‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 14Chapitre 486 sur 1059 · V. Huao · texte numérisé non relu

V. Huao

— Soixantième : Page soixante,

— s. in. Nombre soixante : Le carré- de soixante est trois mille six cents.

— Gratr.m. Parmi les nombres qui se forment en ajoutant a soixante un autre nombre, depuis un jusqu'à dix-neuf, l'Académie en cite deux pour lesquels soixante doit être suivi de la conjonction et : soixante et un, soixante et dix. Cependant elle constate qu'on dit aussi, mais moins bien pour l'euphonie : soixante-un, soixante-dix. Il faut une oreille bien fine pour reconnaître en quoi soixante' dix est moins euphonique que soixante-deux, que l'Académie donne comme étant la seule forme admise par tout le monde. Notre avis est qu'il faut dire soixante et un, parce qu'on dit quarante et un, cinquante et un; que soixante-dix doit être préféré à soixante et dix, et qu'enfin il faut dire soixante et onze, parce que onze commence par une voyelle comme un et renferme d'ailleurs l'idée de un joint à dix. Nous croyons pouvoir ajouter que 'l'usage, bien observé, confirme ces principes appuyés sur l'analogie.

- — Hist. Les soixante-douze. Les membres de la Commune de Paris qui furent exécutés après le 9 thermidor. Il Les soixante-treize, Les membres de laConventionqui protestèrent contre les actes du 31 mai 1705.

Encycl. Hist. Les soixante-treize. On appelle de ce nom les conventionnels qui se rattachaient au parti de la Gironde et qui signèrent la fameuse protestation contre la proscription de leurs nmis au 31 mai. Emprisonnés ou forcés de fuir, ils furent rappelés dans le sein de la Convention par la réaction thermidorienne, y rentrèrent altérés de vengeance et furent les principaux instigateurs des violences réactionnaires qui succédèrent si celles de la Terreur.

Soixante (SOCIETE des). C'est la plus ancienne société littéraire qui nous soit connue. Elle exista au ive siècle avant notre ère. Athénée en parle dans son Banquet des savants (liv. XÏY, ch. il). Voici ce qu'il en dit : « Il y avait à Athènes des citoyens qui avaient le talent de plaisanter. Ils se rassemblaient, au nombre de soixante, dans le temple d'Hercule, à Diomies, bourg de l'Altique, et on les appelait dans la ville les Soixante; et si l'on venait de leur assemblée, on disait : « Je viens des Soixante. • Parmi eux, comme le rapporte Téléphane dans son livre sur Athènes, on citait Cnllimédon, surnommé le Crabe, Deinias, Mnasigeton, Ménechnias. Leur réputation d'esprit était telle que Philippe de Macédoine, en ayant entendu parler, leur envoya un talent afin qu'ils lui écrivissent leurs plaisanteries. • Nous ne voyons pas qu'il y ait eu en Grèce d'autres sociétés littéraires, soit plaisantes, soit sérieuses; du moins tes ouvrages qui nous sont parvenus n'en font pas mention. Pour trouver dans les auteurs une autre société de ce genre, il . faut aller à Rome, sous les empereurs, où les poëtes avaient formé une sorte d'Académie, dont parle Martial, et qui se réunissait dans un lieu particulier nommé Schola poetarum.

Soixante-six (lu), opérette en un acte, paroles de M. Laurencin, musique de M. Oifenbach ; représentée aux Bouffes-Parisiens le 31 juillet 1856. Il y a du sentiment dans cette gentille pièce. Le Tyrolien Franz croit posséder le numéro "gagnant à la loterie, l'heureux 86, et s'empresse de faire mille folies, d'oublier même sa fiancée Grettly; mais il se trouve qu'il a pris à la hâte le numéro 99 pour le 6S. Adieu tous les projets de grandeur, toutes ses fantaisies. Il ne lui reste plus que la honte. Ses bons amis le consolent et lui pardonnent un moment d'oubli. La musique est des plus agréables ; il y a surtout une romance mélancolique et une joyeuse tyrolienne qui formeut un contraste gracieux. Jouée par Gerpré, Guyot et Mlle Mareschal.

SOIXANTE R v. a. ou tr. (soi-san-té — rad. soixante). Agric. Chauffer à soixante degrés : Soixantkr du blé pour détruire les insectes.

— v. n. ou intr. Jeux. Compter soixante au lieu de trente. Le point, une quinte basse et quelques mauvaises tierces l'ont fait soixanter. (Acad.)

SOIXANTIÈME adj. (soi-san-tiè-me — rad.

soixante). Qui occupe une place, un rang marqué par le nombre soixante : Soixantième chapitre. Il est dans sa soixantième année.

— Qui est contenu soixante Ibis dans le tout : La soixantième partie.

— s. m. Soixantième partie d'un tout : Il a un soixantième dans cette affaire.

SOJA s. m. (so-ia). Bot. V. soya.

SOJA., rivière de la Russie d'Europe. Elle prend sa source dans le gouvernement de Smolensk, cercle de Jelnia, coule au S.-O., entre dans le gouvernement de Mohilev, dont elle arrose la partie orientale du N. au S., sék pare pendant quelques kilomètres les gouver-

SOKO

nements de Mohilev et de Tchernigov et se jette dans le Dnieper, h 65 kilom. N.-O. de Tchernigov, après un cours de 498 kilom.

SOJARO (Bernardino Gatti, dît il), peintre italien. V. Gatti.

SOKAL. ville d'Autriche, dans la Galicie, cercle et à 57 kilom. N.-E. de Zolkiev, sur la rive droite du Boug; 3,100 hab., dont un tiers juifs.

SOKHONDO, montagne de l'Asie orientale, faisant partie de la chaîne des monts Jublonoï, dans la Daourie, à 10 kilom. S.-O. de Nertschinsk, à 80 kilom. de la frontière de Chine; 2,640 mètres d'altitude.

SOKMAN 1er AL-COTHBY, fondateur de la dynastie des Schuh-Armen (rois d'Arménie), mort en 1112. Turoomun de naissance et d'abord esclave, il fut, en 1100, invité par les habitants de Kélat, ville d'Arménie, à venir régner sur eux. Devenu souverain de cette ville, il s'empara de plusieurs provinces voisines, prit le titre de Schah-Armen et se joignit à la grande armée que le sultan de Perse envoya comre les Francs de Syrie. Il eut pour lils Dhahir-Eddyn Ibrahim.

SOKMAN II, fils de Dhahir-Eddyn Ibrahim et petit-fils de Sokman 1er, né vers 1120, mort eu 1184 ou 1185. IL n'avait que six ans lorsqu'il fut appelé à succéder à son oncle Ahmed. Inanedj-Khatoun, aïeule paternelle du jeune prince, exerça la régence pendant quelque temps. Elle l'ut étranglée par les grands en H33. Après une longue période de paix, Sokman eut à combattre, en 1161, les Géorgiens et fut complètement battu. Deux ans plus tard, avec l'aide de l'atabek Yldihouz et du sultan Arslan-Schah, il prit sa revanche sur les Géorgiens. En 1 182, il secourut Mas'oud, roi de Mossoul. Celui-ci se reconnut vassal du roi de Kélat. Sokman proposa en vain la paix à Saladin et se retira sans oser lui livrer bataille.

SOKMAN, fils d'Ortok, souverain de Jérusalem, mort en 1105, 11 hérita, en 1091, avec son frère Yighaz, de la souveraineté de Jérusalem. Les Egyptiens enlevèrent cette ville aux deux frères en 1098. Sokman fut vaincu par lvorbouga , émir de Mossoul , chassa de Mardin son neveu Ali et obtint, en 1101, du Turcoman Mousa, compétiteur de Djorkarmisch , émir de Mossoul , la forteresse de Hisn-Keïfuh, En 1104, secondé par les troupes de Mossoul, Sokman secourut la ville de Hurran contre les Francs. Il remporta la vieloiresur ces derniers etfit prisonnier Baudouin, comte d'Edesse, l'archsvêque de cette ville et Joscelin de Courtenay. Sokman enleva de plus aux Francs plusieurs des places qu'ils occupaient en Mésopotamie.

SOKO, ville d'Afrique, dans la Guinée supérieure , capitule d'un petit royaume de même nom, tributaire du Dahomey, à 200 kilom. N. de Coumassie.

SOKOLKA, ville de la Russie d'Europe, dans le gouvernement et à 36 kilom. N.-E. de Bialystok, chef-lieu du district de son nom; 3,008 hab.

SOEOLMCKI (Michel), général polonais, né dans la Posuanie en 1760, mort a Varsovie en 1816. Entré à l'école des cadets de Varsovie, il passa à l'école du génie et alla ensuite professer la topographie à l'établissement militaire fondé par Jasinski à Wilna. Attaché comme ingénieur à l'armée de Lithuanie (1792), il prit une part glorieuse à l'insurrection de 1794 et forma l'avant-garde de Dombrowski. Tombé aux mains des Russes, il recouvra sa liberté à l'avènement de Paul 1er, vint en France et, incorporé dans la légion polonaise, combattit en Italie, en Allemagne et a Saint-Domingue, Il rentra en Pologne en 1806, fut nommé gouverneur da Cracovie et général de division, fit les dernières campagnes de l'Empire et commandait, en 1814, les élèves de l'Ecole polytechnique aux buttes Chaumont. On lui doit : Opuscule sur l'hydrodynamique (Paris, 1811, in-4°); Hecherches sur tes lieux où périt Varus (Paris, ia-8°); Journal historique des opérations de la 7« division de cavalerie légère faisant partie du, 4e corps d'armée (Paris, 1814, in-8u).

SOKOLOF (Pierre), peintre russe, mort vers 1791. Il fut élève de Torelli, puis de Battoni, à Rouie. De retour a Saint-Pétersbourg, il peignit des sujets historiques et mythologiques. On vanta surtout son tableau représentant Mercure endormant Argus.

SOKOLOF (Pierre), grammairien russe, né à Moscou en 1766, mort à Saint-Pétersbourg en 1835. Il fut nommé, en 1786, professeur au gymnase académique de Saint-Pétersbourg. Secrétaire perpétuel de l'Académie des sciences depuis 1802, il fut nommé conseiller d'Etat. On a de lui (en russe) : Eléments de grammaire russe (1788; 5e édit., 1810); Courte grammaire russe (1809) et un recueil de morceaux en prose et en vers intitulé : l'Abeille (1809). Il traduisit en russe les Métamorphoses d'Ovide et eut une grande part à la rédaction du Dictionnaire et de la Grammaire publiés par l'Académie de Saint- Pétersbourg.

SOKOLOW, bourg de la Russie d'Europe, dans le gouvernement de Lublin, cercle et a 33 kilom. N. de Siedlec, sur la petite rivière de Cetynia; 3,000 hab.

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SOKOLOWSKI (Stanislas), iélèbre prédicateur polonais, né en 1537, mort en 1593. 11 se fit recevoir, en 1568, docteur en philosophie et en théologie h l'académie de Cracovie, et. après avoir fait de longs voyages à l'étranger, il fut nommé professeur de théologie et d'éloquence à l'université des Jagel- ' Ions. Lorsque Etienne Bathori fut appelé au trône, Sokolowski devint son confesseur et son prédicateur. Comme il faisait ses sermons au roi en latin, il dut chaque fois les répéter pour la cour en polonais. Ses oeuvres ont été réunies et publiées en latin en 1591.

SOL s. m. (sol — latin sotum, mot qui appartient à la même famille que le kymrique swl, i-oroique sot, sol ; kymrique sait, comique set, base, fondement ; ancien irlandais sal, talon, armoricain seul, même sens, soi, semelle, latin so/ea,'semel!e, sandale; gothique sulja, sandale, anglo-saxon solen, souliers ; Scandinave sali, ancien allemand sola, grec uliai, souliers; persan sulxoah, soulier, pantoufle, salù, espèce de gros souliers, kourde sul, sol, soulier, ossète tzuluk, même sens; allemand sholle. semelle. Toutes ces formes pourraient fort hien se rattacher à la racine sanscrite sal, aller, se mouvoir. Comparez le grec pedon, sol, terre, de la racine sanscrite pad, aller. Cependant Eiehhoff croit qu'il faut rapprocher le latin solum du grec tetos et du sanscrit talan, surface plane, fond, base, de la racine tal, fixer, établir). Portion de la superficie de la terre : Tomber sur le sol. Ddtir sur un sol mouvant. Le soi, tremblait sous nos pas.

On entend le tambour aux sons vifs et pressés. Et le sol qui frémit sous les pas cadencés,

Méry et Bartuélemy.

— Terrain considéré quant à sa nature ou à ses qualités productives : Sol granitique, calcaire, argileux. Un sol léger, sablonneux, marécageux. Ce sol est propre pour la vigne. Le sol ne peut pas nourrir pendant longtemps ta même espèce de plantes. (M. de Dombasle.) Le sol appartient légitimement à celui qui se l'approprie par le travail. (L. Faucher.) C'est sur les fruits du sol et proportionnellement aux frais qu'ils ont coûtés que l'impôt doit être perçu. (PrOudh.) Aujourd'hui le SOL est mi» poinoer, tes forêts un bosquet, les fleuves des rigoles, la nature une nourrice et une servante. (H. Taine.)

Le laboureur déchire Un sol avare et dur.

Ta. Gautier.

Il TirruiiL considéré comme propriété : Bâtir sur le Soi, d'autrui. La propriété industrielle est devenue une propriété plus réelle et plus puissante que celle du sol. (B. Const.)

— Contrée, pajfs : La Providence a, pour ainsi dire, attaché les pieds de chaque homme à son sol natal par un aimant invincible. (Chateaub.) L'homme prend tous les caractères du sol qu'il habite. (Pariset.) La prospérité des peuples ne peut naître que de leur propre sol. ( De Barante. ) Les Anglais , n'ayant pas les mêmes racines que les Français dans le soi,, émigrent où il y a profit. (Miohelet.)

— Eig. Nature propre, qualités foncières : Les productions de certains esprits ne viennent pas de leur sol, mais de l'engrais dont il a été couvert. (J. Joubert.j

— Blas. Champ de l'écu. Il Peu usité.

~~ — Mar. Endroit où l'on arrime les marchandises.

— Agric. Aire à battre les grains, dans certaines parties de la France, il Sol actif, Partie du terrain qui est atteinte par le travail des instruments aratoires. Il Sol inerte, Partie du terrain superposée au sous-sol, mais que les instruments n'atteignent pas.

— Géol. Sol primordial, Premiers terrains dans l'ordre de superposition.

— Mirf. Muraille, partie de la roche sur laquelle une mine ou un filon est appuyé.

— Encycl. Agric. Le sol joue en agriculture un rôle des plus importants. C'est, en effet , la couche de l'écorce terrestre qui , modifiée de mille manières dans ses propriétés physiques ou mécaniques comme dans sa composition chimique, fournit aux végétaux cultivés le support où ils sont fixés et le milieu dans lequel ils puisent par leurs racines tout ou partie des substances nécessaires à leur développement. On distingue le sol végétal, dans lequel s'étendent les racines des plantes; le sol arable, qui est pénétré par les instruments aratoires, et le sous-Sol, couche inférieure ou inerte, qui n'exerce pas une action directe sur les plantes. Ce dernier est quelquefois de même nature que le sol, et en clitfere seulement en ce qu'il est plus coinpacte et moins aéré ; d'autres fois, il est d'une composition chimique différente ; dans tous les cas, il peut être converti partiellement en sol et agit toujours plus ou moins sur celuici par ses propriétés.

Le sol, comme le sous-sot, emprunte ses éléments h diverses sources : aux débris des roches qui constituent l'écorce du globe; aux détritus provenant de la destruction des êtres organisés ; aux matières fournies par les eaux ou par l'atmosphère. Sa composition est donc très-diverse et souvent très-complexe; de plus, elle varie continuellement à cause des réactions chimiques qui s'opèrent constamment dans son intérieur. Les éléments qui

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jouent un rôle notable dans la composition des sols sont la silice, la chaux, l'alumine, la magnésie, le fer, le manganèse, la potasse, la souda, le chlore, le soufre, le phosphore, l'ammoniaque , le carbone , l'eau, l'azote , l'hydrogène et l'oxygène. L'action de ces diverses substances est loin d'être toujours en raison directe de leur quantité.

Parmi les propriétés physiques du sol, il faut distinguer d abord sa masse; ceile-ci est en raison de l'épaisseur ou de la profondeur de la couche végétale ou arable. Plus celle-ci est mince, plus l'action du sous-sol se fait sentir. Ce dernier peut être actif ou inerte, suivant qu'il est ou non pénétré par les racines. Los sous-sols caillouteux ou même rocheux deviennent souvent actifs, lorsqu'ils sont faciles à désagréger ou remplis de fissures, parce qu'ils laissent alors pénétrer les racines pivotantes, comme celles de la luzerne , de la vigne , du châtaignier , du chêne, etc. Le sous-sol est dit encore perméable ou imperméable, suivant qu'il se laisse ou non pénétrer par l'eau. Le premier nuit aux terres légères, qu'il rend trop sèches , tandis qu'il est favorable aux terres argileuses, en permettant à l'excès d'eau de s'écouler. Ce sera, par conséquent, l'inverse pour les sous-sols imperméables ; toutefois, ce dernier défaut est plus facile à corriger; on y remédie par les défonceinents ou par le drainage. Si le sol et le sous-sol sont de nature différente, il peut arriver que leurs défauts se corrigent mutuellement.

D'après l'état du niveau de sa surface, un sol est en plaine, en pente, en butte, en bassin, etc. Une pente légère est toujours favorable, surtout si elle s'allie à une bonne exposition ; mais, à mesure qu'elle augmente, la culture devient plus difficile, bien que les plantes puissent végéter sur les côtes les plus abruptes. Les sols peuvent présenter tous les degrés de division, depuis la poussière impalpable jusqu'à la masse rocheuse. Il n'est pas besoin de définir ce que c'est qu'un sol rocheux, tuffeux, pierreux, caillouteux, graveleux, sableux ou sablonneux, glaiseux, etc. Suivant la pesanteur spécifique, l'état de cohésion ou de ténacité, les terres sont lourdes ou légères, compactes ou meubles, dures, tenaces, fortes, collantes, etc. La couleur du sot n'est en général qu'un caractère accessoire; elle peut néanmoins servir à reconnaître sa composition chimique, sa richesse en terreau, etc.; elle influe d'ailleurs sur la faculté d'absorber ou d'émettre le calorique.

La manière d'être du sol par rapport à l'eau a beaucoup plus d'importance ; suivant le degré d'humidité, les sols sont arides, secs, frais, humides ou marécageux. En général, un sol absorbe d'autant plus d'eau qu'il est plus profond, plus meuble, plus finement divisé et plus riche en matières organiques. Sous ces divers rapports, on place en première ligne les sols de terreau, puis l'argile, lesso/sargilo-calcaires, magnésiens, crayeux, les sables tins et, en dernier lieu, les sables grossiers. La perte de l'humidité est en raison de la perméabilité du sol, de sa dessiccation et de son ameublisseinent. L'ordre que nous venons d'indiquer pour l'absorption de l'eau est l'inverse en ce qui concerne l'absorption du calorique. Cette indication suffit et nous dispense de nouveaux détails. Les sols de couleur foncée s'échauffent plus vite que les autres. L'inclinaison et l'exposition de la surface exercent encore ici beaucoup d'influence. Entin, les terres sont d'autant meilleures qu'elles absorbent et retiennent lus facilement les sels, les alcalis, les acies, les gaz, en un mot tous les principes renfermés dans l'air atmosphérique, les eaux

filuviales ou d'irrigation, les amendements, es engrais, etc.

Relativement a la composition chimique, on distingue les sols a base minérale et les sols U base organique. Les premiers.se subdivisent à leur tour en deux classes fondées sur la présence ou l'absence de l'élément calcaire; ils se répartissent ensuite en divers groupes, suivant la proportion d'argile, de calcaire et de sable siliceux qu'ils renferment. Les sols a base organique se distinguent en sols de terreau proprement dit, dans lesquels le terreau est doux, soluble et parfaitement décomposé, et en terres acides, ou ladécompositiondu terreau est moins avancée et plus difficile; telles sont les tourbes et les terres de bruyère. Mais la composition chimique se complique de l'état matériel. Sous ce dernier rapport, on peut diviser les sois en quatre catégories : 1° les limons, formés de particules très-tines et bien mélangées, et qui sont généralement des dépôts ou des atluvions ; 2° les sables, terrains de transport ou de sédiment, formés de grains plus grossiers et de nature presque exclusivement siliceuse ; 3" les terres, composées d'un mélange de limon ou de sable avec des graviers ou des pierres ; 4" les terreaux, formés en majeure partie de matières organiques et plus ou moins fibreuses. Si maintenant ou combine tous les caractères précédents, si, en outre, on tient compte de la richesse en humus ou des matières qui se rencontrent accidentellement, telles que la magnésie, le fer, les sels divers, etc., on arrive à une variété presque infinie de sols, l'es lors chaque nature de terre en particulier pourra être très-rarement désignée par un terme unique ou un petit nombre de mots, mais elle devra

Si

SOL

l'être )e plus souvent par une phrase descriptive.

En étudiant plus spécialement les sols au point de vue de la production agricole, on voit qu'ils peuvent se diviser en trois groupes, que nous examinerons successivement.

— I. Sols calcaires. On les reconnaît à l'effervescence qui s'y développe quand on y verse un acide. Le calcaire a pour résultat de rendre le sol plus meuble et plus perméable et de favoriser l'action des engrais; les terres qui en renferment sont aptes à la production des légumineuses, telles que le trèfle, la luzerne, le sainfoin, et des fruits à noyau, pêches, prunes, cerises, etc. On rencontre rarement des limons purement calcaires, à moins qu'on ne range dans cette catégorie quelques marnes calcaires à pâte homogène plus ou moins siliceuse. Parmi les terres calcaires, nous signalerons d'abord les sols crayeux , dont la Champagne présente un type bien connu. Ces sols , généralement blancs, sont friables et peu tenaces, mais collants après les pluies. Avec des engrajs, on peut y obtenir de bonnes récoltes; on peut, d'ailleurs, y cultiver la pimprenelle, le sainfoin, la chicorée sauvage, le pin sylvestre, le saule marceau, le mahaleb, etc. Les sols calcaires proprement dits, formés aux dépens des terrains jurassiques ou des calcaires tertiaires, sont très-sujets à la sécheresse et au déchaussement des plantes par la gelée; bien fumés, ils donnent du froment, de l'avoine, du sainfoin, de la luzerne, etc. Les sols argilo-calcaiies renferment des limons très- fertiles et des terres marneuses, fortes ou grasses, difficiles à labourer ; ce sont, en général, de bonnes terres à froment. Les sols où le calcaire est mélangé de silice ou d'argile, quand ils sont à l'état de limon, forment le meilleur type de ce qu'on a appelé terre normale ou terre franche. Ces sols sont faciles à diviser, exigent peu de force, conservent bien l'humidité sans excès, décomposent les fumiers et en conservent les principes; ils donnent de belles récoltes.

— f I. Sols non calcaires. Ces sols se reconnaissent en ce qu'ils ne font pas d'effervescence au contact des acides, à moins qu'ils ne renferment de la magnésie ou des principes alcalins ; moins poreux que les sols calcaires, ils assimilent moins bien les engrais. Les ajoncs, les fougères, les bruyères y abondent. Les récoltes, saus engrais, y sont médiocres. Les argiles pures sont les plus ingrats de tous les sols; mais elles présentent rarement des surfaces d'une certaine étendue. Les limons argileux, surtout s'ils sont mêlés de graviers ou de cailloux, sont déjà moins mauvais. Les sols mélangés de silice et d'argile deviennent excellents par l'addition de la chaux ou des amendements alcalins. Il en est de même des sols schisteux et aussi des terrains volcaniques, bien que ceuxci, par l'abondance de leurs principes alcalins, se rapprochent souvent des sols calcaires. Les sables non calcaires, formés surtout de silice, s'observent particulièrement dans les landes et les dunes ; ce sont des terrains arides et stériles, surtout s'ils reposent sur un sous-sol très-perméable. Mais, s'ils sont profonds, riches en terreau soluble et qu'ils reposent sur un sous-sol suffisamment humide, ils deviennent excellents, surtout pour les cultures maraîchères et industrielles. On en remarque de nombreux exemples dans les vallées de la Seine et de la Loire,

— III. Sols humiferks. Les sols de cette nature sont riches en matières Organiques et surtout eu humus ou en terreau soluble. Le terreau des jardiniers en présente le type le plus parfait. Ces terres sont en générai fort peu étendues; aussi les réserve-t-on généralement pour les cultures maraîchères, les plantes industrielles ou pour les pâtures grasses ; les céréales y poussent avec trop de vigupur. Rendus plus consistants par un mélange d'argile, de sable ou de calcaire, ces sols deviennent aptes à tous les produits. Il n'en est pas de même des terreaux acides, tels que tourbes, terres de bruyère ou terres de bois. Les premières ne produisent que des plantes impropres à ta nourriture du bétail et désignées sous le nom de foin aigre. Améliorées par des travaux d'assainissement, des amendements calcaires, i'écobuaye, l'irrigation au moyen d'eaux courantes, etc., elles perdent leur acidité et deviennent souvent très-fertiles ; c'est ainsi qu'on a tiré un bon parti des tourbières de la vallée de la Somme, notamment de celles des environs d'Amiens. Les terres de bruyère rentrent dans la classe des sables siliceux; on ne peut les mettre en valeur que par les amendements calcaires, le noir animal, les fumures abondantes, les assainissements, etc. Par contre, la terre de bruyère est très-recherchée pour les cultures d'agrément, et elle est même indispensable pour diverses plantes.

Examinons maintenant les sols au point de vue de leur origine et de leur répartition géologique. Nous avons dit qu'ils proviennent primitivement de la désagrégation des roches qui forment l'écorce solide du globe. Nous aurons donc d'abord deux grandes classes de sols, suivant qu'ils doivent leur formation à des terrains cristallins ou de sédiment. Les premiers comprennent les terres granitiques, quanzeuses, amphiboliques, porphyriques, etc. On peut rattacher a. ce groupe les terrains volcaniques, tels que les basaltes,

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les trachytes et les laves. Ces diverses formations, qui couvrent une grande partie de notre territoire, constituent souvent des massifs montagneux, à cimes élevées, à pentes escarpées, à sous-sols rocheux et imperméables, d'ailleurs pourvus de principes alcalins, mais non de matières organiques, et par conséquent d'une grande pauvreté; mais, quand elles sont moins élevées, comme au voisinage des vallées, et que d'ailleurs les roches tendres et poreuses se désagrègent facilement, elles forment des sols d'assez bonne qualité, produisant des pâturages estimés. La vigne et les arbres fruitiers prospèrent dans ces terrains.

Les sols provenant de terrains de sédiment sont plus étendus et plus variés. Nous trouvons d'abord les grès houillers , puis les schistes et les terrains ardoisiers, qui sont généralement peu fertiles, surtout quand le relief est montagneux; mais, sur les plateaux et dans les vallées, le sol qui les recouvre porte des forêts, des châtaigneraies, des pâturages, des prairies, qui peuvent devenir très -productives lorsque des sources et des eaux abondantes facilitent l'irrigation. Les terrains triasiques et les marnes irisées sont généralement argileux et difficiles à cultiver, mais fertiles quand ils sont bien assainis. Quand le climat est suffisamment humide, ils produisent d'excellents herbages. Les terrains jurassiques renferment de grandes étendues pierreuses et stériles, des marnes souvent ferrugineuses; ce sont le plus souvent des terrains incultes, où croît une maigre végétation forestière; on y trouve néanmoins des parties formées de couches sédimentaires marines ou lacustres, où la végétation herbacée est très-vigoureuse. Les terrains crétaeés ont été suffisamment caractérisés ci-dessus.

o La classe des terrains tertiaires de sédiment, dit P. Lefour, se compose de sols généralement meubles : les atterrissements et lais de iner, grands dépôts abandonnés sur les rives des mers. Quelquefois ces amas sableux sont soulevés par les vents, qui les déposent en collines arides et mouvantes, les dunes. Les dépôts faits par les eaux douces dans les lacs donnent naissance à des sols limoneux, qu'on a encore appelés paludéens. On a réservé le nom à'alluvions aux dépôts faits par les eaux courantes. Enfin les couches superficielles de sables ou d'argiles ont pris le nom de diluvium. C'est dans ces derniers groupes géologiques que se rencontrent les riches limons et terres dont s'est emparée la culture céréale, industrielle et maraîchère de divers pays. »

La première chose que doit faire le cultivateur, c'est de bien connaître le sol sur lequel il doit opérer. Il y parviendra au moyen de l'examen préliminaire, des informations, enfin de l'analyse mécanique et chimique. « L'examen, dit encore P. Lefour, comprendra la position topographique; l'altitude ou niveau au-dessus de la iner, donné par la plupart des cartes spéciales; le relief, les pentes; les eaux stagnantes ou courantes; la constitution zoologique; la profondeur du sol, celle du sous-sol et sa nature; l'homogénéité du sol sur une certaine étendue, son état cultural; la vigueur de la végétation herbacée et arbustive. A la vue, au toucher et pur certaines déductions, on reconnaîtra plusieurs propriétés physiques caractérisques déjà indiquées plus haut. Si le sol humide est collant, plastique ; si, sec, il est cohérent , happant à la langue, sans être rude au toucher, l'argile y domine; des indications contraires annoncent un sol siliceux : la berge d'un fossé , la terre d'une taupinière révéleront le sous-sol; l'hièble, la prêle, le muscari, la fougère, dans certains cas, annonceront la profondeur, etc. Les renseignements pris avec habileté sur les travaux et l'aisance du cultivateur, les recherches dans les livres du cadastre, les baux, etc., fourniront des probabilités précieuses de la valeur et de la qualité des terres, »

L'analyse mécanique du sol est à la portée de tout le monde ; les appareils et les opérations qu'elle comporte sont de la plus grande simplicité. Comme elle consiste surtout k déterminer la proportion des parties grossières ou ténues, on opère sur une masse suffisante. Un simple criblage indiquera la quantité relative des cailloux ou des gros graviers; le contact d'un acide permettra d'apprécier s'ils sont calcaires ; le choc du briquet sur les cailloux fera connaître leur nature siliceuse. Puis , par deux ou trois lavages successifs, suivis de décantation et de la dessiccation du dépôt, on obtiendra la proportion des graviers tins et du sable; celle des matières organiques s'obtiendra aisément si, après avoir pesé au préalable une petite portion déterminée de ia terre, on la calcine lentement à une douce chaleur, puis on la pèse de nouveau, pour constater la perte. Enîin, en versant sur un échantillon une quantité d'eau suffisante pour le saturer, on déterminera la faculté d'absorption du sol. Quanta l'analyse chimique, nous la traiterons à part.

Au point de vue pratique, les qualités diverses du sot se résument en une chose, sa fertilité ; celle-ci comprend la richesse et la puissance. Comment le sol agit-ii sur la végétation? D'abord en recevant et en conservant les matériaux nécessaires au développement des plantes; puis en les mettant à la disposition de celles-ci, au fur et à mesure de

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leurs besoins et dans les conditions les plus convenables d'assimilation. L'abondance de ces matériaux constitue la richesse du sol ; l'action de celui-ci sur l'assimilation est sa puissance. Les matériaux de la végétation ne sont autre chose que les éléments mêmes qui constituent le végétal, c'est-a-dire le carbone, l'hydrogène, l'oxygène, l'azote, l'eau et quelques sels. Ils se trouvent en abondance dans les milieux (atmosphère et sot) où se développe la plante. Mais quel rôle jouent ces milieux? Comment ces matériaux sont-ils assimilés par le végétal? Quelles sont les combinaisons qui s'opèrent? Les savants ne roat pas en parfait accord sur ces différent? points.

Toutefois, on admet généralement qu'il existe dans les plantes une double alimentation : l'une aérienne, au moyen des feuilles; l'autre souterraine , par l'intermédiaire des racines. Or , l'atmosphère constitue une source inépuisable d'uïote et d'autres principes, tandis que la richesse du sol a besoin d'être souvent augmentée et toujours entretenue par un bon assolement et par d'abondantes fumures. Quant à sa puissance, elle tient à des conditions, les unes inhérentes au sol lui-même , les autres extérieures. Les premières sont : la profondeur et la consistance du sol; la nature du sous-sol, perméable ou non ; la composition minérale de l'un et de l'autre; leur état hygrométrique; la faculté qu'ils ont d'absorber et de retenir l'eau, l'ammoniaque, les gaz, le calorique, etc.; enfin leurs autres propriétés physiques. Les secondes sont : le climat et les influences atmosphériques ; l'exposition et l'inclinaison du sol; les eaux courantes ou torrentielles, les sources, etc.

« Isolées , dit P. Lefour, la puissance ou la richesse est insuffisante pour produire ia fertilité; ainsi Jes débris organiques accumulés dans une terre imperméable se décomposent en un terreau acide impropre à la végétation ; un sol qui réunit les conditions physiques favorables à la végétation est infertile, s'il est dépourvu de l'humus et des sels nécessaires aux plantes ; réunies , au contraire, la richesse et la puissance se multiplient en quelque sorte l'une par l'autre et constituent la fertilité ou la fécondité du sol. La fertilité est relative et variable : relative, si ou considère les sols entre eux ou dans leur rapport avec les plantes qu'ils doivent produire ; elle est variable, car elle diffère selon le climat; elle s'accroît par les travaux et les procédés de culture. Un sot fertile sous un climat humide peut être médiocre sous un climat sec. »

Un bon sol est celui qui renferme tous les éléments ou qui» possède toutes les qualités favorables à la production; un sol mauvais ou médiocre est celui auquel il manque tout ou partie de ces qualités. La base la plus rationnelle pour apprécier la fertilité d'un sol est sa productivité, c'est-à-dire la quantité de matière végétale qu'il produit habituellement. Entre le produit maximum, ou le plus considérable d un sol, et son produit minimum, ou le plus faible, se placent des moyennes qui varient continuellement et, par suite, ne donnent qu'un chiffre approximatif. Nous n'entrerons pas dans les détails des moyens employés pour mesurer la fertilité du sol; ils constituent une étude spéciale, désignée sous le nom i'euphorimétrie.

Parmi les diverses méthodes de classification des sols, il en est une, très-pratique et généralement adoptée, qui prend pour base Je genre de productions auquel le sol peut être consacré avec le plus d'avantage. Sous ce rapport, on distingue six classes, qui sont, en commençant par les plus productives : îo les terres à jardins, les chenevières et les vergers; ce sont des sols sains, hutnifères ou de riche terreau, mais exigeant des conditions spéciales, suivant la nature des végétaux cultivés; 2<> les vignobles, terres saines et sur des coteaux bien exposés; 3° les terres arables, subdivisées en sols à froment ou à luzerne et sots à seigle ou à sainfoin, renfermant d'ailleurs plusieurs sous- variétés; 40 les herbages, les prés et les pâturages, comprenant aussi les terres à prairies permanentes, qui doivent réunir a la richesse la fraîcheur et l'humidité, soit du Sol, soit du climat; 5<> le sol forestier, réduit aujourd'hui aux terrains qu'on ne peut utiliser pour d'autres cultures; 6" enfin Jes terres incultes, susceptibles ou non de culture, et comprenant les terres de bois, les landes, les gâtines, les savarts, les garrigues, les pacages, etc. Chacune de ces classes se subdivise d'ailleurs a son tour.

La richesse, la puissance et la fertilité d'un sol peuvent varier en plus ou en moins ; elles peuvent être diminuées par des accidents météoriques ou autres, des inondations ou des opérations culturales mul entendues.

Elles peuvent être augmentées par l'apport de matières fertilisantes provenant de l'atmosphère, des eaux, des animaux, des végétaux ou du travail de l'homme, et surtout par un mode de culture et d'assolement rationnels. V., pour plus amples détails, les mots assainissement, DRAINAGE, IRRIGATION, COLMA- TAGE, LIMONAGE, LABOUR, AMENDEMENT, EN- GRAIS, ASSOLliMKNT, ÉCOBUAGE.

— Division du sol. V. divisio.v.

— Chim. Un sol consiste en substances minérales provenant de la désagrégation de;

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roches primitives, et en matières organiques nommées humus ou substances humiques.

Cet humus résulte des détritus des plantes qui ont vécu et qui se sont ensuite putréfiées. Dans les sols cultivés, i! résulte aussi des substances organiques diverses que l'on ajoute volontairement sous la forme d'engrais (v. engrais). La couche qui confine immédiatement au sot est formée par des roches désagrégées, non encore entamées par la bêche ou la charrue et qu'atteignent seulement les parties les plus profondes des racines des plantes. On fui donne le nom de sous-sol.

Le sol est la source d'où les plantes tirent la totalité de leurs aliments minéraux. Toutes les plantes ont besoin, pour se nourrir, d'acide phosphorique, d'acide sulfurique, d'alcalis, de chaux, de magnésie et de fer; beaucoup exigent de la silice. Celles' qui vivent sur les bords de la mer absorbent des sels de sodium et des iodures métalliques. -Toutes les substances minérales qui sont nécessaires au développement des plantes ont, dans un Sens absolu, une valeur égale. En effet, il suffit que l'une d'elles fasse défaut ou qu'elle n'existe que sous une forme non assimilable par les plantes pour que la végétation languisse ou s'éteigne.

Les substances organiques fournissent l'acide carbonique et l'ammoniaque. L'ammoniaque résulte delà putréfaction des matières azotées, et l'acide carbonique de l'oxydation des substances huraiques sous l'influence de l'oxygène qui pénètre dans le sol. L'acide carbonique ainsi produit sert noniseulement de source de carbone pour la plante qui pousse, il a une autre utilité encore : il facilite la désagrégation des constituants minéraux du sol, en dissolvant les phosphates terreux et en décomposant les minéraux feldspathiques. Le chlorure et l'azotate de sodium, ainsi que les sels ammoniacaux, dissolvent également les phosphates de calcium et de magnésium et contribuent ainsi à la diffusion de ces sels daus le soi, et à leur absorption par les radicelles des plantes qui en ont besoin pour vivre.

On supposait autrefois que les constituants minéraux du sol ne pouvaient jamais être absorbés par les plantes, à moins qu'ils ne fussent à l'état de solution. De nouvelles recherches ont démontré que ce n'est point le cas. Les sols, et surtout ceux qui renferment des quantités considérables d'humus, de débris végétaux, ont le pouvoir d'absorber les acides, les aicalis et les sels qui les traversent à l'état de dissolution, et de les retenir sous forme de combinaisons assez instables pour que ces matériaux puissent y être facilement puisés par les racines des plantes.

En 1845 , H. -S. Thomson remarqua que, lorsqu'on fait filtrer à travers un sol des solutions de carbonate ou de sulfate d'ammonium, les premières portions de liquide qui filtrent ne renferment que des traces d'ammoniaque, mais renferment, dans le cas du sulfate, des quantités relativement considérables de gypse. "Vers la même époque, Huxtable remarqua que l'eau de fumier perd complètement son odeur et sa couleur lorsqu'on la filtre à travers un sol argileux.

Ces observations furent plus tard étendues par M. Way. Ce savant agriculteur prouva

?ue certains constituants de l'engrais des ermes perdent leur solubilité lorsqu'on met leur solution en contact avec le soi labourable et s'unissent d'une certaine manière avec ce dernier. Les solutions d'ammoniaque caustique, de sulfate, d'azotate ou de chlorure d'ammonium, traitées par un excès de terre arable, lui abandonnent presque complètement leur ammoniaque, tandis que les éléments électro-négatifs de ces sels s'unissent aux autres métaux que la terre renferme et forment des sels nouveaux qui passent dans la liqueur filtrée. Les sels de chaux sont surtout ceux qui se forment facilement dans ces conditions. Les particules du sol exercent une action absorbante analogue sur la potasse , qu'elle se trouve à l'état caustique ou qu'elle se trouve à l'état de carbonate, de sulfate ou de chlorure. Il en est encore de même des solutions sodiques et magnésiques. Les phosphates, toutefois, ne subissent pas, de la part du sol, la même action que les carbonates, les sulfates et les chlorures. Ainsi une solution de phosphate sodique ou de cendres de guano, dans l'acide sulfurique étendu, abandonne au sol, a travers lequel on la fait filtrer, aussi bien l'acide que la base. Way a également découvert que l'urine putréfiée, les eaux qui ont servi au rouissage du chanvre ou du lin et les eaux des fosses d'aisances perdent complètement, daus le sol, leur ammoniaque, leur potasse et leur acide phosphorique.

Le pouvoir absorbant du sol pour la potasse, l'ammoniaque, la soude, la magnésie et l'acide phosphorique, ne peut guère être considéré comme résultant d une action chimique définie ; car il se retrouve au même degré dans des sols dont la composition est trèsvariable. Un sol fortement argileux, renfermant fort peu de chaux, le possède au même degré qu'un sol fortement calcaire, renfermant tres-peu d'argile. La proportion de la matière organique paraît seule exercer une influence décisive.

Le pouvoir absorbant d'un sol dépend beaucoup de son degré de porosité. Les sols argileux denses et les sols sablonneux très-lâches sont ceux qui possèdent ce pouvoir au

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moindre degré. Les sols, au contraire, qui ont une structure légèrement poreuse, analogue à celle du bois ou du charbon de bois, sont ceux qui la possèdent au plus haut degré. Cette propriété parait donc analogue au pouvoir absorbant exercé par le charbon de bois ou par le noir animal : les substances absorbées n'entrent pas dans de nouvelles combinaisons , mais conservent leurs propriétés premières. Quand un sel, comme le sulfate d'ammonium ou de potassium, abandonne sa base au soi, l'acide séparé de ce sel entre en combinaison avec la chaux ou la magnésie. Mais probablement cela provient de ce que l'attraction des particules pour la base n'est pas assez forte par elle-même pour déterminer la décomposition du sel , mais devient assez forte lorsqu'elle est aidée par l'attraction que la chaux ou la magnésie exercent sur l'acide sulfurique, sur l'acide azotique ou sur l'acide carbonique. L'action chimique ne serait donc ici qu'un adjuvant.

L'absorption destinée à nourrir les plantes aux dépens du sol s'effectue par le moyen du chevelu des racines, qui sont en contact immédiat avec les particules chargées de substances nutritives. Il importe donc que le sol possède une certaine porosité, afin de permettre à ces radicelles de se ramifier dans toutes les directions dans son intérieur, a L'effet que l'on obtient en défrichant le terrain au moyen de la bêche, de la charrue, de la houe, de la herse ou du rouleau dépend surtout de ce fait, que les racines des plantes peuvent ainsi aller chercher leur nourriture, tandis que les substances nutritives n'ont pas de locomotion propre et ne peuvent pas, par elles-mêmes, quitter la place qu'elles occupent. Les racines, comme si elles avaient des yeux pour voir, se courbent et se bifurquent dans les directions de l'aliment, si bien que leur nombre, leur épaisseur et la direction de leurs filaments indiquent les places précises où elles ont rencontré la nourriture, « ( Liebig , The natural laws of husbandry , London, 1853, ch. u.)

— Analyse des sols. La méthode actuellement adoptée pour l'analyse de la terre arable est essentiellement la même que celle qu'ont décrite Sprengel et Otto dans le Boden Kunde de Sprengel. Cette méthode est surtout fondée sur ce principe que, pour connaître la fertilité d'une terre, il ne suffit pas d'en déterminer la composition élémentaire, mais qu'il faut encore connaître l'ordre dans lequel ses éléments sont combinés. Dirigés par cette vue, Sprengel et Otto traitaient successivement le sol par l'eau, l'acide chlorhydrique étendu, l'acide sulfurique concentré et le carbonate de potassium fondu. Les parties solubles dans l'eau sont supposées dans un état immédiatementassimilable ; celles qui se dissolvent dans l'acide chlorhydrique étendu seraient susceptibles de devenir assimilables Sous l'influence de l'acide carbonique et des acides humiques du sol. Le reste ne serait assimilable qu'après avoir subi, pendant un temps fort long, les influences atmosphériques aidées par les opérations mécaniques du labourage. Cette vue de Sprengel et d'Otto était basée sur cette idée que les matériaux nutritifs ne peuvent être absorbés que s'ils sont dissous, idée complètement fausse comme nous l'avons démontré un peu plus haut. Toutefois, comme les parties qui se sont combinées au sol par suite de l'attraction dont nous avons parlé doivent avoir été dissoutes pour pouvoir être distribuées, la division des substances qui constituent le sol en substances solubles dans l'eau et les acides étendus et en substances insolubles dans ces agents est encore capable de fournir des indications très-utiles.

a. Principes constituants solubles dans l'eau. On recueille un échantillon moyen de la terre que l'on veut analyser, on le débarrasse des pierres qu'il renferme, ainsi que des parties les plus fines que l'on séparé par le tamis. On prend ensuite une certaine quantité de cette terre (dans le procédé primitif, ou prenait 1,000 à 2,000 grammes) que l'on chauffe avec l'eau à une température très-voisine de l'ébullition, après quoi l'on filtre. On lave aussi complètement qu'il est possible le résidu à l'eau chaude, on évapore le liquide entier, de manière à le réduire au volume de la quantité d'eau employée d'abord et l'on filtre de nouveau pour séparer les dépôts qui peuvent s'être formés pendant l'évaporation ; on détermine enfin le volume du liquide filtré et l'on divise ce dernier en plusieurs parties, dont chacune doit être mesurée avec le plus grand soin , pour rechercher sur chacune d'elles certains éléments que l'on rapporte à la quantité totale.

Pour connaître la somme de toutes les substances solubles, on évapore une quantité mesurée de ce liquide et l'on pèse le résidu après qu'il a été assez bien desséché pour ne plus perdre de son poids à 100». On chauffe ensuite doucement ce résidu au contact de l'air pendant quelque temps, puis on le pèse après refroidissement sous un exsiccateur. La perte de poids qui se produit indique la somme des matières organiques, de l'acide azotique et de l'ammoniaque, en supposant que la présence des deux dernières de ces substances ait été déjà démontrée par l'analyse qualitative. On traite ensuite le résidu par l'acide chlorhydrique étendu et l'on évapore à sic-

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cité la solution. Le résidu de cette nouvelle opération, épuisé une seconde fois par l'acide chlorhydrique, laisse de la silice insoluble qu'on pèse.

Le liquide filtré, débarrassé ainsi de la silice, est traité par un courant de chlore, puis additionné d'ammoniaque. U s'y forme alors un précipité qui renferme de l'alumine, de l'oxyde ferrique, de l'oxyde manganique et de 1 acide phosphorique, ainsi qu'un peu de, chaux et de magnésie, dans le cas où la proportion de l'acide phosphorique est considérable. L'action du chlore consiste à. suroxyder le fer et le manganèse, sans quoi ces métaux ne seraient pas précipités par l'ammoniaque ou le seraient imparfaitement. On recueille ce précipité, on le lave, on le dessèche, on le pèse et l'on détermine le poids relatif des divers éléments en suivant la marche ordinaire indiquée dans tous les traités d'analyse quantitative. Dans le cas où ce précipité ne serait pas assez abondant pour qu'on pût en doser tous les éléments, il serait, au moins indispensable d'y déterminer l'acide phosphorique avec le plus de soin et d'exactitude possible.

Le liquide, séparé par filtration du précicipité fourni par l'ammoniaque, est mêlé avec un léger excès d'oxalate ammonique qui en précipite la chaux. Si l'on trouve de la chaux par cette méthode, on peut être sûr que la liqueur ne renferme plus d'acide phosphorique. On la filtre, dans ce cas -, on l'évaporé, on en calcine le résidu pour en chasser la totalité des sels ammoniacaux, puis on la redjssout dans l'eau et l'on sépare la magnésie, la potasse et la soude par les méthodes ordinaires. Si, d'autre part, les terres alcalines ont été complètement précipitées à l'état de phosphate, l'acide phosphorique peut se trouver encore dans la liqueur débarrassée de silice et qui renferme les alcalis. Dans ce cas, on en précipite l'acide phosphorique au moyen du sulfate de magnésie ammoniacal et on le dose à l'état de pyrophosphate. On utilise des quantités pesées et différentes de la solution pour doser l'acide sulfurique au moyen du chlorure de baryum, et le chlore au moyen de l'azotate d'argent. Si le liquide renferme des carbonates , on évapore une

Fortion de la liqueur à un petit volume et on y dose les carbonates, soit par la méthode alcalimétrique,- soit en voyant ce qu'il perd de son poids quand on le traite par l'acide sulfurique. Cette expérience se fait dans un appareil spécial qui renferme l'acide sulfurique et le liquide à analyser dans deux

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boules séparées, unies par un tube supérieur au niveau du liquide. Quand tout est pesé, on incline le tube de manière que l'acide tombe dans la liqueur. Le gaz carbouique s'échappe en passant par un tube rempli de pierre ponce sulfurique pour le dessécher, tube pesé avec l'appareil auquel il tient. Quand la réaction est terminée, on aspire par le tube dessiccateur afin de chasser par l aille gaz carbonique qui remplit l'appareil. Cela fait, on pèse. La différence de poids entre la première pesée et la seconde fait connaître l'acide carbonique qui s'est dégagé. Cette méthode est exacte et surtout elle est rapide.

il est bien évident que la liqueur qu'on obtient en faisant bouillir la terre avec l'eau n'offre pas une représentation exacte de celle qui se forme lorsque l'eau de pluie filtre à travers le sol, sous les influences atmosphériques si variables auxquelles celui-ci est exposé pendant les diverses saisons. Pour obtenir une solution qui soit l'image fidèle de cette dernière, on se sert d'un appareil appelé lysimètre. Cet instrument consiste en une boîte carrée, ordinairement construite en zinc, ouverte a la partie supérieure et fermée à la partie inférieure. Cette boite a une surface de 10 décim. carrés, 80 exactement. A une profondeur de 0i°,162 à partir du sommet, on place un fond perforé et l'on remplit de terre l'espace compris entre ce fond perforé et le haut. La boîte est ensuite placée dans le sol, de manière que le niveau de la terre qu'elle renferme soit le même que celui de la teire extérieure. Toute l'eau de pluie qui tombe sur cette surface de 10 décim. carrés, 80 doit nécessairement ou s'évaporer ou filtrer à travers les om,I68 de terre et se réunir dans la partie inférieure de la boîte. On retire l'eau contenue dans cet instrument tous les trois mois, ou plus fréquemment dans le cas où la pluie est plus abondante que d'ordinaire, et l'on analyse le liquide par la méthode que nous avons déjà décrite plus haut.

La table suivante renferme les résultats de plusieurs analyses d'eau de drainage recueillie dans le lysimètre. Ces analyses ont été faites par Zôller. Elles proviennent ; îo d'un sol calcaire fumé en pleine végétation ; îo d'un sol argileux non fumé et sans végétation ; 3° d'un sol argileux non fumé couvert de végétation ; 4° d'un sol argileux fumé sans végétation; 50 enfin d'un sol argileux fumé en pleine végétation.

Eaux du lysimètre, suivant Zôller.

un million de parties d eau contiennent.

Résidu solide a 100»

Cendres renfermées dans ce résidu

Potasse • ■ * •

Soude

Chaux

Magnésie

Oxyde ferrique

Chlore

Anhydride phosphorique

Anhydride sulfurique ,

Anhydride silicique ,

— Dosage des principes solubles dans l'acide chlorhydrique. Ce dosage est le plus iraportant de tous ceux que 1 on pratique dans t'analyse des sols. Il montre en effet quelle est la quantité totale des principes que les plantes peuvent utiliser comme aliment. On le pratiquait autrefois sur la résidu laissé par l'eau bouillante. Mais comme le dosage des principes solubles dans l'eau est considéré aujourd'hui comme n'ayant que trèspeu d'importance, on opère le plus souvent directement sur l'échantillon. On prend 50 ou 100 grammes de terre qu'on mêle avec de l'eau dans un flacon, de manière à en faire une pâte claire, et 1 on ajoute peu à peu de l'acide chlorhydrique au mélange jusqu'à ce qu'il ne se produise plus d'effervescence, on verse alors d'un seul coup un léger excès de cet acide; on porte le liquide a une douce chaleur en agitant fréquemment, on filtre et on lave bien le résidu. Les eaux de lavage sont réuuies à la liqueur. La liqueur, additionnée d'un peu d'acide azotique pour suroxyder le fer, est ensuite évaporée à siccité. On reprend le résidu par l'eau acidulée et l'on recueille sur un filtre la silice devenue insoluble, que l'on pèse. La liqueur filtrée est ensuite divisée en plusieurs portions, que l'on mesure ou que l'on pèse et qui servent pour les divers dosages. On y dose l'acide sulfurique, l'acide phosphorique, l'alumine, l'oxyde ferrique, l'oxyde manganeux, la chaux, la magnésie et les alcalis. On dose l'acide carbonique sur une portion à part. On dose aussi sur une portion du liquide, non suroxydé par l'acide azotique, l'oxyde ferreux qui existait dans le sol, distinct de l'oxyde ferrique. Pour cela, on emploie le procédé de Marguerite, qui consiste, comme on le sait, à verser une dissolution titrée de permanganate de potasse dans la liqueur jusqu'à ce que, tout le fer étant suroxydé, une dernière goutte de ce réactif cesse de se décolorer. On titre la solution eu voyant combien il en faut pour suroxyder une so-

lution faite avec 1 gramme de fer pur. La méthode de Marguerite n'est cependant pas applicable quand la liqueur renferme des substances organiques. Dans ce dernier cas, il faut faire digérer la terre dans l'acide chlorhydrique au sein d'une atmosphère de gaz carbonique, puis neutraliser l'acide libre

fiar du carbonate sodique, et faire agir sur e liquide du carbonate de baryum bien pur obtenu par précipitation. La totalité de l'oxyde ferrique se précipite alors, tandis que tout l'oxyde ferreux demeure dissous. On filtre toujours dans une atmosphère d'acide carbonique , puis on suroxyde le fer dans la liqueur filtrée, au moyen de l'eau de chlore ou de l'acide azotique.

— Portion insoluble dans l'acide chlorhydrique étendu. Cette portion du sol consiste d'ordinaire en sable et en argile mêlés avec d'autres matériaux, En chauffant une portion de ce résidu avec plusieurs fois son poids d'acide sulfurique concentré jusqu'à volatilisation de la majeure partie de l'acide, l'argile est attaquée pendant que les autres éléments restent pour la plus grande partie inaltérés. On laisse refroidir le tout; on reprend le résidu presque froid- par l'acide chlorhydrique étendu et l'on dose les bases dans le liquide filtré par la méthode indiquée plus haut. La silice qui reste dans la portion insoluble peut être redissoute complètement, quoique difficilement, par une série d'ébullitions avec le carbonate de soude en dissolution concentrée. Il reste ensuite un mélange de sable et d'autres minéraux indécomposables par l'acide sulfurique, dont on peut ordinairement déterminer assez exactement la nature par un examen microscopique. Du reste, ces substances n'ont aucun intérêt pour l'agriculteur.

— Détermination de la matière organique. La totalité de la matière organique qui se trouve dans le sol consiste en restes de plantes et en produits de décomposition de

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ces plantes, connus sous le nom de substances mimiques. On peut en apprécier assez exactement la proportion en déterminant^ la

fierté de poids qu'éprouve la terre lorsqu'on a calcine pendant quelque temps, après dessiccation préalable à une température rouge sombre, insuffisante pour décomposer les carbonates terreux. L'ammoniaque, toutefois, et l'acide azotique se trouvent compris dans cette perte de poids. 11 est par suite préférable de doser le carbonate que renferme le sol en soumettant la terre à une combustion avec de l'oxyde de cuivre et en prélevant de la quantité totale d'acide carbonique obtenu celle qui existait toute formée dans le sol h l'état de carbonates. On peut encore faire la combustion sur une portion de terre déjà débarrassée de ses carbonates au moyen de l'acide chlorhydrique étendu ; c'est même là une méthode plus exacte. Une autre méthode consiste à faire digérer 5 grammes de terre avec 10 centimètres cubes d'eau et 15 centimètres cubes diacide sulfuiique concentré. Quand tout l'acide carbonique provenant des carbonates est dégagé, on ajoute 5 grammes de bicarbonate de potassium au liquide; on chauffe, on recueille l'acide carbonique qui se dégage dans un tube de Liebig , après l'avoir desséché sur du chlorure de calcium, et finalement on le pèse.

— Dosage de l'azote. La proportion totale de l'iizote qui existe dans le sol sous la forme d ammoniaque, d'acide azotique ou de substances organiques azotées peut être déterminée par une combustion avec l'oxyde de cuivre, suivant la méthode de Dumas. On se rappelle que, dans ce procédé, on prend un long tube dans lequel on place d'abord une colonne de bicarbonate de sodium, puis une couche d'oxyde de cuivre, puis le mélange d'oxyde de cuivre avec la substance à analyser, puis enfin une colonne de tournure de cuivre. Le tube, fermé k l'un de ses bouts, est ouvert k l'autre, par lequel il communique, au moyen d'un long tube, avec une cloche placée sur le mercure, dans la partie supérieure de laquelle on place une dissolution concentrée de potasse caustique. L'appareil étant monté , on chauffe d'abord le uicarbonate de sodium ; de l'acide carbonique se dégage alors qui chasse l'aii-contenu dans le tube. Quand tout l'air est chassé, ce que l'on reconnaît k ce caractère que le gaz qui se dégage est complètement absor-

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bable par la potasse, on commence à chauffer la tournure de cuivre, puis, quand celle-ci est rouge, le mélange de terre et d'oxyde de cuivre. La matière organique se brûle. L'azote passe à l'état de bioxyde d'azote, puis se réduit k l'état d'azote en traversant la colonne de cuivre métallique et vient finalement se rendre dans la cloche ; à la fin, on chauffe de nouveau le bicarbonate de soude, afin de dégager une nouvelle quantité d'acide carbonique destiné k chasser tout l'azote que renferme l'appareil et à le faire arriver en totalité dans la cloche où, l'acide carbonique étant totalement absorbé, H devient facile à mesurer.

Il existe d'autres méthodes de dosage de l'azote dans les substances organiques. Telle est la méthode de MM. Willet Warrentrapp, qui calcinent les substances avec de la chaux sodée et font passer ainsi l'azote à l'état d'ammoniaque, qu'ils recueillent dans l'acide chlorhydrique et qu'ils dosent ensuite par une analyse acidimétrique. Cette méthode, beaucoup plus commode, beaucoup plus rapide que celle de M. Dumas, dans tous les cas où elle est applicable, n'est malheureusement pas applicable dans l'analyse des sols. La raison en est simple. La méthode de MM. Will et Warrentrapp échoue avec les combinaisons oxygénées de l'azote, et, dans la terre arable, une grande partie de l'azote existe à l'état d'acide azotique.

Pour déterminer en particulier l'acide azotique, Wolff épuise environ 500 grammes de terre par l'eau froide, filtre, évapore la liqueur filtrée jusqu'à ce qu'elle n'occupe plus quele volume de 30 centimètres cubes, puis la mêle avec de la potasse caustique et la fait bouillir jusqu'à ce que tout dégagement d'ammoniaque ait cessé. On met ensuite du zinc dans la liqueur, de manière k réduire l'acide azotique à l'état d'ammoniaque, et l'on détermine le poids du gaz qui se dégage. On n'a fait connaître, jusqu'à ce jour, aucune méthode exacte pour déterminer la proportion de i'azote qui existe dans le sol a 1 état d'ammoniaque. En effet, M. Mayer a fait voir que, lorsqu'on verse dans le sol une quantité connue d'ammoniaque, on ne parvient pas à la retrouver entière en faisant ensuite bouillir la terre avec une solution de potasse ou de soude. Nous donnons ci-dessous une table qui fait connaître les proportions de carbone et d'azote renfermées dans les différents terrains.

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