V. Hugo
— Joaué arrêtant le soleil. V. JOSUÊ,
— AlluS. llttér. Le soleil qui poudroie et l'herbe qui verdoie, Passage du conte de Perrault, Barbe-Bleue, et qui, dans l'application, est une réponse négative faite a quelqu'un qui attend impatiemment une personne ou une chose. V. Barbe -Bleue.
Soleil vainqueur des nuages (Le), divertissement allégorique sur le rétablissement de la santé du roi, paroles de M. de Bordes, musique de Clairambault; représenté par l'Académie royale de musique le 12 octobre 1721. On joignit à cette pièce plusieurs entrées du ballet des Fêtes vénitiennes. Le Mercure de France explique ainsi ce titre singulier: « Le sujet de ce petit poërae est tiré de la devise du roi, qui est un soleil naissant, avec ces mots : Jubet sperare, Il fuit espérer.
SOLE
Les sacrifices que les anciens peuples de Perse faisaient au soleil et les différents transports de joie et de tristesse qu'ils faisaient éclater au lever de cet astre, selon qu'il leur paraissait plus ou moins serein, peignent allégoriquement les divers mouvements de tristesse ou de joie qui dans ces derniers jours ont agité les cœurs des Français sur la maladie et la santé du roi. » Le Mercure invoque ensuite l'autorité d'Hérodote et de Diogène Laërce pour expliquer la mise en scène, les costumes et les cérémonies, et il ajoute : « Les peuples de Perse forment les choeurs et les ballets des divertissements; le mage et la grande prêtresse sont les deux seuls interlocuteurs, représentés par la demoiselle Antier et le sieur Lemire. De théâtre représente les campagnes de la Perse, environnées de montagnes, qui ne paraissent d'abord éclitirées que d'une faible clarté, qui s'augmente à mesure que le soleil se lève sur l'horizon. » Malgré ces frais d'imagination, ce soleil ne tarda pas à s'éclipser.
Soleil et du Lion (ordrb du), ordre fondé en Perse par Feth-Ali-Schah en 1S08. Trèspeu de personnes en France font partie de cet ordre, sur lequel on n'a que des rensei- ! gnements très-vugues. Les insignes repré- I sentent le soleil se levant sur Te dos d'un I lion. Les membres sont divisés en trois clas- ' ses. La première classe porte une décoration . ornée de diamants, la deuxième classe une I médaille ornée de diamants et de rubis, et la troisième classe n'a pas de pierreries sur 1 ses insignes. L'ordre est exclusivement ré - , serve aux étrangers, aux ambassadeurs, aux , personnes de leur suite, à tous ceux qui ont | rendu des services importants à l'a Perse.
| SOLEIL (Jean-Baptiste-FrauçoK), célèbre ' opticien et constructeur d'instruments de physique, né k Paris en 1798. 11 prit des tei çons de Hareing et Palmer, et devint extré- I menient habile dans son art. Etant entré en ! relation avec Fresnel vers 1S23, le célèbre | physicien, qui s'occupait alors d'établir des ! phares lenticulaires, l'associa à ses travaux , et le chargea de construire de nombreux apj pareils. M. Soleil se passionna alors pour la ; physique et exécuta plusieurs instruments de I son invention.
Son habileté exceptio'nnelle, grâce a laquelle tant de belles expériences ont pu être exécutées avec succès, l'a associé à la gloire des principaux physiciens contemporains, i Fresnel, Arago, Foucault, Babinet, Dele- ' zenne, Rudbejg, Nœrremberg, qui lui doivent ' la réalisation pratique de leurs vues. Il se- , rait trop long de citer tous les appareils uom- 1 pliqués et délicats que M. Soleil a exécutés ; sur les plans ou plutôt conformément aux j désirs des maîtres de la science. Nous raen- I tionnerons seulement quelques-uns de ceux I dont l'idée première lui appartient, notam- I ment le microscope potho-électrique et le I saccharimëtre, fondé sur le principe de la rotation qu'impriment les liquides au plan de polarisation de la lumière, et qui, comme son nom l'indique, sert à déceler la présence du sucre dans une liqueur. Le saccharimètre de M. Soleil peut faire reconnaître le sucre dans une dissolution ou aucune analyse chimique ne pourrait lé mettre en évidence. On l'a employé avec succès en médecine pour faire 'analyse des urines des diabétiques et observer les progrès de la maladie (v. saccharimètre). Le microscope photo-électrique, perfectionné par M. Duhoscq, gendre et successeur de M. Soleil, est devenu un appareil photogénique universel, au moyen duquel on peut répéter toutes tes expériences de l'optique et rendre sensibles les phénomènes les plus délicats d'interférences, de coloration et de polarisation. Nous mentionnerons encore le goniomètre, à l'aide duquel M. Soleil mesure l'angle des deux axes dans les cristaux biaxes, et son banc de diffraction, appareil qui permet de projeter avec une extrême facilite tous les phénomènes d'interférences et de diffraction produits par la lumière solaire et d'étudier à la loupe ces phénomènes obtenus par la lumière d une lampe. M. Soleil a reçu en 1S4S une médaille d'or de la Société d'encouragement, la médaille d'or et la décoration de la Légion d'honneur à l'Exposition de 1849. Il s'est retiré cette même année en cédant son établissement à son gendre, M. Ditboseq, qui s'est déjà distingué dans les mêmes travaux.
SOLEILLÉ, ÉE adj. (so-lè-llé; Il mil. — rad. soleil). Soumis à 1 influence des rayons du soleil. Il Vieux mot usité encore dans le midi de la France.
SOLELMAN, nom de plusieurs califes.V. Soliman.
SOLEIMAN EL-KALEBY, fanatique musulman, assassin de Iiléler, mort en 1800, à l'âge de vingt-quatre ans à peine. Il naquit à Alep (Syrie), d'un père qui exerçait la profession d'écrivain, et sou esprit se tourna entièrement vers les pratiques religieuses. Fanatique sombre et résolu, il céda aux instigations des muftis et de l'aga des janissaires, et quand il assassina lilcber (li juin 1300) il attendait depuis tien te et un jours dans la grande mosquée l'instant favorable pour frapper (v. Kléber). Soleiman fut condamné a à avoir la main droite brûlée, à être empalé, à mourir sur le pal et à y rester jusqu à ce que son cadavre fût dévoré par les oiseaux de proie, i
SOLE
Il subit sa peine sans plainte et fit preuve d'un courage inaltérable. Son squelette se trouve au musée d'anthropologie du Jardin des Plantes de Paris.
SOLÉIN, INE adj. (so-lé-ain, i-ne — rad. sole). Iehthyol. Qui ressemble ou qui se rapporte à la sole.
— s. m. pi. Groupe de poissons pleuronectes, ayant pour type la sole.
SOLEIROLIE s. f. (so-lè-ro-lî — de Soleiroi, savant fr.). Bot. Genre de plantes, de la famille des urticées, formé aux dépens des pariétaires, etdont l'espèce type croit en Portugal,
SOLEMENT s. m. (so-le-man). Arcbit. Espèce de ravalement qu'on fait pour soutenir l'égout d'un toit. Il Filet de plâtre au pourtour des dormants des croisées et des portes. 11 Bout des entrevous.
SOLÉMYAIRE adj. (so-lé-mi-è-re — rad.
solémye). Moll. Qui ressemble ou qui se rapporte à la solémye.
— s. m. pi. Famille de mollusques acéphales à coquille bivalve, ayant pour type le genre solémye.
SOLÉMYE s. f. (so-lé-m! — de solen, et de myr). Moll. Genre de mollusques acéphales à coquille bivalve, type de la famille des solémyaires, comprenant deux espèces, l'une de la Méditerranée, l'autre des mers d'Australie : Les coquilles de solémye sont surtout rcconnaissables à leur épiderme brun très-luisant, qui déborde tout autour. (Dujardin.) La coquille des solémyes offre des caractères non moins singuliers que l'animal qu'elle renferme. (H. Hupé.)
SOLEN s. m. (so-lènn — du gr. sàlên, canal). Ane. chir. Boite ronde et oblongue, qui servait k maintenir un membre fracturé.
— Moll. Genre de mollusques acéphales à coquille bivalve, type de la famille des solénaoés, comprenant une quinzaine d'espèces vivantes, dont cinq se trouvent sur nos côtes, et quelques autres fossiles des terrains tertiaires : Les solkns ont été remarqués de tout temps par les pécheurs et par les habitants des côtes. (Dujardin.) Les solenS sont des animaux littoraux qui vivent enfoncés dans te sable à des profondeurs assez variables. (Al. Rousseau.)
— Annél. Solen 'du sable, Nom vulgaire d'une espèce de serpule.
— Encycl. Moll. Le genre solen est ainsi caractérisé : animal cylindrique, allongé; bouche petite; manteau fermé dans toute sa longueur etouvertauxextrômités, d'un côté pour le passage d'un gros pied, conique, renflé dans sou milieu, pointu à sa terminaison, et de l'autre pour le passage d'un tube formé de deux siphons réunis; branchies longues, étroites, pointues en arrière; appendices labiaux allungés, triangulaires, recourbés ; anus k l'extrémité d'un tube très -petit; coquille mince, translucide, équivalve, extrêmement
néqui latérale, allongée, bâillante, tronquée aux deux extrémités, avec les bords parallèles ; sommets à peine distincts , très-antérieurs; charnière composée d'une ou de deux dents, ligament bombé un peu allongé ; impressions musculaires très-distinctes.
Les solens se reconnaissent facilement à leur coquille allongée et bâillante aux deux extrémités antérieure et postérieure et à l'absence des pièces accessoires que présentent les pholades, dont ils se distinguent également par leurs habitudes; en efl'et, ils vivent enfoncés verticalement dans le sable, à peu de distance du rivage, et ne perforent ni les pierres ni les bois. Leurs mouvements, trèsrapides, se bornent à monter et k descendre dans le trou souvent très profond (il peut avoir 2 mètres) qu'ils ont creusé et qu'ils ne quittent presque jamais; ce mouvement est sans doute produit par laotien du pied qui taraude le sable, en s atténuant à son extrémité pour descendre, ou qui, en s'élargissant, eu s'épatant, prend un point d'appui sur lui pour monter.
Le nom de solen, donné à ce genre, vient du mot grec solen, tuyau; il lui a été appliqué en raison de la forme très-allongée des valves et de leur disposition, qui, quand elles sontréuuies, représententen effet un tuyau ouvert aux deux bouts; certaines espèces, principalement celles de nos côtes, ont reçu les dénominations vulgaires de couteliers, et surtout de manches-de-couteau, parce que leurs coquilles, droites et tronquées aux deux buuts, figurent assez bien la partie de l'instrument dont on leur a appliqué le nom. Lls solens sont recouverts d'un épiderme d'un vert brunâtre, masquant souvent les nuances les plus belles de leurs coquilles; ces teintes sont roses, bleues, violettes, etc., et paraissent plus ou moins à travers l'épiderme.
Tous les solens habitent la mer auprès des rivages ou des embouchures des rivières et se rencontrent dans toutes les parties du monde. On les recherche pour les manger, ou poui servir d'amorce à Ja pêche de divers poissons, notamment du merlan. Lorsque la mer vient à se retirer, on reconnaît leur présence k un petit trou d'où s'échappent parfois quelques bulles il'air ; pour les attirer k la surface du sol, les pécheurs jetteut une pincée de sel dans les trous, qui sont assez rapprochés les uns des autres ; k peine ce sel y est-il tombé qu'on remarque du mouvement dans le sable qui entoure l'ouverture; lu co-
SOLE
quille s'élève et sort en partie; il faut profiter de ce moment pour s en emparer, car l'animal se retire immédiatement, au fond du trou et ne se laisse pas tromper, dit-on, par un nouvel essai. On ignore comment les solens se reproduisent et comment les œufs sont placés par la mère; la distinction de Pline en individus mâles et femelles ne repose sur rien de positif. Les anciens disent que ces mollusques sont phosphorescents; mais cela tient probablement k ce qu'ils comprenaient sous ce nom diverses pholades, car il paraît démontré d'après Réaumur que les solens ne jouissent pas de cette propriété singulière.
Tel que nous l'avons caractérisé et comme le comprennent les naturalistes modernes, le genre solen ne renferme pas un très-grand nombre d'espèces. Les unes (couteau, cnlteltus) sont ovales, très-allongées, à sommet presque antérieur; quelques espèces, principalement indiennes, ont pour type le solen pellucide, jolie petite coquille commune sur les côtes de Normandie et d'Angleterre. Les autres (vagina, gaine) sont très-allongées, k bords parallèles, un peu courbes ou d.-oits, a sommet antérieur; un grand nombre de ces espèces sont propres à nos mers ; parmi elles, nous citerons les solens sabre, silique, rasoir, couteau, gaine, communs dans toutes les mers de l'Inde et de l'Amérique. Les espèces fossiles, assez nombreuses, se rencontrent dans les formations plus récentes que la craie, et principalement auprès de Paris; les unei sont analogues aux espèces récentes, les autres en différent notablement.
SOLENA s. m. (so-le-na). Bot. Genre de plantes, de la famille des cucurbitacées.
SOLÉNACÉ, ÉE adj. (so-lé-na-sé — rad.
solen). Moll. Qui ressemble ou qui se rapporte au solen.
— s. m. pi. Famille de mollusques acéphales à coquille bivalve , ayant pour type le genre solen.
. SOLENANDER (Régnier), médecin allemand distingué, né à Butrick, dans le duché de Clèves, en 1525, mort en 1804. Il étudia pendant trois ans la médecine à Louvain, puis il passa en Italie, où il suivit pendant sept années les principales universités; lorsqu'il revint dans sa patrie, le duc Guillaume le prit pour son premier médecin, et Solenander occupa ce poste jusqu'à sa mort. Nous ne connaissons de cet auteur que les deux ouvrages suivants : De caloris fontium medicatorum causa et temperatione libri duo (Lyon, 1558, iu-8°) ; Consiliorwn medicinalium sectiones quinque (Francfort, 1596, in-fol.).
SOLËNANDRIE s. f. (so-lé-nan-drl — dugr. sàlên, tube ; anér, mâle). Bot. Syn. de galax.
SOLÉNANTHE s. m. (so-lé-nan-te — du gr. sàlên, tube ; anthos, fleur). Bot. Genre de plantes, de la famille des borraginèes, voisin des cynoglosses, dont l'espèce type croit sur l'Altaï.
— s. f. pi. Genre d'arbustes, formé aux dépens des cryptandres, rapporté avec doute k fa famille des rhamnées, et dont l'espèce type croît en Australie.
SOLÈNE s. f. (so-lè-ne — du gr. sàlên, tube). Bot. Syn. de bryone et de posoquérib.
SOLÉNELLE s. f. (so-lé-nè-le — dimin. de solen). Moll. Genre de mollusques acéphales, de la famille des solénacés.
SOLÉNIDE adj. (so-lé-ni-de — de solen, et du gr. idea, forme), Moll. Syn. de solénace, ÉE.
SOLÉNIE s. f. (so-lé-nî — du gr. sàlên, tube). Bot. Genre de champignons peu connu : Les espèces du genre soLENiEsoni très-difficiles a distinguer tes unes des autres. (F. Foy.)
SOLÉNIMYE s. f. (so-lé-ni-mJ). Moll.V. solémye.
SOLÉNINÉ, ÉE adj. (so-lé-ni-né), Moll.
Syn. de SOLÉNACÉ.
SOLÉNISCIE s. f. (so-lé-ni-sl — du gr. sàlêniskos, petit tube). Bot. Genre de sous-arbrisseaux, de la famille des épacridées, dont l'espèce type croit dans le sud-ouest de l'Australie.
SOLÉNITE s. m. (so-lé-ni-te — rad. solen). Moll. Nom des solens fossiles.
SOLENNEL, ELLE adj. (so-la-nèl, è-le — lat. solemitis, ■ de solus, seul, et de annus, année, c'est-à-dire qui se fait une seule fois par an). Qui se fait avec pompe, qui est accompagné de cérémonies publiques : Fête solennelle. Jour solennel. Procession solennelle. Messe solennelle. Entrée solennelle. Audience solennelle. Jeun solennels. On lui a fait un service solennel dans telle église. (Acad.) Le duc de lierry fit une visite solennelle au roi dans son camp. (Anquet.) Je viens, selon l'usage antique et solennel. Célébrer avec voua la fameuse journée OU sur le mont Sina la loi nous fut donnée.
Racine.
— Grave, majestueux, imposant : Au loin, par intervalle, on entendait les roulements solennels de la cataracte de Niagara, (Chateanb.) Un silence solennel permettait d'entendre les sifflements sourds d'une pluie de neige qui fouettait sur les volets. (Balz.) Les grands aspects de la nature impriment pour jamais dans l'âme de solennelles émotions. (H. Taine.) Il est quelque chose de plus reli ■ gieux, de plus solennel que les voix harmo-
SOLE
nteuses de l'orgue, c'est le silence des tombeaux. (A. Karr.)
— Emphatique, d'un sérieux affecté : Un ton solennel. Des manières solennelles.
L'habitude de professer donne une attitude solennelle. (H. Taine.) Le temps des pédagogies solennelles est passé. (Th. Gaut.)
— Relig. Vœu solennel, Vœu fait en face de l'Eglise, avec les formalités prescrites par les canons.
— Jurispr. Authentique, accompagné des formalités légales : Acte solennel. Arrêt solennel. Déclara t ion solennelle. Serment solennel. Il Contrat solennel, Contrat entouré de certaines formes d'apparat qui sont requises sous peine de nullité.
— s. m. Liturg. Fête moins importante d'un degré que les fêtes annuelles r Solennel majeur. Solennel mineur. Les fêtes de la Vierge sont en général des solennels mineurs.
SOLENNELLEMENT ad v. (so-la-nè-le-man
— rad. solennel). D'une manière solennelle, avec solennité : Ce mariage a été fait solennellement. La paix a été publiée solennellement. (Acad.) Le même siècle vit déposer solennellement deux rois d'Angleterre. (Voit.) L'orage grondait solennellement dans les nuées. (Alex. Dum.)
SOLENNISATION s. f. (so-la-ni-za-si-on
— rad. solenniser). Action par laquelle on solennise : La solknnisation d'une fête. On a fait de grands préparatifs pour iasOLBNNiSAtion de cette fête. (Acad.)
SOLENNISER v. a. ou tr. (so-la-ni-zé — du lat. solemnis, solennel). Célébrer avec solennité : Le second jour, on solknnisait la nativité de Glycon. (D'Ablanc.) Vivez, solennités vos fêtes sans ombrage.
Racine.
SOLENNITÉ s. f. (so-la-ni-té — rad. solennel). Caractère de ce qui est solennel : La solennité d'une fête. La solennité d'un mariage. La solennité des noces, La scène avait plus de solennité que n'en méritaient les funérailles d'un chat. (Th. Gautier.)
— Emphase, affectation de gravité majestueuse :
Employez ces grands mots, ces phrases, ces formules. Dont la solennité trompe les moins crédules,
G. Deuviune.
Il était tard; ainsi qu'une me'daiile neuve
La pleine lune s'étalait, Et la solennité de la nuit, comme un fleuve, Sur Paris dormant ruisselait,
Baudemirb-
— Fête, cérémonie solennelle : Les solennités de l'Eglise.
— Jurispr. Formalités d'apparat qui rendent un acte solennel, auihentique : La solennité d'un testament,. d'un serment.
— Encycl. V, fête.
SOLÉNOBIE s. f. (so-lé-no-bî — du gr.
sôtén, tube; bios, vie). Entom. Genre d'insectes lépidoptères.
— Encycl. Les solênobies sont caractérisées par des antennes très-tinement ciliées ou pectinées chez les mâles, filiformes chez les femelles; les palpes droites, longues,velues; pas de trompe ; les ailes assez transparentes, brièvement frangées, les ailes antérieures en ovale allongé, les ailes postérieures beaucoup plus courtes (chez les mâles) ; les femelles sont entièrement privées d'ailes. Ces papillons ont beaucoup d'analogie avec les psychés. Les chenilles vivent du ns des fourreaux unis, mais de longueur et de forme variables, les uns en sac ou en capuchon, les autres cylindriques ou prismatiques. Elles paraissentdurant toute la belle saison et se nourrissent des lichens qui croissent sur les troncs d'arbre et les palissades. Les solênobies minorelle et pectinatelle se trouvent aux environs de Paris, en juin et juillet.
SOLÉNOCARPE s. m. (so-lé-no-kar-pe — du gr. sàlên, tube; karpos, fruit). Bot. Genre de plantes, de la famille des térébinthaeées, dont l'espèce type croit dans l'Inde.
SOLÉNOCURTE s. m. ( so-Ié-no-kur-te ).
Moll. Syn. de solécorte.
SOLÉNODON s. m. (so-lé-no-don — du gr.
sàlên, tube; odous, dent). Mamm. Genre de mammifères insectivores, voisin des musaraignes, dont l'espèce type habite les îles d'Haïti et de Cuba.
SOLÉNODONTE s. m. (so-lé-no-don-te — du gr. sàlên, tube ; odous, odontos, dent). Bot- Genre de champignous, tribu des phraguiidiès, formé aux dépens des puccinies.
SOLÉNOGLOSSE s. m. (so-lé-no-glo-se — du gr. sàlên, tube ; glàssa, langue). Ornith. Syn. de nicroglosse, genre de perroquets.
SOLÉNOGYNE s. m. (so-lé-no-ji-ne — du gr. sàlên, tube ; gunê, organe femelle). Bot. Genre de plantes, de la famille des composées, tribu des astérées, dont l'espèce type crott en Australie.
SOLÉNOGYNE, ÉE adj. (so-lé-no-ji-né — rad. soténogyne). Bot. Qui ressemble ou qui se rapporte au solènogyue.
— s. f. pi. Section de la tribu des astérées, dans la famille des composées, ayant pour type le genre solénogyne.
SOLÉNOÏDE s. m. (so-lè-no-i-de — du gr. sàlên, tuyau ;eidos, forme). Physiq. Fil vol-
SOLE
■ taique unique, contourné d'abord en hélice et revenant ensuitesur lui-même en ligne droit'', dans l'axe de l'hélice. Il Sorte de pile k auges.
| — Encycl. Dans un solénoïde, le courant
, arrive par l'un des bouts du fil, suit le con-
1 tour hélicoïdal et revient en ligne droite le
I long de l'axe. Il résulte d'une loi d'Ampère,
j connue sous le nom de loi des courants si-
■ nueux, que l'action exercée par le courant I hélicoïdal, soit sur un autre courant, soit sur \ une aiguille aimantée, est en partie détruite
par celle du courant rectiligne qui traverse son axe et se réduit k celles des courants circulaires de même sens auxquels se rédui | rait le courant hélicoïdal si l'on pouvait imaginer que les spires de l'hélice ne s'avanças- | sent pas dans le sens de l'axe.
I Pour pouvoir réaliser les diverses expériences auxquelles conduit successivement l'étude des propriétés des soténoïdes, on leur I donne une forme plus commoue que celle que I nous avons supposée d'abord. La spirale ' étant formée, on ramène k son intérieur les deux bouts du hl jusque vers la spire moyenne, on les recourbe k angle droit en ce point et on les fait émerger parallèlement. Si le solénoïde ainsi construit doit exercer lui-même l'action expérimentée , on rattache à l'aide de pinces les deux extrémités du fil qui le forme aux électrodes de la pile; si, au contraire, il doit être soumis à l'action essayée, on recourbe les extrémités du fil de manière qu'en reposant sur des supports elles forment un axe de rotation de l'appareil. Les supports sur lesquels on fait reposer les pointes qui terminent le fil sont de petites cuvettes métalliques en communication avec les électrodes de la pile et contenant quelques gouttes de mercure qui servent k établir plus intimement le contact. Dès que la pile est eu activité, le solénoïde qui forme le circuit est traversé par le courant et l'on peut observer les effets dynamiques produits sur lui par l'action d'uu courant, d un aimant ou de ja terre.
— Action de la terre sur les solénoïdes. Le solénoïde étant suspendu horizontalement, comme nous venons de le supposer, il entro en mouvement aussitôt que le courant pas&o et vient se disposer parallèlement à l'aiguille de déclinaison dans un sens tel que le courant aille de l'est k l'ouest dans l'arc inférieur de chaque spire, et inversement dai.s l'arc supérieur.
Ce fuit s'explique de lui-même par l'action directrice de la terre sur un courant rectiligne. On sait en efl'et qu'un fil rectiligne vertical ou incliné, mobile autour d'un axe vertical conte ,u avec lui dans un même plan, vient, aussitôt qu'il est traversé par un courant, se placer dans un plan perpendiculaire a celui du méridien magnétique , k l'est de son axe de rotation si le courant est descendant, et à l'ouest dans le cas contraire.
Or, chaque élément d'une spire d'un solénoïde est un fil rectiligne incliné, mobile autour d'un axe vertical ; tous les éléments d'une même spire doivent donc tendre k venir se placer dans un même plan perpendiculaire k celui du méridien magnétique, et patsuite l'axe du solénoïde doit tendre lui-même à venir se placer parallèlement à l'aiguille de déclinaison; il est aisé de voir de plus que, si le courant vu de l'est k l'ouest uans la partie inférieure d'une spire, il sera descendant dans la partie de la spire tournée à l'est et ascendant dans l'autre partie.
Un solénoïde se comporte donc sous l'action de la terre absolument comme un aimant. Pour compléter l'analogie, on nomme pôle austral du solénoïde l'extrémité qui se tour.e vers le nord et pôle boréal eellft qui se tourne vers le sud.
— Actions mutuelles des solénoïdes. Si l'on approche d'un des pôles d'un solénoïde suspendu comme dans le cas précédent le pôle de même nom d'un solénoïde tenu à ia main, on observe une répulsion d'autant plus vivo que les piles qui fournissent les deux courants sont plus énergiques; si ce sont deux pôles contraires des deux solénoïdes que l'on a rapproches, on observe, au contraire, une attraction de l'un vers l'autre.
— Actions mutuelles des aimants et des solénoïdes. Les mêmes phénomènes s'observent
■ entre un solénoïde mobile autour ti'un axe j vertical et un barreau aimanté tenu k la | main, ou entre une aiguille aimantée niubilu j autour d'un axe vertical et un solénoïde tenu i k la main ; il y a attraction ou répulsion seldi qu'on en approche les pôles de nom contraire i ou les pôles de même nom.
| Ce sont ces faits caractéristiques qui ont ( suggéré à Ampère l'hypothèse aussi simple que lumineuse par laquelle il ramène les phénomènes magnétiques aux phénomènes électro-dynamiques, en imaginant que les aimants et la terre elle-même ne sont autre chose que des corps dans lesquels se propagent des courants de même sens le long des sections faites dans leur surface par des plans parallèles; la terre, par exemple, ne devrait ses propriétés magnétiques qu'k des courants perpétuels diriges, sur toute l'étendue de sa surface, k peu près de l'est k l'ouest. L'existence de ces courants s'expliquerait tout naturellement par le transport continuel de l'est a l'ouest du lieu de l'action calorifique du soleil. Cette hypothèse s'est trouvée de nouveau corroborée lorsque, ayant placé un barreau d'acier dans l'intérieur d'un fil eon-
SOLE
tourné en hélice et parcouru par un courant, Ampère a vu la barreau acquérir toutes les propriétés magnétiques.
SOLÉNOMÈLE s. m. {so-lé-no-mè-le — du gr. sàlên, tube ; mêlas, noir). Bot. Genre de plantes, de la famille des iridées.
SOLENOMYADÉ, ÉE (so-lé-no-mi-a-dé — rad. solénomye). Moll. Syn. de solémyairh.
SOLÉNOMTE s. f. (so-lé-no-rot). Moll. V.
SOLÉMYB.
SOLÉNOPE s. m, (so-lé-no-pe — du gr.
sôlên, canal; pous, pied). Entom. Genre d'insectes coléoptères tétramères, de la famille des charançons; tribu des cholides, comprenant sept ou huit espèces, qui habitent l'Amérique.
SOLÉNOPHORE s. m. (so-lé-no-fo-re — du gr. sôlên, tube ; phoros, qui porte). Entom. Syn. de stromATIH, genre d'insectes.
— Helmiuth. Syn. de bothridie, genre d'helminthes.
— s. f. Bot. Genre d'arbustes, de la famille des gesnéracées, dont l'espèce type croît au Mexique.
SOLÉNOPSIS s. m. (so-lé-no-psiss — àe>solen, et du gr. opsis, apparence). Moll. Genre de mollusques acéphales, voisin des solens, et dont l'espèce type est un fossile des terrains carbonifères d'Irlande.
SOLÉNOPTÈRE s. f. (so-lè-no-ptè-re — du gr, sôlên, tube; pteron, aile). Entom. Genre d'insectes coléoptères tétramères, de la famille des longicornes, tribu des prioniens, comprenant une vingtaine d'espèces, qui vivent aux Antilles.
— Genre d'insectes lépidoptères nocturnes, tribu des hadénides, comprenant deux espèces, qui habitent l'Europe.
SOLÉNORHINE s. m. {so-lé-no-ri-ne — du
fr. sôlên, tube; rhin, nez). Entom. Syn. de e tanyrhynquk, genre d'insectes.
SOLÉNOSTEMME s. m. (so-lé-no-stè-me
— du gr. sôlên, tube ; stemma, couronne). Bot. Genre d'arbustes, de la famille des aselépiadées, tribu des cynanchées, formé aux dépens des cynanques, et dont l'espèce type, connue sous le nom d'argel, arghel ou arguel, croît en Orient.
— Encycl. Ce genre ne comprend jusqu'à ce jour qu'une seule espèce, connue sous les noms vulgaires à'argel, argkel ou arguel, et classée autrefois dans le genre cynanque. C'est un petit arbrisseau buissonneux, atteignant rarement 1 mètre de hauteur, à rameauxcylindriques effilés, portant des feuilles opposées, ovales lancéolées, d'un vert pâle. Les fleurs sont blanches, nombreuses et groupées en panicules terminales; le fruit est un follicule ovoïde, renfermant, sous une écorce dure et coriace, des graines brunes, munies d'une aigrette. Ce végétal croît dans les ré-
fions désertes de la haute Egypte, de la Nuie et de l'Arabie Pétrée. Il possède des propriétés très-énergiques. Sa racine laisse exsuder un suc gommo-résineux trés-âcre. Les feuilles renferment une matière analogue à la glu, une huile essentielle, une matière gommeuse analogue à la bassorine, un principe ameret nauséeux qui paraît être le principe purgatif, une matière grasse, etc.' Elles ont une saveur très-amère, avec un arrièregoût sucré ; une odeur forte et nauséeuse. Elles sont purgatives, mais irritantes. On les mélange souvent à celles du séné, et c'est à ce mélange qu'on attribue les coliques produites quelquefois par ce dernier médicament. Ce fait a été révoqué en doute par quelques auteurs. On s'accorde néanmoins à reconnaître aujourd'hui que l'aiguel a une action purgative aussi énergique que celle du séné, mais que cette action est incertaine et souvent violente. Ce végétal n'est pas cultivé dans son pays natal; les Arabes vont tous les ans l'aire la récolte de ses feuilles, u'ils apportent au Caire. Les graines, chauffées sur des charbons ardents, exhalent une odeur aromatique.
SOLÉNOSTÉMON s. m. (so-lé-no-sté-mon
— du gr. sàlên, tube; stêmân, étamine). Bot. Section des coléus, genre de labiées.
SOLÉNOSTERNE s. m. (so-lè-no-stèr-ne
— du gr.sôlên,w.\>b; sternon, milieu). Entoin. Sous-genre d'insectes rhinocères.
SOLÉNOSTÈTHE s. m. (so-!é-no-stè-te — du gr. sàlên, canal; stéthos, poitrine). Entom. Genre d'insectes hémiptères, de la famille des scuielléiiens, tribu des scutellérites, comprenant plusieurs espèces, qui vivent dans la région méditerranéenne. Il On dit aussi
SOLÉNOSTBÉDIB.
SOLÉNOSTHÉDIE s. f. (so-lé-no-Sté-dl).
EutOlIl. V. SOLENOSTETHE.
SOLÉNOSTIGMA s. m. (so-lé-no-sti-gma
— du gr. sàlên, tube; stigma, stigmate). Bot. Syn. de sponie, genre de celtidées.
SOLÉNOSTOMATE adj. (so-lé-no-sto-ma-te
— du gr. sotên, tube ; stoma, bouche). Zool. Qui a fa bouche en forme de tube.
— s. m. pi. Arachn, Famille ou ordre d'arachnides, comprenant les tiques et les hydrachnelies.
SOLÉNOSTOME adj. (so-lé-no-sto-me — du gr. sôlên, tube; stoma, bouche). Zool. Qui a la bouche en forme de tube.
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— s. m. Ichthyol. Genre de poissons lophobranches, voisin des syngnathes et des hippocampes, dont l'espèce type vit dans la mer des Indes, n Syn. de centrisquë, genre de poissons acanthoptérygiens.
— Arachn. Syn. de mitte.
— s. m. pi. Moll. Groupe de mollusques gastéropodes, comprenant ceux dont la bouche se prolonge en une sorte de trompe.
— Encycl. Ichthyol. Les solénostomes ressemblent beaucoup" aux syngnathes ou aux hippocampes ; mais ils en diffèrent par leur nageoire dorsale élevée, formée d'un petit nombre de rayons, située près de la nuque, et accompagnée d'une autre dorsale très-petite, placée à l'origine de la nuque, qui est grande et pointue, et surtout par les ventrales trèsgrandes, placées en arrière des pectorales, unies ensemble et avec le tronc, de manière à former une sorte de tablier ou de sac destiné à retenir les œufs. Le solénostome paradoxal est l'unique espèce du genre. Ce poisson, désigné aussi sous le nom de fistulaire, est de très-petite taille ; son museau est allongé et forme une sorte de tube corné ; son corps est d'une teinte gris cendré, avec de
fietites lignes irrégulières d'un brun sale; on e trouve dans la mer des Indes, notamment à Amboine.
SOLÉNOTEadj.{sd-lé-no-te — du gr. sôlên, tube). Bot. Qui ressemble à de longs tubes creux. !l s. m. pi. Section de la famille des hydrophytes.
SOLÉNOTHÉQUE s. m. (so-lé-no-tè-ke — du gr. sôlên, tube ; thêké, gaine). Bot. Genre de plantes, de la famille des composées, tribu des sénécionidées, dont l'espèce type croît au Pérou.
SOLENZARA, hameau maritime de France (Corse), commune de Sari, arrond. de Sartine, a l'embouchure d'une petite rivière de même nom, sur la côte orientale; 150 hab. Usine pour la fabrication de la fonte. Port de cabotage. Exportation de fonte, bois de construction, charbon de bois ; importation de minerai de fer provenant de l'île d'Elbe.
SOLER DE LA FCENTE (José), littérateur espagnol, né à Grenade en 1827. Il antra dans l'enseignement et, après avoir professé dans différents collèges, obtint en dernier lieu une chaire à l'Ecole spéciale d'administration militaire de Madrid. On a de lui : Traditions grenadines, ouvrage qui a obtenu deux éditions; Hasards et affaires, nouvelle; le Numéro 99, comédie en un acte ; Anton Perulero, opéra-comique en un acte ; Pour le bal, comédie, etc. Il a en outre fourni un grand nombre de pièces de vers et d'articles à divers journaux, tels que : la Esmeralda, El Trono y la Nobleza, Et Semanario pintoresco, Et Museo de las Familias, etc.
SOLÈRE s. m. (so-lè-re — du lat. solus, seul). Teohn. Défaut dans un tissu, consistant en ce qu'un fil se trouve simple, au lieu d'être double, il On dit aussi seulére.
SOLERET ou SOLLERET s. m. (so-le-rè — du lat. sotea, sandale). Auc. art milit. Partie de l'armure qui couvrait et protégeait le pied.
— Encycl. Au xite et au xiue siècle, le soterel n'était autre chose que le prolongement de la chausse de mailles qui se terminait en une espèce de chausson. .Plus tard, il se com-
fiosa généralement de lames d'acier articuées dans la partie comprise entre les doigts et la grève, d'une pièce pleine qui recouvrait les doigts, d'une semelle tantôt en cuir, tantôt en lames de fer articulées, et d'une pièce défendant le talon, qui s'ouvrait et se fermait sur charnière comme une porte de poêle. Les solerets se nommaient aussi pédieux. Ils disparurent avec les grèves au commencement du xviie siècle.
SOLERI (Georges), peintre et sculpteur italien, né à Alexandrie dans les premières années du xvie siècle, mort en 1587. Il travailla pour le roi d'Espagne Philippe II, dans i'Eseurial, et pour Charles-Emmanuel de Savoie. Il épousa la lille de Bernardin Lanini. On n'a que peu de détails sur la vie de cet artiste, 11 •paraît avoir cherché à imiter le genre de Raphaël. On vante surtout le coloris des tableaux de Soleri. Les plus renommés et les seuls authentiques , dit-on, parmi ses tableaux sont : la Sainte Vierge protectrice, à l'église Saint-François, à Alexandrie, et la Sainte Vierge et saint Laurent, à l'église des Dominicains, à Casai,
SOLERO, bourg du royaume d'Italie, province, district et à 8 kiloin, N.-O. d'Alexandrie, mandement de Felizzano; 3,656 hab.
SOLES ou SOLfS, ville ancienne de l'île de Chypre, sur la côte septentrionale de l'île, appelée de nos jours Solia. Elle était d'origine athénienne et avait été bâtie d'après les conseils de Solon, ce qui lui valut son nom de Soles.
SOLESINO, bourg du royaume d'Italie, province de Padoue, district de Monselice, mandement de la même ville ; 2,176 hab.
SOLESMES, village et commune de France (Sarthe), caut. de Sablé, arrond. et à 29 kiloin. N.-O- de La Flèche, sur un coteau, près de la Sarthe ; 908 hab. Exploitation de marbre. Célèbre abbaye de bénédictins, dout il subsiste encore l'église abbatiale, classée parmi les monuments historiques.
L'abbaye de Solesmes, remarquable surtout
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par les curieuses œuvres de sculpture qu'elle renferme et qui l'ont fait ranger au nombre des monuments les plus importants pour l'histoire de l'art statuaire en France antérieurement à la Renaissance, fut fondée en 1010 par Geoffroy de Sablé, qui, ayant acheté la terre de Solesmes de son frère Raoul, vicomte du Maine, résolut d'y établir une communauté religieuse sous la règle de saint Bfenoit, la seule qui fût alors en usage dans l'Occident. L'abbaye de Solesmes acquit rapidement une grande importance ; pendant huit siècles, elle ouvrit ses portes aux amis de la solitude et de la prière. L'époque la plus glorieuse pour cette maison est celle où l'évêque du Mans, Hoel, qui fuyait sa ville épiscopale pour se soustraire aux violences de Hugues III, comte du Maine, vint s'y réfugier. Les moines recueillirent l'évêque persécuté, qui établit dès ce moment dans leur église sa chaire pastorale. Le prieuré devint cathédrale de fait et l'affluence qui en résulta fut telle, qu'au dire des anciens historiens le mince village qui avoisinait l'abbaye acquit bientôt les proportions d'une ville. Sept ans plus tard, et alors que l'évêque Hoël était depuis longtemps retourné au Mans, l'abbaye de Solesmes reçut la visite du pape Urbain II, lors de son voyage a Sablé, afin d'engager Robert le Bourguignon, seigneur de la contrée, à prendre la croix. Le plus célèbre abbé de Solesmes fut dom Jehan Bougler, docteur en théologie, qui fit exécuter la plupart des statues qui aujourd'hui encore décorent l'église du monastère. Il mourut en 1553 environ, après avoir gouverné l'abbaye pendant trente ans. A sa mort, l'abbaye tomba en cominende et, environ un siècle après, fut unie à la congrégation de Saint-Maur. Elle fut dès lors gouvernée par un prieur triennal', nommé par le chapitre. Lors de la suppression des ordres monastiques par l'Assemblée constituante, la charge de prieur était exercée à Solesmes par dom de Sageon. Quarante ans s'écoulèrent et tout devait faire croire que les anciens bâtiments de l'abbaye, morcelés et abandonnés, étaient destinés à disparaître ou toutaumoinsetàcoup sûr à ne jamais retrouver leurs anciens hôtes, quand une association religieuse, dont le but était de ressusciter l'antique règle de saint Benoît avec les statuts de la congrégation de Saint-Maur et de s'appliquer, en même temps aux études sérieuses des anciens bénédictins, vint s'établir à Solesmes. L'évêque du Mans les installa dans le cloître le il juillet 1833 et, quatre ans après, le nouveau monastère fut érigé en abbaye régulière par le pape Grégoire XVI. Des lettres apostoliques en date du 1" septembre 1837 y ont rétabli l'ordre de Saint- Benoît sous le titre de congrégation de France, succédant aux anciennes congrégations de Cluny, de Saint-Vannes-et-Saint- Hydulphe et de Saint-Maur.
L'église abbatiale de Solesmes est un monument historique d'un grand intérêt; elle dut a l'origine être construite en basilique a trois nefs; on aperçoit encore à l'extérieur les arcades en plein cintre qui ouvraient sur les bas-côtés, ainsi qu'il est u'usage dans certaines églises romanes. L'abside se terminait dans le principe en hémicycle ; le chceur était même établi sur une crypte qui fut détruite postérieurement. Les sept voûtes qui composent l'église actuelle, disposées en croix latine, furent construites au xvi« siècle par les soins de dom Jehan Bougler, et la dernière, qui est celle de la chapelle de droite, porte la date de 1532. Leur élégance, l'extrême pureté des nervures, la légèreté avec laquelle elles sont établies et dressées comme des tentes sont dignes d'admiration. Plusieurs des clefs de ces voûtes sont curieusement historiées. L'une présente une croix entourée des instruments de la passion, une autre le monogramme I H S en lettres gothiques, une autre enfin deux clefs en sautoir, figurant jadis comme supports sur les armes de l'abbaye de la Couture. Dans les murs de la nef, on remarque une Saillie provenant de la présence de la grosse tour carrée qui faisait partie de l'ancien édifice. Cette tour porte les divers caractères des époques auxquelles elle a été construite; la partie inférieure est du style roman ; la ceinture ogivale de pierre de taille qui domine les ouvertures supérieures est du xvie siècle; le dôme et la lanterne a jour qui le surmonte sont d'un style tout moderne et ne remontent pas au delà de 1731, époque où, d'après des documents certains, furent construits les bâtiments actuels du monastère. Le chœur de l'église incline un peu à droite, suivant un usage qui se répète dans mainte construction du temps; le maître-autel est tourné vers le chceur, à la manière des églises de Rome, et est établi sur un autre autel, regardant le peuple et contenant le corps de saint Léonce, martyr. Cet autel est modelé sur ceux des anciennes catacombes. Des sculptures nombreuses et d'un travail intéressant remplissent les deux chapelles de l'église; celle de droite possède un portail dans le style du gothique fleuri du xvio siècle; un arc surbaissé introduit l'œil sous une voûte aux ogives larges et tourmentées, d'un eiïet pe'it-être un peu lourd. Sous cette voûte, huit personnages procèdent à l'ensevelissement du Christ : Nicodème, en robe à camail, escarcelle de pèlerin, turban en tête, ceinture ornée de caractères gothiques; Joseph d'Arimathie, revêtu d'un costume du temps de Louis XI, ayant au cou un
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collier d'ordre; puis la Vierge, saint Jean et deux femmes eu costume également contemporain, dont l'une tient un vase de parfums; a la gauche de saint Jean se tient un disciple coiffé d'un turban. Enfin sur le premier plan, la Madeleine, figure capitale du morceau, est assise en méditation dans une sublime expression de douleur résignée. Cette page résume tout l'art catholique réduit encore à ses propres forces et produisant de luimême à la fin du xvia siècle. Des murs de la voûte, quatre petits anges, d'un travail exquis, se détachent; deux d'entre eux tiennent des candélabres; les deux autres portent, l'un le linge de sainte Véronique, l'autre la bourse de Judas; ce dernier est remarquable surtout par l'expression de douleur enfantine répandue sur son visage. Le pendentif avue chapelle gothique qui descend de la voûte contient la relique de la sainte épine, conservée de temps immémorial dans le trésor de Solesmes. Le cintre extérieur du cavea.i est orné d'une élégante guirlande de demitrèfles, surmontée d'un double arceau de branches et de feuillages d'un travail parfait. Deux soldats de pierre, d'un costume semiantique, semi-chevaleresque, gardent l'entrée de la grotte. Plusieurs des mutilations qui les défigurent aujourd'hui remontent à ces temps de croyance naïve où les villageois de Solesmes croyaient venger ainsi l'injure du Christ d'être gardé par eux. A droite et à, gauche du caveau, on remarque deux pilastres à arabesques saillantes d une grande richesse. Ils portent la date du règne de Charles VIII. La partie supérieure du monument est séparée de la partie inférieure par un rinceau ouvragé en feuillages, choux et fleurs merveilleusement é vidés. Quatre êcussous qui jadis supportaient sans doute les armoiries du monastère ou de la maison de Sablé ont pour support l'un des anges, l'autre des lions, les deux autres sont enchâssés dans le feuillage. La partie supérieure du portail représente un calvaire avec tous ses accessoires. Le Christ n'est plus sur la croix ; Nicodème et Joseph d'Arimathie viennent de l'enlever pour l'ensevelissement. Les deux larrons, dont l'un porte une énorme perruque, sont encore attachés à leur instrument de supplice; près d'eux, David et Isaïe prophétisent de concert sur la mort du Christ. De leurs mains se déroulent des légendes aujourd'hui presque entièrement effacées. Un ange embrasse le pied de la croix ; un autre, placé près du bon larron, touche d'une main la colonne et de l'autre présente les fouets de la flagellation ; aux pieds du mauvais larron (c'est celui qui porte perruque), un troisième ange, également orné d'une chevelure énorme, présente les débris de la lance et du roseau. Enfin à la hauteur des fenêtres, deux autres anges, aujourd'hui mutilés, portaient jadis d'autres instruments de la paisioi). La chapelle de droite appartient évidemment à la Renaissance; on le reconnaît aux arabesques qui décorent les colonnes et au rinceau qui règne au-dessus, fort riches, mais d'un caractère presque entièrement mythologique. L'autel offre comme sujet de bas,-relief le Martyre des innocents, très-mutilé, ce bas-relief offre encore certaines parties qui permettent de juger de sa valeur. Au premier plan, les victimes se montrent, détachées du fond en forte saillie; la sainte Famille fuit dans le lointain. Citons encore, pour en finir avec la chapelle de droite, une Madone de pitié, célèbre par la vénération populaire; un Saint Pierre et un Saint Paul; ces statues offrent dans leur costume le bizarre mélange de la tradition chrétienne et du moyen âge. La chapelle de gauche renferme cinq grandes scènes de la vie de la Vierge; c'est d abord, au-dessus de l'autel, la Pâmoison : Marie, soutenue par saint Pierre, vieillatd vénérable, reçoit, à demi mourante , la communion de la inain de son lils. A genoux auprès d'elle, Jean lui prodigue les soins de la tendresse filiale, et six apôtres assistent gravement à celte scène. Sur le devant, l'artiste a placé un vénérable personnage qui, les mains jointes, regarde attentivement; c'est taint Hièrolhée, disciple des apôtres, qui, au rapport de Denys i'Aréopagite, assista aux derniers moments de la Vierge. Au fond, l'artiste a fait figurer, suivant l'usage du temps, le dernier abbé régulier de Solesmes, dom Michel Bureau. On a récemment restauré cette curieuse œuvre de statuaire; pendant longtemps, elle fut inintelligible : un prieur de Solesmes, ehoqué de voir le Christ donner la communion à sa mère, s'était imaginé de lui casser le bras qui tend l'hostie et le gauche qui tenait le ciboire. Un autre groupe représente la sépulture de la Vierge ; la Vierge est morte et semble endormie. Saint Pierre et saint Jean assistent à cette scène. Le prince des apôtres, inclinant la tête et joignant les mains, étudie encore une fois les traits de la mère du Christ avec une expression de visage sublime. Saint Jean se tient k gauche, et saint Jacques, premier évêque de Jérusalem, est à côté de Pierre. Un moine bénédictin figure aussi dans ce tableau; c'est Jehan Bougler, abbé de Solesmes. Le tombeau de la Vierge est orné de bas-reliefs dont Judith etEsther font tous les frais. La figure mutilée que l'on voit assiso près du tombeau a été, comme ies deux soldats du saint sépulcre, victime de la dévotion populaire, les gens du pays s'étant persuadés que cette statue représentait le diable cherchant dans un livre les péchés de la Vierge ;
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tes autres statues ont plus ou moins eu k souffrir des hommes et du temps. L'ensemble de .a chapelle est d'un style sévère, admirablement en harmonie aveu ce beau groupe ; on remarque notamment Jes deux colonnes qui décorent l'entrée, l'une entourée d'un lierre chargé de ses fruits, l'autre ceinte d'une vigne ornée de ses grappes. Nous ne parlons que pour mémoire des statues des quatre docteurs proclamant la gloire de Marie : saint Bernard, saint Anselme, saint Pierre Damien et saint fionaventure. Sons les niches qui renferment ces statues sont des inscriptions latines symboliques. La suite de l'histoire de la Vierge se continue dans la partie supérieure du monument; on remarque surtout la traduction que le sculpteur a faite du passage de l'Apocalypse relatif au dragon aux Sept têtes et aux sept diadèmes , sur lequel s'assied une femme ivre du sang des martyrs. La Vierge, dans la composition qui nous occupe, a vaincu le dragon.
En résume, l'église de Solestnes contient une des plus complètes synthèses mystiques que nous aient léguées le moyen âge et la Renaissance. La tradition attribue un certain nombre des statues qui la décorent à Germain Pilon, originaire de Sablé et dont le père, statuaire lui-même, dut certainement travailler aux œuvres d'art de la célèbre abbaye. Quelques auteurs pensent que le plus grand nombre furent exécutées par trois artistes italiens, appelés dans l'abbaye par dom Bougler et dont les noms se sont perdus depuis. Suivant la chronique, les sculptures et décorations de la chapelle de gauche auraient coûté environ 150,000 livres. La matière des statues est une pierre blanche très-tendre et susceptible d'un beau poli; elle fut extraite, dit-on, d'une carrière aux environs de Tours. Les stalles du ehœur, ornées chacune de deux rangs de bustes en relief, méritent aussi une mention. 11 en est de même de la verrière du fond de l'église, privée d'un de ses panneaux primitifs et qui date du xvie siècle. Elle représente dans sa partie inférieure l'enfer; au-dessus, le monde avec ses vanités ; le Christ arrive, dans la partie supérieure, tout brillant de gloire pour juger le monde. Les bâtiments conventuels construits au xvme siècle n'offrent aucun détail remarquable.
SOLESMES, bourg de France (Nord), cheflieu de cant., arrond. et à 21 kiiora. E. de Cambrai, sur la rive droite de la Seele; pop. aggl., 5,235 hab. — pop. tôt., 6,230 hab. Fabrication de sucre, distilleries , tissage de laine et de coton, brasseries, moulins. On y voit une belle et grande église paroissiale construite en 1780, les restes gothiques d'un ancien prieuré et les débris d'une tour, qui Sont les derniers vestiges d'une forteresse très-ancienne , réparée au vue siècle par Pépin d'Héristal.
SOLÉTARD s. m. (so-lé-tar). Techn. Terre savonneuse dont on se sert pour dégraisser les laines.
SOLÉTELL1NE s. f. (so-lé-tèl-li-ne — de solen, et de telline, noms de genres). Mail. Genre de mollusques acéphales, réuni, suivant les divers auteurs, aux psammobies ou aux sanguin olaires.
SOLETO, bourg du royaume d'Italie, province de la Terre d'Otrante, district de Lecce, à 25 kiiora. N.-E. de Gallipoli, mandement de Galatina; 2,134 hab. On y parle un grec corrompu et on y voit quelques ruines helléniques qui ont fait penser que ce bourg s'élevait sur l'emplacement de l'antique Salente.
SOLETTE s. f. (so-lè-te). TechJ. Tringle de bois mince, faisant partie d'un métier à
mailles.
SOLEURE (du latin Salodorum ou Soiodurum, que plusieurs étymologistes tirent du celtique sut, élévation, peut-être de- la racine sanscrite sut, jaillir, et tior ou dur, embouchure ou rivière, peut-être de la racine sanscrite dru, courir, ou dvar, arrêter, faire obstacle, obstruer; cette ville aurait été ainsi nommée parce qu'elle est située sur une colline qui s'abaisse doucement jusqu'à la rivière d'Aar), la Solodurum des Romains, en allemand Solotkurn , ville de Suisse, chef-lieu du canton de son nom, sur l'Aar, à 40 kilom. S. de Bàle, à 80 kilom. N.-E. de Berne, par 470 21' de latit. N. et 5» 11' de longit. E. ; 8,000 hab. Résidence de l'évéque catholique de Bàle ; lycée académique, gymnase, hôtel des monnaies, arsenal, trois bibliothèques, collections scientifiques. Fabriques de tissus imprimés, cuirs, tabac; forge et fonderie, papeterie; fabrication de soieries; imprimeries typographiques et lithographiques. Commerce de chevaux, bestiaux, blés, fromages, fers et marbres. Soleure, située au pied du versant oriental du Jura, sur l'Aar, qui la divise en deux parties reliées par des ponts de bois, est une ville bien bâtie, environnée de murailles fl.inquées de bastions. Les rues ne f>ont pas très- régulières, mais d'une bonne largeur et ornées de plusieurs belles constructions et d'un grand nombre de fontaines qui contribuent k y maintenir la propreté. 11 reste encore quelques débris importants des fortifications de Soleure, élevées au xviie siècle par l'oligarchie qui la régissait et dont la tyrannie excita plus d'un soulèvement de la part des paysans du canton. Devenues inutiles après l'établissement définitif de la confédération helvétique, ces fortifications fu-
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rent abattues en 1835 par ordre du conseil fédéral. Il existe également quelques restes de l'époque de la domination romaine, et les fouilles pratiquées tant sur le territoire de la ville qu'aux environs ont mis au jour un grand nombre de médailles, d'armes, d'inscriptions, de vases et d'autres antiquités. Indépendamment de ces divers débris, Soleure possède encore les monuments suivants :
La tour de l'Horloge, la plus ancienne construction de la ville, fut bâtie, si l'on en croit une insrription allemande à demi effacée, environ cinq siècles après Jésus-Christ. Carrée, massive et haute de 2S mètres, elle offre cette particularité bizarre qu'aucune de ses quatre faces ne présente de fenêtre, ni même d'autre ouverture pouvant en tenir lieu. L'horloge qui y est placée, très-compliquée, est accompagnée de curieuses figures qui se mettent en mouvement aux quarts d'heure et aux heures. Indépendamment de l'inscription allemande dont nous avons parlé, la tour de l'Horloge de Soleure porte gravé sur un de ses côtés le distique suivant :
in Celtis, nihil est Solodoro anliquius, unis Exceptis Treviris, quorum ego dicta soror.
C'est-à-dire : « Dans le pays celtique, rien n'est plus ancien que Soleure, hormis seulement Trêves, dont Soleure est appelée la sœur. * Ce distique se rattache évidemment à l'origine légendaire de la ville.
L'hôtel de ville, moins ancien que la tour de l'Horloge, est un édifice massif, irrégulier, flanqué de grosses tours. A l'intérieur, on remarque plusieurs inscriptions romaines, un beau bas-relief représentant Cléobis et Biton et les bustes de Nicolas de Fluëetd'un certain nombre d'avoyers de Soleure, par le sculpteur Eggenschwyler. L'escalier monumental, dû à Gibelin, ne date que de 1631.
L'église de Saint-Ours, dont le patron est saint Ursus, soldat chrétien de la légion thébaine, a été construite de 1726 à 1772 par l'archevêque Pisoni. Elle a rang de cathédrale depuis 1828, époque où 1 évêque de Bàle a définitivement choisi Soleure pour résidence. On accède à la façade de l'édifice, décorée de douze colonnes corinthiennes alternant avec un pareil nombre de statues, et qui s'élève de beaucoup au-dessus du niveau du sol, par un escalier monumental de trentetrois marches, précédé de deux fontaines. Intérieurement, la basilique mesure 64 mètres de longueur sur 44 de largeur. Elle est décorée de bas-reliefs assez remarquables et possède plusieurs tableaux de Joseph Esper et de Corvi. L'orgue, exécuté par Bossart de Zug, ne compte pas moins de 40 registres. Enfin, dans le Trésor est rassemblée une collection de missels du moyen àge(v«,xie, xme et xvie siècles) ; on y voit également la bannière donnée à Soleure par Léopold, des ostensoirs précieux, etc.
L'ancienne église des Jésuites, aujourd'hui des Professeurs, à la construction de laquelle Louis XIV voulut contribuer pour 100,000 livres, remonte à 1689. On y remarque un Christ attribué à Holbein et un bon tableau de Corvi.
L'arsenal de Soleure ne contient pas seulement, ainsi que sa destination semblerait l'indiquer, des pièces d'artillerie et des armes modernes. Une partie de ses salles est occupée par une riche collection d'armures anciennes et de trophées historiques; parmi ces derniers, il faut citer deux drapeaux et une arquebuse pris sur l'armée de Charles le Téméraire à la oataille de Moral, deux bannières prises à la bataille de Dornach, deux autres au Brûdelholz, deux autres datant des croisades, etc., sans parler d'un beau portrait du célèbre duc de Bourgogne. Un groupe de personnages en bois, de grandeur naturelle et très-bien exécuté, figure ailleurs la scène de réconciliation des confédérés à la diète de Sanz, et un automate fort curieux, également de grandeur naturelle, garde une des portes intérieures de l'arsenal et croise son arquebuse au moment où cette porte s'ouvre devant un visiteur.
Soleure possède encore : une très-belle caserne monumentale, qui servait, avant la Révolution, d'hôtel à l'ambassadeur de France; plusieurs bibliothèques, dont la principale renferme environ 15,000 volumes et possède plusieurs antiquités précieuses; enfin un muséum, où le célèbre professeur Hugi a rassemblé une collection, unique dans le monde entier, des fossiles du Jura et des roches des Alpes. Enfin, c'est à Soleure que mourut le grand patriote polonais Kosciusko, et sa maison s'y voit encore. Il n'en est pas de même de la tombe où ses restes reposèrent longtemps, de l'autre côté de l'Aar, au village de Zuchwyl. Cette tombe était recouverte d'une simple dalle portant gravés les mots suivants :
Viscera Thadki Kosciusko.
Les restes de Kosciusko, transférés à Cracovie, ont été réunis depuis longtemps dans les caveaux de la cathédrale de cette ville aux sépultures royales.
Soleure a vu naître le poète latin Bazaùs, les chroniqueurs Hafner et Wagner, les historiens Hermann, Gassman et Glutz Blotzheim; Egglenschwyler, sculpteur, Conrad Meyer, jurisconsulte, etc.
— Environs de Soleure. Les environs de Soleure, comme au surplus ceux de la plu-
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part des villes de la Suisse, sont accidentés, pittoresques et abondent en monuments curieux, soit naturels, soit factices. Les principaux sont : l'ermitagje de Sainte-Vérène, le Wengistein et le Weissenstein. L'ermitage de Sainte-Vérène prend son titre d'un ancien ermite venu, dit-on, d'Egypte et nommé Arsentus, qui, «'étant fixé dans une gorge abrupte voisiue de Soleure, occupa trente ans de sa vie à percer le rocher et réussit à y creuser une grotte profonde de 6 mètres sur une largeur de 4 mètres et une hauteur de 3. L'extrémité de cette grotte correspond aujourd'hui avec une petite église à laquelle un rocher surplombant sert de toit. On y remarque un saint sépulcre assez curieux, avec trois soldats romains d'un côté et, de l'autre, les trois Marie. Quant au Wengistein (pierre de Wengi), c'est un monument fort simple, érigé en 1613 a la mémoire de l'avoyer Wengi, qui, en 1523, réussit à empêcher l'extermination de ses compatriotes par les catholiques; ce monument consa«re également, par une seconde inscription, le souvenir du siège de Soleure en 1318. Enfin, le Weissenstein (pierre blanche) est un des pics du Jura; il s élève de 1,283 mètres au-dessus du niveau de la mer, de 857 mètres au-dessus de Soleure, et de son sommet on jouit d'un des panoramas les plus beaux de tous les environs.
— Histoire. La colline en pente douce qu'occupe cette ville, au milieu d'une riante et fertile vallée, paraît avoir été habitée k une époque très-reculée, et une légende n'hésite point à lui assigner pour fondateur le patriarche Abraham en personne. Ce qu'il y a de certain, c'est que les Romains y construisirent une forteresse et l'appelèrent Castrvm Solodurense ou Solodurum. Détruite lors du départ des Helvétiens pour la Gaule, elle fut reconstruite plus tard. Pendant le moyen âge, un couvent de bénédictins, converti dans la suite en chapitre de chanoines, et les pèlerinages qui s'y rendirent souvent en l'honneur des reliques de saint Ours la firent prospérer de nouveau, et l'on y vit séjourner des rois et des ducs. Lorsque la ligue des Suisses commençait à se former, Soleure dut son indépendance et une constitution libérale à d heureux combats entre les nobles du voisinage , à son économie et à ses alliances avec Berne et avec les confédérés. En 1475, elle participa honorablement à la lutte des Suisses contre le duc de Bourgogne ; en 1481 , elle fut admise dans la confédération helvétique et elle acquit de nouveaux titres de gloire pendant la guerre de Souabe. Elle ne fut pas à l'abri des orages de la Réforme ; mais, malgré quelques tentatives de révolution religieuse, elle resta catholique. Soleure eut des serfs jusqu'en 1785. Son gouvernement se composa longtemps d'une oligarchie formée des premières familles de la ville ; il est depuis 1830 complètement démocratique. Au témoignage de Lutz, Soleure fut, pendant plusieurs siècles, la ville de Suisse qui pratiqua le plus en grand le commerce des mercenaires, connu sous le nom de capitulation, La France en conserva jusqu'à la Révolution, puis de 1815 à 1830. Le royaume de Naples eut recours au même honteux trafic de 1825 à 1855. Aujourd'hui, cette odieuse traite, qui rappelle les condottieri et les reîtres du moyen âge, a heureusement disparu, sans doute pour toujours.
SOLEURE (canton de), le neuvième de la Confédération helvétique par ordre d'admission, le quinzième par son étendue et le treizième par sa population. Il est presque enclavé dans celui de Berne, excepté au N. et an N.-E., où il est limité par les cantons de Bâle-Campagne et d'Argovie. Deux districts absolument séparés du reste du canton sont situés sur la frontière de France, à peu de distance de Bâle. La configuration de ce canton est très-irrégulière , et, par conséquent, ses dimensions, en longueur et en largeur, sont très-variables selon les points où on les considère. Prise obliquement du N.-E. au S.-O., sa plus grande longueur est de 66 kilom.; sa plus grande largeur est de 31 kilom., tandis que sur certains points elle ne mesure que 10 kilom. Superficie , 785 kilom. carrés; 74,713 hab., dont 62,072 catholiques et 12,611 protestants. La langue allemande est celle du pays, La surface du canton de Soleure est presque entièrement composée de montagnes et de coteaux; elle est parcourue du N.-E. au S.-O. par les chaînes parallèles du Jura, qui y forment plusieurs belles vallées, entre autres celles de l'Aar et celle de Balsthal; les points culminants sont : le Hasenmath (1,493 met.), la Rothe (1,432 mètres) et le Weissenstein (1,316 mètres). Parmi les cours d'eau les plus importants sont l'Aar, l'Emme et la Dunnern. Le climat est généralement assez rude, aussi la vigne n'y réussit-elle que médiocrement; niais les champs, les prairies et les arbres fruitiers sont d'un rapport considérable; on exporte des fruits et 1 on y élevé beaucoup de chevaux et de bestiaux. Les produits des abeilles méritent aussi d'être mentionnés. Malgré le déboisement irréfléchi de certains districts, 150,000 arpents sont encore couverts de belles forêts d'un riche produit. L'industrie manufacturière est inférieure à l'industrie agricole; elle est limitée à la fabrication de quelques étoffes de coton, à quelques verreries, poteries et tan-
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naries et à l'exploitation de mines de fer et de houille.
Le gouvernement du canton de Soleure, jadis aristocratique, a été modifié en 1830, 1841 et 1856; c'est maintenant une démocratie représentative. La souveraineté appartient au peuple et est exercée par ses délégués. Les pouvoirs sont distincts. La représentation nationale consiste en un grand conseil, composé de 109 membres élus par les assemblées électorales et de 13 élus par ceux-ci. Le grand conseil exerce le droit de grâce, désigne les membres du pouvoir exécutif, nomme les députés à la diète fédérale, les membres des tribunaux, etc. Le haut pouvoir exécutif est exercé par le petit conseil (Kleine-Bath), composé de 9 membres élus par le grand conseil et pris dans son sein; il est présidé par le président du grand conseil, q^ui a le titre de landamman. Le grand conseil, dont les membres siègent pendant six ans et reçoivent une in iemnité par jour de présence, s'assemble trois fois par an pour délibérer sur tous les intérêts du canton. Au point de vue administratif, le canton de Soleure se divise en 5 districts et 135 communes.
So)eur« (chÂtea.0 de), château situé près des frontières de France et de Belgique, entre Luxembourg et Montmédy. Le 13 septembre 1475, une trêve marchande y fut signée entre Louis XI et Charles le Téméraire. Cette trêve renoua le commerce entre la France, la Flandre et l'Angleterre.
SOLFATAUA (lac de la), le Lacus Albulus des anciens, petit lac de l'Italie, dans la comarca et à 22 kilom. N.-E. de Rome, près et k l'O. rie Tivoli. Ce lac, appelé aussi lac des Iles flottantes, présentait autrefois un plus grand développement; mais sa circonférence a beaucoup diminué; son diamètre n'est plus aujourd'hui que de 250 mètres. Les matières grasses et bitumineuses qui remontent du fond de ce lac, se réunissant à la poussière et aux herbes transportées par le vent, forment sur la surface des eaux différents corps qui ressemblent k de petites lies et qui, par leur légèreté, surnagent et flottent au gré des vents. On prétend que c'est en ce lieu qu'était l'oracle de l'aunus, consulté par Latinus, comme nous l'apprend Virgile. Près de ce lac étaient les thermes de Marc- Agrippa, que fréquentait aussi l'empereur Auguste.
SOLFATARE s. f. (sol-fa-ta-re — de l'italien solfalara, soufrière). Géol. Terrain d'où se dégagent des vapeurs sulfureuses et où se dépose du soufre : Les solfatares sont soutient d'anciens dépôts dus à des éruptions volcaniques. (Maury.) Quelle solidité dans ces terrains, ardents comme la solfatare, arides comme la pierre ponce/ (Th. Gaut.)
— Encycl. Les solfatares les plus célèbres se trouvent en Italie, aux Antilles, en Chine et k Java. La solfatare de Pouzzoles, près de Naples, appelée par les anciens Forum Vul~ cani ou Campi Phtegrxi, est un bassin ovale de 417 mètres de longueur sur 333 mètres de largeur, entouré en umphithéâtre des restes de la montagne qui autrefois était un volcan et dont ce bassin représente le cratère éteint. Sur cette superficie d'environ 14 hectares, vingt-sept petits cratères sont en éruption continuelle ; il s'en échappe des fumées sulfureuses, et la nuit on aperçoit parfois de brillantes étincelles. Le sol est blanchâtre, ce qui avait fait appeler cette région par les anciens Montes Leucogei; mais ils donnaient de préférence au bassin de la solfatare le nom de champs Phlégréens et voyaient là comme un des soupiruux du Tartine. Pétrone en a parlé dans son poëme de la Cîuerve civile : Est lûcus, exciso petiitus demersas kialu, Partkenopen iittcr, maijnssque Ûicarchidos rtrva, Cocili pcrfusus acqva. A'am spiritus extra Qui furit, e/fusus funesto spanjilur &stv. Non lisse mit ulmo tellus lire/, aut aiil herbas Cespite txcvs a<jer. Non veruo persona cantu Mottia discordi strepitu virgulta loquumur. Sed chaos et nigro squnllcntia pumice saxa Gaudent ferali circum, cumulata cupre&su. lias inter cèdes, ditis palet txtulil ora Bustarum fumis, et cana sparsa favilla...
La position des lieux est bien la même ; mais 1 aspect n'en est pas aussi lugubre que le peint Pétrone. La couleur du terrain et des pierres mêmes est blanche, et sur quelques-unes on aperçoit mie fleur d'alun. L'aire du bassin est presque partout nivelé < ; le terrain en est blanc, doux au toucher et paraît formé par la terre des environs mêmes et par les pierres calcinées à la longue, tombant ensuite en poussière et qui y sont entraînées fiar les eaux pluviales. El y a des parties où e soufre domine davantage ; on s'en aperçoit k la couleur et au toucher ; il y croît quelques plantes fort maigres, qui périssent aux premières chaleurs de l'été. Dans la partie la plus basse de la solfatare, il s'amasse de l'eau chargée de soufra qui s'y échauffé et dissout les différentes matières que Ton y jette. Le papier et les bois tendres y sont détruits trèspromptement; les feuil.es de cuivre y éprouvent une altération très-sensible; l'argent y noircit.
En traversant la surface de la solfatare dans tous les sens, partout ou entend sous les pieds un retentissement sourd et profond qui prouve que l'aire sur laquelle on marche est absolument creuse par-dessous. Le sol
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firésente de nombreuses fissures à travers esqueiles s'exhalent des vapeurs sulfureuses et d'où l'on extrait du vitriol et de la fleur de soufre. Il n'est presque pas d'endroits où l'on puisse enfoncer un bâton pointu sans que du trou il ne sorte, aussitôt de la fumée pendant quelques instants. Il y a des endroits si humides qu'il n'est pas possible d'en approcher; peut-être n'y aurait-il pas de sûreté, car tout le terrain paraît peu solide, et l'on ne s'expose point à le charger de masses lourdes, ni même à y faire passer des animaux d'un poids considérable. On rapporte dans le pays qu'un homme à cheval, ayant voulu essayer d'y passer, fut englouti. Peut-être le feu interne consumera-t-il peu à peu toute cette croûte extérieure sur laquelle on marche, et alors le cratère de la solfatare en sera beaucoup plus profond ;il pourra s'y former un lac. Une autre solfatare existe entre Rome et Tivoli. Là, le cratère de l'ancien volcan, rem-
f)li par les eaux pluviales, forme un lac dont es eaux sont sulfureuses et au milieu duquel se trouvent plusieurs îles flottantes, V, Solfatara (lac de la).
Dans l'île de Saint-Vincent, l'une des Petites Antilles, se trouve une solfatare d'environ 5 kilomètres de circuit et de 166 mètres de profonueur, dont le centre est occupé par un cône de volcan couvert d'incrustations de soufre. La Guadeloupe et l'île Dominique possèdent également des solfatares qui projettent continuellement des fumées intenses et extraordinairement chaudes ; leurs alentours sont inabordables. 11 en est de même à Java, où l'on appelle Vallée empoisonnée la région que \a.solfaiare occupe ; il s'en exhale une si grande quantité d'acide sulfureux que nul homme ou animal n'en peut approcher. La plus grande solfatare connue est en Chine, dans la région d'Ouroumtsi. Elle a 5 myrhimètres de circuit et présente l'aspect ri une immense plaine couverte de cendres. Nul ne peut s'y aventurer; si l'on y jette une pierre, il sort aussitôt des flots de fumées noirâtres et pestilentielles.
SOLFEGE s. m. (sol-fé-je — de l'italien solfeijyio, qui est le substantif verbal du substantif sotfeggîare, le même que l'espagnol solfeur et le fiançais solfier, du substantif italien, espagnol, portugais, provençal sotfa, gamme. Quant à ce dernier, voici comment on l'explique. Les syllabes musicales introduites par Gui d'Arezzo, ul, ré, mi, fa sol, la, font à rebours la, sol, fa, mi, ré, ul; les trois premières ont fourni lasvlfa ; puis la ayant été pris pour l'article, il est resté solfa tout court). Mus. Action de s'exercer à solfier. Il Recueil de leçons de musique vocale dans lequel les difficultés du chant sont graduées : Ce compositeur a fait un excellent SOLFÈGE, Etudier le solfège. Le solfège est ta grammaire du chanteur.
— Encycl. Voici comment s'exprime Lichtenlhal au mot SOLFEGGio de son Dizionario di musica : « C'est un morceau de musique sans paroles, destiné aux élèves chanteurs, afin de leur faire faire l'application de toutes les règles de l'art du chant. Le solfège est aussi avantageux que nécessaire. Par lui, l'élève est contraint de réfléchir sur l'essence du son, n'ayant aucune donnée certaine ou approximative pour reconnaître les intervalles, ainsi qu'en ont les instruments, qui lui présentent ou la distance locale, ou le nombre des doigts, ou la corde à vide, ou la touche, etc., indices qui le guident approximativement ou avec certitude sur tel ou tel d'entre eux. Les monosyllabes du solfège, prononcés avec netteté, sont d'un grand avantage pour obtenir une bonne prononciation dans le chant. Le solfège rend l'exécutant encore plus apte à saisir d'un coup d'oeil le motif ou la cantilèD^, »
On voit que, pour les Italiens, qui nous en ont transmis l'expression, le mot solfège désigne simplement une pièce vocale destinée à être chantée en nommant chaque note par le nom qui lui est assigné dans l'échelle musicale : ut, ré, mi, etc. Mais en France, nous avons singulièrement étendu la signification du mot. Pour nous, le solfège indique la réunion de tous les préceptes qui constituent la théorie complète de la musique au point de vue de l'exécution, et semble faire pendant à l'harmonie, qui réunit tous les préceptes relatifs à l'étude de la composition. Nous ne disons donc point, comme les Italiens, «chanter un solfège, s mais bien «chanter une leçon de solfège, » et nous disons « étudier le solfège, » pour indiquer que nous apprenons, que nous étudions les principes de la musique. Aussi, tandis que les Italiens ont des Hecueils de solfèges, c'est-à-dire des recueils uniquement composés de leçons vocales destinées à être chantées par les élèves dans le but de leur faire mettre en pratique les principes théoriques qui leur sont inculqués par les maîtres, nous avons en France des Méthodes de solfège, c'est-à-dire de véritables traités de musique, contenant et faisant connaître tous les principes de l'art et renfermant, à l'appui de chaque précepte, des leçons qui y sont relatives. Il est facile de saisir la différence et de voir, ainsi qu'il est d\t plus haut, combien nous avons étendu la signification du mot solfège.
L'étude du solfège comprend donc, outre la connaissance de l'échelle musicale, du nom des figures, de la valeur des notes et de leurs rapports entre elles, des silences, du système
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des clefs et de leurs différentes figures, du nombre et du rôle des accidents, celle des intervalles et de leurs renversements, des formes de la gamme majeure et mineure, des tons divers et de leur caractère constitutif; vient ensuite l'étude de la mesure et de ses innombrables modifications, du rhythme, de la transposition, des signes d'expression et d'exécution, etc.
Un grand nombre de Méthodes de solfège ont été publiées en France, et leur nomenclature, d'ailleurs impossible à dresser d'une manière complète , serait aussi fastidieuse qu'inutile. Au surplus, lçs ouvrages de ce genre, s'appuyant forcément sur des principes immuables, ne peuvent différer que dans les détails secondaires et par la façon plus ou moius claire dont ces principes sont posés, formulés, expliqués. En réalité, toutes les méthodes de ce genre sont bonnes; il n'y a entre elles que la distance du plus au moins, et il suffit d'un bon professeur pour tirer de la moins parfaite un excellent parti. Or, comme, quoi qu'on en dise, l'être le plus intelligent ne saurait avoir la prétention d'apprendre la musique sans le secours d'un professeur, l'important est que celui-ci soit bien choisi.
SOLFBR1 NO, bourg et commune du royaume d'Italie, dans la province de Brescia, district, et à 9 kilom. S.-E. de Castiglione, au N.-E, du village de Cavriana, entre la Chiese etleMincio; 1,050 hab. Ce bourg, naguère inconnu, est devenu célèbre par la victoire qu'y remportèrent les Français sur les Autrichiens, le 24 juin 1859, et dont nous allons parler plus bas. En commémoration de cette bataille, on a élevé sur une petite éminence, près de Solferino, une chapelle servant d'ossuaire et qui a été inaugurée en 1870. La blanche façade de la chapelle, avec ses mosaïques byzantines et dont le fond d'or brille au soleil, se découpe sur le bleu du ciel d'une manière très-heureuse. L'intérieur de la chapelle est divisé en deux compartiments par un voile noir. Derrière ce voile est l'ossuaire. Les têtes des morts dans la bataille sont rangées en ordre du haut en bas du chœur, formant une tapisserie fantastique. Elles sont là, mêlées, tètes autrichiennes et tètes françaises, regardant l'autel. Une balustrade quadrangulaire au milieu du chœur donne sur un caveau où les ossements sont rangés symétriquement par compartiments ayant chacun plusieurs métras cubes. A l'extérieur de ces compartiments, les os sont groupés de façon à imiter des croix, des rosaces, des guirlandes de fleurs, des arabesques, etc. D'autres ossements sont aussi entassés dans de petites salles latérales. Une autre salle contient un petit musée d'objets trouvés près des morts. Il y a des pièces d'or, d'argent, des médailles, des bijoux, une montre, des lettres, etc.
Solrerino (bataille de) , gagnée par les Français sur les Autrichiens le 24 juin 1859. Après la bataille de Magenta et le combat de Melegnano, l'ennemi avait précipité sa retraite sur le Mincio, fleuve derrière lequel on devait croire qu'il allait concentrer toute sa résistance. Il était donc urgent que l'armée franco-italienne occupât le plus tôt possible les points principaux des hauteurs qui s'étendent de Lonato a Volta et qui forment, au sud du lac de Garde, une agglomération de mamelons escarpes, abandonnés par les Autrichiens dans leur mouvement de retraite. D'après l'ordre général donné par Napoléon III le 23 juin au soir, l'armée du roi Victor-Emmanuel dut se porter sur Pozzolengo ; le maréchal Baraguey-d'Hilliers , avec le J« corps, sur Solferino; Mac-Manon, avec le 2e corps, sur Cavriana; le maréchal Canrobert, avec le 3« corps, sur Medole, et le général Niel, avec le 4e corps, sur Guiddizzolo; enfin, la garde impériale, sous le commandement du maréchal Regnaud de Saiut- Jean-d Angely, devait se diriger sur Castiglione, tandis que les deux divisions de cavalerie de la ligne prendraient position dans la plaine entre Solferino et Medole. En outre, il avait été décidé que ces divers mouvements commenceraient à deux heures du matin, afin d'éviter l'excessive chaleur du jour.
De son côté, pendant la nuit du 23 au 24, prenant l'offensive, l'armée autrichienne avait franchi le Mincio à Goïto, Valeggio, Monzambano et Peschiera, et elle occupait de nouveau les positions qu'elle venait tout récemment d'abandonner. C'était le résultat du plan suivi par l'ennemi depuis la bataille de Magenta, et qui consistait pour lui à évacuer toutes ses positions pour accumuler sur le Mincio des forces formidables. Ainsi, il était parvenu à concentrer neuf corps d'armée présentant un ensemble de 250,000 à 270,000 hommes , qui s'avançaient vers la Chiese en couvrant la plaine et les hauteurs. Cette force immense semblait s'être divisée en deux armées, dont l'une, celle de droite, devait s'emparer de Lonato et de Castiglione, l'autre, celle de gauche, se porter sur Montechiaro. Ainsi, les deux armées marchaient sans le savoir au-devant l'une de l'autre, et elles se rencontrèrent inopinément, ce qui ne fait pas l'éloge des chefs. L'armée française était commandée du reste par celui qui, onze ans plus tard, devait, par son iiupéritie, mettre la France à deux doigts de sa perte. A peine les maréchaux Baraguey-
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d'Hillîers et Mac-Malïon nvaient-ils dépassé Castiglione, qu'ils se trouvèrent en présence de forces considérables qui leur disputèrent le terrain. Au même instant, le général Niel se heurtait contre l'ennemi à la hauteur de Medole. L'armée du roi, se dirigeant sur Pozzolengo, rencontrait de même les Autrichiens en avant de Rivoltella, et, de son côté, le maréchal Canrobert trouvait le village de Castel-Goffredo occupé par la cavalerie ennemie. L'empereur Napoléon, préoccupé du soin de relier les différents corps, fit hâter la marche de la cavalerie de la garde impériale et la mit sous les ordres de Mac-Mahon comme réserve, pour opérer dans la plaine, sur la droite du 2e corps. Il envoya en même temps au maréchal Canrobert 1 ordre d'appuyer le général Niel autant que possible, tout en lui recommandant de se garder à droite contre un corps autrichien qui, d'après des informations précises, devait se porter de Mantoue sur Assola.
Le maréchal Baraguey-d'Hilliers était arrivé jusqu'au pied de la colline abrupte au sommet de laquelle s'élève le village de Solferino, que défendaient des forces considérables retranchées dans un vieux château et dans un grand cimetière, entourés l'un et l'autre de murs épais et crénelés. Il avait déjà perdu beaucoup de ses combattants et plus d'une fois il avait payé de sa personne en portant eu avant les troupes des généraux Bazaine et Ladmiraùlt. Exténuées de fatigue et de chaleur, ces troupes ne gagnaient du terrain qu'avec beaucoup de difficulté, exposées d ailleurs à une fusillade meurtrière. En ce moment, Napoléon III ordonna à la division Forey de s'avancer, une brigade du côté de la plaine, l'autre sur la hauteur, contre le village de Solferino, et la rit soutenir par la division Caniou, des voltigeurs de la garde. Il fit marcher avec ces troupes l'artillerie de la garde, que dirigeaient les généraux Lebœuf et de Sévelinges.qui l'établirent à découvert à 300 mètres de l'ennemi. Cette manoeuvre décida de notre succès au centre.
Tandis que la division Forey s'emparait du cimetière et que le général Bazaine lançait ses troupes dans le village, les voltigeurs et les chasseurs de la garde impériale s'élançaient impétueusement jusqu'au pied de la tour qui domine le château et s en emparaient. C'est la célèbre tour connue sous le nom A'Espionne de l'Italie, parce que, de tous les points de l'horizon, on voit se dresser sa masse noire, comme une sentinelle vigilante, sur le sommet de l'éminence qu'elle couronne. Les mamelons des collines qui avoisinent Solferino turent successivement emportés, et, à trois heures et demie, les Autrichiens évacuaient la position sous le feu de notre artillerie couronnant les crêtes et laissaient entre nos mains 1,500 prisonniers, 14 canons et 2 drapeaux. Pendant la lutte sanglante qui venait d'avoir lieu, quatre colonnes autrichiennes s'étaient avancées entre l'armée piémontaise et le corps du maréchal Baraguey-d'Hilliers; mais six pièces d'artillerie, habilement dirigées par le général Forgeot, avaient ouvert un feu terrible sur ces colonnes et les avaient forcées à rebrousser chemin dans un desordre complet.
Pendant que le 1er corps était ainsi engagé k Solferino, celui du duc de Magenta s'était déployé dans la plaine de Guiddizzolo, en avant de la ferme de Casa-Morino, et la droite de sa ligne de bataille, qui coupait la route de Mantoue, se dirigeait vers Medole. A neuf heures du matin, il fut attaqué par une forte colonne autrichienne, précédée d'une nombreuse artillerie qui se mit en batterie à environ 1,200 mètres de notre front. Aussiiôt l'artillerie des deux premières divisions du 2° corps s'avança sur la ligne des tirailleurs et ouvrit un feu très -vif contre les Autrichiens, tandis que les batteries à cheval des divisions Desvaux et Partouneaux, se portant rapidement sur la droite, prenaient en écharpe les canons ennemis, qui furent bientôt réduits au silence et forcés de se reporter en arrière. Aussitôt après, ces deux divisions chargèrent les Autrichiens et leur firent 600 prisouniers. A deux heures et demie, Mac-Mahon, qui s'était tenu jusque-là sur la défensive, prit une offensive vigoureuse et donna au général de La Motterouge l'ordre de se porter sur sa gauche, du côté de Solferino, pour enlever San-Cassiano et les autres positions occupées par l'ennemi. Le village, vigoureusement abordé par les tirailleurs algériens et le 458 de ligne et défendu avec une égale opiniâtreté par l'ennemi, fut pris et repris plusieurs fois; mais la brigade Manèque, des voltigeurs de la garde, appuyée par les grenadiers du général Mellinet, étant venue joindre ses efforts à ceux de La Motterouge, afin de se porter de Solferino à Cavriana, les Autrichiens ne purent résister à cette double attaque, et, vers cinq heures du soir, les voltigeurs et les arlilleurs algériens entraient en même temps dans le village de Cavriana. En ce moment, une effroyable tempête se déchaîna sur les deux armées et suspendit la lutte; mais, dès que l'orage eut cessé, nos troupes, reprenant l'œuvre commencée, chassèrent l'ennemi de toutes les positions qu'il occupait sur les hauteurs environnantes, et le canon de la garde changea la retraite des Autrichiens en une déroute. A six heures et demie, l'ennemi se retirait en désordre dans toutes les directions.
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Mais, bien que la victoire fût décidée au centre, la droite et la gauche restaient encore en arrière, bien qu'elles eussent déjà pris une part glorieuse à cette lutte gigantesque. Parties de Carpenedolo à trois heures du matin, les troupes du 4« corps se dirigeaient sur Medole et l'emportaient après une résistance acharnée de la part de l'ennemi, qui laissait entre nos mains deux canons et un grand nombre de prisonniers. La division Vinoy, suivie de la division Luzy, se lança alors dans la plaine de Mantoue, dans la direction d'une maison isolée appelée Casanova, où l'ennemi se trouvait en forces considérables. Là s'engagea une lutte sanglante et meurtrière, surtout pour les Autrichiens, écrasés par le feu de quarante-deux pièces d'artillerie, que dirigeait le général Soleille. Le but du général Niel était de se porter .vers Guiddizzolo dès que Mac-Mahon se serait emparé de Cavriana et de couper ainsi la retraite à l'ennemi. Mais il fallait, pour l'exécution de ce plan, que les troupes du corps de Canrobert vinssent remplacer à Rebecco celles du général de Luzy. Mais on sait que ce corps avait à surveiller les mouvements d'une colonne détachée dont le départ de Mantoue avait été signalé, et cette appréhension paralysa pendantlaplusgraude partie du jour le corps d'armée du maréchal Canrobert, qui ne jugea pas prudent de prêter tout d'abord au 4e corps l'appui que lui demandait le général Niel. (C'est cette circonstance qui amena entre les deux généraux les amères récriminations dont il a été question à cette époque et qui, assure-ton, se seraient terminées par un duel sans l'intervention directe de Napoléon III.) Cependant, vers trois heures, Canrobert, rassuré sur sa droite, envoya au général Niel les divisions Renault et Trochu. Le plan de Niel allait être réalisé complètement, lorsque éclata l'orage qui vint mettre (in àla lutte que le concours du 3" et du 4e corps allait changer en un véritable désastre pour l'ennemi. Le <e corps avait enlevé aux Autrichiens 1 drapeau, 7 canons et leur avait fait 2,000 prisonniers.
De son côté, l'armée de Victor-Emmanuel, placée à notre extrême gauche, avait eu également sa rude et glorieuse journée. Ses quatre divisions rencontrèrent les Autrichiens vers sept heures du matin, entre Pozzolengo et San-Martino, et, assaillies par des forces supérieures, durent, rétrograder sur ce dernier point, où se concentra la lutte. Elle fut terrible. Plusieurs fois les troupes sardes s'éluncerent sous un feu meurtrier à l'assaut des hauteurs occupées par l'ennemi et furent repoussées après avoir fait des proiliges de valeur. A cinq heures du soir, tien ne semblait encore décidé. C'est alors que la brigade d'Aoste, de la division Fanti, ainsi que la division Pignerol, soutenues par une forte artillerie, réussirent enfin à s'établir sur les hauteurs, où vingt-quatre pièces de canon ne tardèrent pas à vomir la mitraille sur les Autrichiens. Vainement les Autrichiens cherchèrent à les enlever; deux brillantes charges de la cavalerie du roi les dispersèrent, et les troupes sardes restèrent enfin maîtresses des formidables positions que l'ennemi avait défendues pendant une journée entière avec tant d'acharnement. D'un autre côté, la division Durando, qui était aux prises depuis cinq heures du matin avec les Autrichiens, était enfin parvenue à se frayer un passage et rejoignait le reste de l'armée k San-Martino , mais lorsque celle-ci était déjà maîtresse de toutes les positions de l'ennemi. Partout la victoire était complète.
Les pertes de l'armée française dans cette journée célèbre s'élevaient au chiffre de 12,000 hommes de troupes tués ou blessés et de 720 officiers hors de combat, dont 150 tués. Parmi les blessés, on comptait les généraux de Ladmiraùlt, Forey, Auger, Dieu et Douay ; 7 colonels et 6 lieutenants-colonels avaient été tués.
Les pertes de l'armée sarde furent également considérables : 49 officiers tués, 167 blessés , 642 sous - officiers et soldats tués, 3,405 blessés, 1,258 hommes disparus; total, 5,525 manquant à l'appel. Cinq pièces de canon étaient restées aux mains de l'armée du roi comme trophée de cette sanglante victoire, remportée contre un ennemi supérieur en nombre, dont les forces ne s'élevaient pas à moins de 12 brigades. Quant à l'armée autrichienne, elle dut être cruellement éprouvée, à en juger par la multitude de morts et de blessés qu'elle abandonnait sur toute l'étendue de ce vaste champ de bataille, qui n'avait pas moins de 5 lieues de front; de plus, elle laissait entre nos mains 30 pièces de canon , un grand nombre de caissons, 4 drapeaux et 6,000 prisonniers,
A neuf heures du soir, on entendait encore dans le lointain le grondement du canon, qui précipitait la retraite de l'ennemi. Le fruit immédiat de notre victoire de Solferino était l'abandon par l'ennemi de toutes les positions qu'il avait préparées sur la rive droite du Mincio pour nous en disputer les approches. Elle devait amener les préliminaires de paix de Villafranca.
Solferino (PONT DE). V. PARIS.
SOLFIATION s. f. (sol-fl-a-si-on — rad.
solfier). Action de solfier : La solfiation d'une cavatine.
SOLFIÉ, ÉE (sol-fl-é) part, passé du v. Sol-
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fier. Se dit d'un morceau de musique que l'on exécute en prononçant seulement le nom des notes : Air bien solfié. Morceaux solfiés couramment.
SOLFIER v. a. ou tr. (sol-fi-é. — V. SOLFÈGE. Prend deux « de suite aux deux prem. pers. plue, de l'imp. de l'indic. et du subj. prés. : Nous solfiions, que vous solfiiez). Chanter un morceau de musique quelconque en prononçant seulement le nom des notes ; Solfier un air. (A Cad.)
— Absol. : Il solfie déjà couramment. Elle ne fait encore que solfikr. (Acad.) On peut être sensible aux beautés et aux défauts de l'expression musicale sans avoir appris à solfier. (Marmont.)
— Loc. prov. et fam. Chanter sans solfier, Jeter des cris sous l'influence d'un mauvais traitement : Otez-vous de devant mes yeux, de peur que je ne vous fasse chanter sans solfier. (Le Sage.)
— Encycl. Lorsqu'un chanteur, quelque habile qu'il soit, se trouve obligé, en présence d'un morceau difficile qu'il lit pour la première fois, de lire tout d'abord les notes en les nommant, sans y joindre les paroles, ce qui exige une doubla opération de l'esprit, il ne chante plus, au point de vue théorique, il solfie. <■ Cet exercice, comme l'a dit Castil • Blaze, est celui par lequel on fait toujours commencer ceux qui apprennent la musique, afin que l'idée de ces différentes syllabes (les syllabes de la gamme), s'unissant, dans leur esprit, à celle des intervalles qui s'y rapportent, ces syllabes leur aident à se rappeler ces intervalles. »
En réalité, solfier, dans son sens primitif, restreint, absolu, signifie, ainsi que nous l'avons dit, nommer les notes en leur donnant l'intonation qui leur est propre. Mais on étend la signification du mot, et on lui fait signifier aujourd'hui : mettre en pratique et bien connaître tous les principes du solfège, c'està-dire la tonalité, la mesure, le rhylhme,etc. On dit d'un élève, qu'il solfie bien , lorsqu'il connaît tous ces principes et sait lire couramment la musique. En un mot, solfier, dont la signification restreinte était synonyme d'épeler, est devenu synonyme de lire. La différence est facile a saisir.
Tous les peuples qui possèdent un système musical solfient, naturellement, et les Grecs, dont le système était divisé par tétracordes, ou séries de quatre sons, avaient aussi quatre syllabes affectées à la dénomination des notes, syllabes qui se répétaient, par conséquent, de quatre en quatre, comme les nôtres se répètent de sept en sept, suivant la constitution de la gamme moderne. Ces quatre syllabes étaient les suivantes : té, ta, thé, tho.
Se solfier v. pr. Etre solfié : Cet air doit SB solfier avec plus d'expression.
SOLGER (Adam-Rodolphe), premier pasteur luthérien à Nuremberg et savant littérateur. 11 possédait une bibliothèque remarquable, qui fut achetée en 1766 par le sénat et réunie à celle de la ville de Nuremberg.
SOLGER ( Charles-Guillaume-Ferdinand ), philosophe allemand, né à Schwedt en 1780, mort en 1819. Il étudia d'abord le droit à l'université de Halle, passa en 1801 à celle d'Iéna, où il suivit les cours de Schelling, et, après avoir visité la Franco et la Suisse, obtint au bureau de la guerre et des domaines à Berlin un emploi qui lui laissa des loisirs suffisants pour qu'il pût continuer ses études philosophiques et suivre les cours de Fichte Sur les théories scientifiques. Plus tard, il fut charge d'une chaire k l'université de Francfort-sur-1'Oder, d'où il passa à celle de Berlin, lorsque la première eut été transférée à Breslau. Solger appartient à l'école philosophique de l'identité, dont il fut, à son époque l'un des représentants les plus remarquables. On cite parmi ses ouvrages : Erwin , quatre dialogues sur le beau et sur l'art (Berlin, 1815, 2 vol.); Dialogues philosophiques (Berlin, 1817); Leçons sur t' esthétique, publiées par Heyse (Berlin, 1829), etc. Ses JScriis posthumes et sa correspondance, que publièrent Tieck et Frédéric de Kaumer (Leipzig, 1826, 2 vol.), attestent la multitude de ses connaissances ainsi que la profondeur et la clarté de son esprit. Il se rapproche beaucoup d'Hegel au point de vue des idées spéculatives, pour 1 exposé desquelles il préférait à toute autre la forme du dialogue philosophique inaugurée par Platon. On lui doit aussi une excellente traduction de Sophocle (Berlin, 1808, 2 vol.; 1824, 2« edit.).
SOLHACs. m. (so-lak — nom russe). Main m. Un des noms de l'antilope saïga.
SOLI (Joseph-Marie), architecte et peintre italien, né à Vignola en 1745, mort en 1822. Il fit de brillantes études à l'Académie de Bologne et les continua à Rome. De retour à Modène en 1784, il fut chargé d'organiser une Académie des beaux-arts, dont il fut nommé maître et directeur. En 1821, il obtint sa retraite. Il avait étudié la peinture à Rome sous Bottoni, et il peignit des paysages, des vues de monuments , etc. Mais il est moins renommé comme peintre que comme architecte. Dans l'histoire de l'architecture, il occupe une place importante et il est considéré comme le restaurateur du bon goût eu Italie. Ses principaux travaux architecturaux sont : l'Eglise de Carboniano , près de
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Rome; le Palais Bellucci, à. Vignola; le Pont sur le Panaro, entre Modène et Bologne; trois Façades et deux Escaliers du palais ducal de Modène; un Hôpital et un Cimetière àCento; le Pont sur lefieno, près de la même ville ; le Pont sur le Rubicon, à Rimini; des établissements pour les gens attachés au service de la cour de Modène. Soli a publié une étude sur les voûtes en bois, imprimée à la suite du Monnaie di architettura de Branca (Modène, 1789, in-8°).
SOL1CITOR s. m. (sô-li-ci-tor). En Angleterre, Avoué, agent du contentieux dans une administration publique ou privée. Il Solicitor gênerai, Procureur général de second rang.
— Encycl. Le solicitor ou attorney remplit en Angleterre à peu près le même office que nos avoués près les tribunaux civils et les cours d'appel. Ces deux dénominations de solicitor et d attorney sont équivalentes et désignent la même fonction ; l'une ou l'autre seulement est plus particulièrement en usage devant telle ou telle cour d'Angleterre. En tout cas, qu'il s'agisse d'une affaire portée à la cour des plaids communs, à la cour du banc du roi, à celle de la chancellerie ou à celle de l'échiquier, les solicitors ou attorneys sont, de même que les avoués en France, des procuratores ad lites chargés de représenter les parties en justice, de conclure pour elles et de requérir jugement en leur nom. Il existe néanmoins entre les solicitors devant les diverses juridictions anglaises et les officiers ministériels qui remplissent chez nous une fonction analogue des différences saillantes, qui tiennent à la différence des institutions judiciaires des deux pays et que nous allons rapidement indiquer ici.
D'abord, l'avoué, dans notre procédure, est un intermédiaire ou mandataire obligé. Il n'est pas loisible au plaideur de se passer de son ministère devant les juridictions civiles et d'y défendre lui-même ses intérêts sans l'assistance de l'officier ministériel. La loi française présume que la partie plaiderait dans sa propre cause avec une passion qui pourrait lui faire oublier les convenances, ou avec trop peu de lumières ou de connaissances techniques du droit pour se défendre utilement. Nous n'avons pas ici à juger de l'utilité de l'officier ministériel qu'on nomme avoué, pas plus que de la valeur des raisons exposées par ceux qui le considèrent comme indispensable. Nous exposons. Or donc, la loi française traite les citoyens comme des mineurs, les suppose incapables de faire euxmêmes leurs affaires et les pourvoit d'un tuteur, d'un conseil officiel en toute rencontre. La loi anglaise est plus virile, elle traite les hommes en hommes. Le ministère du solicitor est purement facultatif devant les différentes juridictions d'Angleterre. Tout plaideur peut s'y défendre lui-même ; mais il peut aussi s'y faire représenter par un solicitor; c'est une faculté, ce n'est pas une obligation. Cette faculté de plaider par procureur n'existe d'ailleurs en Angleterre que pour les procès où il s'agit exclusivement de droit ou d'intérêts privés, de questions de propriété ou de questions de créance, par exemple. Dans les matières criminelles, l'accusé doit comparaître en personne et ne peut se faire représenter par un mandataire, sauf son droit d'être assisté d'un conseil. Même dans les matières de plaids communs, c'est-à-dire dans les procès où il ne s'agit que d'intérêts privés, Blackstone cite un cas où, selon les statuts anglais, la partie doit comparaître à la barre de sa personne et où il lui est interdit de se faire représenter par un solicitor; c'est le cas où le plaideur est personnellement atteint d'imbécillité ou d'idiotisme. Il semblerait à première vue que, dans une semblable situation, il a besoin plus que personne d'un procureur expérimenté. La loi anglaise en a jugé autrement, et par des raisons en vérité pleines de sagesse. Blackstone fait remarquer que l'homme en état de démence ou d'idiotisme n'est point en état de faire avec discernement le choix d'un mandataire éclairé et probe. La loi anglaise exige qu'il compuraisse en personne, et elle impose aux juges eux-inémes le devoir de rechercher avec sollicitude dans les éléments de la cause tout ce qui peut plaider en faveur de la partie qui se trouve dans cette condition exceptionnelle. (Blackstone, Commentaire des lois anglaises, liv. III, ch. m.)
On sait que nos avoués sont propriétaires de leur office; les charges ministérielles se vendent et s'achètent chez nous comme toute autre propriété mobilière ou immobilière, sauf toutetois, pour l'acquéreur du titre, l'obligation de remplir certaines conditions d'aptitude et de moralité que la loi détermine, et de recevoir du chef de l'Etat l'investiture de sa fonction. On ne rencontre rien de semblable dans les institutions judiciaires anglaises. Les offices mini.-ieriels, pas plus que les offices de judicature, ne sont et n'ont jamais été choses Vénales en Angleterre. Le solicitor n'est point fonctionnaire et ne porte aucune attache officielle-, il est simplement reçu et admis au tableau près la cour devant laquelle il exerce, après vérification de sa capacité et de sa moralité par des magistrats de cette cour.
Il reste à noter une dernière différence entre les solicitors anglais et les avoués près nos tribunaux et nos cours de France : ceux-
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ci, comme du reste toutes nos compagnies d'officiers ministériels, sont soumis à la juridiction d'une chambre de discipline, dont les membres sont annuellement élus par eux.
La juridiction disciplinaire est un tribunal d'honneur; c'est une censure exercée sur l'officier ministériel par ses pairs, censure dont l'objet est de maintenir la considération du corps en réprimant tout écart qui, ne tombant pas sous l'application de la loi commune, serait toutefois de nature à compromettre la dignité professionnelle. Les solicitors anglais ne sont soumis qu'à la censure des magistrats de la cour; ils n'ont pas de chambre de discipline dont les membres soient élus dans le sein de leur compagnie. C'est certainement une infériorité. Il n'y a pas d'honorabilité corporative et pour ainsi dire professionnelle chez les solicitors anglais; l'honorabilité y est purement personnelle.
SOLIDAGE s. £ (so-li-da-je — du lat. solidare, consolider, par allus. à ses propriétés vulnéraires). Bot. Genre de plantes, de la famille des composées, tribu des astérées, comprenant environ cent trente espèces, répandues dans l'hémisphère nord, et surtout en Amérique : La solidagk verge d'or est amère et astringente. (P. Duchartre.)
— Encycl. Les solidages sont des plantes herbacées, sous-frutescentes à la base, plus rarement des arbrisseaux, à feuilles alternes, sessiles, entières ou dentées, à fleurs jaunes, groupées en capitules qui forment par leur réunion des cymes ou des grappes terminales. Ce genre renferme un grand nombre d'espèces, dont la plupart croissent dans l'Amérique du Nord ; elles sont souvent difficiles à distinguer entre elles. Plusieurs sont cultivées dans nos jardins, où elles produisent beaucoup d'effet par leurs fleurs jaunes, mais de peu de durée. Elles sont souvent confondues sous le nom vulgaire de verge d'or. L'espèce type croît en Europe ; elle a été employée en médecine comme amère, astringente, sudorifiqueet vulnéraire. La solidage odorante croit aux Etats-Unis, où elle est fréquememnt usitée comme astringente, surtout contre la dyssenterie.
SOLIDAGINÉ, ÉE adj. (so-li-da-ji-né — rad. solidage). Bot. Qui ressemble ou qui se rapporte à la solidage.
— s. f. pi. Section de la tribu des astérées, dans la famille des composées, ayant pour type le genre solidage.
SOLIDAGO s. m. (so-li-da-go). Bot. Nom latin du genre solidage.
SOLIDAIRE adj. (so-li-dè-re — du lat. solidus, solide). Jurispr. Qui fait que, de plusieurs personnes, chacune est obligée directement au payement de la somme totale : Cette obligation est solidaire. Avoir action solidaire contre quelqu'un. (Acad.) Il En parlant des personnes, Qui est obligé solidairement : Il est solidaire. Des débiteurs solidaires. Le mari est solidaire des actes de sa femme.
— Fig. Se dit des personnes qui répondent en quelque sorte les unes des autres : Nous sommes solidaires ; les torts de l'un de nous retombent sur tous les autres. (Acad.) Désormais les peuples sont solidaires aussi bien que les continents. (Elisée Reclus.) Les femmes se croient solidaires en amour et ne s'abandonnent jamais. (Balz.) Nous sommes tous solidaires dans les destins de l'humanité. (Lamenn.) Tous les peuples sont solidaires devant le. pouvoir. (E. de Gir.) Il Responsable : Il n'était pas rare que le même ministre se trouvât solidaire des mesures les plus contradictoires. (D. Stern.) [1 Se dit de même en particulier des choses : Il ne faut pas rendre la vérité solidaire de ce qui est le produit de l'erreur. (E. Chevreul.) Toutes les bonnes choses sont solidaires. (Renan.) Chaque siècle est solidaire de ceux qui le précèdent et engage la solidarité de ceux qui te suivent. (Michel Chevalier.) La liberté et la justice sont solidaires. (Michel Chevalier.)
SOLIDAIREMENT adv. (so-li-dè-re-man
— rad. solidaire). Jurispr. D'une manière solidaire; tous ensemble et chacun pour tous : Ils se sont engagés solidairement.
SOLIDARISER v. a. ou tr. (so-li-da-ri-zé
— rad. solidaire). Rendre solidaire : On devrait solidariser tous les notaires de chaque arrondissement. (Legoarant.)
— Fig. Rendre responsable, eu égard aux actes : On peut solidariser l'homme jusqu'au point de lui ôter tout mouvement propre qui ne soit point un reflet des mouvements extérieurs. (C. Renouvier.)
Se solidariser v. pr. S'unir mutuellement par des actes de solidarité : Le but des ouvriers doit être de se solidariser.
SOLIDARITÉ s. f. (so-li-da-ri-té — rad.
solidaire). Etat de deux ou plusieurs personnes obligées les unes pour les autres, et chacune pour toutes : La solidarité ne Se présume pas, elle doit être stipulée expressément. (Acad.) Il Droit que chacun d'entre plusieurs créanciers a de réclamer seul la totalité de ce qui est dû à tous.
■ — Responsabilité, dépendance mutuelle qui s'établit entre deux ou plusieurs personnes : Il y a une grande lui de solidarité pour la race humaine dans le progrès comme dans la détérioration. (F. Bastiat.) La société tout
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entière n'est qu'un ensemble de solidarités qui se croisent. (F. Bastiat.) La solidarité ou l'association intelligente des intérétsest l'unique planche de salut pour l'homme et pour ta bêle. (Toussenel.) J'affirme le droit; je confesse le devoir; je veux la justice ; je crois à lu solidarité. (Ch. Fauvety.) La diversité des organisations est une preuve de ta solidarité qui unit tous les hommes. (T. Thoré.) Le caractère fondamental de l'associatian est la solidarité. (Proudh.) La solidarité n'existe point ailleurs que dans l'espèce humaine. (Vinet.) Le respect et la solidarité dans la famille sont nécessaires. (G. Sand.) Il g a entre tous les hommes solidarité, responsabilité et réversibilité mutuelles. (Guéroult.) Une invincible solidarité, dans le bien comme dans le mal. s'est établie entre toutes les classes. (Guéroult.) Séparée de la responsabilité, la solidarité est antipathique d la liberté. (Mieh. Chev.) Une étroite solidarité des âmes devrait être l'idéal envié du mariage. (L. Ulbacb.) La solidarité, c'est la fraternité. (E. de Gir.) Le crédit, c'est la solidarité. (E. de Gir.)
— Lien mutuel entre deux ou plusieurs choses dépendantes l'une de l'autre : La solidarité démontrée de la chaleur et du mouvement a fait conclure à leur identité.
— Hist. Solidarisé républicaine, Association politique fondée en 1848.
— Physiol. Solidarité organique, Relation qui existe entre les fonctions d'organes différents.
— Encycl. Législ. Solidarité entre créanciers. En principe, lorsqu'une personne s'oblige envers plusieurs créanciers, il se forme autant de créances qu'il y a de personnes. J'ai besoin de 12,000 francs; Priiuus, Secundus et Tertius se réunissent pour me les prêter et par un même acte ils me font un prêt de 12,000 francs. Si nous n'ajoutons rien, il y a trois créances et trois créanciers. Je dois à chacun d'eux 4,000 francs. Tel est le droit commun. Mais la loi permet d'y déroger par une clause expresse. Les créanciers peuvent s'associer, réunir leurs créances en une seule et se donner mandat de recevoir le payement de la créance commune et de faire tous les actes nécessaires à l'amélioration etk la conservation de leur créance. Ils peuvent, en un mot, stipuler la solidarité. Ainsi l'obligation est solidaire entre créanciers lorsque, d'après le titre constitutif, chacun d'eux est à considérer, dans ses rapports avec le débiteur, comme seul créancier pour toute la dette.
Article 1197 : ■ L'obligation est solidaire entre plusieurs créanciers lorsque le titre donne expressément à chacun d'eux le droit de demander le payement total de la créance et que le payement fait à l'un d'eux litière le débiteur, encore que le bénéfice de l'obligation soit partageable et divisible entre les divers créanciers. » Quel est l'effet de cette solidarité entre créanciers? En pure théorie, chaque créancier solidaire devrait, dans ses rapports avec le débiteur, être considéré comme seul et unique créancier. De ce principe nous tirerions la conséquence suivante, que chaque créancier aurait le droit de disposer seul de la créance et que l'obligation éteinte à sou égard par un mode quelconque d'extinction serait éteinte à l'égard de tous les autres. Cette conséquence, qu'avait admise le droit romain, a été rejetée par notre code. D'après les dispositions du code civil, les créanciers solidaires sont présumés s'être associés pour le bénéfice de la créance ; et par suite de cette présomption, ils ne peuvent pas disposer individuellement de la totalité de la créance; ils n'ont pas le droit de poursuivre et de recevoir le payement de ce qui dans la créance excède leur part. Quant a leur part, ils peuvent en disposer comme ils l'entendent.
Article 1198 : ■ Il est au choix du débiteur de payer à l'un ou à l'autre des créancier», tant qu'il n'a pas été prévenu par les poursuites de l'un d'eux. Néanmoins, la remise qui est faite par un des créanciers solidaires ne libère le débiteur que pour la part de ce créancier. » Ainsi le débiteur, tant qu'il n'a pas été mis en demeure, peut payer a celui des créanciers solidaires qu'il a choisi.
Article 1199 : « Tout acte qui interrompt la prescription à l'égard d'un des créanciers solidaires profite aux autres créanciers. • En i ésumô, quand il y a solidarité entre créanciers, chacun d'eux est réputé avoir reçu mandat pour recevoir le payement et en donner valable quittance, pour faire tous les actes d'amélioration et de conservation de la créance commune. Quant aux actes qui pourraient nuire aux autres créanciers, ils sont considérés comme non avenus k leur égard. C'est ainsi que la remise de la dette faite par un créancier solidaire ne libère le débiteur que jusqu'à concurrence de la part du créancier qui l'a faite.
— Solidarité entre débiteurs. Article 1200 : i II y a solidarité de la part des débiteurs lorsqu'ils sont obligés k une même chose, de manière quechacun puisse être contraint pour la totalité et que le paiement l'ait par un aeul libère les autres envers le créancier. ■ Ainsi l'obligation est solidaire entre débiteurs lorsque, d'après le titre qui la constitue, chacun est à considérer, dans ses rapports avec le créancier, comme débiteur de l'intégralité de la prestation ; c'est-à-dire, lorsque chaque débiteur se trouve obligé in totum et totaii-
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tet , comme s'il 4 tait seul débiteur. De là, trois conséquences : 10 chaque débiteur doit la totalité de la dette ; 8» la créance n'est due qu'une fois, una tamen res debetur ; 3° entro eux, les débiteurs ont des relations de mandat, et celui qui a payé a un recours contre ses codébiteurs. Dans quels easexiste-t-elle? Aux termes de l'article 1202, la solidarité entre débiteurs peut exister, soit en vertu d'une convention ou d'un acte de dernière volonté, soit de la loi. Quand la solidarité est contractuelle, il faut qu'elle soit expressément stipulée.
L'article 1202 dit, en effet : • La solidarité ne se présume pas, il faut qu'elle soit expressément stipulée. • La solidarité est légale •juand la loi la proclame elle-même, ce qu'elle ait dans des textes nombreux, et notamment dans les articles 395, 396, 1033, 1442, 1887, 2002 du code civil; dans les articles 20, 24, 140, 187 du code de commerce et dans l'article 55 du code pénal. La solidarité qui procède de la loi a-t-elle le même caractère que celle qui a son origine dans la convention des parties ; ou bien faut-il faire quelques différences entre la solidarité légale et la solidarité conventionnelle? Quand la solidarité est conventionnelle, elle est toujours parfaite, c'est-à-dire qu'elle procure au créancier de nombreux avantages; elle lui donne le droit : 1° de poursuivre pour ie tout chacun des débiteurs; 2» d'interrompre la prescription à l'égard de tous; 3° de les mettre tous en demeure; 40 de faire courir les intérêts contre tous par des poursuites dirigées contre l'un d'eux seulement; 50 de demander la valeur de la chose qui a péri par la faute de l'un d'eux, non-seulement au débiteur qui est eu faute, mais encore à ceux qui n'y sont pas. Quand la solidarité est légale, quand elle est prononcée par un texte de loi, elle est tantôt parfaite, tantôt imparfaite. Avant d'indiquer dans quels cas la solidarité légale est piirfaite, dans quels cas elle est imparfaite, disons quelles différences il y a entre la solidarité parfaite et la solidarité imparfaite. Nous avons déjà ènuméré les avantages que procure la première aux créanciers. La solidarité imparfaite donne au créancier seulement le droit de poursuivre contre chaque codébiteur le payement intégral de lu dette; mais là s'arrête sou droit. Il n'existe, en effet, aucun lien, aucune association entre les codébiteurs o^ui ne sont tenus que d'une solidarité imparfaite; ils ne sont point mandataires ou représentants les uns des autres, ni à l'effet de recevoir les poursuites du créancier, ni à l'effet de perpétuer l'obligation. De là il résulte : 1» que la prescription interrompue contre un débiteur n'est pas interrompue par rapport aux autres débiteurs ; 20 que la sommation ou tout autre acte équivalent qui met un débiteur en demeure est sans effet à l'égard des autres; 3° que la demande en justice ne fait courir les intérêts qu'à l'égard du débiteur actionné; 4" enfin que, si la chose périt par la faute de l'un d'eux, les autres sont libérés. Telles sont les différences nombreuses et importantes qui séparent la solidarité parfaite de la solidarité imparfaite. En -quels cas la solidarité légale est-elle parfaite? En quels cas est-elle imparfaite? Elle est partaite quand elle existe entre plusieurs personnes unies par un intérêt commun, qui ont entre elles des rapports fréquents, qui se connaissent; en un moi, quand les dispositions de la loi qui la prononcent ne sont en réalité que déclaratives de la volonté des parties. Nous citerons à titre d'exemptes : les dispositions qui établissent la solidarité entre plusieurs commodataires conjoints, entre les associés en soin collectif, entre les souscripteurs, donneurs d'aval et endosseurs d'une lettre de change ou d'un billet à ordre. Elle est imparfaite, an contraire, quand la loi l'établit entre personnes qui ne se connaissent point, qui n'ont entre elles que des rapports fort rares. Ainsi la solidarité établie par les articles 1442, 1734, du code civil et. par l'article 55 du code pénal est une solidarité imparfaite.
— Effets de la solidarité dans les rapports du créancier avec les débiteurs. Article 1203 : • Le créancier d'une obligation solidaire peut s'adresser à celui des débiteurs qu'il veut choisir sans que celui-ci puisse opposer le bénéfice de division. ■ La règle de cet article se comprend fort bien ; le but qu'a voulu atteindre ie créancier en stipulant \a solidarité, c'est de ne pouvoir être repoussé quand il demanderait à un débiteur la totalité de la dette.
Article 1204 : < Les poursuites faites cou tre l'un des débiteurs n'empêchent pas te créancier d'en exercer de pareilles contre les autres. » L'obligation solidaire, quoique se décomposant en autant de liens juridiques qu'il y a de débiteurs, est cependant une quant, k la prestation qui en forme l'objet. De là il résulte que le payement fait par l'un des codébiteurs solidaires libère les autres; article 1200, que la perte de ta chose due, arrivée par cas fortuit et avant toute mise en demeure, éteint la dette erga omnes debitores; que ta novution ou la remise volontaire de la dette, fuite sans réserves delà part du créancier, produit le même effet, encore que le créancier n'ait traité qu'avec un seul des débiteurs. Les débiteurs solidaires, avons- nous dit en commençant, sont considérés comme « représentant les uns les autres, dans l'in-
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térét du créancier, pour tout ce qui est relatif à la conservation de ses droits. 11 suit de ce principe : 1° que les poursuites dirigées contre l'un des débiteurs ou sa reconnaissance de la dette interrompent la prescription à l'égard de tous, article 1206 et 2249, 1er alinéa; 2° que la mise en demeure de l'un des débiteurs produit son effet à l'égard des autres, ad perpetuandam obtigaiianem ; si la chose qui forme l'objet de l'obligation vient à périr, quoique par cas fortuit, mais après celte mise en demeure, tous les débiteurs restent obligés au payement de cette chose, article 1205 ; 30 que la faute de l'un des débiteurs perpétue l'obligation à l'égard de tous. Le principe de la représentation des débiteurs solidaires ne s'étend pas aux faits et actes qui auraient pour résultat soit de créer de nouvelles obligations, soit de détériorer leur condition, telle que l'a faite l'acte constitutif de l'engagement. C'est ainsi qu'aux termes de l'article 1205 les dommages-intérêts dus à raison de la perte de la chose, arrivée par la faute de l'un des débiteurs ou après sa mise en demeure, ne peuvent être réclamés contre les autres.
— Effets de la solidarité dans les rapports des codébiteurs entre eux. Ces effets sont écrits dans les articles 1213, 1214, 1215.
Article 1213 : ■ L'obligation contractée solidairement envers le créancier se divise de plein droit entre les débiteurs, qui n'en sont tenus entre eux que chacun pour sa part et portion. » La dette se divise donc au prorata de l'intérêt de chaque codébiteur dans l'objet à raison duquel l'obligation a été contractée ; cet intérêt étant, jusqu'à preuve contraire, présumé égal, la division s'opère par portions viriles.
Article 12^4 : • Le codébiteur d'une dette solidaire qui l'a payée en entier ne peut répéter contre les autres que la part et portion de chacun. Si l'un d'eux se trouve insolvable, la perte qu'occasionne son insolvabilité se répartit pur contribution entre tous les autres codébiteurs solvableset celui qui a fait le payement.» Ainsi, aux termes de cet article, le codébiteur qui a payé toute la dette a un recours contre chacun de ses codébiteurs pour rentrer dans l'excédant qu'il a payé. Ce recours, il peut l'exercer tant au moyen de l'action mandali ou negotiorum gestorum qu'en vertu de la subrogation légale aux droits et actions du créancier. Il est autorisé à réclamer, quand il agit par l'action mandati, tout ce qu'il a payé au créancier en capital, intérêts et frais au delà de sa part dans la dette et les intérêts de cet excédant, que la créance soit ou non productive d'intérêts. Cela résulte des articles 2001 et 2028. S'il invoque la subrogation, il ne peut réclamer que ce que le créancier était autorisé à demander. Le codébiteur solidaire qui a payé la dette entière ue peut, qu'il agisse par l'action mandali ou en vertu de la subrogation, exercer son recours contre ses codébiteurs que dans la proportion de la part pour laquelle chacun d'eux doit contribuer à la dette commune.. Si l'un des codébiteurs est devenu insolvable, la perte se répartit proportionnellement entre le débiteur qui a fait le payement et Tes codébiteurs solvables.
Article 1215 ; • Dans le cas où le créancier a renoncé à l'action solidaire envers l'un des débiteurs, si l'un ou plusieurs des autres codébiteurs deviennent insolvables, la portion des insolvables sera contributoirement répartie entre tous les débiteurs, même entre ceux firécédemmeut déchargés de la solidarité par e créancier. ■ Enfin, s'il est justifié que la dette n'avait été contractée que dans l'intérêt d'un seul débiteur, les autres ne sont considérés par rapport à lui que comme ses cautions.
— Hist. Solidarité républicaine. Sous ce titre, une association fut fondée en octobre et novembre 1848, à Paris et dans les départements. Son but avoué était d'amener par tous les moyens légaux le maintien du gouvernement républicain, déjà menacé par la ligue des partis monarchiques. MM. Ledru- Rollin, Martin Bernard, Charles Delescluze, Mule, Ganibon, Sarrut, Ribeyrolles étaient les principaux chefs de cette société, qui fonctionna d'abord librement.
Le comité central de la Solidarité républicaine avait son siège à Paris. Il était administré par un conseil général composé de soixante-dix membres, choisis parmi les fondateurs, et par un bureau de permanence de trois membres, pris chaque semaine, au sort, dans le sein du conseil général. Dans les départements, il devait être formé, sous le nom de comité de département, d'arrondissement et de canton, autant de succursales qu'il y avait en France de circonscriptions administratives. Les comités de canton correspondaient avec les comités d'arrondissement; ceux-ci avec les comités de département, et ces derniers étaient seuls en rapport avec le comité central de Paris. Les membres de l'association payaient une cotisation annuelle du 4 francs, applicable pour moitié à la caisse du comité central. Ce comité, qui dirigeait l'action des comités de département, avait aussi la nomination des membres des bureaux des succursales. Tous les trois mois, les comités" de département, après avoir recueilli l'avis des comités d'arrondissement et de canton, devaient adresser au comité central des renseignements précis sur les besoins et les dispositions des populations, sur la cou-
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duite des fonctionnaires, sur les manoeuvres des partis, enliû sur tout ce qui pouvait éclairer l'action du comité central et intéresser la cause républicaine.
Une circulaire qui figure dans les procès intentés à cette association disait ■ que la Solidarité républicaine était créée dans le but de réunir en faisceau tous les éléments épars de l'opinion démocratique, de leur donner une direction unitaire et de constituer sur des bases durables le grand parti de la république démocratique et sociale. • Dans une des instructions particulières saisies, on lisait le passage suivant : • Ce qui manquait au parti, c'était l'organisation; à l'œuvre, la puissance de la démocratie sera irrésistible lorsque nous aurons relié entre elles toutes nos forces et que nous les emploierons en commun contre les ennemis de la révolution... Nous avons été forts, alors que l'unité et la direction nous manquaient; quand nous agirons avec ensemble, nous serons irrésistibles... Les moments sont précieux; courage l... Nos ennemis veillent; redoublons d'efforts; les événements sont graves et se précipitent avec une rapidité effrayante, nous ne devons pas nous laisser surprendre par eux... Il est temps d'agir. Unissons-nous, serrons nos rangs, et que la réaction qui
frandit et nous menace nous trouve en face 'elle prêts à la terrasser. » D'autres passages d'une lettre de M. Delescluze sont plus explicites encore : « ... Nous pensons que les difficultés financières appelleront très-prochainement la réalisation de nos doctrines et l'avènement des hommes qui les représentent ; il n'est que trop vrai, la bataille peut se présenter demain pour nous et il est important que la victoire ne nous prenne pas au dépourvu. .A nos yeux, la Solidarité doit nous mettre k même d'organiser dès à présent le gouvernement révolutionnaire... Par elle, nous arriverons facilement à connaître les citoyens auxquels il est permis de se lier dans les départements...
• ... Voici comment nous comptons opérer. Après une révolution nouvelle, promulguer la déclaration des droits et la constitution de 1793 légèrement modifiée. Provisoirement, une dictature révolutionnaire, résumée dans un comité de salut public et s'appuyant sur un comité consultatif, composé d'un délégué de chaque département. Les listes de IaSo- Udarite compléteraient l'organisation politique et des décrets suffiraient pour donner à la révolution toute la force dont elle a besoin. Tout cela se fait ou se prépare, a
Les partis réactionnaires coalisés derrière Louis-Napoléon comprirent l'immense danger de cette association qui eût rendu toute restauration monarchique impossible et eût à tout jamais fondé la république en France. Aussi, après les élections à la présidence, dès le 12 décembre, le nouveau gouvernement s'empressa de faire fermer à Paris le local où les membres de la Solidarité républicaine tenaient leurs réunions. Une circulaire de M. Léon Faucher, ministre de l'intérieur, prescrivit au préfet les mesures les plus rigoureuses contre l'association. Les poursuites eurent lieu à Paris et dans plusieurs départements. Quelques tribunaux jugèrent que l'association était publique et parfaitement légale. Mais la cour de cassation, par un arrêt du 13 décembre 1849, attribua à la Solidarité républicaine le caractère de société secrète.
SOLIDE adj. {so-li-de — latin solidus; de solum, sol. Comparez en grec empedon, solide, de pedon, sol, terre). Qui a de la consistance, dont les diverses parties sont trèsadhérentes entre elles, de façon que l'action exercée sur les unes se communique aux autres : Les corps solides et les corps fluides. D'immenses déchirures ont èventré l'écorce soude de notre globe. (L. Figuier.)
— Se dit des aliments qui ont de la consistance, par opposition aux aliments liquides : On l'a mis aux bouillons, on lui a interdit toute sorte de nourriture solide, fouies sortes d'aliments solidus. (Acad.) Nos aliments so- LtDiiS onf tous besoin d'être liquéfiés uvuut d'être absorbés. (F. Pillon.) Il Nutritif, substantiel : La chair du mouton est plus solide et contient plus de stéarine que celle du bœuf. (L. Cruveilhier.)
— Ferme, capable de résister aux forces qui tendent à détruire, à modifier, à déplacer : Afur solide. Bâtiment solidb. Etoffe solide. L'édifice n'est pas plus solide que le fondement. (Boss.) Le temps sape les plus solides monuments. (A. Fée.) Il Qui ne s'efface pas aisément : Des couleurs solides. Une encre SOLIDE.
— Robuste., fortement constitué : Voilà un solide gaillard, li Fort, vigoure.ux, énergique : Un soude coup de poing. Une soude impulsion.
— Qui est fortement établi, de façon à pouvoir durer, à résister aux accidents : Les fortunes promptes sont les moins solides et les plus suspectes. (Vauven.) Il ne peut y avoir de liaisons soudes qu'entre les gens ratsonnables. (Mme Du Défiant.) Le seul patrimoine soude que le père puisse laisser à ses enfants est te métier qu'il leur aura fait apprendre. (St-Murc Girard.) Pour être solides, les institutions doivent être appuyées sur l'esprit général. (Bignon.)
— Qui a un fondement réel, puissant, sérieux : De solides raisons. Le monde se con-
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naît si peu en vertu solide, que la moindre apparence éblouit sa vue. (Boss.) Ou dit peu de choses solides lorsqu'on cherche à en dire d' extraordinaires. (Vauven.) Ceux qui manquent de manières ont plus besoin de qualités solides, et leur réputation se forme lente~ ment. (Mm« de Lambert.) Tout est également frivole en ce mondé; mais il y a des inutilités qui passent pour solides, et ces inutilités là ne sont pas à négliger. (Volt.) Une liberté discrète et éclairée est le plus solide principe de l'éducation des filles. (P. Janet.) La seule instruction solide est celle que l'élève lire de son propre fonds. (De Gérando. L'instruction de la jeune fille peut et doit être aussi solide que celle de l'homme. (Mme komieu.) Le spectacle du monde est un foyer permanent d'instruction saute et sonna. (V. Cousin.) La solide vertu n'admet pas de faiblesse.
Corneille- Concluons qu'ici-bas le seul honneur solide C'est de prendre toujours la vérité pour guide.
Boileau.
— Qui a un corps, de la consistance ; qui n'est pas creux, vain, léger : Voilà de la bonne peinture, bien franche, bien soude. Il fait des vers un peu durs, mais carrés et solides. Il Dont les œuvres ont le caractère énoncé ci-dessus : Cet écrivain est a la fois solide et élégant.
— Ferme dans ses sentiments ; qui n'est pas sujet à faiblir, à céder, à varier : Vous me paraisse: solide, il me semble qu'on peut se fier à cas paroles. (Mmo de Sév.) Un homme moins solide aurait cru qu'il fallait se hâter de recevoir un honneur qu'on rendait à sa réputation et à sa venu. (Fléch.) Vous me paraissez aussi soude en affaires qu'aimable à souper. (Volt.) Les seuls amis soupes sont ceux qu'on acquiert par des qualités solides. (J.-B. Say.)
Faites choix d'un censeur solide et salutaire, Que la raison conduise et le savoir éclaire.
Boileau.
— Grainm. ar. Noms solides, Noms qui no donnent point naissance à des dérivés.
— Archit. Massif, plein : Tourelle solide-
— Art railic. Qui résiste avec fermeté, qui ne se laisse pas entamer ou ébranler: Un régiment frëi-soLiDE. Des soldats plus impétueux que solides.
— Comm. Dont la situation commerciale est bien établie : Les lettres de change sont endossées par un homme très-soUDE. (Picard.) Prenez garde, le négociant chez lequel vous avez déposé vos économies, on dit qu'il n'est pas très-ijoLiDU. (Scribe.)
— Géom. Angle solide, Angle formé par trois ou plusieurs plans qui se coupent en un même point.
— Entotn. Antennes solides. Celles dont les articles sont soudés de manière à no présenter aucune mobilité.
— Bot. Androphore solide, Celui qui ne présente pas de canal dans son intérieur.
— Hist. Nom donné par Fouquier -Tinville, parmi les jurés du tribunal révolutionnaires, à ceux qui suivaient aveuglément l'impulsion des comités et de l'accusation.
— s. m. Ce qui est solide, assuré, durable; ce qui a une valeur réelle : Chercher le solide. Aller au solide. Attachez-vous au solide. C'est là le solide. (Acad.) Les louanges toutes pures ne mettent pas un homme à son aise, il faut y mêler du solide. (Mol.) Le commun des hommes estime le brillant, et non pas le soude, parce que l'on aime davantage ce qui touche les sens que ce qui instruit la raison. (Mulebr.)
Qu'en savantes lésons votre muse fertile Partout joigne au plaisant le solide et l'utile.
Boileau.
Mon cœur est enflammé, mais il songe au solide', Il languirait bientôt si ma caisse était vide.
Destoucueb.
— Physiq. Corps solide, corps dont ms parties sont unies entre elles d'une façon solidaire : Ce qui caractérise la vieillesse, c'est la prédominance des solides sur les liquides. (F. Pillon.) Les métaux se dilatent plus que le verre, et les liquides beaucoup plus que les solides. Les corps organisés sont composés de solides et de fluides qui exercent tes uns sur les autres une action réciproque. (De Jussieu.)
— Mécan. Corps hypothétique, dont toutes les parties auraient entre elles une adhérence indéfinie, et qui ne serait susceptible d'aucune extension, compression ni flexion, il Solides naturels, Solides tels qu'ils existent dans la nature.
— Géom. Corps, espace défini, limité par des surfaces : La géométrie mesure les solides. (Acad.)
— Encycl. Géom. Mesure des solides. V.