‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 14Chapitre 500 sur 1059 · SOLS · texte numérisé non relu

SOLS

Histoire de la vie et de la passion de Noire- Seigneur et les Tragédies d'amour (1607).

SOLORÇANO PERE1RA (Jean de), jurisconsulte espagnol, né à Madrid vers la fin du xvie siècle. On ne connaît que fort peu da particularités sur son existence. D'abord professeur de droit à Salainanque, il se rendit k Lima, où il fut nommé membre du sénat. A son retour en Espagne, il devint membre du conseil des Indes, puis procureur fiscal. Son principal ouvrage est : Disputatio de Indiarumjure,sivedejusta Indiarum occidentalium inquisitione, acquisitione ac retentione (1629, in-fol.). Citons aussi de lui : Bmblemata regiopolitica in cenluriam unam redacta (1C53). Ses œuvres posthumes ont été imprimées k Saîumanque (1654, in-fol.).

SOLOR1 s. m. (so-lo-ri). Bot. Syn. de dalbergib, genre de légumineuses.

SOLORINE s. f. (so-lo-ri-ne). Bot. Genre de lichens, de la tribu des peltigérées, comprenant un petit nombre d'espèces, dont deux croissent en Europe.

— Encycl. Les solorines ont pour caractères : un thalle coriace, foliacé, fibrilleux et légèrement veiné en dessous, k lobes arrondis; de3 scutelles placés dans une cavité de la croûte, un peu arrondis, sessiles, non rebordés, recouverts d'une membrane colorée, presque gélatineuse k l'intérieur, celluleuse ou vésiculeuse, et se détachant du fond, sous forme de coques, au moment de la maturité. Ce genre, qui a des affinités avec les urcéolaires, ne renferme qu'un petit nombre d'espèces, qui habitent généralement les lieux élevés. La solorine en sac se trouve sur la terre ou dans la mousse, au pied des arbres, dans les environs de Paris; la solorine safranée forme de larges tapis, faciles k distinguer par leur couleur, au sommet des montagnes de l'Auvergne. One espèce exotique a été observée sur les écorces des quinquinas.

SOLOTHURN, nom allemand de Solrurk.

SOLOVETZK, lie de la Russie d'Europe, dans la mer Blanche, faisant partie du gouvernement d'Arkhangel, par 64» de latit. N. et 330 40' de longit. E. Elle fournit du talc transparent, employé pour vitrage, et renferme un monastère fortifié qui possède une belle église, but d'un pèlerinage fréquenté.

SOLPUGE s. m. (sol-pu-je). Arachn. Syn.

de galéode, genre d'arachnides.

SOLPUGIDE adj. (sol-pu ji-de — de sotpuge, et du gr. idea, forme). Arachn. Qui ressemble ou qui se rapporte au solpuge.

— s. m. pi. Ordre d'arachnides acères , ayant pour type le genre solpuge ou galéode, et qui paraît devoir être réuni aux phalangides.

SOLRE LE -CHÂTEAU, bourg de France (Nord), chef-lieu de cant., arrond. et k 14 kilom. N.-E. d'Avesnes, sur la petite rivière de la Solre; pop. aggl., 2,511 hab. — pop. tôt., 2,821 hab. Filatures de laines, brasseries, clouterie, fabriques de sucre, tissage des étoffes, couvertures de laine; teinturerie, marbrerie, quincaillerie ; commerce de bois. On y remarque une belle église paroissiale, classée au nombre des monuments historiques, et un bel hôtel de ville du xvia siècle. Avant la Révolution, ce bourg était défendu par un château fort démoli en 1793.

SOLS Kl (Stanislas), mathématicien polonais, né en 1623, mort en 1694. Il appartenait k l'ordre des jésuites, fut, de 1660 k 1668, aumônier des prisonniers chrétiens à Constantinople et, pendant son séjour dans cette ville, consacra ses loisirs k 1 étude des mathématiques. On a de lui : le Géomètre polonais (Cracovie, 1683-1686, eu 3 livres); l'Architecte polonais (Cracovie, 1690); Praxis nova et expeditissima mensurandi geometrice guasvis distantias, altitudines et profunUitaies (Cracovie, 1688) ; quelques truites de théologie, etc.

SOLSONA, en latin Setelsis, ville forte d'Espagne, dans la province et a 90 kilom. N.-E. de Lerida, sur le Negro; 2,500 hab. Siège d'évéehé suffragant de Tarragotie. Fabriques de peiite quincaillerie et de toiles de coton, de dentelles et de gants; filage de coton, lin et laine. La ville est entourée de murailles flanquées de tourelles et défendue par un fort situé sur un rocher voisin. On y remarque la cathédrale, de style gothique, et l'hôpital. Solsona fut vainement assiégée par les carlistes en 1835; ils ne purent encore la prendre en 1837, malgré la trahison qui leur livra le fort.

SOLSTICE s. m. (sol-sti-se — latin solstitium, proprement arrêt du soleil; de sot, soleil, et de siare, rester debout, s'arrêter). Astron, Temps où le soleil , arrivé k son plus grand éloignement de l'équateur, parait, pendant quelques jours, y rester stationnaire : Solstice d'hiver. Solstice d'été. Entre tes deux solstices. (Acad.) Les Arabes commençaient l'année au solstice de l'été. (F. Pillon.) Le vent suit le soleil dans sa marche de l'un à l'autre solstice. (A. Maury.)

— Eucscl. A partir de l'équinoxe du priatemps, le soleil passe dans l'hémisphère boréal et s'éloigne de plus en plus de l'équateur, jusqu'à ce que, sa déclinaison étant arrivée à la valeur de i'obiiquité de l'écliptique (23» 27' 22" en 1870), il commence à

SOLT

revenir vers l'équateur, après avoir paru stationnais pendant quelques jours, parce que l'arc de I'écliptique qu'il parcourt alors est parallèle au plan de comparaison ; il est alors au solstice d'été. De même, à partir de l'équinoxe d'automne, le soleil passe dans l'hémisphère uustral; sa déclinaison augmente peu à peu pour atteindre la même valeur 230 27' 22" au moment du solstice d'hiver. Le solstice d'été termine le printemps et commence l'été ; Je solstice d'hiver sépare de même l'automne de l'hiver.

Le mouvement du soleil sur I'écliptique n'étant pas uniforme, les époques du passage du soleil aux solstices ne sont pas équidistantes de celles de ses passages aux équinoxes ; ainsi, le printemps dure 92 j. 20 h. 59 m., tandis que l'éié a une durée de 93 j. 14 h. 13 m.; de même, les durées de l'automne et de l'hiver sont de 89 j. 18 h. 35 m. et 89 j. 0 h. 2 m., du moins dans ce siècle-cif car le mouvement du grand axe de l'orbite terrestre amènera un changement progressif dans les durées des saisons.

L'orbite de la terre autour du soleil n'est pas circulaire, mais il suffirait qu'elle fût plane pour que la ligne des solstices fût perpendiculaire à celle des équinoxes, car cette orbite, mise en perspective sur la sphère céleste, se transforme en un grand cercle de cette sphère; comme la ligne des équinoxes rétrograde de 50", 2 par an, il en résulte que, en réalité, le solstice d'été est k peu près k 25" en arrière du point du ciel par lequel passerait la perpendiculaire njenée à la ligne des équinoxes de l'année courante, dans le plan passant par cette ligne et incliné de 23° 27 22" sur l'équateur. La ligne des solstices n'est donc pas rigoureusement perpendiculaire k celle des équinoxes.

En vertu de la précession des équinoxes, les solstices décrivent les tropiques d'un mouvement rétrograde, dont la période est de 26,000 ans. D'un autre côté, l'obliquité de I'écliptique sur l'équateur diminuant chaque année de 0",48, les déclinaisons des solstices diminuent chaque année de la même quantité.

SOLSTICIAL, ALE adj. (sol-sti-si-al, a-le — latin solstilialis ; de solstitium, solstice). Astron. Qui a rapport aux solstices : Points Solsticiaux. Sous les climats tempérés, les époques solsticiales d'été et d'hiver sont beaucoup moins marquées que les températures variables du printemps et de l'automne. (Virey.) L'étymologie latine de solstice exprime l'état presque stationnaire du soleil lorsqu'il parait à l'un des points solsticiaux, (Lacroix.)

SOLTAM s. m. (sol-tamm). Ane. comm.

Espèce de sucre candi que l'ou tirait de l'Egypte.

SOLTH, bourg de l'empire d'Autriche, dans la Hongrie, uomitat de Pesth, près du Danube , chef-lieu du district de son nom ; 6,900 hab. Ce bourg donnait autrefois son nom k un comitat réuni aujourd'hui k celui de Pesth.

SOLT1KOFF (Michel), boyard russe, né vers le milieu du xvi* siècle, mort en Pologne vers 1620. Il descendait d'un nommé Pouchainine qui quitta la Prusse au commencement du xme siècle pour se fixer k Novgorod. Soltikotf fit, en 1582, la campagne de Finlande, fut chargé par Fédor I" de plusieurs missions diplomatiques et alla notamment recevoir de Sigismond, roi de Pologne, le serment d'être fidèle au traité fait k Varsovie. Il traita k Wilna avec le czar Boris, en 1601, et conclut un armistice pour vingt ans avec la Lithuanie. Nommé membre d'une députation envoyée k Sigismond (1B10), Soltikoff offrit la couronne de Russie k VJadislas, prince polonais. Cette même année, sou fils Jean ayant été empalé k Novgorod, Michel quitta la Russie et alla se fixer en Pologne avec ses quatre autres fils et son gendre, le prince Troubetzkoï.

SOLTJKOFF (Jean), boyard russe, fils du précédent, mort en 1610. Il conclut avec l'illustre capitaine Zolkiewski, k Carowe-Zajmiszere, un traité dont il déposa l'original entre les mains des autorités municipales de Moscou, prit partk plusieurs batailles et enfin expulsa les Suédois. En 1610, il lit partie de la députation qui alla offrir la couronne de Russie kVladislas. Accusé d'intelligences avec le roi de Pologne, il comparut k Novgorod devant ses juges et fut condamné à subir l'horrible supplice du pal.

SOLTIKOFF (Féodorofna), impératrice de Russie, de la famille des précédents. Elle épousa le czar Ivan V, mort eu 1696, et devint mère de l'impératrice Anne de Russie.

SOLTIKOFF (Vasili), général russe, frère de la précédente, né en 1675, mort en 1755, 11 dut k son alliance avec la famille impériale une grande situation à la cour, tant sous le règne d'Ivan que sous ceux d'Anne, sa nièce, et d'Ivan VI, son petit-neveu, qui le nomma général en chef (1740). Dans les dernières années de sa vie, il s'occupa de l'administration de ses immenses propriétés, où se trouvaient 80,000 serfs.

SOLTIKOFF (Pierre-Simon, comte), général russe de la famille des précédents, né en 1700, mort k Moscou eu 1772. Il était tils de Simon- André Soitikoif, qui devint général en chef et mourut gouverneur de Moscou en

SOLT

1732. Tout jeune, il fut envoyé en France pour y acquérir des connaissances maritimes. Mais, k son retour, il renonça k devenir marin, entra dans l'armée, et se battit contre les Turcs et les Suédois. La part qu'il prit à l'avènement de l'impératrice Anne, sa parente, lui valut d'être nommé successivement général major, chambellan (1730) et lieutenant général (1733). Soltikoff était, du reste, un vaillant officier. Pendant laguerre de Sept ans, il se conduisit de la façon la plus brillante. Lorsque la guerre éclata, en 1759, en tre Elisabeth et Frédéric II, il reçut le commandement en chef de l'année russe. Après avoir battu les Prussiens près de Crossen, il prit Francfort-sur-1'Oder, opéra sa jonction avec le général autrichien Landon, et remporta sur Frédéric II, le 18 août 1759, l'éclatante victoire de Kunnersdorf. A la suite de dissentiments avec Landon, il refusa de continuer k concourir aux opérations et demanda k être relevé de son commandement (1760). L'impératrice, a son retour en Russie, lui fit don de quatre pièces d'artillerie et le nomma feld-maréchal. Sous Catherine II, il devint gouverneur de Moscou, où il termina sa vie.

SOLTIKOFF (Jean, comte), général russe, fils du précédent, né en 1736, mort k Moscou eu 1805. 11 se signala par ses talents militaires en combattant les Prussiens, les Turcs et les Polonais, et devint rapidement général en chef. Appelé k gouverner les provinces de Vladimir et de Kostroma, Soltikoff se montra administrateur habile et éclairé. Après avoir commandé l'armée du Caucase, il fut chargé de repousser les Suédois qui menaçaient Saint-Pétersbourg (1790), fit preuve de la plus grande habileté et força ces derniers k demander la paix. En récompense de ses services, Catherine le nomma son aide de camp, lui donna la propriété d'un régiment et lui fit de riches présents. Sous Paul Ie^ qui avait servi sous ses ordres, Soltikoff devint feld-maréchal et gouverneur de Moscou, fonctions qu'il conserva jusqu'à sa mort. Comme son père, c'était un homme aux mœurs austères, d'un caractère élevé, qui resta complètement étranger aux corruptions de la cour de Catherine.

SOLTIKOFF (Anne), fille du précédent, née à Suiut-félersbourg en 1781, morte k Paris en 1824. Elle épousa en 1800 le comte Grégoire Orloff, possesseur d'une immense forlune. Atteinte en 1812 d'une maladie cruelle et incurable, elle alla chercher un soulagement k son mal sous un climat plus doux, parcourut successivement l'Allemagne, l'Angleterre, l'Italie, la France et finit par se iixer à Paris. Cette femme, belle, aimable, spirituelle, instruite, qui connaissait presque toutes les langues vivantes, le latin et le grec, aimait passionnément les lettres et vivait au milieu d'une société choisie, composée en grande partie de lettrés, de savants et d'artistes. C'est k elle que l'on doit de connaître en France les fables de Kriioff. ■ Dispensatrice généreuse d'une grande fortune, dit Lemontey, elle savait faire le bien aveu bonté, avec persévérance, avec abandon. Sa maison, asile du goût et des arts, couvrait aussi de son toit hospitalier des amis qu'elle estimait, des orphelins qu'elle faisait élever, des infortunés qu'elle accueillait et Soulageait. Ses libéralités étaient immenses, et plus d'une fois elle s'est imposé des privations pour grossir la part des malheureux. Sa seule inquiétude était de ne pas donner assez. Ce soin 1 occupait encore k sa dernière heure et lui a caché le moment fatal où elle s'est éteinte sans douleur... Sa mort a révélé un grand nombre de ses bienfaits; mais jamais on ne les connaîtra tous, tant sa modestie prenait soin de les dérober au jour. Il nous souvient de l'avoir vue trés-affligée de ce que M. Pouqueville en avait dévoilé un dans son Histoire de la Grèce. »

SOLTIKOFF (Nicolas, prince), général ~ët homme d'Etat russe, cousin du comte Jean, né en 1736, mort en 1816. Entré dans l'armée comme s.mple soldat, il combattit sous les ordres de V lerre Soltikoff, son oncle, se distingua particulièrement à Zorndoi -ff et k la prise de Francfort -sur-1'Oder (1759) et devint rapidement colonel. Après avoir concuru à la prise de Colberg (1760), il reçut le grade de général major (1762), commanda l'armée russe en Pologne, devint lieutenant général en 1767, général en chef en 1773 et fut chargé par Catherine 11 d'accompagner le grand-duc Paul en France et dans d autres Etats de l'Europe. Soltikoff était aide de camp de la czarine, lorsqu'il fut chargé en 1783 de diriger l'éducation des grands-ducs Alexandre (depuis Alexandre 1") et Constantin. 11 devint ensuite ministre de la guerre, reçut le titre de comte (1792) et fut promu feld-maréchal par Paul l«r. Sous le successeur de ce prince, Soltikotf conserva k la cour la haute faveur qu'il s'était acquise tant par ses talents que par son esprit tin, sagace et délié. Appelé en 1812 k la présidence du conseil d'Etat et du conseil des ministres, il reçut, en 1814, avec le titre d'Altesse, la dignité de prince.

SOLTIKOFF (Alexis, prince), voyageur et archéologue russe, petit-fils du précédent, né vers le commencement de ce siècle. Voyageur infagitable, il a visité la plus grande partie de l'Orient et de l'Europe et a longtemps habité k Paris, où il s'est fait connal-

SOLU

tre par son amour intelligent pour las arts. Le prince Soltikoff a formé de belles collections d'armes, d'émaux et de bijoux précieux, dont une partie a été cédée par lui au gouvernement français sous l'Empire. Il a publié en russe et en français des ouvrages intitulés : Voyage dans tlnde (Paris, 1849, in-8°) ; Voyage en Perse (Paris, 1851, in-8°).

SOLTWEDEL ou SALZWEDEI., ville murée de Prusse, J ans -la province de Saxe, régence et a 97 kilom. N.-O. de Magdebourg, sur la Jetze ; 6,000 hab. Fabrication de toiles de coton, draps, souliers; sources salées, aujourd'hui abandonnées. De 978 à 1050, elle fut la résidence des margraves de Brandebourg et devint plus tard ville hanséatique.

SOLTYK (Stanislas), patriote polonais, né .à Krysk, en Mazovie, en 1751, mort à Varsovie en 1830. Député de Cracovie à la diète de 1788-1792 , il contribua à l'établissement de la constitution du 3 mai 1791. Il fit preuve de beaucoup de patriotisme pendant la guerre qui aboutit au partage de la Pologne et se réfugia ensuite à Venise (1795). Il put revenir dans sa patrie en 1798 et fonda en 1800, avec Dmochowski et Thaddée Czacki, la Société des amis des sciences de Varsovie, et, en 1802, avec Michel Walieki et Joseph Drzewiecki, une société commerciale qui eut' peu de succès. En 1811, il fut nommé maréchal de la diète qui proclama l'indépendance de la Pologne et fut à la tête de la députation qui fut chargée d'aller annoncer k Napoléon, k Wilna, cette décision de la diète. En 1815, Soltyk se soumit k l'autorité russe. En 1825, il était sur le point d'être nommé sénateur lorsque, la conspiration de Saint- Pétersbourg ayant fourni au gouvernement un prétexte pour exercer de nouvelles persécutions politiques en Pologne, Soltyk fut arrêté comme conspirateur, subit une détention préventive d'une année et fut enfin mis en jugement en 1827, avec huit autres accusés, devant un tribunal nommé spécialement ad /toc. Reconnu innocent par ce tribunal, Soit) k fut néanmoins maintenu en prison pendant trois autres années et y mourut.

SOLTYK (Roman), général et patriote polonais, (ils du .précédent, né à Varsovie en 1791, mort en 1843. Il fut élevé k Paris sous la surveillance de Kosciusko, entra en 1803 à l'Ecole polytechnique et, denx ans plus tard, revint dans sa patrie, où il fut nommé lieutenant dans l'artillerie à pied. Il se distingua k la bataille de Wrzawy (1809), devint en 1810 lieutenant-colonel d'artillerie, passa, deux ans plus tard, dans l'état-major de Napoléon et rendit des services signalés k la bataille de Leip2ig, où il fut fait prisonnier. Après la conclusion de la paix, il vécut d'abord à l'écart des affaires publiques; mais les sentiments libéraux dont il fit preuve lui valurent sa nomination, en 1822, de membre du conseil du palatinat de Sandomir ; deux ans plus tard, il était député, en qualité de nonce, à la diète. Impliqué en 1S2S dans une conspiration k la tête de laquelle était son père, il fut acquitté faute de preuves, aprèp un long procès, reprit sa place k la diète et y proposa, en 1829, d'élever les paysans au rang de propriétaires libres. Il prit une part active à ia révolution de novembre 1830, fut nommé général de l'armée qui devait se former sur la rive droite de la Vistule, activa énergiquement la formation des régiments et de la garde nationale mobile et proposa à la diète de proclamer la déchéance de la maison de Romanoff et la souveraineté du peuple. Lorsque Paskievitch eut investi Varsovie, il reçut le commandement de l'artillerie et, avec ses 79 canons, exerça les plus grands ravages dans les rangs des Russes pendant les journées des 6 et 7 septembre. Après la chute de la capitale, il fut envoyé eji Angleterre et en France pour y réclamer la protection de ces deux puissances pour ses malheureux compatriotes et se fixa ensuite à Saint-Germain-en-Laye, où il résida jusqu'à sa mort. Il a publié en français: Précis historique, politique et militaire de la révolution du 29 novembre (Paris, 1833) et Napoléon en 1812.

SOLTYKOFF , nom d'une grande famille russe. V. Soltikoff.

SOLUBILITÉ s7 f. (so-lu-hi-li-té — rad. soluble). Qualité de ce qui est soluble : La solubilité des sels,

SOLUBLE adj. (so-lu-ble — lat. solubilis; de soloere, dissoudre). Qui peut être résolu : Ce problème est aisément soluble , n'est pas soluble. Les questions que Newton ne résolut point n'étaient pas solubles à son époque. (Fr. Arago.)

— Chim. Se dit des substances qui ont la propriété de se dissoudre dans un liquide : Le set, le sucre sont des corps solubles. Le nombre des saveurs est infini, car tout corps solublk a une saveur spéciale qui ne ressemble entièrement à aucune autre. (Brill.-Sav.) L'albumine du sang est de la même nature chimique que la portion solublb du blanc d'œuf. (Raspail.)

SOLUTÉ s. m. (so-lu-té — du lat. solutum, chose uLssoute). Phurm. Résultat d'une solution, liquide résultant de la dissolution d'un solide dans un autre liquide.

— Encycl. Le soluté est le médicament dont la préparation est la plus simple possible, puisqu il ne s'agit que de dissoudre , à

SOLU

chaud ou à froid, la substance prescrite dans le véhicule également prescrit et qui doit être toujours approprié k la nature de la substance à dissoudre. On peut mettre sous cette forme une foule de médicaments qui peuvent recevoir également des indications très-diverses. Le caustique de Récamier est un soluté caustique de chlorure d'or. Ces médicaments se désignent encore sous le nom de solutions ou de solutums.

SOLUT1F, IVE adj. (so-lu-tîff, i-ve — du lat. solvere , dissoudre). Méd. Qui dégage , qui résout.

SOLUTION s. f. (so-lu-si-on — lat. solulio ; de solvere , dissoudre , délier). Dénoûment d'une difficulté ; action de résoudre un problème, une question : La solution d'une question difficile dépend quelquefois de la manière de la poser. (J.-J. Rous*.) Le sens commun n'est autre chose qu'une collection de solutions des questions qu'agitent les philosophes. (Juuffroy.) Le passage de l'étal sauvage à l'état social esl une énigme dont aucun fuit historique ne donne la solution. (B. Const.) L'industrie hâte les SOLUTIONS, la politique les ajourne. (E. de Gir.) || Terminaison, conclusion : L'affaire est engagée depuis bien longtemps, il faudrait une solution.

— Transformation d'un corps qui, rais en contact avec un liquide, se divise en parties très-ténues , se mêle intimement au liquide et semble ne plus faire qu'un aveu lui : Un sel en solution dans l'eau. Les poissons respirint l'air qui est en solution dans l'eau, n Liquide contenant un corps dissous : On donne le uom de sirop simple à la solution du sucre fondu dans l'eau.

— Solution de continuité, Division, séparation des parties. Il Fig. Vide, lacune, division, séparation de choses auparavant ou naturellement unies : Il y a dans l'histoire d'Egypte plus d'une solution ce continuité.

— Chir. Solution de continuité, Plaie, fracture, division de parties, auparavant contigues.

— Méd. Terminaison d'une affection : Solution heureuse. Solution fatale.

— Jurispr. Libération , payement final : Jusqu'à parfaite SOLUTION. (Acad.)

— Administr. Décision du directeur général de l'enregistrement, par opposition aux délibérations du conseil d administration.

— Géoin. Indication des constructions à effectuer sur les données pour arriver aux inconnues. Il Méthode employée pour obtenir ce résultat.

— Algèbre. Ensemble d'un système de valeurs conjointes des inconnues.

— Encycl. Chim. La cause du phénomène de la solution est tout k fait inconnue. On l'a attribuée à l'affinité; on disait qu'un corps se dissolvait, dans un liquide quand l'uftinité de ce liquide pour le corps en question était plus forte que la cohésion, qui tenait réunies les molécules du solide, et qu'au contraire la solution n'avait pas lieu quand la cohésion l'emportait sur 1 affinité. On a dit, d'un autre coté, que la solution paraissait résulter d'une simple division des particules du solide entre les particules du liquide, d'où résultait entre toutes ces molécules une disposition telle, qu'elles étaient toutes placées , semblableinent et symétriquement, les unes par rapport aux autres.

La solution n'a pas seulement lieu entre un liquide et un solide; elle peut encore s'opérer entre un gaz et un liquide.

Le mot dissolution est souvent employé comme synonyme de solution; on a établi cependant la distinction suivante : il y a, solution quand le liquide dissout un corps sans l'aitérer dans sa nature et en vertu d'une sorte d'aftinité (affinité de solution, force dissolvante) qui l'emporte sur la force de cohésion moléculaire; exemple : eau et uiere, alcool et résine, huiles et graisses. Il y a dissolution, au contraire, quand il s'établit entre le dissolvant et le corps k dissoudre une réaction chimique qui peut entraîner la modification de celui-ci, la décomposition d'une partie du dissuivant et la combinaison de l'autre partie de ce dernier, non altéré, avec le corps à dissoudre ; exemple : acide azotique et mercure.

La solution d'un corps est toujours accompagnée d'un abaissement de température.

C'est le résultat de l'emploi du calorique pour le travail de la solution. Ce phénomène n'est cependant constant que si l'on a satisfait d'abord k l'afrinité du corps solide pour le liquide. Le chlorure de calcium anhydre, qui se dissout dans l'eau, produit, de la chaleur parce qu'il y a , avant la solution , combinai.son avec l'eau du sel qui s'hydrate; et cette quantité de chaleur produite est supérieure k celle qu'emploie le sel hydraté pour se dissoudre. Mais si l'on prend du chlorure calcique hydraté, il n'y a plus élévation do la température. On doit donc admettre que , quand un corps se dissout dans un liquide, il y a abaissement de température, k moins que cet effet ne soit masqué par des circonstances contraires, dont la plus fréquente est la combinaison des substances, liquide et solide.

La solution est, en général, favorisée par la division mécanique du corps k dissoudre, par l'agitation, par la pression (eaux gazeuses), par l'élévation de température. Un

SOLU

moyen toujours avantageux pour obtenir tins dissolution consiste à suspendre le corps dans le liquide, sur un diaphragme mis k la surface. Les couches du liquide qui sont en contact avec lui se saturent et, devenues plus pesantes, se précipitent et sont remplacées k mesure par de nouveau liquide, qui se sature k son tour. Il y a alors dans le liquide un mouvement qui tend k mettre le corps en contact continu avec de nouvelles portions du dissolvant. C'est le même effet que l'agitation produit avec moins d'avantage, parce qu'elle mêle les parties saturées avec la masse de liquide et que celui-ci, de plus en plus chargé, perd à chaque instant de sa faculté dissolvante.

La solution peut s'opérera froid ou k chaud. En général, les corps sont plus solubles k chaud qu'à froid; aussi l'élévation de température est-elle un moyen d'augmenter la solubilité des corps ou de la rendre plus prompte. Il faut consulter, dans le choix de la température, la nature du liquide et celle de la substance que l'on veut dissoudre. Avec l'eau, qui est inaltérable k une température élevée, et dont la valeur vénale est à peu près nulle, on peut, relativement au liquide lui-même, opérer indifféremment k quelque degré que ce soit. Avec i'éther ou l'alcool, corps qui n'éprouvent pas d'altéiation dans les limites de leur ébullition, on peut également opérer k chaud ou k froid; mais, comme ici le liquide a une valeur qui doit faire éviter avec boin les déperditions, si l'on veut opérer k chaud, il faut que ce soit dans des vases distillatoires. Le vin, qui est altérable par le feu, ne peut être chauffé. Loi huiles ne peuvent l'être que dans des limites de températures qui ne puissent les altérer. On ne dépasse pas 100°. Les matières susceptibles de se dissiper par la chaleur, comme les huiles volatiles, doivent être dissoutes k froid, ou l'on doit opérer en vase clos si l'on élève la température. Souvent, la nature des vases est indifférente; cependant, si les substances à essayer pouvaient les altérer, il faudrait avoir recours à des vases inattaquables.

La solution est une opération fréquemment employée par un grand nombre d'arts et d'industries. La chimie a eD elle un moyen précieux de faire réagir facilement les corps les uns sur les autres.

Elle est obtenue, soit directement (solution simple), soit par macération, par infusion, par digestion, par décoction, par lixiviation ( méthode de déplacement ), piv distillation (solution, pharmacie). Lus préparations pharmaceutiques obtenues par solution se classent, suivant la nature du dissolvant, en solutions par l'eau ou hydrolés (tisanes, apozèmes, bouillons, eaux, collyres, lotions, gargarismes, injections, etc.); par l'alcool ou alcoolés (teintures alcooliques); par I'éther ou éthérolés (teintures éthèrées) ; par le vin ou ceno!és (vins médicinaux); pur ta glycérine ou glyeérolés, par le chloroforme, par le sulfure de carbone, par la bière ou brutoces (bières médicamenteuses); parle vinaigre ou oxèolés (vinaigres médicinaux) ; par les corps gras (huiles médicinales, pommades) ; par les essences ou myrolés. Par extension, on a donné le nom de solution au résultat de la solution même. Le mot soluté conviendrait mieux. V. DISSOLUTION,

— Géom. Le mot solution s'applique soit aux constructions, soit k la méthode employée pour arriver ii la règle à suivre pour construire effectivement les inconnues de la question. C'est en donnant au mot cette acception qu'on peut dire que la solution est plus ou moins simple, lorsque la règle finale reste la même. Mais cette règle peut elle-même changer beaucoup selon la méthode employée pour y parvenir. En effet, si, par exemple, il s'agit d'obtenir un point, on conçoit qu'il existera toujours une infinité de lignes propres k le donner par leur intersection, k plus forte raison s'il s agit d'obtenir une longueur. I! existe donc toujours une infinité de solutions d'un même problème de géométrie.

On oppose souvent les mots solution géométrique et soiuU'oii algébrique. Ces deux genres de solutions sont en effet totalement différentes: celles du premier genre consistant en des transformations de figures et celles du second en dès transformations d'équations.

— Algèbre. Il peut exister plusieurs systèmes de valeurs des inconnues propres k satisfaire aux conditions de la question ; dans ce cas, le problème a plusieurs soiufioi!.i. Le nombre des solutions d'un problème dépend en général du nombre des inconnues et des degrés respectifs des équations qui les lient. Il est représenté par le degré de l'équation tinule résultant de l'élimination de toutes les inconnues, moins une. En effet, l'équation résultautde l'élimination d'une inconnue t entre deux équations

est la relation qui doit exister entre les autres inconnues x,y, ...,u pour qu'il existe un commun diviseur du premier degré en t entre les premiers membres de ces deux équations, de sorte qu'à une solution de l'équation finale il ne correspond en général qu'une seule valeur de f. Quand donc on sera arrivé k l'équation anale, en x par exemple, si les deux équations dont elle provient contenaient x

SOLU

et y, elles assigneront a, y une même valeur et une seule pour chaque valeur de x; de même les trois équations en x, y,s dont seront provenues les deux équations en a; et y assigneront kz une même valeur et une seule pour chaque système de x et de y, et ainsi de

Suite. V. ÉLIMINATION.

Lorsque l'équation finale a deux, trois, etc., racines égales, la solution correspondante est double, triple, etc. L'ordre de multiplicité d'une solution commune aux équations qui traduisent les lois de deux phénomènes distincts indique le degré de cintigufté de ces lois, au point de concours. Ainsi, si les équations de deux courbes ont une solution double, triple, etc., ces deux courbes ont k leur point de rencontre un contact du premier, du second ordre, etc.

Une solution d'un problème d'algèbre est dite réelle ou imaginaire selon que toutes les valeurs des inconnues y sont réelles ou que quelques-unes sont imaginaires.

Le travail de l'élimination complique souvent l'équation finale de facteurs qui ne s'y seraient pas trouvés si le procédé de calcul avait été plus parfait. Les solutions déduites des équations de ces facteurs k zéro sont dites étrangères. On ne les supprime toutefois qu'après les avoir interprétées avec soin, parce qu'elles ne sont jamais entièrement fortuites, mais tiennent toujours de près ou de loin k la question elle-même.

Solution» grammaticale* , par Domergue (1802, in-8°). Cet ouvrage, -qui offre le résumé de divers autres travaux du même auteur, entre autres de sa Grammaire simplifiée et de son Mémoire sur la proposition, contient beaucoup de règles nouvelles, toutes rattachées k des principes incomplètement observés par ses prédécesseurs, ou même qu'ils n'avaient point soupçonnés. Personne avant lui n'avait si bien analysé la proposition; voulant assujettir la classification des mots h une rigoureuse analyse, il a cru devoir changer Ta nomenclature. C'était le moyen de refondre une théorie importante où la rouille de l'école se laissait encore apercevoir. Telle fut la marche de Lavoisier lorsqu'il appliqua, comme il le dit lui-même, la méthode de Condillac k la chimie. En refaisant la nomenclature il refit la science. Mais si quelques savants unis entre eux suffirent pour changer les nomenclatures physiques, il n'en est pas de même dans la grammaire où tout le monde se croit juge. Aussi Domergue a-t-il fait marcher ensemble l'ancienne et la nouvelle nomenclature.

Domergue a traité k fond la question si difficile et sf souvent agitée des participes. 11 est encore un des grammairiens qui ont jeté le plus de lumière dans le vieux chaos des modes et des temps. Le premier, Beauzée s'était aperçu que l'on confondait la conjugaison française avec la conjugaison latine. Il inventa pour notre langue un système ingénieux, mais compliqué : il admit cinq verbes auxiliaires au lieu de deux; de là des temps et des modes sans nombre : leur classification sous les trois modes généraux présente de bizarres difficultés. Domergue convient, avec Beauzée, que tous les temps des verbes doivent être classés sous les trois modes du temps réel : le présent, le passé, le futur. Toutefois, en partant du même principe, il arrive k d'autres résultats, et, rejetant les trois verbes auxiliaires imaginés par Beauzée, il offre un système beaucoup plus simple. Parcourant toutes les parties de la science, il éclaircit également la prosodie française. Après Dumarsais et Duclos, il a proposé de nombreux changements k l'orthographe. Il va même plus loin qu'eux, et l'on aurait sur ce point des objections k lui faire, mais tous ces travaux sont utiles. On lui doit plusieurs idées neuves et justes, et sa place est marquée parmi les grammairiens inventeurs les plus éclairés.

Solution dn problème attelai ; ih eorle de 1 organisation du crédit et do la circulation monétaire, par P. J. Proudhon (1848, in-8°). L'auteur établit d'abord la souveraineté du peuple. «Je crois, dit-il, k l'existence du peuple comme k l'existence de Dieu. Je m'incline devant sa volonté sainte ; je me soumets k tout ordre émané de lui ; la parole du peuple est ma loi, ma force et mon espérance. Le problème de la souveraineté du peuple est le problème fondamental de la liberté, de l'égalité et de la fraternité, le principe de l'organisation sociale. Les gouvernements et les peuples n'ont d'autre but que de constituer cette souveraineté, k travers les orages des révolutions et les détours de la politique. Chaque fois qu'ils se sont écartés de ce but, ils sont tombés dans la servitude et la honte. • La démocratie, pas plus que la monarchie, ne peut, d'aprè3 Proudhon, établir cette souveraineté iiu peuple. Elle ne peut servir qu'à préparer la république une et indivisible, seule solution du problème social. Mais le noeud de la difficulté consiste k faire parler et agir le peuple comme un seul homme. «La république, selon moi, dit-il, n'est pas autre chose et c'est là aussi tout le problème social. La république est l'organisation par laquelle toutes les opinions, toutes les activités demeurant libres, le peuple, par la divergence même des opinions et des volontés, pense et agit comme un seul homme. Dans la république, tout citoyen en faisant ce qu'il veut, et rien que ce qu'il veut, participe di-

SOLV

rectement à. la législation et au gouvernement, comme il participe à la production et à la circulation de la richesse. Là tout citoyen est roi ; car il a la plénitude du pouvoir; il gouverne, il règne. La république est une an-archie positive. Ce n'est ni la liberté soumise à l'ordre, comme dans la monarchie constitutionnelle, ni la liberté emprisonnée dans l'ordre, comme l'a entendu le gouvernement provisoire en 1848. C'est la liberté délivrée de toutes ses entraves, la superstition, le préjugé, le sophisme, l'agiotage, l'autorité ; c'est la liberté réciproque, et non pas la liberté qui se limite; la liberté, non pas fille de l'ordre, mais mère de l'ordre. » Voila, d'après Proudhon, le programme des sociétés modernes, dont l'exécution sera la solution du problème social.

Quanta l'organisation du crédit et de la circulation monétaire, l'auteur prétend les établir sans impôt, sans emprunt, sans numéraire, sans papier-monnaie, sans maximum, sans réquisitions, sans banqueroute, sans loi agraire, sans taxe des pauvres, sans ateliers nationaux, sans association, sans participation, sans intervention de l'État, sans entraves à la liberté du commerce et de l'industrie, sans atteintes à la propriété. Pour ce faire que faut-il? Peu de chose. Le travail est à bas, il faut le faire reprendre ; le crédit est mort, il faut le ressusciter ; la circulation est arrêtée, il faut la rétablir; le déboursé se ferme, il faut le rouvrir ; l'impôt ne suffît jamais, il faut supprimer l'impôt; l'argent se cache, il faut nous passer de lui; ou plutôt doubler, tripler, augmenter à l'infini le travail et par conséquent le produit; donner au crédit une base si large qu'aucune demande ne l'épuisé; créer uit débouché qu'aucune

firoduction ne comble; organiser une circuation pleine, régulière qu'aucun accident ne trouble ; au lieu d'un impôt toujours croissant et toujours insuffisant, supprimer tout impôt; faire par une banque d'échange que toute marchandise devienne monnaie courante et abolir la royauté de l'or; voilà le spécimen du programme que doit adopter la république. Pour le comprendre, il s'agit de bien saisir une différence : créditer, sous le règne monarchique de l'or, c'est prêter; créditer, sous le règne républicain du bon marché, c'est échanger, car tout le problème de la circulation consiste à généraliser la lettre de change, c'est-à-dire à en faire un titre anonyme, échangeable à perpétuité et remboursable à vue, mais seulement contre des marchandises et des produits. C'est là ce que Proudhon appelle la banque d'échange, banque qui, sous un autre titre, fonctidnne parfaitement en Belgique.

Cet ouvrage du célèbre économiste peut se résumer en deux formules : 1° Qu'est-ce que la république? L'organisation de la cité sans l'intermédiaire de ce tuteur parasite qu'on appelle loi ou gendarme; 2° Qu'est-ce que le crédit? L'organisation de l'échange sans l'intervention de ce gage inactif qu'on appelle le numéraire. Mutueln'sme des deux parts, dans la politique et dans l'économie politique. La liberté ne veut plus rester en tutelle. Elle entend faire elle-même de l'ordre par le concours de tous les citoyens. De même le crédit veut exister sans la production du métal et réaliser l'axiome économique : Les produits s'échangent contre les produits.

Ces principes de Proudhon soulevèrent une vive polémique, dans laquelle il fut soutenu par le National.

SOLUTOIRE adj. (so-lu-toi-re — du lat.

solutus, délié). Qui délivre, qui absout, il Vieux mot.

— Lettres salutaires, Caractères magiques auxquels on attribuait la propriété de préserver de la captivité ceux qui les portaient,

SOLUTUM s. m. (so-lu-tomm — du lat. solutus, dissous). Ane. chim. Produit d'une solution, d'une dissolution.

SOLVABILITÉ s. f. (sol-va-bi-li-té — rad. solvable). Pouvoir, moyen qu'on a de payer : Doutez-vous de ma solvabilité? Je me portai caution de sa dette; il me fut aisé de fournir des preuves de ma solvabilité, je les avais sur moi. (G. Sand.) La solvabilité, c'est le droit au crédit. (E. de Gir.)

— Encycl. La solvabilité est une qualité commerciale qu'il est difficile d'apprécier; elle tient à un ensemble de faits plus ou moins bien définis. Dans le commerce, pour être réputé solvable, il ne suffit pas de payer ce qu'on doit, il faut encore effectuer ses payements avec exactitude, et, de plus, que cette exactitude soit notoire. Il faut que ceux avec lesquels un négociant est en relations, par les mains desquels passent ses effets, n'aient aucun doute, aucune inquiétude à cet égard. La solvabilité, comme l'honorabilité, est une qualité qu'on pourrait dire objective. On homme peut être probe, avoir souci de l'honneur; il faut encore que l'opinion publique lui reconnaisse cette qualité pour que son honorabilité soit établie. De même qu'il y a des nuances dans l'honorabilité, il y eu a aussi dans la solvabilité, et ces nuances ont assez d'importance pour qu'on les ait classées par ordre et pour ainsi dire numérotées. La solvabilité complète est celle de l'homme qui réunit toutes les qualités d'ordre, d'économie, de régularité, qui a le plus grand «ouci de sa signature ; si sa probité connue r

SOLV

ciale est, de plus, appuyée sur une fortune respectable, sa solvabilité est classée au premier rang. En second lieu viennent les négociants qui ont toujours fait honneur à leur signature, mais dont le commerce ou les entreprises présentent des aléas tels qu'une éventualité peut leur causer de graves mésaventures, ou bien encore ceux qui, tout en payant exactement, sont réputés n'avoir que de petites avances , un modeste roulement de fonds ou ne réaliser que de médiocres bénéfices. Puis viennent ceux qui, soit par défaut d'ordre, d'avances ou pour toute autre raison, manquent d'exactitude dans leurs payements, quoiqu'ils les effectuent intégralement. Après ceux-ci se placent ceux qui ont toujours fait face à leurs affaires, mais qui ne présentent que de trèsmédiocres garanties, soit comme propriétés, soit comme marchandises en magasin ou toute autre.jsspèce de valeurs, dans Je cas où ils viendraient à manquer a leurs engagements; en dernier lieu viennent ceux dont les payements sont irréguliers et incertains; on dit de ceux-là que leur solvabilité n'est pas établie.

Si l'on pouvait consulter les livres d'un commerçant, examiner ses inventaires, connaître ses opérations, la quantité exacte de marchandises en magasin, la quantité et la valeur réelle de ses créances, on pourrait, abstraction faite de sa probité, établir quelle est au juste sa solvabilité. Mais on n'a point, pour faire cette appréciation, des renseignements suffisamment exacts, et, à défaut de preuves, on est forcé de s'en tenir aux apparences quelquefois trompeuses, à l'opinion, aux probabilités. Aussi entre-t-il beaucoup d'arbitraire dans le classement des personnes, des maisons en diverses catégories de solvabilité. Il n'est guère qu'un fuit qui ne puisse laisser de doute, encore peut-il être apprécié diversement, c'est le protêt. Un protêt est toujours une grave atteinte portée à la réputation de solvabilité. On n'examine pas pour quelles raisons, peut-être fortuites, le payement n'a pas été effectué ponctuellement. On ne sait qu'une chose, c'est qu'il ne l'a pas été. Pourtant il y a ici encore des nuances. Plus la somme protestée était minime, plus la solvabilité paraît faible. En effet, si l'on comprend qu'une personne, surprise tout à coup par une échéance oubliée, ne puisse pas disposer immédiatement de 5?000, 3,000, 1,000 ou même 500 francs, on ne s explique point qu'elle ne trouve pas 300, 200 ou 100 francs pour faire face à un payement ; cette situation est une très-grave présomption contre sa solvabilité.

Les commerçants et surtout les banquiers ont, à tout moment, besoin de connaître la solvabilité des personnes avec lesquelles ils ne trottent point directement, mais dont les effets leur sont remis par des tiers, soit en payement, soit à l'escompte. Pour obtenir cette connaissance, ils ont recours à des agences de renseignements qui s'enquièrent de la solvabilité des personnes qu'on leur désigne etqui recueillent à cet égard tous les faits qu'il est utile de connaître. Dans ces agences, chaque commerçant a une fiche a son nom, qui est son dossier commercial, et où sont indiqués le nombre de protêts qu'il a encourus, les dates de ces actes et la somme des effets protestés. Tant que les indications portent sur des faits aussi précis, il y a peu de place pour l'arbitraire ou l'erreur d'appréciation; mais comme la solvabilité ne consiste pas seulement, nous l'avons dit, à n'avoir jamais été requis d'effectuer un payement par ministère d'huissier, et qu'elle suppose encore certaines garanties, les agences de renseignements sur ce dernier point sont laissées à elles-mêmes et apprécient comme elles l'entendent. Elles supposent ce qui leur plaît, d'après des apparences plus ou moins sérieuses ; elles recueillent dans le voisinage des opinions qui ne subissent aucun contrôle. Sur les notes. fournies par ses commis, l'agence classe les individus dans telle ou telle catégorie de solvabilité. Une copie de la fiche de renseignements est délivrée à titre confidentiel aux clients de l'armée et il arrive souvent que ceux dout le dossier commercial est ainsi composé voient la circulation de leurs effets entravée, alors que leurs.atfaires sont des plus prospères, sans qu'ils puissent se rendre compte de la cause occulte qui enlève le crédit à, leur signature. Il va sans dire que ces commerçants dont la solvabilité a le malheur d'avoir été suspectée par une de ces agences des renseignements et dont le crédit, en raison de cela même, n'a pu que difficilement se développer sont notés sous la rubrique Petit crédit; e est un cercle vicieux. Presque tous les commerçants se sont effrayé* à l'idée émise notamment par.Kourier et Proudhon de donner de la publicité à leurs opérations; ils considèrent cette publicité connue une atteinte à leur liberté, à leurs intérêts, presque à leur dignité. Mais ils ne savent pas qu'elle serait pour eux cent fois moins dangereuse que ces renseignements confidentiels qu'on se procure sur leur compte, qu'ils ignorent, qu'on ne peut contrôler et qui leur ferment un crédit dont la publicité ae leurs écritures les ferait jouir eu témoignant de leur solvabilité.

SOLVABLE adj. (sol-va-ble — mot de formation moderne, tiré du latin solvere, dans son acception de payer. Cette acception vient

SOMA

elle-même de celle de délier ; payer une dette, c'est trancher le lien qui vous attache à votre créancier). Qui a les moyens de payer : Caution bonne et solvable. Gardien solvable. (Acad.)

— Fig. Qui peut faire ce qu'il doit : En politique et en administration, qui n'est pas capable n'est pas solvable. (E de Gir.)

SOLVE SENESCENTEM (lié formez votre cheval qui vieillit). Horace (Epitres, I, i, v. 8) donne ce conseil non-seulement aux écrivains, mais encore à tous ceux que l'âge avertit de songer à la retraite :

Solve senescentem mature nan.ua equum, ne ■ Peccet ad extremum ridendus et ilia ducat.

« Réformez à temps votre cheval qui vieillit, si vous ne voulez que, poussif et exténué, il ne fasse rire à vos dépens, »

Boileau, imitant ce passage, prédit, outre la chute du cheval, celle du cavalier désarçonné :

Malheureux, laisse en paix ton cheval vieillissant, De peur que tout à coup, efflanqué, sans haleine, II ne laisse en tombant son matlro sur l'arène.

« Il y a longtemps que je crie à mon pauvre ami Duni, solve senescentem. Il devrait se reposer, renoncer au métier et céder la carrière à Philidor et à Grétry. •

Gkimm.

« J'ai vu l'Ode de Rousseau ; elle n'est pas plus mauvaise que ses trois épîtres.

Solve senescentem mature sanus equum...

Apollon lui a ôté le talent de la poésie comme on dégrade un prêtre avant de le livrer au bras séculier, »

Voltaire.

« Si un autre Corneille faisait, dans sa décrépitude, représenter Agésilas, on lui crierait : Solve senescentem. •

Page 1