SINC
dms, où elle est connue sous les noms de cranson rustique, de grand raifort, de cochléaria de Bretagne, de radis de cheval, famille des crucifères. *
La racine seule de cette plante est employée. Elle est cylindroïde, allongée, épaisse, charnue, blanche à l'intérieur, jaune ou grisâtre à l'extérieur, exhalant, lorsqu'on la divise, une odeur piquante, très-forte, irritant vivement le nez et les yeux. Sa saveur est amère, acre. Elle contient une huile volatile épaisse, peu soluble dans l'eau, soluble dans l'alcool, huile qui possède la propriété de rubéfier la peau. Il résulte des nouvelles recherches qui ont été faites sur la formation de cette huile, comparable à celle de la moutarde , qu'elle n'existerait pas toute formée dans la racine du raifort et qu'elle ne se développerait que sous l'influence de l'eau et de la chaleur.
La racine de raifort ne possède toutefois la propriété rubéfiante qu'après un an de végétation. Après la deuxième année, elle ne renferme que peu ou point d'huile volatile acre. Par la dessiccation, cette racine perd une grande partie de cette huile et, partant, de sa vertu rubéfiante. Il faut donc l'employer fraîche et dans la seconde année de sa végétation.
On râpe cette racine, on l'écrase, on la divise en plusieurs lamelles. Ainsi préparée, on l'applique sur la peau des animaux dans le but de la rubéfier. Bientôt de la rougeur, de la chaleur, de la tuméfaction surviennent et l'on peut pratiquer des mouchetures dans l'engorgement, afin d'obtenir une saignée locale. Les effets de cette racine sont peutêtre plus actifs et plus énergiques que ceux de la moutarde et son action beaucoup plus sûre. On doit donc l'employer lorsqu'on veut établir une révulsion prompte et active dans les maladies que nous avons indiquées.
Cette racine peut être aussi employée à l'intérieur pour combattre les affections putrides et adynamiques, telles que la métrite septique et toutes les altérations du sang avec putriuité. On sait que cette plante est renommée contre le seorout de l'homme.
SINAPJSTRE s. m, (si-na-pi-stre — du lat. iinapis, gr. sinapi, moutarde). Bot. Genre de crucifères forme aux dépens des moutardes. Il Syn. de cléomé, genre de capparidées.
SINAPOLINE s. f. (si-na-po-li-ne — du lat. sinapts, gr. sinapi, moutarde). Chim. Substance cristallisée, obtenue par l'action de l'oxyde de plomb hydraté humide sur l'essence de moutarde.
SINAP1US (Michel-Ange) et S1NAP1US (Jules). V. Senf.
SINBOUDA s. f. (sain-bou-da). Sorte de racine avec laquelle certaines peuplades de l'Afrique font une liqueur qui sert à éprouver les personnes accusées de quelque crime.
SINCALINEs. f. (sain-ka-li-ne). Chim. Base qui résulte de la décomposition de lasinapine sous l'influence des alcalis.
— Encycl. La sincaline est un alcali qui prend naissance en même temps que l'acide sinapique (v. ce mot), quand on décompose la sinapine (v. ce mot) par la potasse ou la baryte. On se sert ordinairement du sulfocyanate de sinapine pour la préparer. A cet effet, on chauffe ce sel avec un peu d'acide sulfurique étendu et l'on précipite la liqueur par le sulfate ferreux ou par le sulfate cuivrique, pour la débarrasser de l'acide sulfocyaui.que.On précipite ensuite la liqueur filtrée par l'eau de baryte, on fait passer un courant de gaz carbonique à travers le liquide; on filtre de nouveau et l'on évapore le liquide filtré au bain-marie. Il reste pour résidu du carbonate de sincaline. En neutralisant ce carbonate par l'acide chlorbydrique et en faisant digérer le chlorhydrate ainsi formé avec de l'oxyde d'argent, on obtient du chlorure d'argent et une solution aqueuse de sincaline. Convenablement évaporée au bain-marie, cette solution fournit la sincaline en masse cristalline incolore ou brunâtre.
La sincaline ne se volatilise pas sans altération. Quand ou la distille, elle répand des vapeurs combustibles qui ont l'odeur de la méthylamiue et elle laisse un résidu charbonneux. Sa réaction est fortement alcaline. Exposée à l'air humide, elle s'échauffe, tombe eu déliquescence et absorbe prompiement l'anhydride carbonique de l'atmosphère. Elle précipite de leurs solutions salines un grand nombre de sels métalliques, au nombre desquels nous citerons l'oxyde mercurique et même la baryte et la chaux. Avec les sels aluminique et chromique, elle donne des précipités solubles dans un excès de sincaline. Le précipité chromique se reforme toutefois par l'ébullition, comme cela se produit avec la dissolution de l'hydrate de chrome dans la potasse.
La sincaline dissout le soufre, et, lorsqu'on ajoute un acide minéral à la solution, il se dégage de l'acide sulfhydrique et il se dépose du soufre pulvérulent qui rend la liqueur laiteuse. Cette réaction vient également placer la sincaline à côté de la potasse.
La sincaline répond à la formule C6HlSAzO. Il est probable, d'après ses propriétés, que c'est un hydrate d'ammonium quaternaire ; mais quelle est la nature des radicaux renfermés dans cet ammonium? c'est ce qu'il a été à peu près impossible d'établir jusqu'à cejour.
— Sels db sincaline. Le carbonate, le