V. SAI.ICINE
SODOMA (il), peintre italien. V. Razzi.
SODOME, ville qui aurait existé, selon la Genèse, et aurait disparu, ainsi que Gomorrhe, à la suite de quelque bouleversement du sol, poétisé par la légende. Mentionnons d'abord le récit que nous fait des mœurs de cette ville et de sa destruction la légende hébraïque.
Une dispute ayant éclaté entre les gardiens de3 troupeaux d'Abraham et de Loth, son neveu, qui, jusqu'à ce jour, avaient vécu en bon accord,Abraham décida de se séparer de Loth et lui donna k choisir les régions où il voulait s'établir. « Et Loth vit toute la plaine du Jourdain qui, avant que l'Eternel eût détruit Sodome et Gomorrhe, était arrosée partout comme le jardin de l'Eternel et comme le pays d'Egypte. Et Loth choisit pour lui toute la plaine du Jourdain et alla du côté d'Orient... et demeura dans les villes de la plaine et fixa ses tentes jusqu'à Sodome. Or, les habitants de Sodome étaient méchants et grands pécheurs contre l'Eternel. » Il est bon de remarquer que, tout en nous montrant la plaine où se trouvaient Sodome et flomorrhe arrosée aussi bien que l'Egypte, l'auteur de la Genèse dit néanmoins qu elle était « pleine de puits de bitume » (xiv, 10), ce qui n'empêche pas plusieurs auteurs ecclésiastiques de représenter la mer Morte et ses flots bitumineux comme des résultats de la destruction de Sodome. Ce passage prouve, au contraire, que le sol de cette région était sujet à de fréquentes commotions, à des éruptions volcaniques dans le genre de celles que l'on voit dans l'Archipel, en Italie, en Sicile, en Islande et dans le voisinage des volcans, fumerolles, solfatares, etc. La Genèse nous raconte ensuite une guerre que se faisaient les rois des villes de la vallée, guerre dans laquelle Loth et tous les siens furent faits prisonniers ; ils furent ensuite délivrés par Abraham, qui rendit au roi de Sodome les biens et les terres que les vainqueurs lui avaient pris. Le chapitre xvm nous montre Abraham recevant trois hommes envoyés de Dieu, qui se dirigeaient vers Sodome. Dans quel but? L'auteur va nous l'apprendre dans un dialogue entre ce même dieu et Abraham. » Et l'Eternel dit : Parce que la cri de Sodome et de Gomorrhe est augmenté, et que leur péché est fort aggravé, je descendrai maintenant et je verrai. » Les trois hommes partant de là allaient vers Sodome , mais Abraham se tint encore devant l'Eternel, et Abraham s'approcha et dit : ■ Feras-tu périr le juste même avec le méchant? Peut-être y a-t-il cinquante justes dans la ville ; les feras-tu périr aussi? Ne pardonneras -tu point à la ville à cause de ces cinquante justes qui y seront? Non, il n'arrivera pas que tu fasses mourir le juste avec le méchant et que le juste soit traité comme le méchant 1 Non, tu ne le feras point. Celui qui juge toute la terre
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ne fera-t-il point justice? Et l'Eternel dit : Si je trouve en Sodome cinquante justes, je pardonnerai à toute la contrée pour l'amour d'eux. Et Abraham répondit en disant : Voici , j'ai pris maintenant la hardiesse de parler au Seigneur, quoique je ne sois que poudre et que cendre. Peut-être en manquera-t-il cinq des cinquante justes; détruiras-tu toute la ville ponr ces cinq-là? Et' il lui répondit : Je ne la détruirai point si j'y en trouve quarante-cinq. Et Abraham continua de parler en disant : Peut-être s'y en trouvera-t-il quarante. Et il dit : Je ne la détruirai point pour l'amour des quarante. Et Abraham dit -. Je prie le Seigneur de ne s'irriter pas si je parle encore. Peut-être s'en trouvera-t-il trente. Et il dit : Je ne la détruirai point si j'y en trouve trente. Et Abraham dit r Voici maintenant, j'ai pris la hardiesse de parler au Seigneur, peut-être s'en trouvera-t-il vingt. Et il dit : Je ne la détruirai point pour l'amour des vingt. Et Abraham dit : Je prie le Seigneur de ne s'irriter pas ; je parlerai encore une seule fois; peut-être s'y en trouvera-t-il dix. Et il dit : Je ne la détruirai point pour l'amour des dix. Et l'Eternel s en alla quand il eut achevé de parler avec Abraham, et Abraham s'en retourna en son lieu. >
Pendant ce temps, les hôtes d'Abraham, les anges, comme dès maintenant les appelle l'auteur juif, arrivaient à Sodome. • Et Loth était assis à la porte de Sodome, et les ayant vus, il ae leva pour aller au-devant d'eux et se prosterna le visage en terre, et il leur dit : Voici, je vous prie, seigneurs, retirezvous maintenant dans la maison de votre serviteur, et logez-y cette nuit et lavez vos pieds, puis vous vous lèverez le matin et vous continuerez votre chemin. Et ils dirent : Non, mais nous passerons cette nuit dans la rue. Mais il les pressa tant qu'ils se retirèrent chez lui, et quand ils furent entrés dans sa maison, il leur fit un festin, et fit cuire des pains sans levain, et ils mangèrent. »
Voici maintenant l'épisode qui a surtout rendu célèbre et typique le nom de'Sodome.
« Mais avant qu'ils s'allassent coucher, les hommes de la ville, les hommes de Sodome, environnèrent la maison, depuis le plus jeune jusqu'aux vieillards. Et appelant Loth, ils lui dirent : Où sont ces hommes qui sont venus cette nuit chez toi ? Fais-les sortir, afin que nous les connaissions. Mais Loth sortit de sa maison pour leur parler à la porte, et ayant fermé la porte après soi, il leur dit : Je vous prie, mes frères, ne leur faites point de mal. Voici, j'ai deux filles qui n'ont point encore connu d'homme ; je vous les amènerai et vous les traiterez comme il vous plaira, pourvu que vous ne fassiez point de mal à ces hommes; car ils sont venus à l'ombra de mon toit. Et ils lui dirent : Retire-toi de là. Ils dirent aussi : Cet homme seul est venu pour habiter ici comme étranger, et il voudra nous gouverner. Maintenant nous te ferons pire qu'à eux. Et ils faisaient violence à Loth, et ils s'approchèrent pour rompre la porte. Mais ces hommes (les anges), avançant leurs mains, retirèrent Loth à eux dans la maison et fermèrent la porte. Et ils frappèrent d'éblouissement les hommes qui étaient à la porte, depuis le plus petit jusqu'au plus grand, de sorte qu'ils se lassèrent à chercher la porte. Alors, ces hommes dirent à Loth : Qui as-tu ici qui t'appartienne, soit gendre, soit fils ou tilles, ou quelque autre en la ville? fais-les sortir de ce lieu, car nous allons détruire ce lieu, parce que leur cri est devenu grand devant l'Eternel, et il nous a envoyés pour le détruire. Loth sortit donc et parla à ses gendres qui devaient prendre ses filles, et leur dit : Levez-vous, sortez de ce lieu, car l'Eternel va détruire la ville; mais il semblait à ses gendres qu'il se moquait. Et sitôt que l'aube Ju jour fut levée, les anges pressèrent Loth, en disant : Lève-toi, prends ta femme et tes deux filles qui se trouvent ici, de peur que tu ne périsses dans la punition de la ville. Et comme il tardait, ces hommes le prirent par la main, et ils prirent aussi par la main sa femme et ses deux filles, parce que l'Eternel l'épargnait, et ils l'emmenèrent et le mirent hors de la ville. Or, dès qu'ils les eurent fait sortir, l'un dit : Sauve ta vie ; ne regarde point derrière toi et ne t'arrête en aucun endroit de la plaine ; sauve-toi sur la montagne, de peur que tu ne périsses... Alors, l'Eternel fit pleuvoir des cieux sur Sodome et sur Gomorrhe du soufre et du feu, et il détruisit ces villes et toute la plaine, et tous les habitants des villes et le germe de la terre. Mais la femme de Loth regarda en arrière, et elle devint une statue de sel. Et Abraham, se levant de bon matin, vint au lieu où il s'était tenu devant l'Eternel, et regardant vers Sodome et Gomorrhe, il vit monter de la terre une fumée comme la fumée d'une fournaise.»
Le nom de Sodome a été employé par Jésus-Christ pour représenter une ville endurcie dans le péché. Il menace, dans les Evangiles, les Juifs rebelles à son enseignement d'un sort plus rigoureux que celui de Sodome et de Gomorrhe.
Divers systèmes ont été mis en avant pour expliquer le récit de la Genèse touchant la catastrophe qui détruisit Sodome et quatre autres villes. C'est sur les relations des explorateurs modernes que se sont fondés tous
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ceux qui Ont tenté de trouver une preuve palpable du récit biblique ou d'expliquer naturellement le fait dont ils admettaient l'authenticité. M. Quatremère de Quincy s'est servi des notes de voyage d'un Américain, M. Lynch, chargé par son pays d'explorer la mer Morte ; il a donné de la narration biblique une explication très-ingénieuse. Il constate d'abord quala plaine où s'étendait la Pentapole était une large plaine arrosée de toute part par le Jourdain. M. Quatremère conclut que la mer Morte n'existait point avant la catastrophe de Sodome, ou qu'elle n'était qu'un petit lac dans le coin de la vaste plaine du Jourdain. Il écarte ainsi l'hypothèse d'une éruption volcanique qui aurait détruit les cinq villes sur les bords de la mer Morte. Pour lui, voici comment il explique ce désastre : Moïse nous apprend que la plaine du Jourdain était semée d'un grand nombre de puits de bitume ; il est donc probable que d'immenses couches de cette matière inflammable et éminemment combustible s'étendaient sous une première couche de terre fertile. Il est dès lors facile k concevoir que, quelque orage eifroyable, mêlé de ces tonnerres redoutables propres à l'Orient, ayant enflammé les villes et les moissons et développé dans toute la plaine un immense incendie, le feu put se communiquer bientôt aux régions souterraines ; le sol manqua alors sous les villes, qui s écroulèrent dans l'abîme enflammé. Et les eaux du Jourdain, qui jusqu'alors, se répandant dans la plaine par mille canaux, allaient, comme tant de rivières de l'Asie, se perdre dans le sol ou s'évaporer sous l'action d'un soleil toujours brûlant, rencontrant alors un gouffro ouvert devant elles, s'y précipitèrent et le comblèrent peu à peu. La mer Morte telle qu'on l'a observée de nos jours est un vasT;e lac calme, limpide, en dépit de son nom, et qui n'exhale aucune vapeur pestilentielle. Ce qui lui a valu cette, dénomination sinistre, c'est que les poissons n'y peuvent vivre; la raison en est bien simple et la cause n'a rien de surnaturel; ces eaux, qui baignent la base d'immenses masses de sel, sont tellement saturées, que les poissons d'eau douce qui vivent dans le Jourdain n'y pénétreraient pas sans péril, C'est sur ces eaux calmes et lourdes que s'écoulent les eaux légères du Jourdain, qui sont bientôt pompées par une évaporation active. Enfin, M. Quatremère, pour ne rien omettre, a voulu expliquer aussi la tradition de la femme de Loth changée en statue de sel. Il pense que par ces mots : La femme de Loth se retourna, il faut entendre que cette curieuse incorrigible retourna sur ses pas, qu'elle périt dans les flammes, fut engloutie dans le cataclysme, et que, lorsqu on retrouva son corps, il était enveloppé d'une couche épaisse de sel. 11 ajoute que cette tradition de la femme de sel est conservée dans Josèphe, qui parle longuement de cette statue, conservée encore, prétend-il, par ses contemporains. Le dernier explorateur du lac Asphaltite a vu au sommet d'une colline une immense colonne de sel, que les Araijes lui ont affirmé être la femme de Loth. Tout cela ne prouve assurément rien, sinon la durée de cette tradition. Il va sans dire que, par suite de son système, M. Quatremère considère les cinq villes comme entièrement disparues sous les eaux et regarde comme non authentiques toutes les prétendues ruines de Sodome que les voyageurs ou les indigènes signalent sur les bords de la mer Morte.
L'hypothèse de M. Quatremère est ingénieuse et pourrait expliquer rationnellement une catastrophe que la Bible présente comme le résultat de la vengeance de Jéhovah voulant punir les crimes de Sodome. L'hypothèse d'une éruption volcanique est également admissible. Reste à savoir s'il est bien nécessaire de chercher à expliquer un fait dont il faudrait d'abord établir l'authenticité ; car le récit de la Bible est évidemment plus légendiaire qu'historique.
SODOMIE s. f. (so-do-ml — de Sodome, ville où cet acte était, d'après la Bible, communément pratiqué). Coït contre nature, d'un homme avec un homme ou avec une femme : La christianisme a rangé le pécké de sodomie parmi ceux qui crient vengeance contre le ciel. (Proudh.) Linceste a pour pendant ta sodomie. (Froudh.) j
— Encycl. Les Grecs donnaient à ce vice le nom de pédérastie, qui est aussi le plus usité chez tes auteurs modernes. Aussi, pour la partie historique et physiologique, devonsnous renvoyer le lecteur à ce mot.
Le mot sodomie n'est guère employé de nos jours que dans les livres religisux et dans les séminaires; fort usité au moyen âge, il est devenu en quelque sorte mystique et réservé au style ecclésiastique. Nous allons nous borner à suivre la sodomie chez les Juifs, les premiers chrétiens, les papes, etc.; tout le reste trouvant sa place au mot pédérastie.
Le chapitre xix du Livre des Juges noua raconte qu'un lévite, traversant avec sa concubine le pays occupé par la tribu de Benjamin, reçut l'hospitalité d'un vieillard de cette tribu dans des circonstances analogues à celles de l'hospitalité offerte par Loth aux anges venus pour détruire Sodome. ■ Il (le vieillard) les fit entrer (le lévite et sa concubine) en sa maison, et il donna du fourrage aux àues ; ils lavèrent leurs pieds, mangèrent et burent. Comme ils faisaient bonne chère, voici que les
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gens de la ville, hommes fort corrompus, environnèrent la maison, heurtant à lu porte, et ils parlèrent au vieux homme maître de la maison en (lisant : « Fais sortir cet homme » qui est entré en ta maison, afin que nous le » connaissions. » Mais le maître de ta maison sortit vers eux et leur dit : « Non, mes frè- • res, ne lui faites point de mal, je vous prie ; » puisque cet homme est entré en ma maison » ne faites point une telle infamie. Voici : j'ai » une fille vierge et cet homme a sa coneu- » bine; je vous les amènerai dehors mainte- » nant, et vous les violerez, et vous ferez d'el- » les comme il vous semblera bon, mais ne i commettez point cette action infâme k l'é- » gard de cet homme. » Mais ces gens-là ne voulurent point l'écouter; c'est pourquoi cet homme prit sa concubine et la leur amena dehors, et ils la connurent et abusèrent d'elle toute la nuit jusqu'au matin, puis ils la renvoyèrent comme l'aube du jour se levait. » Le récit hébraïque ajoute qu'elle eut k peine la force de se traîner k la porte où elle mourut, et qu'alors le lévite la coupa en douze morceaux et en envoya un à chaque tribu d'Israël. A la suite de cet envoi, les tribus indignées envahirent le territoire de Benjamin, i frappèrentles hommes au tranchantde l'épée, tant les hommes de chaque ville que les bêtes et tout ce qui s'y trouva. Ils brûlèrent aussi toutes les villes, b Ce récit, que Jean-Jacque3 Rousseau a amplifié dans un opuscule intitulé le Lévite d'hpliralm, nous montre que la sodomie n'avait pas disparu avec Sodoine et Gomorrhe, et que la pluie de soufre et de feu sous laque le ces villes avaient péri n'avait pas imprimé une terreur durable.
La sodomie régnait aussi chez les chrétiens, même chez les premiers sectateurs du nouveau culte.
Voici, par exemple, les paroles que saint Paul adresse aux chrétiens de Corinthe : " Ne vous trompez point vous-mêmes; ni les fornicateurs, ni les adultères , ni les efféminés, ni ceux qui commettent le péché contre nature, n'hériteront du royaume do Dieu. » (I, Cor., vi, 10.) Et celles-ci, plus explicites encore, qu'il adresse aux chrétiens de Rome : « Dieu les a livrés aux convoitises de leurs propres cœurs, de sorte qu'ils se sont abandonnes k l'impureté, déshonorant entre eux-mêmes leurs propres corps... C'est pourquoi Dieu les a livrés k leurs affections infâmes ; car, mente les femmes parmi eux ont changé l'usage naturel en celui qui est contre la nature. Elles hommes tout de même, laissant l'usage naturel de la femme, se sont embrasés eu leurs convoitises l'un envers l'autre, commettant, homme avec homme, des choses infâmes et recevant en eux-mêmes la récompense de leur erreur...j et, bien qu'ils aient connu la justice de Dieu, ils n'ont pas compris que ceux qui commettent de telles choses sont dignes de mort, et non-seulement ceux qui les commettent, mais encore ceux qui y prêtent leur concours. »
On voit que, même avant que les vœux éternels de célibat eussent rendu la sodomie inévitable clans l'Eglise, elle s'y était établie, ou plutôt s'était maintenue dans la société chrétienne comme dans la société juive et la société païenne, d'où la société chrétienne était sortie.
Sans vouloir ici exagérer en rien les vices des papes, nous n'apprendrons rien en disant que plusieurs d'entre eux se sont adonnes k cette pratique honteuse qui, durant tout le moyen âge et même plus tard, s'étendit dans les cloîtres et généralement dans tous les lieux où des hommes, condamnés au célibat, se trouvaient réunis.
SODOMIQUE adj. (so-do-mi-ke — rad. sodomie). Qui concerne la sodomie : L'acte sodomiquis est le signe d'une dépravation sans remède. (Proudh.)
SODOMISER v. n. ou intr. (so-do-mi-zé — rad. sodomie). Se livrer k la sodomie.
SûDOMITE s. m. (so-do-mi-te — rad. sodomie). Celui qui se livre k la sodomie.
— adj. Qui a rapport à la sodomie ou aux Bodomiies : Mœurs sodomites.
SODOM1TIQUE adj. (so-do-mi-ti-ke — rad.
sodomite). Qui a rapport à la sodomie ou aux sodomites : Habitudes SOdomitiQUeS.
SCKDERHAMN, ville de Suède, dans la préfecture et li 90 kilom. N. de Gefle, avec un petit port de commerce à l'embouchure d'une petite rivière de même nom, dans le golfe de Botnie; 1,791 hab. Fabrique royale d'armes ù feu, toiles, fers.
S0EDERKÛEP1NG, ville de Suède, dans la préfecture et k 45 kilom. N.-E. de Linkœping, non loin de la Baltique; 1,618 hab. Commerce de sel, poisson, planches, goudron. Aux environs, sources minérales exploitées.
SUEDliRMANLAND, ancienne province du royaume de Suéde. Y. Sudermanie.
SGEDERM ARK (Olof-Jean), peintre suédois, né en 1790, mort en 1848. 11 embrassa d'abord la carrière intlittiire, puis il se livra k l'étude de la peinture, se rendit en 1832 à Munich et deux années plus tard en Italie. Ses tableaux de genre, ses portraits et surtoutses portraits de femmes ont été très-admirés. On cite, parmi les tableaux de Sœdermnrk, son portrait de la femme de lettres suédoise Frédérique Breœer, celui du sculpteur suédois Kogelberg et celui de la célèbre Jenny Lind. —
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Son fils, Pierre, a aussi cultivé la peinture avec succès.
SOËP s. f. (so-èff). Ichthyol. Nom de la vandoise dans le département de l'Ain.
SOEFLINGEN, bourg du Wurtemberg, dans le cercle du Danube, bailliage et à 4 kilom. O. d'Ulm ; 1,700 hab. Forges à fer, tréfilerie , fabrication de toiles, pipes et tabatières. Ancienne abbaye de l'ordre de Sainte-Claire, fondée en 1258 et supprimée en 1803.
SŒM1AS (Julia), fille d'Avituset de Mœsa, sœur de Julie Mammea, femme de Varius Marcellus et mère d'Héliogabale, morte en 222. La naissance d'Héliogabale fut, dit-on, le fruit de ses amours adultères avec Caracalla. Après la mort de Varius, elle suivit sa mère exilée k Emèse. Elle fi\ preuve d'un grand courage dans la bataille qui eut lieu entre les troupes de Macrin et celles d'Héliogabale. Ce dernier étant monté sur le trône, elle prit part aux affaires publiques et fit ensuite partie du sénat féminin (v. Héliogabale). On lui reproche d'avoir mené une vie très-dissolue. Lors de la révolution qui mit fin au règne d'Héliogabale, Sœmias ne voulut pas se séparer de son fils et fut tuée avec lui.
SCKMMER1NG (monts), contre-fort des Alpes Styriennes, s'étendant du N.-O. au S.-E. entre le mont Bremech et le mont Gross- Pfaff, sur la limite de la Styrie et de l'Autriche propre.
SŒMMÉRINGIE s. f, (seu-mé-rain-ji — de Sœmnierriug, méd. allem.). Bot. Genre de plantes, de la famille des légumineuses, tribu des hédysarées, dont l'espèce type croît dans les marais du Brésil.
S0EMMERR1ÏSG (Samuel-Thomas), célèbre unatomiste allemand, né à Thorn le 25 janvier 1735, mort k Francfort-sur-le-Mein le 2 murs 1830. Reçu docteur à l'université de Gœttingue en 1778, il vit s'établir presque immédiatement en Allemagne sa réputation scientifique, qui ne fit que s'accroitre par de nouveaux travaux. Sa thèse inaugurale était intitulée : Dissertatio de basi encephali et originibus nervorum cranio egredientium. Déjà brillaient dans ce premier et important ouvrage cette activité d'investigation et cette sagacité d'invention qui ont toujours caractérisé son talent. En 1779, il fit imprimer k Casse! un volume in-4° Sur les fonctions du système lymphatique dans l'état de santé et de maladie, et sur L'application que doit faire le médecin, dans sa pratique, des connaissances que possède la science sur cette partie intéressante de l'anatomie physiologique. A la même époque, plusieurs philosophes, entre autres Raynal et Condorcet, plaidaient avec chaleur la cause des noirs, dont ils réclamaient l'affranchissement. L'attention publique se portait de toutes parts sur cette question ; ce fut alors que Sœmmerring publia son traité sur les différences physiques qui distinguaient les noirs des Européens. La première édition fut publiée k Mayence en 1784 et fut bientôt suivie d'une seconde k Francfort en 1785. La même année vit paraître une nouvelle dissertation de Sceinme'rring sur les petits calculs qui se rencontrent dans l'épaisseur de la glande pinéale ou bien aux environs de cet organe. Toujours voué à l'étude du cerveau, le savant physiologiste fitparaître, en 1786, un ouvrage sur V Entre-croisement des nerfs optiques et un autre en 1788, intitulé : Du cerveau et de ta moelle ëpinière. Dans l'intervalle do ces deux publications, un mémoire fut encore composé par lui sur les crises et la perturbation critique. Un autre mémoire fit, eu I7SS, beaucoup de bruit en Allemagne et même en France, où n'arrivaient pas, comme aujourd'hui, les travaux anatomiques des Allemands; ce succès fut dû à la nature du sujet traité par Sœmmerring, Des effets pernicieux des corsets. Les découvertes nombreuses qu'il avait faites sur la structure du cerveau n'avaient qu'à peine occupé les savants; il parla des corsets, et l'Europe retentit de son noml
Le cabinet de Cassel contenait une fort belle collection de monstres; Sœmmerring étudia avec soin tous les sujets qui s'y trouvaient exposés, et, dans un traité particulier, il décrivit les cas singuliers qu'il avait remarqués dans ce musée anatoinique. Il trouva le moyen d'être original dans une description qui semblait peu propre k faire briller le talent de son auteur; il rendit compte surtout, avec unei-are habileté, des observations qu'il avait recueillies sur les monstres acéphales ou polycéphales. En 1791, il publia k Mayence son Programma de curatione calcuti, et en 1795 un mémoire sur la nature particulière des os chez les goutteux. Il publia ensuite son Manuel sur la structure du corps humain. Cet ouvrage eut un très-grand nombre d'éditions. Plus tard, Sœmmerring publia un travail intitulé : De l'organe de l'âme. Il soutient dans cet ouvrage que l'âme a son siège dans l'humidité vaporeuse qui lubrifie pendant la vie la cavité des ventricules cérébraux. One autre publication qui se fit k Francfort eu 1811, et qui a pour titre : l'abuise baseos encephali, représente dans des planches d'une rare perfection les différences principales qui existent entre le cerveau de 1 homme et celui des animaux. Sœmmerring publia ensuite son Traité des causes et du traitement des hernies ombilicales et inguina-
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tes. En 1811 parut un traité sur les causes, le diagnostic et le traitement des hernies ombilicales et inguinales; puis un autre sur les causes, le diagnostic et le traitement de la hernie inguinale. C'est dans ce dernier ouvrage que fut soutenue pour lu première fois cette opinion généralement adoptée aujourd'hui, que la hernie ombilicale ne se forme jamais, chez les adultes, k travers la cicatrice ombilicale elle-même, mais bien au moyen d'érailletnents survenus à la ligne blanche aux environs de l'ombilic. Les autres ouvrages de Sœmmerring que l'on peut citer comme importants sont les suivants : Demorbis vasorum absorbentinm corporis humani; Icônes organi auditus humani; Considérations Sur les maladies des yeux, leurs causes et leur traitement. Le livre capital de ce savant, celui qui a fondé le plus solidement sa gloire parmi ses compatriotes, a pour titre : Icônes embryonum humanorum. Cet ouvrage eut cela de remarquable qu'il ouvrit, pour ainsi dire, la voie k toutes ces belles et grandes recherches d'embryologie dont l'Allemagne a été le théâtre dans la première moitié de ce siècle.
SCEMOND S1GFCSSON ou S0EMOND le Sngo, savant Scandinave, né en Islande en 1056, mort en 1133. C'est à lui qu'on attribue l'Ancienne Edda, dite Edda de Sœmond, et la Saga de Niai. En dehors de cette tradition et de ce fait qu'il fut prêtre et curé d'une des premières paroisses d'Islande, on n'a sur lui que des renseignements légendaires. Il passait pour magicien, et la Saga de l'cvêqueJean, écrite au commencement du xme siècle, raconte sur lui la légende suivante. Sœmond avait suivi les leçons d'un maître célèbre du continent, y avait appris toutes les sciences, puis avaic tout oublié, jusqu'à son propre nom. L'évêque, qui voulait le sauver, le détermina à fuir, k quitter les pays du Midi et k revenir en Islande. Ils choisirent pour réaliser leur projet une nuit obscure, pendant laquelle ils marchèrent sans être poursuivis; mais, au milieu de la seconde nuit, le ciel étant sans nuage, le maître put lire dans les étoiles où ils en étaient de leur course, et il se mit k leur poursuite. Sœmond lut lui-même le danger dans les astres : « Mon maître est en chemin, dit-il k l'évêque, et voit où nous sommes. Prends mon soulier, remplis-le d'eau et mets-le moi sur la tête, > Au même instant, le maître s'arrêta dans sa route et dit k ses compagnons, en regardant les astres : « Mauvaise nouvelle, mes amisl Celui que nous poursuivons vient de se noyer; je vois le signe de l'eau J sur son étoile, et nous pouvons maintenant ' retourner au logis. » Délivrés de ce péril, les | deux fuyards continuèrent k marcher en : avant. La nuit suivante, le maître, regar- J dant encore le ciel, fut tout étonné de rej trouver l'étoile de son élève nette et bril- : lante, comme s'il ne lui était rien arrivé. Il I remonte k cheval avec tous ses gens et part ' en grande hâte; mai3 Sœmond aperçoit ce | nouveau péril : a Voila derechef l 'astrologue en route, dit-il k l'évêque; vite, prends mon i soulier, tire ton couteau et blesse-moi k la cuisse; mets-moi ensuite sur le haut de la
■ tète mon soulier plein de sang. » L'évêque ' lit ainsi, et aussitôt l'astrologue, qui, tout en
chevauchant, ne cessait d'observer les cieux,
s'arrêta et dit k ses hommes : « Celte fois,
je vois du sang snr l'étoile de celui que nous
i cherchons; assurément, il vient d'être tué
par celui qui l'entraînait dans sa fuite, et le
I voilà puni de m'avoir abandonne. » Cela dit,
| il tourna bride, lui et les siens, et ils rentrè-
i rent au logis. L'astrologue, cependant, in-
j quiet de sa première méprise, monia k sa
' tour; quelle ne fut pas sa stupéfaction en
■ voyant que l'étoile de Sœmond avait reeou- I vré tout son éclat I II en conclut, mais un I peu tard, que son élève en savait autant et I plus que lui, qu'il avait eu tort de vouloir le
retenir et qu il fallait désormais lui laisser faire son chemin dans le monde sans maître ni leçon , sage raisonnement qui rendit le repos k l'astrologue et qui permit k l'évêque et k Sœmond de retourner sans encombre en Islande et d'y aborder heureusement.
Telle est l'ancienne légende sur Sœmond le Sage, celle du xm« siècle; il y en a une seconde plus récente. On raconte encore aujourd'hui en Islande, quand on parle de Sœmond, qu'il y avait autrefois k Paris une école de magie noire ; les leçons s'y donnaient dans une chambra souterraine ou nul rayon de lumière ne pénétrait. Les écoliers restaient enfermés dans cette salle pendant tout le temps de leur éducation, de trois k sept ans, sans voir le jour et sans monter une seule fois à la surface de la terre. Une main noire et velue leur présentait chaque jour leur nourriture, lis n'apprenaient que dans des livres écrits avec des caractères de feu qui brillaient dans les ténèbres ;11 n'y avait qu'un maître, qui restait invisible et secret; c'était le diable en personne. Pour seul profit de ses leçons, quand, k la tin de chaque année, une promotion quittait l'école, le diable revendiquait corps et âme celui des disciples qui sortait le dernier; chacun espérait bien être alerte ce jour-lk et laisser quelqu'un de ses camarades en arrière. Le jour où Sœmond dut sortir, ses études étant achevées, deux autres Islandais se trouvaient avec lui. Craignant pour ses compatriotes un sort funeste et comptant sur sa propre habileté, il s'engagea à sortir le dernier. Il jeta sur ses
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épaules un grand manteau blanc sans l'attacher, ni le nouer d'aucune façon; quand ses deux amis eurent passé, il se glissa rapidement, laissant entre les griffes du démon qui s'abaissaient sur lui le manteau seul; mais la porte de fer de la salle souterraine se ferma si vite par derrière qu'elle lui écorcha un talon. Sa mésaventure s'appliqua depuis proverbialement k quiconque ne sortait pas assez promptement pour son honneur de quelque louche entreprise. Selon un autre récit, quand Sœmond quitta la prison, il avait le soleil en face, et le diable ne prit que son ombre, qu'il retint. Suivent cent histoires de bons tours joués au diable pur Sœmond, qui s'était mis en possession de la meilleure cure d'Islande, k Oddi. Une fois, Sœmond a pris le malin k gages comme valet d'écurie. Le service va bien jusqu'uu printemps; mais le jour de Pâques, pendant que le curé est en i chaire, voila que l'insolent valet apporte tout ] le fumier k la porte de l'église, de sorte qu'ai près le sermon la procession ne peut sortir. . Sœmond , k qui reste toujours la victoire, force le démon à venir incontinent réparer son- insulte en effaçant avec sa langue jusqu'aux dernières traces du fumier, et le démon vaincu, se résignant avec rnge, enlève même avec sa langue une partie de lu pierre qui sert de seuil à la petue église d OJdi, comme chacun peut le voir encore d« no,' jours. Voici un des moyens par lesquels Sœmond obtenait un si grand ascendant sur les puissances des ténèbres. Il demanda un jour au diable s'il pouvait se l'aire très-petit, et il le délia de se changer en un moucheron capable de passer k travers un trou fort étroit qu'il pratiqua dans un mur avec une vrille. Le diable aussitôt de se transformer comme on le lui demandait et d'entrer en bourdonnant dans le mince corridor. Sœmond l'y attendait; il bouche les deux extrémités, et voilà le diable en sa puissance; il ne le délivra, comme on pense, que sous bonnes conditions.
Ces légendes sont extraites du livre du savant docteur Konrad Mauser : Islàndische Volkssagen lier Gegenwart, oorwiegsnd nach mûudliclier Ueberlieferung gesammett und verdentsc/ii (Traditions populaires de l'Islande), publié à Leipzig en 1860.
SUES DENFIE1.DS, nom d'une des trois grandes divisions géographiques de la Norvège, entre le Skager-Knck au S., la mer du Nord k l'O., le Nordentields au N.-O. et au N. et la Suède k l'E. Elle comprend les dix préfectures de Christiansand, Buskerud, Smanlehnen, Hedemarken, Bradsberg, Jarsberget-Laurvig, Stavanger, Mandai et Nœdenes.
SOENS (Jean ou Hans), peintre, né k Burle-Duc en 1547. Il étudia sous Jacques de Baan et sous Mostaert, voyagea en Italie et fut employé k Rome au puîuis du pape, pour peindre dans les frises de très-grands paysages k fresque. 11 fut ensuite chargé par le grand-duc de Parme, Ranuccio, de plusieurs travaux dans lesquels il se montra aussi habile peintre de ligures que de paysage. 11 travaillait encore k Purme en 1607.
SOERBÉE s. f. (so-èr-bé). Bot. Syn. de
SOWKRBKK.
SÛKRENSEN (Pierre), en latin Poir.i, Soverinu>, médecin danois, né k Rib eu 1542, mort en 1602. Il fit Ses études k Copenhague, voyagea k l'étranger, revint en 1570 et fut médecin des rois Frédéric II et Christian IV. En 1602, il fut nommé professeur de médecine k l'université. Comme savant, on ne peut lui refuser un certain mérite pour l'époque k laquelle il vivait. Ses ouvrages attestent une étude approfondie des philosophes et des médecins de l'antiquité. Parmi les anciens, il paraît suivre de préfereuce Galion et, parmi les modernes, Paracelse.
SOERENSEN ( Charles - Frédéric), peintre danois, ne k Samsœ en 1818. Il fit ses études k l'Académie de Copenhague, les compléta dans l'atelier d'Eckersberg, et il a peint, k partir de 1845, des mannes assez renommées.
SOEST, ville de Prusse, province de Westplialie, chef-lieu du cercle de son nom, dans lu régence et k 24 kilom. N. d'Areuaberg, dans une belle plaine renommée pour sa fertilité; 10,000 hab. Gymnase, école normale évangéliuue. Fabrication de toiles et de luinages, tanneries. Commerce ne grains; aux enviions, riches salines. Parmi ses nombreuses églises, on remarque lu cathédrale, de style byzantin, fondée au x« siècle par Bruno, frère de l'empereur Othon le Grand, ainsi que l'atteste une inscription qu'on lit sur un pilier du portail ; elle renferme le tombeau de saint Patrocle et des fr^ques représentant des épisodes do la vie de Jésus Christ. Soest était autrefois une ville libre hanséatique, dont la population s'élevait k 40,000 âmes; elle sut résister aux prétentions uutbitieuses de Dietrich, archevêque de Cologne, qui voulait conquérir la Westphalie. Elle échut en 1449 aux comtes de La Marck et devint ensuite ville impériale.
SQESTDIJK, village de Hollande, dans la province d'Ùtrecht, entre Amersfoort et Vaarden, près de l'Eera. Beau château.
SQËTOLF (Nicolas-Bierfreund), poète danois, né k Assen, sur l'Ile de Funsk, en 1797, mort en 1844 k Egidsborg (Seeland), où il était prédicateur. U débuta comme poëte en 1815 par ses Romantiske Diejte et fit paraître
SŒUR
successivement : Aandernes Maskerade ; le Jugement de Christian IV, drame national (1821); Daniel lîimzau, tragédie nationale (1823), etc. M. Mourad a publié en 1847 une tragédie posthume deSoetolf en vers, intitulée Knudden Hellige.
SŒUR s. f. (seur — lat. soror. L'ancien nom aryen de la sœur est resté dans la plupart des langues de la famille, mais son étymologie n'est pas très claire et donne lieu à des conjectures divergentes. Ses formes diverses sont les suivantes : sanscrit svasar, nominatif svasci; zend qanhar, le g régulièrement pour sa et h pour s avec la nasale que prend l'a antécédent; persan chdkar, chû/iar, ch persan équivalant il sv sanscrit; afghan chur ; ossète chorra, chore ; arménien kkoir; Ijeloutchi gwir; le kourde cboeng se rattache au nominatif zend qanha, mais Gargoni donne aussi kusk et d'autres chor, chuh, clmlck; le persan offre également la forme très-contraetée choit comme J'ossète chô ; le siahpôsh sosi répond au nominatif sanscrit suasiî; latin soror, pour sosoretsuosor; ancien irlandais setkur, seihur, et siur dans siurnut, plus tard siar, siur, petite soeur. Quant au sens étymologique de ce nom de la sœur, il est encore incertain et les explications différent. Pott, en partant du thème svaslar, conjecture une altération de sva-stri, littéralement femme alliée par le sang, opinion partagée par Bopp et par d'autres encore. Suivant Weber, svastar se décomposerait en suaslar, de su, bien, et de as, être. Il compare svasli pour su-asti, bienêtre, et voit dans la sœur celle qui est bonne, amicale, ou, avec un sens causatif, celle qui donne du bien-être. Pictet croit que l'élément verbal de ce nom de la sœur doit se chercher dans la racine vas, habiter, et le s initial lui parait être un reste de la préposition sa, avec, que l'on voit figurer dans quelques autres noms du frère et de la soeur. La suppression de l'a a pu s'effectuer aussi facilement que celle de l'a dans stri pour sulri. La sœur serait ainsi celle qui demeure avec le frère. Un terme tout semblable, svaiâsiui désigne une femme, mariée ou non, qui demeure avec son frère. Ce nom aryen de la sœur, svasar, s'est étendii d'une manière remarquable dans les langues finnoises de l'Europe et de l'Asie, où il ne paraît point provenir du slave. Ainsi, on trouve en finlandais sosar, siar, en esthonien «essor, karélien siser, -wotiake suser, en tchérèmisse shw jar, etc.). Fille du même père ou de la même mère: Sœur aînée- Sœur endette. Doux sœurs. Le frère et ta sœur. Sceurs jumelles. Elle est ma sœur. H lie a pour lui l'affection d'une sœur. (Acad.) Les enfants font des aveux à une sœur aiitée qu'ils n'oseraient faire à leur mère; aucune crainte ne borne leur confiance. (C-'sse de Bradi.) On est oublié de ses frères et de ses amis, on est méconnu de ses compagnons, on ne l'est jamais de sa mère, de sa SŒUR ou de sa femme. (Chateaub.)
Ma sœur! oh! quel doux temps ce doux nom me
[rappelle.
Lamartine.
— Femelle d'animal née du même père ou de la même mère : J'ai acheté la sœur de votre chienne*
— Personne du sexe féminin unie à une autre par une tendre affection ou par quelque autre lien moral : Toutes les élèves de ce pensionnat sont de véritables sœurs.
Nous nous voyons sœurs d'infortune.
Molière,
— Nom qui fut donné longtemps aux chrétiennes par tous les membres de la même communion chrétienne.
— Titre qus les rois chrétiens dounent aux reines en leur écrivant.
— Nom donné aux femmes dans certaines associations fraternelles, comme la francmaconnerie.
— Fig. Objet ayant avec un autre même nature, même origine ou quelque autre rapport intime : La sottise et ta vanité sont deux SŒURS qui se quittent peu. (La Rochef.j La gravité et la sotte fierté sont deux sœurs qui se ressemblent beaucoup et qu'on peut pourtant distinguer : l'une répond aux politesses qu'on lui fait et l'autre en devient plus insolente. (Le Sage.) La déclamation ne m'est guère moins antipathique que l'esprit de chimère dont elle est ta digne SŒUR. (Nisard.) La bonté est la sœur de la beauté. (Lacoidaire.) De toutes tes sœurs de l'amour, l'une des plus belles est la pitié. (A. de Musset.) La vérité qui s'ennoblit par le péril est la SŒUR ainèe de la gloire. (É. de Gir.) La tribune et la presse sont deux sœurs nées te mëine jour; ellex ont toujours mêmes amis et viêmes ennemis, même fortune et mêmes revers. (E. Laboulaye.) Lu Belgique est la sœur de la France par la religion et par les mœurs. (Mich. Chev.) Pour quiconque aime la poésie, ta science, la civilisation, la Grèce et l'Italie sont deux sœurs, diverses d'âge, pareilles en beauté, égales en gloire. (Mignet.)
La jalousie est la saur de l'amour Comme le diable est le frère dea anges.