‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 14Chapitre 398 sur 1059 · V. Huoo · texte numérisé non relu

V. Huoo

— Fig. Influence funeste, contagion morale : l)ans l'atmosphère de Paris tourbillonne un siaioON qui enlève les fortunes et brise les coeurs, (ijalz.)

— Encycl. En Arabie, en Perse et dans la plupart ues contrées de l'Orient, le vent brûlant du désert se nomme saumoun, sanoun, Semoum. En Egypte, ou l'appelle chamsim (cinquante), parce qu'il souffle pendant cinquante jours, de la fin d'avril à juin, au commencement de l'inondation du Nil. Dans la partie oc-

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cidentale du Sahara, H se nomme harmattan. Le nom saumoun est le plus généralement employé ; mais les traducteurs ont toujours insisté sur le sens de poison, sans réfléchir que les peuples non civilisés appellent poison tout ce qui est désagréable ou dangereux. Le sol aride de ces contrées s'échauffe prodigieusement, mais sans que la chaleur pénètre profondément, parce que le sable qui le recouvre est un mauvais conducteur de la chaleur. Si le vent s'élève, il devient brûlant et transporte du sable et de la poussière qui obscurcissent les rayons du soleil. Il en est de même, s'il faut en croire les voyageurs, dans les déserts de la Nubie, sur la cote de la Guinée et le long du Sénégal. Par un temps calme, le courant ascendant de l'air échauffé suffit seul pour enlever le sable. Pottinger a observé un phénomène de ce genre dans le désert du Beloutchistan. « La surface du sol y est couverte uniformément d'un sable tin et coloré en rouge par du fer, qui, jouet des vents, forme des collines ondulées de 3 à 6 mètres de hauteur. Vers midi, ces collines semblaient avoir disparu; le sable s'était élevé de Om,30 environ au-dessus du niveau du sol général, et à chaque pas on croyait mettre le pied sur un plan plus élevé de om,30 au-dessus du sommet de ces collines. Lesoiret le matin, ce phenomènese montrait rarement. Le simoun s'annonce par une tache particulière qui se fait à I horizon. Elle s'agrandit continuellement jusqu'à ce que le vent se fasse sentir. » Le ciel tout entier s'obscurcit, l'ombre des objets s'efface, le vert des arbres paraît d'un bleu saie ; les oiseaux sont inquiets, les animaux effrayés errent de tous côtés. La chaleur devient dévorante ; le thermomètre peut atteindre jusqu'à 52°. Le sable est agité comme la mer et s'amoncelle en monticules; l'homme est contraint de se jeter à terre et de se voiler la face pour n'être pas étouffé, ou tout au moins pour échapper aux douleurs intolérables qu'il endure. Il y a beaucoup d'analogie entre le simoun et l'harmattan, très-fréquent dans le Sahara occidental, où il souffle quelquefois quinze jours de suite, accompagné d'un brouillard trèsobscur. Il dépose sur tes plantes et sur la peau une poussière minérale ordinairement blanche; il dessèche avec une incroyable rapidité les végétaux et tous les objets humides. Les nègres, pour échapper aux douleurs cuisantes que l'harmattan leur cause aux yeux, aux lèvres et au palais, ont soin de s enduire tout le corps de graisse. En somme, le simoun, lorsqu'il souffle pendant plusieurs jours de suite, ce qui est rare, peut devenir funeste aux hommes et aux animaux qu'il surprend au milieu du désert ; sa haute température et la vitesse dont il est animé déterminent à la surface du corps une évaporation rapide qui sèche la peau, accélère outre mesure la respiration, enflamme le gosier et cause une soif dévorante. En même temps, il vaporise l'eau dans les outres et prive ainsi les malheureux voyageurs des moyens d'apaiser l'ardeur qui les consume. Le sable brûlant dont il est chargé, et qui pénètre dans les yeux et dans les voies respiratoires, met le comble à leurs souffrances. L'histoire rapporte que le simoun anéantit jadis l'armée de Carabyse. Bien des fois depuis, les caravanes ont eu beaucoup a en souffrir, et il y a quelques années seulement, il faillit être funeste au corps d'armée que commandait le général Desvaux. Mais il faut ranger parmi les histoires faites à plaisir par les Arabes ces récits de vents pestilentiels dont le contact cause la mort, et qui, semblables à un boulet de canon, traversent une troupe et choisissent leur victime.

Les écrivains arabes sont remplis de mensonges sur tout ce qui concerne Je désert et particulièrement le simoun. Les voyageurs européens ont encore enchéri sur eux. Le inahométan croit faire une œuvre méritoire en trompant l'infidèle et en lui fermant l'entrée du désert. Tous ceux qui y sont allés ont fuit bon marché de ces craintes ridicules, dont les Arabes eux-mêmes leur ont avoué l'exagération. L. Burckhardt, de Bâle, est le premier qui nous ait fourni des renseignements positifs sur les phénomènes du désert, et en particulier sur les vents qui y régnent. 11 a aussi réduit à leur juste valeur les récits fantastiques de ses prédécesseurs, Beauchamp, Bruce et Niebuhr.

Burckhardt raconte, en effet, qu'au mois de juin 1813, se rendant de Siout h Esneh, il fut surpris par le simoun dans la plaine qui sépare Farschiout de Beidys. i Lorsque le vent s'éleva, dit-il, j'étais seui, monté sur mon dromadaire, loin de tout arbre et de toute habitation. Je m'efforçai de garantir mon visage en l'enveloppant d'un mouchoir. Pendant ce temps, le dromadaire, auquel le vent chassait le sable dans les yeux, devint inquiet, se mit à galoper et me fit perdre les étriers. Je restai couché par terre sans bouger de place, car je n'y voyais pas à la distance de 10 mettes, et je m'enveloppai de mes vêtements jusqu'àceque le vent se fût apaisé. Alors j'ullai à la recherche de mon dromadaire, que je trouvai à une assez grande distance, couché près d'un buisson qui protégeait sa tête contre le sable soulevé par le vent. ■ Malcoim et Mercier qui ont traversé les déserts de la Perse, Ker-Porter qui a visité celui qui est à l'est de l'Euphrate sont d'accord avec Burckhardt pour déclarer que, lorsqu'ils ont été exposés au simoun, ils u'ont

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rien éprouvé qu'une impression très-désagréabie, très-pénible même, mais dont leur santé n'a été nullement altérée.

Ce n'est pas seulement dans les déserts de sable de l'Afrique que les vents chauds sont à redouter, mais dans presque toutes les contrées continentales voisines des tropiques. Dans l'Inde, ces vents sont connus sous le nom de souffles des diables. Ils sévissent fréquemment durant la saison sèche et répandent dans les campagnes et jusque dans les villes l'effroi et la dévastation. Les effets délétères de ces vents ont été sans doute comme ceux du simoun fort exagérés. La qualitication de souffles empoisonnés que leur donnent les auteurs anglais est tout à fait hyperbolique. A la Louisiane, au Chiii, dans les pampas de l'Amérique, on redoute aussi certains vents brûlants et, dit-on, malsains. Sur les côtes de la Nouvelle-Hollande, les vents de terre ont également une très-haute température.

SIMOOSSE s. f. (si-mou-se). Techn. Nom par lequel les selliers désignent des ornements de laine ajustés à la bride des mulets.

SIMPHÉROPOL ou S1MFÉROPOL, ville de la Russie d'Europe, dans la partie septentrionale de la Crimée, ch.-l. du gouvernement de Tauride, sur le Salghir, à 1,483 kiloin, S.-O. de Moscou, à 2,0G7 kilom. de Saint- Pétersbourg, par 440 57' (je latit. N. et 31» 46' de longit. E.; 15,700 hab., dont 7,000 Tartares. Résidence du gouverneur civil de la province ; siège d'une cour criminelle et d'une cour civile d appel. Commerce actif. Cette ville, située au fond d'un beau vallon, se divise en ville neuve et ville vieille; la ville neuve, construite par les Russes, offre un contraste frappant avec l'ancienne; ses rues sont larges, droites, régulièrement bâties. La ville vieille, quartier des Tartares, est irrégulière, somljre et malpropre. On y remarque une belle cathédrale , cinq autres églises grecques, des églises arméniennes et catholiques, quatre mosquées, un gymnase, le palais du gouverneur et les casernes. Simphéropol fut fondée vers l'an 1500, autour d'une mosquée. Son nom tartare, Akh-Melched, signifie mosquée blanche. En 1791, elle passa avec toute la Crimée sous la domination des Russes.

SIMPLE adj. (sain-pla — lat, simples, mot qui est formé, d'après les étymologistes latins, de sine, sans, et de plica, pli). Qui n'est point composé, qui ne résulte pas de l'union de différentes parties : L'âme est considérée comme une substance simple, inétendue. Qu'estce qu'un être simple ? C'est un être un, indi~ visible. (Mannontel.) Ce qui est simple fie peut contenir et ne contient aucune partie. (Ch. Lemaire.)

— Qui ne résulte pas d'une combinaison de substances différentes : Les corps simples. En vain te chimiste se /lutte d'arriver par t'analyse aux premiers éléments; rien ne lui prouve que ce qu'il prend pour un élément simple et homogène ne soit pas un composé de principes hétérogènes. (Condill.) Le corps simple est celui dont on ne peut tirer qu'une seule substance. (Pelou'ze.) Les plus grandes vérités sont ordinairement les plus simples. (Malesherbes.)

— Qui n'est pas compliqué : Connaissezvous ta vertu d'une machine toute simple qu'on appelle levier? (M>ao de Sév.) Les idées simples sont comme la matière de nos connaissances et forment les idées complexes par leur combinaison. (Malebr.) Le peuple aime les idées simples, et il a raison. (Proudh.) En toutes choses, les systèmes simples, s'ils ne sont pas les plus pratiques, sont les plus se' duisants. (Vacherot.) Toute société homogène veut un gouvernement simple, (Vacherot.) Toute politique est facile dès qu'elle est simple. (E. de Gir.)

— Qui est facile, aisé : Une méthode, un procédé, un moyen fort simple. Faire un métier très-siMPLB. liemplir un emploi des plus simples. Quand ou n'a rien à dire, il est si simple de se taire/ On cherche des moyens extraordinaires, quand on aurait dû n'eu chercher que de simples. (Co.dill.) // est bien plus simple de s'endormir sur l'oreiller de la foi que de poursuivre la vérité à ta sueur de son front. (Vacherot.) Il Naturel, facile à deviner, allant de soi : Il a refusé, c'est tout simple.

— Qui est sans recherche, sans ornement, sans apprêt, sans affectation ; Une nourriture très-siMPhK. Un habit tout simple. Mener une vie simple. Avoir des goûts simples. Un abord simple et ouvert. Sou discours est simple et touchant. Une relation simple et naïoe. (Acad.) Tout ce qui est trop simple n'accommode pas les hommes. (Fén.) Les ptaisirs sont comme les aliments, les plus simples sont ceux dont on se dégoûte le moins. (Ch. Nod.) /( faut une diction simple, précise et dégagée, où tout se développe de soi-même et aille au-devant de l'esprit du lecteur. (Fén.) Il n'y a qu'une grande âme qui ose avoir un style simple. (Beyle.)

Que le début soit simple et n'ait rien d'affecté.

Boileau.

Le madrigal, plus simple- et plus noble en son tour, Kespire la douceur, ta mollesse et l'amour.

IJOlLtAU.

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Dana le simple appareil

D'une beauté qu'on vient d'arracher au sonmit'il.

Racink.

I! Qui aime ou pratique la simplicité, qui fuit la recherche : Etre simple dans ses habits,

i dans ses meubles. Soyez simple dans votre habillement et dans tout votre maintien.

' (Boss.)

— Seul, unique, sans rien autre : Il n'a qu'un simple valet pour le servir. Des souliers à simple semelle. Après une simple requête.

1 Ce simple exposé des faits le justifie. Il ne s'est engagé que par mie simple lettre. Je ne ferai qu'une simple objection, une simple remarque. (Acad.) La fausseté d'un acte est encore un crime plus grand que le simple mensonge. (Volt.) L'opprimé envisage comme un

' bienfait la simple cessation de ses maux. (Royer-Collard.) L'effacement de la misère se fera par une simple élévation de niveau. (V. Hugo.) Il Ordinaire , sans titre spécial , sans dignité ou qualité supérieure : Simple clerc. Simple religieux. Simple prêtre. Simple officier. Simple soldat. Simple particu-

; lier. Les grands sont toujours plus malheureux

i et plus agités que le simple peuple. (Mass.) Mahomet était un simple chamelier. (L. Jourdati.)

Tous Ica gens querelleurs, jusqu'aux simples matin», Au dire de chacun, étaient de petits* saints.

i LA FoNTAltiE.

' — Qui est sans déguisement, sans malice : i Etre simple comme un enfant. Nuire- Sei- \ gneur a dit : Soyez stmples comme les colombes. (Acad.) Il vaut mieux être simple que fin et malicieux. (Fr. de Sales.) Les hommes simples et vertueux mettent de la délicatesse et de la probité jusque dans leurs plaisirs. (Vauven.) Les hommes droits et sim- [ ples sont difficiles à tromper, à cause de leur simplicité. (J.-J. Rous.) Les résolutions des âmes simples sont inébranlables. (Custine.) Un homme simple est presque toujours un 6on ! homme ; un homme naïf peut être un fripon. (Chateaub.) Des sentiments élevés, des affections vives, des goûts simples font un homme. (De Bonald.) Un sot est une bête qui n'est pas simple. (St-Marc Girard.) {tien n'est moins simple qu'un sauvage. (V. Hugo.) On a reproché d Marivaux sa manière; mais celte manière lui est naturelle; il serait affecté s'il était siMrLK. (P. de Saint-Victor.)

De la simple candeur il faut suivre la loi ; La modestie est le fard d'une belle,

ûésauoiers.

Il Qui appartient, qui convient, qui est propre aux personnes Minples : La foi simple est la vraie, (lï. Renan.)

— Naïf, crédule, qui se laisse facilement tromper : Il est si simple que ie premier venu le trompe. Je ne suis pas si simple que de m'en fier à sa parole. Vous êtes bien simple si vous le croyez. Il faudrait être bien simple pour croire à ses protestations. (Aciul.)

— Pur et simple, Sans restriction, modification ni complication : Une donation tURE et simple. Un refus pur et simple.

— Simple comme bonjour , Extrêmement facile, ne présentant aucune difficulté : Vous ne savez pas faire cela? C'est cependant simple COMME BONJOUR.

— Jeux. Coup simple, Coup, au trictrac, dans lequel chaque dé amène un nombre différent, le cas contraire étant dit coup double.

— Gramin. hébr. Nom simple, Nom qui n'a que ses lettres radicales.

— Ane. inétriq. Pied simple, Pied qui, n'ayant que trois syllabes au plus, ne peut être décomposé en deux autres pieds.

— Jurispr. Simple acte, Acte d'avoué à avoué, u Amende simple, Se disait de l'amende ordinaire de cinq sous ou tle sept sous et demi. Il Simple gagerie, Celle qui avait lieu sans le ministère d'un sergent, sans transport et dépôt en main tierce. Il Simple héritier, Celui qui n'invoque pas le bimélice d'inventaire. Il Simples plaids, Simples querelles, Se disait par opposition aux affaires d'importance ou criminelles, n Simple saisine, Celle qui n'était point dans le cas de nouvelleté. Il Simple vendition, Vente qui s'était faite sans faculté de rachat. -

— Hommage simple, Celui qui n'emportait le service armé «jue dans certaines limites.

— Dr. canon. Simple tonsure, Tonsure cléricale, lorsqu'elle n'est pas jointe aux ordres ecclésiastiques. I! Bénéfice à simple tonsure, Bénéfice simple, Bénéfice qui n'a point charge d'âmes, qui ne demande point do résidence, et que peut posséder un clerc qui n'a que la tonsure : Permuter une cure contre un bénéfice simple. (Acad.)

— Ecrit, sainte. Œil simple, Expression évangélique que les théologiens interprètent par la puietè d'intention : 2/œiL simple, c'est la pureté d'intention. (Bosa.) L'œil est simple quand l'intention est droite. (Boss.)

— Théol. Vœu simple. Voeu qui, n'étant pas fait solennellement, peut être annulé avec moins de difficulté et par des ecclésiastiques d'un rang moins élevé.

— Liturg. Fête simple, Fête de la plus basse classe. II Simple vigile, Vigile saus jeûne,

— Mar. Ordre simple. Disposition des navires sur une seule ligne. Il Poulie simple, Poulie qui n'a qu'un réa. Il Maiiaucre en

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simple, Celle qui ne passe pas sur' une poulie.

— Mathém. Multiplication, division simple, Nom qu'on donnait autrefois aux multiplications et divisions où il n'entre pas de grandeurs de différentes espèces. Il Nombres simples, Nombres qui ne s'écrivaient qu'avec un seul chiffre, il Equation simple. Ancien nom des équations du premier degré, il Réduction d'une fraction à sa plus simple expression. Réduction d'une fraction à deux termes premiers entre eux. il Fig. Réduit à sa plus simple expression, Diminué, amoindri autant que possible, tout en conservant sa nature : une pensée est un livre réduit A, SA plus simple expression. (Massias.)

— Physiq. Echo simple, Echo qui ne répète le son qu'une seuie fois.

— Chim. Sel simple. Sel dans lequel le poids atomique de l'acide est égal au poids atomique de la base.

— Pharm. Se dit des médicaments qui n'ont subi aucune préparation pharmaceutique, et de ceux qui ne contiennent qu'une seule substance.

— Physiol. Accouplement simple, Celui qui a lieu entre deux individus appartenant a des espèces chez lesquelles les sexes sont séparés.

— Anat. Dent simple. Celle dont l'ivoire n'est nulle part pénétré par l'émail, qui ne fait que l'envelopper.

— llist. nat. Se dit des organes qui ne sont ni divisés ni munis d'appendices.

— Entom. Antenne simple, Celle qui n'offre aucun prolongement, aucune ramification.

— Zool. Animaux simples, Ceux qui ne résultent pas de l'agrégation d'un certain nombre d'individus.

— Bot. Se dit d'une fleur qui ne possède que le nombre normal de pétales : Il fut une époque où un amateur aurait eu honte de laisser noir une seule fleur simple dans son jardin. {Dict. d'agrie.) Le populagc est un trèsgrand bouton d'or simple ou double. (A. Karr.)

\\ Fruits simples. Ceux qui sont formés par la soudure naturelle de plusieurs carpelles.

Il Péricline simple, Celui dont les squames extérieures et les squames intérieures n'offrent pas d'interruption remarquable.

— Miner. Formes simples, Formes cristallines caractérisées par des faces toutes semblables entre elles.

— Substantiv. Personne simple, naïve, sans malice : L'éloquence éblouit les simples, la dialectique leur tend des lacets. (Boss.) Jésus-Christ choisit ses apôtres parmi les pauvres et les simples. (Lacordaire.) Le suicide n'est pas la maladie des simples de cmur et d'esprit ; c'eit la maladie des raffinés et des philosophes. (St-Miirc Girard.) Les productions de l'incrédulité ne sont à craindre que pour ta foi des simples. (Dider.) Les simples admettent le miracle avec une facitiié extrême. (Renan.) La simplicité d'esprit ne suffit pas pour parler aux simples. (Vacherot.)

— s. m. Ce qui est simple : Passer du simple au composé. Parier le double contre le simple. (Acad.) C'est au déclin de la vie qu'on revient tristement à aimer le simple et l'innocent, désespérant du sublime. (II. Beyle.) Le simple, c'est quelquefois le contraire du vrai. (Rigault.) Dans tous les arts, la Grèce a donné la mesure du grand, du noble, du simple, de tout ce qui saisit profondément l'âme et l'élève sans effort. (Renan.) Rien de plus difficile que de faire entrer le simple dans les idées. {E. de Gir.)

— Rhétor. Uii des trois genres d'éloquence, celui qui désigne une manière de s'exprimer facile, sans ornements, sans recherche, sans art : Le simple, le sublime, le tempéré.

— Mus. Air, chanson, morceau chanté ou joué suivant le chant naturel et tout uni, sans accompagnement ni variations : On m; chante guère le double d'un air qu'on n'ait chanté te simple. (Acad.)

— Syn. Simple, ituïf, naturel. Y. NAÏF.

Simple fauiolre, roman anglais de mistress Inchbald (Londres, 1791, 4 vol. in-12). Cet ouvrage, qui a conquis à son auteur une réputation européenne, est une de ces rares productions de l'esprit qui font époque ; il a été traduit dans toutes les langues. Une fablo aussi simple que le titre l'indique, des passions humaines habilement développées, des caractères vrais et toujours placés dans des situations intéressantes, une exquise sensibilité exprimée avec un charme indescriptible, telles sont les principales qualités de cet ouvrage, où l'idée protestante domine, mais où, chose inouïe en Angleterre, et qui néanmoins a puissamment contribué au succès de ce roman, les deux personnages catholiques sont présentés sous des couleurs favorables. Dorriforth a été élevé au collège des jésuites de Saint-Omer ; il est donc pire qu'un papiste ; il est aussi prêtre, et c'est cet homme qui devient amoureux de miss Milner, sa pupille protestante. Sandford, autre prêtre vieux et superstitieux, est le guide et le mentor de Dorriforth, l'arbitre de toutes ses actions, et c'est sous les yeux de Sandford que croit et se développe la passion d'un tuteur austère et celle u une pupille coquette. Le frère aîné de Dorriforth étant venu à mourir, la cour de Rome relève le tuteur de ses vœux et il épouse sa pupille. Il fallait

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tout la talent délicat d'une femme pour ne pas compromettre le caractère de deux prêtres dans cette intrigue amoureuse. L'auteur de Simple histoire emploie peu de mots et produit une impression forte; il y a dans son talent une puissance mystérieuse, mêlée aune délicatesse que nulle de ses rivales n'a su atteindre.

Mistress Inchbald réussit bien à combiner la délicatesse et la chaleur; ses héros ont de la dignité sans manquer de passion, de la véhémence sans tomber dans le ton vulgaire. • Créations heureuses, gracieuses , pathétiques, dit un critique contemporain, ses héroïnes respirent, vivent, aiment; leur langage a de la force, de la grâce, de l'élégance. Ceux même de ces personnages qui doivent jouer un rôle froid et réservé le soutiennent sans fatigue pour le lecteur. L'âme de mistress Inchbald se répand dans tous les chapitres de ses fictions; elle en anime les plus légers détails. • On prétend que mistress Inchbald s'est représentée elle-même dans Simple histoire et que le charmant caractère de miss Milner est son propre portrait.

SIMPLE s. m. (sain-plo — de simple adj., parce que les substances végétales sont considérées comme des médicaments simples).

Plante médicinale : Cueillir des simples. Les animaux reconnaissent par instinct les simples qui les soulagent. (Raspail.) Il connaît les vertus et les propriétés

| De tous les simples de ces près.

j La Fontaine.

I ... Nous allons cueillir dans les lieux solitaires Les simples renommés pour leurs sucs salutaires.

Ponsard.

— Encycl. Mat. mAd. 11 nous suffit d'avoir énuméré ailleurs (v. espèce) les simples les plus fréquemment employés dans la pharmacie et d'avoir indiqué leur principal emploi en citant les espèces qu'ils servent à composer. I! ne serait pas utile, ni même prudent, d'entrer ici dans le détail des vertus que le préjugé populaire attribue à la plupart des végétaux. Certains simples, fort renommés, produisent dans les campagnes de terribles accidents journaliers. On ne peut affirmer que la science médicale soit en possession de tous les végétaux utiles; mais il serait plus que téméraire de croire que les bonnes femmes, sur ce point, en savent plus long que la science eile-même.

SIMPLEGADE s. f. (sain-ple-ga-de). Moll.

Genre de mollusques céphalopodes fossiles, qui doit être réuni aux ammonites.

SIMPLEMENT adv. (sain-ple-man — rad.

simple). D'une manière simple, facile, naturelle, non compliquée : Les plus grandes choses n'ont besoin que d'être dites simplement; elles se gâtent par l'emphase. (La Bruy.)

— Sans ornements, sans recherche: Il est vêtu bien simplement. // se nourrit très-siuplement.

— Naïvement, sans déguisement:

Je vous raconterai la chose simplement.

Etienne.

Il Bonnement, sincèrement, sans finesse : C'est un bon homme; il y va, il y procède simplement, tout simplement. (Acad.)

— Tout uniment, seulement, uniquement :

Il ne s'agit point de discuter, mais simplement de s'entendre. (Acad.) L'harmonie ne frappe pas simplement l'oreille, mais l'esprit. (Boss.) Juyer et sentir ne sont pas la même chose; je ne suis pas simplement un être sensilif et passif, mais un être actif et intelligent. (J.-J. Rouss.) L'idée des devoirs est simplement un écoulement de l'idée du droit. (Laureutie.)

— Purement et simplement, Uniquement, sans réserve et sans condition : Il a donné sa démission purement et simplement. (Acad.) La salive est purement et simplement de l'eau dans laquelle il y a un peu d'albumine. (J. Macé.)

SIMPLESSE s. f. (sain-plè-se — rad. «impie). Simplicité naturelle, ingénuité accompagnée de douceur : On ne trouvait en lui qu'amour et simplesse. (Acad.) La moins dédaignable condition des yens me semble être celle qui , par simplesse , lient le dernier rang. (Montaigne.) La simplesse d'un homme ordinaire est plus pressante que toute l'habileté du ptus subtil rhéteur. (Beaumareh.) Vous m'annoncez quelqu'un d'une simplesse extrême, Et qu'on pourrait nommer la crédulité même.

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