BOU.EAU
Ea vain vous me frappez d'un son mélodieux, Si le terme est impropre ou le tour vicieux.
Boileau.
— La langue des sons, La musique.
— Gramm, Toute émission de voix, simple ou articulée : Le son a. Son ouvert. Son fermé.
— Mus. Sons harmoniques, Sons qui diffèrent des sons ordinaires, et que l'on tire des instruments à cordes, tels que la harpe, le violon, le violoncelle, etc., en appuyant légèrement le doigt sur certaines divisions de la corde. Il Sons antiphones, Ceux qui font consonnance entre eux à la distance d'une ou plusieurs octaves. Il Sons ouverts, Sons de raccord parfait, do, mi, sol, que rend le cor sans que l'on introduise la main droite dans le pavillon de l'instrument, il Sons bouchés, Sons autres que ceux de l'accord parfait, et qu'on ne fait rendre au cor qu'en introduisant la main droite dans le pavillon de l'instrument.
— Méd. Son fémoral, Matité absolue, comme celle que produit la percussion de la cuisse.
il Son intestinal, Celui qui est produit par l'intestin contenant des gaz. II Son jécoral, Malitè du, foie.
— Prov. Qui n'entend qu'une cloche n'en~ tend qu'un son, Qui n'entend que les raisons d'un adversaire ne peut se former une opi-
SON
nion sur celles de l'autre, ne peut porter un jugement éclairé : C'est aux lecteurs des journaux que l'on peut, avec raison, faire l'application de ce trivial dicton : Qui n'entend qu'une cloche n'entend qu'un son. (E. de Gir.)
— Syn, Son de voix, ion de voix. Le son
de la voix est proprement ce qui fait distinguer la voix d'une personne de celle d'une autre; c'est la nature qui le donne, et il résulte de la conformation même des organes de la parole. Le ton de la voix varie, pour une même personne, avec les sentiments qu'elle éprouve; il y a le ton de la colère, celui de la tendresse, de la douleur, etc.
— Encycl. Phys. Production du son. Un grand nombre de causes peuvent déterminer la production d'un son ou d'un bruit : la percussion, le frottement, le pincement d une corde suffisamment tendue , la détonation d'une arme à feu, d'un mélange de gaz explosibles; l'étincelle électrique, la mise en contact de deux métaux dont l'un est à une température élevée, etc., etc. Ce dernier mode de production de son a été observé en 1805 par Schwartz qui, en inspectant une fonderie saxonne, constata qu'une masse d'argent portée à une haute température, ayant été placée sur une enclume froide, se mit à produire des sons musicaux, à chanter, comme disaient les ouvriers, jusqu'à son complet refroidissement. On peut obtenir un effet analogue en plaçant sur un morceau de plomb froid un fer à souder très-chaud. On peut encore produire des sons soit en refoulant un gaz dans un tube pourvu d'une ouverture spéciale, c'est le cas des tuyaux d'orgue; soit en plaçant sur le bec do la lampe philosophique un tube d'un diamètre et d'une longueur convenables. Dans ce dernier cas, et en multipliant tubes et becs, on peut obtenir un véritable harmonica chimique dont les notes sont fournies, d'après Tyndall, par les vibrations de l'air circulant avec rapidité dans le tube, vibrations qui se communiquent au tube lui-même et non, comme on l'a cru longtemps, par une série de détonations successives produites dans ce tube. La flamme, dans l'explication très-rationnelle de Tyndall, est animée, aussitôt entrée dans le tube, de vibrations propres qu'elle communique à l'air ambiant; après quoi, elle semble ne plus vibrer elle-même. L'étude attentive de ce curieux phénomène a mené à la découverte de la sensibilité des flammes.
Notons enrtn, comme sources de production du son, la voix humaine, le chant ou les cris des animaux.
— Propagation du son. Le son ne se propage pas dans le vide. Chacun connaît cette expérience qui consiste à placer sous la cloche pneumatique une sonnerie en marche. Chaque coup de piston diminue l'intensité du son perçu. Lorsque le vide est fait sous la cloche, autant du moins que le peuvent faire nos machines, on n'entend plus ta sonnerie. Si l'on fait rentrer dans la cloche soit de l'air, soit tout autre gaz, le son est de nouveau perçu et il acquiert une intensité proportionnelle à la masse de fluide élastique qui a pénétré dans la cloche.
Il faut un certain temps aux vibrations sonores pour se propager du point de départ à l'oreille; en etfet, si l'on écoute un son et qu'en même temps on observe la cause qui le produit, ou remarque que la cause a cessé d'agir avant que le son soit parvenu jusqu'à noue organe ; ainsi, dans l'explosion d'une arme à feu, on voit la lumière avant d'entendre le coup, pourvu qu'on soit placé seulement à une distance de quarante à cinquante pas ; a une moindre distance, la lumière et le coup semblent frapper en même temps l'œil et l'oreille, et, à mesure que la distance augmente, le temps qui s'écoule entre l'apparition de la lumière et la perception du bruit devient de plus en plus sensible. De trois observateurs placés sur la même ligne, à différentes distances d'une cloche tintée, celui du milieu entend chaque coup quand le premier ne l'entend plus et que le troisième ne le perçoit pas encore. On peut donc conclure de cette expérience qu'up son brusque et instantané, comme celui qui résulte d'un choc ou d'une explosion, passe successivement d'un lieu à un autre, qu'il n'est jamais entendu que dans un lieu à la fois et que, par conséquent, il est un mouvement particulier dont notre organe est affecté. A mesure que le son s'élève dans l'atmosphère, il diminue d'intensité par une double cause : 1° parce que la distance augmente; 2» parce que l'air dans lequel il pénètre est de plus en plus raréfié ; aussi, les bruits les plus violents qui retentissent sur la terre ne peuvent-ils pas sortir des limites de l'atmosphère; ils s'affaiblissent à mesure qu'ils approchent.de ces limites et s'éteignent sans pouvoir les franchir. L'air ne peut être considéré comme le seul conducteur du son, puisque tous les corps élastiques le propagent aussi. On admet que , dans l'air, la propagation a lieu par une succession de vibrations concentriques, allant en diminuant en force à mesure qu'elles s'éloignent du corps sonore qui est le centre du mouvement, jusqu'à ce qu'elles deviennent trop faibles pour affecter le nerf auditif.
— Vitesse et transmissibilité du son. La vitesse du son dans l'air est constante si la température reste elle-même constante. Il par-
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court des espaces proportionnels aux temps. Des expériences faites avec un soin extrême ont donné, pour la vitesse du son dans les régions inférieures de l'atmosphère, 34om,8S par seconde à la température de 16° centigrades; elle varie légèrement avec la densité et la température de l'air et s'abaisse à 337 mètres à la température de 10°. A 0°, elle est de 333 mètres par seconde ; elle augmente ou diminue de om,626 pour chaque degré en plus ou en moins, entre — 25° et + 30°. Un son fort et un son faible ont la même vitesse. La direction et la force du vent ont une certaine influence sur la vitesse du son : la direction l'augmente si elle concourt avec la direction de la propagation du son; si elle lui est opposée, elle l'affaiblit. Enfin, dans le cas où elle lui est perpendiculaire, la vitesse du son n'en est nullement altérée. On a trouvé que cette vitesse augmentait ou diminuait d'environ 10 mètres par seconde par un vent ordinaire, suivant le sens dans lequel il souffle, et de 30 mètres environ pendant les ouragans. Quelques physiciens ont nié ce fait ; mais ils n'ont point encore démontré son inexactitude. Pour mesurer approximativement la distance d'une batterie, d'un navire à la mer, etc., il suffit de compter le nombre de secondes qui s'écoulent entre l'apparition de la lumière d'un canon et l'instant où le bruit vient frapper l'oreille, et de multiplier ce nombre de secondes par la vitesse ou son a la température de l'air au moment de l'expérience.
La vitesse du son dans les différents milieux élastiques qu'il peut parcourir varie avec la nature de ces milieux, la température étant du reste constante. On mesure cette vitesse expérimentalement par la méthode dite des vibrations, en se servant des tuyaux sonores. Voici quelques résultats obtenus de cette dernière façon par M. Wertheim :
Vitesse du son Gaz. à 0".
Air 333 mètres.
Acide carbonique .... 262 —
Oxygène 317 —
Hydrogène 1,270 —
Oxyde de carbone. . . . 337 — Ammoniaque ...'.... 407 —
D'après les expériences faites sur quelques liquides par le physicien auquel nous avons emprunté le tableau cité ci-dessus, le son se propage comme suit dans les liquides mentionnés ci-dessous :
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