BLANC DE BALEINE
Pressions Points
en atmosphères. de solidification.
29 4SO,3
La possibilité d'abaisser la température d'un liquide au-dessous de son point de solidification s'appelle surfusion. V. ce mot.
— Changements de volume. La plupart des corps, en se solidifiant, diminuent de volume. On a même longtemps cru que ce fait était général. On n'a trouvé, depuis, que six substances y font exception. Ces substances, qui augmentent de volume en se solidifiant, sont : l'eau, la fonte de fer, l'antimoine, l'acide sulfurique combiné avec 3 atomes d'eau, le bismuth et enfin l'alliage formé de 1 partie de plomb, l d'étain, 4 de bismuth.
Tant que domina l'hypothèse qui faisait de la chaleur un véritable fluide matériel, le phénomène de la contraction des corps par la solidification était facile à expliquer. Pour solidifier un corps, disait-on, on le refroidit, c'est-à-dire qu'on retire de sa masse une partie du calorique qui y est contenu. Après ce retrait effectué, les molécules éprouvent évidemment inoins de difficulté pour se rapprocher les unes des autres; elles cèdent à l'influence de la cohésion, qui est moins contre-balancée, et il en résulte forcément que le volume du corps est diminué.
Cette explication devint inadmissible quand furent connues successivement les six exceptions que nous avons citées. Comment comprendre, en effet, qu'un corps puisse augmenter de volume en perdant de la chaleur, si cette chaleur est une substance incorporée à la masse? Cette objection est une de celles qui ont le plus contribué au renversement de l'ancienne théorie du calorique et à son remplacement par celle de la transformation des mouvements moléculaires (v.
thermodynamique). Dans cette dernière théorie, chaque corps est constitué par un arrangement moléculaire particulier ; toute modification a cet arrangement produit en même temps une variation de volume et une variation de température, et, suivant la nature du corps, la variation de volume s'opère en raison directe ou en raison inverse de la variation de température.
Quand un composé Se solidifie, il arrive quelquefois que les divers éléments dont il est formé se comportent isolément de différentes manières. Par exemple, lorsqu'un alliage de plomb et d'étain est formé de 1 atome de plomb et de 3 atomes d'étain, il se solidifie à environ 187°. Mais, s'il est formé en d'autres proportions, il présente deux points de solidification : l'un fixe, à 187° ; l'autre mobile, d'autant plus élevé au-dessus de 187° qu'il y a un plus grand excès de plomb ou d'étain au-dessus de la proportion précitée. Probablement il se forme alors deux alliages distincts, qui restent mélangés jusqu'à ce que le refroidissement en opère la séparation.
Les dissolutions aqueuses, acides ou alcooliques présentent à cet égard des phénomènes variables. Dans la congélation de l'eau de mer et des dissolutions salines très-étendues, il paraît que l'eau de mer seule p;isse à l'état solide. Au contraire, dans la congélation du vin, il se forme des dépôts plus ou moins abondants de bitartrate de potasse, de matière colorante et de matière azotée; puis, vers — 6°, — 8° ou — 10u, il y a congélation partielle ou totale. Dans tous les cas, la glace contient de l'alcool, qui n'est pas seulement interposé; mais combiné, dans une proportion qui s est toujours montrée très-variable.
— Solidification brusque. Quand la solidification s'effectue avec lenteur, les molécules ont le temps de prendre l'arrangement qui convient le mieux à leur équilibre; elles se disposent alors en cristaux qui s'entre-croisent dans tous les sens, de manière k donner à l'ensemble, au corps les meilleures conditions de stabilité. Mais, si la solidification s'opère brusquement, les molécules subissent un arrangement en vertu duquel le corps qu'elles constituent se trouve dans un équilibre moins avantageux, en quelque sorte précaire. Comme exemples, nous citerons les larmes bataviques et la fonte de fer, dont les propriétés singulières sont exposées aux articles inscrits sous ces mots. Nous citerons, eu outre, la trempe de l'acier.
— Solidification des gaz. Un certain nom-
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bre de gaz ont pu être liquéfiés; quelquesuns de ceux-ci ont été solidifiés par l'emploi simultané de températures très-basses et de pressions très-hautes. Le premier gaz qui ait été vu sous la forme solide est l'acide carbonique. Il a été solidifié en 1835 par Thilorier, au moyen d'un appareil dont le maniement a causé de graves blessures et même mort d'homme, à cause des pressions énormes qu'il avait à vaincre. Aujourd'hui on connaît, pour arriver à solidifier les gaz, plusieurs procédés qui diffèrent suivant les circonstances et la nature du gaz employé. Le dernier en date de ces procédés a été exposé en 1860 par MM. Loir et Drion. Il est relatif à l'acide carbonique. Voici la liste des gaz qui jusqu'ici ont pu être liquéfiés ou soli'linés : acide bromhydrique, cyanogène, acide iodhydrique , acide carbonique , oxyde de chlore , ammoniaque, acide sulfureux, acide sulfhydiique , protoxyde d'azote. Il serait trop iong d'indiquer ici les procédés divers au moyen desquels on a pu obtenir ces résultats.
SOLIDIFIER v. a. ou tr. (so-li-di-fi-é — du lat. solidus, solide; facere, faire. Prend deux » de suite aux deux pr. pers. pi. de l'imp. de l'ind. et du subj. prés. : Nous solidifiions; que vous solidifiiez). Rendre solide, faire passer k l'état solide : Solidifier l'eau en la congelant.
Se solidifier v. pr. Devenir solide, passer à l'état solide : L'oxygène se solidifie en se combinant avec les substances oxydables. (Acad.)
— Prendre de la fermeté, de la dureté : Les amas de neige éternelle appelés névés se solidifient peu à peu et se transforment en glaciers. (A. Maury.)
SOLIDISME s. m. {so-li-di-sme — rad. solide}. Doctrine médicale qui fait résider essentiellement les phénomènes morbides dans les solides : Il y a trente ans, on a adopté presque généralement, en fuit, sinon en principe, un solidismk exclusif, sous lequel naquit et se développa le système de l'irritation. (Chomel.) C'est en prenant pour point de départ de l'action vitale les parties solides dont dépendaient la circulation du sang et la sécrétion des humeurs, que la médecine plaça en elles seules les causes des maladies et créa la théorie du solidisme moderne. (Miguet.)
— Encycl. C'est vers la fin du xvme siècle que prit naissance la doctrine médicale connue sous le nom de solidisme. Elle remplaça la théorie de l'humorisme, dont l'inexactitude et l'insuffisance se trouvaient démontrées chaque jour par les progrès rapides que faisaient, à cette même époque, la chimie médicale et l'anatomie pathologique. Jusqu'alors les médecins n'avaient vu dans toutes les maladies qu'une altération portée à un degré variable des liquides de l'organisme, et ils étaient arrivés à nier toute affection primitive ayant pour siège la substance même des organes. Si, à l'examen cadavérique, on les trouvait injectés, enflammés, infiltrés, hypertrophiés ou plus ou moins modifiés dans leur structure, ils expliquaient toutes ces lésions comme étant consécutives à une altération des humeurs dont ils étaient imprégnés. La rougeur, le gonflement étaient produits par une accumulation du sang; les hydropisies par la dissolution de ce liquide, la dégénérescence tuberculeuse par l'épaississemeiit de la lymphe. Toute la symptomatologie reposait sur les signes fournis par l'examen du sang, du mucus, de l'urine, du pus et des évacuations alvines, considérés comme les véhicules de la matière morbifique. L'inspection de ces liquides leur indiquait si cette matière était encore à sa période de crudité, jouissant, par conséquent, de toute sa puissance délétère ; si elle était arrivée à sa période de coction, les forces de la nature reprenant peu à peu le dessus; si enfin elle atteignait sa période d'évacuation, moment où elle était rejetée par les sécrétions diverses.
Si les évacuations n'avaient pas lieu, c'est que la matière morbifique s'était assimilée aux humeurs et avait perdu ses propriétés nuisibles; si la maladie se transformait en une autre, c'est que le principe humoral s'était déplacé, i Les indications thérapeutiques, dit le professeur Chomel, étaient en harmonie avec les autres points de la doctrine humorale. On saignait pour renouveler le sang, diminuer sa viscosité ou enlever une portion de la matière morbifique qui lui était mêlée ; on purgeait, on faisait suer, on provoquait le cours de l'urine dans un but analogue ; en un mot, toutes les indications consistaient à changer la quantité ou la qualité des liquides, ou à déterminer leur afflux vers tel ou tel organe, o On voit combien cette doctrine était erronée dans ses principes , inutile ou même nuisible dans Ses applications. L'humorisme avait fait son temps, le solidisme lui succéda. La physiologie de Bichat, les travaux éininents de Pinel, d'Hoffmann, de Cullen, de Brown imprimèrent une vive impulsion aux idées nouvelles. Elles furent à peu près universellement adoptées et elles revêtirent en peu de temps ce caractère d'absolutisme qui est, surtout en médecine, l'écueil des systèmes; ceux-ci ne reposent, en effet, généralement que sur un nombre limité d'expériences et sur des observations la plupart du temps incomplètes.
Les solidistes répudièrent entièrement la théorie des humeurs, même dans ce qu'elle
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pouvait avoir de bon. Pour eux, les liquides, entièrement subordonnés a l'action des organes sensibles et contractiles qui les contiennent, ne jouèrent plus qu'un rôle secondaire dans l'organisme; les solides seuls, animés par les forces vitales, pouvaient être susceptibles de recevoir l'influence des causes morbides et étaient, par conséquent, le siège exclusif de toutes les maladies. On adopta et on généralisa la théorie de l'irritation, siégeant dans l'organe malade où elle est caractérisée par des symptômes certains, la douleur, le gonflement, la chaleur, le prurit; se portant d'un organe à un autre et produisant, par sympathie, les troubles généraux qui accompagnent chaque affection locale. L'ouverture des corps ne montre-t-elle pas chaque jour les altérations les plus évidentes dans ces solides? Le solidisme absolu et exclusif, comme l'entendaient les médecins d'alors, était nécessairement une doctrine fausse par exagération. Les solidistes tombèrent dans le même excès que les humoristes. Cette tendance des esprits à se porter d'un extrême à l'autre avait déjà attiré l'attention de Bichat, qui écrivait: «Toute théorie exclusive de solidisme et d'humorisme est un véritable contre-sens pathologique. » Dès 1817, Chomel s'efforçait de rendre aux liquides l'importance qu'ils doivent avoir dans les phénomènes de la vie, soit en maladie, soit en santé. Il cherchait s prouver : 1° par la composition normale du corps humain, dans lequel les liquides sont en proportion incomparablement plus grande que les solides; 20 par les altérations constatées sur le cadavre qui, dans quelques cas, portent exclusivement sur les liquides; 30 par la nature des agents divers qui troublent la santé, et dont quelques-uns, comme sont les aliments et les boissons, introduits dans l'économie par la voie de l'absorption, ont évidemment pour effet de modifier la composition des liquides; 4° par certaines modifications dès lors constatées dans les liquides vivants, celles, par exemple, que présentent le sang dans le scorbut et dans l'ictère, l'urine dans les diabètes, la bile dans la formation des concrétions hépatiques, etc., que le solidisme était insuffisant pour rendre compte des phénomènes observés, et que, tôt ou tard, il serait abandonné pour faire place à une opinion moins exclusive. Broussais, quoique grand partisan du solidisme, admettait que les liquides peuvent être "Itérés primitivement, et il donnait comme exemple l'altération du sang dans le scorbut, qu'il regarde comme une maladie essentiellement humorale. Andral, dans son Anatamie pathologique, s' exprimait d'une manière plus générale. Il pensait que le solidisme exclusif viendrait à être rejeté, parce qu'en lui on ne trouverait pas la solution de toutes les questions, et qu'alors il faudrait bien de nouveau demander cette solution à un autre système.
Depuis cette époque , de nombreux faits sont venus corroborer ces opinions. La découverte de l'albumine dans l'urine et sa diminution dans le sang, qui caractérisent la maladie de-Bright, l'inégale proportion de fibrine et de globules que renferme le sang dans les affections inflammatoires et dans la chlorose , la présence du pus et de substances vénéneuses dans le torrent circulatoire ont démontré, d'une manière évidente, que l'humorisme devait aussi avoir sa place dans les théories médicales.
SOL1DISTE adj. (so-H-di-ste — rad. solide). Qui a rapport au solidisme : La brillante physiologie de Bichat et la direction toute solidistb qui fut donnée à l'anatomie pathologique opérèrent une résolution complète dans la science. (Chomel.)
— s. m. Partisan du solidisme : Les solidistes, réduisant les humeurs à un rôle purement passif dans les phénomènes de la vie, placèrent dans les solides le siège de toutes les maladies. (Chomel.)
SOLIDITÉ s. f. (so-!i-di-té — lat. soliditas; de solidus, solide). Qualité de ce qui est solide, ferme, résistant : La soliditb d'un bâtiment. De même que ce qui fait la solidité d'une voûte, c'est l'étroite solidarité de toutes les pierres entre elles; de même ce qui fait la SOLIDITÉ d'un gouvernement, c'est l'étroite solidarité de toutes ses dispositions politiques. (E. de Gir.)
— Caractère de ce qui est durable : C'est en vain qu'on prétend donner aux choses humaines une solidité qui n'est pas dans leur nature. (J.-J. Rouss.)
— Caractère de ce qui est sérieux, réel, fondé, exempt de légèreté : Lorsque l'esprit humain dépasse certaines limites, il perd en solicité ce qu'il gagne en étendue. (De Théis.) Les rapides improvisations de la presse quotidienne ne peuvent avoir la solidité des œuvres étudiées. (Renan.) Un gouvernement qui doute de la solidité des principes sur lesquels il est assis nous inspire peu de confiance. (E. de Gir.)
— Fermeté d'âme, de volonté, de résolution : Pour ce qui est des défenseurs de la vérité, la solidité doit être leur partage. (Boss.) Au sortir de l'enfance, une âme est peu capable
De la solidité d'un amour raisonnable.
Quihault.
— Jurispr. S'est dit pour solidarité.
— Géom. Ancien synonyme de volume ; La solidité d'wi prisme, d'une sphère.
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— Ane. métrol. Mesures de solidité. Celles qui servent a mesurer les solides.
SOLIDO (IN) loc. adv. (inn-so-li-do — mots lat. qui signif. en entier). En masse, ensemble.
SOLIDONGULÉ adj. (so-li-don-gu-lé — du.
lat. solidus, solide ; ungula, angle). Mamm. Syn. de solipbdb.
SOLIDULE s. f. (so-li-du-le — dimin. du lat. solidus, solide). Moll. Syn. de mactre, genre de mollusques bivalves.
SOLIDUM (IN) loc. adv. (inn-so-li-domm — mots lat. qui signif. en masse). Ane. jurispr. Solidairement.
SOLIE (Jean-Baptiste Soulier, connu au théâtre sous le nom de), compositeur et chanteur français, né k Nîmes en 1755, mort à Paris en 1812. Il était fils d'un violoncelliste du théâtre de Nîmes, qui le fit recevoir de très-bonne heure parmi les enfants de chœur de cette ville. Il devint habile dans l'art musical et donna longtemps des leçons de chant et de guitare dans différentes provinces du midi de la France ; le soir, il jouait de la basse au théâtre. Ce fut en 1778 que de l'orchestre il passa sur la Scène , à Avignon. L'acteur qui devait chanter le rôle du meunier, dans la Rosière de Salency, opéra de Grétry, se trouvait indisposé. Solié offrit de le remplacer à l'improviste, et il fut écouté avec tant de plaisir dans l'ariette : Ma barque légère, qu'aussitôt on l'engagea pour tenir l'emploi de première haute-contre. Il suivit à Nancy ses eosociêtaires, puis fut appelé k Paris. II débuta à la Comédie-Italienne le 31 août 1782, par le rôle de Félix, dans l'opéra de ce nom, de Monsigny, et joua ensuite don Alonze , de l'Aman* jaloux.
N'ayant pas été engagé, il retourna à Nancy, puis se rendit à Lyon, où il resta trois ans. Il repai-ut,eii 1787 à la Comédie-Italienne et commença à avoir du succès dans l'Heureuse inconséquence ou la Fausse paysanne, opéra de Propiae (1789). La vogue était alors aux bouffes italiens du théâtre de Monsieur (Fcydeau). Solié se perfectionna en les entendant et introduisit leur méthode de chant à l'Opéra-Comiqvie. A force de persévérance, il fit presque oublier les inconvénients de sa voix sourde et un peu rebelle ; le travail chez lui ayant surmonté ces obstacles, il se vit citer parmi les chanteurs les plus agréables. On aimait surtout à le voir dans Stralonice, Euphrosim; Philippe et Georgette, les Deux petits Savoyards, les Deux avares, etc.
Solié ne se fit connaître comme compositeur qu'en 1790. Les airs qu'alors il ajouta aux Fous de Médine, opéra de Gluck, particulièrement celui de la Sonnette, firent une sensation que Grimm a constatée. Un tel succès en ce genre devait naturellement engager à d'autres travaux un musicien déjà assez fort dans quelques parties de son art pour qu'on le regardât comme le premier lecteur de musique qu'il y eût en France. Le Secret, le Jockey et le Chapitre second lui assurèrent un rang distingué parmi les plus agréables compositeurs de l'époque. Malheureusement, sa carrière fut courte, et les excès de table auxquels il se livra accélérèrent sa fin. Voici la liste de ses opéras : les Fous de Médine, opéra en trois actes, avec Gluck (Comédie-Italienne, 1er mai 1790); Jean et Geneviève, opéra-comique en un acte, paroles do Favières (Comédie-Italienne, 7 décembre 1792) ; le Plaisir et la gloire, scènes patriotiques, paroles de Sewrin (Comédie-Italienne, 10 janvier 1794); le Congrès des rois, opéra en trois actes, paroles de Desmaillots, musique en collaboration avec Grétry, Méhul, Dalayrac et autres (Comédie-Italienne, 2S février 1794) ; l 'Ecole de village, comédie en un acte, mêlée d'atiettes, paroles de Sewrin (Comédie-Italienne, 10 mai 17U4) ; l'Etui de harpe ou la Soubrette, comédie en un acte, mêlée d'ariettes, paroles d'Hoffmann (Comédie-Italienne, 3 décembre 1794) ; le Jockey, comédie en un acte, mêlée d'ariettes, paroles d'Hoffmann (Opéra-Comique, 6 janvier 1796); le Secret, comédie en un acte, mêlée d'ariettes, paroles d'Hoffmann (Opéra-Comique, 20 avril 1798) ; Azéline, comédie en trois actes, mêlée d'ariettes, paroles d'Hoffmann (Opéra-Comique, 5 décembre 1796); la Femme de quarantecinq ans, comédie en un acte, mêlée d'ariettes, paroles d'Hoffmann (Opéra-Comique, 21 novembre 179S) ; le Chapitre second, comédie en un acte, mêlée d'ariettes, paroles de Dupaty (Opéra-Comique, 17 juin 1799); la Rivale d'elle-même, comédie en un acte, mêlée d'ariettes, paroles de Bins de Saint-Victor (Opéra- Comique, 3 octobre 1800); la Pluie et le beau temps ou l'Eté, de l'an VIII, vaudeville en un acte (Opéra-Comique , 17 novembre 1800) ; Une matinée de Voltaire ou la Famille Calas à Paris, comédie en un acte, mêlée d'ariettes, paroles de Pujoulx (Opéra-Comique, 22 mai 1800) ; Oui ou le Double rendez-vous, vaudeville en un acte, de Goulard (Opéra-Comique, 29 août 1800) ; Lisez Plutarque, comédie en un acte, mêlée d'ariettes, paroles de Léger etChazet(Opéra-Coinique,21 décembre 1801); Verseuil, comédie en un acte, mêlée de chants, paroles de Guillot et Eugène Hus (Opéra-Comique, 30 juillet 1803); l'Incertitude maternelle, comédie en un acte, de Dejaure (Opéra- Comique, 6 août 1803); l'Epoux généreux, comédie en un acte, mêlée d'ariettes, de Dejaure (Opéra-Comique, 7 février 1804); les Deux oncles, comédie en un acte, mêlée d'ariettes,
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do Forgeot et Grétrv neveu (Opéra-Comique, 3 janvier 1805); le Ma lade par amour, comédie en un apte, mêlée d'ariettes, paroles d'Hoffmann (Opéra-Comique, 17 avril 1804); Chacun son tour, comédie en un acte, uêlée d'ariettes, paroles de Justin Geusoul (Opéra- Comique, 86 octobre 1805) ; VOpéra au village, divertissement en un acte, de Sewrin (Opéra- Comique, 30 juillet 1807) ; l'A mante sans le savoir, opéra en deux actes, paroles (le Creuzé de Lesser (Opéra-Comique, 10 août 1807); Anna ou les Deux chaumières, opéra-comique en un acte, paroles de Sewrin (Opéra-Comique, 20 février 1808) ; Mademoiselle de Guise, opéra-comique en trois actes, paroles de Dupaty (Opéra-Comique, 17 mars 1808); le Diable à quatre, opéra-comique en trois actes, de Sedaine (Opéra-C»mique, 30 novembre 1809); la Victime des arts, opéra en deux actes, paroles de d'Estournel, musique en collaboration avec Bereon et Nicolo (Opéra-Comique, 27 février 1811); les Ménestrels, opéra en trois actes, de Saint-Cyr (Opéra-Comique, 27 août 1811).
SOLIER s. m. (so-lié — bas lat. solarium, charpente; du lat. solum, sol). Grenier, il Mot usité en Normandie.
SOLIER (François), historien et théologien français, né à Brive en 1558, mort à Bordeaux en 1628. Entré chez les jésuites en 1577, il se livra à l'enseignement pendant une dizaine d'années et devint premier recteur au collège de Limoges. On lui doit les ouvrages suivants : Vie de saint François de Borgia (Paris, 1597, in-8<>); Traité de la mortification (Paris, 1598, in-12); Vie de J. Lainex (Paris, 1599, in-8<>); Manuel des exercices spirituels (Paris, 1601, in-16); Traité de l'oraison mentale (Paris, 1508, in-12); la Science des saints (Paris, 1609, in-12); Histoire ecclésiastique du Japon (Paris, 1627, 2 vol. in-4°). Il a traduit, en outre, deux ouvrages italiens et trois sermons espagnols (Poitiers, f 611, i"-12), qui avaient été prononcés lors de la béatification de saint Ignace. Ces sermons furent censurés par la Sorbonne, qui y trouva trois propositions «impies, exécrables, détestables, fausses et manifestement hérétiques- » Les jésuites ne se tinrent pas pour battus. Dans une lettre publiée a Poitiers (1611, in-8°), ils accusèrent la Sorbonne de se montrer plus sévère que l'inquisition d'Espagne et d'être d'intelligence avec les protestants.
SOL1ERA, bourg du royaume d'Italie, province et district de Modène, mandement de Carpi; 4,819 hab.
SOL1ÈBE s. f. (so-H-è-re). Métall. Verge de métal aplatie,
SOLIÉRIB s. f. (so-lié-rl — de Solier, natural. fr.). Bot. Genre d'algues, de la tribu des delessériées, formé aux dépens des delesséries, et dont l'espèce type se trouve dans les parages de Nice et de Cadix.
SOL1ERS (Jules-Raymond Dii) , historien français, né k Pertuis (Vaucluse) vers 1530, mort au château de Montfurou en 1595. Il fit ses études à Paris et exerça la profession d'avocat à Aix. A la suite île persécutions religieuses qu'il eut à subir comme protestant, il fut forcé de revenir à Pertuis, puis de se réfugier au château de Montfuron, où il mourut de chagrin. Il a écrit une Histoire de Provence (en latin) dont le manuscritse trouve à la bibliothèque Menjane, à Aix. Le jurisconsulte C.-A. Fabrot en a extrait et traduit en français les Antiquités de ta ville de Marseille (Marseille, 1615, ou Lyon, 1632, in-8»). Une Vie détaillée de Jules- Jîaymand de Soliers, par de Haitze, est restée manuscrite.
SOL1GNAC, village et commune de France (Haute-Vienne), cant., arrond. et à 12 kilom. S. de Limoges, près de la rive droite de la Brionne; pop. aggl., 748 hab. — pop. tôt., 2,952 hab. Filature de laine ; fabrication de porcelaines. Ce village possède une ancienne abbaye, supprimée à la Révolution. Les ruines de ce monastère présentent un grand intérêt archéologique.
L'abbaye de Solignac avait été fondée par saint Eloi, qui obtint de Dagobert une immense forêt à faire défricher par des religieux. Il y établit des moines de Luxeuil, assujettis à la règle de saint Columban et de saint Benoit. La prospérité du monastère se développa rapidement, et, à différentes époques, vingt-deux, de ses religieux en sortirent pour être évêques. Saccagé une première fois par les Sarrasins, rétabli par Louis le Débonnaire, brûlé plus tard par les Normands, il était relevé de ses ruines, lorsque survinrent les guerres anglaises. Un fort fut alors construit à côté du monastère. Tour à tour, Anglais et Français s'en disputèrent la possession avec acharnement, elle voisinage du célèbre château de Chalusset ajouta encore aux difficultés d'une situation précaire. Puis, aux guerres internationales succédèrent les guerres de religion. Les. réformés s'emparèrent du château de Chalusset et firent des courses jusqu'aux portes de Solignac. D'abord repoussés, ils revinrent en force sous la conduite de de Bourdeille et de Pierre Buftière ; l'abbaye fut livrée aux flammes. Elle ne fut reconstruite entièrement qu'au commencement du xvii» siècle.
Les bâtiments du monastère sont modernes; Ils n'ont de remarquable que leur ampleur et leur aspect monumental, l.a façade principale a près de 100 mètres de longueur; à l'in-
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térieur, des salles vastes, à voûtes sonores, occupent toute cette étendue. L'église, qui a survécu en grande partie aux dévastations, est du ix« au xi» siècle. Elle frappe tout d'abord par des formes architecturales qui en indiquent l'antiquité : elle a la forme d'une Croix latine couchée d'occident en orient. Le clocher ancien, qui avait été bâti sous saint Louis, s'écroula de vétusté au xvrio siècle et fut maladroitement remplacé par un mur élevé dont le couronnement a la forme d'un fronton grec. La basilique ne présente pas de collatéraux ; sur les murs de la nef, des pilastres de 8 pieds et demi de large, à moitié engagés dans les murs, supportent, sur quatre cintres de même largeur qui se réunissent à angle droit, un ensemble de coupoles, au nombre de six, dont le sommet est élevé de près de 60 pieds au-dessus du pavé. Cette disposition est d'un grand effet: la vue, arrêtée par les cintres, semblables à d'immenses nervures, se reporte ensuite sur les dômes élevés dont ils sont couronnés. Le style indique bien la transition de la pesante architecture romane a la légèreté hardie des ogives gothiques. Entre les pilastres, des colonnes de dimensions plus petites et d'une forme beaucoup plus légère supportent une galerie qui règne autour de l'église, au tiers de la hauteur. Les chapiteaux de ces colonnes sont formés par des têtes d'animaux monstrueux, des ligures grimaçantes et des feuillages variés. Les vitraux ont été brisés; il n'en reste que quelques débris fort précieux; ces vitraux remontaient à 1470. Les stalles du chœur méritent aussi une mention. Les ogives en accolade, les subdivisions flamboyantes et prismatiques des moulures qui les surmontent, les rinceaux , les feuillages délicats dont elles sont ornées annoncent qu'elles appartiennent à la seconde moitié du xve siècle. Quant aux proportions de l'édilice, l'église a intérieurement 210 pieds de long; la travée, dont un côté a 6 pieds de plus que l'autre, mesure 103 pieds. La nef a 45 pieds de large. Trois chapelles disposées autour du sanctuaire forment en dehors des saillies circulaires assez considérables, ce qui donne à l'église une analogie remarquable avec celle de Saint-Hilaire de Poitiers,
SOL1GNAC-SCR-I.OIRE, bourg de France (Haute-Loire), ch.-l. de cant., arrond. et à 12 kilom. S. du Puy, près de la rive gauche de la Loire ; pop. aggl., 458 hab. — pop. tôt., 1,085 hab. Restes d'un ancien château fort ; aux environs, belle cascade de la Beaume.
SOUGNAC (Pierre-Joseph de La Pimpie, chevalier du), littérateur français, né a Montpellier en 1687, mort à Nancy en 1773. Destiné par sa famille à la prêtrise, il se rendit à Paris, où la fréquentation des gens de lettres l'arracha à la carrière ecclésiastique. Fontenelle, qui, bien que beaucoup plus âgé que lui, lui portait un vif intérêt, l'encouragea à écrire et corrigea ses premiers essais. Admis à la cour, le chevalier de Solignac fut envoyé en mission en Pologne; à Varsovie, il sut se faire estimer de la princesse Radziwill, sœur du roi Stanislas 1er, et devint grand maréchal de sa maison. Le roi se l'attacha comme secrétaire et en fit son ami. Après avoir rendu des services signalés à ce prince et payé de Sa personne, il le suivit en France, puis à Nancy en 1737. Solignac concourut à l'établissement de l'Académie de cette ville et eu fut le premier secrétaire perpétuel; il était en même temps bibliothécaire royal et secrétaire du gouvernement. Solignac s'adonna alors entièrement à ses goûts littéraires et devint correspondant de 1 Académie des inscriptions. On doit à ce lettré érudit et distingué les ouvrages suivants : Récréations littéraires ou Recueil de poésies et de lettres (Paris, 1723, in-8°); les Amours d'Horace (Cologne, 1728, in-12) ; Quatrains ci maximes sur l éducation (Nancy, 1728, 1738, in-12); Amusements des eaux de Schwalbach, avec deux relations curieuses, l'une de la Nouvatle-Jérusatem et l'autre d'une partie de la Tartarie indépendante (Liège, 1739, in-8°); Lettres sur l'histoire durai de Pologne (Nancy , 1741, in-12) ; Histoire générale de Pologne (Paris, 1750 et suiv., 6 vol. in-12), traduit en allemand. Cet ouvrage estimé , écrit avec simplicité, mais un peu ditfus, s'arrête à l'année 1580. Solignac en fit un Abrégé (Paris, 1762, in-12). Citons encore de lui : Eloge de Montesquieu (Nancy, 1755, in-12); Eloge du roi Stanislas (Nancy, 1766, in-12) ; Eloge de Tercier (Nancy, 1767, in-12) et des articles dans divers recueils littéraires. Solignac a participé à la composition des ouvrages qui forment les Œuvres du philosophe bienfaisant [Stanislas] (Paris, 1763, 4 vol. in-8°). Enfin, il a laissé en manuscrit une Histoire du roi Stanislas qui est conservée dans les collections de la liibliothèque publique de la ville de Nancy.
SOLIGNAC (Jean-Baptiste), général français , né k Milhaud en 1773. Il s'engagea comme volontaire en 1791 et arriva successivement aux grades de capitaine, de chef de bataillon et d adjudant général. Compromis dans les troubles du Midi, il revint à Paris, où il resta pendant quelque temps sans emploi. Il seconda Bonaparte dans la journée du 13 vendémiaire et licencia la légion de police. Envoyé ensuite à l'armée d'Italie, il commanda une brigade en 1799 et fut blessé à Novi. Nommé, en 1804, général de divi-
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sion, il fut mis sous les ordres de Masséna et fut enveloppé deux fois dans la disgrâce de ce général. Après la chute de l'Empire, il exerça pendant quelque temps un commandement dans la 9e division militaire. En 1815, il lit partie de la Chambre des représentants. Sous la seconde Restauration, il se retira dans le Midi et demanda sa retraite en 1818. En 1819, il entra dans la Société des amis de la presse. En 1820, il fut arrêté à l'occasion des troubles qu'amena la loi des élections. Il ne reparut plus depuis lors sur la scène politique.
SOL1GNANO, bourg du royaume d'Italie, province et district de Parme, mandement de Fornovo*di-Taro; 2,532 hab.
SOLIGNI-LA-TRAPPE, village et commune de France (Orne), cant. de Bazoches, arrond. et à 12 kilom. N. de Mortagne ; 1,149 hab.
Soligni doit son surnom au monastère de trappistes qui y existe encore aujourd'hui. Ce monastère occupe l'emplacement d'une ancienne et puissante abbaye fondée en 1140 par Rotrou III, comte du Perche, sous le nom de Notre - Dame-de - la - Maison - Dieu. Cette abbaye, plusieurs fois dévastée pendant les guerres incessantes du moyen âge, existait encore à l'époque de la Révolution. Les bâtiments en furent alors vendus comme propriété nationale, détruits presque entièrement, et les trappistes dispersés. Quelquesuns de ces religieux, étant rentrés en France en 1815, se rétablirent régulièrement à Soligni sous la conduite d'un des leurs, nommé dom Augustin, et presque aussitôt commencèrent les travaux de construction des nouveaux bâtiments. Vastes et bien appropriés à leur destination, ces bâtiments ne méritent aucune mention au point de vue architectural. Le site au milieu duquel ils s'élèvent est sauvage et triste. L'église du monastère actuel ne remonte pas au delà de 1S33. Elle a été presque entièrement bâtie avec les pierres de 1 ancienne, qui peut-être offrait un intérêt archéologique. Elle possède un remarquable tableau de Philippe de Champaigne (la Transfiguration du Christ). On voit au milieu du cimetière un petit oratoire construit sur la tombe de l'abbé de Rancê. Sur le frontispice se lisent ces deux vers :
Ranoé fit refleurir la règle dans ces lieux ; Ses cendres sont ici, son âme est dans les cieux.
On a annexé au couvent de trappistes une ferme modèle, possédant de vastes bâtiments d'exploitation et une colonie pénitentiaire de jeunes détenus au nombre d'environ trois cents. Jadis on n'accédait à la Trappe que par des chemins impraticables pendant une partie de l'année. Une route moderne y conduit aujourd'hui et est même praticable aux voitures.
Une construction dont l'origine est indécise se rencontre sur la lisière de la forêt de la Trappe : c'est une sorte de hutte maçonnée et qui est désignée depuis un temps immémorial sous le nom de grotte de Saint-Bernard. ■ Il est inutile d'ajouter, dit M. de La Sicotière , qu'elle n'a été ni construite ni même visitée par le grand saint dont elle porte le nom, saint Bernard étant mort longtemps avant l'achèvement des bâtiments réguliers de la Trappe. »
SOLIGUROU s. m. (so-li-gu-rou). Indou d'une caste sauvage.
— Encycl. Les soligurous existent particulièrement dans les forêts et sur les montagnes de la province du Karnatic , dans l'Inde méridionale. Ces sauvages vivent au milieu des forêts sans se fixer nulle part; et, après avoir résidé un an ou deux dans un lieu, ils vont dans un autre. Ils n'ont que très-peu de communications avec les habitants policés du voisinage, et ces derniers les tiennent éloignés de leurs habitations, parce qu'ils les redoutent extrêmement, les regardant comme des sorciers ou des êtres malfaisants, dont la rencontre seule serait capable de causer quelque malheur. Dans les temps de pluie, les soligurous se mettent il l'abri sous de misérables huttes; plusieurs vont se tapir dans des cavernes, dans les fentes des rochers ou le creux des vieux arbres. Pendant la belle saison, ils campent en rase campagne, et la nuit chaque peuplade, se rassemblant sur un même point, allume autour d'elle de grands feux pour se garantir du froid et de l'approche des bêtes féroces, puis, s'entassant les uns près des autres, hommes, femmes et enfants dorment ainsi pêle-mêle. Ils habituent leurs enfants, dès le plus bas âge, à la vie dure à laquelle la nature parait les avoir condamnés. Le lendemain de leurs couches, les femmes sont obligées de parcourir les bois» avec leurs maris, afin de chercher de ta nourriture pour ce jour-là; avant de partir, elles allaitent leur enfant nouveau-né, creusent un trou dans lu terre et le garnissent d'une couche de feuilles de tek, feuillus tellement couvertes d'aspérités que leur frottement enlève l 'épiderme. C'est là qu'est déposé la petite créature jusqu'au retour de la mère. Cinq à six jours au plus après sa naissance, on commence à lui faire prendre des aliments solides.
SOLIEAMSK, ville de la Russie d'Europe,
dans le gouvernement et à 205 kilom. N. de Perui, sur la Kama, au confluent de cette ri-
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vière avec l'Oussolka; 4,500 hab. Tanneries, fonderies de suif, salines importantes.
SOLILOQUE s. m. (so-li-lo-ke — .atin soliloguium; de solus, seul, et de loqui. parler. Soliloquium est la traduction littérale du
§rec monologos, monologue). Monoiogue , iscours d'un homme qui parle seul, qui s'entretient avec lui-même. 0 On dit plus ordinairement MONOLOGUE.
— Bibliogr. Titre de quelques écrits : Les Soliloques de saint Augustin. Le Solilcqok de Shaftesbury.
— Syn. Soliloque, monologue. V. MONOLO- GUE.
Soliloques (les), de saint Augustin. L'auteur, qui n'était encore ni saint ni chrétien, écrivit ce traité pendant les derniers jours de l'année 386 ou les premiers de l'année 387, à l'époque la plus critique de sa vie. Il avait déjà renoncé dans son cœur à la profession qu'il suivait jusqu'alors, d'enseigner « l'art de bien déguiser la vérité. ■ Seul, pendant les vacances, à la campagne avec sa mère et quelques amis, il se recueille, il s'interroge sur Dieu et sur l'immortalité de l'âme.
Il ne se contente pas de penser ; il veut noter ses pensées, plutôt que de les confier à une mémoire qui peut être infidèle : de là les Soliloques. Pour peindre l'agitation de son âme et les combats intérieurs qui la déchirent, il distingue en lui deux êtres, l'homme et la raison, entre lesquels la discussion s'établit. Tout ce que l'on sait de Dieu, c'est qu'il est intelligible, qu'il échappe aux sens, que la raison seule peut le concevoir, et que la foi, l'espérance et la charité doivent conduire l'âme à la science de l'éternelle vérité en qui toutes les vérités sont contenues Mais cette analyse métaphysique fait moinf l'intérêt du premier livre des Soliloques que la vive et sensible peinture des luttes que soutient avec elle-même une âme lasse enfin « de se répandre et de se dissiper dans la société des hommes , » et qui ne cherche qu'à rentrer en soi afin de revenir à Dieu. Une très-délicate analyse, une argumentation subtile et fine, la constante élévation des principes moraux font de ce premier livre, tout platonicien et déjà chrétien, une des belles oeuvres qui existent, et donnent à regretter d'autant plus que le second contienne plus de sophismes que de solides raisonnements.
Tout ce que l'homme sait de science certaine est dans ces deux affirmations : je suis, je pense. Parmi les choses qu'il ignore, la plus importante à savoir, c'est s'il est immortel. Il veut vivre pour connaître, et vivre sans fin pour connaître infiniment. Et voici comme notre philosophe argumente : La vérité est impérissable, car elle survit même à l'univers détruit, puisque, si le monde périt, il sera vrai qu'il aura péri; mais ia vérité n'est que par le jugement, et le jugement n'est que dans l'âme : l'âme est donc impérissable. Cependant on peut dire que la successiun d'âmes mortelles suffit à la perpétuité du jugement et à l'immortalité ilu vrai. Qu'est-ce donc que le vrai? Le prob.ème serait résolu si on pouvait définir le vrai, a ce qui est tel qu'il paraît; • mais, à ce compte, tout ce qui ne serait pas aperçu ne serait pas vrai. Le vrai, c'est ce qui est. Le faux est ce qui présente quelque ressemblance du vrai, OC par là nous fait illusion. Cependant on peut dire que nous reconnaissons aussi la vérité d'un objet à sa ressemblance parfaite avec un autre objet dont nous savons d'ailleurs qu'il est vrai. De là, entre le faux et le vrai, une confusion qui peut être poussée plus loin. Certaines fictions, en effet, présentent ce caractère singulier, qu'elles ne &ont vraies, ou qu'elles ne sont ce qu'elles doivent être, qu'à la condition d'être aussi fausses que possible; par exemple, plus Roscius était Un faux Priam, plus il se montrait un vrai tragédien. Est-ce donc à dire que te faux et le vrai se mêlent, et ne doit-on plus s'effrayer du faux parce qu'il est toujours vrai par un côté ? Mais d'abord cette confusion ne se produit qu'en des choses de peu de conséquence et qui n'intéressent point la conscience ni le devoir. D'ailleurs, même des choses fausses, il peut y avoir une science vraie. Or, la science est dans l'esprit de façon à n'en pouvoir être séparée. Mais une chose contenue dans une autre de façon à n'en pouvoir être séparée périt si l'autre vient à périr. Or, la vérité est éternelle, donc ia Science est éternelle; et comme elle est contenue dans l'âme dont elle est inséparable, l'âme ne peut périr.
Reste à prouver que , quoique chez les ignorants et les enfants ne se montre aucune science, la science est un attribut inséparable de l'âme humaine. Le corps n'existe qu'à la condition d'une certaine forme sans laquelle il ne serait pas. Mais ce n'est pas la forme pure et vraie telle qu'elle apparaît dans les figures idéales de la géométrie , figures vers lesquelles tend la forme sensible sans pouvoir y atteindre. Or , ces formes idéales, qui seules sont vraies, sont dans notre esprit. Ainsi, notre âme contient nécessairement la vérité; et la vérité ne pouvant périr, l'âme, qui la contient, doit être immortelle. L'ignorance n'est qu'une sorte d'oubli ; l'étude est le travail par lequel l'esprit cherche à ressaisir ces notions enfouies en lui-raéine ; la science est la pleine et parfaite
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possession de ces vérités. Celles-ci sont des conceptions toutes rationnelles, qui ne résultent ni des sens ni des généralisations de l'imagination. Elles en demeurent à jamais indépendantes et sont dans l'âme le signe de son immortalité.
Mais si la dissolution du corps ne peut réduire l'âme au néant, n'entralne-t-elle pas l'abolition de tout souvenir; et, dans ce cas, la vie nouvelle de l'âme est-elle autre chose qu'une véritable mort? Redoutable problème que la foi seule peut résoudre, dit saint Augustin.
Pour compléter cet ouvrage, demeuré imparfait, saint Augustin sentait le besoin d'y joindre le développement des arguments qu'il a indiqués dans son traité de V Immortalité de l'âme. La démonstration y eût peut-être gagne en clarté et en rigueur, ce qui eût compensé la fatigue qu'on éprouve à suivre le til du raisonnement à travers tant de digressions et tant de sophismes.
Ce qui frappe d'abord quand on lit les Soliloques, c'est le manque d'unité, de suite et de proportion. Mais saint Augustin n'a écrit cet ouvrage que pour lui-même et pour quelques lecteurs de choix. On peut toujours regretter que le faux goût du temps ait corrompu le style et la méthode de démonstration. Jeux de mots , équivoques puériles , abus de l'ambiguïté des termes, pétitions de principe, cercles vicieux, toutes les formes du sophisme sont épuisées dans ce débat entre l'homme et la raison ; la raison y dit bien que tout cela n'a d'autre objet que d'exercer l'âme et de la préparer à l'intelligence ; mais il faut avouer que c'est au moins une singulière manière de l'exercer et de la préparer. Il y a toutefois, dans ce dernier adieu d'une Ame pieuse aux controverses philosophiques, une ardeur de jeunesse que e temps, en la réglant, doit affaiblir et qui doune aux Soliloques un grand charme avec un grand prix.
Soliloque ou A»l» a un auteur, écrit philosophique de Shaftesbury (1710). La philosophie de Shaftesbury tend à trouver la base de la morale dans la nature, et dans la morale la règle, le litre et comme la pierre de touche dt Va religion et de la politique. Elle ne conçoi' Dieu que sous la forme d une justice immuable et universelle; elle essaye rétablissement d'un rationalisme fondé sur l'observation. Pour les choses essentielles, cette doctrine est une première esquisse, déjà trèsréfléchie et très-arrêtée, de la philosophie écossaise. Dans le Soliloque, ou trouve des conseils pour tout le monde, pour les écrivains d'abord, puis pour les critiques, les grands, le peuple. C'est toujours cette même idée que la vraie philosophie est avant tout morale et ne doit pas pousser ses recherches au delà du point où elle rencontre la raison universelle des devoirs. Ces devoirs sont autant ceux du patriotisme que ceux de la piété, et il faut aimer le bien sous toutes ses formes. Les lettres et les arts, éclairés par la critique, protégés par la liberté, ne sont que des moyens exquis de donner à ces vérités toutes pratiques l'empire de l'évidence et l'attrait de la beauté. Shaftesbury regarde la liberté d'agression et même de sarcasme comme une suite de la liberté de l'examen et de la réflexion. Ce qui manque le moins chez lui, c'est le fonds. Sa critique tourne à la satire, et sa tinesse k la subtilité. Chez lui, le goût n'accompagne pas toujours la plaisanterie, et le style perd la grâce avec le naturel. Des traits hardis et brillants se rencontrent dans lu Soliloque, qui manque d'ordre et de simplicité.
SOLIMAN ou SOLEIMAN (Abou-Ayoub), calife ommiade de Damas, mort en 717. En 71E, il succéda à son frère, Walid 1er. C'était un prince doux, clément, généreux, qui fit rendre la liberté à un grand nombre de prisonniers, réforma la justice et encouragea le commerce et les arts. Il fixa sa résidence à Ramlah, où il tit construire de beaux édifices. Sous son califat, son frère Moslemah fit une expédition contre Constantinople, et Yézid, fils de Mahaleb, conquit le Djordjan et le Tabaristan. Soliman, qui était d'une extrême gourmandise, mourut à la suite d'une indigestion. Il désigna pour lui succéder son cousin Omar, fils d'Abd-el-Aziz, qui devait être regardé comme le plus saint des califes.
SOLIMAN (Abou-Ayoub-al-Mostain-Billah), calife de Cordoue, mort en 1016. Il était arrière-petit-tils du célèbre calife AbdéramellI. Son cousin Mohammed-al-Mahdy ayant détrôné Hescham II, il refusa de le reconnaître, se mit à la tête de la garde africaine, vainquit son cousin et se fit proclamer calife (1009). Mais il ne put affermir son pouvoir. Après avoir comprimé une révolte de son cousin Merwan, il eut à soutenir de nouveau la guerre contre Mohammed-al-Mahdy, qui le vainquit, le força à fuir, puis éprouva à son tour une défaite. Pendant que Soliman ae trouvait k Algésiras, Hescham II, tiré de prison, était rétabli sur le trône de Cordoue. Soliman, au lieu de se soumettre, marcha sur Cordoue, s'en empara et remonta sur le trône (1013). Trois ans plus tard, il fut attaqué par Ali-ben-Hamoud, gouverneur de (Jeuta, qui le vainquit, le conduisit prisonnier à Cordoue et le ht mettre à mort, ainsi que son père et son frère. Soliman était un prince brave et qui cultivait la poésie.
SOLIMAN 1er, fondateur de la dynastie des
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sultans seldjoucldes d'Iconium ou Konièh, mort en 1085, Il était fils de Koutoulmich, qui avait trouvé la mort pendant une révolte qu'il avait suscitée contre son cousin AIp-Arslan. Melik-Schah donna à Soliman te commandement d'une armée et le chargea de soumettre les pays situés à l'ouest de l'Euphrate et au nord de la Syrie (1074); mais Soliman fit ces conquêtes pour son propre compte. Après s'être créé un Etat dans une partie de l'Asie Mineure et avoir fait la guerre à Alexis Comnène, il s'empara d'Antioche (1084), battit l'émir d'Alep, mais fut vaincu par Toutousch, sultan de Damas, et fait prisonnier. Pour ne pas rester au pouvoir de son ennemi, Soliman se donna la mort en se perçant de son épée. Il eut pour successeur son fils aîné, Iiilidje-Arslan.
SOLIMAN II (Rokn-Eddyn), sultan seldioucide de Konièh, mort en 1204. Eils de Kilidje-Arslan II, il n'obtint à la mort de son père qu'un territoire restreint ; mais il ne tarda pas à s'agrandir aux dépens de ses frères et finit par chasser du trône son frère Gaiath-Eddyn-Kai-Kosrou(ll92).Ilrestaalors seul maître des Etats paternels, fit la paix avec l'empereur Alexis Comnène et s'agrandit par diverses conquêtes. L'empereur Alexis ayant tenté de le faire assassiner, Soliman lui déclara la guerre, ravagea plusieurs provinces de l'empire et fut alors emporté par une maladie intestinale. Son fils, Kilidje- Arslan III, lui succéda.
SOLIMAN I", dit Tchéiébi, sultan d'Andrinople, (ils de Bajazet 1er, mort en 1410. Après la terrible journée d'Ancyre ( 1402), qui assurait la victoire a Tamerlan, il quitta le champ de bataille, passa en Europe et, après la mort de sou père, se fit proclamer sultan à Andrinople par les troupes ottomanes restées au delà du Bosphore. La retraite de Tamerlan lui permit de revenir en Asie disputer le trône à son frère Mouça, reconnu sultan par la protection des Tartares. Il eut d'abord quelques succès et exerça réellement le souverain pouvoir pendant huit années, bien que les historiens turcs ne le comptent pas au nombre des sultans. Mais il se rendit odieux par ses débauches et son ivrognerie , et les Ottomans rappelèrent Mouça. Soliman, abandonné par ses troupes, fut tué dans sa fuite (1410).
SOLIMAN II, le plus célèbre des sultans
Ottomans, surnommé lo Grand, le Magnifique, le Conquérant et le Législateur , né en 1495,
mort en 1566. Il était initié aux affaires d'Etat, lorsqu'il succéda en 1520 à son père Sé- Hm 1er. Soliman commença son règne par des actes de justice envers sas sujets et des règlements pour l'administration intérieure de l'empire. Il rit rendre leurs biens à ceux qui avaient été frappés de confiscation sous ' le règne précédent et s'attacha à ne conférer des charges publiques qu'aux individus connus par leur honnêteté et leur capacité. Après avoir comprimé la rébellion de Guzeli, gouverneur de Syrie, et détruit les mameluks mêlés à toutes les révoltes, Soliman fit un traité avec la Perse, et, paisible possesseur de son trône, il songea dès lors à profiter habilement de la rivalité de Charles-Quint et de François Ior pour tourner ses armes contre l'Europe. Sous prétexte d'une insulte à son ambassadeur, il marcha contre la Hongrie (1521), prit Belgrade et plusieurs autres places non moins importantes, enleva Rhodes aux chevaliers (1522) et comprima une révolte des janissaires en Egypte (1523). Soliman envahit de nouveau la Hongrie en 1526. Après avoir gagné la fameuse bataille de Mohacz, où Louis II perdit la vie, il enleva Bude, profita des luttes des différents compétiteurs à la couronne pour ravager la Hongrie et réunit la Moldavie à ses Etats (1529). Cette même année, le sultan alla mettre le siège devant Vienne, qui se défendit héroïquement. Après vingt assauts meurtriers, Soliman, surpris par une inondation du Danube et ne pouvant maîtriser l'indiscipline des janissaires, dut se retirer. Furieux, il revint à Constantinople après avoir tout ravagé sur son passage. Mais, dès l'année suivante (1530), il revint dans la Hongrie, qu'il soumit avec l'Esclavonie ; mais en 1532 Charles-Quint vint au secours de son frère Ferdinand et força les Ottomans à se retirer. Soliman, après avoir fait reprendre Modon et Coron dont s'était emparé l'amiral Doria, signa une trêve avec Ferdinand. En 1533, il envahit la Perse, soumit Bagdad, Tauris et recula les bornes de son empire en Asie jusqu'aux montagnes du Kurdistan et au golfe Persique. En 1536, Soliman consentit à signer les capitulations qui ouvraient à la France les ports du Levant et assuraient à son commerce de grands privilèges , et l'année suivante il fit mettre à mort son grand vizir Ibrahim.
Pendant ce temps , le fameux corsaire Khaïr - Eddyn Barberousse , devenu son grand amiral et qui lui avait fait hommage de sa souveraineté d'Alger, soumettait pour un moment le royaume de Tunis à la domination ottomane. Il enleva ensuite aux Vénitiens leurs possessions dans l'Archipel , conquit l'Yémeo, la Géorgie, recommença les hostilités contre la Hongrie, qu'il soumit en partie (1541), mais cette fois par les artifices de sa politique plutôt que par Ses armes. En vertu d'une alliance avec François I" contre Charles-Quint, il envoya Barberousse, en 1542, assiéger Nice avec une flotte française.
Selon leur habitude, ses troupes se livrèrent partout au pillage et commirent d'affreuses dévastations. En 1547, il signa une trêve avec Charles-Quint et fit une nouvelle expédition en Perse en 1548. De retour à Constantinople, il continua ses guerres de conquête a l'aide de ses généraux , qui combattaient en Europe et en Asie, prenaient Gozzo et Tripoli, s'emparaient du banat de Temeswar (1551), etc. Peu après sa favorite, la célèbre Roxelane (Ruschen), le lança dans une nouvelle guerre contre la Perse et lui fit commettre le plus impardonnable de ses crimes. Roxelane, qui désirait ardemment voir un de ses fils succéder à Soliman, résolut de se débarrasser de Mustapha, que le sultan avait eu d'une autre femme et qui avait su se rendre populaire par son courage et ses qualités brillantes. De concert avec le grand vizir Rouslem, elle accusa Mustapha, qui se trouvait alors dans son gouvernement d'Araasie, de conspirer avec le roi de Perse contre son père. Soliman, habilement circonvenu par Roxelane, crut à cette accusation, déclara la guerre au schah de Perse et donna l'ordre à son fils de se rendre auprès de lui. Le.jeune prince était à peine entré dans la tente de son père, que des eclaves se jetèrent sur lui et l'étranglèrent en présence de Soliman, caché par un rideau de soie (1553). Peu après ce meurtre, qui produisit une vive émotion dans l'empire, Soliman fit la paix avec le roi de Perse (1534). Bajuzet, fils de Roxelane, se souleva quelque temps après contre lui, fut vaincu et alla ensuite chercher un refuge en Perse, où, sur la demande de Soliman, il fut mis à mort dans sa prison (1559). Le terrible sultan eut encore à lutter contre un faux Mustapha, qui réunit de nombreux partisans, se souleva et finit par être livré à Soliman, qui le lit périr. En 1561, un de ses amiraux, Piali, surprit une flotte espagnole qui, de concert avec les chevaliers de Multe, voulait reprendre Tripoli, lui fit subir une écrasante défaite et s'empara de vingt-huit galères. Quatre ans plus tard , Soliman envoya une expédition pour s'emparer de Malte ; mais après cinq mois de siège ses troupes durent se rembarquer (1565). L année suivante, à l'appel de Zapoly, il pénétra avec une formidable armée en Hongrie et alla assiéger Szegeddin ; mais il ne put parvenir à s'emparer de la place, fut pris d'une fièvre violente et mourut devant cette ville.
Ct^prince est considéré comme le plus grand sultan des Turcs, et son règne l'ut l'apogée de la puissance ottomane. A'une ambition insatiable il joignait une prodigieuse activité, et était également remarquable comme administrateur, comme politique et comme homme de guerre. Il maintint l'ordre et la tranquillité dans ses Etats, pourvut à l'entretien de ses nombreuses années sans écraser le peuple d'impôts, réforma l'administration financière, établit 1 économie dans les dépenses publiques et dans celles de sa cour, divisa l'empire en districts et s'attacha à faire rendre dans ses Etats une justice sévère. Scrupuleux observateur de sa parole et des préceptes du Coran, Soliman était, en outre, un prince instruit, qui aimait les sciences et surtout l'histoire. Mais il ternit ses brillantes qualités par sa cruauté. Pour ne citer qu'un fait, après la bataille de Mohacz, il fit décapiter en présence de son armée 1,500 prisonniers de distinction, qu'il avait ordonné de disposer en cercle.
» Le règne de Soliman le Grand, le Législateur, le Magnifique, dit de Hammer, est le plus important et le plus remarquable dans l'histoire ottomane. C est à lui que l'empire doit son plus brillant éclatât le plus haut développement de sa puissance ; sous lui se produisirent les plus belles œuvres de l'intelligence et les grandes actions dans la paix et dans la guerre, s'élevèrent les plus magnifiques monuments de l'architecture; son bras recula jusqu'au dernier terme les limites de l'empire ; il s'éleva bien au-dessus de tous les autres souverains de la race d'Osman inscrits dans l'histoire; il est le seul auquel les historiens de l'Europe aient donné, à juste titre, le nom de grand, tandis que les Ottomans, plus modestes, se contentaient de l'appeler le législateur... C'est en face de puissants rivaux que Soliman se maintint à sa hauteur sur la scène du monde; il fut regardé comme le premier de son nom; car les Ottomans n'ont jamais reconnu comme souverain légitime le frère et le rival de Mohammed l«r. Les Européens seuls, et spécialement les Français, ont inscrit Soliman parmi les sultans, de même qu'ils ont ajouté les épithètes de grand et de magnifique au nom de ce souverain. Quant aux Ottomans, ils se contentent de le désigner par les titres de législateur, de dominateur de son siècle. Si parfois ils le nomment Soliman II, ils veulent dire Saloinon II ; car dans la bouche des Arabes, des Persans et des Turcs, Salomon est devenu Soliman. •
Soliman, tragédie de Bonarelli, écrite en vers heudécasyllabes, où la rime revient rarement ^Venise, 1619). C'est la première tragédie moderne dans'laquelle les chœurs soient supprimés. Tout en se renfermant dans les unités, l'auteur donna k la fable une marche plus libre. Bonarelli ne se proposa que d'exciter des passions vraiment tragiques en choisissant son sujet dans l'histoire moderne des musulmans. La femme de Soliman, vou-
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tant satisfaire son ambition et assurer le pouvoir à son fils Sélim, emploie tous les moyens pour perdre Mustapha, fils aîné de Soliman, que celui-ci avait eu d'une autre femme. Or, ce Mustapha n'est autre que Se» lim, que sa mère ne connaît pas, et qu'elle immole en croyant l'élever sur le trône, ce qui forme une situation terrible et du plus grand pathétique ; car au moment où l'innocent Mustapha, condamné par son père, va être exécuté, la sultane apprend qu'il est son lils Sélim, et, ne pouvant empêcher sa mort, elle s'empoisonne. Mais cette dernière situation n'est pas bien préparée ; en outre, le secret de la naissance de Sélim est trop compliqué et peu naturel; enfin le spectateur n'apprend ta véritable condition du prétendu Mustapha qu'après qu'il a été exécuté. Ainsi se trouve perdue l'impression vraiment tragique qu'aurait pu produire pendant les quatre premiers actes la situation d'une mère qui ne songe qu'à poursuivre son fils en croyant le sauver, si le spectateur avait été mis dans la confidence. Mais l'art n'était pas assez développé du temps de l'auteur, et les beautés que cette pièce renferme malgré tous ses défauts l'ont fait considérer à bon droit, avec VAristodème de Carlo Dottori , comme la meilleure tragédie que le xviie siècle ait produite en Italie.
Soliman II OU le» Sultanes, CCmédie en. trois actes, en vers libres, tirée d'un conte de Marmontel, paroles de Favart, musique de Gilbert ; représentée aux Italiens le 9 avril 1761. On vit pour la première fois dans cetto comédie de véritables habillements turcs qu'on avait fait confectionner h, Constantinople. Ils servirent dans l'opéra de Scanderbeg, représenté à la cour, et M11'1 Clairon en introduisit les modèles à la Comédie-Française, où la pièce a été reprise le 28 avril 1803, sous le titre des Trois sultanes.
SOLIMAN III, sultan ottoman, né en 1647, mort en 1691. Enfermé dans le sérail jusqu'à l'âge de quarante ans, il en sortit faible, mou, énervé, pour monter sur le trône lorsqu'en 1687 son frère fut déposé. Dépourvu d'ambition, il n'accepta le pouvoir qu'avec regret. Dès son avènement, il vit de toutes parts se soulever les janissaires, à qui il no put faire des dons d'argent, le trésor étant épuisé. Son grand vizir perdit la vie dans la sédition, et le successeur du premier ministre dut être exilé pour avoir voulu prendre des mesures énergiques contre les factieux. Les impériaux profitèrent de cet état, de choses pour reprendre en Hongrie la plupart des villes que les Turcs y possédaient; les Vénitiens envahirent la Daimatie, et le prince Louis de Bade remporta une victoire complète sur les Ottomans près de Nissa (1689). Soliman épouvanté demanda vainement la paix. Par bonheur pour lui, il trouva* dan3 son nouveau grand vizir Koproly un homme énergique qui prit la direction des affaires et des armées. Pendant que l'inepte sultan, retiré dans son palais, se livrait à toutes sortes d'actes de dévotion, Koproly battait l'armée de l'empereur Léopold, lui refusait à son tour la paix, s'emparait de Nissa, de Belgrade (1690) et remportait une victoire complète sur Vétérani devant Essek. Ce fut pendant les succès de son grand vizir que Soliman III mourut, après un règne de trois ans et quelques mois, laissant le trône k son frère Achmet II.
SOLIMAN, fils aîné du sultan Orkhan-Ghazy. Il dirigea la première invasion des Turcs en Europe, prit Gallipoli en 133S, puis, avec l'aide de son frère Amurat, il prit Malzata, Démotica etEpibatos. Il périt dVme chute de cheval au milieu d'un divertissement guerrier.
SOLIMAN, roi de Perse, de la dynastie des Sophis, né en 1646, mort en 1694. Ilsuccédav en 1666, à son père Abbas H. C'était un prince sensuel et cruel, qui s'adonna uniquement aux plaisirs de la table et du harem, et qui était tout à fait .indigne de gouverner. Grâce à l'habileté de son ministre Cheikh-Ali-Khan, la tranquillité régna dans les Etats de ce prince. Son règne ne fut signalé que par les dévastations commises par les Cosaques sur les bords de la mer Caspienne, par les Ùzbecks dans le Khoraçan et les Arabes dans les lies Bahrein. Soliman mourut à quarante-huit ans, abrmi et épuisé par l'abus des plaisirs. Des ambassadeurs français se rendirent à sa cour et obtinrent de lui des concessions, dont le gouvernement de Louis XIV ne sut pas profiter.
SOLIMAN, pacha de Bagdad, né en Géorgie, mort en 1762. D'abord esclave d'Ahmed- Pacha, gouverneur de Bagdad, il lui sauva la vie au moment où il allait être dévoré par un lion, et, par reconnaissance, le pacha fit do lui son trésorier, son principal ministre et enfin son gendre. Après la mort d'Ahmed, Soliman fut nommé parla Porte gouverneur de Bassora (1748). Deux ans plus tard, Soliman, qui comptait k Bagdad un grand nombre de partisans, marcha sur cette ville, s'en emparaaprësavoir forcé le pacha Mohammed Teriaki à prendre la fuite, et obtint du gouvernement tured'étre confirmé pacha de Bagdad. Administrateur habile, il sut débarrasser le paya des brigands qui l'infestaient, fit dans ce but de nombreuses expéditions contre les Arabes du désert, et contribua puissamment k donner un grand essor au commerce de Bag-
dad et de Bassora. Il mourut après avoir exercé pendant treize ans avec sagesse les pouvoirs d'un véritable souverain. C'était un homme brave, hardi, intelligent et d'une grande fermeté, qui néanmoins subit constamment l'ascendant de sa femme, Adila- Khatoun, princesse avide et vindicative.
SOLIMAN, dit le Vieux, pacha de Bagdad, né en Géorgie en 1720, mort en 1802. Ii fut esclave dans sa jeunesse, puis affranchi. Devenu, grâce à son mérite, gouverneur de Bassora, il défendit pendant un an cette ville contre les Persans (1775), fut fait prisonnier et envoyé à Chivaz, où il resta jusqu'en 1779. Rendu à la liberté, il revint en Turquie et fut alors nommé à la fois pacha de Bassora et de Bagdad. Son esprit de justice et sa douceur le rendirent rapidement populaire et lui valurent d'être maintenu à son poste jusqu'à sa mort. Soliman réprima les incursions des Kourdes et des Arabes, mais il essaya sans succès de réduire le cheik de la tribu de Kiab, dans le golfe Persique (1783). En 178S, il comprima une révolte suscitée par le moutselira de Bassora, vainquit en 1791 Timour-Pacha, qui, depuis quelque temps, ravageait la Mésopotamie, accueillit avec une faveur marquée les voyageurs français et se montra d une extrême tolérance envers les chrétiens. Pendant la guerre qui eut lieu entre la Turquie et la République française, Soliman fit tous ses efforts pour préserver le consul Rousseau de tout mauvais traitement et contribua à lui faire rendre la liberté. Chargé en 1798 par le gouvernement turc de combattre la secte des wahabites, il les surprit, les mit en fuite et leur accorda la paix; mais, en 1802, ceux-ci entrèrent dans le gouvernement de Bagdad, où ils se livrèrent à de grands ravages et à un pillage organisé. Soliman mourut au moment où il se mettait à la tête d'une armée pour les réduire.
SOL1MAN-AL-KHADEM. général ottoman, mort en 1553. Fils d'un corroyeur de Metelin et eunuque, il fut l'esclave du sultan Sélim 1er et fit preuve de talents qui lui valurent d'être nommé pacha de Damas en 1521. Le grand vizir Ibrahim, qu'il avait aidé à étouffer la révolte d'Ahmed-Pacha en Egypte, lui donna en 1525 le gouvernement de ce pays. Soliman administra l'Egypte avec une grande habileté, y fit élever un grand nombre d'édifices utiles et procéder au cadastre général des terres. En 1538, il fut nommé gouverneur de J'Yémen et fut chargé d'aller avec une armée au secours des princes musulmans de l'Inde attaqués par les Portugais. Après s'être emparé d'Aden, il arriva dans l'Inde, assiégea Diu sans succès et dut revenir dans l'Yémen, par suite de la désertion d'une partiede ses troupes. Au lieu de la modération qu'il avait montrée en Egypte, il se montra dans le gouvernement de J'Yemen d'une sévérité extrême et se livra même à des exactions et à des actes de cruauté qui le rendirent odieux. En 1539, il fit mettre à mort le gouverneur de Zabid, changea la plupart des administrateurs de l'Yémen, fit un pèlerinage à La Mecque, revint au Caire en 1539 et reprit l'administration de l'Egypte. De retour à Constantinople en 1541, Soliman fut nommé grand vizir et remplit ces fonctions jusqu'en 1544. A cette époque, il tomba en disgrâce et finit sa vie dans la retraite.
SOLIMENA (Francesco), peintre italien, né à Nocera-de-Pagani, royaume de Naples, en 1657, mort à La Burra, près de Naples, en 1747. Le cardinal Orsini, frappé de ses grandes dispositions, décida son père, qui voulait en faire un jurisconsulte, à le laisser se livrer à son goût pour la peinture. Solimena se rendit alors à Naples, prit des leçons de Di Maria et de Del Polo, puis étudia les œuvres du Calabrese, de Lanfranc, du Guide et de Bierre de Cortone. Doué d'une facilité prodigieuse, q^ui lui permit d'exécuter un nombre immense d œuvres, composant avec habileté, joignant à un coloris vigoureux une touche savante et ferme, Solimena peignit avec un égal succès dans tous les genres et obtint une vogue extraordinaire. Par malheur, il lui manqua ce qui fait les grands artistes, l'originalité, et il abandonna le grand style pour tomber dans le maniérisme. Après ia mort de Luca Giordano, son ami et son émule (1705), en pleine possession de la renommée, il ne soigna plus ses œuvres, qu'il ne vendit pas moins à haut prix. Il ac.uit une fortune considérable et mourut comblé d'honneurs. A Naples, où il passa presque toute sa vie, il peignit plusieurs fresques , notamment la Chute de Simon le Magicien et la Conversion de saint Paul, ses chefs-d'œuvre, à San- Paolo-Maggiore; Béliodcre chassé du temple, à la Trinua-Miiggiore; la Gloire de saint Philippe, qui orne la coupole de l'église de ce saint, etc. Parmi ses tableaux à l'huile, disséminés dans la plupart des musées de l'Europe, nous citerons : a Naples Elie et Elisée, à l'église del Carminé ; Saint François, à laDouna-Maria; à Assise, une belle Cène, dans le réfectoire du couvent; à Rome, Abraham adorant les anges, h l'église du Jesu; Proserpine et les Quatre parties du monde, au palais Doria; a Florence, Diane et Calisto, son portrait, dans la galerie publique; à Sarzane , Saint Eutychien , saint Genès et saint Philippe, dans la cathédrale ; à Amone, Sainte Thérèse écrivant, aux Scalzi; à Turin, Saint Philippe de Neri en extase, dans
sou
l'église de ce saint; au Louvre, Héliodore chassé du temple; Adam et Eve épiés par Satan; à Munich, Prêtre offrant à un ange une couronne d'or, à la pinacothèque; à Vienne, Descente de croix; la Bésurrection; Céphale et l'Aurore; Borée enlevant Orythie; à Dresde, la Madone et saint François dePaule; une Mater Dolorasa; Madeleine; Combat des Centaures et des Lapithes; la Mort de Sophonisbe; Apparition de deux déesses à un berger; à Darmstadt, Saint François adorant la Vierge; a Madrid, Prométhée enchaîné; le Serpent d'airain, etc.
SOL1N s. m. (so-lain — rad. sole). Constr. Enduit de plâtre ou saillie de pierre affectant la forme d'une bande et servant à combler un vide, à raccordet aes surfaces, à empêcher des infiltrations.
— Encycl. Une couverture en métal, en ardoise ou en tuile ne pouvant être adhérente à la pierre, il existe une solution de continuité entre cette couverture et la construction de pierre qui s'élève au-dessous d'elle. Pour opérer une jonction, on a d'abord masqué le joint par une saillie afin d'en éloigner 1 eau et d'éviter les infiltrations qui auraient eu lieu sous les combles; puis, renonçant à cette manière de faire employée beaucoup dans les monuments du moyen âge, on a établi des sotins, consistant en une lame de zinc que l'on incruste dans la pierre et que l'on revêt d'une bande de plâtre. Le plus souvent, ou se passe de la lame de zinc et l'on se contente de calfeutrer au moyen d'un solin en plâtre de om,05 à om,15 de largeur. Pour augmenter l'adhérence du plâtre, on ique avec soin les parties où doivent s'étalir les sotins; lorsqu'ils doivent être exécutés dans les parties où le gonflement du plâtre produirait des effets désastreux, on les fait en plâtre gâché très-clair; mais lorsqu'ils sont appliqués au pourtour des parquets et des colle is des marches d'escalier, on se sert de plâtre bien gâché. Pour faire 1 mètre de longueur d'un petit solin de om,05 à 0ro,06 de largeur sur om,02 d'épaisseur, il faut OmCjOOlS de plâtre, déchet compris, et 0^,15 d'un maçon avec son garçon. Les sotins font partie des ouvrages appelés, dans la plàtrerie, les légers; ils s'estiment au mètre linéaire en les réduisant en cette dernière mesure; ainsi le mètre linéaire de solins de O""^ à 0m,03 de largeur équivaut en valeur aux 0,04 de celle des légers pris pour type, c'est-à-dire que si le prix du mètre carré de légers est de 3 fr. 20 en moyenne, celui d'un mètre de solin de on>,02 à O'M de largeur sera égal à 0,04 x 3,20 = 0 fr. 128. On trouverait de môme que le mètre linéaire de solins de
om,03 à 0™,05 vaut en légers 0,05 0<n,03 à On», 10 — 0,08
OU», 09 à 0m,13 — 0,16
Soit en francs, à 3 fr. 20 l'unité de légers ouvrages : 0 fr. 16 ; 0 fr. 26 ; 0 fr. 38 ; o fr. 51.
SOUN (Caïus Julius Solincs), géographe latin du irra siècle. Les savants ne sont pas d'accord sur l'époque de sa vie. L'opinion la plus vraisemblable est qu'il fut contemporain de Censorinus, c'est-à-dire qu'il vécut vers l'an 230. On lui doit un ouvrage intitulé Polyhistor, qui traite de l'ethnographie et de 1 histoire naturelle de divers pays, ouvrage pour la rédaction duquel l'auteur paraît s'être beaucoup servi de celui de Pline. Le style de Solin est ampoulé et incorrect. La première édition a paru en 1473 sous ce titre : De situ et mirabilibus orbis. La plus célèbre de toutes les éditions est celle de Saumaise (Paris, 1629, 2 vol. in-fol. ; réédité à Utrecht, 1689, in-t'ol.). Le Polyhistor a été traduit en allemand par Heydan (Francfort, 1600, in-fol.), en italien par Doraenichi (Venise, 1603, in-ioj et en français (Paris 1837, dans la Bibliolhègue Panckoucke). On attribue à Solin un poème sur la pèche intitulé Pontica, dont il existe vingt-deux vers dans Y Anthologie latine de Burmann et daus les Poetse latini minores de Wernsdorf.
SOUNûEIS', villa ds Prusse, province du Rhin, régence et à 31 kilom. S.-E. de Dusseldorf, près de la "Wipper, ch.-l. de cercle-, 6,000 hab. et plus de 17,000 en y comprenant toutes ses dépendances. Cette ville est depuis longtemps le siège d'une importante fabrication d'ouvrages de fer et d'acier, produisant annuellement 500,000 lames de sabres, épées et fleurets ; 500,000 douzaines de couteaux et fourchettes , 300,000 paires de ciseaux, etc. On y trouve encore quelques fabriques de coton, de toiles et de tabac.
SOL.INOTE adj. (so-li-no-te — du lat. solus, seul, et de note). Mus. Qui donne une seule note: Instrument sûlinotk. H Mot barbare; il eût fallu dire uninote.
SOLIPÈDE adj. (so-li-pè-de — du lat. solus, seul; pes, pied). Mamm. Se dit des mammifères qui n'ont qu'un seul doigt apparent, ou un seul sabot a chaque pied. Il Mot mal fait à tous égards, et qui signifie qui a un pied solitaire. Quelques auteurs le regardent comme une contraction arbitraire de solidipèdk.
• — s. m. pi. Famille ou ordre de mammifères, voisin des pachydermes, comprenant le seul genre cheval : L'organisation spéciale des solipèdes nous semble propre à caractériser un ordre distinct. (E. Baudement.)
— Encycl. Solipède signifie littéralement
SOLÎ
animal à un seul pied et, par conséquent, est un terme impropre, si on le juge rigoureusement sur son étymologie; mais l'usage a prévalu de s'en servir pour signifier que les solipèdes n'ont aux pieds qu'un seul doigt. Or, cette acception reçue n'est pas encore parfaitement correspondante à la conformation naturelle de ces animaux; ils n'ont bien, en effet, qu'un seul sabot à chaque pied et, par là même, qu'un seul doigt apparent; mais il n'en reste pas moins à l'intérieur, dans le squelette, les rudiments des deux doigts qui manquent et qui ne restent que sous la forme de ce qu'on appelle les stylets. Il est à remarquer qu il est très-ordinaire de rencontrer des chevaux chez lesquels ces doigts manquants sont plus ou moins développés et très-faciles à distinguer; c'est un cas anomal que constatent assez souvent les vétérinaires. L'animal fossile {Vhipparion) que l'on a considéré comme l'aïeul primitif du cheval actuel avait les trois doigts développés, et, chose non moins remarquable, ces trois doigts se trouvent encore marqués aujourd'hui dans le petit embryon du cheval.
On a souvent cherché à changer la dénomination des solipèdes en leur donnant un nom qui fût plus exact et qui exprimât mieux leur caractère le plus saillant, de n'avoir qu'un doigt apparent enveloppé dans un sabot. Illiger les désigna par le nom de solidungula. Klein avait déjà proposé la dénomination de tnonochîles, du grec m'onos, unique, et chélê, pince ; mais ces diverses dénominations n'ont point prévalu. Les vétérinaires les appellent communément monodactyles. M. Gray a proposé de dénommer la famille par un mot tiré de celui du genre équidés {equus, cheval) ; puis il voulut la dédoubleren deux genres, le genre cheval (equus) et le genre âne (asimis); mais ce dédoublement n'a point été accepté. Enfin, Isidore Geoffroy Saint-Hilaire a adopté simplement le nom i'équidés.
Linné rangeait les solipèdes en tête de ses bellu& ou animaux onguiculés et non ruminants. Cuvier en faisait la troisième famille de son ordre des pachydermes.
La famille des solipèdes est, avec l'ordre des ruminants , la plus connue de toute la zoologie et celle qui est la plus utile à l'homme, non-seulement pour le travail qu'il en tire, mais encore pour tous les produits qu'elle fournit à l'industrie et qu'elle peut fournir à l'alimentation. V. cheval.
— Paléont. Dans la tribu des solipèdes, on distingue trois genres: les anchithériums, les hipparions, qui ont vécu pendant l'époque tertiaire , et les chevaux, qui n'appartiennent qu'à la période diluvienne et moderne.
Les anchithériums ont - molaires, dont
les supérieures à deux collines obliques rejoignant le bord, qui montre deux échancrures, et les inférieures à deux croissants successifs. La première de chaque mâchoire est beaucoup plus petite que les autres. L'astragale ressemble à celui des chevaux.
Les hipparions sont principalement caractérisés par le ruban qui fait le tour de leur dent. Ce ruban, plus festonné que dans les chevaux, laisse en dehors de lui, au côté interne, une petite Ile d'émail qui ne se lie que tard au reste de la dent. Cette lie est représentée, chez les chevaux, par un repli qui n'interrompt pas la lame d'entourage. La prémolaire caduque e3t plus grande. A ce genre se rattachent les hippothériums, qui ont la lame d'émail un peu plus plissée. Ces derniers ont été découverts dans le miocène supérieur, et les hipparions dans le pliocène de la France. Ils paraissent avoir été retrouvés dans l'Inde. Ils ont trois doigts à tous les pieds.
Les chevaux appartiennent à l'époque diluvienne et moderne. Leur origine et celle de l'âne se placent en Asie, et on croit que les peuplades nombreuses qui ont maintenant passé de cette région en Europe ont été accompagnées par les animaux et les plantes les plus nécessaires h leur vie ; de là l'introduction en Europe des chevaux, qui n'y existaient pas auparavant. Toutefois , on trouve des débris fossiles qui attestent qu'ils ont vécu en Europe pendant toute l'époque diluvienne. En Amérique, il n'y avait point de chevaux avant la conquête des Espagnols ; or, on trouve à l'état fossile, dans les terrains de ce pays, des débris qui prouvent l'existence' de ce genre pendant l'époque diluvienne ; les dernières inondations ont détruit l'espèce antédiluvienne ; puis, après un long intervalle, ce continent s est repeuplé d'animaux semblables. Les mêmes faits ont pu se passer en Europe. La plupart des ossements d'Europe ont de très-grandes analogies avec ceux du cheval actuel, sauf quelques différences de taille. L'equus piscenensis formait une espèce plus élancée que l'âne et moins grande que le cheval. L'equus plicidens est caractérisé par une lame d'émail presque aussi festonnée que celle des hipparions, L'Asie renferme aussi des débris de chevaux, et en Amérique on en a trouvé de nombreux fragments. L'equus curvidens est remarquable par ses molaires courbées.
SOLIPSE s. m. (so-li-pse — du lat. solus seul, et ipse, moi-même). Nom injurieux donné aux jésuites, accusés d'égoïsme.
90LIS (Juan Duz de), navigateur espa-
SOLI
gnol, né à Lebrixa, mort en 1515. Il était devenu un habile cartographe, lorsqu'il suivit Pinzon dans ses voyages d'exploration maritime et découvrit avec lui le Yucatan et lo fleuve des Amazones (1508). A son retour, il fut nommé pilote royal et fut chargé en 1512, déjà direction des cartes nautiques. Cette même année, il s'embarqua pour continuer les découvertes de Pinzon et découvrir un détroit qui séparât )e continent américain et offrit un passage pour conduire aux i Molnqnes. Après avoir mouillé dans la baie de Rio-Janeiro, il explora la côte du Brésil et aperçut un vaste bras de mer qn'ij crut être le passage cherché. « Il prit possession de la côte septentrionale au nom du roi d'Espagne, dit Eyriès, et nomma mer Fraîche l'étendue d'eau qu'il avait devant lui. Côtoyant la terre, il vit des Indiens qui nommaient le fleuve Paranguaza, c'est-à-dire grande mer ou grande eau. Il y aperçut quelques indices d'or et l'appela de son nom.» Ce fleuve, désigné alors sous te nom de rio de Solis, se nomme aujourd'hui le rio de la Plata (rivière d'argent). De retour en Espagne, il obtint du roi l'autorisation de conquérir le pays qu'il venait d'explorer et, le 8 octobre 1515, accompagné de son frère et de François Corrès, pilotes de l'expédition, il quitta le port de Lepe avec trois navires et 60 soldats. Arrivé à l'embouchure du fleuve il entreprit de l'explorer sur une caravelle et s'aventura dans l'intérieur des terres. Les indigènes lui firent un excellent accueil et lui offrirent des présents. Plein de confiance, il se laissa attirer dans une embuscade et fut tué avec les hommes qui l'avaient suivi, sans que l'équipage de la caravelle pût lui porter secours. Les Indiens emportèrent son corps, le firent rôtir et le mangèrent. A cette nouvelle, l'expédition leva l'ancre et revint en Espagne.
SOUS (Virgile), graveur allemand, né à Nuremberg en 1514, mort dans la même ville en 1570. On lui doit plus de huit cents pièces, tant en cuivre qu'en bois, dont les plus estimées sont : une Collection de portraits de rois de France, depuis Phiiramond jusqu'à Henri III, avec une explication en latin (Nuremberg, 1566, in-8<>), et les Métanwphoses d'Ooide, en cent soixante-dix pièces gravées sur bois (Franufort-sur-le-Mein, 1563, in-8°).
SOLIS (Antonio de), historien et poète dramatique espagnol, né à Piacentia (Vieille- Castîlle) en 1610, mort à Madrid en 1686. Ami et émule de Caldeion, il composa une grande quantité de comédies et de drames qui eurent quelque Succès, mais qui sont entièrement oubliés aujourd'hui. La première comédie, Amor y obligation, fut représentée à Salamanque en 1627, alors qu'il n'avait encore cjue dix-sept uns et qu'il étudiait le droit à 1 université de cette ville. Parmi ses autres pièces, les seules qui méritent d'être mentionnées sont : l'Amour à la mode (1630), comédie que Thomas Corneille a imitée ; Orphée et Eurydice (1642); les Triomphes de l'amour et de la fortune (1658); VAlcazar du secret; la Bohémienne de Madrid, tirée de la nouvelle de Cervantes qui porte le même titre, etc. Devenu, vers 1640, secrétaire du duc d'Oropesa , c'est pour le divertissement de ce grand seigneur qu'il composa ces quatre dernières comédies, et il composa aussi, pour être représentes dans les solennités catholiques, un grand nombre d'autos. En 1654, il fut appelé à la cour en qualité de secrétaire particulier de Philippe IV; la régente, Marie-Anne d'Autriche, le nomma, en 1666, historiographe des Indes, et l'année suivante il entra dans les ordres. Dès cette époque, abandonnant les compositions profanes, il se borna à remplir les devoirs de sa charge et occupa ses loisirs à rassembler les matériaux d'une Histoire de la conquête du Mexique, qui ne vit le jour que peu de temps avant sa mort (Madrid, 1684, in-fol.). C'est le principal titre littéraire de Solis, mais, quoique Sismondi l'ait appelé un i excellent ouvrage, » il n'est point sans défaut; il manque d'exactitude et contient trop souvent, au lieu de la vérité historique , des morceaux de prose fleurie.
« Pour les étrangers moins sensibles que les Espagnols aux beautés spéciales du style, Solis est surtout, dit M. E. Baret, un historien artiste, une sorte de Quinte-Curce espagnol, qui, moins soucieux d'instruire que de plaire, mêlant à ses récits l'imagination du poêle dramatique, subordonne la vérité aux ornements du discours et semble moins écrire une histoire qu'une nouvelle... Les Espagnols modernes confessent volontiers ces défauts. Ils distinguent le clinquant qui se mêle quelquefois à l'or dans cette trame brillante, mais ils se montrent extrêmement sensibles à la parfaite éiégance de sa plume. Ils lui savent gré d'avoir échappé mieux qu'auteur de son temps au détestable goût alors à la mode, et de n'avoir gardé du cultisme qu'une certaine affectation d'ornements qui ne dégénère jamais en puérilités, uu goût de métaphores qui ne s exerce jamais aux dépens du seus commun. Ils font à Solis un mérite capital d'avoir un style à lui, sans imitateur, comme sans modèle; un style tellement pris dans le vrai génie de la langue castillane, qu'il n'est pas un terme, pas une locution qui ait vieilli; ils prétendent qu'à bien considérer les parties solides de son ouvrage on verra que nul écrivain, avant comme
SOLI
après Solis, n'a su exprimer de grades pensées en termes plus nobles, plus élégants, plus délicats, en périodes plus finies et plus harmonieuses. Enfin, le patriotisme national lui sait gré, non-seulement d'avoir consacré un des faits les plus .glorieux des armes espagnoles, mais encore d'avoir fourni un écrivain au déplorable règne de Charles II qui, grâce à Solis, n'offre plus une lande entièrement stérile. »
L' Histoire de la conquête du Mexique a été souvent réimprimée (Madrid, 1183, 2 vol. in-4<>; 1798, 5 vol. in-12; Bruxelles, 1704, in-fol.; Barcelone, 1840, 2 vol. in-8°); elle a été traduite en français par La Guette (Paris, 1691, in-4«). Le Théâtre de Solis forme le tome IX du recueil des Comedias escogidas, de La Huerta (1681, in-4<>). On a en outre d'Antonio de Solis un recueil de poésies diverses : Varias poesias sagradas y profanas (Madrid, 1692, in-4<>.).
SOLIS (bon François de), peintre espagnol, né à Madrid en 1629, mort en 1684. fW l'âge de dix-huit ans, il exposa dans l'église de la Patience, à Madrid, un tableau qui le signala à l'attention du roi Philippe IV. Solis fut chargé d'un grand nombre de travaux, parmi lesquels nous citerons les tableaux qu'il peignit pour les capucins du Prato, et surtout une célèbre Conception dans laquelle il représenta la Vierge foulant au pied la tête du dragon, sujet dont beaucoup d églises lui demandèrent une répétition. Il a peint un nombre immense de Vierges. Il a laissé une Vie des peintres, sculpteurs et architectes de son pays, que la mort l'a empêché de livrer à l'impression et dont le manuscrit a servi à Pierre Guarrienti pour ses additions à VAbecedario pittorico de i'Orlandi.
SOLISTE s. m. (so-li-ste — du lat. solus, seul). Mus. Celui qui exécute des soli : Là, presque tous les corps de métier ont leurs sociétés chorales, qui prêtent volontiers des solistes aux fêtes d'aviateurs. (L. Enault.)
— Adjectiv. : Musicien soliste. Premier violon SOLISTE.
— Encycl. Le soliste, dans un orchestre, exécute les solos écrits pour l'instrument dont il joue. Assez généralement, cependant, on désigne ce virtuose par le nom de son instrument, en y ajoutant le mot solo; ainsi l'on dit le violon solo, le violoncelle solo, la flûte solo, la clarinette solo ; mais, lorsqu'on ne spécifie pas d'instrument, l'artiste prend cette dénomination , et l'on dit .* • le meilleur soliste de l'orchestre; l'orchestre contient d'excellents solistes. ■ Castil-Blaze nous fournit quelques détails sur les solistes dans nos anciens orchestres : « En 1797, dit-il, les virtuoses d'élite, destinés à jouer les solos, furent affranchis du service de l'orchestre. Ces musiciens ne se fatiguaient point u pousser les grosses notes, à doubler la partie de violon ou de violoncelle tenue par leurs confrères. Les solistes se reposaient pendant les ensembles de la symphonie et ne Se faisaient entendre que dans les récits du chant instrumental. Plusieurs de ces musiciens appartenaient à l'orchestre de l'Opéra ; d'autres furent engagés pour les remplacer quand on fit sortir des rangs cette troupe de réserve; elle ne devait donner que dans les cas extraordinaires. Rode, Levasseur, Hugot, Sallentin, Xavier Lefôvre , Frédéric Duvernoy, Ozy jouèrent les solos de violon, de violoncelle, de flûte, de hautbois, de clarinette, de cor, de basson. En 1821, Baillot est appelé pour exécuter les solos de violon ; ses honoraires sont portés à 6,000 francs. Tous les emplois de mollîtes spéciaux furent supprimés en 1831. »
SOLISTIMUM s. m. (so-li-sti-momm). Antiq. rom. Présage favorable que les Romains tiraient de ce que les poulets sacrés laissaient tomber du bec quelque? grains en le prenant avec trop d'avidité.
SOLITAIRE adj. (so-li-tè-re — lat. solitarius; de solus, seul). Qui est seul, qui aime à être seul, qui fuit la société : Homme solitaire. Femme solitaire. L'homme solitaire a besoin qu'une émotion intime lui tienne lieu du mouvement extérieur qui tui manque. (M111* de Staël.) L'orgueil pur appartient à l'homme solitaire. ( Chateaub. ) Nul n'est fait pour être solitaire et indépendant. (Alibert.) Le loup est solitaire, et le chien est essentiellement sociable. (Piourens.) Ne soyons pas solitaires, mais vivons retirés. (J. Dioz.)
Heureun l'homme qui vit et reste solitaire.
— Qui est délaissé, qui n'est pas recherché, qu'on ne fréquente pas : L'écrivain malheureux et solitaire s'adresse, en imagination, à quelque lecteur inconnu qui voudra bien prendre part à ses peines. (Ch. Nod.)
— Qui n'est point partagé, communiqué : "Une douleur solitaire.
— Qui pousse à rechercher la solitude, qui a la solitude pour but ou pour résultat : Humeur solitaire. Goûts solitaires. Habitudes solitairkS. Il Qui se passe, qui s'écoule dans la solitude : Vie solitaire.
— Qui est placé, situé dans la solitude, dans un lieu écarté, peu fréquenté : Un bois solitaire. Un paysage solitaire. Une cabane solitaire. One rue solitaire. Voyez ces chalets solitaires adossés contre les rochers et protégés par tes tiges élancées des sapins. (Deppiog.)
SOLI
Du haut d'un mât apparaît sur les Dota Le phare solitaire, espoir des matelots.
AlONAN.
J'aime mieux, m'écartant des routes de la terre. Suivre dès le matin mon sentier solitaire.
Lamartine.
Heureux qui peut, ûu sein du vallon solitaire, Naître, vivre et mourir dans le champ paternel S