V. Huoo
— Alchim. Sang de salamandre, Vapeur rouge qui s'élève pondant la distillation de l'esprit de nitre.
— Miner. Salamandre pierre, Ancien nom de l'amiante, ainsi dite parce qu'elle résiste dans le feu, et que la salamandre passait pour pouvoir vivre dafls les flammes.
— Encycl. Les salamandres ont pour caractères : un corps allongé, nu, luisant; la tête aplatie en dessus; l'oreille entièrement cachée, dépourvue de tympan ; les mâchoires années de dents nombreuses, petites, trèsfaibles, ainsi que le palais, qui en présente deux rangées longitudinales ; une queue longue; quatre pattes de même longueur; les pieds à quatre doigts libres et dépourvus d'ongles. Elles ressemblent aux lézards par la forme extérieure, aux grenouilles par leur organisation; sous ce dernier rapport, elles sont au nombre des reptiles, ou mieux des amphibiens les plus voisins des poissons ; leur place, dans la méthode naturelle, est presque à la fin de l'ordre ou de la dusse des batraciens.
On divise les salamandres en deux grands groupes : les salamandres proprement dites , ou terrestres et les salamandres aquatiques ou tritons (v, ce mot). Les premières, les seules dont nous ayons à nous occuper ici, sont des animaux terrestres, vivipares, ayant de chaque côté de l'occiput une glande charnue pareille à celles qu'on observe chez les crapauds; leur queue est arrondie dans l'âge adulte; leur peau, rugueuse, tuberculeuse, gluante, sécrète une humeur laiteuse d'une odeur désagréable, vireuse, nauséabonde, d'une couleur blanc jaunâtre, de la consistance du lait épaissi, se coagulant à l'air et surtout au contact de l'alcool, et paraissant douée d'une réaction acide. Elles respirent d'abord par des branchies, et plus tard par des poumons. Elles mettent au monde de petits têtards très-agrles, qui ne diffèrent guère des individus adultes que par leur queue comprimée, la présence de branchies et la disposition de leurs couleurs.
Les salamandres ont généralement des couleurs sombres, des mouvements paresseux, des habitudes tristes et sauvages; ce sont des animaux inoffensifs, timides, sans venin, pouvant à peine mordre et ne cherchant même jamais à le faire quand on les saisit. Elles vivent dans les endroits humides ou rocailleux et se réunissent souvent en grand nombre. Leurs mœurs, assez curieuses, ont été décrites dans le livre que Rusconi a bizarrement intitulé : les Amours des salamandres. Elles se nourrissent d'insectes, de larves, de vers, de lombrics, de limaces et autres petits mollusques.
« Ou a prétendu, ditDuméril, qu'elles pouvaient s'alimenter aussi d'humus ou de terre végétale, probablement parce qu'on en avait
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trouvé aussi dans la cavité de leur estomac ; mais comme ces reptiles mangent souvent des lombrics, k la recherche desquels ils vont pendant la nuit, il est probable que cette terre provenait de celle que les lombrics avaient eux-mêmes avalée pour en extraire les sucs organiques qui s'y trouvent ordinairement et qui proviennent des corps organisés, animaux ou végétaux, dont cette terre .contient les détritus. Ces batraciens peuvent, 'du reste, supporter l'abstinence pendant des mois entiers, du moins dans les lieux humides, sans maigrir en apparence. Quand ils restent exposés à l'action d'un air sec et chaud, ce qu'ils craignent et évitent, ils perdent beaucoup de leur poids; mais, comme les autres batraciens, ils récupèrent bientôt l'eau porubsorption cutanée lorsqu'on les replace dans un air humide. »
Les salamandres ont la vie très-dure; on peut les frapper à coups de bâton ou leur ouvrir le ventre sans qu'elles meurent toujours pour cela. Si on coupe leurs membres ou diverses parties de leur corps, elles ont la faculté de reproduire ces parties avec les vaisseaux, les nerfs, les muscles et les os ; on a fuit à ce sujet des expériences très-variées : aux unes, on a retranché la queue ou les pattes ; aux autres, on a enlevé un œil en entier, et ces divers organes se sont reformés semblables a ceux qu'ils remplaçaient, toutefois en restant fort longtemps faibles et comme demi-transparents. Duméril a conservé en vie, pendant quatre mois, une salamandre à laquelle il avait coupé la tête près du cou et dont la plaie s'était parfaitement cicatrisée. Ces animaux peuvent vivre longtemps emprisonnés dans la glace et résister ainsi parfaitement aux effets de la congélation ; on en a vu, dont le corps était rigide et dur au milieu de glaçons compactes, revenir à, la vie quand on les déposait dans de la neige qu'on faisait fondre lentement.
A coté de ces faits assurément très-roinnrqnables, mais bien constatés, on a débitu sur les salamandres bien des contes et émis bien des préjugés que rien ne justifie. Les habitants des campagnes les craignent, parce qu'ils les regardent comme venimeuses, et leur attribuent la propriété de faire mourir les bestiaux qui les avaleraient avec leurs aliments. On a raconté de prétendues histoires de personnes empoisonnées par du vin, du lait ou d'autres boissons dans lesquelles le corps d'une salamandre aurait séjourné. On a avancé que sa morsure était mortelle autant que celle de la vipère; on a dû, par conséquent, chercher des remèdes contre les effets de son prétendu venin ; il était même passé eu proverbe qu'un homme mordu par une salamandre a besoin d'autant de médecins que cet animal a de taches. Son souflle, son regard même pouvaient, disait-on , occasionner la mort. Heureusement, ajoutaiton, le crapaud livre batailte k la salamandre, parce qu'elle est l'ennemie de l'homme.
o On ne peut pourtant, dit M. A. Dupuis, reprocher a ce reptile que d'être désagréable à la vue et de sécréter ce liquide acre et fétide qui peut tout au plus être funeste à de petits animaux. En effet, plusieurs grenouilles ayant été déposées dans un tonneau avec des salamandres terrestres, la plupart furent trouvées mortes au bout de huit jours. Ce fait donna lieu k Duméril de tenter quelques expériences. De petits animaux, ayant reçu par inoculation le liquide sécrété par la salamandre, périrent tous au bout d'un temps plus ou moins long, mais qui ne dépassa pas une demi-heure. De petits mammifères, tels que des câblais-, manifestèrent d'assez vives souffrances; leur respiration devint haletante, puis ils cédèrent à une sorte de sommeil, interrompu par des secousses comme électriques; mais ces accidents ne furent pas mortels. »
Quand la salamandre est irritée, la sécrétion devient plus abondante; on comprend donc qu'elle doive être très-active au contact du feu. De la ce préjugé très-ancien et trop répandu encore que cet animal peut vivre au milieu des flammes et même les éteindre. On sait que François 1er avait pris pour armoiries une salamandre dans le feu, avec une devise qui signifiait : « J'y vis et je l'éteins. » Un noble Espagnol, amoureux d'une dame qu'il trouvait aussi cruelle que belle, la comparait k la salamandre, froide même au milieu des flammes. De nos jours, un être réputé incombustible devait naturellement devenir l'emblème d'une compagnie d'assurance contre l'incendie. Des expériences précises démontrent un fait qu'il elait permis de prévoir; c'est que la salamandre, mise dans le feu, peut bien, par sa sécrétion abondante, éteindre à la surface les charbons ardents, mais qu'elle ne tarde pas ensuite a succomber.
De nouvelles expériences faites par M. Vulpian, il résulterait que la sécrétion de la salamandre, sans action sur cet animal luimême ou sur ses congénères, peut, étant inoculée, faire périr Ues grenouilles, des cochons d'Inde et même des chiens. Plutôt stupéfiante qu'excitante, elle ne détermine ni nausées nt vomissements. Chez l'homme, elle ne produit que des inflammations locales, quand elle est en contact avec la peau et surtout avec les muqueuses. Néanmoins, les Salamandres ont joui, dans l'ancienne médecine, d'une certaine réputation. On répandait leur cendre sur les écrouelles ulcérées
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pour les déterger et en faciliter la cicatrisation. De nos jours encore, dans certains pays, . les salamandres sont réputées vermifuges; dans d'autres, elles passent pour guérir les plaies faites par les serpents. H est à peine besoin de faire observer que toutes ces prétendues propriétés sont purement imaginaires.
La salamandre tachetée ou terrestre, est l'espèce la plus commune et la mieux connue; c'est à elle surtout que s'appliquent les détails de mœurs que nous venons d'exposer. Elle a environ 0m,17 de longueur. Sa couleur est d'un noir de suie, avec le ventre brun, nuancé de bleuâtre ; deux grosses taches jaunes de chaque côté du dessus de la tête ; une rangée de taches pareilles de chaque côté du dos et sur la queue; enfin, d'autres taches plus petites et isolées sur les flancs et sur les pattes. Cotte espèce habite presque toute l'Europe et se trouve aussi en Algérie. Elle est assez rare aux environs de Paris ; dans les contrées méridionales, elle préfère les régions élevées. Elle fréquente les lieux ombragés et humides, vit sous les pierres et les grosses racines d'arbre, dans les trous et pénètre dans les caves, les conduits souterrains et jusque dans les appartements voisins des champs.
Très-lente dans tous sesmouvements, même quand elle veut fuir, elle ne s'éloigne guère de sa demeure et ne sort que la nuit ou par les temps pluvieux. Elle s 'accouple au commencement du printemps, mais ne va à l'eau qu'au commencement du frai. Les petits n'y restent que pendant le court espace de temps que dure leur état de têtard. Nous avons parlé plus haut des contes et des préjugés dont cet animal est l'objet, surtout dans les campagnes, où on lui donne les noms vulgaires de blende, sourd, tac, etc. Lauremi raconte gravement que tous les signes menaçants qu'on peut faire à la salamandre ne l'empêchent pas d'aller en avant et de continuer son chemin, mais qu'elle demeure immobile si on l'a contournée en spirale. Il parait qu'on peut la conserver dans l'eau pendant quelque temps, en ayant soin de renouveler ce liquide, qu'elle trouble bientôt ; ninis elle est forcée de venir respirera la surface.
La salamandre noire, moitié plus petite que la précédente, noirâtre et sans tache en dessus, jaunâtre an dessous, est assez commune en France et en Allemagne; elle habite surtout les localités montagneuses. La salamandre funèbre ; d' 'un brun foncé Uniforme sur le dos, d'un gris sale sous le ventre, avec quelques points noirâtres ou blanchâtres sur les flancs, habite les régions chaudes et méridionales de l'Espagne. La salamundre variée a le dos pustuleux, d'un vert plus ou moins terne, avec une bande longitudinale d'un rouge orangé, les flancs d'un noir livide, le ventre rougeàtre et poli; onla trouve aux environs de Bordeaux. La salamandre à lunettes est noire eu dessus, avec une ligue jaune en travers sur les yeux, jaune tacheté de noir en dessous; elle vit dans les Apennins. Les salamandres brune, ronge, cendrée, etc., appartiennent a. l'Amérique.
— Salamandres fossiles. V. triton.
Salamandre (la), roman, par Eugène Sue (Paris, 1S32). La Salamandre est une frégate armée en guerre, montée par les flamb<irds, vrais diables d'abordage qui ont soutenu de sanglants combats contre les Anglais. Survient la Restauration ; on leur donne pour capitaine un vieux noble, jusqu'alors marchand do tabac, le marquis de Longetour, qui se souvient à peine d'avoir été aspirant dans la marine de Louis XVI. Il déshonorerait les épaulettes et perdrait le navire si le lieutenant Pierre Huet, par un héroïque devouement, ne consentait à s'immoler à l'honneur du corps en couvrant l'incapacité du capitaine, qu'il prend sur lui de supplanter dans le commandement. Mais, ayant fait acte d'insubordination en présence de l'équipage, il se condamne lui-même à être fusillé après le naufrage du bâtiment, tandis que M. de Lougetoar est récompensé comme un des plus digues officiers de la marine française. Cette donnée ingénieuse, qui, de comique 'et vraie, devient tragique et un peu forcée, se complique d'une autre plus har«rte et plus touchante. Sur la Salamandre est embarqué comme passager un homme du monde appelé Szaflie, beau, spirituel, riche et corrompu, qui s'étudie à détester et a dégrader ses semblables. Il excelle dans la théorie comme dans lu pratique du mal. C'est un Méphistophélès de lu Chaussée-d'Anlin. Son regard, sa parole fascinent; il séduit une fille naïve et lui brise le cœur; il flétrit avec un art perlide les illusions d'un jeune homme en lui enseignant la science du vice heureux. Ces deux victimes, Alice et Paul, douées et ai> géliques figures, contrastent singulièrement avec le caractère odieux de Szaflie, dans lequel l'auteur a voulu personnifier l'égoïsme civilisé.
Ce roman ne laisse pas au lecteur le loisir de respirer; c'est une phrase sans virgules jii points. On court, haletant, de page eu page, de chapitre en chapitre, jusqu'à la lin, qui, connue tous dans les romans de la première manière d'Eugène Sue, n'est pas le triomphe de la vertu persécutée , mais bien celui du vice et des plus horribles passions. Plusieurs scènes de la Salamandre sont dessinées avec cette vigueur et aussi
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cette crudité de pinceau qui devaient se donner plus tard si large carrière dans les Mystères de Paris. Il faut citer entre autres t les bacchanales des flambards, les séductions de Szaffie, le branle-bas de combat, le naufrage, et surtout cette scène où Szaffie s'introduit dans la chambre d'Alice malade, au moment où le navire va sombrer, et obtient d'elle un aveu imprudent, un serment insensé dont il se fait ensuite une arme contre la pauvre infortunée. Il est vrai qu'au moment où Szaffie tient Alice dans ses bras, la moralité que l'auteur a voulu mettre en lumière touche de bien près a l'immoralité. Hâtons-nous de dire que ces peintures sombres et navrantes sont entremêlées de scènes du comique le jlus vrai, de descriptions neuves etoriginaes, qui font de la Salamandre un des meilleurs romans de l'auteur.
Salamandre (la), drame en quatre actes, en prose, de M. Ed. Plouvier (théâtre de l'Odéon, septembre 1872). Une vieille famille noble, la famille de Chaleines, dont la splendeur remonte au temps de François 1er et qui porte comme le roi une salamandre dans ses armes, végète aujourd'hui dans la gène. Le fils est un viveur qui gaspille les derniers écus du papa, fait des lettres de change et même contrefait des signatures; la seconde fille est poitrinaire et le docteur déclare qu'elle va mourir si on ne la conduit pas dans les pays chauds; tout le destin de la famille repose sur la fille aînée; pour sauver son père, son frère et sa sœur, c'est elle qui va jouer le rôle attribué autrefois par les, naturalistes à la salamandre et traverser le feu sans se brûler. M. de Chaleines a un ami, puissamment riche, mais encore plus débauché, à qui il ne peut se résigner à tendre les mains : Calixte se dévoue. Elle va chez M. d'Aubyron et le trouve en train de réveillonner; le vieux libertin, échauffé par la bonne chère, accorde à la belle éplorée tout ce qu'elle demande et lui tend un portefeuiiie gonflé de billets de Banque, à condition qu'elle reviendra le voir le lendemain matin. Dnns un salon voisin se trouvent Octave, le frère de Calixte, et Henri d'Arqués, son fiancé. Avant qu'elle ait le temps de baisser son voile, tous deux l'entrevoient et croient !a reconnaître. Lorsqu'elle est sortie : « Quelle est cette femme ? demandent-ils à d'Aubyron. — Messieurs, c'est ma maltresse, » répond le roué, escomptant à l'avance le rendez-vous du lendemain. Calixte revient, en effet, bien décidée à se tuer si RI. d'Aubyron exige qu'elle soit sa maîtresse; mais tout se dénoue à ce rendez-vous matinal. Au lieu du vieux séducteur, ello trouve sou fiancé, Henri d'Arqués, qui d'abord l'accable d'injures, puis se jette à ses pieds eu apprenant son dévouement, et M. d'Aubyron se console de sa mésaventure en les mariant. Il y a dans ce drame des détails touchants et des scènes bien menées,
SALAMANDRIDE adj. (sa-la-man-dri-de — de salamundre, et du gr. eidos, aspect). Erpét. Qui ressemble ou qui se rapporte à la salamandre.
— s. f. pi. Famille de batraciens urodèles, ayant pour type le genre salamandre.
SALAMANDRIN, INE adj. (sa-la-mandrain , i-ne — rad. salamandre). Erpét.
Qui ressemble à une salamandre. i| On dit
aussi SALAMANDROÏDli.
— s. f. pi. Tribu de la famille des salamandrides, ayant pour type le genre salamandre.
SALAMANDROPS s. m. (sa-la-man-dropss — de salamandre, et du gr. ops, aspect). Erpét. Genre de reptiles batraciens.
SALAMAN1E s. f. (sa-la-ma-nî). Espèce de flûte de roseau, en usage chez les Turcs.
SALAMANQUE, en espagnol Salamanca, ville d'Espagne (Vieille-Castille), capitale de la province du même nom, sur le Tonnes, h 78 kiloin. de Medina-del-Campo, à 154 kiloin. N.-O. de Madrid; 15,000 hab. Évéché; université fondée en 1239 et qui eut jadis une célébrité européenne.
Salamanque est l'une des villes d'Espagne qui ont le mieux conservé le caractère archaïque. Presque tous ses monuments sont anciens. L'industrie de cette villa est peu importante; elle consiste en tanneries, fabriques de drap et métiers à tisser les loilesjony voit aussi plusieurs faïenceries ; mais le commerce de transit est assez important. Salamanque est ceinte de murs percés de treize portes; les rues sont escarpées, étroites, tortueuses et bordées de vieilles maisons. Au centre de la ville est la place Muyor, vaste carré- autour duquel règne un portique de quatre-vingt-dix arcades et dont l'hôtel de ville occupe un des côtés. Les principaux édifices sont les suivants :
La cathédrale, commencée en 1513 dans le style gothique moderne, ne fut terminée qu'eu 1734. Ella remplaça l'ancienne basilique, édifice du xna siècle environ, massif et qui semble plutôt une forteresse qu'une église ; il est situé à peu de distance de la cathédrale actuelle et n'offre de remurquable qu'un retable composé d'un ensemble île tableaux sur bois représentant la vie du Christ. La cathédrale de Salamanque occupe un plan à peu près carré de 50 mètres environ par côté. Son triple portail est décoré de colonnettes séparutives surmontées d'une statuette de la Vierge, Au-dessus de la sta-
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tuette centrale sont deux demi-reliefs représentant la naissance du Christ et l'adoration des rois mnges. Les deux autres statuettes sont surmontées de demi-reliefs analogues ; l'un d'eux, le meilleur, représente l'entrée du Christ à Jérusalem. Nous ne ferons que-mentionner la grosse tour de l'édifice : cette tour, qui renferme la grosse cloche de la cathédrale (23,600 kilogr.), a pour architecte un certain Chirruguera, assez inconnu chez nous, mais qui, en Espagne, n'en a pas moins créé une école bizarre à laquelle il a donné son nom {chirrugneresque). Une circonstance singulière met aujourd'hui dans l'impossibilité de se prononcer sur la valeur de son œuvre, du moins à Salamanque; en 1775, à la suite du tremblement de terre de Lisbonne, les autorités, afin de prévenir des désastres possibles, firent envelopper le clocher de Chirruguera d'une véritable carapace de maçonnerie nouvelle qui en dissimule a tout jamais les détails. A l'intérieur, les voûtes hardies et élancées, soutenues par des piliers massifs à chapiteaux élégants, sont d'un bel elfet. Un balcon sculpté règne au-dessus des arcs de la grande net. L'ornementation générale consiste en statues, fleurons, bas-reliefs, médaillons représentant des saints et même des célébrités laïques. Les boiseries et les stalles ou silleria sont médiocres. Deux bonnes statues, attribuées à Juan de Juni, le célèbre auteur de la Piedad de Ségovie, ornent le chœur : celle de sainte Anne et celle de saint Jean. Le trésor de la cathédrale de Salamanque, très-riche, possède une custodia qui passe pour un chef-d'œuvre d'orfèvrerie.
Le Collegio-Viejo (vieux collège), fondé en 1410, reconstruit en 1760 par l'architecte HermostHa, présente un beau cloître formé de deux galeries, ionique et dorique, et un escalier monumental, digne de servir de pendant à celui, si connu par sa magnificence, du palais de . Madrid. Le musée Provincial occupe aujourd'hui la plupart des galeries; l'une de ces galeries contient une boiserie couverte d'intéressantes miniatures de Chine, envoi d'un évéque missionnaire, ancien élève du collège. Quelques vieilles peintures de Fernando Gallegos, le Van Eyck espagnol, natif de Salamanque, ornent l'église.
L'université comprend deux édifices, distingués sous les noms de grande école et de petite école. L'entrée principale est surmontée des armures et des médaillons des rois catholiques, bienfaiteurs de l'université. » C'est, dit l'écrivain déjà cité par nous, une œuvre achevée et parfaite, chargée d'une infinité de détails, de médaillons, ne bas-reliefs exécutés avec talent et délicatesse. Les grandes et petites écoles sont distribuées autour de cloîtres élégants, et des peintures de grand mérite, exécutées par des artistes en rei.om des écoles espagnole et italienne, ornent quelques-unes des salles. La bibliothèque est riche de 60,000 volumes.
Parmi les édifices proprement dits, il faut encore mentionner l'hôtel de ville, situé sur la Plaza-ftlayor et dont la façade est ornée des bustes de Charles IV et de la reine Marie- Louise. L'ornementation est complétée par des colonnes corinthiennes. La Plaza-Mayor (Grande-Place) peut au surplus être comptée elle-même comme un monument. Elle se compose d'un vaste espace carré entouré d'un portique de quatre-vingt-dix arcades, dont les tympans portent, en guise d'ornementation , des médaillons représentant toute la série des rois d'Espagne et même des illustrations du pays. Inutile d'ajouter que les maisons sont uniformes. Paris a un équivalent de la Plaza-Mayor de Salamanque dans la place Royale. Le couvent de Santo-ûomingo présente le mélange de plusieurs styles successifs. Sou église gothique est ornée d'un élégant portail; le cloître est surchargé de médaillons, bas-reliefs et figurines. On remarque encore l'escalier et la sacristie. L'ancien collège des jésuites est aujourd'hui transformé en séminaire. Le portail présente six colonnes corinthiennes et est couronné d'un grand médaillon représentant l'Ascension. C'est également à Salamanque que se trouvait le collège des ordres militaires de Calatrava, fondé par Charles-Quint. On admire sa façade et son escalier grandiose. Mentionnons enfin les églises de Suint-Martin et du Saint-Esprit (portails remarquables; celui de la seconde présente en haut relief une figure de saint Martin partageant son manteauj, et le couvent des Augustines-Rseolleties de Monterey, qui possède une église riche et curieuse.
Un des monuments les plus intéressants de Salamanque est le pont jeté sur la rivière de Tonnes ; son style, qui offre avec celui de l'aqueduc de Ségovie ae nombreuses affinités, indique assez un ouvrage romain ; mais on ne saurait préciser l'époque de sa construction. Il compte vingt-sept arches et ses dimensions comprennent une longueur de 400 mètres sur une largeur de 3"', 50. Tout porte à croire que ce bel ouvrage de maçonnerie antique a été réédilié sous Trajau et restauré sous Adrien.
Salamanque possède encore quelques maisons particulières assez intéressantes au point de vue archéologique. Les principales sont : la maison des Coquilles (la casa de tus Couchas), propriété du marquis de Valdecaizana, ainsi nommée de la "profusion de coquilles répandues comme ornementation sur
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| sa façade principale; la casa de la Sal, maison Renaissance, ornée de colonnes élégantes I et de médaillons sculptés; les maisons ICspi- | nosa, Monterey, Garcigrande, etc. Le collège des nobles irlandais, qui occupe l'Arsobispa, monumentale et grandiose construction, possède dans sa chapelle un retable dont la peinture est attribuée à Berruguette et à Michel-Ange.
Salamanque, appelée anciennement Salmantica et au moyen âge Elmantica , fut fondée selon les uns par une colonie carthaginoise, selon d'autres par les Romains. Sous la domination des Goths, elle devint le siège d'un évéché. Plus tard, elle passa sous le joug des Arabes et y resta jusqu'au jour de la conquête d'Alphonse le Grand. Elle fut entièrement détruite par le calife Modhafer ; mais Alphonse VI la réédifia et ses successeurs lui rendirent son importance passée. Salamanque dut à sa situation voisine du Portugal de servir souvent de quartier général et central aux entreprises réciproques des deux nations. Mais les événements politiques qui marquent dans l'histoire de Salamanque se confondent daus celle de l'Espagne et s'effacent devant la principale gloire de la ville, à savoir son université. Cette université, fondée en 1239, était en quelque sorte, à l'origine, exclusivement ecclésiastique. Alphonse IX agrandit le cadre des éludes et posa les bases de l'université proprement dite, qui fonctionne encore aujourd'hui. D'importants privilèges 'concédés par Ferdinand III, puis par Alphonse X, permirent à l'université de Salamanque de prendre une extension rapide; de nouvelles chaires furent fondées, dotées pour la plupart sur le trésor royal et, au xive siècle, on citait indistinctement comme les premières du monde les universités de Paris, de Bologne, d'Oxford et de Salamanque. Parmi les ouvrages et les travaux qui sortirent de l'université de Salamanque ou qui du moins lui durent un actif concours, nous citerons les Tables alpkonsines et le Code des .sept parties ; ce furent les docteurs de Salamanque qui traduisirent les œuvres arabes d'Avicenne, d'Averrhoès et les Commentaires de Galien. Christophe Colomb ne dédaigna pas de les consulter avant de partir pour la découverte de l'Amérique et y gagna de précieuses indications. Au xvo siècle, on voit l'Académie de Salamanque céder à celle de Paris, sur la prière de cette dernière, un professeur de mathématiques, Pedro Cii uelo, et à celle de Bologne, dans les mêmes conditions, un professeur de musique, Bartoloiné Ramos. Mais ce fut surtout au xvi» siècle qu'elle atteignit le plus haut degré de splendeur : elle compta alors jusqu'à 14,000 étudiants, parmi lesquels figurait la fleur de l'aristocratie contemporaine. A la même époque, fait bizarre quand on songe à la catholique Espagne, pays da l'inquisition, Salamanque fut la seule université où on enseigna le système de Copernic, réputé hérétique dans la plupart des autres. Enfin, on aura une idée de l'immense réputation acquise par elle et de l'influence qu'exerçaient ses jugements et ses arrêts, .quand nous aurons ait que les papes Urbain et Clément, lors du schisme d'Avignon, portèrent devant ses docteurs les questions qui les divisaient, s'en lapportant d'avance à leur décision. « L'enseignement de l'université de Salamanque, bien déchu de ce qu'il était autrefois, ait M. Gennoud de Lavigne, comprend aujourd'hui des chaires de philosophie, de littérature générale, de chimie générale, de physique appliquée, d'économie politique, de droit public et administratif, de langue grecque et d'histoire naturelle. Dans un institut annexé à, l'université, on enseigne le latin et l'espagnol, la géographie, l'histoire générale et celle de l'Espagne, la morale et la religion, la psychologie et la logique, les éléments de physique, d'histoire naturelle, les mathématiques élémentaires, la langue française, la rhétorique, la poétique, la mécanique rationnelle. La Faculté de jurisprudence comprend l'histoire et les éléments du droit romain, le droit civil, criminel et commercial de l'Espagne, les institutions du droit canon, les codes espagnols, la discipline ecclésiastique, les collections canoniques, lu pratique du barreau, o L'université de Salamanque perdit son antique importance à mesure que l'Espagne perdait la prépondérance qu'elle avait quelque temps exercée sur les autres nations. Aucun fait digne d'être mentionné.ne vient signaler Salamanque à l'attention pendant le dernier siècle, et il faut arriver à la guerre de l'Indépendance pour la voir figurer dans un de ses épisodes. Junot et son armée, se rendant en Portugal, traversèrent Salamanque le 12 novembre 1807. Un an plus tard, un détachement do l'armée anglaise commandé par sir John Mooro y faisait son entrée ; mais l'occupation de Madrid par Napoléon ne tarda pas à le décider à la retraite. C'est à Salamanque que Masséna établit plus tard son centre d'opérations, avant et après la bataille de Fuentès. La reddition de Ciudad-Rodrigo nécessitant bientôt un point d'appui voisiu qui pût arrêter l'ennemi, le maréchal Murinont, duc de Raguse, prit à son tour possession de Salamanque et convertit les couvents de la ville en véritables forteresses, remplies de troupes et bien approvisionnées. La bataille des Arapiles, qui fut le premier revers sérieux de nos aimées en Espapague (21 juillet 1818), fat livrée
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à 6 kilom., c'est-à-dire presque sous les murs de Salamanque.
La ville doit ie surnom de Petite Rome, que lui ont conservé les Espagnols, aux nombreux monuments qu'elle contient, et celui de Mère des vertus, des sciences et des arts h son ancienne université.
Salamanque (BATAILLE DE). V. ARAPILES
(bataille des).
SALAMANQUE (province de), division administrative de l'Espagne, bornée au N. par la province de Zamora, dont elle est en partie séparée par le Termes, à l'E, par celles de Valladolid et d'Avila, au S. par celle de Caceres et à I'O. par le Portugal ; elle mesure 172 kilom. du S. -O. au N.-E., et 78 kilom. de largeur moyenne; 182,202 hab. Sur la limite S.-O. de la province s'étend la sierra de Gâta, et au S.-E. la sierra de Gredos, qui s'y réunit à la sierra d'Avila, d'où descend le Tormès, lo principal cours d'eau de la contrée. Dans les antres parties de la province, le sol est généralement plat et peu fertile; les principales productions agricoles consistent en grains, garance, fruits, huile et vins. Sur les montagnes, on trouve de belles forêts de châtaigniers et de chênes et de bons pâturages. Elève de bestiaux et de porcs; mines d'or, de cuivre, de plomb, de cristal de roclie; sources minérales. Industrie manufacturière peu développée ; commerce assez actif avec le Portugal.
SaLAMAS, ville de Perse, dans l'Aderbaïdjan, à l'embouchure de la petite rivière de même nom dans le lac d'Ourmiah, à l'O. de Tébrir; 6,000 hab. Récolte et commerce de céréales et de bons vins.
SAI.AMBÔou SALAMMBÔ, déesse, la Vénus des Babyloniens. D'après quelques écrivains, le nom de Salambô n est ni babylonien ni syrien. 11 viendrait du grec salos, agitation, parce que cette déesse amoureuse avait l'esprit sans cesse agité, qu'elle courait de tous côtés et qu'elle ne cessait d'appeler Adonis. C'est la quatrième Vénus dont parle Oicéion ; elle était adorée à Tyr et en Syrie. Sa fête était célébrée avec de grandes marques de deuil.
SALAMI (Abdal-Malech), fils d'Habid, polygraphe arabe, mort à Cordoue en 239 de l'hégire (903 de J.-C). Il a, dit-on, composé mille cinquante livres sur différentes matières, parmi lesquels sept sur la morale, quinze sur la généalogie et l'histoire des eoraïsehites, soixante sur lu médecine, quatre-vingtdix sur l'art- militaire et l'équitution, etc. La plupart de ces ouvrages son£ aujourd'hui perdus. (V. Bibliotn. arabe d'Ibn-AIkhathib dans Casirist., II, p. 107.)
SALAMI (Aboul-IIassan-Muhomet),fils d'Obéidallah , poëte arabe, né à Bagdad en 303 do l'hégire (316 de J.-C), mort en 393 (1004). Entre autres poèmes, il a composé la Clef des espérances (Maftach almamut), poème dédié au sultan Adaddaulat, k la cour duquel Sulami passa la plus grande partie de sa vie.
SALAMI NE, en grec Salamis, aujourd'hui Colouri, île do la Grèce, située dans le golfe d'Egine, près de la côte occidentale de l'Atttque, dont elle n'est séparée que par un canal de 1,800 mètres de largeur. Autrefois fertile, aujourd'hui rocailleuse et stérile, l'île de Salamine affecte la forme d'une espèce de demilune extrêmement découpée. Sa plus grande largeur est de 15,200 mètres et sa superficie d'environ 6 kilom. carrés.
— Histoire. Les forêts de pins qui couvraient à l'origine l'île de Salamine lui liront donner tout d'abord le nom de Pitliyouasa , qu'elle échangea dans la suite contre celui de Sciras, puis de Syrcheia, en l'honneur de ses premiers chefs, et enfin de Salamine, qui n'est autre que le nom de la mère de Cychreus. Colonisée définitivement par les /Eacides d'Egine, Télawon et son fils Ajax (le même qui amena douze vaisseaux au siège de Troie) l'Ile ne tarda pas à exciter les ambitions de ses voisins, et Philœos (l'an G20 environ av. J.-C.) dut en abdiquer la souveraineté en faveur des Athéniens. Ceux-ci, à peine investis de cette souveraineté, se la virent contester par les Doriens de M égare, et il ne fallut rien moins que l'habileie et la profonde sagesse de Solon pour maintenir la possession de Salamine à la capitale de l'Altique. En 318. les Macédoniens s'en emparent, mais quatre ans plus taid la restituent, et Salamine, devenue un dème attique, demeure dès lors paisiblement sous l'obéissance athénienne. La première capitule de l'Ile, qui portait également le nom de Salamine et qui fut longtemps la résidence des .diacides d'Egine et de leurs héritiers, était située sur la côte sud de l'île, en regard d'Egine ; son emplacement n'est plus marqué aujourd'hui que par des ruines et des débris helléniques. Quant à la nouvelle, ou plutôt à la seconde capitale, ou Salamine attique , fondée par les Athéniens un peu avant la période des guerres de Macédoine, elle occupait la côte orientale et regardait le Pirée, distante d'un mille à peine du village actuel d'Ambelaki ; tout indique même que la Salamine attique s'étendait jusqu'à l'emplacement aujourd'hui occupé par ce village; des fouilles récentes ont en effet mis k jour à Ambelaki des murailles helleuiques en parfait état de conservation, et il est aisé d'y reconnaître également un
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ancien quai, qui servait peut-être c'e principal point de débarquement sur le port de l'ancienne cité. C'est dans le canal itroit qui sépare l'Ile de Salamine de l'Attique que les Grecs remportèrent, l'an 480 av. J.-C, sur la flotte de Xerxès, roi des Perses, la m imorable bataille navale qui sauva l'indépen lance du territoire (v. ci-après bataille de Sa LAMiNk). Dès lors Salamine partagea toujours la fortune d'Athènes. Lors de la conquête romaine, Sylia érigea Salamine en lie libre; elle conserva cette forme d'Etat jusqu'au règne de Vespasien. Il ne paraît pas qu'aile ait joué depuis lors jusquà la chute de l'empire romain un rôle bien important dans l'histoire. Les Turcs s'en emparèrent en 1456. Aujourd'hui Salamine fait partie du nome c'Attique et Béotie. La plus grande partie de sa population se trouve agglomérée dans lo village de Colouri, qui a donné son nom moderne à l'Ile entière. Sur la côte qui se trouve vis-àvis du rivage de Mégare, à l'extrémi :é N.-O. de l'Ile, sur le cap Sciradium et sur .'emplacement d'un ancien temple de Minerve, on voit le couvent de la Panagia Phaneromeni, dont l'église est ornée d'une remarquable fresque byzantine représentant le Jugement dernier et comprenant une multitude de figures, saints, anges, damnés, etc.
SALAMINE, ancienne capitale de l'Ile de Chypre. Fondée, si l'on en croit H tradition, par Teucer, fils de Télamon, elle était située sur la côte orientale de l'île. En 550 avant J.-C, elle tomba aux mains du conquérant égyptien Amasis et passa, vingtcinq ans plus tard, sous l'obéissance du roi des Perses Cambyse. Néanmoins, sous cette dernière domination, Salamine conserva ses lois, son administration et ses rois nationaux, a la charge seulement de ten.r sans cesse son armée et sa flotte à la disposition du grand roi. Les noms de quelquss-uns de ces monarques vassaux sont venus jusqu'à nous : nous citerons Evelthon, puis Gorges qui refusa de prendre part à l'insirrection ionienne. Oniophilos, son frère, se mit alors à la tête du parti national et renversa en effet Gorgos, dont il usurpa la place ; mais les Perses accoururent avec des forces considérables; Oniophilos fut tué dans une bataille qui entraîna la ruine de son pirti et Gorgos fut rétabli sur le trône par les vainqueurs. En 449, ia paix de Citiuin rendit à Salamine son indépendance absolue. Plus tard, Evagoras, de la race de Teucer, îyant tenté l'occupation de l'île entière à son profit, dut payer à Artaxerce II un tribut considérable. Alexandre eut plus tard Salt.mine sous son obéissance, mais toléra, comme avaient fait ses prédécesseurs, les petites souverainetés qui s'en partageaient alors le gouvernement. Après lu mort du conquérant, Ptolémée, roi d'Egypte, se rendit maîtie de l'île entière, en confisqua k son profit toutes les royautés et installa à Salamine un lieutenant chargé de l'administrer au nom et poulie compte du nouveau souverain. Ce lieutenant fut remplacé lors de la conquête ronaine par un préfet (priefeclus) , qui administra au nom de la république. A cette époque, les Phéniciens, puis les Juifs vinrent en g-and nombre s'établir à Salamine. Sous Trijan, Hérode, ayant obtenu la concession dî la ferme des salines, entraîna à sa suite à Salamine une nouvelle colonie de ses coreligionnaires; peu de temps après ces dern ers, sous la commandement de Barchochebas, levèrent l'étendard de la révolte et firent de la population grecque et indigène un massacre épouvantable, saccageant et brûlant les habitations. Un tremblement de terre survenu peu de temps après acheva la ruine de Salamine. Constantin essaya de la relever sous le nom de Constantia, et la nouvelle cité avait déjà pris une certaine extension lorsque, sous le règne d'Héraclius, les Arabes débarqaèrent sur la côte et y promenèrent à leur liur l'incendie et le carnage. La ville ne s est plus relevée de ce désastre, que ia rivalité de la ville de Fainagouste (v. ce mot) rmdit bientôt irréparable. Le village actuel de Haï - Sergui paraît occuper 1 emplacement de l'ancienne Salamine. « Les ruines actuelles, dit M. Joanne dans son excellent résumé historique, sont situées entre la mer et lu chapelle grecque de Sainte -Catlerine. On y reconnaît, un mur d'enceinte entourant une colline semée de débris, et sur : la gauche, en venant du large, un port fermé par deux jetées en ruine. Au pied de celle lu sud, il y a quatre brasses et demie a'euu. Au | sud de la ville est un marais traversé par les i débris d'une chaussée, et un ruisseau qui est l'ancien Pedioeus. Un aqueduc venant de l'est aboutit à l'enceinte. »
Saiatniue (bataillk de), gagnée par Thimistocle sur Xerxès l'au 480 av. J.-C Xerxès, fils de Darius, poursuivit contre la Grèce les projets de vengeance de sou père. Apres avoir rassemblé une armée et une flotte nombreuses, il marcha contre la Grèce, semant la terreur sur son passage, fut arrêté un instant par Leonidas aux Thermopyles, puis arriva devant Athènes, qu'il réduisit en cendre:;, après avoir massacré le peu d'habitants qui s'y trouvaient. Le reste, d'après le conseil de Thémistocle, s'était réfugié dans les îles vo.siues ou sur les vaisseaux, conformément i la réponse de l'oracle de Delphes, en vertu ds laquelle ils devaient chercher leur salut dans des murs de bois.
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A la nouvelle de cette effroyable invasion, la division se mit dans la flotte grecque, qui occupait alors le détroit de Salamine. Le conseil de guerre qui se tint dans cette circonstance fut des plus orageux, chaque chef soutenant son opinion avec opiniâtreté. Thémistocle, commandant de la flotte athénienne, prétendait que c'était une folie d'abandonner une position aussi bien choisie que celle de Salamine, étroite, resserrée, où l'ennemi ne pourrait trouver de place pour l'immense développement de sa flotte. Eurybiade, chef de la flotte lacédémonienne, était d'un avis contraire, et, dans la chaleur de la discussion, il s'oublia jusqu'à lever sur Thémistocle son scytale ou bâton de commandement, a Frappe, lui répondit froidement l'Athénien , mais écoute. » Cette modération de Thémistocle, qui est celle de l'homme supérieur convaincu qu'il a raison, émut Eurybiade, qui finit par se ranger à son avis, et ce fut le salut de la Grèce,
Cependant toutes les résistances n'étaient pas vaincues, et Thémistocle avait été averti que plusieurs des alliés grecs songeaient à éviter un engagement qui promettait d'être terrible. L'illustre Athénien paraà cette éventualité en faisant secrètement donner avis à Xerxès que la flotte grecque se préparait à se diviser et que, s'il perdait cette occasion de l'accabler d'un seul coup, il allait donner k ses ennemis la facilité d'éterniser la guerre. Le roi de Perse fut assez vain pour concevoir cette crainte, et il fit cerner Salamine par la multitude de ses vaisseaux. Dès lors la bataille devenait inévitable ; le but de Thémistocle était atteint.
Xerxès, pour encourager les siens, voulut être témoin de la lutte, du haut d'une éminenre voisine où il fit placer son trône. Il eût certes mieux fait de leur donner l'exemple du courage et de se tenir au milieu d'eux pour animer leurs efforts. La flotte des Perses était d'une supériorité numérique écrasante; mais cette supériorité était annihilée, comme nous l'avons dit, par l'impossibilité de se mouvoir dans un si étroit espace ; elle avait en plus contre elle l'expérience, le talent des différents chefs grecs et le génie de Thémistocle. Celui-ci, en habile capitaine à la prévoyance duquel rien n'échappe, attendit, pour engager l'action, qu'un vent tout à fait contraire aux Perses et qui soufflait tous les jours régulièrement k la même heure commençât à se faire sentir. Alors il donna le signal de l'attaque. Les Perses, sachant que les regards de leur roi pesaient sur eux, s avancèrent avec toute l'impétuosité dont pouvaient être animés leurs lourds vaisseaux; mais cette première ardeur se ralentit bientôt aux chocs terribles de la mêlée. La multitude do leurs vaisseaux, leur construction massive, le vent qui leur était contraire et dont ils ne savaient pas corriger le désavantage, tout concourut à jeter le désordre parmi eux dans ce lieu si étroit où ils ne pouvaient exécuter aucun mouvement; tandis que, du côté des Grecs, toutes les évolutions s exécutaient avec mesure et régularité, inspirées par l'unité savante du commandement. Les ioniens, qui ne combattaient que malgré eux contre la Grèce, leur mère patrie, furent les premiers à prendre la fuite, et ils ne tardèrent pas à être suivis par le reste de la flotte. Ce fut une femme, la reine Artémise, qui, dans cette circonstance, donna l'exemple du courage aux Perses, dans les rangs desquels elle combattait. Elle se signala pur des actes de hardiesse si extraordinaires, que Xerxès, témoin de sa valeur, ne put s'empêcher de s'écrier : « Dans cette bataille, les hommes ont paru des femmes, et les femmes ont montré un courage d'homme. » Les Athéniens, irrités de ce qu'une femme avait osé venir les braver jusque chez eux, avaient promis dix mille drachmes à celui qui pourrait la prendre en vie. Artémise, ardemment poursuivie par des ennemis qu'animait le patriotisme et qu'alléchait l'espoir de lu récompense, leur échappa par un stratagème qui prouve bien les ressources inépuisables de l'habileté féminine. Se voyant sur le point d'être atteinte par un vaisseau athénien, elle arbora le pavillon grec, et, pour dissiper tous les soupçons, elle aborda un vaisseau des Perses et Je coula à fond. Ce qui mit le comble à son triomphe, c'est qu'elle sut admirablement concilier les soins de sa sûreté avec ses désirs de vengeance : ce vaisseau était précisément monté par un prince contre lequel elle nourrissait une haine mortelle. Grâce à sa ruse, elle échappa à la captivité.
Telle fut l'issue de la bataille de Salamine, une des plus célèbres, et ajuste titre, de l'antiquité. Elle mit le comble à la gloire des Athéniens, et surtout à celle de Thémistocle, qui en fut le héros.
Salamine (la), célèbre élégie de Solon, composée vers laxnvc olympiade, l'an 604 avant notre ère; elle se ressent de la jeunesse ardente de 1 auteur. Les anciens, depuis Démostliène, ont raconté sans trop varier entre eux les circonstances qui présidèrent k sa composition. On connaît le récit de Plutarque dans la Vie de Solon. Les Athéniens disputaient depuis longtemps aux Mégariens la possession de Salamine, et la future puissance d'Athènes se trouvait alors tellement dans son enfance, qu'ils n'avaient pu arracher cette île à leurs voisins doriens, quelque insignifiant que fût leur empire. Les Athéniens
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avaient fait des pertes telles dans ces tentatives, qu'ils interdirent, sous peine de mort, de proposer dans leur assemblée publique la conquête de Salamine. Solon s'indigna d'une telle honte. Il voyait, d'ailleurs, que les jeu- , nés gens, pour la plupart, ne demandaient qu'un prétexte pour recommencer la guerre, 1 mais qu'ils n'osaient s'avancer, retenus par ' la crainte de la loi. Il imagina donc de con- ' trefaire le fou et fît répandre dans la ville par les gens mêmes de sa maison qu'il avait perdu l'esprit. Cependant il avait composé en secret une élégie et l'avait apprise par cœur. Un jour, il sortit brusquement de chez lui et courut à la place publique. Le peuple l'y suivit, et là Solon , monté sur la pierre des proclamations, chanta son élégie qui commence ainsi : « Je viens moi-même comme héraut de la riante Salamine prononcer de- ' vant le peuple un poème au lieu d'un discours, i 11 est clair que le poète feignait d'être un héraut de retour de Salamine, où il aurait été envoyé, et que, grâce à cette ruse, il eut l'occasion de peindre avec plus de force et de vivacité qu'il n'eût été possible en d'autres conditions la domination des Mégariens odieux aux Athéniens et les reproches tacites que sans doute bien des Salaminiens devaient faire aux Athéniens. « Ce poëme, dit Plutarque, contient cent vers d'une grande beauté. > Solon décrivait comme intolérable la honte qui serait le partage des Athéniens s'ils ne réussissaient pas à reconquérir l'île. « J'aimerais mieux être un barbare, et non plus un Athénien I Que ne puis-je avoir changé de patrie I Car à tout instant cette parole retentira parmi les hommes : « Celui » que vous voyez, c'est un homme de l'At- • tique, un de ceux qui ont lâchement aban- » donné Salamine I • Et lorsque le poijte conclut par ces paroles : « Allons à Salamine, allons combattre pour celte île aimable et repoussons loin de nous un funeste déshonneur, « la jeunesse athénienne, saisie d'un transport d euthoubiasir.e, répéta tout d'une voix : • Allons à Salamine I » L'ancien décret fut rapporté ; une nouvelle expédition fut sur-le-champ résolue, et bientôt les Mégariens étaient chassés de l'Ile. Ainsi Solon, en comptant sur la puissance de la poésie, avait atteint son but.
SALAMINIEN, IENNE S. et adj. (sa-la-mini-ain, i-è-ne). Géogr. anc. Habitant de Salamine ; qui appartient à Salamine ou à ses habitants : Les Salamimens. La population
SALAMINIENNli.
— s. f. Antiq. gr. Nom de l'une des galères sacrées des Athéniens, qui servait k ramener les généraux destitues et à porter tous les ans les offrandes à Délos.
SALAMIS s. f, (sa-la-miss). Acal. Genre d'acalèphes inédusaires, dont l'espèce type vit dans te voisinage des îles Moluques.
SALAMMBÔ, déesse babylonienne'. V. Salambô.
Saiumnibô, roman, par M. Gustave Flaubert (Paris, 1863, iu-80}. Après Madame Bovary, si M. Flaubert eut été un esprit vulgaire, il n'eût pas manqué d'exploiter la même veine et d'obtenir d'un public qui lui était tout acquis les plus faciles succès. Il a. voulu montrer sa force, son originalité, et l'on peut dire que son second ouvrage était inattendu : le peintre des mœurs bourgeoises se métamorphosttiten érudit, en antiquaire et, après un recueillement de quelques années, il nous apportait une résurrection de Carthage, telle à peu près qu'il est aujourd'hui possible de la reconstruire, en l'absence de presque tout document. Beaucoup de lecteurs et certains critiques ne lui ont pas encore pardonné cette audace.
Et cependant, que de talent, que d'inventions heureuses, que de brillantes qualités d'observation et de description ont été dépensés par l'auteur dans ce livre, qui a été une déception pour tant do gensl Ce quo Th. Gautier avait fait pour l'Egypte du temps de Moïse, dans le Roman de ta momie, pour la vieille civilisation assyrienne dans le Itoi Candaule, G. Flaubert essayait de le faire pour une civilisation moins ancienne, mais de laquelle les Romains, par une atroce jalousie, n'ont presque rien laissé subsister. 11 n'a pu baser ses restitutions que sur quelques lignes échappées aux historiens, sur quelques pierres éparses.
Le sujet du roman est cette guerre des mercenaires, qui suivit la première guerre punique et dans laquelle il fut commis de part et d'autre tant de cruautés, que Polybe 1 appelle la guerre inexpiable. L'historien grec dit peu de chose de plus, et ce peu même n'a pas servi à M, Flaubert, qui l'a dédaigné. Les mercenaires sont licenciés après un énorme festin, donné dans les jardins d'Huînilcar et décrit par l'auteur avec une profusion de détails, une richesse de décors fort remarquables, Mécontents de la république, ils se révoltent, sous le commandement du Libyen Mathô, une espèce de géant, de Goliath stupide et superbe, du Grec Spendius, esprit tin, délié, mais poltron, et du Numide Nurr'llavas. Après avoir failli s'emparer de Carthage par surprise, ils eu sont réduits à l'assiéger. Le siège et ses péripéties, le retour d'Hamilcar, détesté des nobles, mais qu'on rappelle de Sicile, vu l'extrême danger, sont le sujet des deux tiers du livre; l'amour de Mathô et de Narr'Havas pour Salammbô,
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fille d'Hamilcar, qu'ils ont aperçue tous les deux, dans les jardins, le soir de la grande fête, forme le lien entre les deux camps ennemis, lien bien fragile, niais qui f-uflit dans une tjeuvre archéologique. M. Flaubert a épuisé sa science et son originalité à graver, de la pointe la plus fine, cette image de la belle prêtresse de Tanit, qui ignore tout du monde, sauf les rites de sa religion, mais que tourmente une nubilité précoce. et qui adresse à )'impure Astarté des Phéniciens des vœux que, dans son ignorance, elle croit d'une chasteté absolue. Le siège traîne en longueur et, pour décider l'affaire tout autant que pour revoir cette idéale figure qui le trouble dans ses rêves grossiers, Mathô se décide à pénétrer dans Carthage, seul avec Spendius, par l'aqueduc à demi détruit. Il y réussit à travers mille obstacles, trouve l'immense palais d'Hamilcar, qu'il parcourt, ainsi que le temple, vole le zaïmph, voile mystérieux, palladium de Carthage, et trouve Salammbô endormie, qu'il couve du regard et dont il n'ose approcher. La jeune fille se réveille, pousse des cris de frayeur à la vue du zaïmph, que nul mortel ne doit voir, et Mathô n'a que le temps de fuir, protégé, du reste, par le voile mystérieux, dont tout le monde se détourne avec frayeur. La fortune de Curthage chancelle et les dévots la croient perdue ; ils font d'horribles sacrifices humains à Moloch, le dieu formidable; mais le grand prêtre imagine un autre moyen de ramener la confiance, c'est de reprendre le zaïmph, et puisque Mathô aime Salammbô, la chose est faisable. Il ordonne à la prétresse de Tanit d'aller trouver Mathô jusque sous sa tente et d'obtenir de lui à tout prix, quelque faveur qu'il exige, la restitution du voile. Salammbô marche vers le camp des barbares, parée de ses plus beaux atours ; couverte de pierreries et d'aromates, elle pénètre jusqu'auprès du Libyen, reçoit docilement ses caresses et revient avec le voile.
Les mercenaires, vaincus à la bataille du Macar, enfermés dans le défilé de la Hache, deux épisodes qui ont offert à l'auteur un prétexte à des descriptions d'une grande puissance, livrent leurs chefs; Spendius est mis en croix, Mathô est envoyé à Carthage et réservé aux plus horribles supplices ; quant à Narr'Havas, le Numide, figure douteuse qui n'apparaît dans le roman que comme une ombre avec ses fantastiques cavaliers, il s'est rallié à temps aux vainqueurs et Humilear, qui a deviné le déshonneur de Sa fille, lui donne Salammbô en mariage. Au moment où il va passer l'anneau au doigt de sa fiancée, celle-ci aperçoit Mathô, que ses geôliers viennent de livrer à la populace pour qu'elle le déchire en morceaux; elle reconnaît l'homme à qui elle s'est livrée pousse un cri et tombe à la renverse, morte d'émolion.
Après avoir exposé les lignes principales du roman, reproduisons les reproches de la critique; ils ont été vifs, car ce n'est, jamais impunément qu'un auteur s'écarte du chemin battu et veut faire une chose nouvelle,
« Qu'est-ce que Salammbô? se demande M. Dusolier; un épisode historique? le récit véridique et lumineux de la guerre des mercenaires contre Carthage? Mais, sur cet épisode, il existe à peine quelques renseignements très-secs, très-nus et très-brefs, fournis par l'impassible Polybe. Il se commit, de part et d'autre, des cruautés terribles, si terribles que l'antiquité épouvantée a marqué cette guerre du nom de guerre inexpiable. Mais quelles furent ces cruautés et que se fit-il d inexpiable? Nul détail, aucune lueur, l'ombre partout. L'histoire veut des certitudes, et nous sommes réduits à conjecturer. Du reste, si peu que lui offrît Polybe, M. Flaubert ne l'a pas accepté, ce qui prouve bien qu'il ne songeait pas à écrire une histoire. Ainsi, dans l'ancien, le Grec Spendius nous esfr présenté comme un brave et habile soldat, se battant bien, commandant mieux ; et lui, le moderne, il nous le donne comme un être bas, rusé (mais point dans les choses militaires), peureux, ayant fuit jadis commerce de courtisanes, plaisant d'ailleurs et même bouffon, une manière de Sinon ou de Thersite. M. Flaubert n'a donc pas écrit une histoire.
» Peut-être un roman historique? Mais le roman historique, c'est la représentation du côté pittoresque, légendaire, familier de l'histoire ; c'est le tableau de genre faisant pendant au tableau de bataille; ce sont les mœurs, déduites des événements. La tradition écrite, et à son défaut, la tradition parlée, voila le sol dJoù il s'élance. Ici, le sol manque ; le roman n'a ses racines nulle part.
» Est-ce une restitution archéologique?
Mais on dispute encore sur l'emplacement où s'élevait Carthage 1 Quan^ au plan de cette ville, « Polybe et Tite-Live avaient sans » doute parlé fort au long du siège de Car- » thage, maisnousn'avons plus leurs descrip- » tiens. «(Chateaub.) Qui dira quels furentses temples, ses statues, ses maisons? Quelle indication subsiste?
» Qu'est-ce donc que Salammbô? Une chose qu'on n'avait jamais vue : de la fantaisie scientifique.
» Nul sujet, d'ailleurs, autant que celui-ci, ne devait solliciter M. Flaubert, qui unit à la rage du raffinement la rage de la description, cette rage froide. Et, d'abord, ce mot a guerre inexpiable > lui ouvre a l'infini le champ des cruautés inouïes, des supplices sa-
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vants, des sacrifices exceptionnels réclamés par des divinités sanguinaires. Les détails abonderont sous sa plume.
■ Ce n'est pas encore assez d'horreur. La nature est cruelle aussi : il la faut mettre à contribution, H ne faut pas oublier que nous sommes à Carthage, en Afrique, sous un ciel magnifique et morne, écrasant et souriant, qui verse, de son azur, les fièvres, les pestes, les fléaux, toutes les épidémies énormes, tout ce qui verdit l'homme, le pourrit, le décompose , Afriea portentosa. Et voilà qu'on voit passer sans cesseàtravers le roman le hideux suffète Hannon, forcé, pour résister à ses ulcères, d'avaler une pharmacie par jourl Car il n'est qu'infection et purulence ; sa chair pend par lambeaux et s'effiloche sur les chemins, malgré les bandelettes qui l'emmaillottent et tentent vainement de la retenir. Partout Hannon se répand ; il s'essuie à chaque page du volume. L'horreur croît de plus en plus, et M. Flaubert, qui est patient et qui aime à éterniser les descriptions, sourit : Patiens, quia œternus.
» On s'aperçoit assez que M. Gustave Flaubert a le goût de l'exagération et de l'accumulation. Lisez ses descriptions de Carthage (il y en a plusieurs) ; de même qu'il rassemble de côté et d'autre tout ce qu on a écrit sur les supplices, il réunit, pour reconstruire Carthage, tout ce que les livres sacrés ou profanes ont dit des villes d'Orient et particulièrement des villes égyptiennes. Et il outre encore l'architecture orientale déjà si énorme 1 Les maisons sont des Babels ; il ne voit pas la fin de la terrasse haute du palais Barca. M. Flaubert ne regarde rien qu'à travers un stéréoscope grossissant. Mathô a l'épaisseur et la solidité d'un éléphant; Narr' Havas n'a pas plus de consistance qu'une ombre. A voir ce capitaine numide, on dirait une vapeur qui porte une armure.
» Pour Salammbô, la tille d'Hamilcar, qui vit, non, elle ne vit pas, qui se dodeline hiératiquement entre une nourrice stupide et un serpent Python, il y a un moment où l'on croit qu'elle va s'animer et, du même coup, animer le roman. C'est lorsque, à l'exemple de la Judith biblique, elle va trouver Mathô dans sa tente et se donne à lui pour reprendre le zaïmph. Erreur 1 Rien ne bouge, rien ne dérange les plis roides du roman : Salammbô reste la Velléda effacée des premières pages. Et, plus tard, à la vue de Mathô vaincu, supplicié et mourant, de Mathô qu'elle aime et qu'elle perd du même coup, s'échuppera-t-il un cri de sa poitrine, un cri de passion ou seulement de pitié? Non, elle se contente de mourir à l'antique I Ce n'est pas une femme, c'est une forme drapée qui s'affaisse, < la tête en arrière, blême, roidie, » les lèvres ouvertes et ses cheveux dénoués » pendants jusqu'à terre. ■ La description matérielle, toujours cela et rien que cela. Une émotion immense passe dans une àme et la foudroie; M. Flaubert ne s'ingénie qu'à rendre artistement le trouble extérieur produit dans les vêtements et dans la coiffure.
» Ainsi, M. Flaubert nous aura présenté les plus épouvantables spectables, les plus douloureux, les plus dramatiques : les inères poussant elles-mêmes leurs enfants aux bûchers pour apaiser Moloch irrité; il nous aura parlé de l'amour qui desespère (Mathô), la chose la plus lamentable qu'il y ait dans l'âme humaine; et il ne nous aura pas touchés, il ne nous aura même pas fait frémir. 11 nous glace, et devant tout ce sang et tous ces cœurs répandus, nous disons froidement : Mon Dieu, que cette sanguine est curieusement travaillée l >
Ces reproches sont exagérés; nous les avons reproduits cependant parce qu'alors la presse fut unanime dans ce sens , et que d'ailleurs quelques points sont vrais. Le manque d'émotion est le défaut capital de l'œuvre, qui ne fait vibrer qu'une seule corde, la curiosité. Mais que dire de cette assertion de M. de Pontmartin : • Salammbô n'est ni. une jeune femme, ni une jeune tille, mais una créature passive , hystérique, dominée par des puissances fatales, sentant le miel et le poivre, gouvernée par un absurde grand prêtre, enroulée dans des plis de voile sacré et dans des nœuds de serpent. Elle est peut-être admirablement vraie comme Carthaginoise de l'an 240 avant Jésus - Christ. Comme femme, comme personnage de roman, comme figure poétique, elle n'existe pas. s Bon critique ! Si M. Flaubert avait peint, dans ce gigantesque palais Barca, une Emma Bovary, une baronne d'Ange ou une M»"* Marneffe, M, de Pontmartin ne manquerait pas de lui dire : « Comme femme, comme personnage de roman, votre héroïne est parfaite; mais, comme Carthaginoise, elle n'existe pas; vous oubliez que nous sommes à Carthage, l'an 240 avant Jésns-Christ. »
D'un autre côté, voici l'opinion de Sainte- Beuve : «Savez-vous quelle eût été la forme la plus naturelle, la plus vraie à adopter, dans l'état actuel de la science, pour qui voulait nous entretenir de ce vieux monde punique ? C'eût été d'écrire tout bonnement une relation de voyage, un Itinéraire sur cette côte de l'Afrique depuis les Syrtes jusqu'à l'Utique. On aurait décrit tout à son aise le pays et le paysage. On aurait montré les habitants, les races confondues ou persistantes, et discuté jusqu'à quel point il est légitime de conclure du présent au passé, et des autres peuples sémitiques de par delà- l'Egypte à
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ceux d'Afrique, si traversés et si mélangés. L'amour de la vieille Carthage , puisque amour il y avait, y aurait trouvé son compte. On en aurait refait l'histoire, en indiquant les lacunes, en restituant, à l'aide des fragments et du parti raisonnable qu'on en peut tirer, la religion, la politique, le caractère, les mœurs. L'écrivain pittoresque aurait même pu, dans un ou deux, chapitres, nous livrer à l'état de rêve ou d'idéal rétrospectif sa reconstruction architecturale et morale, restitution imaginaire, mais devenue par là même plus plausible, puisqu'il n'aurait rien affirmé. Voilà la forme juste et vraie dans laquelle il pouvait se produire un beau travail d'érudit et d'artiste sur la civilisation carthaginoise. Le roman historique est un moule suspect et ambigu qui ne peut nous rendre, en telle matière, qu'une médaille en grande partie fictive et controuvée. i
Nous ne nous rallions pas à cette opinion; si M. Flaubert eût fait un itinéraire, il est plus que probable qu'on lui aurait demandé un roman. Un reproche plus juste que l'on peut faire à son œuvre, c'est que tout est sur le même plan ; la perspective manque, sinon le relief.
SALAMON (Louis-Sifrein-Joseph-Foncrosé db), ecclésiastique français, né à Carpentras le 22 octobre 1759, mort à Saint-Flour le Il juin 1829. Il acheta à Paris une charge de conseiller clerc au parlement et, de 1790 au 10 août 1792, exerça les fonctions d'interuoncedu pape auprès de Louis XVI. En 1791, il transmit aux évêques français les brefs pontificaux contre la constitution civile du clergé, fut arrêté et échappa aux exécutions de septembre. Forcé de fuir à la suite d'un nouvel acte d'accusation lancé contre lui, il se cacha jusqu'à la révolution du 9 thermidor, passant , dit-on , la nuit dans les bois. Traduit de nouveau en justice et menacé de la déportation en 1798, il fut acquitté. Salamon fut nommé, en 1806, par le pape, évoque in partibus d'Orthosia; en 1814, le roi Louis XVIII le désigna pour auditeur de rote à Rome; mais le pape ne reconnut pas cette nomination , disant quo l'évéque Isoard, nommé précédemment par Napoléon, ne pouvait pas être destitué. Salamon ne revint de Rome à Paris qu'en 1817 et fut nommé évoque de Belley. Enfin, il fut nommé, en 1823, évèque de Saint-Flour. Il légua tout ce qu'il possédait aux pauvres et aux établissements publics de la ville et du diocèse.
SALAMPOSE s. m. (sa-lan-pô-ze). Sorte de pagne que portent les négresses esclaves au Maroc.
SALANDRA, bourg d'Italie (Basilicate), district de Matera, mandement de Feirandina, sur la Salandrella; 2,470 hab. Culture de coton ; fabriques de tissus.
SALANDRELLA, petite rivière du royaume d'Italie, province de Basilicate. Elle prend sa source près du bourg de Salandra. et se jette dans le golfe de Tarente , près de la tour de son nom, après un cours de 65 kilom.
SALANDRI (l'abbé Pellegrino), poète italien, né à Reggio le 3û avril 1723, mort près de Mantoue Je 17 août 1771. Reçu docteur en théologie, il abandonna l'état ecclésiastique pour se livrer à la littérature. Précepteur dans la maison du comte Cristiani, il devint secrétaire particulier du comte, puis premier officier de la secrétairerie de Mantoue. Salandri a été membre des Académies des Timides et de la Colonie de Virgile, puis secrétaire de l'Académie unique formée en 1767 par leur fusion. Il mourut subitement en 1771 d'un accident de voiture.
SALANGA s. f. (sa-laD-ga), Ornith. Syn.
de SALANGANE.
SALANGA, île de la mer des Indes, archipel de Mergui. V. Djankskylon.
SALANGANE s. f. (sa-lan-ga-ne). Ornith.
Espèce d'hirondelle qui habite la Chine et dont les habitants de ce pays mangent les nids.
— Encycl. Ce genre est principalement caractérisé par un bec petit, plus haut que large, légèrement bombé, à mandibule supérieure très-arrondie et convexe,à mandibule inférieure concave en dessous; la queue presque carrée, ou du moins très-faiblement écbanerée; des tarses nus, courts, mais robustes; des doigts vigoureux, comprimés, terminés par des ongles forts et très-arqués. On connaît aujourd'hui quatre espèces du genre salangane , mais il est probable qu'il en existe un bien plus grand nombre. La salangane est un petit oiseau de rivage, que la singularité de ses nids a depuis longtemps vendue célèbre. Ces nids su mangent; en Chine et dans tout l'Orient, on les sert comme un mets de luxe sur les tables des riches, qui les payent au poids de l'or. Pendant longtemps la composition de ces nids a été le sujet de controverses entre les savants d'Europe. Lamouroux, Kuhn , Meyen , G. Cuvier et Pouchet ont cru que les nids de salangane étaient formés d'une substance végétale extraite de certains fucus, d'où le nom qu'on a donné à cet oiseau d'hirondelle fuciphage. D'autres les ont considérés comme le produit de certaines substances animales semblables au mucilage qui entoure le frai du poisson.
Voici, du reste, ce que dit au sujet de la salangane et de ses nids, Poivre, le premier naturaliste qui en ait parlé avec précision :
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t M'étant embarqué en 1741 sur le vaisseau le Mars pour aller en Chine, nous nous trouvâmes, au mois de juillet de la même année, dans le détroit de la Sonde, très-près de l'île de Java, Ayant été pris de calme en cet endroit, nous descendîmes dans le dessein d'aller à la chasse des pigeons verts. Tandis que mes camarades de promenade gravissaient le3 rochers pour chercher des ramiers verts, je suivis les bords de la mer pour y ramasser des coquillages et des coraux qui y abondent. Au bout de quelque temps, un matelot chaloupier qui m'accompagnait découvrit una caverne assez profonde creusée dans les rochers qui bordent la mer, il y entra. La nuit approchait. A peine eut-il fait deux ou trois pas qu'il m'appela à grands cris. En arrivant, je vis l'ouverture obscurcie par une nuée de petits oiseaux qui en sortaient comme des essaims. J'entrai en abattant avec ma canne plusieurs de ces petits' oiseaux que. je ne connaissais pas encore. En pénétrant dans la caverne, je la trouvai toute tapissée dans le haut de petits nids en forme de bénitiers. Le matelot en avait déjà arraché plusieurs et avait rempli sa chemise de nids et d'oiseaux. J'en détachai aussi quelques-uns ; je les trouvai très-adhérents au rocher. La nuit vint, nous nous rembarquâmes emportant nos chasses et nos collections. Chacun de ces nids contenait deux ou trois œufs ou petits posés mollement sur des plumes semblables a celles que les père et mère avaient sur la poitrine. Comme ces nids sont sujets à se ramollir dans l'eau, ils ne pourraient subsister à la pluie, ni près de la surface de la mer. Arrivés dans le vaisseau, nos nids fuient reconnus par les personnes qui avaient fait plusieurs voyages en Chine, pour être de ces nids si recherchés des Chinois. Le matelot en conserva quelques livres, qu'il vendit trèsbien à Canton. De mon côté, je dessinai et peignis en couleurs naturelles .les oiseaux avec leurs nids et leurs petits dedans ; car ils étaient tous garnis de petits de l'année, ou au moins d'oeufs. En dessinant ces oiseaux, je les reconnus pour de vraies hirondelles. Leur taille était à peu près celle des colibris. Depuis, wj'ai observé en d'autres voyages, que dans les mois de mars et d'avril, les mers qui s'étendent depuis Java jusqu'en Cochinchine au nord et depuis la pointe de Sumatra à l'ouest, jusqu'à la Nouvelle- Guinée à l'est, sont couvertes de frai de poisson qui forme sur l'eau comme une coile forte à demi délayée. J'ai appris des Malais, des Cocbinchinois, des Indiens Bissagas des îles Philippines et des Moluquois, que la salangane fait son nid avec ce frai de poisson. Tous s'accordent sur ce point. Il m'est arrivé, en passant aux Moluques , en avril, et dans le détroit de la Sonde en mars , de pêcher avec un seau de ce frai de poisson dont la mer était couverte, de le séparer de l'eaUj de le faire sécher, et j'ai trouvé que ce frai ainsi séché ressemblait parfaitement à la matière des nids de salangane. Elle le ramasse, soit en rasant la surface de la mer, soit en se posant sur les rochers où ce frai vient se déposer et se coaguler. On a vu quelquefois des fils de cette matière visqueuse pendant au bec de ces oiseaux, et on a cru, mais sans aucun fondement, qu'ils la tiraient de leur estomac au temps de l'amour. C'est à la lin de juillet et au commencement d'août que les Cochinchinois parcourent les îles qui bordent leurs côtes, surtout celles qui forment leur paracel, à 20 lieues de distance de la terre ferme, pour chercher les nids de ces petites hirondelles. Les salanganes ne se trouvent que dans cet archipel immense qui borne 1 extrémité orientale de l'Asie. Tout cet archipel, où les îles se touchent pour ainsi dire, est très-favorable à la multiplication du poisson; le frai s'y trouve en très-grande abondance; les eaux de la mer y sont aussi plus chaudes qu'ailleurs. »
Quelques auteurs ne partagent pas absolument l'opinion de Poivre touchant la composition des nids de salangane.Us seraient presque tentés de l'attribuer à une sécrétion de l'oiseau. Pour cela, ils se fondent sur ce que l'on trouve de ces nids dans les profondes cavernes des hautes montagnes qui occupent le centre de l'île de Java. Or ces cavernes sont très-éloignées de la mer, dont elles sont en outre séparées par de hautes montagnes où régnent constamment des vents impétueux que d'aussi petits oiseaux ne seraient sans doute pas en état de vaincre. On sait d'ailleurs au une sécrétion analogue se forme chez nos hirondelles et nos martinets d'Europe.
Lesson a émis une opinion intermédiaire à celles-là, qui pourrait bien être la vraie. D'après lui, les salanganes vivraient d'insectes, comme tous leurs congénères, quelle que soit leur position au bord de la mer. Seulement, au temps de la ponte et successivement, chaque paire ordinairement sédentaire, poussée par une prévoyance instinctive, s'élance vers les lieux où elle peut trouver les matériaux nécessaires k la constructiou de son nid. Elle recueille, en rasant les flots, la matière animale qui nage sur leur surface, et, par un travail viscéral particulier qui dépend sans doute de l'organisation de son gésier, elle l'épure, la débarrasse des matières hétérogènes, la pétrit à l'aide d'un mucus, dont l'analogue est chez nous le suc pancréatique, en forme un corps gélatino-muqueux, visqueux comme l'ichthvocolle, et la divise en
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filaments susceptibles d'adhérer entre eux. Les dernières analyses ont prouvé que la partie comestible de ces nids ne renferme aucune matière végétale. Mulder y a trouvé 90 pour 100 de matière animale. Le reste était composé de matières salines. A l'état de dessiccation complète, la matière animale contient 0,999 d'azote. On voit par là que c'est un des aliments les plus nutritifs que Von connaisse. On lui attribue aussi diverses qualités, entre autres, la propriété d'accroître la sécrétion des sucs prolifiques et de rendre la vigueur aux personnes épuisées par les plaisirs ou toute autre cause. Les Chinois, passés maîtres en fait de gloutonneries aphrodisiaques, en distinguent jusqu'à quinze qualités cotées à des prix divers.
Les meilleurs nids sont ceux qui renferment les petits à peine éelos; ceux dont les Îietits ont déjà porté des plumes sont de quaité inférieure: les nids abandonnés n'ont aucune valeur ; s ils n'ont contenu que des œufs, ils sont réputés de qualité intermédiaire. La quantité de nids tirée de l'Ile de Java, des Iles de la Sonde, de la Cochinchine, des Moluques, et importée en Chine, peut être évaluée à 240,000 livres par an, représentant unevaleur de deux. millions de francs. Les qualités secondaires coûtent de 200 à 300 francs le kilogramme ; la première qualité se vend à Paris 800 francs le kilogramme.
Peu solubles dans l'eau pure, les nids de salanganes se dissolvent facilement dans des solutions alcalines, même très-faibles, de potasse, de soinlc. Cette dissolution est précipitée par l'alcool avec une réaction alcaline. Lorsqu'on les brûle, ils répandent des vapeurs ammoniacales et présentent tous le3 caractères d'une humeur visqueuse particulière, qui s'écoule du bec de l'hirondelle nu temps de ses amours. Leur couleur est tantôt blanche, tantôt jaunâtre, et quelquefois tourne légèrement au rougeàtre. Leur cassure est vitreuse et brillante. On y trouve fréquemment des matières étrangères qui leur ôLoiit une partie de leur valeur. A l'état pur et plongés pendant vingt-quatre heures dans 1 eau , ils se gonflent et se ramollissent au lieu de se casser; ils se déchirent et se divisent en lames parallèles très-minces, indice certain qu'une matière gluante a été déposée par couches successives sur la partie extérieure de la coquille, A l'intérieur, on distingue des lamelles ou filets croisés dans une direction concentrique en guise de charpente.
hua salanganes emploient, dit-on, près de deux mois à la confection de ces nids, dans lesquels chaque femelle pond de deux à trois œufs, dont l'incubation dure quinze jours. On les enlève trois fois par an, ce qui tendrait à prouver (jue ces oiseaux font trois pontes dans la même année. A Java, nombre du gens sont adonnés depuis l'enfance à la recherche du précieux comestible, et, comme cette recherche ne laisse pas que de présenter quelques périls, ils ne la commencent jamais sans avoir auparavant offert un, sacrifice, fait des prières, parfumé l'entrée de la caverne avec du benjoin et invoqué la protection des dieux tutélaires. Avant d'expédier las nids en Chine, on les fait complètement sécher. Arrivés sur le marché chinois, ils passent encore dans les mains de plusieurs ouvriers qui exercent !a profession de cureurs de nids d hirondelles. Armés de leurs petits crochets, ils en extraient avec un soin intiui tous les corps étrangers sans les déformer. Quand on les voit fuire ce travail, on ne peut s'empêcher d'admirer leur adresse et leur patience. Inutile de dire que les marchands chinois ne se font pas faute de pratiquer à l'égard de ce produit la sophistication sur une large échelle.
Ou sait aujourd'hui que plusieurs espèces du même genre produisent des nids comestibles. Citons en première ligne la salangane des îles de France et de Bourbon, dont les nids sont tissés à moitié et alternativement avec de la mousse et de la matière gélatineuse. Nous signalerons encore la salangane troglodyte, qu'on trouve à Java et dans les lies de la Sonde. La plupart se distinguent par une zone d'éclatante blancheur qui occupe la base intérieure des pennes de la queue. Elles volent par grandes troupes dans les temps chauds et ne sortent pus de leurs, nids pendant les pluies. On ne rencontre ces oiseaux que sous la ligne équinoxiale, entre les deux tropiques et dans l'intervalle du 95« au 100e degré de longitude orientale.
SALANGE s. m. (sa-lan-je — rad. saler), Techn. Saison de la production du sel dans les murais salants.
SALANGOB, ville de l'Indo-Chine. V. Saliîngork.
SALANGUET s. m. (sa-lan-ghè). Bot. Nom vulgaire de l'ansérine maritime.
SALANKEMEN, en latin Acimincum, Salancena, ville de l'empire d'Autiiclie, dans les contins militaires du Banat, non loin du continent de la Theiss et du Danube, à 23 kilom. S.-E. de Carlowitz. En 10'Jl, le prince Louis de Bade y vainquit les Turcs.
SALANT, ANTE adj. (sa-lan, an-te — rad. saler). Qui produit, qui contient du sel : Marais salant. Puits salant. [I Ne s'emploie guère qu'au masculin.
— Encycl. Marais salant. V. marais.
SALANX s. m. (sa-lauks). lohthvol. Genre
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de poissons malacoptérygiens, de 'a famille des ésoces, dont l'espèce type habite ta Méditerranée.
SALAOUATY, petite lie de l'Océanie, dans la Malésie, près de la côte N.-O de la Papouasie ou Nouvelle -Guinée, par 1» G' &î Jatit. S. et 12S° 26' de longit. E.j dépendance du sultan de Tidor. Elle est fertile et bien peuplée.
SALAPARUTA, bourg du royaume d'Italie, dans la Sicile, province de Trupani , district d'Alcamo, mandement de Gibellma ; 3 ,543 hab.
SALAPIA, ville de l'Italie ancienne, dans l'Apulie, près de l'embouchure de i'Aulidus dans l'Adriatique; servait de port à la ville d'Arpi. Aux environs, on exploitait de:; marais salants. Elle fut prise par Annibal, qui y séjourna après la bataille de Cannes, et reprise par Marcellus. C'est aujourd'hui le vi luge de Torre-delle-Saline.
SainriaivoiEj, une des grandes voies de Rom e ancienne. Elle partait de la porte de même nom, à l'Iî, de la ville, traversait l'Anio, longeait le Tibre jusqu'à Cures, traversait le Latium , la Sabine, etc., et se prolongeait jusqu'à Hadria. Son nom lui vint de ce que les Sabins, en tirant le sel des côtes de la mer, le transportaient par cette route dar s leur pays.
SALARIAS s. m. (sa-la-ri-ass). Ici thyol. Genre de poissons acanthoptérygiens de la famille des gobioïdes, comprenant plus de trente espèces, la plupart des mers do 1 Inde : -Les salarias ressemblent aux blenniei. (C d'Orbigny.)
SALARIAT s. m. (sa-la-ri-a — rad. salarier). Etat, condition de salarié : Le salariat est ce degré intermédiaire qui sépare l aléatoire de la stabilité. (F. Bistiat.) De toutes les seroiludes, le salariat est ta pire. (Ledru- Rollin.)
— Encycl. V. PROLÉTARIAT et SALAIRE.
SALARIÉ, ÉE (sa-Ia-ri-é) part, passé du v. Salarier. Qui reçoit un salaire : Un hemme salarié par la police. Le soldat salarié est une victime que ion nourrit. (Stobée.) Les Celtibériens furent les premières troupet salariéks introduites dans les légions. (Chateaub.) Les prêtres sont fonctionnaires salariés , mais non pas fonctionnaires publics. (Proudh.)
— Substantiv. Personne salariée : Les salariés du gouvernement. Les propriétaires et les salariés. (Açad.) Je ne connais que trois manières d'exister dans la société : il faut y être mendiant , voleur ou salarié ; le propriétaire n'est lui-même que le premier des salariés. (Mirab.)
SALARIEMENT s. m. (sa-Ia-rl-man — rad.
salarier). Action de salarier. Il Peu usité.
SALARIER v. a. ou tr. (sa-la-ri-é — r.id. salaire. Prend deux i de suite aux prein. pers. pi. de l'imp. de l'ind. et du prés, lu subj. -.Nous salariions ; que vous salariiez). Donner un salaire à : Salarier des troupes. Le parti le plus sage est de ne salarier aucun culte. (A. Billiard.) Les espions que l'autorité salarie me parausentméprisables, tmis je ne méprise pas moins les espions à la solde du public. (B. Coust.)
SALaIîS, bourg de France. V. Pont-di:- Salars.
SALAS-DE-LOS-INFANTES, bourg d'Espagne, province et à 44 kilom. S.-E. de Buigos, sur l'Arlanza; 1,608 hab. Fabrication ds miles et de grosses étoffes de laine. Patrh des infants de Lara.
SALAS (Grégoire-François dis), poëte espagnol, né dans l'Estramadure en 1740, mon. à Madrid en 1808. Entraîné par sa vucatior pour les lettres, il se retira dans une campagne sise aux environs do Madrid, et y vécut dans une continuelle solitude , à l'écart de tous les bruits du monde. On lui doit : Observation rustique (Madrid et Valence, 1772); Eglogueen faveur de la vie de campagne (1780, in-S») ; Songes poétiques (1778, in-8°); Poésies nouvelles (ll~ 6); Hymne à la paix (1785,in-8°). Dans ses pastorales et ses églogues , qui ont fait à Salas une réputation méritée, on trouve des peintures pleines de vérité et de charme.
Salai yGomei, poSme de Chainisso. Adalbert de Chainisso compte parmi les gloires de l'école narrative. Son Pierre Schlemihl l'a rendu célèbre dans l'Europe entière. Dans son beau poëme do Salas y Gomez, il prouva qu'il était poète et qu'il savait manier avec une habileté peu ordinaire la terza rima dantesque. Il s'est caractétisé lui-même : en quelques lignes : « C'est toujours parmi nous, dans le fond de nos cœurs , dans notre histoire, dans notre société telle qu'elle est, que je cherche et trouve la poésie. J'ai quelquefois puisé dans de vieux contes populaires des légendes ou traditions. Ces sources purement humaines appartiennent à tous les âges; la Matrone d'Ephèse et Abdallah nous appartiennent aussi bien qu'aux Latins et aux Orientaux. C'est toujours l'homme que je mets en scène, les secrets du cœur que je cherche à dévoLer, et si je dois à mes voyages d'avoir su peindre avec vérité quelques scènes de la nature, le paysage fut toujours le fond du tableau. » Le puème de Hâtas y Contez est empreint d'un vif souvenir des îles lointaines de l'océan Pacifique. Le philosophe modère la fougueuse inspiration du poëte , et la résignation s'élève quel-
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quefois jusqu'au sublime. Salas y Gomez est un rocher solitaire et nu, calciné par les rayons verticaux du soleil, qui se dresse au sein des flots du tranquille Océan. Le liurick y aborde; les matelots descendent à terre. L'un d'eux s'avance dans l'Ile; tout a coup il aperçoit des caractères écrits sur trois ardoises; étonné, il poursuit sa route et enfin il aperçoit, étendu devant lui, un vieillard paraissant âgé de cent ans au moins et dont les traits présentent la solennelle immobilité de la mort. Entièrement nu, le corps décharné du vieillard était enveloppé des flocons argentés de ses cheveux et de sa barbe tombant jusqu'aux genoux. Les cris du matelot qui appelle ses compagnons l'éveillent. Il entr'ouvre ses yeux fatigués et soulève la tète; il regarde d'un air de doute et de surprise, il s'efforce de tirer encore quelques paroles de sa bouche engourdie; mais c'est en vain, il retombe, il a vécu. Ce ioiu lesinscriptions écrites dansle plus pur idiome de la tangue espagnole sur les trois ardoises qui forment les trois chants suivants «le Salas y Gomez. La première ardoise raconte que le vieillard, parti jeune d'Europe pour chercher dans le nouveau monde une fortune qu'il voulait mettre aux pieds du père inflexible qui lui refusait sa fille, fut jeté sur Ce rocher par une tempête et que le navire qui le portait se perdit corps et biens. Lui-même serait mort sur ce rocher aride sans les œufs des oiseaux de mer. « C'est ainsi , s'écrie-t-il, que je continue d'exister, sans autre compagnie que ma misère; et dans ma profonde détresse, je trace avec un coquillage, sur cette pierre plus patiente que moi , ces mots où se résume désormais mon destin : « Je « n'ai pas même l'espoir de mourir bientôt I» Sur la seconde ardoise, il raconte toutes ses espérances et toutes ses angoisses quand un jour il vit apparaître un navire qui s'avançait à pleines voiles vers son lie; il était déjà si près qu'il put distinguer le sifflet du capitaine; mais soudain pour éviter le rocher il vire de bord, et le malheureux, qui ne peut ni allumer un feu sur la hauteur, ni élever un tissu dans l'air, agite en vain ses bras. Le' navire disparaît dans les profondeurs bleues de l'horizon. La dernière ardoise annonce que cinquante ans se sont passés. Le naufragé s'exhorte à la patience; les luttes ont été terribles, et les enfants de son imagination ont plus d'une fois tourmenté ses nuits ; mais la tempête de son cœur s'est enfin apaisée. «Seigneur, dit-il en finissant, Seigneur, par qui je suis parvenu à me vaincre moi-même, ô mon Dieu I fai3 qu'aucun navire, que nul mortel n'aborde à ce rocher tant que mon dernier râle de mort ne sera pas exhalé. Laisse-moi m'éteindre ici paisiblement et sans bruit. A quoi me servirait, d'ailleurs, en ces heures tardives, de cheminer encore, comme un cadavre qui foule aux pieds des cadavres? Ils sommeillent dans les ïïaîehos entrailles de la terre ceux qui saluèrent d'un sourire mon entrée dans le monde, et depuis longtemps tout souvenir de moi s'est effacé. Seigneur, j'ai bien souffert et j'ai bien expié ; mais errer en étranger au milieu de ma patrie, non, jamais I ce serait verser l'absinthe dans l'amertume pour l'adoucir. Non 1 laisse-moi mourir seul ot délaissé du monde entier, mais confiant dans ta miséricorde. Des hauteurs de ton ciel, les symboliques lueurs de ta croix descendront en rayons étoiles sur mes os. • C'était là, en quelque sorte, la situation de Chatnisso lui-même qui, arraché si jeune de la mère patrie, préfère mourir dans l'exil plutôt que de retourner sur la terre natale où il ne serait plus qu'un étranger.
SALASSES, peuple celto- ligurien de la Gaule Cisalpine. 11 habitaitdansles Alpes la valléede la Doire-Baltée, où il exploitait les mines de ces parages, en détournant pour le lavage du minerai les eaux de la Doire , dont il privait les habitants de la plaine. Ceux - ci , impuissants à combattre les Salasses, appelèrent à leurs secours les Romains, qui vainquirent les Salasses, les forcèrent a se retirer vers les hautes montagnes des Alpes (143 av.J.-C.) et fondèrent la colonie ù'Eporedia (Ivréc). Cependant les Salasses, qui s'étaient réfugiés dans le haut pa}'s, oucupaientles passages du grandetdu petit Saint- Bernard, où ils mirent souvent à contribution les légions qui passaient d'Italie en Gaule; il fallut de nouveaux combats poulies soumettre ; sous Auguste, Terentius Vurro les vainquit, en fit vendre 44,000 comme esclaves et fonda la colonie romaine d'Aoste (Augusta Pretoria), qui assura le passage des Alpes et la tranquillité du pays.
SALAT, petite rivière de France. Elle prend sa source dans les Pyrénées, département de l'Ariége, au pied de la montagne des Cuns, dans le canton d'Oust, coule au N.-O., dans des gorges étroites, entre dans le département de la Haute-Garonne, arrond, de Saint- Uaudens, baigne le canton de Salies et, après avoir reçu le Lizaid, se jette dans la Garonne, entre Marnes et Saim-Martory, après un cours de 90 kilom., dont 31 navigables.
SALAT (don José), écrivain espagnol, né à Curvera en 17GÎ, mort vers 1828. Il n'est connu que par ses ouvrages, parmi lesquels on cite : Traité des monnaies fabriquées dans ta principauté de Catalogne (Barcelone, 1S18); Catalogue de tous les ouvrages écrits en langue
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catalane depuis le règne de don Jayme le Conquérant (1827).
SALAT (Jacques), philosophe allemand, né à Abts-Gmund en 1766, mort à Laudshut en 1851. Ordonné prêtre à l'expiration de ses études, il occupa plusieurs cures secondaires, puis fut nommé professeur de philosophie et de morale au lycée académique de Munich. En 1807, la même chaire lui fut confiée à l'université de Landshut, et, lorsque cette université fut transférée k Munich, Salât donna sa démission. Ses principaux écrits sont : Philosophie de la morale (Laudshut 1809); Philosophie de la religion (Landshut, 1811); Esquisses de ta philosophie de la religion (Landshut, 1819) ; le Socrale chrétien (Sulzbach , 1820); Manuel des sciences morales (Munich, 1824); Sur le rationalisme (Laudshut, 1828).
SALAUD, AUDE s. (sa-lo, ô-de — rad.
sale). Personne sale, malpropre : C'est un Saladd, une salaudk. Allez vous nettoyer, vous laver, petit salaud. (.Vend.)
— Atljectiv. : Cet homme est bien salaud.
SALAUDERIE S. f. (sa-Iô-de-ll — rad. salaud). Acte ou qualité de salaud : Cet enfant est d'une salavuerie repoussante. [| Ce mot a vieilli.
SALAV1LLK (Jean-Baptiste), écrivain politique et journaliste françaN, né dans le village de Saint-Léger lo 10 août 1753, mort en 1832. Il fit ses études à Paris, embrassa la cause delà Révolution et fut l'un des compilateurs ou copistes chargés par Mirabeau de lui préparer ses écrits et ses discours. Il collabora à plusieurs journaux, notamment à celui de Perlet et au Citoyen français, et fit paraître un grand nombre de brochures écrites dans le sens révolutionnaire modéré. Nous citerons, parmi les œuvres de Salaville : De l'organisation d'un Etat monarchique ou Considérations sur les vices de la monarchie française et sur la nécessité de lui donner une constitution (1789, in-8°), ouvrage qui n eu pluseurs éditions; l'Homme et la société (Puris, 1799, in-S^); De la /{évolution française comparée à cette d'Angleterre (Paris, 1*790, in-8°), etc. Quelques biographes ont attribué a Salaville : la Théorie de la royauté d'après la doctrine de Alitton, traduit de l'anglais (1789, in-8"), et les Lettres du comte de Mirabeau à ses commettants (1791, in-8<>).
SALAXIS s. m. (sa-la-ksiss). Bot. Genre d'arbrisseaux, de la famille des éricinées , tribu des érieées, comprenant des espèces qui croissent au Cap de Bonne-Espérance.
SALAYER, lie de l'Océanie, dans la Malaisie néerlandaise, archipel de la Sonde, au S. de Célebes, dont elle est séparée par le détroit de son nom; la pointe septentrionale est par 5» 46' de latit. S. et 118" 8' rie longit. E.; 65 kilom. de longueur sur 22 kilom. de largeur ; 60,000 hab. Culture importante de millet et de coton; fabrication de toiles grossières. Sol montagneux et boisé. Elle fut cédéo par les Macassars au roi de Ternate, auquel les Hollandais l'ont enlevée.
SALAZA (Castro-Luis du), historien espagnol du xviio siècle, qui nous est seulement connu par les ouvrages dont les titres suivent : Catalogo historial genealogico de Ins senores y coudes de FeMian Nuîies (Madrid, IC82, in-fol.); Historia genealogica de la gran casa de SU va (Madrid, 1085, iu-ful.) ; Historia genealogica de la casa de Lara (Madrid, 1697, in-fol.j.
SALAZAR Y MAKDO.NES (Pedro de), historien espagnol du xvio siècle, mort vers 1570. Les détails font défaut sur les particularités de son existence ; on sait Seulement qu'il passa i la plus grande partie de sa vie à Madrid et J que, tout en s'adonnant avec ardeur :>ux let- ] très, il remplit plusieurs fonctions administratives. On lui doit : Chronique de l'empereur Charles-Quint (Soville , 15:>2 , in-l'ol. goth.); Hisloria eu que s.- cient'in murhas guerras sneedidas entre cristianos y iufiel.es desde et ano 1543 (Naples, 1552, in-fol.).
SALAZAR Y TORHES (Augustin »(■:), poUte espagnol, né à Soria en 1G42, mort k Mudrid en 1675. Il fut élevé au collège des jésuites établi à Mexico, et, à son retour en Espagne, il fut accueilli très-syinpathiquement k la cour «le Philippe IV, et fut chargé dos foncti-ms de capitaine d'armes de la province de Girgenti , en Sicile. Salazar était fort, estimé par ses contemporains. Un do ses amis, Juan de Vcra, publia la plus grande partie de ses compositions sous ce titre : Citara de Apolo, varias poesias divinas y humanas (Madrid , 1681, 2 vol. in-4o). Des nombreuses comédies qu'a fait représenter ce poète, une seule a survécu, la Segunda Celestinu , considérée encore aujourd'hui connue une œuvre presque hors ligne dans le théâtre espagnol.
SALAZ1E, commune de l'Ile de la Réunion. Il s'y trouve des sources thermales, dont les propriétés sont analogues à d'Iles de Vichy , et dont la température est ds 31°, D.
SALBANDE s. f. (sal-ban-de — de l'ail.
sahlband, lisière). Miner. Nom donné k des couches de substances diverses et d'épaisseur variable, qui réparent les liions de la roche dure : Les salbandhs servent d'éeorce ou d'enveloppe au filon. (Duulcet.) Il Ou écrit ausii
SALLBANDË et FALL-BAN1).
— Encycl. Il arrive souvent, dans les un-
SALB
nés, qu'un filon métallique ne se trouva pas en contact immédiat avec les roches qui l'encaissent. Il en est séparé par des cou<:hes formées de1 matières plus molles, plus friables, moins consistantes, d'argile plus ou moins grasse par exemple , dont l'épaisseur varie deom,Ol a 1 mètre et plus; elles sont disposées tantôt en bandes à peu près parallèles, tantôt en une sorte d'étui ou de conduit; c'est ce qu'on a appelé quelquefois détaches ou lisières et, le plus souvent, salbandes; leurs surfaces sont fréquemment lisses et polies. Dans tous les cas, elles constituent comme l'enveloppe du filon. La partie supérieure est appelée toit ou ponte couvrante ; la partie inférieure prend le nom de lit ou de ponte couchante.
SAIBRIS, bourg de France (Loir-et-Cher), ch.-l, de canton, arrond. et à 26 kilom. N.-E. de Romorantin, sur lu. rive gauche de la Sauldre; pop. aggl., 1,044 hab. — pop. tôt., 1,741 hab. Forges et tuileries; pêche. Commerce d'amandes, bois et laine. Belle église paroissiale, où l'on remarque un inaltre-autel orné de statues et de colonnes d'ordre dorique, de beaux vitraux, et un groupe trèsbien sculpté, représentant la Vierge tenant le Christ mort et provenant de l'église des Bénédictins de Bourges.
— Histoire. Salbris fut jadis un des principaux points de l'occupation romakie en Sologne, sur la route d'Avaricum à Genabum qui y franchissait la Sauldre. Salbris n'offre cependant k l'histoire aucun épisode spécialement marquant et confond ses vicissitudes féodales avec celles de Nouan et de Vierzon. On y remarque toutefois quelques édifices curieux qui méritent une description. En première ligne, il faut placer l'église, composée d'une nef voûtée en arcs d'ogive à peine indiqués; cette nef est séparée du choeur par un transsept. La voûte du chœur est d'une élévation de beaucoup supérieure k celle du reste de l'église et forme quatre compartiments dont un seul, do chaque côté, est percé, dans toute sa hauteur, d'une baie ogivale. Des statues et des colonnes d'ordre dorique composent l'ornementation de l'autel, qui occupe le fond. Cette ornementation remonte à 1684, ainsi que l'atteste une inscription gravée sur la corniche. Le plus remarquable morceau est une Pietà de marbre blanc, provenant de l'église des bénédictins de Bourges; le groupe saint repose sous une sorte de dais k franges d'or soutenu par deux anges bouffis; au-dessus, dans un œilde-bœuf, plane le Père éternel. Une galerie basse, terminée par un autel, s'ouvre des deux côtés du chœur. Les belles verrières dont font mention les ouvrages du dernier siècle ont malheureusement complètement disparu. Au sud de Salbris, sur un préau isolé, s élève un édifice plus ancien encore et désigné sous le nom de la Chapelle. Dernier reste d'un prieuré détruit, la Chapelle présente un petit clocher étroit et noir qui, en s'enfonçant dans un large toit en dos d'âne, lui donne le plus bizarre aspect. Les fenêtres sont ogivales, mais à peine distingue-t-on encore leurs meneaux brisés et les écussons qui les surmontaient jadis. L'intérieur, absolument nu, n'offre rien de remarquable. On y dit la messe une fois l'an. Mentionnons enfin le château de Salbris, situé au faîte d'une vallée, à peu de distance du bourg, et acquis, en 1857, par M. de Gomigny; puis une très-curieuse maison construite en briques rouges , suivant l'usage général du pays. Cette maison, au fronton de laquelle on lit ces mots : Asile de Coince, n'est autre qu'une fondation charitable qui a conservé le nom de son bienfaifaiteur. M. de Coince a consacré une somme de 100,000 fr. k son installation.
Pendant la guerre de 1870-1871, le village de Salbris devint le centre d'un camp retranché qui fut le véritable berceau et l'école de l'armée de la Loire. Le général de La Motterouge s'étant laissé battre par les Bavarois a Arteuay et k Orléans, et n'ayant donné que des preuves d'incapacité ou de mauvais vouloir, la délégation de Tours lui donna pour successeur le général d'Aurelle de Paladines, dans l'énergie duquel on avait plus de confiance. L'ennemi accentuant sa poursuite après son double succès, il fut décidé, dans un conseil de guerre tenu le 15 octobre, qu'on l'attendrait a Salbris, derrière la Sauldre, et que, là, on lui opposerait une résistance désespérée. La position était d'ailleurs parfaitement choisie; car sur la rive gauche de la rivière, plus élevée que la rive droite de quelques mètres, on pouvait établir des batteries qui balayeraient tout le pays; de plus, il était facile Se créneler les maisons de Salbris, qui devait offrir ainsi un point d'appui très-sérieux.
Les prévisions du conseil se réalisèrent, car, lorsque l'ennemi se présenta, il ne jugea point a propos d'engager la lutte avec le général d Aurelle de Paladines, qui avait installé ses troupes dans d'excellentes positions, et il dut s'arrêter. On songea alors à utiliser la position de Salbris d'une manière plus durable, en y amenant des renforts qui permirent au général d'Aurelle de reconstituer le 15e corps, formant l'armée de la Loire. En peu de jours, ce corps atteignit le chiffre de 60,000 hommes, tandis que le 16e corps, dont on venait de décréter la formation k Blois sous les ordres du général Pourcet, arrivait rapidement à un effectif de 35,000 hommes. Eu même temps, 200 bouches k feu de tout Xtv.