‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 14Chapitre 480 sur 1059 · C. Délavions · texte numérisé non relu

C. Délavions

— Sœur de père et de mère, Sœur germaine, Sœur du même lit, Celle qui est née de même père et de même mère.

— Sœur de père, Sœur consanguine, Celle qui est née du même père, non de la même mère.

— Sœur de mère, Sœur utérine, Celle qui est née de la même mère, non du même père.

— Demi-sœur, Celle qui n'est sœur que du côté paternel ou du côté maternel.

— Sœur naturelle, Celle qui est née du même père ou de la même mère, ou de l'un

.et de 1 autre, mais hors mariage.

— Sœur de lait, Celle qui n'est pas née des mêmes parents, mais qui a eu la même nourrice : Elles sont sœurs de lait. C'est la sœur du lait du prince. (Acad.)

— Pop. Les deux sœurs, Les fesses : 2*001ber sur les deux sœurs.

— Poétiq. Les neuf sœurs, Les Muses :

Je suis nouveau sevré sur le mont des Neuf saurs.

Boileau.

Quelle verve indiscrète

Sans l'aveu des neuf sœurs vous a rendu poète ?

Boilbau.

Il Les sœurs filandières. Les trois Parques.

— Hist. relig. Nom qu'on donne à toutes les femmes qui ont fait des vœux religieux, et que les religieuses qui ne sont point dans les charges, ou qui n'ont point encore atteint un certain âge, se donnent entre elles : Les sœurs de charité. Les sœurs de Saint-François. Les petites SŒURS des pauvres.

A sœur Agnès, quelques jours ensuivant, 11 ât apprendre une semblable note.

11 exprimait la pieuse lenteur, Les saints soupirs, les notes languissantes Du chant des sœurs, colombes gémissantes.

Gresset, Il Titre qu'on donne à certaines filles qui vivent en communauté, sans être religieuses : Les sœurs grises. (Acad.) H Sœur laie ou Sœur converse, Religieuse qui n'est point du chœur et qui n'est employée qu'aux œuvres serviles du monastère. Il Saur écoute, Religieuse désignée pour accompagner une autre religieuse ou une pensionnaire qui va au parloir , et chargée d'écouter la conversation qu'elle a avec les visiteurs :

Qu'il soit banni, qu'il soit remis en route, Ce dieu d'amour! reprend la sœur écoute.

Gkesset.

Il Sœur en Jésus-Christ, Titre que donnent aux femmes pieuses les hommes et les femmes qui se livrent à la vie mystique, il Sœur collette, Religieuse de Sainte-Claire. Il Faire la sœur collette, Faire les minauderies pieuses habituelles aux religieuses. Il Sœur touriére, Portière d'un couvent.

— Argot. Vol à la sœur de charité, Vol commis par des femmes qui, vêtues d'un costume de religieuse, s'introduisent chez les malheureux, et qui, sous prétexte d'examiner ce dont ils ont besoin, s'emparent de tout ce qui a quelque valeur.

Sœur Piiiioniùne, roman, par MM. Edmond et Jules de Goncourt (Paris, 1864). C'est l'histoire d'une enfant du peuple élevée par charité dans une maison religieuse. Ame crédule, aimante, concentrée, Philoinène, qui, dans le inonde, eût reporté sur sa famille ou sur un mari les trésors de tendresse dont déborde son cœur, est entraînée par le mysticisme maladif d une jeune compagne à prononcer des vœux. Devenue sœur dans L'ordre de Saint-Augustin, elle est envoyée dans un hôpital, où elle devient bientôt la providence des malades. Elle y rencontre un interne nommé Bamier, jeune Homme d'une grande intelligence etqutmontre plus de sensibilité, une écorce moins rude que ne l'ont d'ordinaire les élèves des hôpitaux.

Les auteurs ont su rendre avec une grande délicatesse la naissance d'un amour pur, mais profond, entre ces deux êtres que tous les préjugés sociaux tendent à séparer, et qui n'ont, eux-mêmes, aucun sentiment de révolte contre ces préjugés qu'ils partagent. Ce n'est qu'à la fin du roman que Baruier s'aperçoit de sa passion pour la sœur Philomène. Un grand changement s'opère alors en lui, et, pour s'étourdir, il cherche dans l'abus de l'absinthe un remède à son désespoir. Mais bientôt, trouvant ce suicide trop lent à son gré et ne voulant pas, par égard pour sa mère, attenter ouvertement à ses jours, il s'éeorche exprès la main en disséquant un cadavre atteint d'infection purulente et il meurt dans sa chambre d'hôpital. Sœur Philoinène, sublime de douleur, de résignation et de force morale, vient s'agenouiller auprès de celui qu'elle a aimé dans le secret de son cœur, et dont elle eût pu être la compagne aimante et dévouée, « n était le pape qui le défend, a Puis elle sort de la chambre mortuaire en emportant une mèche de cheveux qu'un interne a coupée au front de Barnier pour l'envoyer à Sa mère.

Ce livre de deux écrivains légitimistes et catholiques est un éloquent plaidoyer contre le célibat religieux. On pourrait lui reprocher des longueurs et une puérile recherche dans

SOFF

les détails, défauts habituels de MM. de Goncourt. Mais il faut y reconnaître un talent véritable.

Il y a telle description, comme celle de la salle des malades, qui est un petit chef-d'œuvre d'observation patiente et minutieuse.

Sœurs jumelle» (les) , opéra comique en un acte, paroles de Planard, musique de Fétis (théâtre de l'Upéra-Comique, 5 juillet 1823). Le sujet a quelque ressemblance avec celui des Ménechmes. La scène se passe en Italie. Un vieux maître de chapelle a deux nièces, véritables ménechmes féminins, dont l'une, Julia, a contracté en France, sans le consentement de son oncle, un mariage d'ailleurs convenable. L'autre, Rosette, est restée près de l'organiste. Aimée d'une espèce d'imbécile nommé Fubio, dont elle se moque', elle l'est encore d'un jeune homme dont elle ne se -moque pas, et qui est attaché comme secrétaire à une grande dame protectrice du vieux musicien. Julia revient en Italie et veut profiter de sa ressemblance avec Rosette pour obtenir le pardon de son oncle. Elle prévient sa sœur de son retour, lui fait part du projet qu'elle a conçn, et, précédant son mari de quelques heures, elle arrive vêtue comme Rosette, qui lui a indiqué le costume qu'elle doit porter. Au moment où les deux sœurs sont réunies, il devient impossible de les distinguer; elles se ressemblent si parfaitement,

Que les yeux les plus ans s'y trompent aisément. Julia cajole son oncle, lui chante dea airs qui le ravissent et qui finissent par lui arracher un généreux" pardon quand la supercherie est reconnue. Ce qui fit surtout le succès de la pièce, c'est que les deux principales interprètes, MMmes Rigaut et Casimir, donnaient précisément cette illusion de ressemblance sans laquelle toute comédie basée sur l'intrigue des Ménechmes est impossible à la scène. Les deux amants de Rosette et l'époux de Julia étaient tour à tour dupes de cette illusion, que le public pouvait partager.

SŒURETTE s. f. (seu-rè-te — dimin. de sœur). Faiti. Petite sœur, mot d'amitié qu'on emploie avec une femme, même sans être son frère ou sa sœur,

SOFA ou SOPHA s. m. (so-fa — de l'arabe çoffah, estrade élevée couverte d'un tapis, et, d'après Freytag, banc de repos placé devant la maison). Espèce d'estrade fort élevée et couverte d'un tapis : Le grand vizir donne ses audiences sur un sofa. Quand le grand vizir reçoit les ambassadeurs, on met leur siège sur le sofa, on leur fuit les honneurs du

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