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sur le mouvement musculaire (Edimbourg, 1752, in-80).
SIMSON (Martin-Edouard), homme d'Etat prussien, né à Kœnigsberg en 1810. Il étudia le droit à l'université de sa ville natale, y fut reçu docteur en 1829, visita ensuite les universités de Berlin et de Bonn, puis vint à Paris en 1831 et, en 1833, fut nommé professeur adjoint de droit k l'université de Kœnigsberg, où il devint dans la suite professeur ordinaire (1836), membre et enfin (1846) conseiller du tribunal supérieur. Elu par ses concitoyens, en mai 1848, membre de l'Assemblée nationale allemande, il en fut successivement secrétaire et vice-président et s'y distingua tellement par son éloquence et par l'habileté avec laquelle il sut diriger les débats, qu'en novembre 1848 il fut envoyé, avec le titre de commissaire de l'empire, k Berlin pour intervenir dans les désordres auxquels donnait lieu l'œuvre de la constitution prussienne et qu'un mois plus tard, k l'entrée de Gagern au ministère de l'empire, il fut élu président de l'Assemblée nationale. En avril 1849, il fut le chef de la députation qui alla annoncer au roi de Prusse son élection k la couronne impériale ; mais, après l'insuccès de cette mission, il se démit de la présidence et, à la fin de mai, se retira de l'Assemblée avec Gagern, Dahlmann et autres. Il n'en prit pas inoins, de Carlsbad, où il s'était retiré pour rétablir sa santé, une part active à l'entrevue de Gotha. Elu, en 1849, député de Kœnigsberg à la seconde Chambre prussienne, il se plaça parmi les orateurs les plus éminents du parti constitutionnel, fut un des présidents à la diète d'Erfurt et, après l'avortement du plan d'union, reprit k la seconde Chambre de Berlin son rang parmi les chefs de l'opposition. Bien qu'il eût refusé d'accepter un mandat aux nouvelles élections, il rentra de nouveau dans la vie politique après l'établissement de la régence en 1858 et, en 1860, fut nommé vice-président du tribunal de Fianefort-surl'Oder. Depuis cette époque il a participé, comme-député, aux débats de la Chambre des députés prussiens, puis k ceux du nouveau Parlement allemand, institué en 1867. Depuis cette époque jusqu'à la lin de 1873, il a présidé cette dernière assemblée. En février 1874, il déclara à une députation du Reichstag allemand envoyée auprès de lui k Eranefortsur-1'Oder que des raisons de santé l'empêchaient d'accepter la présidence de cette assemblée. On lui doit quelques ouvrages de jurisprudence et une Misloire du tribunal de Kœnigsberg.
SIMULACRE s. m. (si-mu-la-kre — la t. simulacrum, proprement copie, reproduction, du verbe simulare, proprement rendre semblable, imiter, représenter, . copier, reproduire, de similis, semblable). Image, statue, idole, représentation d'une divinité : Adorer des simulacres. Les plus anciennes divinités grecques étaient de monstieux simulacres. (B. Const.) Le lingam n'est une chose divine que lorsqu'une cérémonie solennelle a renfermé le dieu dans te simulacre nouvellement ciselé. (B. Const.)
— Spectre, fantôme, apparition, vision sans réalité : De vains simulacres. Les vapeurs élevées dans le cerueau y forment toutes sortes de simulacres. (J.-J. Rouss.) Les rêves nous représentent toutes sortes de simulacres. (J.-J. Kouss.)
— Fig. "Vaine représentation , apparence sans réalité, faux extérieur : Dans tes derniers des Mérovingiens, il n'y avait qu'un simulacre de puissance royale. Après Jules César, il n'y eut plus qu'un vain simulacre de république. (Acad.) il Feinte, représentation, action simulée : Un simulacre de combat. On avait préparé une superbe joute, qui offrait le simulacre d'un grand combat naval. (Volt.)
— Encycl. Dans son sens le plus général, le mot simulacre sert k désigner l'apparence trompeuse , la représentation mensongère d'une chose réelle. Aussi les Latins, créateurs de ce mot, en tirent-ils la dénomination par excellence des apparitions, des fantômes, ces simulacres de la forme humaine. Virgile, décrivant les phénomènes merveilleux qui accompagnèrent la mort de César (Géorgiques, rin du livre 1er), signale l'apparition, au milieu de la nuit, de simulacres ou fantômes d'une pâleur extraordinaire :
. . . Et shuulacra motlis pallentia miris Yisaper obscurum noctis. • .
Ce fut un simulacre analogue qui annonça k Brutus, meurtrier de (Jésar, sa lin prochaine. Quelque temps avant la bataille de Philippes, ce fantôme, plus grand qu'un homme (forma major Itumana), lui apparut pendant la nuit et, interpellé par Brutus, lui dit : n Je suis ton mauvais génie (»ouoSai|miv), tu me reverras k Philippes. » Laveiliude la bataille, l'apparition se montra encore k Brutus, qui, disent les auteurs, connut dès lors l'issue fatale de la bataille du lendemain.
A mesure que ia tyrannie pesa plus lourdement sur l'empire romain, les esprits énervés et devenus pusillanimes devinrent plus superstitieux. Le polythéisme naturaliste de la Grèce et de Rome se mélangea des pratiques de l'Orient et de l'Egypte. Mercure devint Hermès Trisuiégiste ; Lus, Astarté, Osiris eurent leurs autels; chacun se jeta a corps perdu dans la magie et la sorcellerie ; on répétait tout bas aux initiés les mots secrets qui pouvaient, dans leurs combinaisons mys-
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térieuses, amener la perturbation des éléments ; les mystères de Cérès et de Cybèle devenaient jeux d'enfants auprès des pratiques ténébreuses importées d'Asie; le néoplatonisme vint qui surenchérit sur toutes ces excentricités et qui tomba, des abstractions philosophiques de Plotin et de Porphyre, dans les niaiseries cabalistiques de Jamblique et d'autres théurges plus ignorants et bien plus fous. Le De mysteriis JEgyptiarum et autres écrits de ce genre suppriment absolument le monde matériel au protit du monde des fantômes. Les ombres, les esprits, les simulacres courent l'empire, et dès lors commence ce délire qui s'est perpétué jusqu'à nos jours et qui s'appelle aujourd'hui le spiritisme. Lorsque le Dieu des chrétiens, issu du sombre et jaloux Jéhovah hébreu, renverse tes autels de Jupiter, immole les prêtres, détruit les temples, disperse loin des villes les adorateurs des anciens dieux, les simulacres se multiplient; leurs ombres désolées parcourent les villes et les campagnes et, dans | le fond des bois et sur les plages lointaines, font retentir d'une voix lamentable ce cri lui gubre : i Le grand Pan est mort 1 » Les simulacres ont joué un rôle dans la sorcellerie du moyen âge. Le simulacre tiré de la mandragore (ï'homunculus, petit homme) possédait des propriétés merveilleuses. De même, le simulacre fait avec de la cire jaune était trèspropre k l'envoûtement. On sait que cette pratique consistait dans la confection du simulacre de la personne à laquelle on voulait du mal; tous les jours, on enfonçait davantage, peu k peu, dans la cire une épingle k la hauteur du cœur. La personne ainsi transpercée en effigie mourait infailliblement.
Dans le même ordre d'idées, le sabbat était un simulacre de la messe. On y célébrait le sacrifice et on y prononçait même le nom de Dieu, mais k rebours. D'ailleurs, les sorciers eux-mêmes appelaient le sabbat la messe noire.
Le mot simulacre n'a pas conservé au propre dans notre langue française le sens de fantôme; mais, au figuré, on emploie trèsbien le mot fantôme pour celui de simulacre dans ces expressions : un simulacre de royauté, un simulacre de république, etc. Ainsi, on dit fréquemment un simulacre de légalité pour désigner les formes, les apparences légales qui recouvrent trop souvent des monstruosités et des crimes. C'était un simulacre de légalité que cette sentence rendue par des valets de Bonaparte contre l'infortuné duo d' Enghien ; stmutecres de légalité, ces conseils de guerre, ces commissions militaires, au moyen desquels tous les partis se fusillent réciproquement.
Les dévots, les hypocrites de toute croyance ont toujours eu le plus grand soin d'afficher des simulacres de vertu. Simulacre, que la feinte pruderie de Tartufe disant k Dorine :
. . . Cachez ce sein que je ne saurais voirl
et prenant la taille k Elmire dès qu'il se croit sûr du secret. Simulacre, que la piété de ce saint homme de nos jours qui use ses genoux k prier Dieu et sa plume k calomnier son prochain. Simulacre, que les austérités perpétuelles de ces hommes purs et incorruptibles comme en possèdent tous les partis et dont aucune joie innocente ne parvient à dérider le front.
Que j'en ai vu de ces saints-là 1
s'écrie l'auteur des Châtiments. Que nous en avons tous vu ! qui cachaient des turpitudes sans nombre sous ces faux dehors et qui justifiaient ainsi ces vers de Molière : La plus juste raison fuit toute extrémité, Et veut que l'on soit sage avec sobriété
(traduction littérale de la pensée de saint Paul : Non sapere plus quam oportet sapere, sed sapere ad sobrietatem).
De même que la vertu, le vice a ses simulacres, et notre époque maladive, malsaine, nerveuse k l'excès a produit ce fruit singulier. Il est de bon goût dans un certain monde, nous disons dans le grand inonde, de poser pour le vicieux; c'est k qui aura séduit le plus de femmes, k qui aura fait les plus épouvantables orgies. Purs simulacres souvent. Tel qui n'a point soupe feint l'ivresse; tel se venge de l'impuissance de son organisme par la débauche de ses discours. Et cette forfanterie ne s'arrête pas aux vices. N'avons-nous pas vu fréquemment des malfaiteurs, traînés devant la cour d'assises, s'attribuer orgueilleusement des crimes qu'ils n'avaient pas commis I Enfin, ce genre a eu sa littérature. Byron en Angleterre, Musset en France ont affecté de se représenter dans leurs héros excentriques. Fanfarons du vice, ils se sont tour k tour donnes l'un pour Lura, Manfred, Don Juan, l'autre pour Mardoche , Frank, Hassan, Rolla!
SIMULATEUR, TRICE s. (si-mu-la-teur, tri-se — rad. simuler). Personne qui simule, qui sait simuler : Une habile simulatrice de toutes sortes de maladies.
SIMULATION s. f. (si-mu-la-si-on — rad.
simuler). Action de simuler, feinte : Il y a de la simulation dans cet acte, dans ce contrat,
— Jurispr. Simulation de maladie, Feinte qui consiste k simuler certaines maladies ou difformités, pour se soustraire k certaines obligations légales.
— Encycl. Le médecin légiste peut être
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appelé k déterminer s'il y a simulation de maladie : 1° chez les accusés qui cherchent k faire croire qu'ils ont été poussés par une monomanie ou une autre espèce de folie au crime qu'ils ont commis; 2° chez les jeunes gens appelés devant les conseils de révision, qui cherchent k se faire exempter du service militaire. On observe aussi la simulation de certaines maladies chez les femmes hystériques, qui le font sans aucun but déterminé.
La simulation des maladies a eu lieu de tout temps. Ulysse fit le fou pour ne point aller à la guerre de Troie, et on sait comment sa ruse fut découverte. Le roi David et So- Ion l'Athénien feignirent la folie pour se dérober k des dangers imminents. Sixte-Quint contrefit le cacocyhme pour arriver plus sûrement k la tiare, et Junius, par sa feinte stupidité qui lui fit donner le surnom de Brutus, parvint k déguiser sa haine contre les Tarquins et k les chasser du trône. Rien n'est plus plaisant que de voiries histoires racontées par Ambroise Paré de ces mendiants et mendiantes qui contrefaisaient les plus dégoûtantes infirmités pour exciter la pitié et obtenir les meilleures aumônes. Mais les simulations les plus intéressantes sont celles qui ont été et sont encore tentées par les jeunes gens pour éviter la conscription ou par les jeunes soldats pour se faire réformer. Pendant les longues guerres de l'Empire et lorsque la jeunesse française était appelée tout entière aux armées, les cas de simulation étaient très-fréquents ; on en voit encore aujourd'hui un grand nombre. Rarement on simule une maladie aiguë dont il serait facile au médecin de reconnaître la fausse imitation. Cependant on pourrait assez bien approcher du caractère de ces maladies ; mais les moyens par lesquels on les provoquerait risqueraient de produire des effets meurtriers dont les fourbes seraient les premières victimes. Il faut des maladies qui n'exposent pas la vie de ceux qui veulent les simuler et qui présentent un caractère d'ancienneté et d'incurabilité; ces hommes savent d'ailleurs que l'imitation des maladies internes, en embarrassant les personnes chargées de les visiter, leur inspire toujours des doutes et des soupçons et que le plus souvent, ces affections ne pouvant être ni palpées, ni vues, ni reconnues par des signes assez évidents, la fourberie est reconnue et ne manque pas d'attirer sur son auteur la honte et quelquefois un châtiment.
Il est arrivé souvent que des jeunes gens se sont fait réformer en simulant l'amaurose. Pour cela, ils s'introduisaient dans l'œil une solution de belladone ou de jusquiame qui, faisant dilater outre mesure la pupille, la rendait insensible a l'action de la lumière ; mais il est très-facile de reconnaître cette fraude, car, l'action de ces médicaments ne se faisant sentir que pendant quelques heures, il n'y aura qu k mettre pendant ce temps le malade en observation, et si au bout de quelque temps la pupille reprend sa grandeur normale, c'est qu il y a supercherie. On peut encore injecter dans l'œil quelques gouttes d'une solution d'extrait de fève de Catabar ; si l'œil est sain, malgré la belladone la pupille se contracte; s'il y a vraiment amaurose, l'œil reste insensible. On voit aussi quelquefois des soldats simuler la claudication k la suite d'une chute, d'une blessure légère k la jambe, et il n'est pas toujours possible de reconnaître la fraude. Il y a des exemples d'hommes qui ont pu simuler avec tant de constance qu'ils ont réussi k tromper tout le monde. Percy cite l'exemple d'un dragon de la garde impériale qui, k la suite d'une chute de cheval k la manœuvre, contrefit admirablement le boiteux. Il marchait sur la malléole externe et se soutenait avec une béquille. On essaya souvent de ramener de vive force le pied k sa rectitude naturelle, et toujours les cris do cet homme, qui disait éprou- ! ver des douleurs intolérables, tirent suspen- I dre les tentatives. Il passa deux ans soit à l'hôpital, soit aux eaux, et enfin fut réformé. ' Quelle ne fut pas la surprise de Percy de rencontrer quelques jours après cet homme dont le pied avait repris sa rectitude parfaite I
Rien de plus facile que de simuler la contracture des bras, des tloigts, du rachis, etc. Lorsque cette affection est la suite d'une longue maladie ou d'une blessure, elle est facile kdistinguer, puisqu'on peut constater la cause première et que la seconde laisse des traces plus ou moins visibles de son existence. Mais lorsque sans motif apparent il se présente un homme qui se dit atteint de rétraction soit du pied, soit de la jambe, un moyen trèssûr de déjouer la supercherie est de placer le malade sur un piquet un peu élevé et de le forcer k se tenir en équilibre sur sa bonne jambe; on ne tarde pask voir trembler et allonger le membre contracté. Percy raconte ainsi la manière dont il s'y prit pour dévoiler l'imposture d'un soldat qui se disait affecté d'une contracture des doigts : ■ Un jour, en présence du colonel du 10° hussards et de plusieurs autres personnes, nous fîmes venir un hussard de ce régiment ayant les deux doigts de la main dans un état de contracture. Nous le plaignîmes et nous eûmes si bien l'air de le favoriser qu'il crut que nous allions certifier qu'il était réellement estropié. Nous lui appliquâmes un bandage roulé et bien serré le long de l'avant-bras et nous le plasâmaa ensuite dans la guérite du colo-
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nel, le bras passé par l'un des trous; alors, au moyen d'une corde àséton, nous passâmes sous les doigts crochus un ruban auquel nous suspendîmes un poids de 6 livres ; au bout de six minutes, la main et le bras commencèrent à trembler, et au bout de quatre autres le poids tomba et les doigts furent redressés. >
L'épilepsie, cette maladie qui de tout temps fut l'effroi des hommes et l'objet de la pitié, est assez facile à imiter. Elle peut être placée au premier rang de celles qu'emploient les criminels qui veulent échapper à un châtiment, prix de leurs crimes, ou les jeunes gens qui veulent se faire exempter du Service militaire. Sur cent jeunes gens qui se présentent à la visite, il y en a quelquefois vingt qui prétextent cette affection terrible, tandis qu'il est notoire que sur mille individus on en trouves peine un qui ait vraiment le malheur d'en être attaqué, et c'est le plus souvent une femme ou une jeune fille. Il ne faut pas avoir égard aux. attestations qui sont mensongères ou exagérées, soit que la compluisance officieuse des parents ou des voisins les ait procurées, soit que l'avarice les ait fournies ou que, par une bonne foi trop confiante, le médecin les ait signées. Quiconque a vu des personnes atteintes d'épilepsie sait que le faciès de ces malheureux porte un cachet particulier qui ne se retrouve que chez eux; or, il est impossible au simulateur de contrefaire cette physionomie. Lorsque l'on aura des doutes, il suffira d'être témoin de l'accès, et, quelle que soit l'habileté du simulateur, la vérité est facile à découvrir. Ambroise Paré rapporte que des imposteurs mettaient du savon dans leur bouche pour écumer comme dans l'épilepsie ; c'est encore ce moyen trèssimple qui est employé par les simulateurs. On peut user contre eux du subterfuge qui réussit autrefois vis-à-vis de ce gueux qui mendiait à Paris et cherchait à exploiter la compassion publique en jouant ce rôle dans les rues. Pour s'assurer si réellement il était atteint d'épilepsie, on fit préparer à peu de distance de son logement un lit de paille où il pût être placé quand l'accès se manifesterait. L'imposteur se laissa porter sur cette paille, mais il ne tarda pas à se sauver au plus vite lorsqu'il vit qu on se disposait à y mettre le feu aux quatre coins. Tout le monde sait que les épileptiques, pendant l'accès, sont d'une insensibilité complète. Cette particularité peut servir à découvrir la fraude. En appliquant un cautère au fer rouge, si le malade est vraiment épileptique, il n'en résulte qu'un cautère qui ne peut que faire du bien au sujet; si, au contraire, c'est un simulateur, il est rare qu'il se laisse opérer, et il n'en résulterait, du reste, qu'une ulcération de peu d'importance; mais il laisserait bien percer quelque chose et ne pourrait s'empêcher au inoins de pousser un cri. Une simple menace suffit ordinairement pour décider le fraudeur à faire des aveux. Un chirurgien militaire guérit instantanément un épileptique en appelant le maréchal du régiment, en lui disant de faire rougir un fer à cheval et de l'appliquer sur la fesse du patient. Un autre, voyant un épileptique en plein accès, se roulant convulsivement et paraissant ne rien entendre, dit assez bas à ses aides : < Nous allons voir si Hippocrate a raison. Vous vous souvenez sans doute qu'il recommande de châtrer les épileptiques. Qu'on m'apporte mon bistouri. • Le pauvre diable se jeta à bas de son lit, demanda pardon et protesta au'il aimait mieux garder son mal.
Il y a des fourbes assez adroits pour simuler la mort apparente et pour suspendre les mouvements de leur cœur au point, d'en ira-
Foser même à des médecins exercés. On cite exemple d'un soldat qui se disait tomber d'un mal semblable; il restait immobile, l'œil fixé à terre, tendait les jarrets, semblait tiquer et avaler sa salive, pâlissait, et son pouls et le coeur paraissaient ne plus donner que quelques légers mouvements d'ondulation ; il restait quelques minutes dans cet état, ordinairement appuyé contre un mur ou un arbre; puis il semblait revenir k lui et son visage se couvrait de sueur. Tout le monde donnait dans le piège; cependant le chirurgien, ne voulant pas se rendre avant de lui avoir fait subir quelque épreuve, ordonna qu'on le fustigeât vigoureusement, et comme le soldat crut que c'était sérieusement et que déjà on s'apprêtait pour cette cérémonie, la peur le prit et il avoua sa feinte, qu'il répéta ensuite devant plusieurs personnes. Un autre exemple de mort simulée se trouve consigné dans Je Journal des savants (1746).
Il est peu de maladies plus faciles et plus commodes à simuler que la folie, la manie, l'extase, l'idiotie. Pour pouvoir dévojler la fraude, il faut bien connaître les symptômes normaux de la maladie. Ou sait aussi que l'on peut provoquer par l'ingestion de certaines substances, que nous nous abstenons à dessein de nommer, des phénomènes d'excitation simulaut très-bien la folie ; mais l'action de ces substances n'étant que de courte durée, il suffira pour découvrir l'artifice de séquestrer le malade pendant quelques heures et de le faire surveiller attentivement. En général, les fous ont les idées les plus absurdes et les
Ïilus disparates; mais il faut remarquer que orsqu'on leur fait une question leur réponse, si baroque qu'elle soit , esc toujours dans l'ordre d'idées da la question. Ainsi, si l'on
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demande son âge à un aliéné, il pourra bien répondre qu'il a six mille ans, mais il ne vous dira pas 345 fr. 50. La nature des réponses peut donc être un indice précieux, pour le médecin, cor le simulateur croira volontiers qu'il contrefait le fou parfaitement en ne répondant qu'avec incohérence.
Beaucoup de soldats simulent le mutisme. Quand cette affection dépend de la paralysie des nerfs de la langue, celle-ci est mince et sèche; elle sort difficilement de la bouche. Lorsqu'elle dépend de la paralysie du larynx, il est impossible de faire entendre aucun son, même en toussant ou en éternuant. En général, tout muet qui tire la langue et la meut, s'il n'est pas né sourd, est un imposteur.
Jamais on ne vit autant de myopes en France que depuis la conscription; autrefois, surcentjeunesgens,ily en avait cinq au plus; aujourd'hui, il y en a vingt qui portent des lunettes. En général, il est facile de vérifier la vérité de la myopie; il suffit de faire lire le sujet avec des verres no 3, en tenant le livre à un pied de distance, et de lui donner du n° 5 et demi pour distinguer les objets éloignés. Mais il arrive souvent que des jeunes gens trompent l'inspecteur en s'habiluunt à lire avec des verres de myope, et comme ils se sont véritablement rendus myopes, le plus habile examinateur n'y peut rien, Quant à ceux qui simulent la myopie, on les convainc de supercherie d'une façon bien simple. Après leur avoir présenté plusieurs verres de lunettes de divers numéros avec lesquels il leur est impossible de lire quoi que ce soit, le chirurgien dit d'un ton assuré : « Je vois ce qu'il vous fautl » et leur met devant les yeux des vers plans. Il est rare que le simulateur ne tombe pas dans le piège.
La difficulté de reconnaître si la surdité est vraie ou, fausse a engagé beaucoup de gens à jouer le rôle de sourd, et certains y ont mis tant de persévérance qu'ils ont trompé tout le monde. Un chasseur à cheval fit si bien le sourd qu'aucune épreuve ne put le trahir. U" jour, son colonel se cacha dans un grenier où il venait déposer de l'avoine et lira deux coups de pistolet ; mais rien ne put l'émouvoir ; aussi lui accorda-t-on son congé. Quelque temps après, le même colonel rencontra ce soldat, qui n'était plus sourd et qui lui avoua son stratagème. Mais si un de ces faux sourds a le bonheur de sortir vainqueur de toutes ces épreuves, combien n'y en a-t-il pas qui y succombent t Un conscrit faisant le .sourd fut reconnu au mouvement que lui lit faire le son d'une pièce de monnaie que le médecin laissa adroitement tomber à ses pieds. Un autre, qui avait feint de ne pas entendre du tout, se trahit en se retirant lorsque le médecin lui dit : t Allez, vous êtes impropre au service. » Un autre sourd qui avait résisté à toutes les épreuves fut placé à dessein à l'hôpital de Lille, dans une salle où étaient rassemblés les militaires prévenus de délits ou déjà condamnés; il y avait quelque temps qu'il y était, quand vers minuit un maréchal des logis de gendarmerie, suivi de deux gendarmes, entra dans la salle, tit garder la porte et demanda à haute voix le nommé Joseph Vatier (c'était le nom du jeune homme), qu il avait ordre d'arrêter comme prévenu de vol et de meurtre; le faux sourd se mit aussitôt sur son séant et pleura en disant que ce n'était pas vrai; il n'en fallut pas davantage pour le démasquer.
SIMULÉ, ÉE (si-mu-lé) part, passé du v. Simuler. A qui l'on donne, par feinte, les apparences de la réalité : Paix simulée. Dévotion simulée. Attaque simulée. Combat simulé.
Fuite simulée. Il n'y a presque plus de réconciliations qui ne soient feintes ou simulées. (Fléch.) D'un zèle simule j'ai bridé le bon sire.
Molière.
— Se dit d'une maladie qu'on n'a pas et dont on se donne artificiellement les symptômes : Folie simulée.
— Jurispr, Que l'on feint pour échapper à quelques prescriptions légales : Dettes simulées. Acte simulé. Vente simulée. Donation simulée. (Acad.)
SIMULER v. a. ou tr. (si-mu-lé — latin simulare, proprement rendre semblable, imiter, représenter, copier, reproduire; de similis, semblable). Jurispr. Feindre, faire paraître par feinte comme réel : Simules une vente. Simuler une donation, Simuler une maladie. Simuldr une réconciliation. Les signes des passions ne se laissent pas plus simuler que dissimuler d'une manière directe. (C. Renouvier.) L'imagination des femmes est si vive qu'elles éprouvent tout ce qu'elles veulent simuler. (Latena.)
— Faire le simulacre, la représentation de : Simuler un combat.
— Syn. Simuler, feindre, taira semblant.