‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 14Chapitre 501 sur 1059 · CORMENIN · texte numérisé non relu

CORMENIN

« La mauvaise réception que le public à faite à cet ouvrage m'avertit qu'il est temps que je sonne la retraite, et que des préceptes de mon Horace je ne songe plus qu'à pratiquer celui-ci :

Solve senescentem mature sanus equum, ne Peccet ad extremum ridendus et ilia ducat.' Corneille.

SOLVET (Louis-Charles), magistrat, né à Paris en 1795. Il venait de sortir du collège lorsqu'en 1813 il s'engagea dans un régiment de tirailleurs de la garde et combattit jusqu'à la chute de Bonaparte. Pendant la première Restauration, M. Solvet obtint un emploi au secrétariat de la duchesse d'Angoulême,puis il étudia le droit et Se fit inscrire comme avocat au barreau de Paris en 1827. Deux ans plus tacd, il fut nommé secrétaire général de la préfecture de l'Oise, fonctions qu'il remplit jusqu'à la révolution de Juillet 1830. Deux ans après, M. Solvet entra dans la magistrature. Après avoir été substitut à Vassy (1832), puis a Soissons (1834), il fut nommé juge à Alger, où il a rempli successivement ensuite les fonctions de conseiller (1842), puis de président à la cour d'appel (1862). Vers 1865, il a été mis à la retraite et nommé président honoraire. Membre de la Légion d'honneur et officier de l'instruction publique, ce magistrat s'est fait connaître par quelques travaux sur des matières juridiques ou historiques, et par une Notice sur les succesiions musulmanes, insérée à la suite de la Chrestomalltie arabe de M. Bresnier.

SOLVYNS (François-Balthazar), voyageur et peintre belge, né à Anvers en 1760, mort dans la même ville en 1824. Il servit danâ l'armée des Pays-Bas jusqu'à la Révolution de 1789, passa ensuite en Autriche, puis fit un voyage dans l'Inde, De retour en Europe, il se fixa à Paris et fit paraître un immense ouvrage sur les Indous (1809, 4 vol, in-fol., avec 288 planches coloriées). Ces planches, dont la valeur artistique est faible, sont assez remarquables comme exactitude. On signale, parmi les productions artistiques de Soivyns, plusieurs marines, entre autres, le Port d'Ostende, qui est aujourd'hui au palais impérial de Vienne.

SOLVVTSCHEGODSKE, ville de la Russie d'Europe, dans le gouvernement et à 54 kilom. N.-É. de Vologda, sur la rive droite de la Vytschegda; 2,800 hab. Tanneries, commerce de bestiaux.

SOLWAY (golfe de), VItuna msiuariuui des Romains, goife formé par la mer d'Irlande entre l'Angleterre et l'Ecosse. 11 baigne au N. les comtés écossais de Wigton , de Kirkudbrigth et de Dumfries, et au S. le comté de Cuinberland. Ses rives unies, sablonneuses et sur quelques points bordées de rochers peu élevés, présentent plusieurs baies de débarquement pour les petits navires. Il reçoit plusieurs cours d'eau, dont les plus considérables sont le Sark, l'Esk et le Derweut. Pèche abondante de harengs et de saumons, il Sur la rive septentrionale du golfe de Soiway, il s'est formé, depuis 1771, entre les embouchures de l'Esk et du Sark, un marais assez étendu que les Anglais appellent Sotway-Moss.

SOLYMA, un des noms de Jérusalem.

SOD0A s. f. (so-ma). Métrol. Mesure de capacité qui était usitée dans plusieurs parties

SOMA

de l'Italie et qui valait à Ancône S'it.on, à Bergame l64li»,787.

SOMA ou TCHANDRA, dieu qui préside à la lune dans la mythologie indoue. On le représente en blanc, monté sur un char tiré par dix chevaux ou bien assis sur un lotus. De la main droite il bénit, dans sa gauche il tient une massue. De son nom le lundi a été appelé somavara (comparez, latin, lunss dies). C est le lever ou le coucher de la lune et ses phases différentes qui règlent toutes les cérémonies indoues. Si le soleil est père d'une dynastie, la lune a aussi la sienne, dont le premier roi est le Bouddha. Voici comment on raconte son origine. Des yeux du patriarche Atri jaillit un rayon de lumière qui fut reçu par la déesse de l'espace ou la voie lactée personnifiée qui produisit Soma. D'autres disent que des yeux d'Atri sortit une humeur blanche qui tomba dans la mer et que le patriarche recommanda à l'Océan en lui disant que c'était son fils. L'Océan la négligea et la laissa flotter au gré des vents. A la fin il la fixa, lui donna une forme humaine, l'admit à sa cour avec Lakchmi, qui passait pour sa sœur, puis enfin il l'adopta comme son fils. Mais Somane répondait point à l'attente des dieux, qui battirent les eaux de l'Océan pour en tirer les quatorze choses précieuses qu'ils désiraient et, entre autres, une lune propre aux créatures vivantes. Ils prirent l'ancienne et, avec l'êpiderme de Vichnou, qu'ils avaient gratté, ils la jetèrent dans la mer comme un levain avec toutes sortes d'herbes et de plantes. Après l'avoir bien battue, ils obtinrent une nouvelle lune parfaite, formée des plus pures parties de Yamrita ou ambroisie. Pour lui donner un régent sous une forme humaine, la Trimourti s^incarna dans le sein d'Anasoùgâ, femme d'Atri , et de Brahma fut formé Soma. Soma eut, comme les autres dieux, pour père spirituel Urihaspati, dont la femme, nommée Tara , lui inspira des sentiments illégitimes. Il la déshonora en l'absence de son maître qui, voyant sa femme enceinte, maudit Soma et le précipita dans la mer. Tara accoucha du Bouddha et fut ensuite réduite en cendres. Brahma lui rendit la vie et, comme le feu l'avait purifiée, Urihaspati consentit à la reprendre. Cependant l'Océan, irrité contre celui qu'il appelait son fils, le déshérita. Soma s'adressa à Lakchmi ; par son intercession, une partie de son péché lui fut remise et il commença à reprendre sa splendeur. Il eut recours aussi à Dourgâ qui, pour le rétablir dans le ciel, eut l'idée de le mettre sur le front de Siva, son mari, qui, "ainsi orné, entra dans l'assemblée des dieux. Urihaspati se fâcha, mais Brahma l'apaisa en lui disant que Soma ne serait plus que parmi les planètes. On voit aisément que tous ces contes ne sont que des allégories astronomiques. L'antique zodiaque indou était composé de vingt-sept constellations. On en avait fait autant de nymphes, filles de Dakcha et épouses de Soma. Suivant quelques auteurs, la partie nord éclairée de la lune était le séjour des pitris ou mânes, qui s'y nourrissaient de l'amrita ou ambroisie, dont elle est le réservoir. Son disque est divisé en seize parties appelées kalâ, dont une est prise par les dieux et les pitris, chaque jour de son déclin. Outre les noms de Soma et de Tchandra, la lune en porte d'autres encore. On l'appelle l'amie du lotus, qui ne s'épanouit qu'après le coucher du soleil. Le dieu Soma est encore le roi des plantes, le maître de la nuit et des planètes et le chef des brahmanes. La personne née sous l'aspect de la planète Soma aura beaucoup d'amis, sera riche et honorée, nourrie de mets excellents, couchée sur des lits magnifiques, possédera des éléphants, des chevaux, des palanquins, etc. Les taches de la lune paraissent des lièvres aux yeux des Indous, ou bien c'est une biche que le dieu tient sur ses genoux; de là l'épithète de mrigânka. On lui donne également une biche ou une antilope pour symbole sur sa bannière.

SOMAGUA, bourg du royaume d'Italie, province de Milan, district de Lodi, mandement de Borghetto ; 2,160 hab.

SOMAGUA (Jules-Marie), cardinal italien, né à Plaisance en 1744, mort en 1830. Grâce à la protection des jésuites, il entra et obtint de l'avancement dans l'administration pontificale. Cardinal depuis 1795, il se trouva compromis dans les émeutes de 1797 et fut emprisonné, puiij chassé de Rome par les autorités françaises. Il fit partie du conclave de 1799, resta en France pendant la fin de l'Empire et contribua, en 1814, de concert avec le cardinal Pacca, au rétablissement de la compagnie de Jésus. En 1820, il fut nommé évèque d'Ostie et de Velletri et cardinaldoyen. Lors du conclave de 1823, qui aboutit à l'élection de Léon XII, Somaglia obtint un certain nombre de voix. Il devint le secrétaire d'Etat du nouveau pape, fonctions qu'il occupa jusqu'en 1828. On a attribué à Somaglia, en 1824, l'intention de détruire la république de Saint-Marin. Ce projet, si projet il y eut, n'eut même pas un commencement d'exécution.

SOMAIN, bourg et commune de France (Nord), canton de Marchiennes. arrond. et a 17 kilom. E.de Douai; pop. aggi., 2,610 hab. — pop. tôt., 3,335 hab. Distillerie, fabrication

SOMA

de sucre, peigneries de Mae, fabrication de métiers de filature.

SOMA.1ZE (Antoine Baudeati sieur de), littérateur français, né en 1630. Les particularités de son existence sont peu connues. On sait seulement qu'il fut attaché, en qualité de secrétaire, à la personne de Marie Mancini et qu'il la suivit en Italie après son mariage avec le connétable Colonna. Il doit sa réputation littéraire à sa courageuse défense des précieuses attaquées par Molière dans les Précieuses rtdtcuies. Ses principaux ouvrages sont: le Grand dictionnaire des Prélieuses [sic) ou la Clef de la langue des ruelles (Paris, 1660, in- 12); les Véritables Précieuses, comédie (Paris, 1660, in-12); le Procès des Précieuses, en vers burlesques (Paris, 1660, in-12); le Grand Dictionnaire des Prélieuses, historique, poétique, géographique, cosmographique, chronologique et armoirique (Paris, 1661, 2 vol, in-so); le Secrei d'être toujours belle, opuscule à la suite de l'Art de conserver la santé (Paris, 1777, in-12).

SOMAL (Sukias de), érudit et prélat, né à Constantinople en 1776, mort en 1846. Il entra dans la congrégation des méchitaristes de Saint-Lazare, à Venise, où il sent remarquer par son instruction et fut chargé de remplir diverses missions aux Indes et dans sa ville natale. De Somal fut nommé, en 1824, général de sa congrégation et reçut du pape, deux ans plus tard, le titre d'archevêque inpartibus de Sunik. Il était membre de l'Athénée de Venise et de la Société asiatique de Londres. Très-versé dans la connaissance de la langue et de la littérature arméniennes, il a publié, en italien, un Tableau historique de la littérature arménienne (Venise, 1829, in-8°), édité plusieurs ouvrages arméniens et laissé un grand nombre de lettres.

SOMAL1S, race d'indigènes habitant l'Ile de San-Juan-de-Nuova, près de Madagascar.

Les Somalis professent la religion mahométane et se rendent en pèlerinage à La Mecque.

, SOMART s. m. (so-mar). Agric. Champ en jachère. Il Mot usité dans quelques départements.

SOMASCÉTIQUE s. f. (so-mass-sé-ti-ke — du gr. sàma, corps; askeinm exercer). Syn. peu usité de gymnastique. ~

SOMASQUE s. m. (so-ma-ske). Hist. relig. Clerc régulier de saint Maïeul.

— Encvcl. Les somasques suivent la règle de saint Augustin ; ils ont tiré leur nom delà ville de Somasque, située entre Milan et Bergame, qui est leur chef-lieu. Cet institut, qui n'est guère connu qu'en Italie, eut pour fondateur Jérôme Emiliani, noble vénitien; il fut confirmé, l'an 1540 et 1563, par les papes Paul III etPie IV. Leur principale occupation est d'instruire les ignorants et surtout les enfants des principes et. des préceptes de la religion chrétienne et de pourvoir aux besoins des orphelins. Ces religieux, appelés aussi clercs réguliers de saint Maïeul, conservent encore de nos jours la direction du collège Clémentin à Rome. Il est probable qu'ils ont pris pour patron saint Maïeul, abbé de Cluny, mort Van 994, à cause du zèle qu'avait ce religieux pour l'avancement des sciences dans un siècle où elles n'étaient guère cultivées. Les clercs réguliers de la doctrine chrétienne ou doctrinaires font en France ce que les somasques font en Italie.

SOMASQUE, en latin Somasca, bourg du royaume d'Italie, province et à 13 kilom. N.-O. de Bergame, district de Caprino, près de la rive gauche de l'Adda ; 1,500 hab. En 1531, l'institution monacale des frères somasques y fut fondée par Jérôme Emilien de Venise.

SOMATÉRIE s. f. {so-ma-té-rî — du gr.

sâma, corps; erion, duvet). Ornith. Syn. de platypb, genre formé aux dépens des canards, et ayant pour type L'eider.

SOMATIQDE s. f. (so-ma-ti-ke — gr. sàmatikos; de sàma, corps). Qui appartient, qui a rapport au corps.

— Méd. Se dit d'un système aliéniste qui attribue la folie à des lésions matérielles : Doctrine somatique.

SOMATIQUE s. m. (so-ma-ti-ke — du gr, sàmatikos, charnu). Entom. Genre d'insectes coléoptères hétéromères, de la famille des mélasomes, tribu des sépidies, réuni par plusieurs auteurs aux trachynotes, et dont l'espèce type vit au Cap de Bonne-Espérance.

SOMATISTE s. m. (so-ma-ti-ste — du gr.

sdma, corps). Méd. Celui qui attribue la folie à des lésions matérielles.

SOMA.TO, préfixe qui signifie corps et qui vient du grec sàma, somatos, qui, dans Homère, désigue le corps mort, le cadavre, par opposition à demas, le corps vivant. Pictet rapproche ce mot du sanscrit kshâma, brûlé, et aussi desséché, amaigri, déchu, de la racine kshâ, brûler. Les deux sens de brûlé et de desséché conviennent également bien pour expliquer la signification de cadavre, car les anciens Aryas paraissent avoir brûlé leurs morts.

SOMATODE (so-ma-to-de — du gr. sàmalàdès, charnu). Kntom. Genre d'insectes coléoptères tétvamères, de la famille des charançons, tribu des brachydérides, originaire du Cap de Bonne-Espérance.

SOMATOLOGIE s. m. (so-ma-to-fo-jl — du

' SOMB

préf. somato, et du gr. logos, discours). Médec. Traité du corps humain.

SOMATOLOG1QUE adj. (so-ma-to-lc-ji-ke

— rad. somatologie). Médec. Qui appartient à la somatologie : Eludes somatologiques.

SOMATÛTOMIE s. f. (so-ma-to-to-mî — du préf. samata, et du gr. tome, section). Syn.

peu USité d'ANATOMIB.

SOMATOTOM1QUE adj. (so-ma-to-to-mike — rad. somatotomie). Syn. peu usité d'AMA-

TOMIQUE.

SOMAULIS, nom d'un peuple de l'Afrique orientale, répandu entre 1 Abyssinie et le Zanguebar, le long des côtes du golfe d'Aden et de la mer des Indes. Les Somaulis sont industrieux et commerçants et ont pour villes principales : Berbera et Zeilah.

SOMBERNON, bourg de France (Côte-d'Or), ch.-l. de cant., arrond, et à 28 kilom. O. de Dijon, sur une montagne; pop. aggl., 809 hab.

— pop. tôt., 355 hab. Fabrication de poterie, tuileries. Commerce de laine, grains, .chanvre et plâtre. Restes d'un ancien château et vestiges d'une voie romaine,

SOMCOR, ville de Hongrie. V. ZomboR. SOMBOCL s. m. (son-boul). Pharm. Racine d'une plante otnbellifère, qui nous vient de .Russie.

SOMBRAGE.S. m. (son-bra-je — rad. sombrer), Agric. Premier labour de la vigne.

SOMBRE adj. (son-bre. — Diez croit que cet adjectif, qui a donné le hollandais somber, est identique avec le catalan, portugais, espagnol sombra, ombre. Quant à ce dernier, il le dérive d'un verbe sambrar, mettre dans l'ombre, qui n'existe qu'à l'état de composé. Diez regarde ce verbe sombrar comme une contraction de sonombrar , qui répond au latin subumbrare, ombrager, de sub, sous, et de umbra, ombre. Cette conjecture est d'ailleurs fortement appuyée par l'existence du provençal soisjtmbrar, ombrager. On trouve aussi dans le vieux français le mot essombre, lieu ombragé, qui accuse un type exumbrare, et Burguy en conclut que sombra pourrait en être formé par l'aphérèse du préfixe es. L'étyraologie de Diez est appuyée par le verbe français sombrer, couler bas, proprement disparaître sous les eaux, puis au sens actif labourer profondément, qui présente une métaphore très-naturelle de subumbrare. Scheler signale comme digne d'attention le passage du substantif sombra, ombre, à l'état adjectival sombre, qui est dans lombre). Qui est peu éclairé, qui reçoit peu de lumière : Une maison sombre. Une forêt sombre. Un ciel sombre. Un temps sombre. Une nuit sombre. Tous les objets paraissent sombres, le matin, aux premières lueurs de l'aurore. (Fèn.) Le ciel devient plus sombre et le flot plus dormant.

Ste-Beuve.

Il Qui éclaire mal : Un jour sombre. Une lumière SOMBRE.

Déjà la sombre nuit a commencé son cours.

... Déjà le jour plus sombre Dans les eaux s'éteignant va faire place a l'ombre.

Boileau.

— Foncé et peu éclatant, tirant sur le noir ou sur le brun : Couleur sombre. Les dévotes s'imaginent que les couleurs sombres son* plus agréables à Dieu que les couleurs vives. (Clément XIV.)

— Fig. Obscur, peu clair, difficile à pénétrer, à connaître, à sonder, à comprendre :

II est certains esprits dort les sombres pensées Sont d'un nuage épais toujours embarrassées.

Boileau.

Eternité, néant, passé, sombres abîmes, Que faites-vous des jours que vous engloutissez?

Lamartine.

Il Triste, dépourvu de gaieté, d'expansion : Un sombre avenir.

Nos clartés ici-bas ne sont qu'énigmes sombres. J.-B. Rousseau.

Il Mélancolique, taciturne, chagrin : Un esprit sombre. Un caractère, une humeur sombre. Un visage sombre. Une imagination ardente et sombre, Des idées sombres. De sombrespensées. Vous êtes bien sombre aujourd'hui. (Acad.) L'avarice, triste et sombre passion, autant qu'elle est cruelle et insatiable. (Boss.) Les sombres idées qu'on donne de la vertu la rendent triste et ennuyeuse. (Fén.) Ceux qui ont refusé à leur esprit des pensées graves tombent dans les idées sombres. (J. Joubert.) D'où vous vient aujourd'hui cet air sombre et sévère î

Boileau.

Que le deuil de mon âme était lugubre et sombre.'

Il Ombrageux, défiant, soupçonneux : La sombre administration de Cromwell. (Volt.) La sombre Politique au coaur faux, à l'œil louche.

Voltaire.

— Il fait sombre, Le ciel est obscur, il y a peu de clarté dans l'atmosphère :

Tel qui se dit un ami sûr Est en tout point semblable à l'ombre, Qui paratt quand le ciel est pur Et disparaît quand il fait sombre.

Gobbt.

Il II y a peu de jour, peu de lumière : Il fait bien sombre dans ce logement.

— Poétiq. Royaumes sombres, Rivages som-

SOMB

bres, Sombres bords, Sombre séjour, Enfer des païens :

Seigneur, puisque Thésée a vu les sombres bonis. En vain vous espérez qu'un dieu vous le renvoie.

Raciue.

Tout mortel au sombre séjour Descend à son tour,

Liron, lirette, Descend à son tour.

Grandval.

— Mus. Syn. de sombrée.

— Eaux et for. Coupe sombre, Opération qui consiste à éclaircir un bois, pour que les graines puissent se ressemer et produire de nouveaux plants.

— s. m. Qualité de ee qui est sombre; genre sombre : Les Juifs avaient-ils le goût au sombre et du grand dans leurs édifices, comme les Egyptiens? (Cha.tesmb.)

— Fig. Tristesse noire : J'ai du sombre dans l'âme.

— Erpét. Nom vulgaire d'une espèce d'agame. Il Nom vulgaire d'une espèce de couleuvre.

— Agric. Nom vulgaire de la jachère, en Bourgogne.

— Syn. Sombre, oliacur, ténébreux. V. OBS- CUR.

— Sombre, mélancolique, morne, etC.V. MÉ- LANCOLIQUE.

SOMBRÉE adj. f. (som-bré — rad. sombre). Mus. Se dit d'une voix voilée, couverte, dépourvue de sonorité.

SOMBREMENT adv. (son-bre-man — rad.

sombre). D'une manière sombre.

SOMBRER v. n. ou intr. (son-bré. — V. sombre). Mar, Plonger dans l'eau, y être englouti, couler bas: Ce vaisseau \soMBRÉsousvoites. Ce navire va sombrer. (Acad.) Vous sombrez I c'en est fait/ et votre ancre énorme glisse et laboure en vain le fond. (Chateaub.) Fier en sortant du port, plus d'un navire sombre.

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