‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 14Chapitre 459 sur 1059 · V. PATINS · texte numérisé non relu

V. PATINS

SKIELN1KE s. m. (ski-èl-ni-ke). Hist.

relig. Membre d'une secte religieuse russe.

— Encycl. La secte des skietnikes est trèsnombreuse parmi les Cosaques du Don. Ella doit sou nom bizarre à une de ses coutumes, strictement observée, qui consiste à regarder par une fente que traverse un rayon de lumière pendant tout le temps des prières. Les skietnikes rejettent les images sculptées/ Ils n'ont pas d'églises et prétendent que la divinité ne s'emprisonne pas dans une maison bâtie par l'homme, mais qu'elle est partout. Ils font usage du texte revisé des Ecritures et se distinguent en cela de toutes les autres sectes dissidentes de l'Eglise russe.

SK1EN, ville de Norvège. V. Skken.

SK1EHJYIEW! CE, petite ville de la Russie d'Europe, dans le gouvernement de Varsovie,

SKIY

district et & 12 kilom. N. de Rawa; £,300 hab. Fabrication de draps ; commerce de bestiaux.

SKIFF s. m. (skiff — forme anglaise du mot esquif). Navig. fluv. Très-long bateau, excessivement étroit et léger, très-peu profond, couvert, en guise de pont, d'une toile imperméable, et monté par un seul rameur : Le skiff est pointu des deux bout»; il a des fonds arrondis et des façons très- fines. (E. Chapus.)

SKIMBOROWICZ (Hippolyte) , littérateur olortais, ré à Zytormierz en 1815. Il étudia a médecine et la chirurgie a Wilna et, en 1839, vint se fixer & Varsovie, où il renonça à la pratique de l'art médical pour s'occuper de journalisme. Parmi les journaux et recueils dont il a été l'éditeur ou le rédacteur principal, nous citerons : la Gazette du malin (Gazela Poranna, 1839- 184]) j la Littérature nationale (Pinnienniclwo Krajove, 1840 1841, 3 vol. in-4°); le Temps (Czas), journal politique, littéraire et commercial qui parait depuis 1841; la Revue scientifique (Przeglad Naukotoy, 1842-1848,26 vol. in-8"); les Livres du monde {Ksiengi Swiata), fondés en 1859 et qui continuent à paraître depuis lors. M. Skimborowicz a, en outre, publié à part; Biographie d'André Sniadecki (Varsovie , 1840) ; Quinze jours' de mariage, roman (Varsovie, 1844) ; Guide pour ceux qui visitent Czenstochow (Varsovie, 1847); Spécimen photographicum titulorumquoshabent Biblia (Varsovie , 1865, in-fol.), recueil des reproductions photographiques des titres de trente Bibles polonaises, excessivement rares aujourd'hui. Skimborowicz est, depuis 1864, conservateur de là bibliothèque de Varsovie. — Sa femme, Anne Sokolowska , s'est également fait connaître en littérature par des ouvrages destinés la plupart h la jeunesse. Nous citerons, entre autres : Contes gais (Varsovie, 1857, 2<= édit.) ; Hécits d'événements vrais (Varsovie, 1860, 2 vol.; 2« édit.,' 1863); Vh baptême chez un utojt (maire de village) [Varsovie, 186lJ; Une noce chez un wojt (Varsovie, 1863), etc.

SKIMMIE s. f. (skinira-uil). Bot. Genre d'arbustes, de la famille des ilicinées, comprenant deux espèces, qui croissent au Japon.

— Encycl. Les skimmies sont des arbrisseaux à feuilles alternes, simples, parsemées de points glanduleux transparents ; les Heurs, polygames, groupées en panicules, présentent un calice à quatre divisions ; une corolle de quatre pétales; quatre étamioes; un ovaire à quatre loges, entouré d'un disque charnu; le fruit est une baie tétrasperme. La skimmie du Japon e^t un arbrisseau à rameaux verticillês, qui dépasse rarement la hauteur d'un mètre ; ses feuilles sont persistantes ; à ses fleurs très-nombreuses, petites, odorantes, succèdent des baies d'un beau rouge, qui sont comestibles. Chez nous, on cultive cet arbrisseau en serre froide, en terre de bruyère et à l'abri du soleil. On le multiplie de graires et de boutures étouffées; il conserve ses fruits durant tout l'hiver.

SK1NNEB (Stephen), philologue et médecin anglais, ne à Londres en 1623, mort à Lincoln en 1667. Il étudia la médecine à Oxford, puis visita les académies les plus célèbres de l'Europe et s'établit enfin k Lincoln, pour y exercer sa profession. On lui doit un ouvrage important : Elymologicon lingux anglicans, souvent mis à profit par Johnson pour la partie étymologique de son dictionnaire.

SKI NN ÈRE s. f . (skinn-nè-re — de Skinncr, botan. augi.). Bot. Section du genre fuchsia.

SKINNÉRIEs. f. (skinn-né-rl — de Skiuner, botan. ang..). Bot. Genre de plantes grimpantes, de la famille des convolvulacées, dont l'espèce type croit dans l'Inde.

SKiPE ou SKYPE s, m. (ski-pe). Linguist. Langue que l'on parle en Albanie.

SK1PTON, ville d'Angleterre, comté et à 62 kilom. 0. de Vork ( Vtest-Riding), sur l'Aire et près du canal de Leeds à Liverpool ; 4,962 hab. Bibliothèque publique; manufactures de coton, filatures de soie; commerce important de grains et de bestiaux. On y voit Uu vieux château, construit peu de temps après la conquête normande, remis en état par Ànn Cliffort, qui y était né, et appartenant actuellement au comte de Thanet.

SK1RNEH, nom, dans la mythologie Scandinave, de l'écuyer, du confident, du messager du dieu Frey (v. ce nom). C'est lui qui va offrir à Gerda, la fille d*Ymer, au nom de son maître qui en est devenu amoureux, onze pommes d'or. Skirner, pour prix de sa négooiation, avait demandé à Frey son glaive merveilleux, qui combattait tout seul, et que le dieu s'empressa de lui donner.

SKIRROPHORE s. m. (skir-ro-fo-re — du gr. tkirros, tumeur; phoros, qui porte). Bot. Oeure de sous arbrisseaux, de la famille des composées, tribu des sénécionées, dont l'espèce type croit en Australie.

SK.1TOPHYLLE s. m. (ski-to-lï-le). Bot.

Syn. d'ÉLEOUENDRON.

SKIVRA, viiie de la Russie d'Europe, dans le gouvernement et à 145 kilom. S.-O. de Kiev, chef-lieu du district' de son nom; 4,000 hab. Commerce de grains et de bestiaux.

SKOP

SKOBEL (Frédéric-Casimir), médecin polonais, ne vers 1808. Il fit ses études à l'université de Cracovie, où il prit ses grades en 1831, et il devint, trois ans plus tard, profesfesseur de pathologie, de thérapeutique générale et de pharmacologie. Outre un grand nombre d'articles insérés dans les Annuaires de la Société médicale de Cracovie, on a de lui : Conspectus medicaminum et methodorum traclands syphilidis sine hydrargyro (Cracovie, 1831); Uictionnaire'd'anatomie et de physiologie, en collaboration avec Majer (Cracovie, 1838); Dictionnaire allemand-polonais des termes médicaux (Cracovie, 1842); Comparaison des eaux minérales artificielles avec tes eaux minérales naturelles (1844); Projet d'une pharmacopée pour les hôpitaux de la ville libre de Cracovie (1842) ; Etude sur la situation de la Faculté de médecine dans l'université de Cracovie sous le gouvernement autrichien (1842); Traité de pharmacomarphie et de catoaraphnlogie (1850); Description de certaines eaux minérales, notamment de celles de Kryniça, de Bardyoxo, de Zegiestow et de Zulin (1857), etc.

SKODA (Joseph), médecin allemnnd, né à Pilsen (Bohême) en 1805. Bien que fils d'un serrurier, il reçut une excellente éducation dans sa ville natale, puis il alla en 1825 faire ses études médicales à l'université de Vienne, y prit se» grades de docteur en 1831 et, après s'être signalé autant par son dévouement que par son talent pendant l'invasion du choléra en Bohême, il devint, en 1833, médecin en second de l'Hôpital général de Vienne, où Joseph Heine etGutbrod l'initièrent à l'usage du stéthoscope. Il se lia aussi dans cette ville avec Rokitansky et Kolletsclika, qui le décidèrent à s'adonner spécialement à l'étude de l'anatomie pathologique et des méthodes les plus nouvelles d'auscultation et de percussion. En 1S35, il commença sur ces matières des cours pratiques qui, suivis d'abord par des étrangers, ne tardèrent pas à attirer un grand nombre d'auditeurs allemands, dont plusieurs sont devenus célèbres depuis, entre autres Jaksch, Oppolzer, Hamernik, Dietrich, etc. Nommé en 1840 médecin ordinaire de la division des maladies de poitrine, nouvellement créée à l'Hôpital général, il devint encore successivement médecin en chef de l'établissement (1841), professeur de clinique (1846) et membre de l'Académie des sciences de Vienne (1848). Skoda a eu sur la médecine contemporaine une grande influence, tant au point de vue théorique qu'au point de vue pratique, En ce qui concerne la théorie, il a établi que les symptômes physiques observés au lit des malades ne sont que les signes extérieurs de l'état physique de l'organisme, et que la médecine vraiment rationnelle doit s'aider des observations fournies par l'anatomie pathologique et de la série d'inductions basées sur ces expériences pour pénétrer jusqu'au principe même des maladies internes. C est sur ces principes que se fonde son Traité d'auscultation et de percussion (Vienne, 1839; 1864, 6« édit.), dans lequel il se met en opposition avec les théories jusqu'à ce jour universellement dominantes, même en Allemagne, des médecins de l'école diagnostique française, tels que Laennec, Corvisart, Piorry, etc. En dépit des attaques isolées auxquelles elles ont été en butte, surtout en France et en Angleterre; les théories de Skoda et les améliorations que ses études pratiques l'ont amené à introduire dans diverses parties de la science diagnostique ont trouvé partout une foule de partisans. Il est également incontestable que plusieurs de ses élèves ont appliqué avec succès ses principes aux différentes branches de la médecine pratique et que, par suite, c'est son école qui, la première, a pris à tâche d'élever la médecine au rang des sciences exactes. 11 n'a pas exercé une moins grande influence sur la pratique médicale, car la plupart des jeunes médecins quijouissent aujourd'hui de quelque réputation en Allemagne ont étudié 1 ausculiation et la percussion auprès de lui ou de ses premiers élèves, et, rejeiant les traditions des écoles anglaise et française pour s'approprier, avec plus ou moins de succès, la sûreté de jugement qu'il apportait à l'examen des phénomènes pathologiques, ils proscrivent radicalement, à son exemple, les méthodes de traitement usitées jusqu'à ce jour.

SKOGREL, nom d'une des walkyries de la mythologie Scandinave.

SKOLD, énorme loup de la mythologie Scandinave, fils du loup Fenris et de la géante Gyge. Il poursuit sans cesse le soleil et doit un jour l'engloutir. Un autre loup, Hâte, poursuit la lune.

SKOPELO, lie de la Grèce. V. Scopelos.

SKOP1N, ville de la Russie d'Europe, dans le gouvernement et a 86 kilom. S. de Riazan, sur la rive gauche de lu Verda, chef-lieu du district de son nom ; 8,000 hab. Haras ; fabrication et commerce de cuirs.

SKOPTZI s, m. (skopp-tzi). Hist. relig.

Nom donné à des fanatiques russes qui se donnent pour mission la destruction de la race humaine,

— Encycl. La secte des skoptzi ou mutilés, dont l'origine date, à ce que l'on croit, du commencement du siècle dernier, grandit depuis cette époque et se répandit dans certai-

SKOT

nés provinces du sud de l'empire russe, sans qu'aucun fait révélât son existence à l'autorité. Dans le courant de l'année 1868, le gouverneur de la province de Tambov reçut des avis qui lui signalaient les manœuvres singulières de plusieurs habitants de Tambov; il ouvrit une informai ion qui amena la découverte d'une vaste association, dont les membres, obéissant à un seul chef, poursuivaient le butle plus exécrable et le plus monstrueux. La base des croyances de la secte, c'est que l'homme est foncièrement mauvais, qu'il est l'ennemi de Dieu et qu'il faut détruire sa race, en l'empêchant de se reproduire, afin que Dieu, qui est juste et bon, reste seul. Cette doctrine est renouvelée des erreurs de

Flusieurs hérétiques des premiers temps de Eglise. Pour arriver à leur fin, les skoptsi font vœu de virginité perpétuelle et, pour être sûrs de garder leur vœu, se soumettent à la castration. Une sorte de sacrificateur nommé par le chef pratique sur les hommes qui se vouent à la propagation de ces mystères l'opération qui les rend dignes d'être admis au nombre des initiés. Des femmes aussi se font affilier et subissent l'ablation des ovaires. Les skoptzi abandonnent une partie de leurs biens entre les mi.ins du chef de la communauté, et ils lui obéissent avec le plus complet dévouement et la plus entière abnégation.

•■ L'enquête ordonnée- par le gouverneur de Tambov eut pour résultat l'arrestation du chef de la secte et d'un certain nombre de ses adhérents. Les débats révélèrent quelques détails faits pour exciter la curiosité. Le chef actuel de la secte était un certain Maxime Koutzmine Plotilsine, riche négociant de Morchansk, sur la Tsna, à l'imprudence duquel on dut la découverte de la secte. H avait fait offrir 40,000 francs au chef de la police de Morchansk en échange de la liberté de trois femmes détenues; l'énorniité de la somme rit ouvrir les yeux. La police opéra des recherches, découvrit des images suspectes relatives à un culte inconnu; les hommes trouvés dans la maison Plotitsine, serviteurs ou parents, furent visités et reconnus eunuques. La rumeur populaire attribuait k Plotitsine la garde d'un immense trésor ; on finit par mettre la main dessus, et les premières révélations qui furent faites à ce sujet évaluaient les sommes trouvées k 20 ou 30 millions de roubles, c'est-à-dire à environ 100 millions de francs. L'évaluation était singuliêreraentexagérée, caries 100 millionssont devenus I million et demi, et c'est de cette somme seulement qu'il a été question aux débats; mais on a accusé le chef de la police, le procureur de Tambov et un autre magistrat d'avoir un peu trop coopéré au miracle. Une enquête fut commencée, puis subitement abandonnée. Plotitsine, sa sœur et un de ses fils adopùfs, un paysan, convaincu de s'être mutilé lui-même et d'avoir mutilé onze autres individus, une dizaine d'adeptes et vingtquatre famines, parmi lesquelles plusieurs jeunes filles d'uue rare beauté, furent condamnés à la déportation en Sibérie.

Malgré ces condamnations, il est fort probable que la secte persévère; aucun des accusés n'a voulu faire de révélations, désigner des complices, et l'on croit que les skoptzi, qui ont des ramifications dans les principales villes de l'empire, surtout à Moscou, sont au nombre de plus de 20,000.

SKORNIAKOW-SISSAREW (Grégoire), administrateur russe. Il fut jusqu'en 1723 directeur de l'Académie de marine de Saint-Pétersbourg. 11 dirigea ensuite la construction du canal de Ladoga. Compromis en 1727 dans une conspiration, il fut privé de ses dignités, de ses biens et exilé en Sibérie. Ii revint après quelque temps en Russie, puis, en 1731, il fut nommé commandant du port d'Okhotsk, Accusé de malversation, il fut relégué à lakouisk. Réintégré dans son commandement d'Okhotsk en 1745, il mourut peu de temps après.

SKORSK1 (Jean), poète polonais, né dans la Petite-Pologne en 1691, mort en 1752. Il consacra la plus grande partie de sa vie à l'enseignement public, professa successivement la philosophie et la théologie k Lublin et à Lemberg, et remplit, en outre, les fonctions du ministère sacré dans quelques villes moins importantes. Son ouvrage le plus important est une histoire de Pologne en vers latins, qui a pour titre : Lechus, carmen heroicum liàris Xll (Lemberg, 1745, in-8"), et qui u été traduite er. polonais par le franciscain Kutfieki (Lemberg, 1751). Indépendamment de son mérite poétique, cet ouvrage a toute la valeur d'un traite purement historique, car l'auteur l'a écrit en comparant entre eux les chroniqueurs nationaux et étrangers, et, de plus, il a, en quelque sorte, ressuscité le trésor des traditions mythologiques de la Pologne; cette partie seule de son travail l'aurait, d'après son propre aveu, occupé plus de quinze uns. On doit encore k Skoiski une foule de panégyriques latins en l'honneur des familles polonaises les plus illustres. Tels sont, entre autres, les deux écrits suivants : Juratus honor Potoct'orum crucis (Lublin, 1722); Apex aureus infularum in moniibus Leonis eminens crux Geruldorum A'zcolai Wysycki, arcliiepiscopi Leopotdini, etc. (Lembeig, 1737, in-fol.).

SKOTISICKI (Jaroslaw de), archevêque de Gnesen, canoniale distingué, né en 1276, mort

SKOV

à l'âge de cent ans en 1376. Il fit ses études à l'Académie de Bologne, y obtint les grades de docteur eu droit et en philosophie, et se fit tellement remarquer par ses talents précoces et parson érudition profonde qu'il fut nommé, après avoir terminé ses études, n-cteur de lu même Académie, Skotnii-ki se montra adna:nistrateur aussi ferme qu'éclairé et fut le zélé défenseur des privilèges de l'institution à la tête de laquelle il était placé. Un étudiant ayant été condamné a » ort pour un crime par la magistrature de Bologne sans qu'on eût demandé l'avis écrit du conseil de I Académie, Skomicki transporta l'Académie dans une autre ville de la province et ne consentit à la réintégrer à Bologne qu'après que satisfaction eut été donnée par la magistrature. De retour dans sa patrie, après avoir embrassé la vie ecclésiastique, Skotnicki devint successivement chanoine de la cathédrale de Cracovie, chanoine de Gne.seu (1332) et archevêque de Gnesen (1342). Il apporta dans l'exercice de ses fonctions le zèle d'un pasteur éclairé, la sagesse d'un homme profondément instruit, une ardeur infatigable à seeourirles malheureux ; il contribua puissamment à la fondation de l'Académie de Cracovie, fit bâtir des églises à Kalisch, à Linczyca, k Wielun, à Gnesen, fonda des écoles, des villages et de petites villes. Cet homme distingué a laissé un important recueil de synodes, sous le titre de Constitutiones ecclesiarum Polonis. Cet ouvrage précieux se trouve manuscrit dans les archives du chapitre de Gnesen et a été publié par Uom>;uld Hulie sous le titre : Antiquissimx constitutiones synodales (Saint-Pétersbourg, 1856).

SKOTMCKI (Marcel), romancier polonais, né eu 1815, mort en 1850. Il étudia le droit à l'université de Cracovie, se rendit ensuite k Varsovie et pendant neuf ans il partagea son temps entre le barreau et la littérature. Ce fut un écrivain fécond, dont les écrits portent le cachet de l'honnêteté, d'une noble et généreuse inspiration. On a de lui une grande quantité de romans, de récits, de contes et autres productions littéraires, dont les plus remarquables sont ; le Garçon de Skalbmierz (Varsovie, 1845, in -12); Une jeune abeille (1850); Etincelle du savoir (1850); Nickkby ou Panorama de la société (1837, 4 vol. in-4<>) ; la Semaine des beaux-arts, écrit périodique ; Travaux littéraires (Varsovie, 1840, 1 vu'.); les Joueurs de cartes ( 1845, 4 vol. in-8°); i'Adjudant d'un commandant en chef (1846, in-s»); l'Art de bien écrire les lettres pour la jeunesse (1847,3 vol.); les Eyoîstes(l&iô,5 vol. in-8°) ; ['Eglise de Noire- Dame -de Paris, huitatioi de'Victor Hugo (1846, 4 vol.); le Fils de Satan, roman traduit de Paul Feval (1846, ï voL); le Deuxième jugement de S«/ohio/j(1848); Pan tiilary (1U1 ,3 vol.) ; Zenon (1848,2 vol.); Une belle-S'i'ur (1850, 7 vol.) ; la Science de la vie ou les Principes de la venu et de la morale U849); les Mémoires d'un médecin pèlerin (1849J, etc.

SKOCJPTCHINA s. f. (skoup-tchi-na). Assemblée nationale de Serbie.

SKOURA s. m. (skou-ra). Ornith. Espèce de canard du nord de l'Europe.

SKOVORODA (Grégoire-Savitch), théologien russe, né dans un village des environs de Kiev vers 1730, mort en 1778. Issu d'une famille pauvre, il entra k l'âge de douze ans, comme domestique, à l'Académie ecclésiastique de Kiev ; mais, en considération de l'intelligence dont ii fit preuve, on lui permit de suivre les cours, et il devint bientôt l'un des plus brillants élèves de l'Académie. Après avoir vainement demande la permission n'aller compléter ses études k l'étranger, il partit à pied pour Festh a l'insu de ses supérieurs, apprit I allemand dans celte ville et se rendit ensuite k Halle, où l'enseignement de Wolf était alors au plus haut point de son éclat. Skovoroda s'y livra trois ans à l'étude de la métaphysique et de la théologie, et écrivit à cette époque ses traductions des Homélies de saint Jean Curysostoine, ainsi que des fables morales, conservées de nos jours pur la tradition orale chez les habitants de l'Ukraine. De retour à Kie*, après quatre ans d'absence, il ne fut pas réadmi.s à l'Académie et ne put obtenir aucun emploi. U s'appliquii alors à apporter des adoucissements aux persécutions dont les grecs uniates (ou chrétiens grecs reconnaissant la suprématie du pape) étaient à cette époque l'objet de la part de ses compatriotes. Il parcourut la contrée, semant purtnut de,-, piiroles de paix, et le succès de ses efforts lui valut le titre de pope de son vidage natal; il s'opposa alors pius que jamais aux rigueurs exercées contre les uuiates et entreprit de les convertir par le seul effet de sou éloquence, sans rivale dans la Russie méridionale. Mais, ayant refusé de se servir des moyens violents que la synode lui ordonnait d'employer, il fut destitué et partit alors pour Rome. Il en revint bientôt, à la nouvelle de lu recrudescence des persécutions, et reprit ses tentatives en faveur des malheureux religionnaires. Bien que couronnées de succès, elles devaient amener sa perte, car le gouvernement russe ne pouvait reculer devant la résistance d'un simple piètre. Ordre l'ut donné de l'arrêter comme rebelle, et il n'échappa a la prison et probablement à la mort qu'en se réfugiant chez un noble qui lui avait donné

SKRZ

de nombreux témoignages de sympathie. Il mourut, peu de temps après, dans cet asile. Selon la tradition, il prédit sa mort la veille du jour où elle arriva et creusa lui-même sa tombe pour éviter ce surcroît d'embarras k son bienfaiteur. Skovorodaest le seul auteur de la Petite-Russie qui ait écrit en prose. Son ouvrage porte le titre de Symphonon. On possède aussi de lui, en latin et en russe, quelques essais originaux qui témoignent de beaucoup de goût, d'une grande élégance et d'un savoir étendu , qualités fort rares à cette époque dans le pays qu'il habitait. C'est à Skovoroda que les bandourisies (sortes de trouvères ukrainiens) attribuent, de nos jours encore, tous les chants populaires de l'Ukraine autres que les chants de guerre et d'amour.

SKKZETUSKl (Gaétan-Joseph), historien polonais, né dans lu Russie Rouge en 1743, mort en 1806. Il fit ses études chez les piaristes, entra dans leur ordre en 1761 et, après avoir professé dans plusieurs de leurs écoles, fut chargé vers 1780 de l'enseignement de l'histoire, de la morale et du droit k l'Académie du corps des cadets à Varsovie. Plus tard, il entra dans le clergé séculier et consacra tous ses loisirs aux tras'aux historiques. Parmi ses écrits, nous citerons : Histoire politique à l'usage de la jeunesse noble (Varsovie, 1773, 2 vol. in-8°); Histoire politique du royaume de France (Varsovie, 1780, 2 vol.), ouvrage qui renferme, sous forme de commentaire, des biographies des principales illustrations françaises ; Histoire universelle (Varsovie, 1781 ; 4cédit., 1819); Commentaires sur t'histoireuniverselle (Varsovie,l782); Speclacutuinpoliticum (Varsovie, 1791) ; Principes demorate usuelle (Varsovie, 1793, in-soj, souvent réédité, etc. Il avait, en outre, traduit en polonais la Clémence de Titus, de Métastase ; Brutus, tragédie de Voltaire ; les Soirées du château, de W0" de Genlis, etc.

SKltZKTUSKl (Vincent), jurisconsulte et historien polonais, né en 1745, mort en 1791. Il appartenait, comme le précèdent, à l'ordre des piurisies, et il suivit également la carrière de l'enseignement public, puis celle des emplois religieux. Ou a de lui, entre autres écrits : Histoire du royaume de Suéde depuis le règne de Watdemar (1250) jusqu'à l'année actuelle (Varsovie, 1772); Entretiens sur les matières politiques importâmes (Varsovie, 1773) j Traités conclus depuis 1618 entre les puissances européennes (Varsovie, 1774, 3 vol.), ouvrage dont les tomes suivants furent édités par Obermayer et par Siaïczynski; le Droit politique du peuple polonais (Varsovie, 1782-1784, 2 vol. iu-8°) ; Histoire universelle (Varsovie, 1"86), etc. 11 avait, de plus, traduit du français les Voyages de Cyrus, les Sermons de Massillon et le Traité de législation de Mably.

SKRZYISECKl (Jean-Sigisnjond), général polonais, ne dans la Galicie en 1787, mort en 1860. 11 servit sous Napoléon de 1806 à 1814, devint eu 1815 colonel dans la nouvelle armée polonaise et, après la révolution du 29 Septembre, fut nommé général de brigade dans l'armée insurrectionnelle. A la tête de huit bataillons, il forma à Varsovie le centre de bataille des Polonais contre le corps russe de Rosen, battit habilement en retraite devant ce dernier, après avoir tenu pendant un jour entier, et, à la bataille de Grochow, s'euiparude laplupartdes batteries ennemies. Choisi, le 26 février 1831, par la diète pour succéder à Radziwill dans le commandement en chef, il organisa rapidement l'armée sur le pied de guerre, mais il ne reprit les hostilités qu'uu commencement tlu printemps. Cependant, bien que ses lieutenants Rybinski, Malaehowski et Skarziuski eussent battu Geismar à Wawer et Rosen à Dembe-Wielki, il ne sut pas profiter de ces deux victoires et n'osa pas attaquer ûiebitscli, qui put rejoindre sa première ligne d'opérations par Siedlec. Ce ne l'ut qu'alors que akrzynecki se décida k marcher sur celte ville j mais il n'y arriva que pour être témoin de la victoire d'un autre de ses lieutenants, Prondzynski, qui, à la tête de 8,000 hommes, avait écrasé à Iganie les corps de Rosen et de Pahlen, trois fois supérieurs en nombre. Malgré ce succès, les hésitations dugéuéiul en chef recommencèrent, et ce ne lut qu'après le désastre essuyé par Dwernicki, et sur les ordres formels du gouvernement provisoire, qu'il consentit k attaquer Diebitsch qui, avec la garde impériale russe, occupait les bords de ta Narew. Celte hésitation tut futaie, car, bien que les Polonais fussent demeurés maîtres du champ de batuille, les perles cruelles qu'ils avaient éprouvées les forcèrent à se replier sur Varsovie, en laissant Ostrolenka aux mains des Russes. A Varsovie, Skrzynecki acheva ^'indisposer contre lui l'opinion publique en opérant violemment une reforme intempestive dans le gouvernement et en laissant échapper, aptes la mort de Diebitsch, l'occasion d'attaquer les Russes, qui étaient décimés par le choléra. 11 permit ainsi à Paskiewitch de franchir la Vistule; mais alors un tel cri d'indignation générale s'éleva contre lui qu'il dut resigner le commandement en chef, qui passa aux mains de Dembinski (10 août 1831). Il rejoignit alors le corps de partisans du général Rozycki, avec lequel il se rendit , en décembre de la même année , sur le territoire de la république da Cracovie, d'où il se réfugia en Galicie, puis en

Page 1