‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 14Chapitre 457 sur 1059 · SIZE · texte numérisé non relu

SIZE

Thsang dans les lieux où il introduit son lecteur, H ne lui fait grâce ni de la construction des villages, des" villes et des maisons, ni même de la description des meubles, tels que lits, siégea, ornements intérieurs et extérieurs. On voit par là avec quelle minutie et quelle conscience il a regardé tout ce qui lui est tombé sous les yeux. Il passe égalementen revue tous les livres dont se servent les Indous et qui contiennent pour eux la loi suprême, tels que les Védas, Après quoi, il s'étend avec complaisance sur le bouddhisme et le3 dixhuit sectes qui le divisent. Il expose que les livres du Bouddha sont partagés en douze collections, et que le respect rendu aux docteurs de la loi est en proportion des livres qu'ils ont lus et qu'ils sont capables de commenter. Il n'est pas aussi complet quand il arrive aux castes de l'Inde; il n'en connaît que quatre, ou plutôt il trouve trop long d'é'numérer les classes mixtes et intermédiaires qui résultent des alliances diverses des quatre principales classes entre elles. 11 passe en revue avec un scrupule qui ne se dément point les différentes parties du gouvernement et de l'administration, ^telles que l'armée, la justice, etc. Il admire naïvement les épreuves judiciaires auxquelles l'Inde soumettait les accusés, ainsi que l'Europe barbare du moyen âge.

Notre pèlerin complète son récit en relatant les fables et croyances des peuples qu'il a visités. Nous ne le suivrons pas dans cette voie, où il nous conduirait trop loin, et nous nous contenterons de dire que les passages où figurent ces récits contiennent souvent des détails intéressants.

SIZAIN s. m. (si-zain). Ornith. Nom vulgaire d'un chardonneret dont la queue n'a que six pennes dont le bout est blanc.

SIZE s. f. (si-ze). Techn. Instrument servant à peser les perles fines.

S1ZEBOL1, i'ancienne Apollonie, ville de la Turquie d'Europe, dans la Rouraêlie, pachaliketàlBO kilom. N.-E. d'Audrinople, sur la mer Noire, à l'entrée méridionale du golfe de Bouigus, où elle a une bonne rade; 2,700 hab. Elle est habitée en grande partie par des Grecs, dont le principal commerce est celui des vins et du bois. Sizeboli fut prise en 1829 par les Russes, qui la rendirent à la paix. On y voit quelques ruines de l'ancienne Apollonie.

SIZERIN s. m. (si-ze-rain — nom onomat. du chant de l'oiseau). Ornith. Genre de passereaux, de la famille des fringillidées, formé aux dépens des linottes, et connu sous le nom vulgaire de cabaret : Le sizerin est un oiseau de passage. (V. de Bomare.)

— Encycl. Le sizerin ou cabaret est à peu près de la taille do la linotte ; sa longueur totale ne dépasse pas 0m,i5. Il a les parties supérieures du plumage d'un roux brun, avec de petites taches noires ; le haut de la tête cramoisi foncé ; les côtés de la gorge et du ventre, ainsi que la poitrine, d'un cramoisi plus clair ; la gorge noire ; des taches de cette couleur sur les flancs ; le ventre blanc rosé ; les ailes et la queue noirâtres; le croupion cramoisi. La femelle est variée de roux et de brun et a peu de rouge. Cet oiseau est répandu dans toute l'Europe; il est de passage en France; il s'avance très-loin vers les contrées du nord, où il niche. Il arrive vers le mois de novembre dans les régions méridionales; mais ses migrations ne sont pas régulières. D'une apparition à l'autre, il s'écoule ordinairement trois ou quatre, et jusqu'à six ou sept ans. 11 voyage par troupes composées de six à douze individus au moins, et souvent plus nombreuses. D'après Linné, il se plaît dans les lieux humides plantés d'aunes. Il est certain que le sizerin préfère les bois aux champs découverts. Il se perche sur les arbres les plus élevés, parcourt toutes les branches avec une extrême vitesse, grimpe jusqu'à la cime et aime, comme les mésanges, à se balancer à l'extrémité des petits rameaux. A l'approche des beaux jours, souvent dès le mois de février, il se retire vers des climats plus tempérés, et de là dans le Nord. L'irrégularité de ses passages fait supposer que le sizerin n'arrive en France que lorsqu'une température extraordinaire, une disette inattendue ou un vent constamment contraire le forcent à quitter sa route habituelle. Peu méfiant, il se prend aisément aux piégea, s'apprivoise facilement, vit en cage, se nourrit de petites graines et devient trèsfamilier. Il engraisse beaucoup en automne et fait alors un gibier très-estimé.

SIZETTE s. f. (si-zè-te — rad. six). Jeu de eartes et de calcul, qui est surtout usité dans les départements de l'Ouest : La sizettb est principalement un jeu de personnes âgées; elle exige beaucoup de calme et d'attention.

— Encycl. La sizeile se joue avec un jeu de trente-six cartes dont le roi est la plus haute et le six la plus basse, et chaque joueur y reçoit six cartes. Les six joueurs sont associes trois contre trois ; mais ils sont placés alternativement, c'est-à-dire qu'il ne se trouve pas l'un près de l'autre deux joueurs du même parti. De plus, les joueurs de chaque groupe obéissent à l'un d'eux, qui porte le titre de gouverneur. La donne est un avantage : elle se tire à la plus haute carte. Le donneur distribue les cartes en deux fois, par trois et trois, puis il retourne la dernière, la-

SJŒB

quelle indique la couleur de l'atout et lui appartient nécessairement. Alors le gouverneur du parti qui est premier à jouer demande à ses associés quelle est la composition de leur jeu; après quoi, suivant la réponse qu'il a reçue, il fait jouer le premier en cartes par telle carte que bon lui semble. Le gouverneur du parti opposé interroge de la même manière les joueurs qui lui obéissent et désigne aussi la carte à jeter pour couvrir la précédente. On doit toujours fourrùr de la couleur demandée; si l'on n'en a pas, on est libre de couper ou de renoncer. La partie, qui se nomme le jeu, est gagnoe par le parti qui fait le plus tôt trois levées; elle se paye double quand on fait la vole, c'est-à-dire les six levées.

SIZUN, bourg de France (Finistère), ch.-l. de cant., arrond. et à 32 kilom. S.-O. de Morlaix ; pop. aggl., 641 hab. — pop. tôt., 3,875 hab. Elève de moutons; minoteries; fabrication de toiles.

SJ^LLAND, nom danois de l'île de Seei,and.

SJŒBERG (Eric), plus connu sous le pseudonyme de Vitalis, poëte suédois, né en 1794, mort à Stockholm en 1828. Fils d'un pauvre paysan de Sudermanie, il manifesta dès son enfance un tel penchant pour l'étude que, sur ja recommandation de l'instituteur de Trosa, il fut admis gratuitement au gymnase de Strengnœss, ville épiscopale de Westmanland, d'où il sortit en 18U pour entrer à l'université d'Upsal. Le capital que le jeune étudiant apportait à Upsal montait à soixantehuit francs, prix des leçons qu'il avait données à un de ses condisciples plus jeune que lui. C'était toute sa fortune; il avait passé bien du temps à l'acquérir. Il espérait que l'habitude de lutter contre la détresse ie soutiendrait à travers la vie. Mais il n'avait pas calculé les souffrances secrètes que l'humiliation, l'ambition, le désir de la gloire, le sentiment d'une position inférieure à son mérite devaient lui faire subir.

La méthode de l'enseignement mutuel, usitée en Suède, remonte à une époque fort éloignée. Tous ies collèges de ce pays pourraient avoir pour épigraphe : Docendo discimus,t Instruire les autres, c'est apprendre. • Sjœberg fut professeur en même temps qu'étudiant à l'université d'Upsal, mais il mécontenta les professeurs en ne se conformant pas strictement à la lettre de leurs enseignements, et l'hostilité de ces pédagogues influa sur sa vie entière. Choisi par plusieurs familles nobles comme répétiteur des enfants qu'elles avaient envoyés à l'université d'Upsal, il restadans cette ville, depuis le commencement de ses études jusqu'à la fin de sa vie, enchaîné à ce travail précaire, qui lui rapportait à peu près 120 francs par an, le logement et la nourriture. Plusieurs poômei qu'il inséra, en 1818, dans un unnuaire, et qu'il signa du pseudonyme de Vitalis, annoncèrent l'apparition d'un nouveau talent ; une mélancolie profonde et douce, de l'accent intime, une sensibilité vive, caractérisaient ces premiers essais. L'année suivante, une collection de poésies qu'il publia obtint le plus grand succès; quelques satires poignantes S y mêlaient à de douloureuses rêveries.

En 1822, le prince royal Oscar, duc de Sudermanie, vint visiter l'université d'Upsal; Sjœberg lui offrit le volume de ses poésies, et le prince, étonné de leur mérite, assura à leur auteur une pension d'environ 500 francs. Avec cette somme, le poste pouvait jouir d'un calme qu'il n'avait jamais goûté ; quel-

3ues poèmes pleins de grâce et de charme atent de cette époque paisible, le seul heureux temps de toute sa vie. Mais cette situation ne tarda pas à changer. Sjœberg, s 'étant refusé à faire certains panégyriques officiels qu'on voulait lui imposer, fut privé de sa pension et retomba dans l'indigence. Un nouveau recueil poétique qu'il publia fut dédié par lui à quelqu'un qui n a jamais donné ni retiré de pension : à la lune. Cette dédicace est un morceau fort original, empreint d'un humour qui rappelle Burns, le poëte écossais, paysan comme Vitalis. Les six dernières années de la vie du poëte ne furent plus qu'une longue lutte contre le malheur. Une fièvre lente le consuma et lui arracha jusqu'à sa dernière consolation, la faculté d'étudier. Quelques traductions de l'anglais et le produit des leçons qu'il donnait l'aidèrent à traîner misérablement ses jours. Il mourut à l'hôpital comme Otway et comme Hégésippe Moreau. « Dans les circonstances où se trouvait Sjœberg, a dit son biographe Geyer, autre po&te remarquable de la Suède, renoncer à ce qui peut assurer le bien-être de l'existence plutôt que de prostituer l'indépendance de son esprit, mourir de faim plutôt que d'écrire une dédicace , c'est sans doute une folie, mais une folie magnanime et dont peu d'hommes sont capables. » Comme poëte, il mérite une place distinguée dans la littérature du Nord. En dehors des deux écoles, l'une attachée à Boileau et à Racine, l'autre plongée dans les ténèbres du mysticisme allemand, qui remplissaient alors les journaux de leurs querelles, Sjœberg eut une originalité bien rare à son époque. Tantôt une verve amère et irritée, née du sentiment de l'injustice; tantôt des élans de gaieté brillante, des éclairs d'esprit éblouissants; souvent un sentiment religieux et profond, une sorte de recueillement pieux.

SKAtt

à l'aspect des merveilles de la nature et des destinées humaines, une méditation tendre et triste sur les mystères de la vie à venir, tels sont les principaux traits de son talent; il est à la fois lyrique et satirique, comme J.-B. Rousseau et comme Henri Heine. Ses Poésies complètes ont été publiées par Geyer (Stockholm, 1828, in-8°).

SJOf.GREN (André-Jean), historien et philologue finlandais, né dans la paroisse d'Ithis en 1794, morten 1855. Il étudia d abord, àl'université d'Abo, l'histoire, la philologie classique et les langues orientales; mais, à. partir de 1818, il s'occupa plus spécialement de la langue et de l'histoire de la Finlande, sur lesquelles son attention avait été attirée par le célèbre Ra^k (v. ce nom). En 1819, il se rendit à Saint-Pétersbourg, où, après avoir été précepteur pendant plusieurs années, il devint, en 1823, bibliothécaire du comte RomanzotF. En 1824, il entreprit à travers la Finlande et la Russie méridionale un grand voyage scientifique, qui dura jusqu'en 1829, et l'ut nommé, à son retour, membre adjoint de l'Académie de Saint-Pétersbourg, où il obtint, en 1832, le titre d'académicien extraordinaire, et, l'année suivante, l'emploi de conservateur de la deuxième division de la bibliothèque. Outre un travail remarquable :Sur la langue et la littérature finlandaifes (Saint-Pétersbourg, 182n), et des Remarques sur les paroisses du Kemi- Lappmark (Helsingfors, 1828), il avait déjà publié à cette époque un grand nombre d'études, historiques pour la plupart, dans les Mémoires de l'Académie, dont il fut jusqu'à sa mort l'un des collaborateurs les plus actifs. A la suite d'une maladie qui lui lit perdre l'œil droit, il dut se démettre de ses fonctions de bibliothécaire, et il exécuta alors, dans l'intérêt de sa santé, un voyage aux sources minérales du Caucase. Il séjourna trois ans dans cette région et s'y appliqua à l'étude des langues tartare, turque, persane, arménienne, géorgienne, tcherkesse et ossète. En décembre 1844, il fut nommé membre ordinaire de l'Académie pour la philologie et l'ethnographie des peuples finnois et caucasiques, et, deux mois plus tard, dovint directeur du musée ethnographique de l'Académie. Il fit encore en 1846 et en 1852, dans la Livonie et la C'ourlande, deux excursions pendant lesquelles il recueillit une foule de documents relatifs à l'histoire primitive des Livoniens et des Kreevinges. 11 avait encore édité une Grammaire avec vocabulaire de ta langue ossète (Saint-Pétersbourg, 1844, in-40), qui peut passer pour un modèle des ouvrages de ce genre, La structure complète de cette langue, dont la littérature ne comptait encore que cinq livres imprimés, y est exposée avec un soin et une minutie de détails qui ne laissent rien à faire à un observateur postérieur; il ne s'y est pas cependant servi de l'alphabet employé dans les cinq livres dont nous venons de parler, mais il en a inventé un nouveau, le même, sauf quelques additions de caractères, que l'alphabet russe. Il laissait en manuscrit un grand nombre de travaux qui furent publiés par les soins de l'Académie dans le recueil complet de ses œuvres. Le premier volume de ce recueil renferme ses Dissertations historiques et ethnographigues sur l'Europe finnoise et russe (Sutnt-Péiei'sbourg, 1861), et le second sa Grammaire et son Dictionnaire de ta langue iiuonienne (Saint-Pétersbourg, 1861, 2 parties la-*"). Citons encore, parmi les autres écrits du même auteur': Sur la population finnoise du gouvernement de Saint-Pétersbourg (Saint-Pétersbourg, 1833, in-4°); Sur te ltunumo ou llunerne de Tiim Magnusen (Saint-Pétersbourg, 1842) et une étude posthume Sur les Jalwœyes, publiée en 1S58 dans les Mémoires do l'Académie.

SKADE, déesse Scandinave, épouse de Niord et îueru de Freya et de Frey. Elle préside à la chasse et préfère le séjour des montagnes aux rivages de la mer. Nioid passe avec elle neuf nuits sur uotrze, dans les montagnes; en revanche, Skade en passe trois avec lui sur les bords de la mer. Les ases avaient tué son père, le géant Thyasse; comme elle s'arma pour venger ce crime, les dieux refusèrent de combattre avec elle, mais iis lui donnèrent Niord comme époux, et Odin plaça les yeux de Thyasse parmi les étoi.es du firmament. Un des chants de ï'Edda, la ileimskringia, raconte qu'après avoir été abandonnée par Niord elle fut accueillie par Odin, qui eut d'elle plusieurs enfants, et parmi eux un fils nommé Seming.

SKAGEN, le Cimbrorum promontorium des anciens, cap du Danemark, formant l'extrémité septentrionale du Jutlanil, entre le Uattégat et le Skager-Rack, par 5T« 43r de latit. N. et 8» 16' de ïongil E. Ce cap, qui porte un phare à feux fixes, est entouré de rochers et d'écueils dangereux.

SKAGEiN, petit bourg danois, situé sur la langue de terre qui forme le cap du même nom; 1,500 hab. Petit port ensablé et accessible seulement aux petits navires.

SKAGERN, lac de Suède, sur les limites des préfectures de Mariestadt et d'Orebro, à l'E. du lac Wener, avec lequel il communique par un petit canal; il mesure environ 32 kilorn. du N. au S., et 18 kilom. de l'E. à l'O.

SKAGER-RACK, détroit formé par la mer du Nord, entre la presqu'île danoise du Jutlaud et la côte méridionale de la Norvège,

SKAR

unissant le Cattégat à la mer du Nord. Ce détroit, nommé aussi canal du Jutland, et Sleve (Manche) par les Anglais, mesure environ 300 kilom. du N.-E. au S.-O., et 110 kilom. dans sa moindre largeur; il forme au N.-O. le golfe de Christiania. Les eaux du Skager-Rack sont très-houleuses et ne gèlent jamnis.

BKALDE s. m. Barde scandinave.V. scalde,

SKALHOLT ou RE1NKIR1K, ville d'Islande, au S.-O., sur la petite rivière d'Hvita.à 65 kilom. E. de Reikiavik. C'était autrefois le chef-lieu de l'Ile.

Shnihoii SnEa , nom d'un fameux manuscrit islandais. Dans l'église de Skalholt, village ancien d'Islande, un Anglais, Philippe Marsh, trouva en 1863 un manuscrit latin de 1117; l'église elle-même avait été fondée un demi-siècle auparavant (1057?) par l'évêque Isleif. C'est ce précieux document qui porte le nom de Skalholt-Saga ; c'est une sorte de chronique plus ou moins exacte, racontant les grandes aventures des Islandais et surtout d'un chef nommé Hervador, dans des pays assez éloignés les uns des autres et mal définis, comme on peut s'y attendre de la part des géographes du xnc siècle. Il y est question en particulier de voyages dans le pays du vin, dans des régions tout à fait septentrionales, et enfin dans un pays arrosé de fleuves immenses, pays où, d'après diverses indications, sir Thomas Murray crut reconnaître l'Amérique du Nord. Si cette conjecture est exacte, les Islandais auraient connu avant Colomb le nouveau continent et même habité les Etats-Unis.

SKALITZ, en hongrois Szokolcza, ville de l'empire d'Autriche, dans la Hongrie, comitat et à 100 kilom. N.-O. de Neitra, sur une éminence, près de la rive gauche de la March. 7,000 hab. presque tous Slovaques. Fabrication de draps et de lainages; carrières de marbre rouge.

SKARA, ville de Suède, dans la préfecture et à 45 kilom. S.-O. de Mariestadt ; 4,000 hab. Evéché, gymnase, école vétérinaire, jardin botanique.

SKARABORG, lan ou préfecture de Suède.

Page 1