‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 14Chapitre 397 sur 1059 · V. Empis · texte numérisé non relu

V. Empis

SIMONNEAU (Charles), dessinateur et graveur français, né à Orléans eu 1645, mort à Paris en 1728. Elève de Coypel pour le dessin et de Guillaume Château pour la gravure, il se livra à un labeur opiniâtre et devint un artiste des plus remarquables. Simonneau fut nommé graveur ordinaire du roi, qui lui accorda une pension, et l'Académie le reçut au nombre de ses membres le 28 juin 1670. On lui doit environ cent trente planches, gravées au burin et à la pointe, avec beaucoup de talent et d'esprit. Simonneau montra une égale supériorité dans le portrait, les pièces histo-

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riques et la vignette. On cite de lui le Portrait de Mansart, Jésus-Christ et la Samaritaine (d'après Carrache) et la Conquête de la Franche- Comté (d'après Le Brun).

SIMONNEAU (Louis), graveur français, frère du précédent, né à Orléans en 1654, mort à Paris en 1727. Il imita la manière d'Audran et acquit presque autant de réputation que son frère Charles. Ses meilleurs morceaux, remarquables par la correction du dessin, par la finesse du rendu, sont l'Aurore et une Assomption, en deux pièces, d'après Lebrun ; Lotk et ses filles, Suzanne au bain, Jésus instruisant Marthe et Marie, d'après Coypel ; le Portrait de M. de Charmoys, d'après Le Brun, etc. Il devint également membre de l'Académie de peinture (1706).

SIMONNEAD (Philippe), fils de Charles, né aOrléans. Il s'adonna également à la gravure, mais n'eut qu'un médiocre talent. On cite parmi ses estampes : la Paix entre les Romains et les Sabins et l'Enlèvement des Sabines, d'après Jules Romain; Vénus et Adonis, d'après l'Albane, etc.

SIMONNEAU (Jacques -Guillaume), maire d'Etampes et tanneur, célèbre par sa fin tragique en 1792. Dès les premiers mois de cette année, des troubles nés de la cherté des grains avaient éclaté dans plusieurs localités des environs de Paris. A Etampes, ils avaient été beaucoup plus graves que partout ailleurs. On sait combien le peuple avait à souffrir des accaparements, non réprimés par l'autorité, et dans quels égarements de colère le jetaient les manœuvres meurtrières dont il était victime et qui étaient le fait, non-seuleinent de spéculateurs avides, mais encore d'euneinis de la Révolution, qui espéraient ainsi réduire les patriotes par la famine.

Le 3 mars, la place du marché d'Etampes fut envahie par une foule considérable, accourue de tous les villages environnants et qui réclamait à grands cris que le blé fût taxé à un taux raisonnable et au-dessous du cours excessif-DÙ le faisaient monter artificiellement de criminelles spéculations. Simonneau, qui s'était jeté courageusement au milieu de cette foule, lutta pendant plusieurs heures, se refusant constamment, malgré les menaces de mort, à une mesure que la loi n'autorisait pas. Il commit la faute de requérir la force armée, gendarmerie et anciennes troupes, et il en fut moins bien protégé qu'il ne l'avait été jusque-là par son caractère de magistrat populaire. La garde nationale faisait cause commune avec la multitude, et, au milieu du conflit, le malheureux maire, abandonné de son escorte, et même maltraite par quelques-uns des cavaliers qui la composaient, finit par être tué par un groupe de furieux. D'après l'acte d'inhumation, relevé à Etampes, il avait cinquante et un ans.

Ce triste événement causa une grande émotion. Simonneau fut représenté comme un magistrat héroïque, victime de son zèle pour l'exécution de la loi. Cependant, si l'on s'en rappor.e à une pétition adressée par des citoyens de plusieurs^ommunes voisines d'Etampes et, chose remarquable, rédigée par le curé de Mauchamps, nommé Pierre Dolivier, ce Simonneau était un spéculateur avide qui jouait à la hausse sur les blés. Les pétitionnaires déploraient le crime commis, mais ils l'expliquaient par le désespoir d'uiie population affamée et par l'intempestive sévérité du maire , qui était directement intéressé , comme accapareur, au maintien du prix élevé du blé.

Quoi qu'il en soit, l'Assemblée décréta, le 18 mars, que des honneurs funèbres seraie#t rendus au maire d'Etampes et qu'une pyramide lui serait élevée sur la place où il avait si malheureusement péri. Ce monument ne fut jamais érigé; mais de nos jours on a donné ie nom de Simonneau à une rue avoisinant le marché.

Les feuillants et les aristocrates exploitèrent ce malheureux événement et obtinrent un décret (12 mai) pour la célébration d'une fête nationale en l'honneur de Simonneau. Dans leurs intentions avouées , il s'agissait bien inoins pour eux d'honorer le maire d'Etampes que de donner une leçon au peuple, en lui supposant avec apparat le besoin d'être sans cesse rappelé à l'ordre et au respect de la loi. Cette solennité fut, en effet, nommée, avec affectation, la Fête de la loi. Elle fut célébrée le dimanche 3 juin avec un grand appareil théâtral et militaire.

Deux des meurtriers présumés furent condamnes à murt, d'autres à des peines correctionne. les (22 juillet 1792); mais tous furent délivrés après ie 10 août, et ils bénéficièrent du décret d'amnistie du 3 septembre en faveur des condamnés pour les troubles relatifs aux grains.

S1M9NNET (Jean-Claude), littérateur français, né a Lyon en 1795, mort dans la même ville en 1853. Il prit, sous la Restauration, une part tres-active aux affaires de sa ville natale et se fit un nom dans la presse lyonnaise. De 1815 à 1830, il fut secrétaire en chef de la mairie. Il collabora successivement aux Tablettes lyonnaises, au Réparateur et à plusieurs autres t'euiltes politiques et littéraires de la localité. Après 1830, il fut nommé secrétaire archiviste du tribunal de coin-

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rnerce de Lyon, poste qu'il occupa jusqu'à sa mort.

S1MONNET (Jules), magistrat et écrivuin français, né à Vassy (Haute-Marne) en 1824. Il étudia le droit à Paris, où il se fit recevoir docteur, puis entra dans la magistrature, et il est devenu conseiller à la cour d'appel de Dijon. M. Simonnet est membre de l'Académie de cette ville et de la Société de l'histoire de France. Collaborateur de la Revue histo- Hque de droit, il a publié quelques ouvrages, notamment : Histoire et théorie de la saisine héréditaire dans (es transmissions de biens par décès (Dijon, 1851, in-8«); les Parlements sous l'ancienne monarchie, leurs grandeurs et leurs faiblesses (1858, in-s"); Essai sur la vie et les ouvrages de Gabriel Peignot, accompagné de pièces de vers inédites (1863, in-8°); le Président Fauchet, sa vie et ses ouvrages (1864, in-8°), etc. On lui doit aussi une traduction de l'ouvrage d'Eyssel, intitulé ûoneau, sa vie et ses ouvrages.

SIMONNET DE MAISONNEliVE (Louis- Jean-Baptiste), auteur dramatique français. V. Maison.neuvb.

SlMONNlN (Antoine-Jean-Baptiste), auteur dramatique, né à Paris en 1780, mort dans la même ville en 1S5G. Il entra dans l'administration des domaines, remplit ensuite les fonctions de receveur d'enregistrement à Vesoul, puis il vint se fixer à Paris et écrivit un centaine de pièces pour les théâtres de vaudeville, en collaboration avec Désaugiers, Rougemont, Merle, Brazier, Cannouche, etc. Sunonniu qui, tout jeune, avait envoyé des pièces de vers à l'A Imanach des Muses et autres recueils, avait une extrême facilité. Il tournait spirituellement le couplet, avait de la verve, de l'entrain, l'entente de la scène ; mais il ne produisit aucune œuvre forte et véritablement littéraire. Presque toutes ses pièces tombèrent dans l'oubli après quelques représentations et beaucoup ne furent pas imprimées. Simonnin débuta, en 1802, par Jeannot tjut seul, suivi de Colombine toute seule, Lisette toute seule, etc. Purmi ses picces, nous citerons : l'Intrigue dans ta hotte, le Pied de bœuf, Ramponneau, le Tailleur de Jean-Jacques, les Crû de Paris, les Rosières de Paris, Un marquis d'autrefois, le Marchand de cAattsons; le Margrave et la grandeducheste (IS40J; le Petit Chaperxm rouge, féerie (1841); Pauvre enfant (1842) ; le Jugement de Salomon (1S42), en quatorze tableaux ; Jonas avalé par la baleine (1843), en Oinquctes; le Diable à Paris (1844); les Petits bas bleus {litif, Maître Corbeau (1844), pièce fantastique en quinze tableaux; te Père >/ea)i(l85i); les Mëntoires de ma tante (1833), etc. Citons encore de lui : la Grammaire française en vaudeville (1806); Une parodie du Mérite des femmes (1825) ; Sacrées et profanes; chants et chansons d'époques depuis 1793 jusqu'en 1856 (1856, in-12).

S1MONOSÉKI, ville du Japon, à l'extrémité S.-O. de l'île de Nipbon, à l'entrée du détroit de son nom ou de Vun-der-Capellen, qui donne accès dans la Souvonada ou mer Intérieure. Sir Rutherford Alcock, dans son livre intitulé The capital of the Tycoon, nous fournit sur cette ville la notice suivante : « La ville de Simonoséki , située par 33° 56' de latit. N. et par 131» de longit. E., présente, le long de la iner. une étendue d'un mille et demi. Elle n'a qu une rue principale et peut contenir environ 10,000 hab. Elle est généralement construite en bois, mais on y remarque un grand nombre de godowus ou magasins avant des murs de pisé blanchis à la chaux. Ces bâtiments, censés à l'épreuve du feu,< fire-proof, » serventd'entrepôtaux marchandises qui arrivent de Naugasaki ou de divers ports de la mer Intérieure, principalement d'Osaka. On distinguo sur les jonques des cargaisons de sucre (des lies Liou-Kiou), de riz, de fer et d'huile. La ville elle-même, surmontée de hautes collines, ne paraît pas fournir d'articles d'exportation qui lui »oient propres. Son activité commerciale doit évidemment consister à recevoir en dépôt et transmettre, d'une part, au port d'Osaka, pour la consommation de l'intérieur de Niplion,les produits de l'Ile de Kiou-Siou, et, d'autre part, au port de Nangasaki et ailleurs, les produits provenant d'Osaka. La direction des affaires est entre les mains des négociants d'Osaka. On voit, dans les boutiques de détail de la ville, plusieurs articles d'importation hollandaise, tels que du verre, des bouteilles, et, eu quantité beaucoup plus considérable, quelques-uns des produits manufactures de la Grande-Bretagne. Les prix de vente sont de 50 à 100 pour 100 plus élevés qu à Naugasaki, >

SIMONOW (Ivan-Mikhaïlowiteh), mathématicien et astronome russe, né à Astrakhan en 1785, mort à Kazan en 1855. Il suivit les cours de l'université de cette dernière ville, où il prit le grade de docteur es sciences, et fut nommé. professeur agrégé d'astronomie théorique et pratique en 1806. Après une excursion en Polynésie et dans 1 océan Amarc-* tique (1819 J, il fut, à son retour, désigné comme professeur titulaire (1822), puis il reçut la mission de visiter les principaux observatoires de l'Europe et de faire des achats pour l'observatoire que le gouvernement russe voulait fonder à Kazan. SimonoW se rendit en France, en Italie, en Suisse, en Allemagne, prit possession de l'observatoire de Kazan,

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qui fut achevé en 1837, et devint recteur de l'université. Il prit sa rrtraite en 1852, avec le titre de conseiller d'Etat. Ses principaux , ouvrages sont : Sur l'attraction des sphéroïdes homogènes (Ka2an, 1313); Essai sur la mé- ; thode indirecte du calcul intégral, en français ' (Paris, 188*1), couronné par l'Institut; Manuel d'astronomie théorique (Eazan, 1832); Uranographie (1832); Sur la série des nombres aux puissances harmoniques (1832), en français; Observations astronomiques faites à ; Kazan (1842); Recherches sur l'action magnétique de la terre, en français (1845); Sur la différence de la température dans l'hémisphère ' boréal et dans l'hémisphère austral, mémoire ' publié dans la Correspondance astronomique de Zach, ainsi que de nombreux mémoires publiés dans divers recueils.

SIMON'S-TOWN, ville de l'Afrique centrale, dans la colonie anglaise du Cap, sur

la côte orientale de la presqu'île du Cap-de- ]

Bonne-Espérance, à 20 kiloin. S. de la ville '

du Cap. Port de commerce, arsenal maritime, ;

chantiers de construction. |

SIMORGUE s. m. (si-mor-ghe). Oiseau fa- i buleux. qui ligure dans les contes orientaux.

— Encycl. Le simorgue est d'une grandeur , monstrueuse; il habite la montagne de Caf. Saadi, voulant louer la Providence et la libéralité magnifique de Dieu envers ses créatures, dit que Dieu a dressé une table d'une si grande étendue pour la nourriture et pour la conservation de tous les êtres que le simorgue, malgré sa taille gigantesque, trouve dans le mont de Caf de quoi se repaître suffisamment. Cet oiseau, qu'on appelle aussi simorg a'nka, est représenté comme raisonnable. Il parie à ceux qui l'interrogent, et, dans le Caherman Namèh ou Histoire de Caherman, on le voit tenir à eu héros un discours dans lequel il dit qu'il a vécu plusieurs révolutions de siècles avant le siècle d'Adam.

SIMORBYNQUE s. m. (si-mo-rain-ke — du gr. simos, camus; rhugehos, bec). Ornith. Syn. de térékie, genre d'oiseaux, formé aux dépens des barges.

S1MOIÏRE, bourg et commune de France (Gers), cani., arrond. et à 15 kilom. O. de Lombez, sur la rive gauche de la Gimone ; 1,821 hab. Simorre a pris naissance d'une ancienne abbaye, aujourd'hui abandonnée, jadis une des plus opulentes du midi de la France, et qui fut ruinée une première fois par les Sarrasins et les Normands. Reconstruite somptueusement au xvie siècle, elle fut supprimée définitivement à la Révolu- .tion. Il ne reste plus aujourd'hui des bâtiments claustraux, vendus par lots et morcelés, que le puits carré qui occupait l'un des angles , quatre niches ogivales ménagées dans le mur de l'église et une élégante cheminée du Xin° siècle. 11 n'en est pas de même de l'église du couvent, qui a échappé aux outrages des siècles et qui est a bon droit classée au nombre des monuments historiques, tlonstiuite en 983, elle fut rebâtie en 1301 et retouchée en 1442; cependant peu de monuments offrent un caractère plus complet d'homogénéité. Elle est bâtie en brique et affecte la forme d'une croix latine, dont chaque croisillon est aussi long que le chœur. Chevet rectangulaire et absence de bas-côtés. Au centre, une coupole octogonale oblongue est surmontée d'un clocher de forme pareille , àouvertures triangulaires. Les angles saillants du traDssept et du chœur sont flanqués de contre-forts massifs, terminés par une guérite et une pyramide. Enfin, sur le côté septentrional de la nef, à l'angle rentrant formé par le transsept, s'élève une sorte de donjon. a Les trente-six stalles du chœur, dit M. Cénac-Moneaut, offrent des statues et des basreliefs du xve siècle, qui ne sont pas sans mérite. Elles sont séparées par des accoudoirs à têtes grimaçantes, tels que singes, moines encapuchonnés, paysans jouant de la flûte et autres caricatures. Une it'elles porte assez loin ses hardiesses indécentes. » Il faut aussi mentionner des vitraux fort beaux, que la tradition attribue à l'auteur de ceux de SainJe-Marie d'Aueh.

S1MOSAURE s. m. (si-mo-sô-re — du gr.

simos, camus; sauros, lézard), Erpét. Genre de reptiles sauriens, dont les débris fossiles se trouvent dans le calcaire coquillier.

S1MOTE s. m. (si-mo-te — du gr. simos, camus). Mamm. Genre de mammilères rongeurs, du groupe des rats.

SIMOUN s. m. (si-mounn — ar. semoum; de semm, empoisonner). Vent brûlant qui souffle de l'intérieur de l'Afrique -.Le simoun est un vent chaud dont l'ardeur suffoque ceux qui osent l'affronter. (L. Figuier.) Le souffle du simoun dessèche la peau. (Raspail.) Il Quelques-uns écrivent semoun :

On entendait mugir le semoun meurtrier.

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