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furent composés pour les sergents d'armes et qui chantaient leurs chevauchées ou faits de guerre. Dès le xvie siècle, on en avait perdu le souvenir; car Pasquier assimile complètement le sirventois au sirvente, c'est-k-dire à la satire, et il dit que ce genre de poëme satirique fut transmis par les Picards aux poètes provençaux. Le sirventois intitulé Complainte de Jérusalem contre la courde Borne, pièce anonyme du xm' siècle , le Chemin d'enfer de Raoul de Houdon , la Voie du paradis de Rutebeuf, sont des satires.
Voici le résumé assez curieux d'un *i"r»«ttois anonyme du xtve siècle : a Dieu créa trois espèces d'hommes : les nobles, les prêtres et les vilains. Il donna les terres aux premiers, les dîmes aux seconds, et condamna les derniers à travailler toute leur vie pour le service des deux autres classes. Cependant, il restait encore deux espèces de personnes à pourvoir : les ménestrels et les courtisanes. Dieu chargea les nobles de nourrir les ménestrels et confia les courtisanes aux prélats, qui prirent soin d'elles au point de mériter par là le paradis. Mais il n'y aura
fioint de salut pour les nobles parce qu'ils aissent mourir de faim les ménestrels. » C'est de la bonne satire gauloise.
Les postes qui se sont fait un nom dans ce genre de composition sont surtout Hue de La Ferté, Alart de Caux, Gautier de Soignies et Jacques de Cisoing. Hue de La Ferté s'est surtout acharné contre Blanche de Castille, la dévote mère de saint Louis, et contre Thi- bault de Champagne, qu'il désigne comme son amant. Ses pièces sont mordantes, cruelles, mais empreintes par-dessus tout d'un sentiment patriotique élevé ; ce qu'il déteste dans la régente, c'est l'Espagnole, et la puissance du clergé, allié à Blanche contre les seigneurs, est par lui battue en brèche avec audace. Les prêtres n'en ont pas moins réussi k tracer autour du front de la reine une auréole de sainteté qui n'est pas dissipée encore. Ces poésies ne sont, à vrai dire, que des pamphlets; la langue en est sèche, nerveuse, colorée. Avec quelle verve il dépeint la reine, placée entre ses évêques et son amant, et raille Thibault de sa démarche cauteleuse, de sa mine de barbier-chirurgien et de son « embonpoint ignoble! » Un sirventois de Gautier de Soignies sur le mauvais accent espagnol de Blanche de Castille laisse percer la même pointe satirique. Ceux de Jacques de Cisoing sur l'avarice et la mauvaise foi des barons sortent de la satire personnelle pour entrer dans la satire de mœurs.
SIS, SISE (si, si-ze) part, passé du v. Seoir. Situé : Une maison SISE rue Saint-Antoine. (Acad.) il Se dit surtout en terme de pratique.
SIS, ville de la Turquie d'Asie, dans le pachalik et à 61 kilom. N.-E. d'Adana, au pied du Taurus, sur un petit affluent de Djihoun. Résidence d'un patriarche arménien. Elle fut au moyen âge la capitale de la Petite Arménie. En 1301, un concile fut tenu a Sis par le patriarche d'Arménie Constantin pour la réunion des Eglises d'Arménie à l'Eglise romaine. On y régla que les Arméniens célébreraient les principales fêtes aux mêmes jours que les Romains, qu'on mêlerait de l'eau avec le vin dans le saint sacrifice, qu'on se servirait de pain azyme, qu'on ferait le signe de la croix à la manière de Rome, etc.
SISÀPONTE, en latin Sisapus, ville de l'Espagne ancienne, dans la Tarraconaise, sur un sol riche en mines de mercure. C'est aujourd'hui la ville d'ALMADEN-Dli-LA-PLATA.
SISCIA, nommée aussi Segestica et Segesla, ville de l'empire romain, dans laPannonie, au confluent de la Coiapis (aujourd'hui KulrA) et du Savus (la Save). Sous Auguste et sous Tibère, elle servit de centre stratégique aux Romains dans leurs guerres contre les Illyriens et les Pannoniens. De nos jours, le bourg croate de Sissefc s'élève (irès de l'emplacement de l'antique Siscia. On y ■trouve encore quelques antiquités romaines.
SISCO, village et commune de France (Corse), cant. de Brando, arrond. et à 26 kilom. N. de Bastia, près du petit cap Sagro; 940 hab. Fabrication de drap corse. Dans Je voisinage de Sisco se trouve une chapelle du style bizantin, but d'un pèlerinage très-fréquenté. Une tradition vulgaire rapporte que, vers l'an 1355, un navire revenant de Jérusalem et portant une caisse pleine de reliques fut assailli par une tempête affreuse près du cap Sagro; le capitaine lit vœu de déposer cette caisse dans la première église qu'il rencontrerait sur sa route s'il pouvait échapper au naufrage. Il aborda près de Sisco et y déposa dans l'oratoire de Sainte-Catherine, qui n'était alors qu'un souterrain qu'on appelle Tombola, sa cargaison de reliques, qui y resta exposée à la vénération des fidèles. On construisit peu après la chapelle byzantine qu'on voit aujourd'hui.
SISEBUT (Flavius), roi des Wisigoths d'Espagne (612-621). Il soumit les Vascons et les Astures, et arracha à l'empire ses dernières possessions de la Bétique et de la Lusitanie. Chrétien fanatique, il persécuta les juifs pour les contraindre à se convertir et en tit périr un grand nombre dans les supplices. Ce fut, au reste, un prince plein d'activité et un zélé protecteur des lettres. Il reste des fragments d'un poème latin sur les éclipses
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qu'il avait composé et qui était dédié k saint Isidore de Séville.
SISELLE s. f. (si-zè-le). Ornith. Nom vulgaire de la grive.
SISENNÀ (Lucius Cornélius), -historien et orateur romain, né vers 120, mort en 67 av. J.-C. Il appartenait k la gens Cornelia. Sisenna fut questeur en Sicile l'an 77 av. J.-C, puis gouverneur d'Achaïe comme lieutenant de Pompée. 11 avait composé plusieurs ouvrages, et notamment une Histoire romaine qui commençait à la prise de Rome par les Gaulois et finissait à la dictature de Sylla. II en reste un assez grand nombre de fragments. Sisenna était l'ami de Varron, d'Atticus et de Cicéron.
SISERRE s. f. (si-zè-re). Ornith. Nom vulgaire de !a draine.
SISIN s. m. (si-zain). Nom vulgaire do la linotte.
SISINNIOS, élu pape le 19 janvier 708. 11 était malade de la goutte et mourut vingt jours après son élection. Il avait, dit-on, l'intention de faire réparer les murs de Rome,
SISM AL, ALE adj. (si-smal, a-le — du gr. seismos, choc). Physique. Se dit de la ligne que suit l'ordre d'ébranlement, dans un tremblement de terre.
SISMIQUE adj. (si-smi-ke — du gr. seismos, choc). Physique. Qui a rapport aux tremblements de terre, aux ébranlements qu'ils produisent : Mouvement sismiqhe.
SISMOGRAPHE s. m. (si-smo-gra-fe — du gr. seismos, choc; graphe, je décris). Physique. Instrument k l'aide duquel on mesure 1 intensité des oscillations produites par les tremblements de terre.
SISMONDI (Chiuzica), femme célèbre, au commencement du xie siècle, par son courage héroïque, et que l'on peut comparer à notre Jeanne Hachette. Elle était, dit l'auteur du Répertoire des femmes célèbres, fille d'un gentilhomme qui suivit en Italie Othon II et qui s'établit k Pise en 980. Une flotte pisane étant allée combattre les Sarrasins en Campanie, Murât, roi sarrasin, tenta, en 1005, de surprendre Pise elle-même. Déjà il avait incendié un quartier delà ville, que les citoyens des autres quartiers, plongés dans le someil, ignoraient encore le danger. Chiuzica, seule, traversant les bandes de brigands et la troupe des fugitifs, passa le pont de la ville et vint donner l'alarme au palais des consuls. Aussitôt le tocsin fit prendre les armes aux Pisans, et ils forcèrent ies musulmans à se rembarquer. Pour conserver la mémoire de l'héroïne qui avait sauvé la ville, les consuls donnèrent son nom au faubourg incendié qu'ils firent rétablir.
SISMONDI (Ugolin), surnommé Ba.occLorino, amiral pisan du xme siècle. Il commandait, en 1241, la flotte pisane qui, augmentée de quelques vaisseaux napolitains, battit la flotte génoise. Les Pères de L'Eglise d'Occident embarqués sur les vaisseaux génois pour se rendre au concile convoqué à Rome par Grégoire IX, deux cardinaux, un grand nombre d'évêques et de prélats et 4,000 Génois tombèrent entre les mains des vainqueurs. Frédéric II, ennemi de Grégoire, récompensa Sismondi du service qu'il en avait reçu par le titre de comte Ugolin. — Ginicello Sismondi, autre amiral pisan du xme siècle. Il remporta, en 1282, de grands succès sur les Génois, prit et pilla Porto- Venere et menaça Gênes ; mais, le 9 septembre de la même année, il eut ta moitié de sa flotte détruite par une tempête devant les bouches du Serchio.
SISMONDI (Jean -Charles -Léonard Simonde de), célèbre historien et économiste, né à Genève le 9 mai 1773, mort dans la même ville le 23 juin 1842. Il était fils d'un ministre protestant qui descendait des Sismondi de Pise. Les Sismondi, attachés au. parti gibelin, s'étaient expatriés en France en 1524. Leurs descendants, qui avaient adopté le protestantisme, avaient dû quitter le Dauphiné lors de la révocation de l'édit de Nantes et s'étaient fixés à Genève. Ce fut près de cette ville, k La Châtelaine, maison de campagne que possédait son père, que Sismondi passa ses premières années. Il fit ensuite ses études classiques à Genève, d'où il passa à Lyon pour y étudier la banque et le commerce. Placé comme commis dans la maison Eynard de Lyon, Simonde de Sismondi s'y fit remarquer par son ardeur au travail; mais bientôt il dut quitter Lyon, où les affaires étaient suspendues par suite des , troubles politiques (1792), et il retourna à Genève, où régnait également la plus grande fermentation. Son père, regardé comme faisant partie de l'oligarchie gouvernante, fut frappé d'une lourde contribution et mêmeemprisonné. Dès qu'il eut recouvré la liberté, il quitta Genève avec sa famille et se rendit en Angleterre. Là, Simonde de Sismondi apprit la langue, ia littérature anglaise et étudia en même temps les institutions de ce grand peuple. Cet exil, au surplus, ne fut pas de longue durée et, au bout de dix-huit mois, ta famille put rentrer à Genève sans aucun danger. Mais elle ne séjourna dans la ville protestante « que le temps nécessaire pour vendre les débris d'une fortune jadis considérable, ■ et alla s'établir dans le domaine de Val-Chiusa (vallée close), en Toscane, Là,
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durant cinq années, Sismondi se livra à l'étude de l'agriculture, sans négliger pour cela les lettres. Ce fut pendant cette période qu'il rassembla et coordonna les matériaux de son premier ouvrage : Tableau de l'agriculture toscane (Genève, isoi, in 8°). Les opinions libérales exprimées dans ce livre lui attirèrent les tracasseries du la police autrichienne ; on l'emprisonna même pendant tout un été. De ce temps aussi datent les investigations auxquelles il se livra pour sa fameuse Histoire des républiques italiennes, son plus beau titre de gloire assurément, avec l'Histoire des Français,
Revenu à Genève en 1800, Sismondi y fit paraître un traité qui le classa parmi les économistes : De la richesse commerciale (1803, 2 vol. in-go). Ce travail, inspiré par les idées d'Adam Smith, le mit en relation avec Necker, retiré en son château de Coppet, et avec son illustre tille. M"" de Staël. Il lit, dès lors, partie de lu petite cour présidée par l'auteur de Delphine et de Corinne.
L'ouvrage de Sismondi avait, eu du retentissement hors de la Suisse, e' on lui offrit une cbaire d'économie politique à Wilna, avec un traitement de 6,000 francs. Il se contenta des modestes fonctions de secrétaire de la chambre de commerce de Genève, alors réunie à la France et formant le chef-lieu du département du Léman. Son Histoire des républiques italiennes parut enfin (Zurich, 1807, t. I et II, et 1808,. t. III et IV; Paris, 1809, t. V à VIII, et 1818, t. IX à XVI, in-8<> ; Paris, 1840, 10 Vol. in-8u). Benjamin Constant, enthousiasmé, tenta en vain de faire couronner ce livre par l'Institut. Sismondi eut aussi le suffrage de tous les hommes éminenis, hôtes comme lui de Coppet : Wieland, les deux Schlcgel, Jean de Muller, Bœttiger, Bonstetten, Cuvier, Saussure, etc.
Sismondi accompagna ensuite M«n de Staël dans deux voyages en Allemagne et en Italie durant les années 1804 et 1808, et c'est à la suite d'un séjour assez long a Vienne qu'il publia son Mémoire sur le papier-monnaie dans les Etats autrichiens et des rnoyens de le supprimer (Weimar, 1810, in-8°).
Jusqu'à ce moment, Sisinondi avait connu les soucis de la gêne, h' Histoire des républiques italiennes le tira d'une situation besoigneuse, mais il ne lui fallait pas moins songer à l'avenir. On lui offrit à Genève une place de professeur à traitement fixe; craignant la perte de son indépendance, il refusa cette place ; mais ses compatriotes insistèrent tant et si bien qu'en 1811 il se décida à faire sur les littératures du Midi un cours public qui fut très-suivi et fort goûté. C'est à ces leçons qu'on doit l'ouvrage intitulé : De la littérature du midi de l'Europe (Paris, 1813, 1819, 1829, 4 vol. in-8°).
En 1813, l'écrivain vint pour la première fois à Paris pour y publier cet ouvrage. Il y trouva le plus gracieux, accueil, non-seulement parmi les amis de Mm0 de Staël et de Benjamin Constant, mais même dans les salons légitimistes, dont l'amitié de la comtesse d'Albany lui avait ménagé l'entrée. Il revint en Suisse au moment ou croulait l'Empire. De retour k Paris quelque temps après, il fut vivement frappé de l'ineptie et des fautes accumulées du gouvernement des Bourbons.
Aussi ne fut-il point étonné de l'épisode des Cent-Jours. Comme beaucoup d'autres, il crut alors étourdiment que Bonaparte le despote, éclairé par la rude leçon qu'il avait reçue, deviendrait le représentant de la Révolution, le véritable chef des idées libérales. Sous l'empire de cette illusion, ■ il prit feu, dit Sainte- Beuve, à l'idée du réveil de la Fiance, d'une conversion de l'Empire a la liberté, et se fit fort de défendre dans le Moniteur l'efticacité des garanties accordées aux citoyens français par l'acte additionnel. • C'est alors qu'il publia son Examen de la constitution française (Paris, 1815, in-8°). Napoléon désira voir et connaître un si sympathique auxiliaire. L'historien lui fut présenté (3 mai), et pendant une heure ils se promenèrent sous les arbres de l'Elysée, s'entretenant des hautes questions du moment. Le lendemain, Bonaparte lui envoya le brevet de chevulierde la Légion d'honneur, qu'il refusa pour conserver sa liberté d'opinion et d'action.
En 1818, il avait réuni les documents pour son Histoire des Français; mais, avant de commencer à l'éciire, il alla visiter, en Angleterre, James M ackintosh, son ami, dont il épousa la belle-sœur, miss Jessie Allen, au mois d'avril 1819.
A sou retour de Londres, on lui offrit des chaires au Collège de France et à la Sorbonne ; il déclinaces propositions et revint & Genève. LU, il se montra toujours chaud partisan de l'indépendance des nationalités et salua de ses vœux les plus ardents le réveil de l'Italie, de la Grèce, de l'Amérique - et la révolution de juillet 1830. Il aimait cependant la liberté uu peu à la façon des doctrinaires. C'était un libéral aristocratique ; c'est dire que, membre de l'Assemblée constituante de Genève en 1841, il fut contraire aux radicaux genevois qui triomphèrent en. 1846. Mais Sisinondi n'eut pas la douleur de voir ce triomphe.
Depuis 1820 jusqu'à sa mort, Sismondi travailla à sa grande Histoire des Français, a, laquelle l'Académie des inscriptions n'accorda pas même une simple mention honorable. En 1833, il fut choisi pour un des cinq associés de l'Académie des sciences morales
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et politiques, et en 1841 il accepta enfin cette croix de la Légion d'honneur qu'il n'avait pas voulu recevoir des mains de Napoléon. Il est mort à l'âge de soixante-neuf ans, et son nom s'est éteint avec lui.
Elevé dans une république, pénétré de bonne heure des grandes idées philosophiques du xvme siècle, Sisinondi fut un historien aux larges vues et raconta avec autant d'érudition que de sagacité l'histoire des républiques italiennes. Son Histoire des Français otfre un égal intérêt. Les parties qui traitent de l'état des populations agricoles au xiB et au xii« siècle, de la renaissance industrielle après l'émancipation des communes, des abus sans nombre de la royauté sont extrêmement remarquables. Comme économiste, il fut vivement frappé du développement industriel qui commençait à se produire et très-préoccupé du sort des travailleurs et des vices de la concurrence illimitée. Il dénonça le mal, mais sans chercher à trouver le remède et n'espérant guère qu'on le trouvât. « La distribution des fruits du travail entre ceux qui concourent à les produire, écrivit-il, me paraît vicieuse; mais il me semble presque audessus des forces humaines de concevoir un état de propriété absolument différent de celui que nous fait Connaître l'expérience. »
Indépendamment des ouvrages que nous avons cités plus haut, on doit à Sismondi : De la vie et des écrits de P.-H. Matlet (Genève, 1807, in-8°); Considérations sur Genève dans ses rapports avec l'Angleterre et les Etats protestants (Londres, 1814, iu-8"); Sur les lois éventuelles (Genève, 1814, in-8°); De l'intérêt de ta France à l'ëyard de la traite des nègres (Genève, 1814, in-8°; Paris, 1815, in-8u) ; Nouvelles réflexions sur la traite des uèyres (Genève, 1815, in-S°) ; Histoire des Français (le dernier volume est tout entier de M. Amédée Renée); Julia Seeera ou l'An 492 (faris, 1829, 3 vol. in-12), roman dans lequel Sisinondi peint les mœurs des Gaulois ou plutôt des Gallo-Humains lors de l'établissement de Clovis ; Considérations sur la guerre actuelle des Grecs et sur ses historiens (tJaris, 1825, in-8°); Revue du progrès des opinions religieuses (Varia, 1826, in-8°); Histoire de la renaissance de la liberté en Italie, de ses progrès et de sa chute (Paris, 1832, 2 vol. in-8°); Des espérances et des besoins de l'Italie (Paris, 1832, in-8<>); Histoire de la chute de l'empire romain et du déclin de la civilisation de l'an 250 à l'un 1000 (Paris , 1835, 2 vol. in-8û), publié eu anglais dans Lardner's Cyclopssdia ; Etudes sur les constitutions des peuples libres (Paris, 1836, in-8") ; Etudes des sciences sociales (Paris , 1836-1838, 3 vol. in-8o), réimpression de l'ouvrage précédent et d'études nouvelles relatives à l'économie poluique ; Précis de l'histoire des Français (Paris, 1839, in-8"). On a donné des Fragments du journal de Sismondi et de sa correspondance avec il/l'c de Sainte- Autaire (Paris, 1863, in-8û) et des Lettres inédites à il/me d'Albany (Pans, 1864, in-8°). Un trouve des articles de Sismondi dans les recueils suivants : Annales de législation; la Bibliothèque universelle, de Genève ; le Protestant, de Genève; Atti délia Academia ilaliana; la Pallas, de Weimar; la Biographie universelle de Michaud ; 1 Encyclopédie des gens du monde; la Revue encyclopédique , etc. M. Saint-René- Taillandier a publie : Lettres inédites de Sismondi (1863, in-18).
SI-SOL s. in. Chorégr. V. sissonb.
SISON s. m. (si-zon — gr. sisân, même sens). Bot. Genre de plantes, de la famille des ombellifères, tribu des ainminées, dont l'espèce type est répandue en Europe : Le sison amoiiie est une plante ùisannuelte, (Bosc.)
— Encycl. Le genre sison renferme des plantes herbacées, à feuilles penniséqu*ei, à involucre et involucelles formés d'un petit nombre de folioles; les fleurs sont blanches et ont un calice à limbe oblitéré, et uue corolle à cinq pétales ovales, courbes, profondément échancrés; le fruit est ovale et comprimé latéralement. Ce genre, assez voisin des berles, ne comprend qu'un petit nombre d'espèces, dont plusieurs habitent l'Europe.
Le sison amome est une plante bisannuelle qui atteint la hauteur de 1 mètre; sa tige, glabre, finement striée, rameuse, porte des leuilles alternes, pétiolées, pennatiséquées, d'un vert foncé ; ses fleurs blanches sont groupées eu ombelles terminales, à rayons inégaux ; le fruit se compose de deux carpelles ovoïdes, oblongs, k cinq côtes filiformes. Cette plante habite l'Europe centrale et méridionale; on la trouve surtout dans les buissons épais, les haies humides ou au bord des champs. On emploie eu médecine, sous le nom de faux amome, ses fruits, improprement appelés graines ou semences; on doit les récoller un peu avant leur maturité, lorsqu'ils ont encore leur couleur verte et «rue les (Jeux carpelles ne sont pas encore séparés. Us exhalent, quand on les écrase, une odeur fortement aromatique; leur saveur est chaude, aromatique aussi, mais sans àcreté ni amertume; on en obtient, par la distillation, une assez grande quantité d'huile essentielle, Autrefois on les employait comme stomachiques et diurétiques; ils faisaient partie des quatre semences chaudes cariiiinaiives; on eu préparait uue eau distillée qui servait à faire des potions. Ils passaient encore pour antispasmodiques; ou les administrait contre les coliques venteuses. Aujourd'hui on s'en sert
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peu. Les racines, dont l'odeur est analogue a celle de l'origan, sont moins aromatiques et partant moins employées. Aussi cette plante n'est-elle cultivée que"dans les jardins b >taniques;'on la propage, du reste, très-facilement de graines semées en place.
Le siso» ammi, devenu aujourd'hui le type du genre ammi, est Une plante annuelle, haute d'environ 0»',50, à tige dressée, portant des feuilles pennées; ses fleurs sont petites et blanches, groupées en ombelles à rayons nombreux; les fruits ovales, oblongs, comprimés latéralement, à dix côtes filiformes ou membraneuses, renferment deux graines semiglobuleuses. Cette- espèce habite la France et le midi de l'Europe; on la trbuve surtout dans les vignes, les moissons, les champs stériles, etc. Elle est peu cultivée; il lui faut une terre légère et une exposition chaude; on sème ses graines sur place, aussitôt après leur maturité ou au plus tard au printemps suivant ; il est rare qu'on repique les jeunes plants. On emploie en médecine ses fruits, qu'on récolte à leur maturité, mais avant la séparation des carpelles; on les fait sécher à l'ombre, dans un endroit sec et k une température modérée, sans quoi ils perdraient plus ou moins de leurs propriétés. Ils renferment une huile essentielle assez abondante, accompagnée d'une matière résineuse â<'i°e. Ces fruits sont très-petits et ressemblent à ceux du persil ; quand ou les froisse, ils exhalent une odeur d'uche et de térébenthine; leur saveur est acre, auière et aromatique. On les regarde comme carniinatifs et stomachiques ; ils font partie des quatre semences chaudes mineures et entrent dans la composition de la théiïaque. On les a vantés contre la leucorrhée et la stérilité des femmes. Leurs propriétés présentent d'ailleurs des variations, suivant les lieux de provenance.
SISOR s. m. (si-zor). Ichthyol. Genre de poissons malacoptérygiens, de la famille des siluroïdes, dont l'espèce type vit dans les rivières du Bengale : Quant à ses affinités, le sisoa tient aux asprèdes et aux ioricaires. (G. Bibron.)
S1SSA, bourg du royaume d'Italie, province de Panne, district de Borgo-San-Dontiino, mandement de San - Secundo - Parmense ; 4,807 hab.
SISSEK, la Siscia des Romains, bourg de l'empire d'Autriche, dans la Croatie, au confluent de la Save et de la Kulpa, à 53 kilom. S.-E. d'Agrain; 2,107 hab.
SISSERSK.ITE s. f. (si-sèr-ski-te — du nom de la petite ville de Sissersk, dans la Russie ouralienne). Miner. Substance métallique d'un gris de plomb ou d'acier, ainsi appelée par Haidinger, du nom d'un des principaux endroits ou on la trouve, et qui, après avoir d'abord été considérée Comme une espèce particulière, a été ensuite reconnue être une simple variété d'iridosmine ou d'osmium iridifere.
SISSONE s. f. (si-so-ne — deStMoime, nom de l'inventeur). Chorégr. Pas de sissone, Pas qui s'exécute en pliant.la jambe gauche, ouvrant la droite et croisant celle-ci devant la gauche à la troisième position. I! Ou dit par corruption pas de si-sol.
S1SSONNE, bourg de France (Aisne), ch.-l. de cant., arrond. et à 20 kilom. E. de Laon, près des sources de la rivière de la Souche ; pop. aggl., 1,180 hab. — pop. tût., 1,430 hab. Fabrication de toiles de chanvre; épuration d'huile. Ce bourg1 avait jadis le litre da comté.
SISSOUS DE VALU IRE, avocat du roi au bailliage de Troyes, né dans cette ville vers 1740, mort en 1819. 11 est l'auteur d'un ouvrage intitulé : Dieu et l'homme, par M. de Valmire (Amsterdam, 1771, in-12), ouvrage qui fut saisi par la censure et qu'il ne faut pas confondre av<»c l'ouvrage intitulé : Dieu et les hommes, œuvre thëoloyique, mais raisonnable, par le docteur Obéra, traduit par Jacques Aimon (Berlin, 1769), ouvrage écrit en réalité par Voltaire et brûlé par arrêt du parlement en 17C9. Sissous a envoyé son ouvrage à Voltaire, qui l'en remercia daus sa lettre du 27 décembre 1771.
S1STERON , ville de France (Basses-Alpes), ch.-l. .d'arrond., k 40 kilom. de Digne, à 704 kilom. de Paris, située au confluent, du Buechetde laDurance ; pop. aggl.,3,S-i4 hab. — pop. tôt., 4,575 hab. L'arrondissement comprend 5 cantons, 49 Communes et 22,514 hab. Tribunal de l'oinstanee; collège communal; bibliothèque publique ; papeteries, filature de cocons, minoteries ; commerce de fer, grains, vins et eaux-de-vie. La ville de Sisterou, bâtie sur la pente d'un rocher dont la citadelle couronne pittoresquement le sommet, commande le passage de la Provence au Dauphitié. Ses rues sont eu général montueuses et irrêgulières ; mais les tours démantelées de ses antiques murailles sont d'un aspect des plus pittoresques. Indépendamment de ces tours, on remarque à Sisterou : l'église Notre- Dame, édifice du xio siècle; les ruines du monastère de Notre- Uaine-de-Chardavon ; l'église de Saint-Dominique , située dans le faubourg ne La Baume; la vieille citadelle dont nous avons parlé, une belle promenade, enfin un pont jeté sur la Durante et rehaut la ville au faubourg de La Baume. L'entrée du pont est formée par les voûtes d'une forte tour construite par les comtes de Provence pour la
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garde de ville. On trouve également à Sisteron quelques traces de la domination romaine, et des fouilles récentes ont anené la découverte dequelques débris archéologiques. Un musée d'antiquités vient d'y être fondé. — Histnire. I) est fait mention de SKteron (Seyuslero on Secnstero) dans {'Itinéraire d'Aiitonin et dans la Table theodosienne. La notice des provinces de laGnule re ateégnlement cette ville sous le nom de Civiias Segestereorum »,t la place dans la seconde Nurbonnaise. Mais on ne saurait préciser da quel peuple elle dut être Ja capitale. Les Romains en avaient fuit un municipe. Quelques écrivains appellent Sisteron Sex terrs , parce que cette ville se trouvait sur la limite des six provinces formant le pays des Vocojtfiï. Il est probable que c'est là la véritable étymologie de son nom actuel. Elle fut tour à i tour pillée par les Huns et par les Vandales. Au vo siècle, elle était au pouvoir des Bour- 1 guignons, qui s'en étaient emparés sur les Wij sigoths, et, dès le vi« siècle, elle formait . le siège d'un évèohé suffragant d'Aix. Charleinagne ou Louis le Débonnaire fit sans I doute de Sisteron le chef-lieu d'un comté ; car 1 on trouve fréquemment mention du comté de Sisteron dans les chartes de l'époque, et notamment en 879. Jusqu'en 1053, le comté de I Sisteron parai; avoir été gouverné par des vicomtes dont l'histoire ne nous a pas coni serve les noms. Il dépendit ensuite des comtes d'Arles, Guillaume et Geoffroy. Plus tard, i les marquis de la Provence occidentale, comtes d'Avignon, chassés de leur capitale par les comtes de Toulouse, résolurent de s'éta- , blir à Sisteron. Us s'en emparèrent en effet, [ et on les en trouve seigneurs sous le nom de comtes de Forcalquier dès les premières »n- I nées du xne siècle. Le comté de Sisteron dei meura dans cette maison jusqu'en 1193, épo- ! que où, par suite du mariage d'Alphonse d A-
■ ragon et de Gersende, pente-fille du comte Guillaume II, il fut annexé au domaine des comtes de Provence. La ville n'en continuait
[ pas moins â avoir sa libre administration mul nicipale et ses privilèges, qu'un èdit de 1212 ! vint encore définitivement conserver. En 1 1559, le chef du calvinisme en Provence, Paul de Mauvaux, harcelé par les paysans ; catholiques, dut battre en retraite et fut réduit à se retrancher aux environs de Sisteron, où il consentit à traiter. Trois uns plus ! tard, Lesdiguières et le baron des Adrets se j jetèrent dans Sisteron que le comte de Soini merive, gouverneur de Provence, assiégea ! sans succès; mais, peu d9 temps après, les femmes de Sisteron ayant massacré ^n lieutenant Bouquenègre, Swninerive revint en force, et cette fois il emporta la place qu'il livra au pillage et à l'incendie. Cette occupation ruina dans la contrée le parti calviniste et décida le baron des Adrets à la retraite (1562). Pendant la Ligue, La Valette, gouverneur de la province au nom du roi, se ' hâta de s'assurer de Sisteron (1587), C'est également à Sisteron que la chambre royale de Manosque chercha un abri contre toute surprise. (Jette chambre refusa l'année suivante une suspension d'armes aux ligueurs. Dans les premières années du xviio siècle, la forteresse de Sisteron reçut un prisonnier illustre, Casimir, fils de Ladi-das VU, roi de Pologne, qui fut plus tard transféré à Vincennes. Avant 1789, Sisteron était un grand gouvernement de place avec état-major, le chef-lieu d'une viguerie, d'une sénéchaussée créée en 1635 et d'une recette particulière. La citadelle de Sisteron passait pour le boulevard de la Provence du côté des Alpes, et on y entretenait une compagnie d'invalides à laquelle l'ordonnance de 1764 réunit celle de Latour-de-Bouc-du-Martigue. Enflu la ville renfermait des couvents de dominicains, augustins, cordeliers, capucins, clarisses, visitandines et ursulines.
Sisteron a vu naître Albert, poète et mathématicien du xmo s.ècle, l'économiste Real et le médecin Deleuze, l'un des premiers et des plus ardents fauteuru du magnétisme.
SIST1MUS HIC TANDEM NOBlS UD1 DE FUIT ORBIS {Nous nous sommes arrêtés ici quand ta terre nous a ninnque). Regnard, notre poète comique, eut dans sa jeunesse la passion des voyages. Apres avoir parcouru l'Italie, il fut pris par îles corsaires, reteni' comme esclave à Alger et racheté seulemen au bout de trois ans. Il vi>ita sueeessivem 'nt la Flandre, la Hollande, le Danemark et la Suède. De là, il se rendit en Laponie avec deux Français, Fercourt et Gorberon. Tous trois s'avancèrent dans le Nord, gravirent la montagne de Metawara,et, ne pouvant aller au delà, ils laissèrent sur un rocher, d'autres disent dans une église, cette inscription com-
; posée par Regnard : .
1 Gallia nos yeuuir, vidil nos Africa; Gangem Hausimus; Europemque oculis lustravimus omiiem ; Casibus et vuriis acti terraque mnrique, Sistimus hic tandem nobis ubi de fuit orbis.
» La France nous a donné uaissance; nous avons vu l'Afrique et bu les eaux du Gange; nous avons parcouru l Europe entière ; après bien des aventures, nous nous soin nés arrêtés ici, où la terre nous a manqué. •
• Comme Claude Froilo avait parcouru dès sa jeunesse le cercle presque entier des connaissances humaines, positives, extérieures ' et licites, force lui fut, k moins de s'arrêter
■ «6i defuit orbis, force lui fut d'aller plus loin
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et de chercher d'autres aliments à l'activité insatiuble du génie humain. »
Victor Hugo.
« Chaque être ne met de bornes à son ambition nue parce qu'il en existe à ses facultés. Tous, l'homme compris, vont jusqu'où ils peuvent; tous, parvenus au terme qui les arrête, écrivent, comme le poète, en accusant leur impui-sanee avec orgueil :
Sfstt'mus Aie tantkm nobis ubi defuit ovbis. » Lacorpaikk.
SISTOVA, SISTOW ou SZ1STOWA, ville forte de la Turquie d'Europe, dans la Bulgarie, sur la rive droite du Danube, dans le sangiac et a 40 kilom. E. de Nieopolîs; 20,000 hab. Fabrication de tissus de coton, tanneries; commerce actif favorisé par la navigation du Danube. Sistova a une enceinte palissadée, précédée d'un fossé ; un château délabré domine la ville, qui ne renferm- aucun édifice remarquable. Le i août 1791, un traité de paix entre l'Autriche et la Turquie fut signé k Sistova.
SISTRE s. m. ( si - stre — lat. sislrum , grec seistron. du verbe seiô, secouer, agiter, proprement répandre, dont la racine est identique k celle du latin sera, semer, irlandais tilim, gothique soian, anglo-saxon satoan, anglais sow, Scandinave sa, soa, ancien allemand sadn, sdhan, lithuanien seti, ancien slave Sieli, sieiatt, etc. Léo Meyer croit retrouver cette racine dans le sanscrit sa, proprement sa, détruire, dont le sens originel serait, suivant lui, jeier, et qu'il considère, avec Benfey, comme une provenance de la racine as, jeter. C'est la toutefois une hypothèse bien hardie, ~et il semble préférable de recourir, avec Bopp, à la racine sait, donner, répandre, d'une l'orme primitive sa. Le sistre était ainsi nomme parce qu'on jouait de cet instrument en l'agitant). Sorte d'instrument égyptien, qui consistait en un- lame métallique recourbée, armée d'un manche, traversée de baguettes mobiles qui retentissaient lorsqu'on agitait l'appareil: II tenait en main le sistre d'Isis. (Volt.)
— Ancien instrument k cordes, dugenre du luth, qui étaitencoreen usage au xvme siècle.
— Moll. Syn.de ricinule.
— Encycl. Dans l'origine, c'est avec l'accompag einent du sistre que se chantaient les plaintes funèbres sur la mort d'Osiris. Le sislre était ovale, fait d'une lame de métal dont la partie supérieure était ornée de trois ligures, savoir : celle d'un chat à face humaine, placée dans le milieu-, la tête d'Iris, placée du côté droit, et celle de Nephtys, placée du côté gauche. Plusieurs verges de métal, terminées par un crochet et passées dans des trous donc la circonférence de l'instrument était percée de côté et d'autre, en traversaient le plus petit diamètre. Le sistre était garni d'une poignée à sa partie inférieure; tout son jeu consistait dans le tintement qu'il rendait par la percussion des verges de métal qui, a chaque secousse, le frappaient à droite ou à gauche. Ou en jouait en le remuant en cadence, et il rendait des sons perçants.
On attribuait l'invention du sistre à Isis, et les prêtres en portaient ordinairement dans les cérémonies. Dei Egyptiens, l'usage de cet instrument passa aux Phéniciens, desquels les Grecs le reçurent. Les Juifs, longtemps habitants de l'Egypte, connaissaient aussi le sistre, et c'esi l'instrument avec lequel les femmes vinrent au-devant de David pour célébrer son triomphe après la mort de Goliath. Après la conquête de l'Egypte par les Romains, les divinités et les usages religieux îles Egyptiens furent importés à Rome, mais avec de singulières altérations. Les initiés romains aux mystères d'Egypte eurent des sistres, qu'ils frappaient à de certaines heures du jour.
Sur quelques-unes des pierres gravées qui se trouvent par milliers dans nos musées, Isis est représentée venant un vase d'une main et le sislre de l'autre. L'usage du sistre dans les mystères d'Isis correspondait à celui de la cymbale dans les mystères do Cybèle; l'un et l'autre servaient à faire du bruit dans les temples pendant les processions. Le sistre, dans lesjnodèles qui nous en restent, est souvent orne d'une Heur de lotus, d'une figure d'animal ou de quelque autre emblème égyptien. La Bibliothèque nationale, le musée égyptien du Louvre possèdent des sistres ou ues fragments de sistres. On en voyait un naguère à la bibliothèque Sainte-Geneviève. Le sistre était l'attiibut particulier de la déesse Hathor, divinité locale du canton des mines de cuivre exploitées dans la presqu île de Sinaî. La tête d'Hathor, ornée d'oreilles de vache, son autre emblème, est une partie presque essentielle de la base du sislre. Cet instrument était aussi le symbole de l'harmonie du monde, et la déesse à tête de chaite, Beset, variante de la déesse Pacht (Bubastis des Grecs), tient souvent un sistre dans la main gauche, Dans les représentations figurées des offrandes faites aux dieux par les souverains, on voit souvent à côté de ceux-ci la reine ou quelque princesse tenant un sistre de chaque main. On suppose que le bruit du sislre était censé devoir effrayer le dieu du
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mat, l'ennemi d'Osiris, Typhon. Les barreaux . du sistre étaient tordus, a-t-on cru, à l'imitation du serpent, qui est le symbole du dieu méchant. Il est certain que souvent leur forme rappelle celle du serpent qui, dans l'alphabet hiéroglyphique, est un des signes de la lettre T. Wilkiuson décrit un trèsbeau sistre du BritisJi Muséum, sur la partie supérieure duquel sont représentés la déesse Pacht, le vautour sacré et antres emblèmes, tandis qu'au-dessous se voit la figure d'une femme tenant elle-même un sistre de chaque main. Berlin possède un très-grossier et trèscurieux modèle de sistre, dont la monture n'est traversée que d'une seule tringle où battent trois anneaux. La forme générale du sistre avec son manche est assez analogue à celle d'une raquette.
Les Egyptiens combattant à Actium, sous le règne de Cléopâtre, se servaient encore du sistre, ce qui n'est pas fa.t pour donner une haute idée de leurs progrès dans l'art de la musique.
Properca parle du sistre dans les termes suivants :
Romanamque tubam crepitanti pcllere sistro. ■ Le sistre essaye en vain d'étouffer la trompette.*
S1SYGAMBIS, mère de Darius, dernier roi de la dynastie persane qui régnait depuis Cyrus. Prisonnière d'Alexandre, elle fut traitée avec de tels égards, qu'à la mort du conquérant macédonien elle témoigna sa reconnaissance envers lui en se laissant mourir de faim.
SISYMBRE s. m. (si-zain-bre — lat. sisymbrium, gr. sisumbrion, espèce de cresson). Bot. (imire de plantes, de la famille des crucifères , type de la tribu des sisymbriées , comprenant plusieurs espèces, qui croissent surtout en Europe et dans l'Asie moyenne : Le sisymbue sagesse est une espèce annuelle commu.te parmi les décombres, sur les murs, le lony des chemins. (P. Duchartre.) Le stsymbrb aux feuilles lancéolées vient dans tous les terrains. (T. de Berneaud.) Ce si- SYMBRB d petites feuilles est' mal nommé. (Bose.)
— Encycl. Ce genre se compose de plantes herbacées ou vivaces, très-rarement frutescentes, a feuilles très-variables de formes. Les fleurs, blanches ou jaunes, généralement disposées en grappes, présentent un calice à quatre sépales; une corolle à quatre pétales entiers et onguiculés; six étamines tétradynames, à filets dépourvus de dents ; un ovaire libre, surmonté d un style court, à stigmate obtus. Le fruit est une silique longue, cylindrique, à vaives droites. Ce genre renferme de nombreuses espèces, qui habitent l'Europe et l'Asie centrale, et dont nous citerons les principales.
Le sisymbre officinal est une plante annuelle, commune eu Europe et qui croît spontanément sur les murs, les toits de chaume, parmi les décembres ou sur le bord des chemins. Elle porte les noms vulgaires de vélar, tortelle ou herbe aux chantres; ce dernier lui vient de ce que son infusion, comme le sirop dont elle est la base, est regardée comme propre a dissiper l'enrouement ot est assez fréquemment employée pour ce motif, Sa tige est droite, roide, rameuse dans le haut et s'élève de om,3 à û">,8, ses feu. Iles sont pétiolces, rudes aoi toucher à cause des poils qui les recouvrent; ses feuilles sont un peu acerbes, sans avoir cependant la saveur acre et piquante qui caractérise la plupart des crucifères. Leur infusion paraît être légèrement tonique. Les fleurs de cette plante sont jaunes et petites.
Le sisymbre sagesse (sisymbrium sophia), espèce annuelle, commune parmi les décombres et sur les murs, porte les noms de science ou sagesse du chirurgien , ou bien de thatictron. Elle est d'une teinte vert pale, due aux poils courts qui la recouvrent. Ses fleurs sont petites, d'un jaune pâle et portées sur des pédicules grêles, assez longs. Le uom de sagesse du chirurgien avait été donné à cette plante k cause des hautes vertus curatives qu ou lui attribuait. Ses feuilles étaient considérées comme astringentes; pilées et déposées sur les plaies, elles les guérissaient rapidement. Les graines étaient, préconisées comme vermifuges et fébrifuges. Aujourd'hui la vogue qui s'était attachée à cette plante a disparu, et elle n'entre plus guère maintenant que dans la médecine populaire.
Les anciens connaissaient le sisymbre. «Les montagnes, dit Pline, abondent le plus souvent en sisymbrium; en Thrace, par exemple, où les eaux y amènent et y replantent les.branches de ces plantes qu'elles transportent des montagnes. La ville de Sicyone tire ces plantes de ses montagnes, et Athènes du mont Hymette. Le plus vigoureux naît dans les parois des puits et aux environs des piseineset des étangs. (Pline, liv. XVIII, ch. vin). Plus loin le même auteur dit : a Le sisymbrium sauvage, appelé thybrium par quelques personnes, n'atteint pas plus u'un pied de hauteur; il est efficace contre les piqûres des insectes. 11 calme les douleurs de tête, il enlève les taches de rousseur, et, pour faire disparaître les rugosités de la peau, les femmes l'appliquent sur leur figure pendant quatre nuits de suite, en ayant soin de l'ôter pendant le jour. » Lorsqu'on mange le sisymbrium cuit ou qu'on en boit le jus, il arrête les vomissements, le cours de ventre, les tran-
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chées et le hoquet. Les femmes grosses dotvent s'en abstenir; car l'application seule de cette plante sur le ventre produit un accouchement prématuré. Bu avec du vin, le sisymbre est diurétique. Il brise les calculs urinaires et empêche de dormir. Dioscnride décrit aussi deux espèces de sisymbrium. «Il croît, dit-il, dans les lieux incultes; on en fait des couronnes et des bouquets. Le sisymbrium est échjuiffant; on applique ses feuilles sur le front et les tempes des personnes qui souffrent de. la tête.» Dioseoride, on le voit, n'a fait que copier Pline, qui lui-même avait emprunté la pins grande partie de sa description k Théophraste.
SISYMBRIÉ, ÉE adj. (si zainbri-é — rad. sisymbre). Bot. Qui ressemble ou qui se rapporte au sisymbre.
— s. f. pi. Tribu de la famille des crucifères, ayant pour type le genre sisymbre.
SISYPHE s. m, (si-zi-fe — nom mythol.). Homme voué à un travail pénible et toujours renouvelé.
— Entom. Genre d'insectes coléoptères pen tanières, de la famille des lamellicornes, tribu des scarabées coprophages, comprenant une quinzaine d'espèces, répandues dans les deux continents, et surtout en Afrique.
— Arachn. Genre d'arachnides, formé aux dépens des scorpions.
— Encycl. Entom. Les sisyphes ont pour caractères : un corps court, épais, convexe en dessus; la tête arrondie, un peu prolongée en arrière ; les yeux peu apparents ; les mandibules et le labre membraneux; le corselet bombé, échancré en avant; l'abdomen presque triungulaire, court, épais ; les élytres triangulaires, recouvrant les ailes; les pattes velues, les pattes postérieures très-longues. Ces insectes, par les caractères comme par les mœurs, se rapprochent beaucoup des ateuques. Ils forment des boules avec les matières exerèmentitieltes, y déposent un œuf et enfouissent le tout dans un trou qu'ils ont creusé en terre. Ce genre comprend une douzaine d'espèces, dont la majeure partie est propre aux contrées chaud-ss de l'ancien continent. Le sisyphe de Svlrserlér est noir, long de près de O^.Ol ; c'est le seul qui habite les environs de Paris ; on le trouve dans les lieux secs et exposés au midi.
SISYPHE, personnage mythologique, qui a donne naissance aux traditions les plus diverses. Suivant Homère, il était fils d'Eole et d'Enarète. Son frère Salmonée l'ayant frustré de sa part du royaume paternel , Sisyphe l'en punit en séduisant sa fille Tyrô. 11 épousa l'Atlantide Merope, dont il eut quatre rils : Glaucus, Porphyriou, Thersandre et Halmus. Quelques mythographes le font également père u'Ulysse, qu'il aurait eu d'Anti.lée. fille d Autolyous et fiancée de LuSrte. Homère le représente comme le plus s.vge et le plus prudent des mortels ; mais tous les autres poëtes de l'antiquité s'accordent a le peindre comme voleur, rusé, impie et avide de gain. Ce fut lui, suivant quelques auteurs, qui bâtit la ville de Corinthe, ou plutôt il en hérita de Créon. Jupiter ayant enlevé Egine, fille du fleuve Asopus, Sisyphe révéla k celui-ci le nom du ravisseur, à la-condition qu'Asopus fournirait l'eau dont manquait Sa citadelle de Corinthe. Ce frit, dit-on, Sisyphe qui institua les jeux Isthmiques en l'honneur d'Ino et en i mémoire de lui-inème. Pour rançonner plus , sûrement et plus impunément ies voyageurs, | il fortifia l'isthme et le ferma par une solide muraille. Mais ayant eu la témérité d'envahir le territoire de Thésée, le héros mit fin k ses brigandages en le tuant de sa propre main. C'est alors que, précipité dans les enfers en ' punition de ses crimes, il fut condamné au supplice qui a fait sa célébrité, et qui consistait à rouler incessamment un énorme rocher jusqu'au sommet d'une montagne, d'où il retombait aussitôt, malgré tous les efforts de Sisyphe, qui devait sur-le-champ et sans ! relâche recommencer ce travail. Peut-être ce rocher qu'on lui fait rouler incessamment n'est-il que l'emblème d'un prince ambitieux, qui roula longtemps dans sa tête des desseins toujours non exécutés. Les mythographes ne s'accordent pas non plus sur les causes de ce singulier châtiment; nous venons dédire que Sisyphe le dut k ses brigandages et à ses crimes; quelques-uns pensent que ce fut pour avoir révélé les amours de Jupiter et d'Kgine; d'autres, pour avoir enchaîné la Mort, que Jupiter lui avait envoyée, de sorte que personne ne mourait plus et que les dieux durent envoyer Mars sur la terre pour délivrer sa terrible compagne ; enfin, certains prétendent que Sisyphe fut ainsi puni d'avoir séduit, par vengeance, sa nièce Tyrô, dont il eut deux fils, Pélias et Nélée. Mais la raison la plus singulière est celle que donne NoSi Le Comte, d'après Démétrius , l'ancien commentateur de Piudare sur les Olympiques : ■ Sisyphe étant près de mourir, dit-il, ordonna k sa femme de jeter son corps au milieu de la place, sans sépulture; ce qu'elle exécuta ponctuellement. Sisyphe, l'ayant appris dans les enfers, trouva furt mauvais que sa femme eût obéi si fiaèlement k un ordre qu'il ne lui avait donné qu afin d'éprouver son amour pour lui. Il demanda à Pluton la permission de retourner sur la terre, uniquement pour châtier sa femme de sa dureté. Maisquand ileut de nouveau respiré l'air de ce monde, il ne voulut plus retourner en l'autre,
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jusqu'il ce<m'&prè3 bien des années Mercure, en exécution d'un arrêt des dieux, le saisit au collet et le ramena de force aux enfers, où il fut puni pour avoir manqué à la parole qu'il avait donnée à Pluton. »
Homère a énergiquement dépeint le supplice de Sisyphe aux enfers : • Il avait dans ses mains, dit le poète, un gros rocher qu'il tâchait de pousser vers le sommet d'une montagne en se roidissant sur ses pieds ; mais lorsqu'il était parvenu jusqu'à la cime, une force supérieure repoussait le rocher, qui retombait en roulant jusque dans la plaine. Ce malheureux le reprenait sur l'heure et recommençait son travail ; des torrents de sueur coulaient de tousses membres, et autour de sa tête s'élevaient des tourbillons do poussière. » (Odyssée.)
Les poëtes, après Homère, ont souvent dépeint, ou du moins mentionné le supplice fameux de Sisyphe : .
Près d'atteindre au sommet qu'il brille de toucher, Sisyphe, que repousse un mont inexorable, Retombe et tout ft coup roule avec son rocher.
LeBSUH.
S'il me présente ce coupable
Qui, dans l'empire ténébreux,
Roule une pierre épouvantable
Jusqu'au sommet d'un mont «ffreus;
Ses genoux tremblants qui fléchissent,
Ses bras nerveux qui se raidissent
Me font pour lui pâlir d'effroi ;
Le malheureux enfin succombe.
Et de la roche qui retombe
Le bruit résonne jusqu'à moi.
L. Racine^ Nous avons dit plus haut que Sisyphe devait sans cesse recommencer sa îache ; les poëtes mentionnent cependant une circonstance où il éprouva un moment de répit : Ce fut lorsque Orphée, descendu aux enfers pour y chercher Eurydice, sembla enchanter le noir séjour des morts aux accords de sa lyre. Virgile, dans son admirable épisode d'Aristée (Géorgiques, livre IV), mentionne le même phénomène, le même charme produit par les chants d'Orphée, mais sans rappeler le souvenir de Sisyphe, bien qu'il décrive des effets identiques.
Le sens du supplice infligé à Sisyphe échappe à la critique moderne; on ne saisit pas le rapport qui dut exister entre le crime et le châtiment. Kt cependant cette corrélation devait évidemment exister pour les anciens, si amis de l'allégorie. C'est ainsi qu'ils nous représentent Tliesée, l'intrépide coureur d'aventures, condamné pour ses méfaits a rester éternellement immobile :
... Scdct, œtemumque sedeltit
Infelix Thes&us.
Quoi qu il en soit, le rocher de Sisyphe est resté légendaire, et il u passé dans toutes les littératures pour y caractériser métaphoriquement un tâche ardue, un but qu'on poursuit sans l'atteindre, et qui exige chaque jour de nouveaux efforis, un labeur écrasant qu'il faut recommencer sans cesse et toujours inutilement :
« Vous n'ignorez pas, dis-je à M. Bourdillon, qu'un roi est comme un tisserand continuellement occupé à reprendre les fils de sa toile qui se cassent; ou, si vous l'aimez mieux, comme Sisyphe, gui portait toujours son ro~ cher en haut de fa montagne et qui le voyait retomber; ou enfin comme Hercule avec les têtes renaissantes de l'hydre. »
Voltaire.
• Si l'Académie consultait les glossaires patois pour le travail de son fameux Diction^ naire historique, la langue française se trouverait tout à coup restaurée ; ce serait un monument simple et grandiose, dont chacun pourrait mesurer l'intérieur et examiner toutes les assises. Cela durerait, au moins I On n'aurait pas à reprendre le temple en sous-œuvre tous les vingt ou trente ans, et l'Académie cesserait de rouler son rocher de Sisyphe , toujours soulevé et retombant toujours ; le Dictionnaire!... »