‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 14Chapitre 470 sur 1059 · V. Sneyders · texte numérisé non relu

V. Sneyders

SO, roi d'Egypte qu'Osée, le dernier roi d'Israël, appela a son secours contre Salmanassar{ll, Aois, xvii, 4). On.a émis différentes hypothèses sur l'identité de ce personnage historique. Les uns ont voulu y voir Sabaco, roi égyptien d'origine éthiopienne, qui, suivant certains auteurs, aurait régné huit ans et suivant d'autres cinquante. D'autres ont cru y reconnaître Svechni, qui est mentionné par Manéthon comme le fils de Sabaco et qui aurait régné pendant douze on quatorze ans. Enfin, on l'a pris pour un roi égyptien nommé Zèt, qui est très-probablement le même que celui qu'Hérodote appelle Selhon.

SOA-AGER s,, m. (so-a-a-jèr). Erpét. Nom vulgaire de quelques lézards, voisins des iguanes , et appelés aussi lézards portecrête, qui habitent Amboine et les Antilles. Il On dit aussi soajer.

SOALA s. m. (so-a-la). Bot. Genre d'arbustes, de ia famille des clusiacées, dont l'espèce type croît aux îles Philippines.

SOALLÉE s. m. (so-a-lé). Métrol. Mesure de capacité employée à Calcutta, et valant 82lit,38.

SOANDA, ville de l'ancienne Asie Mineure, dans la Cappadoce. C'est aujourd'hui la ville turque de Juzghat.

SOANE ou SONE, en latin Bonus, rivière de l'indonstan anglais. Elle prend sa sourde dans l'ancienne province dé Gandwana, qu'elle sépare de l'Allahabad, coule au N.-E., k travers la province do Bahar, et se jette dans le Gange, k 36 kilom, O. de Putna, après un cours de 800 kilom.

SOAPiE (sir John), célèbre architecte anglais, né à Reading, dans le Berkshire, en 1750 (suivant d'autres en 1753), mort k Londres en 1837. Il fit ses premières études sous George* Dance, et les compléta h l'Académie royale. En 1777, il obtint un subside pour faire un voyage en Italie et devint membre des Académies de Florence et de Panne, De retour en Angleterre, il dirigea la construction de plusieurs monuments dont il publia la description (Londres, 1788 et 17S9). En 1803, l'Académie l'admit dans son sain et, en 1809, Dance ayant donné sa démission, Soane lui succéda comme professeur d'architecture.

En 1833, il décida que ses précieuses collections deviendraient après sa mort un musée public, et légua 30,000 livres sterling pour l'entretien et l'accroissement de ce musée. On a de Soane : Edifices publics et privés (Public and private buildings) [1828, ia-fol.], et Mémoires professionnels dun architecte (Mcmoirs of the professionnal life of an architect) [Londres, 1834, in-4»].

SOAISEN (Jean), prélat français, célèbre par son attachement au jansénisme, né à Riom en 1647, mort à La Chaise-Dieu en 1740. Il eutra en 1661 dans la maison de l'Oratoire, à Paris, eut pour directeur le Père Quesnel, dont il embrassa les principes, et s'adonna d'abord à l'enseignement. S'étant ensuite livré à la prédication, il fit preuve d'un talent oratoire qui lui valut d'être chargé de prêcher le carême à la cour en 1686 et 1688. Fénelon, qui l'entendit, fut tellement charmé de son éloquence qu'il le cita comme un modèle à suivre k l'égal de Massillon. En 1690, Soanen fut nommé par le roi député à l'Assemblée de sa congrégation et devint, en 1695, évêque de Senez. Il vivait paisiblement dans son petit diocèse, qu'il quittait de temps à autre pour aller prêcher dans les principales villes du Midi, lorsque le pape lança contre le Père Quesnel la célèbre bulle Unigenitus (8 septembre 1713). Soanen fit partie des quinze évêques qui refusèrent de recevoir cette bulle (1714). 11 se rendit k Paris quelque temps après la mort de Louis XIV, se signala par la vivacité de son opposition, en appela au futur concile (1717) et reçut l'ordre de quitter Paris. Il se lia alors avec les jansénistes de Hollande, fit un nouvel appel en 1720, signa en 1721 une lettre rédigée par le docteur Boursier et adressée à Innocent XIII, pour protester, et lit paraître, en 1726, une instruction pastorale, dans laquelle il rendait compte de sa conduite. Cette in-

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struction fut déférée au concile réuni l'année suivante à Embrun. Soanen se vit, nonsculcinent censuré, mais suspendu de ses fonctions sacerdotales, et il fut exilé par ordre du roi à. l'abbaye de La Chaise-Dieu, où il finit ses jours. A partir de ce moment, il devint l'objet d'une sorte de culte de la part des jansénistes, qui en rirent un saint et allèrent jusqu'à lui attribuer des miracles. Ou a de lui : Sermons sur différents sujets { Paris, 1751, 2 vol. in-12) et des Lettres qui ont été publiées avec sa Vie (1750, 2 vol. in-4°).

SOANK, rivière de l'Indoustan anglais, la même que le Bramiko. V. ce mot.

SOARDI (Victor-Amédée), théologien, né k Turin, mort à Avignon en 1752. Il vint à Paris en 1735 et professa pendant quelque temps la théologie au séminaire de Saint-Firmin. Il fut plus tard recteur du collège pontifical d'Avignon, Ou a de lui: De suprema romani pontifiais auctoritale hodierna ecclesise gallicans doc.trina (Avignon, 1747, 2 vol, in-4<>); cet ouvrage, dans lequel il était dit que le clergé de France était favorable aux prétentions pontificales et hostile aux idées gallicanes, fut supprimé par arrêt du parlement du 25 juin 1748 ; il a été réimprimé à Heidelberg en 1793.

SOARDI (le comte Jean-Baptiste), mathématicien italien, né à Brescia en 1711, mort dans la même ville en 1707. Il étudia à Brescia et à Padoue, prit des leçons de mathématiques sous le célèbre Poleni et inventa des instruments de mathématiques, etc. On a de lui, en italien : Nouveaux instruments pour décrire diverses courbes anciennes et modernes et beaucoup d'autres gui peuvent servir à la géométrie spéculative et pratique, avec un projet de deux nouvelles machines pour la science nautique et d'une autre pour la mécanique (Brescia, 1752, in-4°, fig.) ; Entretiens (Brescia, 1764), consacrés à l'explication des découvertes faîtes par l'auteur.

SOAREZ D'ALBERGARIA (Lopez), amiral portugais. Appelé en 1515 au commandement de la flotte des Indes, il exerça ces fonctions pendant cinq ans , combattit sur la mer Rouge contre Soliman et éprouva plusieurs revers.

SOAVE, bourg du royaume d'Italie, province de Vérone, district de San-Bonifacio, chef-lieu de mandement; 3,843 hab.

SOAVE (Francesco), littérateur italien, né à Lugano en 1743, mort k Pavie en 1806. 11 fut élevé chez les Pères somasques à Milan, k Pavie et à Rome. Nommé professeur des pages à Parme, Soave obtint quelque temps après une chaire de poésie et d'éloquence k l'université de cette ville, où il apporta diverses améliorations dans le système de l'enseignement, et publia divers ouvrages. Sa chaire ayant été supprimée, Soave fut envoyé à Milan et chargé d enseigner la philosophie. Il substitua la philosophie de Locke aux idées de Gassendi et de Malebranche, alors en grande vogue en Italie, travailla avec beaucoup de zèle à la simplification des méthodes d'enseignement et rédigea un cours de logique, de métaphysique et de morale qui devint bientôt classique. Appelé à faire partie de l'institut national d'Italie lors de sa formation, il devint proviseur du lycée de Modène en 1802, puis professeur d'idéologie à Pavie. Soave a beaucoup contribué aux progrès de l'instruction en Italie par le perfectionnement qu'il a apporté aux méthodes pédagogiques. II s'occupa particulièrement do l'instruction populaire et composa pour les écoles normales des éléments d'orthographe, de prosodie et même des cahiers de lecture et d'écriture. Nous citerons, parmi ses écrits : Jlicerche intorno ail' instituzione naturale di una societa e di una lingua (Milan, 1772, in-8°) ; lîiflessioni intorno l 'instituzione d'una lingua universale (Rome, 1774, in-12), où il considère comme chimérique l'idée d'une langue universelle; Grammatica ragionatu délie lingua italiana e latina (Parme, 1792, in-s<>) ; Lezioni de relorica e di belle-lettere (1801, 3 vol. in-go); Zristituzioni di' logica, metafisica ed etica (Pavie, 1804, 4 vol. in-12) ; un assez grand nombre de dissertations, insérées dans les Opuscoli scelti de Milan ; des traductions en vers blancs de l'Odyssée, d'Hésiode, d'Horace , des Bucoliques et des Géorgiques de Virgile, etc. L'ouvrage qui a principalement contribué k sa réputation est un petit livre, intitulé Novelle morali, qui a eu de nombreuses éditions et a été plusieurs fois traduit en français , notamment par Mme Louise Colet (1844, in-18). Ses Œuvres complètes ont été publiées k Milan (1815-1817).

SODA11, ancien petit royaume de la Syrie, dans Ja vallée du Liban. 11 fut soumis par David en 1030 av. J.-C.

SOBECH1 ou SOBCHI (Tadjeddin Abdalvahab), fils d'Ali, historien arabe, mort l'an 756 de l'hégire (1355), d'après Herbelot, ou, d'après les auteurs du catalogue de la Bibliothèque de Paris, l'an 850 de l'hégire (1466). Il a écrit plusieurs ouvrages dont le principal est une Histoire des grands hommes chafeites qu'il finit à Damas en 754 de l'hégire (1353) d'après Herbelot. La bibliothèque Bodléienne et celles de Paris et de Leyde possèdent chacune un manuscrit de cet ouvrage. Celui de la bibliothèque de Leyde est intitulé : Histoire et classes des sectes orthodoxes.

SOBEJANO Y AYALA (José) , compositeur

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espagnol, né à Cintruenigo, province de Navarre, vers 1810. Il a été successivement premier organiste de l'église Saint-Cernin, ii Pumpeluue, de la basil.que de Santiago et de la cathédrale de Léon, directeur de la classe de musique au collège des filles de l'Institut espagnol et professeur au séminaire des nobles. On cite, parmi ses compositions : Deux méthodes de solfège et piano, divisées en six tableaux ; Divertissements pour piano avec chants, hymnes, etc. ; les Sept paroles, pour instrument k vent et quatre ou huit voix; onze Messes, deux Offices complets dos morts, six Salve, plusieurs Motels k la Vierge, etc.

SOBERNHEM, ville de Prusse, province du Rhin, régence de Coblentz, cercle et k 16 kilom. S.-O. de Creuznach, sur la Nahe;- 2,732 hab. Fabrication de papier; récolte de tabac. Autrefois place forte , démantelée par les Français en 1689.

SOB1ESK1 (Marc), capitaine polonais, né en 1525, mort en 1606. Il appartenait k une famille qui faisait remonter son origine à une époque antérieure à l'avènement des Piast et qui avait une grande situation dans le palatinat de Lubliu. Marc Sobieski, qui fut successivement grand échanson de la couronne et palatin de Lublin , rit ses premières armes dans la guerre que les Polonais déclarèrent k Michel, hospodarde Valachie (1550), et, par sa valeur, il assura le triomphe de ses compatriotes. En 1577, il battit, près de Tczewo, les habitants de Dantzig révoltés, se rendit maître de leur ville et tua de sa propre main le général ennemi. Deux ans plus tard , il prit part k la guerre contre les Moscovites, se signala par de nombreux faits d'armes et enleva, en 1581, la forteresse de Sokol. — Son frère, Albert Sobieski, trouva la mort dans cette dernière affaire, et son autre frère , Sebastien , périt également en combattant quelques années plus tard.

SOBIESKI (Jacques), capitaine et diplomate polonais, fils de Marc Sobieski et surnommé le Bouclier de la liberté, né en 1579, mort en 1647. Il fut successivement grand maréchal de la diète k quatre reprises, sénateur, grand écuyer de la couronne, palatin de Belz, puis de la Ruthénie rouge et castellan de Uracovie (1646). Jacques Sobieski fut également remarquable comme homme de guene et comme diplomate. En 1618, il suivit Wladislas dans l'expédition que celui-ci entreprit coutre la Russie et qui amena le traité de Diwilina. Puis il marcha contre Osman II, entraen Pologne à la tête d'une armée formidable, lui tua 80,000 hommes et signa au nom de la Pologne la paix de Choczim. Comme plénipotentiaire de son pays, il signa encore les trêves d'Alinark (1029) et de Stumsdorf entre la Suède et ia Pologne (1629-1635), puis remplit diverses missions diplomatiques en Autriche, k Rome et en France, et fut un des négociateurs du traité de Westphalie. Retiré dans son château de Willanuw, près de Varsovie, il mourut honoré et respecté de ses compatriotes. On lui doit: Conunentarius belli Chotinensis (Dantzig, 1646, in-4o) ; une relation des Voyages qu'il fit eu Europe de 1008 k 1612; Instructions données d ses fils durant leurs voyages, etc. Jacques Sobieski eut quatre fils, dont l'un fut le célèbre Jean Sobieski, dont nous allons parler.

SOBIESKI (Jean III),, roi de Pologne et l'un des héros du xvn° siècle, fils du précédent, né au château d'Olesko, au pied des monts Karpathes, sur les confins de la Lithuanie et de la Pologne, eu 1629, mort k Willanow, près de Varsovie, en 1696. Son père le fit voyager dans les différentes contrées de l'Europe, et lui-même, tenant k honneur de commencer sa carrière militaire en France, servit pendant quelque temps dans la maison militaire de Louis XIV encore enfant. Il apprit k Constuntinople la mort de Wladislas Vusa et la défaite de Pilawien, qui mettait la Pologne k deux doigts de sa perte, tevint avec son frère pour offrir ses services k sa patrie, mais trop tard pour embrasser son vieux père, qui venait de mourir. Sa mère les accueillit comme une héroïne Spartiate : a Venez-vous nous venger? leur ditelle avant de les embrasser; je ne vous reconnais plus pour mes enfants si vous ressemblez aux lâches qui ont fui k Pilawiec 1 » Ils ne lui répondirent qu'en courant aux armes (1648). Dès ce moment, la vie de Sobieski ne fut plus qu'un enchaînement de grandes actions. II se couvrit de gloire à Sborow, où il parvint k empêcher la défection de l'armée polonaise ; pendant la guerre contre Charles-Gustave, roi de Suède, et ses alliés, les Cosaques, les Tartares et les Moscovites (1653-1660), où il apprit k vaincre au milieu d une armée presque toujours battue. Il fut successivement revêtu des dignités de porte-enseigne de la couronne (1651), grand maréchal, grand hetman (1665), grand général. Pendant les guerres civiles entre Casimir et le rebelle Lubomirski (1665), il sauva, par une retraite savante, l'armée royale, compromise par les fautes du monarque, fut chargé, en 1667, de repousser une invasion de 100,000 Tartares, Turcs et Cosaques, dans un moment où la Pologne était épuisée d'hommes et d'argent et où les meilleurs généraux de l'Europe prédisaient sa perte. Sobieski engage ses propriétés, réorganise l'armée, marche à l'ennerai , s'enferme dans la petite

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place de Podhaïce, où il soutient dix-sept assauts consécutifs, sort ensuite de ses retranchements et écrase, dans une grande bataille, les nuées de barbares qui l'assiégeaient. L'élection de Michel Koribut (1669), monarque . incapable et jaloux de la gloire du héros polonais, permet à l'ennemi de reprendre l'avantage. Une partie de )a noblesse indignée proclame Sobieski roi de Pologne. «Commençons par sauver la patrie ! » s'écrie-t-il. Et il repousse de nouveau les Tartares et les Turcs par une série d'éclatantes victoires,

fiendant que le lâche Michel leur livre, par e traité de Buczacz (1672) , Kaminiec , l'Ukraine, la Podolie et se soumet à l'humiliation de leur payer un tribut, dans l'espérance d'être secouru par eux contre son rival. Sobieski parvient à faire annuler par la diète ce traité déshonorant, retourne attaquer les Turcs sous le canon de Choczim et les écrase dans une bataille décisive (1673). Le même *our, Michel mourut, et. après un interrègne orageux, l'unanimité des suffrages décerna définitivement la couronne à Sobieski, qui prit le nom de Jean III. Les premiers jours de son règne furent marqués par une nouvelle agression des Turcs; il vola de nouveau au combat, éprouva quelques revers ; mais enfin , après avoirhabilement gagné la médiation du kan des Tartares, il signa la paix provisoire deZura'wno (1676). Après quelques années de paix, il céda aux sollicitations du pape et conclut un traité d'alliance avec l'empereur Léopold 1er, menacé d'une invasion de 300,000 Turcs et Tartares (1683), qui, peu de temps après , inondèrent en effet l'Autriche et vinrent assiéger Vienne sous la conduite du vizir Kara-Mustapha. Cette capitale, lâchement abandonnée par son souverain , se défendit longtemps, quoique sans espoir de salut. Elle était sur le point de succomber, lorsque l'héroïque Sobieski accourut à marches forcées à la tête d'une faible armée et sauva la civilisation européenne en écrasant toutes les forces musulmanes. Néanmoins , l'empereur montra à son égard la plus noire ingratitude. Le roi de Pologne poursuivit ensuite les Turcs en Hongrie , essuya un revers à Parkan , mais prit une éclatante revanche peu de jours après et rentra dans ses Etats honoré de l'admiration de l'Europe entière. Il reprit de nouveau les armes en 1684 , puis en 1691 , la première fois pour tenter inutilement d'arracher Kaminiec aux Turcs, la seconde pour conquérir la Moldavie. Mais, mal secondé, il avait été obligé, dans l'intervalle, de signer le traité de Moscou, funeste à la Pologne. Les dernières années de ee héros furent troublées par des diètes tumultueuses, par des désordres intérieurs et par de vains efforts pour assurer l'hérédité dans sa famille. 11 mourut en 1696. Grand homme de guerre, mais politique médiocre, il n'a pu que retarder la chute de la Pologne. Son impuissance à contenir une noblesse turbulente fit plus de mal & sa patrie que l'éclat de ses victoires ne lui acquit d'autorité. Néanmoins, ses luttes continuelles contre la barbarie asiatique et son triomphe sous les murs de Vienne lui ont mérité l'admiration de l'Europe entière et l'ont fait ranger parmi les plus illustres défenseurs de la civilisation européenne. « Ce fut Sobieski dont le bras redoutable posa la borne que la domination des Oamaulis ne devait plus franchir. Ce fut devant ses victoires que cette dernière invasion des barbares, jusque-là toujours indomptable et menaçante, vint briser sa furie; elle n'a fait depuis lors que retirer ses flots...» (Salvandy, Sistoire de Pologne.)

Nous reproduisons le jugement que M. Cuvillier-Kleury a porté sur cet illustre homme' de guerre :

■ Le roi Sobieski a tous les caractères et tous les éléments de la grandeur, un seul excepté ; il lui manque l'instrument des grandes choses dans la politique et dans la guerre : il n'a ni un peuple ni une armée. Grand par le cœur, par l'esprit, par le dévouement, par le désintéressement, par le calme et l'ardeur de l'âme, « tortue pour monter « au trône, disait-ou de lui, aigle pour com- ■ battre ; » grand par la parole, par le conseil et la prévoyance; grand surtout par les qualités militaires, car il les a toutes, le courage, la patience, l'obstination, l'audace, le coup d'œil, le sang- froid devant les souffrances inévitables et la mutinerie du soldat; grand enfin par la bonté, cette rare vertu des vrais héros, et qui seulement chez lui dépassa peutêtre les bornes prescrites à l'autorité et à la majesté sur la terre, on peut dire de Sobieski ce que lord Chesterlield disait de la Pologne elle - même : « Si la Pologne avait un bon » gouvernement sous un roi héréditaire, je • ne sais qui pourrait en venir à bout. ■ Et de même, si le roi Sobieski avait eu un peuple de sujets obéissants, une armée fidèle et des généraux dociles pour servir ses desseins, qui sait où se serait arrêtée sa gloire? Il n'avait pas seulement le génie des prouesses polonaises, où il excellait, mais celui de la gfande guerre. Capable de se dévouer comme Léonidas ou de temporiser comme Fabius , il eût tenu tête à Condé, son admirateur et son ami. Il avait des idées de conquérant, des vues d'homme d'Etat, des instincts de réformateur. »

Sobieski (HISTOIRE DE LA POLOGNE AVANT

et sous le roi Jean), par M. de Salvandy. V. Pologne.

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SOBIESKI (Marc), frère du précédent. Il se distingua aux batailles de Zborow et de Beresteczko. Blessé à Batov, il fut fait prisonnier avec l'hetmun Martin Kalinowski.

Bogdan Chinielnicki paya au sultan Mouradyn 30,000 florins comme rançon des prisonniers polonais. Néanmoins, Marc Sobieski et ses compagnons furent massacrés. Alexandre Groza a décrit ce drame sanglant dans un poëme intitulé : Mogily,

SOBIESKI (Jacques-Louis-André), fils aîné de Jean III, né à Paris en 1667, mort à Zolk'tew en 1734. Il épousa la princesse Hedvige- Elisabeth-Amélie de Bavière et ne put réussir à succéder à son père sur le trône de Pologne. Charles XII ayant manifesté l'intention d'opposer à Auguste II Jacques Sobieski comme prétendant a la couronne de Pologne, Auguste s'empressa de déjouer ce projet en faisant enlever Jacques et son frère Constantin. Les deux frères furent détenus dans' la forteresse de Pleissenburg jusqu'en 1706.

SOBIESLAIT, ville de l'empire d'Autriche, dans la Bohême, cercle de Budweis, sur la Luschnitz, à il kilo m. N. de Vessely; 2,830 hab. Fabrication de draps et lainages.

SOBIESZCZAtfSKI (Krançois-Maximilien), bibliographe et écrivain polonais, né dans le palatinat de Lublin en 1814. Lorsqu'il eut achevé ses études, il devint bibliothécaire du comte Tarnowski, à Dzikowo, et fit le catalogue de sa bibliothèque. Il parcourut ensuite à pied l'Allemagne, la Belgique, la France et l'Angleterre, en s'arrêt;int dans les villes où se trouvent des universités pour suivre les cours d'histoire et d'archéologie, assista à Breslau aux leçons de Stenzel,k Paris à celles de Michelet, d Adam Mickiewicz, etc., et travailla dans les bibliothèques. Collaborateur actif du Trimestre scientifique dt Cracovie (183G), rédacteur en chef d'une publication intitulée Kmiotek; rédacteur et administrateur de la Ga3e//eu»HjerseZ/e (1861), chef du comité do la censure de Varsovie, collaborateur de l'Encyclopédie universelle et de la Semaine illustrée, Sobieszezanski a publié les ouvrages suivants : Nouvelles historiques sur les beauxarts dans la Pologne ancienne (Varsovie, 1847-1849, 3 vol.), avec gravures, ouvrage très-estiiné; Esquisse historique et statistique de l'état et du déueloppemeni de la ville de Vursovie depuis les temps les plus reculés jusqu'en 1847 (Varsovie, 1848), avec gravures; fa Vie et les ceuvres de Christophe Arciszewski (Varsovie, 1850); Continuation delà chronique polonaise de Joachim Bielski, depuis 1587 jusqu'à 159S (Varsovie, 1851); Excursion archéologique dans le palatinat de Radom (1852) ; Quelques jours dans le district d'Opoczynsk (1853) ; Almanach publié par l'observatoire astronomique de Varsovie (1857-1861, 5 vol. in-8<>) ; Guide de Varsovie (1857), en polonais, en français et en anglais; Histoire de la ville de Varsovie; Description des églises dans huit diocèses du royaume de Pologne; Dictionnaire des écrivains et dictionnaire géographique de Pologne, etc.

SOBLE s. f. (so-ble — du russe sobol, même sens). Mamm. Un des noms vulgaires de la martre zibeline.

SOBOLE s. m. (so-bo-le — du lut. soboles, rejeton). Bot. Germe ou rudiment d'une* (liante ou d'un rameau, il Sorte de bulbille qui se trouve à la place des bourgeons, des fruits ou des graines, dans quelques végétaux,

— Encycl. Sous ce nom, dont la signification est un peu vague, on désigne tout organe qui contient le rudiment d un nouveau rameau ou d'un nouveau sujet. C'est Une production qui tient à la fois du bourgeon et de la graine et n'est le plus souvent (qu'un fruit transformé ; on y retrouve un véritable embryon. Les so&oJes se développent, sous l'apparence de bulbilles et à la place des fleurs, des fruits ou des graines, dans plusieurs espèces de liliacées et de narcissées. On a aussi appelé sobotes de véritables bulbilles qui naissent aux aisselles des feuilles, à la base de la tige ou sur les parties souterraines; ca sont alors des corps tuberculeux, qui participent de la nature des bourgeons. Les soboles, en général, peuvent servir à la multiplication, et on les utilise souvent en horticulture.

sobole, ÉE adj. (so-bo-lé — rad. sobole). Bot. Qui est de la nature du sobole : Graine

SOBOLÉE.

SOBOLEWSttl (Louis), philologue, bibliographe et littérateur polonais, né en Lithuanie, mort à Wilna en 1829. Après avoir terminé ses études à l'université deVilna, il fut nommé professeur au lycée de Kowno, puis à Bialystok. Il visita ensuite l'Allemagne, la France et, de retour à Wilna, occupa dans cette ville une chaire de langue'etde littérature latine, puis devint bibliothécaire de l'université. Sobole'wski travailla longtemps h- Paris à la comparaison de divers manuscrits de lettres écrites par Jiriien l'Apostat ; mais le mauvais état de sa santé ne lui permit pas d'achever son travail. On a de lui : Eutropii Romans historié breviurium (1817); iudryanka, comédie imitée de Térence (Wilna, 1820); Morceaux choisis des auteurs latins, à l'usage des écoles (Wilna, 1826); Morceaux choisis des auteurs latins, contenant des esquisses de l'histoire ancienne, pour l'enseignement (Wilna, 1820) ; Ferùe Varsovienses, aoa-

SOBR

lyse critique (Wilna, 1821) ; Catalogue des ouvrages omis dans ^'Histoire de la littérature polonaise de Bent/iowski (1820); Nouvelles historiques et critiques pour l'histoire de la littérature polonaise (Cracovie, 1819). Sobolewski a augmenté et corrigé V Histoire de la littérature polonaise de Bentkowski, augmenté et remanié le Dictionnaire des poètes polonais, etc.

SOBOLEWSR1 (Ignace, comte), homme politique polonais, né en 1770, mort en 1846. Il suivit d abord la carrière des armes, puis devint successivement secrétaire de l'ambassade polonaise à Paris (1791), secrétaire du conseil d'Etat de Varsovie (1806), ministre de la police (181 1), prit part à la campagne de 1813 dans l'armée française, tomba entre les mains de l'ennemi à Leipzig et fut envoyé comme prisonnier à Saint-Pétersbourg. En 1815 , Alexandre I", empereur de Russie, le nomma ministre secrétaire d'Etat du royaume de Pologne et, dix ans plus tard, ministre de la justice. On lui doit les ouvrages suivants : l' Esprit de la iotsur la faillite et la banqueroute (Saint-Pétersbourg, 1815, in-4») ; Traité Sur les obligations (Saint-Pétersbourg , 1837, 2 part. in-8°); Economie universelle des différents peuples (Varsovie, 1817, in-4°), etc.

SOBOLEWSKIE s. f. (so-bo-le-skl — de Sobolewski , naturel, allein.). Bot. Genre de plantes, de la famille des crucifères, tribu des isatidéos, formé aux dépens des crambés, et dont l'espèce type croit dans la région du Caucase.

SOBOLIFÈRE adj. (so-bo-li-fè-re — de sobole, et du lut. fero, je porte). Bot. Qui porte ou qui produit des soboles.

SOBOTA, déesse de la mythologie slave.

Elle présidait aux plantes, dont elle faisait connaître les propriétés médicinales. Chaque année on célébrait sa fête dans la nuit du 23 au 24 juin. On commençait par éteindre le feu dans toutes les maisons, puis "on dressait au sommet des montagnes des bûchers où l'on jetait des plantes sacrées, telles que la bardane, l'absinthe, etc., et que l'on enflammait au moyen d'une étincelle de feu que l'on se procurait en frottant deux morceaux de bois sec l'un contre l'autre. Quand la famée remplissait l'air, on dansait autour du bûcher, que l'on traversait en sautant. Ceux qui avaient passé à travers cette fumée n'avaient à redouter ni la chute de la grêle pour leurs champs, ni les maladies, ni la peste pour eux-mêmes.

SOBHAL, ville du Brésil, province et à 200 kiloin. N.-O. de Céara ; 4,700 hab. Aux environs, améthystes et mines d'or.

SOBRALIE s. f. (so-bra-U — de Sobral, botan. espagn.). Bot. Genre de plantes, de la famille des orchidées, tribu des aréthusées, comprenant plusieurs espèces qui croissent au Pérou.

SOBBAON, ville de l'Indoustan anglais, dans la présidence du Pendjab, près du Setledge. C'est dans les environs de cette ville, au pont de Hwrikjh, que le général anglais Houg Gough et H. Hardinge, le gouverneur général des Indes, vainquirent les Seikhs le 10 février 1846.

SOBBARBE ou SOBRAVA, nom d'un ancien pays et comté d'Espagne , compris aujourd'hui dans la province d'Huesca, et qui fut comme le noyau du royaume d'Aragon. La. capitale était Ainsa. Ce comté, qui forma même un petit Etat indépendant en 1035, ne fut jamais soumis par les musulmans.

SOBRE adj. (so-bre — lat. sobrius, mot que les étymologistes latins font venir de sine, sans, et bria, vase à boire; mais ce n'est pas là la moins bizarre de leurs inventions. L'origine de sobriusesl inconnue). Tempérant dans le boire et le manger : Je voudrais voir un homme sobre prononcer qu'il n'y a pas de *)ieu. (Là Bruy.) Pour être débauché comme Epicure, il faut être sobre comme Zenon. (St-Evrem.) Pour être chaste, il faut être sobre. (Stobée.) Le chameau est le plus sobre de tous les animaux et peut passer plusieurs jours sans boire. (Buff.) Il n'y a jamais eu de talents durables avec l'ivrognerie ; il faut être sobre pour faire des tragédies et pour les jouer. (Volt.) Le sage est soure par tempérance , le fourbe l'est par fausseté. (J.-J. Rouss.) Etre sobre n'est pas une grande vertu; mais c'est un grand défaut que de ne l'être pas. (Christine de Suède.) Je voudrais m'en tenir a l'antique sagesse Qui du sobre Epicure a fait un demi-dieu.

— Où règne la sobriété : Un repas sobre. Une vie sobre. Un régime sobre. Son dîner fut des plus sobres.

— Par ext. Tempérant en général, discret, retenu, modéré : Il faut être sobre de serments, de protestations. Il est fort sobre de louanges. En fait d'ornements, un écrivain, un peintre, un architecte doit être sobre et judicieux. (Acad.) Plus on est sodre de paroles, moins il échappe de sottises. (De LaBouisse.) On ne sait pas être sobre dans la recherche du beau; on ignore l'art de s'arrêter tout court en deçà des ornements ambitieux. (Féu.) ... Le philosophe est sobre en ses discours [courts. Et croit que les meilleurs sont toujours les plus

DESÏOUCriES.

— D'où sont exclus le luxe ou la multipli-

SOBR

cité des objets : Un dessin très-sOBRE révèle un tempérament d'artiste. Cette seconde région, qui est propre à la Suisse, est plus sobre, plus austère, plus difficile. (Ste-Beuve.) Cette tragédie appartient au genre sobre, et les événements y dansent à l'aise. (Th. Gaut.)

SOBREMENT adv. (so-bre-man — rad. sobre). D'une manière sobre, avec sobriété : Vivre sobrement. Boire, manger sobrement. L'âne boit aussi sobrement qu'il mange et n'enfonce point du tout son nés dans l'eau. (But!.)

— Avec circonspection, retenue, modération, discrétion : Il faut parler sobrement de certaines matières. Ce mot est bon, cette phrase est reçue, mais il faut l'employer sobrement. Ce remède est bon, mais il faut en user sobrement. Uses sobrement du pouvoir qu'on vous a confié. (Acad.) Il faut parler sobrement de soi, et presque à son corps défendant. (Mme de Sév.) Il n'est pas facile d'user sobrement de l'autorité quand elle est remise entre nos mains. (Chateaub.)

SOBBIEB (Marie-Joseph), révolutionnaire français, mort en 1854. Ayant adopté avec ardeur les idées républicaines, Sobrier, qui joignait un cœur excellent à une tête exaltée, consacra une partie de sa fortune, sous Louis- Philippe, à secourir les familles des républicains emprisonnés et à soutenir les publications de son parti. Lorsque éclata la révolution du 24 février 1848, il fut délégué à la préfecture de police , conjointement avec Caussidière. Mais, dès le 26, atteint d'une fièvre violente, il donna sa démission et, peu de jours après, il alla s'installer rue de Rivoli, dans les bureaux de l'ancienne liste civile, qu'il prit à location. Ce fut là qu'il fonda avec Cahaigne, le 9 mars, la Commune de Paris, journal révolutionnaire qui devint en quelque sorte le moniteur des clubs et l'organe le plus ardent des réclamations des ouvriers. Ce fut là qu'il ouvrit également un club démocratique, fréquenté par les orateurs populaires les plus connus. Ayant obtenu des aimes et des munitions de Lamartine, il installa à ses frais, dans ses bureaux, une garde composée d'une trentaine d'individus, pour la plupart employés à son journal, et dont l'uniforme consistait en une blouse bleue et une ceinture rouge dans laquelle étaient passés deux pistolets. Tels étaient ces terribles montagnards de Sobrier, dont la réaction fit un épouvantail et qu'elle présenta comme un péril social. Cédant à un goût un peu théâtral, Sobrier portait lui-même, ainsi que les rédacteurs de la Commune de Paris, le peu luxueux uniforme de ses hommes. D'une exaltation extrême, il prit part à diverses manifestations, lit partie des citoyens qui le 15 mai envahirent l'Assemblée nationale, puis alla s'emparer du ministère de l'intérieur. Peu après, il fut arrêté et conduit à la caserne d'Orsay, d'où on le transféra au fort de Vincennes. Le jour même de son arrestation, des gardes nationaux envahirent ses bureaux de la rue de Rivoli et mirent tout à sac. Traduit devant la haute cour de Bourges, Sobrier fut condamné à sept ans de détention. Une longue captivité ébranla complètement sa santé. Le corps brisé et la tête égarée, il demanda sa grâce au nouveau pouvoir en 1852, recouvra la liberté et mourut dans une maison de santé un peu moins de deux ans plus tard.

SOBRIÉTÉ s, f. (so-bri é-té — lat. sobrietas; de sobrius, sobre). Tempérance dans le boire et le manger : La sobriété est utile à la santé. (Acad.) C'est la scrtRièTk qui donne, avec la santé la plus vigoureuse, les plaisirs les plus purs et les plus constants. (Fén.) La modération est comme ta sobriété : on voudrait bien manger davantage, mais on craint de se faire mal. (La Rochef.)£a sobriété est toujours la grande recette des persunnes qui parviennent d un âge très-avancé. (A. Rion.) V Arabe est fier de la force, de la légèreté, de la. sobriété de ses chameaux. (Buff.) La sobriété entretient le silence des passions. (Réveillé- Parise.) La sobriété est regardée par tous les moralistes comme la mère de tu santé et de la sagesse. (Descuret.) La véritable et seule richesse des peuples est la sobriété, comme le luxe est la pauvreté des grands. (De Bonald.) La crainte de déplaire aux ivrognes ne m'empêchera jamais de louer la sobriété. (Dupin.)

— Par ext. Tempérance en général, réserve, retenue, modération : User avec sobriété de tous les plaisirs. Il faut, dit saint Paul, être sage avec sobriété. Il se peut que la modération dans les passions, la tempérance et la sobriété dans les plaisirs contribuent à la durée de la vie. (Buff.) Ceux qui jouissent du pouvoir absolu ont beau se promettre de s'en servir avec sobriété, le despotisme les emporte. (Chateaub.) // faudrait mettre dans la louange la sobriété que la nature observe dans la production des grands talents. (Rivarol.)

La parfaite raison mit toute extrémité, Et veut que l'on soit sage avec sobriété,

Molière.

— Emploi sobre, modéré des moyens littéraires et artistiques, exclusion de la recherche et de la complication : Ce qui frappe dans cette composition, c'est une sobriété de bon goût. L'esprit français aime la sobriété.

— Syn. Sobriété, frugalité, lempémncs.

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