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1870, 9 max.
La loi des croissances et des décroissances est visible, mais n'est plus enfermée ici dans une période régulière. II serait puéril de chercher une progression mathématique dans le nombre des taches; la cause très-probable de leur formation s'oppose absolument à ce qu'elles soient soumises à une pareille loi. Mais ce que le lecteur aura sans doute remarqué, c'est l'accord très-singuiier des latitudes maximum et minimum au nord et au sud. Cet accord frappant montre que les taches se produisent invariablement dans une région dont l'équateur est le centre et qui, alternativement, so concentre et se dilate de part et d'autre de cette ligne
On a cru remarquer une certaine corrélation entre la distance de Jupiter au soleil et le nombre de taches dont la surface de celui-ci est parsemée. Ajoutons encore que la
périodicité des taches parait coïncider avec la périodicité des perturbations de notre aiguille aimantée.
— V. Hypothèses sur la constitution du solkil. « La constitution du soleil, disait un astronome, change presque aussi souvent que nos constitutions politiques. » Ce qui change, ce n'est probablement pas la constitution du soleil, mais les hypothèses que l'on a faites sur cette constitution. L'imagination et la fantaisie se soiit, à ce sujet, donné libre carrière. Anaxagore (500 ans avant notre ère) considérait le soleil comme un rocher enflammé. Zenon (400 ans avant notre ère) uftirinait que c'était l'essence du feu. Scheiner, savant allemand (1575-1050), te regardait comme un océan de feu, avec ses vagues, ses tempêtes, ses abîmes ; hypothèse singu-
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lièrement voisine de celle de M. Faye. Kircher, jésuite allemand (1602-1680), prétendait que c'était une masse de cuivre fondu et bouillant. Charles Palmer, en 1798, soutenfe.it que le soleil es,t une immense sphère de glace, attendu que, plus on en approrhe, plus il fait froid. Cette sphère de glace, agissant comme une lentille, reçoit les rayons de lumière et de chaleur qui émanent du Tout Puissant et les concentre sur la terre. Cette hypothèse est assez réussie.
Citons en passant les théories de Cassini, de La Hire, de Lalande, qui sont aujourd'hui complètement abandonnées, comme ne rendant pas suffisamment compte de tontes les particularités du phénomène des taches.
Nous allons exposer aussi sommairement que possible les deux théories qui partagent aujourd'hui les astronomes.
l« Théorie de Wt'Json. Elle a été modifiée et perfectionnée par Bode et W. Herschel. D'après ce système, on distingue dans le soleil trois parties principales : un noyau central obscur et solide; autour et à une certaine distance de ce noyau, une atmosphère obscure; enfin, autour et à une certaine distance de cette première couche, une seconde atmosphère, appelée photosphère, qui est lumineuse. Il existe à la surface du noyau obscur des foyers d'éruption volcanique dont les jets, déchirant successivement les deux atmosphères, produisent des trouées, des vides , qui constituent les taches dont nous avons parlé. Si cette trouée traverse le soleil depuis sa surface jusqu'au noyau central, on doit distinguer les deux éléments dont nous avons reconnu la présence dans toute tache ; le noyau de la tache, produit par la vue du corps central obscur, et la pénombre, produite par la première atmosphère, dont la teinte est grisâtre. Si l'ouverture pratiquée dans la photosphère est moindre que celle de l'atmosphère nuageuse, le noyau central est seul visible, et l'on a un noyau sans pénombre. Si, au contraire, la déchirure de la première atmosphère vient à se refermer avant celle de la photosphère, le corps central obscur devient invisible, et l'on a une pénombre sans noyau. La variation de la forme des taches, leur disparition, leur mobilité trouvent dans ce système une explication satisfaisante. Les courants ascendants, dont l'impulsion est assez puissante pour trouer les enveloppes atmosphériques du soleil, doivent produire dans leur masse une agitation continuelle, qui donne Heu aux luuules et aux facules dont nous avons plus haut défini l'aspect. L'hypothèse en vertu de laquelle les taches seraient de véritables excavations est complètement confirmée par l'aspect même de ces taches. A mesure que le soleil tourne, elles vont du centre à la circonférence, présentant successivement les apparences qu'offrirait l'orifice d'un entonnoir, vu d'abord de face, puis sous une obliquité de plus en plus grande. A l'apparition d'une tache sur le bord du disque solaire, on n'aperçoit d'abord qu'une pénombre bientôt limitée, du côté le plus éloigné du bord de l'astre, par une ligne noire. Cette ligne s'élargit en même temps que la pénombre, et ceile-ci envahit progressivement le bord de la tache qui en était privé. Quand la tache a dépassé le méridien central, la tache commence a s'allonger progressivement ; la pénombre, approchant du bord du disque, finit par disparaître par le côté de la tache où elle avait apparu eu dernier lieu. Il est facile de se rendre compte que des phénomènes absolument identiques se produiraient sur la surface d'une sphère si l'on y promenait un troue de cône dont le sommet serait dirigé vers le centre de la sphère et la grande base vers les spectateurs. Mais l'hypothèse d'après laquelle le globe du soleil est formé d'un noyau obscur, enveloppé à des distances différentes de deux couches gazeuses, l'une non lumineuse par elle-même, mais réfléchissant, a travers les déchirures de la couche extérieure, la lumière quYlle en reçoit; l'autre lumineuse par elle-même et constituant la périphérie visible du corps du soleil, cette hypothèse, disons-nous, a été singulièrement affaiblie par les découvertes de l'analyse spectrale.
2<> Théorie de M, Faye. M. Faye a eu deux systèmes sur la constitution du soleil; comme il a abandonné ou plutôt modifié le premier, il s'agit seulement de faire connaître le second. Si le noyau du soleil est un corps obscur et froid, comment expliquer que la photosphère, dont la radiation calorifique est si puissante, soit sans action sur les couches voisines de l'atmosphère intérieure du soleil, et, par conductibilité, sur le noyau même du soleil? En un mot, comment peut-il y avoir un corps froid au centre d'une masse incandescente? Celte objection, ainsi que quelques autres, relatives à l'inégalité du. mouvement des taches solaires, a nécessité de nouvelles explications. Le soleil, dans le système de M. Faye, est forme d'une masse gazeuse, dont la température est excessive, et qui est animée d'un mouvement de rotation. Tous les éléments de cette masse, que l'analyse spectrale a fait découvrir, sont, par le fait de la température, maintenus dans un état de dissociation complète. Toutefois, à la surface et au contact du froid des espaces célestes, des précipitations chimiques ont lieu , qui produisent des nuages de particules solides, mais incandescentes : ces nuages constituent la photosphère.
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La photosphère étant ainsi composée de particules solides a l'état lumineux, ces particules, sollicitées par la gravité, toiubept sur les couches inférieures, où, à un certain moment, elles retrouvent la température de dissociation ; en même temps , elles sont remplacées, dans les couches supérieures, par des masses gazeuses ascendantes, qui viennent à leur tour s'y transformer en particules solides et incandescentes. Il y a donc, entre l'intérieur et la superficie, un échange incessant de deux courants, l'un ascendant, l'autre descendant, dont l'effet doit produire l'aspect que l'on a attribué aux taches. Ces courants, en effet, doivent produire ça et là des éclaircies, à travers lesquelles on aperçoit, non pas un noyau solide, obscur et froid, qui est impossible, mais tout simplement la masse gazeuse interne, dont le pouvoir émissif et éclairant, à la température de la plus vive incandescence, est tellement faible, que cette masse nous semble obscure, par contraste avec la photosphère.
M. Faye, ayant découvert dans quelques taches un mouvement giratoire très-prononcé, a été induit à penser que ce mouvement existe même dans les taches où il n'a pu encore être constaté, et il a tiré de là une trèsremarquable théorie des taches solaires. Ces taches, pour lui, ne sont que des cyclones solaires en tout semblables aux cyclones et aux tourbillons que nous observons dans notre atmosphère et dajis nos cours d'eau. La théorie des tourbillons liquides et gazeux était encore fort confuse; M. Faye l'a éclairée et complétée pour les besoins de sa théorie, et a fait faire du même coup un pas trèsimportant à la mécanique rationnelle et à l'astronomie physique. Il a établi que ces phénomènes, assez communs a la surface de notre globe devaient être infiniment plus fréquents dans une immense sphère gazeuse comme est le soleil, et il en a donné la raison. Dans une masse solide comme la terre, toutes les parties sont solidaires et participent, sans déviation, au mouvement général de la rotation ; dans une masse gazeuse comme le soleil, où la cohésion est presque nulle, au contraire, les diverses parties retardent sur le mouvement général et acquièrent une certaine force de résistance qui, d'après une loi connue; est proportionnelle à leur distance a l'axe de rotation. De là, il faut conclure que les éléments dont se compose le soleil ont des vitesses absolues variables, non-seulement selon leuréloignement du centre de la sphère, mais encore selon la latitude solaire à laquelle ils appartiennent. Or, cette différence de vitesse dans les couches d'une masse fluide est précisément la cause des tourbillons et des cyclones. De plus, tous les détails de l'observation des taches concordent d'une façon merveilleuse avec cette théorie générale. Pour ne citer qu'un exemple, cette théorie avait conduit M. Faye à conclure que le mouvement giratoire des tourbillons solaires devait se produire en sens inverse dans les deux hémisphères de l'astre, et l'observation s'accorde complètement avec cette déduction de la théorie.
Le système plausible de M. Faye a cependant trouvé des contradicteurs ardents, notamment parmi les astronomes italiens. En revanche, il a suscité des admirateurs enthousiastes, nous pouvons peut-être dire trop enthousiastes, en ce sens qu'ils paraissent avoir poussé au delà des limites raisonnables les conséquences du système de M. Faye. C'est ainsi que M. A. Poey a cru trouver un lien intime entre les cyclones solaires et les cyclones terrestres et a signalé un accord frappant entre l'apparition des taches dans le soleil et la production des tempêtes sur la terre. On sait combien la statistique est complaisante pour ceux qui s'engagent de parti pris dans une pareille voie, et, pour cette raison, nous nous abstiendrons de reproduire les tableaux au moyen desquels M. Poey prétend établir des rapports annuels de maximum et de minimum entre les taches solaires et les tempêtes terrestres. Disons seulement, h son honneur, qu'il reconnaît des lacunes dans cette concordance, lacunes qu'il se hâte, il est vrai, de combler au moyen de tempêtes de l'hémisphère austral qui n'auraient pas été observées ou signalées.
M. Faye explique de la manière suivante les inégalités nu mouvemeut des taches : Les masses ascendantes, parties d'une grande profondeur, .arrivent en haut avec une vitesse de rotation moindre que celle Je la surface, parce que les couches d'où elles partent ont un moindre rayon. De là un ralentissement général dans le mouvement de la photosphère. Si la photosphère est en retard surlarotationgénérale, les couches profondes devront, par compensation, se trouver en avance sur ce mouvement. De cette opposition il résulte que, tandis que la photosphère aura une faible tendance à se rappro-'her de l'axe de rotation, en coulant superficiellement vers les pôles, la tendance contraire se manifestera dans les couches inférieures, qui se porteront vers l'équateur. Eu appliquant le calcul à ces divers mouvements, on voit que les différentes zones de la photosphère subissent, dans la durée de l«ur rotatation, des retards qui, conformément à la loi de' Carrington, sont proportionnels aux cariés des sinus de leur latitude.
Les facules, sortes de rides lumineuses ! dont l'apparition présage celle des taches, '
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sont dues, comme ces dernières, aux courants ascendants, qui viennent entr'ouvrir le voile lumineux du soleil. Ce sont des dénivellations occasionnées par la sortie momentanée des matières gazeuses que le courant expulse. Comme elles s'élèvent au-dessus du nivarau général, elles doivent rester en arrière des taches, ainsi que cela a été observé par MM. Stewart et Chn cornac , puis se déverser peu à peu dans le gouffre béant qui' les précède, l'envahir et finalement le combler.
Quant aux granulations, pores, grains de riz, feuilles de saule, etc., ce sont des apparences qui résultent de l'espèce d'ébullition continuelle dont la photosphère est le théâtre. M. Faye a appliqué sa théorie a, toutes les étoiles.
Dans les éclipses totales de soleil, on voit, autour du limbe obscur de la lune, un certain nombre d'appendices lumineux, les uns en forme de montagnes, de pics ou de pyramides, tes autres s'élevant comme des colonnes tantôt verticales, tantôt courbées, tantôt enfin détachées du contour ou le surplombant. C'est à ces appendices, d'une teinte rose ou rougeâtre, mêlée de violet et de blanc, qu'on a donné le nom de protubérances.
On n'étudie le? protubérances solaires que | depuis un petit nombre d'années, et cette étude n'a fait de sérieux progrès que depuis l'application de la photographie aux phénomènes célestes et l'invention duspectroscope. Le 18 août 1S68, un certain nombre d'observateurs, en tête desquels figuraient MM. Hayet, Herschel, Tennant, Janssen et Lockyer, profitèrent de l'éclipsé totale qui eut lieu ce jour-là pour soumettre a une investigation approfondie la nature ph3'sique et chimique des protubérances. On peut déjà, d'après les travaux de ces astronomes, regarder comme établi que les protubérances appartiennent réellement au soleil, qu'elles consistent en un gaz incandescent, en grande partie composé d'hydrogène, mais renfermant d'autres substances, dont quelques-unes paraissent inconnues a la surface de la terre; que la matière des protubérances est répandue sur toute la surface de la photosphère et y forme une couche continueront M. Lockyer évalue l'épaisseur moyenne à 8,000 kilomètres; que les protubérances paraissent être des exhaussements de cette couche, exhaussements qui atteignent quelquefois une élévation de 50,000 lieues au-dessus de la photosphère; que ces prodigieuses accumulations de gaz incandescents subissent, en des temps fort courts, des changements de forme et de dimension indiquant que la couche de matière est constamment agitée par des mouvements dont la cause, encore inconnue, est peut-être la même que celle qui, dons la théorie de M. Faye, donne lieu à la formation des taches et des facules.
La couche d'hydrogène dont la photosphère est recouverte a reçu le nom de ehromospkère.
La corrélation des taches et des protubérances, longtemps soupçonnée, longtemps niée, est devenue presque certaine depuis les observations du P. Secchi. Grâce à l'admirable découverte de MM. Janssen et Norman- Lockyer, qui ont trouvé le moyen d'observer les protubérances en dehors des éclipses, toutes les fois que le soleil est visible, grâce aussi à l'analyse spectrale, qui nous permet désormais d'analyser la matière des astres, le P. Secchi a pu constater presque directement la corrélation dont nous parlons. Une objection se présentait d'abord : les protubérances occupent toute la périphérie du disque solaire, au lieu que les taches sont bornées à la région équatoriale. Le P. Secchi a constaté que les protubérances sont notablement plus fréquentes vers l'équateur que dans les régions polaires, ce qui affaiblit déjà l'objection sans la détruire. 11 a établi, constaté par l'analyse spectrale qu'il existe deux classes très-distinctes de protubérances : les protubérances polaires, composées d'hydrogène presque pur, et les protubérances équatoriales, très-riches en métaux, ce qui saccorde très-bien avec les idées de M. Faye sur la constitution de la photosphère. Tandis que les protubérances polaires ne contiennent que de l'hydrogène et la substance inconnue correspondant à la raie D» du speotroscope, le spectre des protubérances èquatoriales, comme celui même du centre des taches, révèle la présence du sodium, du baryum , du magnésium, du calcium , do l'aluminium, du fer, du manganèse, du chrome, du cobalt , du nickel, du cuivre, du titane. M, Young y a de plus constaté le soufre , le strontium, le cérium et soupçonné le zinc, l'erbimn , l'yttrium , le lantnium , le didymium, l'iridium et le ruthénium. On remarquera l'absence complète de métalloïdes, le soufre et l'hydrogène exceptés, et encore l'on sait que bien des chimistes rangent l'hydrogène parmi les métaux, et M. Faye nie l'existence du soufre dans la photosphère. L'absence de l'oxygène et de l'azote est trèsremarquable ; mais M. Angstrôm explique leur invisibilité au spectroscope par l'absence de la température nécessaire à leur manifestation. La photosphère, selon lui, serait trop froide pour rendre ces deux gaz visibles, au eus où elle les contiendrait.
L'étudu de la forme extérieure est venue elle-même coutiriner les vues du P. Secchi sur l'exisicnce de deux classes distinctes de
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protubérances. Les protubérances équatoria les, dont l'éclat est d'ailleurs plus vif, se présentent sous forme de flammes terminées en pointes aiguës, souvent droites, parfois repliées, poussant des jets qui atteignent parfois de prodigieuses hauteurs. Les protubérances polaires ont un éclat moins vif, des formes légères, épanouies à peu près comme nos cirrhus, et ne s'élancent jamais en flammes verticales comme celles des régions équatoriales.
Le soleil n-i-\\ une atmosphère? Le fait paraîtrait déjà établi d'une manière irréfutable par l'observation des éclipses totales. Si le soleil était privé d'atmosphère, lorsque l'éclipse totale se produit, le disque lunaire devrait se détacher très faiblement sur le fond sombre du ciel. Au lieu de cela, lorsque le dernier rayon solaire a disparu, on voit la lune, complètement noire, trancher sur un fond lumineux assez vif, auquel on a donné le nom de lumière coronale, et qui est luimême entouré d'une sorte d'auréole qui s'éteint graduellement dans l'espace, ce qui donne l'idée très-nette d'une atmosphère dont les couches les plus denses, c'est-à-dire les plus voisines de l'astre, sont aussi les plus éclairées. Cette atmosphère, dont l'existence est aujourd'hui absolument démontrée par le spectroscope , est composée d'hydrogène presque pur; une couche très-mince de vapeurs métalliques la sépare de la photosphère. M. Young, astronome américain, a eu, en 1870, la singulière fortune d'observer un instant le spectre de cette couche, qui appartient aux nuages de la photosphère, dans l'instant presque insaisissable du contact de la couche avec le bord de la lune. Une multitude de raies brillantes se sont montrées tout à coup dans son spectroscope et ont été aussitôt remplacées par les raies obscures du spectre ordinaire.
— VI. LU-mièkb du soleil. <• Plusieurs physiciens du xvtc et du xvue siècle, Maurolicus, Auzout, Huyghens, essayèrent de mesurer l'intensité de la lumière solaire. Mais c'est à Bouguer qu'on doit les premières déterminations un peu précises Sur ce point délicat de photométrie. Il trouva que le soleil, en septembre, à une hauteur de 31» au-dessus de l'horizon, éclairait comme 62,177 bougies placées à 1 mètre. Au zénith, par un ciel bien pur, il éclairerait autant que 75,200 bougies. Nous n'avons pas besoin de faire observer combien la bougie prise pour unité laisse d'élasticité aux hypothèses. On a donné quelque précision à cette unité en supposant que la lumière d'un bec de gaz, brûlant, 3''l,50 de gaz par minute, équivaut à 170 bougies. Nous pensons que, lorsqu'on voudra une unité photométrique précise, il faudra choisir, non une bougie , mais un bec de gaz brûlant dans uu temps donné une quantité de gaz déterminée, gaz ayant une composition chimique définie. Il conviendrait alors d'évaluer les quantités de lumière non en bougies (les bougies u'ont que faire ici), mais en photies, si nous pouvons risquer ce mot, comme on évalue en calories les quantités de calorique. En tout cas, la question photométrique reste difficile et délicate. On a cru la résoudre en employant, pour terme de comparaison, soit la lumière oxhydrique, soit l'ara voltaïque d'une pile ayant un nombre de couples déterminé ; mais nous croyons que la lumière électrique et celle de Drummond ne sont pas moins et sont peut-être plus fantasques que la bougie de Bouguer. La lampe Carcel , qu'on a également proposée, ne donne pas des résultats plus sûrs. Rien de plus d fficile, en effet, que de déterminer les quantités de l'huile qu'on y brûle et la parfaite régularité de l'afflux de cette huile à la mèche.
Quoi qu'il en soit des procédés photométriques, quand on évalue l'intensité de la lumière du soleil, il ne faut pas oublier qu'une notable fraction de cette lumière est absorbée dans son passage à travers l'atmosphère terrestre. D'après bouguer, en représentant la lumière intégrale du soleil par 10,000, voici dans quelle proportion elle est réduite par le fait de l'absorption :
Position du svleil. Intensité lumineuse.
Au zénith 8 123
It va sans dire que ces nombres peuvent olre modifiés considérablement par l'état de l'atmosphère.
On a aussi comparé, par les moyens photométriques ordinaires, la lumière du soleil avec celle des autres étoiles. Mais on a trouvé des nombres très-discordants. Wollaston estimait la lumière du soleil égale à 20 milliards de fois celle de Sirius, et, tenant compte do l'éloignement de cette étoi.e, eu concluait que, si Sirius venait à prendre la place de notre soleil, sa lumière équivaudrait à celle de 91 soleils semblables au nôtre.
— Vît. Cbaletjb du soleil. Les rayons calorifiques du ioleil, connue ses rayons lumi-
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«eux, nous frappent avec une intensité variable, suivant la quantité de ces rayons qui est absorbée et suivant aussi la position, dans l'espace, de la terre qui les reçoit. Saussure et J. Herschel ont les premiers tenté de résoudre par l'observation et par le calcul les diverses questions qui se rattachent à la chaleur du soleil. Voici quelques-uns des résultats auxquels est arrivé Pouillet et qu'il a consignés dans un beau mémoire publié en 1838.
Si l'atmosphère pouvait transmettre intégralement toute la chaleur solaire sans en rien absorber, chaque mètre carré du sol frappé verticalement recevrait, par minute, 17,633 calories. Mais le pouvoir absorbant de l'atmosphère diminue cette quantité. Pour un ciel d'une sérénité parfaite , et en supposant le soleil au zénith, cette absorption est comprise entre 0,18 et 0,25; elle augmente avec l'obliquité. Si l'on considère la chaleur totale qui tombe sur l'hémisphère terrestre exposé à l'action simultanée des rayons lumineux et calorifiques du soleil, la proportion qui en arrive au sol n'est guère que 0,5 à 0,6.
Puisque le soleil envoie en une minute, sur chaque mètre carré du sol qu'il frnppe perpendiculairement, une quantité de chaleur égale à 17,633 calories, il est aisé d'en conclure la quantité totale de chaleur que le globe terrestre et son atmosphère reçoivent a la fois en une année. On l'estime à plus de 1,200 quintillions de calories, a Si la quantité totale de chaleur que la terre reçoit du soleil dans le cours d'une année, dit Pouillet, était uniformément répartie sur tous les points du globe terrestre et qu'elle y fût employée, sans perte aucune, à fondre la glace, elle serait capable de fondre une couche de glace qui envelopperait la terre entière et qui aurait une épaisseur de près de 31 mètres.» La vapeur d'eau contenue dans l'air, en des proportions d'ailleurs très-variables, a un pouvoir absorbant environ 70 fois plus considérable que l'air lui-même. Cela explique ce fait, constaté par le Père Secchi, que la radiation solaire est moins intense en été qu'en hiver, pour une même hauteur du soleil, en été la quantité de vapeur d'eau contenue dans l'air étant [dus grande qu'en hiver.
Il résulte d'expériences faites a diverses altitudes pur Forbes, Kaemtz, Martins, Tyndall, etc., que l'intensité de la radiation solaire est beaucoup plus forte sur les montagnes que dans les plaines. Cependant, il fait d'autant plus froid qu'on s'élève à des altitudes plus considérables; l'explication de cette contradiction apparente est dans la capacité calorique des corps solides, qui est bien plus grande que celle de l'air. Sur une montagne , on n'est presque chauffé que par les rayons directs; en plaine, ou l'est, en outre, par les corps environnants.
Si, à la distance moyenne du soleil à la terre, la quantité de chaleur que l'astre errvoie par minute sur 1 mètre carré est de 17,663 calories, il est clair que la même quantité est reçue par chacun des mètres carrés composant la surface d'une sphère ayant le soleil pour centre, et pour rayon la distance de la terre au soleil. On trouve ainsi, pour la sphère entière, c'est-à-dire pour la radiation solaire totale en 1 minute et à 38 millions de lieues de distance, un nombre de calories égal à 4,847 suivi de 25 zéros. 11 faut à peu près doubler ce nombre pour obtenir la radiation totale de l'astre. »Si, dit Pouillet, la quantité totale de chaleur émise par !e soleil était exclusivement employée à fondre une couche de glace qui serait appliquée sur le globe solaire et l'envelopperait de toutes parts, cette quantité de chaleur serait capable de fondre en 1 minute une couche de lia^SO d'épaisseur et, en un jour, une couche de 17 kilomètres.» — « Cette même quantité de chaleur, dit Tyndall, ferait bouillir par heure 2,000 milliards de kilomètres cubes d'eau à la température de la glace. Exprimée sous une autre forme, la chaleur émise par le soleil en une heure est égale à celle qui serait engendrée par la combustion d'une couche de houille de 27 kilomètres d'épaisseur. »
Pouillet a estimé que, par le fait du rayonnement de sa chaleur, la température du so~ leil devrait baisser de 1° par siècle. Rien cependant ne prouve que, depuis les temps historiques, l'astre se soit sensiblement refroidi. Comment donc s'entretiennent la chaleur et la lumière de ce foyer dont l'action sa fait sentir à de si grandes distances? A cette question trois hypothèses principales ont répondu :
1" Le mouvement de rotation du soleil sur son axe produit un frottement de sa surface contre le milieu où il se meut, frottement qui a pour effet de dégager de la chaleur et de la lumiure. Cette hypothèse a aujourd'hui peu de crédit. Quel serait, en effet, ce milieu? Et comment les mouvements de rotation des planètes n'engendreiaient-ils pas, de leur côté, de pareils dégagements de calorique?'
S» Bon nombre de physiciens, en tête desquels il faut citer Mayer, Wnterston, W. Thomson, expliquent l'entretien de la radiation solaire par la chute des météores à la surface du soleil. . Autour du soleil circulent ou gravitent une multitude de corps : d'abord les planètes, dont le nombre réel n'est pas connu; puis des comètes par millions, dont les orbites, tournées en spirales, aboutiraient au soleil; enfin, les innombrables essaims de corpuscules, étoiles lilantes, aérolithes, etc., dont, suivant quelques auteurs, la lumière
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zodiacale marquerait la traînée, et qui forment des courants continus dont le soleil est le terme. «Il est aisé de calculer, dit Tyndall, le maximum et le minimum de la vitesse communiquée par l'attraction du soleil à un astéroïde qui circule autour de lui. Le maximum se produit lorsque le corps s'approche en ligne droite du soleil, venant d'une distance infinie, puisque alors la force entière de l'attraction s'est exercée sur lui sans perte aucune. Le minimum est la vitesse qui serait simplement capable de faire tourner autour du soleil un corps tout à fait voisin de sa surface. La vitesse finale du premier corps, au moment ou. il va frapper le soleil, serait de 627 kilomètres par seconde; celle du second, de 444 kilomètres par seconde. L'astéroïde, en frappant le soleil avec la première vitesse, développerait plus de 9,000 fois la chaleur engendrée par la combustion d'une masse égule de houille. Il n'est donc nullement nécessaire que les substances qui tombent sur Je soleil soient combustibles; leur combustibilité n'ajouterait pas sensiblement à l'épouvantable chaleur produite par leur collision ou choc mécanique. On peut objecter que cette pluie de matière devrait être accompagnée d'un accroissement dans le volume du soleil; cela est vrai ; mais la quantité de matière nécessaire à produire la radiation observée, quand même elle se serait accumulée pendant 4,000 ans, échapperait entièrement à l'examen fait avec nos instruments les plus puissants. Si la terre tombait sur le soleil, l'accroissement de volume qu'elle produirait serait tout à fait imperceptible, et cependant la chaleur engendrée par son choc couvrirait la dépense faite en un siècle par le soleil. »
L'avalanche de météores dont nous parlons a servi, à quelques astronomes, de base pour une théorie des taches du soleil.
3° Toutes les planètes constituaient primitivement, par leur ensemble, une même nébuleuse. La force de gravitation qui a condensé en plusieurs noyaux toutes les molécules de cette nébuleuse primitive s'est transformée en chaleur. C'est cette chaleur qui constitue aujourd'hui la radiation du soleil, selon Helmholtz. Ce savant a calculé que la force mécanique équivalente à ta gravitation des particules de la masse nébuleuse aurait valu, a l'origine, 454 fois la quantité de force mécanique actuellement disponible
dans notre système. Les — de la force is-
sue de la tendance à la gravitation seraient donc déjà dépensés en chaleur. Mais ce qui nous reste, s il était converti en chaleur, suffirait encore à élever de 28 millions de degrés centigrades la température d'une masse d eau égale aux masses réunies du soleil et des planètes; c'est une quantité de chaleur qui vaut 3,500 fois celle qu'engendrerait la combustion du système solaire tout entier, au cas où il formerait une masse de houille pure. Nous pouvons dormir tranquilles, ajoute M. Guillemin, à qui nous empruntons la citation de ce passage.
— VIII. Le soleil et les étoiles. Nous avons considéré le soleil au sein du monde planétaire dont il est le centre, et dans ses rapports avec le globe terrestre. Il nous reste à examiner son rôle et sa place dans le monde des étoiles. L'importance du soleil, qui nous a paru énorme quand nous étudiions cet astre dans ses rapports avec nous, va décroître prodigieusement quand nous le considérerons dans l'immensité des mondes. Déjà, les habitants de Neptune, s'il en existe, bien qu'ils appartiennent au système solaire, ne voient plus leur astre central que sous un angle de 1' 4" (nous le voyons, nous, sous un angle de 32'). Transporté à la distance des étoiles les plus rapprochées, le soleil nous apparaîtrait à peu -près comme une étoile de 7e grandeur, c'est-à-dire qu'il serait presque impossible de le découvrir à l'œil nu. « Le soleil, dit M. Liais, est une étoile variable, périodique, présentant dans sa variabilité, uniquement due à des modifications physiques de sa surface, la même régularité et les mêmes anomalies que les étoiles changeantes, avec la seule différence du petit au grand dans les variations d'éclat. » Cette conclusion est encore confirmée par les analogies que l'analyse spectrale a révélées entre la lumière du soleil et celle des étoiles. Le soleil est aujourd'hui considéré comme une des innombrables étoiles qui composent la voie lactée.
Nous avons supposé ou laissé croire jusqu'ici que le soleil est immobile dans 1 espace; il est prouvé aujourd'hui qu'il est animé, comme la terre, d'un mouvement de rotation et d'un mouvement de translation.
Nous avons déjà prouvé la rotation. Mais «la rotation du soleil, écrivait Lalande en 1776, indique un mouvement de translation ou un déplacement du soleil qui sera peut-être un jour un phénomène bien remarquable dans la cosmologie. Le mouvement de rotation, considéré comme l'effet physique d'une cause quelconque, est produit par une impulsion communiquée hors du centre; mais une force quelconque imprimée à un corps et capable Ue le faire tourner autour de son centre ne peut manquer aussi de déplacer ce centre, et l'on ne saurait concevoir l'un sans l'autre. Il est donc évident que le soleil a un mouvement réel dans l'espace absolu. Mais, comme nécessairement il entraîne la terre, de même
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que toutes les planètes et les comètes qui tournent autour de lui, nous ne pouvons nous apercevoir de ce mouvement, à moins que, par la suite des siècles, le soleil ne soit arrivé sensiblement plus près des étoiles situées du côté vers lequel il se dirige. Alors, les distances apparentes des étoiles entre elles auront augmenté d'un côté et diminué de l'autre, ce qui nous apprendra de quel coté se fait le mouvement de translation du système solaire. Mais il y a si peu de temps que l'on observe, et la distance des étoiles est si grande, qu'on ne pourra de longtemps constater la quantité de ce déplacement. »
Le problème était bien posé, mais il n'était pas facile à résoudre, en raison des causes multiples et complexes qui concourent à modifier à la longue l'a«pect des constellations. A la suite d'un travail considérable, W. Herschel parvint à découvrir, en 1783, que les positions de certaines étoiles avaient éprouvé des changements, inexplicables par l'intervention des causes connues, mais dont on se rend aisément compte si l'on admet que le soleil se transporte vers l'étoile ï. de la constellation d'Hercule. Depuis Herschel, les astronomes ont cherché à vérifier et à compléter sa théorie. Struve a trouvé que le mouvement du système solaire dans l'espace est dirigé vers un point de la voûte céleste situé sur la ligne droite qui joint les deux étoiles de 3e grandeur « et ji d'Hercule. La vitesse de oe mouvement est d'environ 7,600 mètres par seconde.
On s'est demandé si la trajectoire que suit le soleil est une portion de ligne droite ou appartient à une courbe; et, dans cette hypothèse , qui a rallié la majorité des avis, quels sont les éléments de la courbe. Tout porte à croire que la question est prématurée. Argelander suppose cependant que nous circulons autour de la constellation de Persée. Maedler regarde les Pléiades comme constituant le groupe central et moteur des mouvements du système planétaire. Ces hy- | pothèses, il faut bien l'avouer, ne paraissent I susceptibles d'être vérifiées qu'au moyen des 1 observations accumulées pendant un grand i nombre de siècles. Ce qui en reste, c'est que le soleil se meut et que, par suite, les orbites des planètes autour de lui se compliquent nécessairement de ses mouvements. C'est là une cause de perturbation, connue il est vrai, ! mais dont la portée exacte échappe aux cal- I culs des astronomes.
j Mais si l'on admet, avec la majorité des I astronomes, que le soleil décrit une courbe que l'on pourra, si l'on veut, supposer fer- ' mée et qu'il est ainsi astreint à circuler au- I tour d'un point central comme nous circu- 1 Ions autour de lui; si l'on suppose, par une ! analogie fort naturelle, que toutes les étoiles , tous les inondes qui peuplent les espaces I connus et inconnus sont animés de mouvej ments analogues à ceux qui emportent notre système , il reste encore deux grandes hypothèses : ou bien tous ces astres qui grouillent dans l'infini s'agitent dans des espaces définis, se croisent en traçant des lignes infiniment variables, mais sans s'écarter de certaines limites nécessaires, se mouvant pour ainsi dire sur place, ou bien, emportés par un hasard grandiose, ils se précipitent tous ensemble dans l'immensité, peuplant, animant, vivifiant sans cesse de nouvelles régions du vide, laissant dans une obscurité éternelle celles qu'ils ont éclairées durant des siècles de siècles.
Mais revenons au soleil. Il nous resterait à examiner une question qui fut longtemps débattue, mais qui semble être définitivement rayée du catalogue des problèmes astronomiques : le soleil est-il habité ou, pour parler plus exactement, le soleil est-il habitable? Car la question doit être posée en ces termes, qu'il s'agisse du soleil, d une planète ou d'un astre quelconque, le fait de l'habitation effective ne pouvant être saisi en lui-même. Le soleil est-il donc habitable? Nigth, Elliot, Herschel ont affirmé qu'il était non-seulement habitable, mais habité. Bode a fait un récit très-attrayant de la félicité des Solariens. Humboldt et Arago, plus circonspects sur l'habitation effective, se sont contentés de déclarer que le soleil pouvait bien être habité. C'était encore trop. En effet , raisonnons : depuis la démolition définitive d'un noyau central relativement froid ; depuis qu'il est établi que la combustion de la photosphère, capable de propager jusqu'à la terre une chaleur si intense, doit agir d'une façon bien autrement vive sur la surface solide du soleil, il serait insensé de supposer que ce- Jui-ci pût servir d'habitation à des êtres organisés, ou tout au moins à des êtres semblables aux êtres organisés que nous connaissons. Si , se jetant dans le vaste champ des hypothèses, on veut imaginer des organismes ''.out différents des organismes terrestres et capables de vivre dans les hautes températures qui, chez nous, suppriment toute organisation ; à un système tellement gratuit, que son caractère même, absolument hypothétique, rend inattaquable, on ne pourra opposer que des présomptions très - fortes, mais non décisives; car une objection, pour avoir ce caractère, a besoin de se heurter à un corps, à un fait, et rien n'est plus inutile et plus vain que d'argumenter contre le vide. Disons donc seulement qu'il est démontré par l'expérience terrestre que la vie foisonne
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dans la matière, qu'elle y saisit, en quelque sorte, toutes les occasions de se manifester ; que là où elle est absente, c'est qu'elle est impossible. Or, il est constant que toute vie terrestre cesse absolument dans une température de 100°, ce qui équivaut pour nous à dire que toute vie organique est impossible à une pareille température. Oui, la vie terrestre; mais la vie solaire? Nous pensons que, la matière solaire ne différant pas, comme le montre l'analyse spectrale, de la matière terrestre, il y a lieu de croire que les conditions de la vie sont les mêmes à la surface du soleil qu'à la surface de la terre; mais, quant à le prouver directement, il n'y* aurait qu'un moyen , absolument impraticable : y aller voir.
— Mythol. indoue. Le sanscrit gâ, vache, se prend aussi dans l'acception de rayon solaire, ce qui, selon Pictet, se rapporte au mythe du combat d'Indra contre Vartra. Ce dernier, dont le nom même signifie celui qui couvre, qui enveloppe, devient le nuage obscur qui retient captifs les rayons solaires, c'est-à-dire les vaches d'Indra, comnv taureau-soZeii. Celles-ci alors sont appelées usriyas, c'est-à-dire les lumineuses, les rouges. La même métaphore est appliquée parfois à l'Aurore, Usrâ, surnommée lu mère des vaches, celle qui attelle à son char ta troupe des vaches rosées, ainsi qu'au dieu Agni, qui s'entoure de ses vaches lumineuses , c est-àdire de ses flammes.
Ce mythe de la séquestration des vaches par un pouvoir malfaisant et de leur délivrance par un dieu vainqueur a subi plus tard diverses modifications. Ce sont d'abord les Panis, compagnons du démon Bala, qui ont dérobé les vaches des Angirasides, antique famille sacerdotale, et qui les ont cachées dans une montagne. Indra envoie à leur recherche la chienne céleste Saraina , qui les découvre; il les délivre et les rend aux Angirasides. Ici déjà, la signification primitive du mythe est presque effacée ; il n est donc pas étonnant qu'en s'éloignant plus encore de sa source première il ait changé de caractère, tout en conservant quelques-uns de ses traits distinctifs. Le principal de ces traits, le vol des vaches, se retrouve, en effet, chez les Grecs et cliea les Romains, mais entouré de circonstances qui diffèrent considérablement. Le mythe grec, le plus ancien des deux, trahit encore son origine symbolique naturelle, bien que son caractère badin soit tout l'opposé de la grandeur presque tragique du récit védique. L'hymne homérique à Mercure nous raconte comment le petit Hermès, à peine né, imagine de voler les boeufs de son frère Apollon et par quelle ruse ingénieuse il parvient à dérober leurs traces en les faisant marcher à reculons. Viennent ensuite tous les expédients auxquels il a recours pour dissimuler son lurcin ; la colère d'Apollon, le débat en présence de Jupiter et enfin la réconciliation des deux frères quand les bœufs sont retrouvés. Cette circonstance qu'Hermès est à la fois le dieu des voleurs et celui des marchands, deux professions que la malice humaine s'est toujours plu à rapprocher, semble former un trait d'union entre le vol de Mercure et celui des Panis, car parti, en sanscrit, signifie marchand.
On connaît suffisamment la légende d'Evandre et du brigand Cacus, qui lui dérobe ses bœufs en les emmenant par la queue dans sa caverne, où Hercule les lui reprit après avoir tué le voleur. Ici, toute allusion aux phénomènes atmosphériques a disparu ; mais on ne saurait {,'Uère douter que ce mythe, comme celui d'Hermès, ne soit une réminiscence d'une antique tradition de l'époque pastorale, bien plus fidèlement conservée par la poésie védique.
Selon Pictet, le mot qui, au féminin, désigne la vache, go, devient au masculin une des dénominations du soleil et du ciel étoile en général, car les astres représentent aussi le troupeau des vaches célestes. Le titre de Gâpati , maître des vaches et pasteur, est donné non-seulement au soleil, mais a Crichna et à Vichnou. C'est là une source nouvelle et abondante de mythes varies, qu'il serait trop long de suivre dans leurs embranchements multipliés et qui, chez les Indoui comme chez les Grecs, ont leur origine primitive uans l'ancienne vie pastorale. Quelques rapprochements sont ici Nécessaires. La légende indoue de Crichna, incarnation de Viclino i, élevé parmi les pâtres et devenu lui-tiiéine un dieu pasteur, Oôpâlâ, Oôvinda, le^H-ie que les épopées et la poésie lyrique ont développée d'une manière brillante, rappellent singulièrement l'Apollon Nomios et les mythes qui le concernent. Apollon , comme Crichna, remplit l'office de pasteur auprès d'un mortel ; 1 un courtise les nymphes comme l'autre lesgopis ou berbères; l'un tue le serpent Python, comme l'autre le dragon Kaliya ; tous deux ont inventé la flûte et se plaisent à la musique et h la danse. Ce sont là des traits de ressemblance assez caractéristiques pour faire présumer une origine commune, bien que le mythe indou ne paraisse pus se trouver dans les Véd&s et n'ait pris ses développements que dans la poésie épique et les Pourânas.
Un autre tond d'analogies se présente dans les troupeaux de bœufs sacres qui appartenaient à Hélios, le dieu-so/eti, et que gardaient eu Sicile ses deux filles , Phaethousa
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(la brillante) etLampetiè (la rayonnante). Des troupeaux solaires du même genre étaient censés exister en Elide et dans la colonie corinthienne d'Apollonie. Cela ne peut guère s'entendre que des rayons ou des étoiles dont Hélios était le berger, comme le Gôpati indien.
Le sanscrit gâ, masculin, est aussi un des noms (d'ailleurs tous masculins) de la lune, dans laquelle on pouvait aisément voir un taureau, à cause des cornes de son croissant. Dans YAvesta, la luue est appelée Gaocithra, c'est-à-dire « qui contient la semence du bétail, » ce qui est l'équivalent de taureau. Les traditions grecques relatives à la vache Io paraissent en faire également une personnification de la lune et de ses phases. Elle paît dans le bois sacré de Junon, c'est-k-dire dans le ciel, gardée par Argus aux mille yeux , firmament étoile , qu'Hermès , surnommé Argeiphontês, couvre et obscurcit en sa qualité de dieu des nuages et de la pluie. C'est encore là un mythe d'une origine pastorale, mais développé plus lard avec d'autres caractères par l'imagination des Grecs.
Une fois les étoiles comparées à un troupeau de vaches célestes, on était conduit à voir dans la voie lactée le chemin qu'elles suivent pour aller au pâturage et en revenir. Le sanscrit gôvithi, ou chemin des vaches, n'a pas, il est vrai, ce sens et s'applique à une portion de l'orbite lunaire, tandis que la vaie lactée est appelée suravithi ou dêvayâna, le chemin des dieux. Le synonyme de yovithi est gôpatlta, qui ne s'est trouvé jusqu'à présent que comme titre d'un Brdhmatia ou traité de théologie védique. Mais ici Kuhn a signalé une remarqunble coïncidence dans le bas allemand kaupat pour kuhpfad, exactement le sanscrit gàpatha, et qui est un des noms populaires de la voie lactée. Ce rapprochement n'est appuyé pur aucun autre exemple connu ; mais Pictet soupçonne fort que le galaxios kuklos, la voie lactée, des Urecs a tiré son origine d'une idée analogue, celle du lait que les vaches aux mamelles pleines laissaient couler en marchant, et que plus turc] seulement s'est formé le mythe du lait répandu par Junon en allaitant le petit Hercule.
— Mytbol. égypt. V. Arobris et HiRPO-
CRATE.
— Mythol. grecque. "V. Apollon.
— Blas. En armoiries, le soleil est un meuble de l'écu. Il porte un nez, deux yeux et une bouche, et représente un cercle parfait entouré de seize rayons, huit droits, huit ondoyants, posés alternativement un droit et un ondoyant; son émail particulier est l'or. Il y en a cependant de différents émaux.
On appelle soleil levant- celui qui meut de l'angle dextre du haut de l'écu ; soleil couchant, celui qui meut de l'angle sénestre du haut de l'écu; ombre de soleil, celui qui n'a ni yeux, ni nez, ni bouche.
Féline* de La Reuauitie, en Limousin :
d'azur, au soleil d'or. — Poussard de Lhonimeiière, en Poitou : d'azur, à trois soleils d'or. — Chérie* ; gironné de gueules et d'azur, au soleil d'or, en abîme, brochant sur le tout. — Joly de Choiu : d'azur, à une ombre de soleil d'or, au chef du même, chargé de trois roses de gueules. — Du Verger ; de gueules, au soleil d'or.
— ■ Pyroteeh. Entérines de pyrotechnie, on appelle soleils fixes des pièces composées d'un certain nombre de fusées ou jets de feu, fixés et disposés circulairement comme les rayons d'une roue sur un Cercle de bois ; toutes les fusées prennent feu à la fois par le moyen de conduits en papier garnis d'étoupille. Les soleils tournants consistent en une roue montée sur un moyeu de bois garni de rais légers et ayant pour jante un large cerceau sur lequel on dispose des fusées qui lui donnent un mouvement circulaire continu ou alternatif, par suite du recul dû à Ja combustion de la charge ; la roue tourne sur un essieu de fer, dans un plan vertical. On désigne sous le nom de soleil simple une longue fusée de petit diamètre, roulée en Spirale, fixée sur un clou ou même sur une épingle ; elle tournoie en brûlant. Enfin, dans les feux d'artifice qui se tirent sur l'eau, on appelle soleil d'eau une pièce tournante qui consiste en une sébille de bois sur les bords de laquelle sont attachées des fusées.
— Mécan. Machine à soleil. V. machine.
Soleil. Ieonogr. Les Grecs ont divinisé et
personnifié le soleil, sous la figure d'Apollon-Phœbus, bel adolescent à la chevelure couleur de flamme, monté sur un char traîné par quatre chevaux d'une blancheur éblouissante, tenant un arc et des flèches qui symbolisent les rayons qu'il darde vers la terre, et armé quelquefois d'un fouet pour stimuler l'impétuosité de ses coursiers. Cette manière allégorique et poétique de représenter le soleil sous les traits d'Apollon, a été adoptée par les artistes modernes, notamment par Kaphafil, dans une composition peinte, sur son dessin, par ses élèves Pierino del Vaga et Giovanni da Udine, au Vatican (plafond de la salle Borgia), et dont il y a une copie ancienne au musée de Madrid. Dans un plafond du palais Rospigliosi, à Rome, le Guide a représenté le Char du Soleil précédé par l'Aurore : assis sur son char, le torse et les bras nus, les genoux couverts d'un manteau dont un pan Hotte derrière ses épaules,
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le jeune dieu tient les rênes de ses quatre chevaux, au-dessus desquels voltige un petit génie portant une torche; autour du char, les Heures se tiennent, les mains enlacées ; en avant, l'Aurore fend les nuées et sème des roses sur la terre (v. Aurore). Dansdeux tableaux faits pour être exécutés en tapisserie à la manufacture des Gobelins, et qui, après avoir appartenu à Mme de Pompadour, sont devenus la propriété de lord Hertford, Boucher a représenté le Lever et le Coucher du Soleil, avec une richesse de composition tout à fait extraordinaire. Nous avons décrit le second de ces tableaux au mot coucher (V, p. 289) ; le premier ne lui est pas inférieur : dans le haut du ciel, des Amours écartentle voile de la Nuit et le plient comme une tente ; l'Aurore, portant au-dessus du front l'étoile du matin, effeuille des roses dans la lumière naissante ; sous la caresse du jour qu'elle répand, le beau Phœbus sort du sein de Téthys ; une écbarpe de pourpre flotte autour du jeune dieu; sous ses pieds l'écume des flots se brise en vapeurs et s'écroule en nuages ; la première Heure du jour lui tend les rênes de son- quadrige et la bride de ses chevaux, qui piaffent dans l'éther, tandis que les néréides, à mi-corps dans les flots, s'empressent à servir l'amant de leur reine : l'une lui attache ses brodequins, l'autre lui présente sa lyre; un Amour lui verse de l'ambroisie sur les mains, un autre joue avec le collier de perles tombé du cou de l'Aurore ; des tritons interrogent, dans un Coquillage, le murmure des mers, le flux et le reflux de l'écho ; des dauphins, aux yeux et aux naseaux de rubis, bercent sur leur dos les nymphes marines, nonchalamment accoudées.
Une estampe du Maître au caducée, qui a été copiée par Jérôme Hopfer, représente le soleil sous la figure d'Apollon. Une image analogue a été exécutée, en 1559, par Pierre Courtoys, sur une grande plaque d'émail qui appartient au musée de Cluny (n<> 1005).
« Chez les Egyptiens, dit L. de Prézel [Dict. iconol.), le soleil était l'image de la divinité. Ils ajoutaient à cette image divers attributs pour désigner différentes perfections de la Providence. Ainsi, pour faire entendre que la Providence fournit aux hommes et aux animaux leur nourriture abondamment, on accompagnait le cercle symbolique du soleil des plantes les plus fécondes. Deux pointes de flamme exprimaient que l'Etre suprême est l'auteur de la vie; deux Serpents, le conservateur de la santé. » H s'agit ici d'une figure circulaire et rayonnante, reproduisant d'une façon plus ou moins grossière l'astre du jour. Dans les grottes d'EI-Tell et de Dgebel-Tainaû, dans les hypogées du temple de Karnak , en Egypte, de très-anciennes sculptures représentent le soleil sous la forme d'un disque d'où partent de nombreux rayons terminés chacun par une main.
Aux angles de certains sarcophages antiques, on remarque deux masques de proportions colossales, quelquefois coiffés du pileus phrygien , que les antiquaires regardent comme les figures du soleil et de la lune et comme des allégories de la vie humaine. « Employées comme décoration des monuments funéraires des premiers siècles du christianisme, ces figures prennent un autre sens que celui que leur donnaient les païens, dit M. l'abbé Martigny, et deviennent le symbole de l'espérance chrétienne. Les tombeaux ne sont pas la seule classe de monuments où figurent ces masques ; on les voit sur les monuments d'un ordre plus élevé, par exemple sur l'autel de la basilique de Saint-Laurent hors des murs de Rome, dont la composition révèle dans tous ses détails l'imitation d'un sarcophage antique...:. Quand ils accompagnent le bon pasteur, comme dans une belle lampe du recueil de Santi Bartoli (Lucerne antiche, III, n° 29), le soleil et la lune pourraient avoir un sens différent et exprimer l'éternité, comme on interprète ce même sujet pour les médailles, et rappeler que le Christ est le Pasteur éternel. Cette explication est de l'abbé Cavedoni. » Le soleil est représenté par une demi-figure humaine, coiffée d'une couronne radiée, dans une fresque du cimetière de Saint-Calliste, où se trouve retracée l'histoire de Jona3 (Bottari, pi. lxv). Le soleil et la lune, sous forme humaine, sont figurés sur les plus anciens crucifix pour exprimer le fait miraculeux de l'obscurité simultanée dont ces deux astres furent atteints au moment de la mort de Jésus, ou mieux peutêtre, dit encore M. l'abbé Martigny, pour exprimer les deux natures du Christ, « la divinité étant ainsi symbolisée par le soleil qui brille de sa proprelumière, l'humanité parla lune, corps opaque qui, ne brillant que d'une lumière réfléchie, est s>ujet à diverses phases d'éclat et d'obscurcissement, tout comme la nature humaine qui, unie dans la personne du Christ k la nature divine, participait à la splendeur de celle-ci sans être cependant affranchie des défectuosités qui lui sont propres. » Parmi les antiques crucifix qu'accompagnent les figures du soleil et do la lune, il nous suffira de citer une fresque du cimetière du pape saint Jules, qui a été publiée par Bottari (pi. Lxxxtu), un diptyque publié par Buonarruoti (Vetri, p. m) et le fameux crucifix deVelletri, publié par St. Borgia (Decruce Vetiterna, Rome, 1780). Sur le second de ces ouvrages, les deux demi-figures humaines qui symbolisea •> soleil et la lune portent un flambeau
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d'une main et appuient l'autre main à leur joue en signe de douleur.
Un soleil brillant au milieu des nuages a été pris pour emblème de la science qui dissipe les ténèbres de l'ignorance. Un soleil au-dessus du globe de la terre avec ces paroles : Nec pluribus impar, ou celles-ci : Sufficit orbi, est une des devises de Louis XIV.
— Allus. hlst. Ecarte-toi de mon soleil,
Réponse de Diogène à Alexandre, qui, dans l'application, pourrait servir à qualifier la modération des désirs en présence d'une puissance disposée à tout accorder, mais qui, le plus souvent, revêt une acception plus vulgaire et signifie : Ote-toi de là, tu me gênes, tu m'empêches de, voir.
Dans sa vieillesse, Diogène, qui vivait à Corinthe, avait repris ses habitudes d'Athènes et promenait sur les places publiques son indépendance pittoresque et son tonneau des anciens jours. Ce fut dans cette ville qu'eut lieu son entrevue avec Alexandre le Grand, entrevue dont les circonstances sont si connues. Le vieux philosophe était tranquillement étendu au soleil dans le Cranion, quand le brillant cortège du roi de Macédoine s'arrêta devant lui. Faut-il reproduire tous les détails de cette scène incomparable? D'un côté, une ambition immense, pour laquelle le monde était trop étroit; de Vautre, un immense dédain pour toutes les choses de la vie. Le conquérant offrit au sage les faveurs et les richesses dont il comblait les philosophes courtisans qu'il traînait à sa suite. Pour toute réponse, Diogène étendit la main et dit tranquillement : Ote-toi de mon soleil, comme s'il eût voulu dire : « Ne me retire pas les biens de la nature, je méprise ceux de la fortune. »
Beaucoup n'ont vu dans cette réponse de Diogène au conquérant qu'un dernier trait de ce cynisme philosophique dont il s'était fait gloire toute sa vie. C'est dans ce sens qu'Helvétius a dit :
« Quand, dans un moment d'emportement, où Vespasien menace de la mort Helvidius, celui-ci répond au tyran : « Vous ai-je dit que
• je fusse immortel? Vous ferez votre métier
• de tyran en me donnant la mort; moi, celui ■ de citoyen en la recevant sans trembler, » Helvidius est un homme ferme. Mais quand Alexandre demande à Diogène, assis dans son tonneau, ce qu'il désire de lui, et que Diogène lui répond : « Que tu te retires de mon » soleil, » Diogène est un impudent. »
■ Les anciens cyniques méprisaient tout, l'or, la table, les plaisirs et les rois, pour s'estimer eux-mêmes. Le pauvre Rousseau n'est pas bien éloigné de ressembler à ces gens-là, et n'en est que plus à plaindre. Les cyniques avaient grand nombre d'admirateurs, et ils avaient quelquefois la satisfaction d'insulter à des rois qui étaient assez bons pour les aller voir. Mais ce temps passé n'est plus, et je ne crois pas que jamais Jean-Jacques ait eu le plaisir de dire à Louis XV : Ote-toi démon soleil. »
Marquise de Pompadour.
« Eh bien ! je vous donne ma parole d'honneur que je vais m'efforcer de trouver la solution qui vous intéresse. On n'improvise pas une destinée nouvelle. J'ai besoin, de réflé- .chir, de m'ihterroger ; mais soyez certain, mon ami, que je me retirerai de votre soleil', et, si vous aimez celle que j'aime, mon amour vous bénira et vous unira tous les deux. » Louis Ulbach.
« Capitaine, disait le vieux maréchal, au nom du ciel ! laissez-nous voir ce qui se passe là-bas. Que diable 1 vous avez tout le temps, vous autres, vous êtes jeunes, vous avez les yeux d'un aigle amoureux, pendant que Mme de Boislandy et moi nous n'y voyons guère; capitaine, ôte-toi de mon soleil! »
J, Jahin.
« Les Français de ce temps ont vu paître dans les gazons des Tuileries des chevaux qui avaient coutume de brouter l'berbe au pied de la grande muraille de la Chine ; et des vicissitudes inouïes dans le cours des choses ont réduit de nos jours les nations méridionales à adresser k un autre Alexandre le vœu de Diogène ; Retire-toi de notre soleil. >