux lèvres de la solution de continuité. Pour cela, ou se sert d'une épingle, on rapproche les deux lèvres de la plaie entre le pouce et l'index de la main gauche et on enfonce l'épingle avec la main droite de manière qu'elle sorte k peu près d'une . égale longueur de part et d'autre; on maintient les bords de la plaie en contact par un lien de fil ou de crin engagé entra l'épingle et la peau et noué.

La saignée étant faite, on laisse l'animal au repos; on le soumet à une diète légère qu'on fait cesser plus ou moins promptement, suivant les circonstances, et cela suffit généralement pour éloigner toutes les chances d'accident.

— Saignée chez les volailles. On saigne les volatiles k la face interne des ailes, près de l'articulation du carpe avec le métacarpe. L'animal étant assujetti sur le dos, on étend l'aile à opérer, on ôte les plumes qui dérobent le vaisseau, on place une ligature k la partie supérieure du carpe, on rend l'aile k ellemême pour donner au sang le temps de gonfler le vaisseau ; on reprend l'aile et l'on ouvre la veine avec la lancette. Le sang sorti, on ôte la ligature et l'on ferme la petite plaie au moyeu d'un point ou deux faits avec une très-petite aiguille à coudre enfilée d'un fil proportionné. On peut aussi saigner k la jugulaire, bien qu'elle soit très-roulante chez ies -oiseaux. A cet effet, après avoir arraché les plumes qui couvrent cette veine, on la fixe avec les doigts, et avec la main droite année de la lancette on ouvre le vaisseau. On arrête cette saignée comme la précédente.

— Des saignées capillaires. Cette saignée est praticable sur tous les animaux et sur tous les points du corps; mais elle est plus particulièrement réservée pour les animaux de petite taille, chez lesquels il est difficile d'atteindre les gros vaisseaux. On la pratique très-souvent sur le mouton, le chien, le porc, les volatiles.

— Saignée au palais. Ce mode de saignée est un des plus anciennement pratiqués sur les animaux. Pour pratiquer cette saignée, on s'est servi pendant longtemps d'une corne de chamois, au moyen de laquelle on perçait par voie de dilacération la membrane palatine, qui est essentiellement vasculaire ; mais il est souvent résulté des accidents de l'usage de cet instrument. Aujourd'hui, on emploie de préférence le bistouri droit ou la lancette. « Un aide placé adroite, dit M. Gourdon, tire la langue du sujet hors de.la bouche. Alors l'opérateur saisit le bout du nez de la main gauche, le soulève avec force pour ouvrir la bouche, porte la pointe du bistouri dans le milieu du cinquième sillon, l'enfonce d'environ om,004, prolonge l'incision par un second temps jusqu au troisième sillon, retire l'instrument, abandonne le nez, fait lâcher la langue, et l'opération est terminée. « Après avoir coulé en assez grande quantité, le sang s'arrête ordinairement de lui-même. S'il ne s'arrête pas ainsi, on a recours k une éponge imbibée de quelque liqueur astringente qu'on a soin de faire tenir sur la pluie; si ce moyen ne suffit pas, on charge un plumasseau d'agaric en poudre qu'on fait tenir sur cette même partie jusqu'à ce que le satig soit entièrement étanché.

— Saignée en pince. Cette opération est plutôt une entaraure, une blessure qu'on fait k cette partie de l'extrémité du pied qu'une véritable saignée ; car on ne pique pas, on ôte seulement à la surface plantaire de la pince auta'nt de sole qu'il le faut pour faire venir le sang, ce qui oblige de percer jusqu'au vif en cet endroit; cependant on peut aussi enfoncer un bistouri entre la troisième phalange et la paroi. On arrête le sang au moyen d'etoupes et d'une éclisse et on ajuste un fer convenable dont on a préalablement broché et retiré les clous. Il est bon de n'attacher le fer qu'avec quatre clous non rivés, mais seulement rabattus sur la paroi. Dit reste, la saignée de la pince est une lésion que l'on fait aux parties molles de cette région du pied, par conséquent une nouvelle maladie ajoutée k la maladie qui a pu donner lieu k l'opération, et ce n'est pas une des moindres considérations qui doivent engager k ne la pratiquer que lorsqu'elle est indispensable.

Des accidents divers, quelquefois très-graves, peuvent survenir k la suite de la saignée chez les animaux et aller jusqu'à compromettre leur vie. Par leur fréquence, par les circonstances nombreuses qui leur donnent naissance, plus que beaucoup d'autres cas pathologiques, ces accidents peuvent compromettre, très-injustement, la pratique du vétérinaire aux yeux de ses clieuts, trop souvent ignorants et, par conséquent, incapables de savoir qu'ils ne peuvent être prévenus par le vétérinaire, quelque habile qu'il soit. Ces accidents sont : la saignée blauche et \& saignée baveuse, la blessure des organes voisins non vasculaires, le thrombus, la piqûre de la carotide, l'entrée de l'air dans les veines. Il en est encore quelques autres, tels que la dotu. leur produite par la lésion des filets nerveux, la syncope, l'érysipèle, l'angioleucite, etc.;

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