V. FRUGALITÉ
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SOBRIQUET s. m. (so-bri-kè. — Diez regarde ce mot, que l'on écrivait aussi sotbriquet, comme un composé de sot et de briquet, mauvais drôle, briquet correspondant k l'italien bricchetto, petit âne. Ménage tirait ce mot d'un type latin subridiculus; d'autres l'on fait venir de supra quest, acquis pardessus, Scheler suppose un primitif supricus, qui signifierait proprement surajouté, de su- , pra, et il pense que l'orthographe sotbriquet n'est qu'un effet du désir de prêter un sens à un vocable incompris. M. Littré établit sur des textes que le mot, écrit primitivement soubzbriquez, a commencé par signifier coup sous le menton, puis a pris le sens de raillerie, et enfin celui de surnom ; mais il reconnaît que tout cela n'éclaire pas l'étymologie. Si la conjecture de Delâtre sur l'étymologie de brique et briquet (v. brique) est fondée, elle pourrait servir à expliquer à la fois briquet et sobriquet, car le chemin n'est pas long de rompre à frapper; soubzbriquez serait un coup en dessous). Surnom, dénomination ajoutée ou substituée au nom, le plus souvent avec une intention de dérision : Sobriquet offensant, injurieux, plaisant, ridicule. Donner un sobriquet. Il y a des sobriquets qui sont devenus les surnoms de certaines familles illuslres. (Acad.) Le nom de sophistes deviendra le sobriquet des philosophes. (D'Ablanc.) C'est en 1814, pour la première fois, que l'absolutisme prit le sobriquet de pouvoir légitime. (Proudh.)
J'aiiae les sobriquets qu'un corps de garde impose.
La Fontaine.
— Encycl. Gramm. Les sobriquets, ayant ordinairement pour but de tourner quelqu'un en ridicule, sont composés d'expressions triviales que l'on applique souvent à des personnes considérables, dans le but de marquer l'opposition qui existe entre une haute position et des inclinations basses, ta majesté royale et les difformités du corps réputées honteuses par le peuple, une piété respectable avec des moeurs corrompues, ou un titre fastueux avec la paresse et la pusillanimité. Quelquefois, cependant, le sobriquet n'implique aucune idée défavorable, car il est dû a quelque habitude singulière, ou même à une circonstance toute fortuite.
Mais les sources les plus ordinaires d'où on les a tirés sont toutes les imperfections du corps, tous les défauts de 1 esprit des hommes, leurs moeurs, leurs passions, leurs mauvaises habitudes, leurs vices, leurs actions, de quelque nature qu'elles soient.
Néanmoins, dans l'imposition des sobriquets, la malignité de ceux qui les donnent joue un grand rôle, car elle ne tient pas compte seulement des défauts réels, mais encore des défauts apparents. Cette malignité éclate surtout k l'égard des personnes affligées de quelque ridicule bien accusé, ou dont 1 autorité, quelque légitime qu'elle soit, parait insupportable.
Les sobriquets sont fréquemment aussi un moyen de vengeance à 1 usage des peuples opprimés, et il produit d'autant mieux son effet que non-seulement il est impossible d'en découvrir l'auteur, mais que ni l'autorité, ni la force, ni le temps ne sont capables de les effacer. Ainsi, l'archiduc Frédéric, qui, dans un moment de disgrâce, avait été réduit aux plus dures privations, reçut du peuple le surnom de Boursevide, dont il se trouva offensé. Rétabli dans ses Etats, il eut beau, pour marquer son opulence, faire dorer jusqu'à la couverture de son palais, ce nom lui resta toujours.
Quelques sobriquets sont fondés sur des jeux de mots, comme celui de Biberius Mero, donné à Tibère, pour Tiberius JVero, à cause de sa passion pour le vin; celui de Cacoergète, appliqué à Ptolémée, roi d'Egypte, pour le qualifier de mauvais prince, par imitation à'Evergète, qui désigne un prince bienfaisant; celui à'Epimane, furieux, donné à Antiochus IV, au lieu à'Epiphane, roi illustre, dont il usurpait le titre.
Souvent aussi les sobriquets sont ironiques.
La malignité emprunte fréquemment le nom d'un animal ou d'une personne célèbre, notée dans l'histoire par sa figure ou ses vices, pour l'appliquer au personnage que l'on veut qualifier. Ainsi, AntiochusVII fut surnommé Grypus, k cause de son nez crochu, qui ressemblait k un bec de griffon. L'histoire nous offre nombre de princes ou d'hommes célèbres, auxquels on a appliqué les noms de Bouc, de Cochon, d'Ane, de Veau, de Taureau, dX)urs. On emploie de la même façon ceux de Silène, d'Esope, de Sardanapale, de Messaline, pour designer des personnes qui leur ressemblent par leur figure ou parleurs mœurs.
L'allusion k des usages singuliers est une cause fréquente de sobriquets. M. de Jaucourt divise ces sortes de noms en quatre classes : 1° ceux qui sont indifférents; 2° ceux qui n'impriment qu'un léger ridicule; 3°ceux qui sont injurieux; 4» ceux qui sont honorables.
Les surnoms de la première classe sont dus à une mode singulière de coiffure ou d'habillement, à une coutume particulière ou à une action peu importante ; tels sont les surnoms de Pogonate ou Barbelongue, donnés à Constantin V, empereur de Constantinople ; de Crépu, à Boleslas, roi de Pologne ; de Geoffroi, au comte d'Anjou; de Court-Manlel, k Henri II,
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roi d'Angleterre ; de Longue-Epée, k Guillaume, duc de Normandie, et de Hache, à Baudouin VU, comte de Flandre.
Les surnoms du second genre sont dus à quelque légère imperfection du corps ou de 1 esprit, k certains événements ou k certaines actions qui, bien qu'innocentes, présentent une espèce de ridicule; tels sont celui de C«mard, donné à Socrate; celui de Gâcheux, que reçut Vladislas, roi de Bohème; celui de fêle d Etoupe, donné à Raymond, comte de Barcelone, et celui de Tête d'Ane, tiré de la grosseur de la tête et de l'épaisseur de la chevelure de Raoul, seigneur de Vassy.
Ceux du troisième genre se rapportent aux difformités du corps les plus considérables ou aux plus grandes disgrâces de la fortune, comme le nom de Pachi-Denari (peu d'argent), que les Vénitiens donnèrent à Maximilien'et celui de Main-Percée, que les Castillans donnèrent à leur roi Alphonse.
Les sobriquets du quatrième genre n'ont pour objet que ce qu'il y a de plus rare dans les qualités du corps, de plus noble dans celles de l'esprit et du cœur, de plus admirable dans les mœurs et de plus grand dans les actions ; mais ce qu'ils offrent de piquant, c'est qu'ils caractérisent la personne d'une manière qui tient de la raillerie , quoique l'épithète soit honorable; tels sont les surnoms suivants : Bras de Fer, imposé à Baudouin 1er, comte de Flandre; Cotte de Fer, k Edmond II, roi d'Angleterre; Temporiseur,à. Fabius; Cœur de Lion, k Richard, roi d'Angleterre; Sans Peur, k Richard, duc de Normandie, et à Jean, duc de Bourgogne.
^Des caractères accidentels en établissent encore des genres particuliers. Les uns peuvent convenir àplusieurs personnes, comme les surnoms de Borgne, de Bègue, de Bossu, de Boiteux, de Hulin, de Mauvais. D'autres, qui résultent d'un fait particulier, ne sont guère appliqués qu'à une seule, comme les surnoms de Caracalla, imposé au quatrième des AntÔnins; de Copronyme, k Constantin IV ; de Chapeau- Venteux, k Eric, roi de Suède, dont la prétention était de faire croire que les vents soufflaient de tous les côtés vers lesquels il tournait son chapeau.
D'autres sobriquets sont devenus héréditaires et, d'abord attribués à un seul individu, ont ensuite passé à ses descendants et leur ont tenu lieu de nom propre; tels sont la plupart des noms romains illustres du temps de la république, que les auteurs grecs de l'histoire romaine ont cru leur être tellement propres, qu'ils ne leur ont ôté que la terminaison latine, ainsi que Denys d'Halicarnasse l'a fait pour ceux de Rufos, Rufus ; Cornutos, Cornutus ; tels sont encore Ahenobarbus, Naso, Bibulus,etc. Il y a même eu des familles romaines qui n'ont tiré leur nom que d'un de ces sobriquets qu'a porté le premier de la famille: ainsi, la famille Claudia a tiré le sien d'un boiteux, Claudus. La même chose est arrivée dans tous les pays.
Cependant, dans l'histoire moderne, il y a cette différence entre les sobriquets donnés aux roturiers et ceux qu'ont reçus les grands, qu'ils se sont presque toujours perpétués comme noms propres dans*les familles des premiers, au lieu que, dans les maisons nobles, ils n'ont servi qu'à distinguer les individus et sont devenus rarement héréditaires.
Ces surnoms ont été d'un grand secours dans la chronologie et dans 1 histoire. C'est l'absence de ces épithètes, ou au moins d'un adjectif, qui jette tant d'obscurité dans la généalogie des pharaons. Combien, au contraire, la précaution de les avoir ajoutés aux surnoms tirés de l'ordre numéral sauve-t-elle de méprises et d'erreurs dans l'histoire des Alexandre de Macédoine , des Ptolémées d'Egypte, des Autiochus de Syrie, des Mithridates de Pont et de tant d autres I Si les épithètes de grand, de sage, de riche, de restaurateur des lettres, etc., dont furent honorés quelques-uns de ces princes, laissent dans la mémoire une plus forte impression que les épithètes tirées de l'ordre numérique, les surnoms burlesques de Nez de Griffon, de Ventru, de Joueur de Flûte, d'Efféminé, de Fainéant, de Balafré, etc., n'en produisent-ils pas une dont la trace sera d autant plus profonde que le plaisant fait beaucoup plus d'effet que le sérieux sur l'imagination du commun des hommes?
Souvent le sobriquet dorme un renseignement sur l'état ou la condition première du personnage auquel il est appliqué. C'est ainsi que l'empereur Léon, qui voulut détruire le culte des images, fut surnommé Y Iconoclaste. L'opprobre de l'ancienne profession de l'empereur Maximilien nous est rappelé par son surnom à' Arment arius ; l'obscurité de 1 origine de Michel V, empereur grec, dont les parents calfataient les vaisseaux, par son surnom de Caiaphate; Benoît XII, fils d'un boulanger français, par celui de Jacques du Four, qui lui fut donné lorsqu'il n'était encore que cardinal.
Les sobriquets que se donnent réciproquement les habitants d'une ville, d'un bourg ou d'un hameau, ne consistent ordinairement qu'en quelques épithètes triviales et dont personne ne doit s'offenser. On ne voit point de Normand se fâcher à cause de l'épithète donnée k cette province. Les Picards ne se mettent point en colère quand on dit qu'ils ont la tête chaude. Dans la ville d'Angers, il y avait autrefois tant de chapitres et de communautés, qu'on y entendait perpétuellement
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sonner les cloches; de là, le sobriquet Li sonneur d'Angers; celui Li usuriers de Metz n'avait en vue que les juifs de cette ville. Si les Gascons sont appelés Juglors, c'est qu'autrefois ils passaient pour les meilleurs jongleurs. Au sujet des bossus d'Orléans, La Fontaine a dit que la nature avait ôté les montagnes de la Beauce et les avait transportées sur le dos des habitants. On lit dans un vieux rituel d'Orléans que le curé demandait à Dieu de préserver ses paroissiens des bosses. On donnait aux habitants deChauny le sobriquet de singes, parce que les ar-
?iuebusiers de cette ville avaient un singe ort laid sur leurs étendards. Si l'on dit les sots de Ham, c'est qu'il y avait k Ham une compagnie de fous ou de sots. Leur chef était nommé le prince des sots. Ces fous montaient sur des ânes et tenaient la queue au lieu de la bride ; on ne pouvait faire de folie sans la permission du prince, sous peine d'amende.
Les sobriquets qui naissent dans l'enceinte des camps sont marqués au coin de la vivacité et de la liberté particulières aux militaires. Autrefois, les soldats français tiraient leurs noms de guerre du lieu de la naissance, Basque, Picard, Poitevin ; de quelque fleur, la Bose, la Tulipe; ou de quelque trait de bravoure, la Terreur, Sans-Quartier; ou de quelque chose d'arbitraire, mais sans les passer à leurs descendants. Aujourd'hui, chaque soldat garde son nom de famille. Les sobriquets militaires sont quelquefois des contre-vérités. C'est ce qu'a rendu gaiement M. de Jaucourt dans les vers suivants :
De Mars j'ai suivi la carrière;
On sait que là, sans contredit,
Chacun porte le nom de guerre
Que le caprice lui fournit.
C'était très-plaisant, je vous jure;
Le sobriquet et la tournure
Avaient tout l'air d'un quiproquo:
La Douceur était intraitable;
L' Amour, certes, n'était pas beau ;
Charmant était laid comme un diable:
Il est bon de rappeler une sorte de sobriquet qui consiste à donner k un artiste peintre ou sculpteur le nom du maître sous lequel il a étudié ; on peut citer Gaspard Dughet, dit Poussin, parce qu'à Rome il avait eu pour maître le célèbre Poussin.
Terminons cet article par l'historique et l'énuraération de quelques sobriquets donnés k des contemporains.
A aucune époque de notre histoire , depuis la grande Révolution, le sobriquet politique ne fleurit avec autant d'exubérance que pendant les années 1870 et 1871. La presse était à peu près libre alors ; elle prit ses coudées franches et s'en donna k cœur joie. La plupart des sobriquets qu'elle créa ne brillèrent pas toujours par l'atticisme de la forme, mais le fond s'y trouvait, et l'on ne peut nier que notre vieil esprit gaulois ne s'y révélât tout entier. On ne peut guère ouvrir une collection de grand ou de petit journal de cette époque sans y rencontrer quelqu'une de ces expressions pittoresques qui, d'un mot, peignaient les hommes du moment.
C'est ainsi que l'empereur Napoléon III, d'abord affublé du sobriquet de Badinguel (du nom d'un soldat qu'il avait tué d'un coup de pistolet lors de son échauffourée de Boulogne), puis de Napoléon le Petit (du titre d'un admirable pamphlet de Victor Hugo), fut ensuite désigné par Conscience tranquille (k cause de la désinvolture avec laquelle il s'absolvait d'avoir déclaré la guerre k la Prusse), puis reçut le nom de Sedantaire, après la défaite de l'armée qu'il avait amenée dans le guet-apens de Sedan. C'est ainsi que, des complices de ce César de pacotille (autre sobriquet fort en vogue par la suite), M. Emile OUivier fut appelé Cœur léger et M. le maréchal Lebœuf Bouton de guêtre, allusions k ces ministres de l'intérieur et de la guerre venant déclarer aux Chambres que l'Empire était prêt k toutes les éventualités et que l'on était même en avance sur la Prusse de plusieurs mois pour l'armement. L'impératrice eut pour sobriquet la qualification de Comtesse de Breda y Bastringo y Mabillas, par allusion aux sauteries plus ou moins décolletées qui s'exécutaient aux Tuileries, à Compiègne et autres endroits, depuis plusieurs années, sous le nom de cotillons. On l'appelait aussi Eugénie la Rousse, k cause de la volumineuse perruque de cheveux roux qu'elle arbora la première (k l'instar de la femme de Claude), mode aussitôt adoptée par toute la tribu des mélancoliques et des agitées du trottoir. C'était en vain que les journaux subventionnés, officiels et officieux, l'appelaient l'Ange, la Sœur de charité et la Sainte; le peuple, qui savait k quoi s'en tenir, répondait- dans ses chansons : Madame Badingue et Vadrouille. L'héritier présomptif de Napoléon III n'a pas été épargné : tour k tour le Gosse à Badingue, puis le Jeune homme aux larges oreitles, parce que ces appendices s'écartaient beaucoup de la perpendiculaire; puis VEcrouelleux, k cause des humeurs froides qui lui suintaient k divers endroits; puis Vélocipède fV;puis X Enfant à la balle, parce que son père, au début de la guerre, lui avait fait ramasser une balle prussienne et qu'il avait fait chanter cette prouesse par tous ses journaux. Ensuite on l'appela l'Ecolier de Wootwich, puis Vingt-sept
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sur Vingt-neuf, son rang dans une composition d'élèves ; Retoqué XXVII; enfin le No 7, son numéro de sortie de l'école.
Les bonapartistes, qui, dès le début de l'Empire, avaient déjà reçu le sobriquet do Décembraillards, se virent bientôt affublés d'une foule de noms qui visaient k un mépris de plus en plus accentué.
On connaît toute l'importance des désinences dans le langage; il n'y a là ni règle grammaticale, ni loi orthographique; mais l'analogie, l'analyse, la méthode, la philosophie, le génie de la langue, la philologie et l'euphonie sont des guides sûrs pour la création des désinences.
Ainsi, l'un avait dit les Bonaparteux ; un autre écrivait le lendemain les Bonapartards; un troisième surenchérissait aussitôt : la Bonapar taille. Puis, successivement, pour désigner les gens de ce parti (de cette profession serait plus juste), on écrivit : Badinguistes, Badingueux, Badingouins, Badingueulards, Bàdingueusards et enlin la Badingaille. Les fervents de l'impératrice, les gens du journal le Pays furent dénommés, suivant leurs attitudes : les Montijoyeux, les Montijobards , les Montijocris&es. Assurément, nous devons en avoir oublié, et de non moins significatifs.
Pendant la durée de la guerre , les d'Orléans firent grand bruit dans certains journaux autour des noms de MM. les ducs de Chartres et de Penthièvre, qui s'étaient fait donner dans l'armée française un emploi de haut grade et qui poussèrent le dévouement, le désintéressement et l'abnégation jusqu'à ne vouloir pas réclamer les appointements que ces emplois les autorisaient k toucher ; on ne les désignait pas autrement que par le sobriquet de Sans Solde. Le duc d'Aumale, qui, ainsi que les précédents, trouva, grâce k la République, les portes de la France ouvertes pour lui et toute la nombreuse descendance de Louis-Philippe, ayant poussé l'héroïsme pendant la guerre jusqu'à daigner coucher dans un lit de fer, lui qui d'habitude ne dormait que dans le palissandre ou le bois de rose, et ayant fait trompeter dans tous les journaux k sa dévotion ce haut fait digne d'un héros, on le qualifia du sobriquet de l'Homme au lit de fer. Le général Changarnier, qui, vers la fin de l'Empire, s'était tout d'un coup senti pris d'une vive tendresse pour Napoléon III et avait sollicité un commandement dans l'armée, reçut le sobriquet de Momie articulée ; puis, par allusion k sa manie de se frotter d essences, de s'oindre de pommades et de se maquiller, on l'appela Général Bergamotte, et plusieurs fois aussi Vieux bâton de cosmétique.
Pendant le siège de Paris, quand on voulait désigner le général Trochu , on disait l'Homme au plan, parce qu'il prétendait avoir un plan pour triompher des Prussiens et que ce plan était, pour le cas d'accident personnel, déposé chez son notaire ; mais quand on vit ce généra! de sacristie se contenter de faire brûler des cierges k l'autel de la Vierge, on ne l'appela plus que Trochu le Mystique, et le Mystificateur. Le trop fameux général Ducrot, qui avait fait afficher sur tous les murs de Paris une immense proclamation dans laquelle il disait, & la veille d'une sortie : « Parisiens, je ne rentrerai que mort ou victorieux, » rentra battu et bien portant; on lui donna aussitôt le sobriquet de Ni mort ni victorieux. Cette appellation, étant trop longue, fut couvertie en le Champignouf, qui rappelait le rôle joué par ce général au combat de Champigny. Après la bataille de Buzenval, on lui accola le surnom de Général Trop tard. C'est ainsi que le peuple se venge.
M. Ernest Picard, qui, à l'inverse de tous les habitants de Paris pendant le siège, avait vu la rotondité de son abdomen se développer davantage encore, reçut le sobriquet de Gavroche ventru et de Fantoche obèse. Jules Ferry reçut à la même époque le sobriquet de Ferry Pain de siège et de Ferry la Famine. Un autre membre du gouvernement de* la Défense nationale , célèbre par la sensibilité de sa fibre lacrymale, fut flétri des sobriquets de Pleurnichard et de Pas une pierre, pas un pouce. Un autre, M. Jules Simon, était depuis longtemps connu sous le sobriquet de Marmiteux ; il fut aussi nommé Six cent six, de son numéro d'ordre dans l'Internationale. Plus tard, en voyant ses efforts inouïs pour se cramponner à son portefeuille de l'instruction publique, on l'appela l'Indécrochable.
M. Steenackers, qui représentait, hors de Paris, les postes, les télégraphes et les pigeons voyageurs , s'était paré de tant de galons, de torsades et d aiguillettes d'or, qu'il se vit surnommer en province le Galonnier ambulant et Paon mousseux. Chaque fois que l'on écrivait le nom de M. de Kératry, on ne manquait pas d'ajouter : Qui n'a pas froid aux yeux, qualification qu'il s'était modestement donnée lui-mêtne. M. de Larcy fut le Monsieur qui ne demande pas mieux que de s'en aller, mais qui restait toujours en place. Le sobriquet l'Intempestif fut accolé au nom de M. Dahirel, parce qu'il parlait toujours k tort et k travers k la Chambre. M. le vicomte de Cuinont reçut le sobriquet de la Charrue avant les bœufs, et, par opposition, on appela M. Barascud Tout est en place. Quand on écrivait le nom de M. Tarbé des Sablons, à ce qualificatif de des Sablons on ajoutait souvent : et autres lieux malpro-
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près. M. Janvier de La Motte, qui, sous l'Empire, s'était donné le sobriquet de Père des pompiers, ayant été traduit en justice pour détournement de fonds, vit son premier sobriquet remplacé par le Plus honnête homme du monde, nom que lui donna un témoin à décharge, M. Pouyer-Quertier, en expliquant au tribunal que les détournements dont il était accusé n'étaient que de simples virements et que cela se pratiquait partout.
Mais l'homme qui a la plus nombreuse collection de sobriquets à sou actif est, sans contredit, M. Thiers. Les journaux publiés à Paris pendant la Commune le baptisèrent chaque jour d'un nouveau surnom. Antérieurement , on l'avait déjà nommé : Foutriquet, Montretout, Père Transnonain, et, à-propos des fortifications de Paris , Général Tom- Pouce; on l'appela tour à tour et simultanément : Attila te Petit, Tamerlan à lunettes, Cœur saignant , Croquemort de la nation , Vieux pandour, Rural 1er, Général Boum, Roi des Versailleux ou des Versaillots, Satrape de Seine-et-Oise, Mirmidon 1er, le Notât, Caméléon, César en raccourci, etc., et Papa Bécon, Papa Moulineaux, Père Saquet, à cause des batteries qu'il avait édifiées au château de Bécon , aux Moulineaux et au moulin Saquet. Depuis le 24 mai 1873, les journaux entretenus par la veuve de Napoléon III ne parlent jamais de lui sans remplacer son nom par cette formule : le Sinistre vieillard. Enfin, pour terminer cette liste déjà longue et qu'on pourrait facilement allonger encore, ajoutons un dernier sobriquet. Pendant le second siège de Paris, un général de la Commune, nommé Bergeret, se rendit ridicule en faisant placarder partout une affiche annonçant aux Parisiens que • le général Bergeret lui-même se transporterait à la porte. Maillot, etc. » A la lecture de cet avis si singulièrement rédigé, les Parisiens partirent d'un éclat de rire homérique. L'homme était toisé, jugé, jaugé, et l'on n écrivit plus le nom de ce général, pour n'importe quelle cause, sans y ajouter le qualificatif lui-même.
SOBRY (Jean-François), littérateur français, né à Lyon en 1743, mort à Paris en 1820. Son droit terminé, il se fit recevoir avo- ■ cat k Paris, entra dans les finances et, destitué à l'avéneinent de la Révolution, retourna dans sa ville natale, où il obtint une place de juge de paix ; puis il devint, à la fin de 1794, secrétaire greffier de la commune de Lyon, revint à Paris occuper une place au ministère de l'intérieur et se déclara théophilanthrope zélé. Renvoyé du ministère après le 18 brumaire, il fut nommé commissaire de police. Ses principaux ouvrages sont : le Mode français (1786, in-8<>); le Nouveau Machiavel ou Lettres sur la politique (1788, in-8°); Bappel du peuple français à la sagesse (1796, in-go); Apologie' de la messe (1797, in-so).
SOBRYA s. m. (so-bri-ia — de Sobry, n. pr.). Bot. Syn. d'ENHVDRE.
SOC s. m. (sok — du bas latin soccus, que l'on regarde communément comme un mot d'origine celtique, en comparant l'irlandais soc, socc, génitif suie, bec, groin, soc, corps pointu en général, d'où socan, armé d'un bec, kymrique suh, sweh, soc et groin, ancien cornique soch, armoricain souck, soh. Ce mot a des affinités étendues, mais son origine primitive reste incertaine. Dans l'ancien allemand, nous trouvons suoha, herse, à côté de seh, sech, soc, et de sahs, anglo-saxon seax, Scandinave sax, couteau. Le russe et le polonais socha, charrue, d'où le russe soshnika, soc, complique encore la question, car, d'une part, l'ancien slave socha ne signifie que colonne, comme le russe soshka, polonais soszka, étai, fourche à étayer, et, de l'autre, le c/i slave correspond dans la règle à s ou sh sanscrit, et parfois à fesh. On ne sait, de plus, si l'o remplace ici un a ou un u primitif. Le sanscrit ne nous vient point en aide ; car ni suka, flèche, ni stlci, aiguille, cône, ne peuvent rendre compte des formes celtiques et slaves, qui ne s expliqueraient que par un thème sûksha, peut-être conservé dans sûkshma, fin, subtil, pointu. Toute conjecture sur l'origine de ces noms du soc et de la charrue reste d'autant plus incertaine que, soit hasard, soit rapport réel, les langues sémitiques présentent ici quelques analogies ■ frappantes dans l'arabe sikkut, soc, sikkin, couteau, hébreu sakkin, sakka, coin à monnayer, clou, tous du radical sakka, shakka, siiaqqa, il a fendu, coupé, percç, divisé, lequel se retrouve même dans l'ancien égyptien sekeu, sekea, labour, cophte skai, skei, labourer, et siki, sike, briser, broyer). Partie de la charrue qui ouvre la terre et creuse le sillon : Le bec d'un soc. L'oreille du soc. Ces terres étaient en friche, c'étaient des landes; jamais le soc n'y avait passé, n'y était entré. (Acad.) Le soc vient immédiatement derrière le coutre. (M. de Dombasle.) La terre ne produit que sous le soc qui la déchire. (A. Martin.)
Qui forgea le sue était sage,
Et qui fit l'épée était fou.
Lamotte.
— Encycl. Agric. V. charrue.
SOCAGE s. m. (so-ka-je — rad. soc). Péod. Sorte de corvée consistant à labourer les terres do seigneur.
SOCAKI, SEKAK1 ou SERAKl (Abou-Yacoub - Yousouf-Seiadj-Eddin al), écrivain
SOCI
I que les historiens ont appelé le Qulmiiien ! dos Arabes, né en 1160, mort en 1226 ou 1229. Il était Persan de naissance, mais il a écrit en arabe son célèbre ouvrage intitulé : Meftah al oloum (Clef des sciences). C'est un ouvrage classique, concernant les institu- • tions oratoires et divisé en trois parties : grammaire, poésie et rhétorique. La bibliothèque de l'Escurial et celle de Leyde possèdent chacune un exemplaire manuscrit de l'ouvrage de Socaki; celle de Paris possède deux exemplaires delà troisième partie, qui contient l'art oratoire et qui se trouve aussi à la bibliothèque Bodléienne. Les bibliothèques de Paris et de l'Escurial possèdent aussi plusieurs commentaires manuscrits sur cet ouvrage, par des auteurs arabes.
SOCCAGE s. m. (so-ka-je). Techn. Opération qui consiste à faire évaporer l'eau salée pour en obtenir le sel. il Temps que met le sel à se précipiter par cette opération.
SOCCH1EVE, bourg du royaume d'Italie, province d'Udine, district d'Anipezzo, mandement de Tolmezzo; 2,014 hab.
SOCC1A, bourg de France (Corse), cheflieu de oant., arrond. et à 37 kilom, N.-Ë. d'Ajaccio ; pop. aggl., 789 hab. — pop. tôt., 798 hab. Elève de bétail ; tabac.
SOCGOLANT s. m. (so-ko-lan). Hist. relig. Nom donné quelquefois aux religieux de Saint-François.
— Encycl. Les soccolants formaient une congrégation de religieux franciscains d'une forme particulière, établie par saint Paulet de Foligny en 1368. Celui-ci était un ermite qui, voyant que les habitants des montagnes voisines de son ermitage portaient des socques ou des sandales de bois, prit pour luimême cette chaussure, et elle fut adoptée par ceux Qui voulurent imiter sa manière de vivre ; de là ils furent appelés soccolanti. Les récolkts et les carmélites ont été chaussés de même.
SOCCOTRIN adj. m. (so-ko-train). Se dit d'une espèce d'aloès. il On dit plus ordinairement SUCCOTRIN.
SOCCUS s. m. (so-kuss). Bot. Syn. d'AR-
TOCAKPE OU JACQUIER.
SOCHACZEW, ville de la Russie d'Europe, dans le gouvernement et à 52 kilom. de Varsovie, sur la rive droite de la Bzura ; 2,000 hab.
SOCHËIt (Joseph), philosophe allemand, né à Pentingen (Bavière) en 1755, mort en 1821. Sa vie n'oiîre aucune particularité remarquable ; on sait seulement qu'il était membre de l'Académie des sciences de Munich et du parlement bavarois. On lui doit : Appréciation des nouveaux systèmes en philosophie (1800, in-8°); Esquisse des systèmes philosophiques (1802, in-so); Sur les écrits de Platon (Landshut, 1820).
SOCHET s. m. (so-chè — dimin. de soc). Sorte de charrue sans roue.
SOCHO, ville de la Palestine ancienne, dans la tribu de Benjamin, au N. de Jérusalem, entre Bethel et Rama. C'est près de Socho que, suivant la Bible, David tua le géant Goliath.
SOCIABILISEH v. a ou tr. (so-si-a-bi-li-zé — rad. sociable). Rendre sociable.
SOCIABILITÉ s. f. (so-si-a-bi-li-té — rad. sociable). Aptitude k vivre en société : La sociabilité est une disposition naturelle à l'espèce humaine. On remarque dans certaines espèces d'animaux une sorte de sociabilité. (Acad.) La sociabilité de l'homme est l'effet d'un penchant naturel. (Cuv.) Les aniniaux les plus rapprochés de l'homme par l'intelligence, les singes, présentent des instincts de sociabilité bien marqués. (A. Maury.) La sociabilité fonde la société humaine, l'amour la conserve. (Jouffroy.) La femelle est le lien de sociabilité dans toutes les espèces. (Toussenel. ) Qu'est-ce que la sociabilité, sinon un attrait réciproque, une affection mutuelle qui a pour objet le bien général? (Ed. Laboulaye.) La cause de la démocratie n'est autre que celle de la sociabilité même. (Lerminier.) Tous les êtres tendent à la sociabilité. (Alibert.) Le perfectionnement de l'homme est lié à la sociabilité. (Portalis.) L'égoïsme est barbare; il est la mort de la sociabilité et même de la politesse. (Le P. Félix.) L'amour légitime est un des principes de ta sociabilité. (Maquel.) La sociabilité est comme l'attraction des êtres sensibles. (Proudh.) En violant l'instinct de sociabilité, en se séparant du monde, le saint veut s'élever au ciel, mais son corps l'embarrasse; pour se faire ange, il se fait brute. (A. Martin.) La sociabilité du genre humain, c'est l'amour des hommes. (A. Martin.) La sociabilité est l'attribut distinctif de notre nature. (Mich. Chevalier.)
— Qualité d'une personne sociable; aptitude, penchant à fréquenter la société, à rechercher la société de ses semblables : C'est la sociabilité qui abolit ia sincérité, (Rigault.) La sociabilité met une sourdine à la critique, mais ta laisse parler. (Rigault.) Il est naturel d'avoir des égards les uns pour les autres; ta sociabilité nous y porte. (Roubaud.)
SOCIABLE adj. (so-si-a-ble — du lat. socius, compagnon). Qui est naturellement porté à chercher la société, qui est né propre à vivre en société : L'homme est sociable:. Il y
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a des nations plus sociables les unes que les autres. (Acad.) Il n'y a rien de plus sociable que l'hommepar sa nature. (Boss.) Il n'y a rien de plus sociable que l'homme par sa nature, ni rien de plus discordant et de plus contredisant par son vice. (J.-J. Rouss.) La domesticité chez les animaux est un effet de l'instinct sociable. (Cuvier.) Le loup vit dans tes forêts, le chien vit près de l'homme ; l'un vit à peu près solitaire, l'autre est essentiellement sociable. £Cuv.) Tout a concouru à rendre l'homme sociable. (Buff.) Si l'homme est né le plus faible, en revanche il est né le plus sociable de tous les animaux, (pariset.) L'homme est sociable d'instinct, et chaque jour il le devient par raisonnement et par élection. (Proudh.) Le ciel a formé l'homme animal soct'n&Ie.
Voltaire.
Il Qui aime, qui recherche la société de ses semblables : liien de plus sociable que le Parisien.
— Avec qui il est aisé de vivre, qui est d'un bon et facile commerce : C'est un homme sociable. Je le verrais quelquefois s'il était sociable, plus sociable. C'est un bourru, un fantasque; il n'y a pas d'homme ntoins SOCIA- BLE. (Acad.) L'on est plus sociable et d'un meilleur commerce par le cœur que par l'esprit, (La Bruy.) Trajan vivait en bon et sociable citoyen. (Fén.) L'homme sociable est l'homme par excellence. (De Bonald.) Il Qui appartient, qui a rapport aux personnes sociables : Humeur sociable. Esprit sociable. Caractère sociable. La politesse ne donne pas les vertus, elle les rend sociables. (De Surgères.) Il y u dans le génie français quelque chose de sociable, de sympathique. (Gui-
SOCIABLEMENT adv. (so-si-a-ble-man — rad. sociable). D'une manière sociable ; Il s'est conduit assez sociablement. (Acad.)
SOCIAL, ALE adj. (so-si-al, a-le — du latin sociaiis, provenu lui-même de socius, allié, ami, qui représente exactement, selon Eiehhoïf, le sanscrit sakhd, sokyas. ami, de la racine sagy ou sasg, joindre, adhérer). Qui concerne la société -. L'ordre social. La vie sociale. Les institutions sociales. Le contrat social. Le pacte social. Les vertus, les qualités sociales. Les rapports sociaux. (Acad.) Solo» développa dans les Athéniens te germe de toutes les vertus sociales. (Condill.) Il y a tant de contradictions entre les droits de la nature et nos lois sociales, que pour les concilier il faut gauchir et tergiverser sans cesse. (J.-J. Rouss.) Les lois générales du monde social sont harmoniques. (Bastiat.) Il y a des crimes qui, en troublant l'ordre moral, troublent l'ordre social et motivent l'intervention politique. (Chateaub.) Le passage de l'état sauvage à l'état social est une énigme dont aucun fait historique ne donne la solution. (B. Const.) L'ordre social, eu toutes choses, n'est que la raison. (Rossi.) La bienveillance est un sentiment de l'homme social. (Latena.) Les institutions divines et sociales destinent les femmes aux trois états de fille, d'épouse et de mère. (Mme de Rémusat.) La science sociale considère l'activité humaine dans son ensemble et s'intéresse à toutes les branches de cette activité. (J.-N. Bénard.) L'amour est te principe social par excellence. (Maquel.) La liberté de ta presse a le double caractère d'une institution politique et d'une néeqgsité sociale. (Royei-Coliard.) Il n'y a point dans l'ordre social une plus grande difficulté que celle du salaire. (L. Vauuher.) Le mal social ne sera vaincu que par des vérités sociales. (A. de Gasp.) Beaucoup de gens parmi nous croient et espèrent en un Evangile social. (Proudh.) La science sociale est la connaissance raisonnée et systématique de ce qu'est la. société dans toute sa vie, c'est-à-dire dans l'ensemble de ses manifestations successives. (Proudh.) La philosophie sociale est essentiellement la science et la paix. (V. Hugo.) Ce n'est à aucun nom propre que s'adressent les vérités sociales; c'est à la société elle-même. (Guizot.) Ce qui fait la vie sociale, c'est ta sécurité et le progrès. (Guizot.) Dans l'état social, ta liberté c'est la participation au pouvoir. (Guizot.) Guérir l'intempérance serait attaquer à sa racine te mal social. (Renan.) La richesse est la force Sociale accumulée. (É. Pelletan.) Le droit social est absolu, comme la justice dont il est l'expression. (Vaeherot.) Le droit des plus nombreux, c'est le droit social. (E. de Gir.)
.... Une raison hardie
De l'état social désordonné les rangé.
Deljlle.
— Ecole sociale ou sociétaire, Ecole phalanstérienne ou fouriériste.
— Science sociale, Science de l'organisation et du développement des sociétés.
— Etre social, Celui qui vit en société.
— Politiq. Questions sociales, Celles qui se rapportent au développement intellectuel, moral et matériel des masses populaires, en dehors de la politique : Il n'y a plus de questions politiques; il n'y a plus que des questions sociales. (De Metternicb.) Les questions politiques se tranchent à coups de sabre, mais te sabre est impuissant contre les questions sociales. (E. de Gir.) il Contrat, traité, pacte social, Convention expresse qui règle les droits et les devoirs respectifs d'un peuple et de son gouvernement : La rétroactivité
SOCI
I rompt la condition du traité social. (B.
\ Const.)
i ... Que dis-tu de ces barbares lois,
i Qui, des usurpateurs consacrant l'injustice,
| Du pacte social renversent l'édifice?
| Dbulle.
il République démocratique et sociale, Celle qui a pour programme des réformes qu'elle' veut apporter à l'état social actuel.
— Hist. rom. Guerre sociale, Guerre que les peuples de l'Italie, alliés de Rome, firent à la république du temps de MariusetdeSylla.
— Comm. Qui concerne les sociétés de commerce : La raison sociale de cette maison. Les engagements sociaux. Le fonds social. Cet associé a la signature sociale de la maison de commerce. (Acad.)
— Hist. nat. Se dit des espèces animales ou végétales qui sont représentées par un grand nombre d'individus réunis dans un espace restreint.
SOCIALEMENT adv. (so-si-a-le-man — rad. social}. D'une manière sociale, dans l'ordre social.
— Se dit particulièrement de ce qui a rapport à la science sociale : Il faut que l'anarchie s'universalise pour que le besoin d'ordre stable puisse se faire socialement sentir. (Colins.) L'excès d'anarchie peut seul faire sentir, socialement, le besoin de la vérité. (Colins.) Le droit de la majorité, c'est le droit du plus fort socialement transformé. (E. de Gir.)
SOCIALISATION s. f. (so-si-a-li-za-si-on — rad. socialiser). Action de socialiser, de mettre en société, u Peu usité.
SOCIALISER v. a. ou tr. (so-si-a-li-zé — rad. social). Rendre social, réunir en société : Il y a des caractères qu'il est impossible de