‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 14Chapitre 534 sur 1059 · ALE · texte numérisé non relu

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SORORALEMENT adv. (so-ro-ra-le-man — rad. sororal). Comme une sœur, comme des soeurs : Les deux filles couchaient sororalemunt ensemble. (B. d'Aurevilly.) || Inus.

SORORIANT, ANTE adj. (so-ro-ri-an, ante — dugr. sôros, amoncellement). Qui croit, qui s'enrte progressivement. Il Vieux mot.

— Ane. physiol. Mamelles sororiantes , Mamelles naissantes, qui commencent à se dé- . velopper k l'époque de la puberté.

SORORICIDE adj. (so-ro-ri-si-de — lat.

sororicida; de soror, sœur, et de csdere , tuer). Qui a tué sa sœur :

SORR

Horace Tut sororicide.

Scarron.

— Substantiv. Personne qui a tué sa sœur : Un sororicide. Une sororicide.

— s. m. Crime d'une personne qui tue sa sœur : Commettre un sororicide.

SORORICN , IENNE adj. (so-ro-ri-ain , i-è-ne — du hit. soror, sœur). Qui concerne une sœur, n Peu usité.

— Hist, rom. Poutre sororienne, Endroit de Rome où Horace passa sous le joug pour expier le meurtre de sa sœur.

— Mythol. lat. Epithète donnée à Junon, parce qu'elle avait un autel près de la Poutre sororienne.

SOROSE s. f. (so-rô-ze — du gr. soVos, amas). Bot. Sorte de fruit agrégé, formé de nombreux carpelles charnus, réunissur un réceptacle central, comme dans le mûrier.

SOROSPORE s. f. (so-ro-spo-re — du gr.

sôros, amas, et de «pore). Bot. Genre d'algues, de la tribu des palmellées, formé aux dépens des palmelles.

SORR, village d'Autriche, dans la Bohême, cercle de Kœniggrœtz, près du bourg de Sadowa. En 1745, les Prussiens y remportèrent une éclatante victoire sur les Autrichiens.

Sorr (bataille de), gagnée par Frédéric II sur les Autrichiens le 30 septembre 1745. Le prince Charles de Lorraine, vaincu àHohenfriedberg (v. ce mot), avait opéré sa retraite en Bohême, puis, après avoir réorganisé son armée, était rentré en Silésie à la tête de 40,000 hommes, auxquels Frédéric en avait a peine 25,000 à opposer. Le roi de Prusse s'était établi dans une position trèsresserrée, entre Sorr et Trautenau, habilement choisie pour contrebalancer l'avantage du nombre. Le 30 septembre, au matin, Frédéric vit l'armée autrichienne déboucher devant lui. Jugeant difficile, téméraire même de se retirer à travers des défilés devant une armée si rapprochée, il résolut d'attendre le choc de pied ferme. C'est dans ces circonstances où les hommes vulgaires perdraient la tête, que les grands génies sa'vent se montrer dignes des faveurs de la fortune. Le prince Charles , comptant fermement que Frédéric se déciderait a la retraite et comptant d'avance sur un succès d'arrière-garde, fut étrangement surpris de voir l'armée prussienne l'attendre fièrement l'arme au bras. 11 se hâta donc de ranger ses troupes en bataille, sur un terrain très-désavantageux, et où sa cavalerie, ayant derrière elle des hauteurs taillées à pic, devait essuyer un véritable désastre si elle était enfoncée.

Frédéric, pour opposer un front parallèle à l'ennemi, dut ordonner un mouvement trèspérilleux, en présence d'une armée en bataille, mouvement qui fut exécuté avec autant d'ordre que de promptitude sous le feu de 88 pièces de canon. Encore ne put-il présenter qu'une seule ligne aux Autrichiens, qui étaient sur trois de profondeur. Quand le changement de front eut été opéré, le maréchal cte Buddenbrock reçut l'ordre d'attaquer les Autrichiens avec sa cavalerie, chargea impétueusement leur première ligne, qui se renversa sur la seconde, celle-ci sur la troisième, qui n'avait pas d'espace pour se mouvoir. En quelques instants cette triple ligne fut jetée dans le plus effroyable désordre.

La première brigade d'infanterie de la droite des Prussiens, enflammée par ce succès, voulut alors se porter à l'attaque des 28 pièces de canon dont nous venons de parler, qui la criblèrent de mitraille; mais alors 5 bataillons de réserve accoururent, et emportèrent d'un seul élan la hauteur et la batterie. Une colonne d'Autrichiens voulut se porter sur ce point; mais, accueillie par un feu de peloton meurtrier , elle s'enfuit en désordre. Dès lors la cavalerie de la droite des Prussiens devenait inutile sur le point qu'elle occupait, les Autrichiens aj'ant été poussés dans le précipice. Frédéric y laissa seulement les cuirassiers de Buddenbrock et quelques hussards pour suivre l'infanterie de cette aile en seconde ligne, puis il rabattit sur sa gauche les gendarmes, les régiments prince de Prusse, Rottembourg et Kiau, formant 20 escadrons, tandis que l'infanterie de la droite prenait celle de l'ennemi en flanc et la rejetait sur l'extrémité opposée. Les troupes qui étaient au centre de la ligne, conduites par le prince Ferdinand de Brunswick, attaquèrent une hauteur escarpée et boisée encore occupée par les ennemis et l'emportèrent. Circonstance singulière : le prince Louis de Brunswick la défendait contre son frère Ferdinand. Les Autrichiens, cependant, tentèrent plusieurs fois de se rallier ; mais, toujours rompus, ils durent enfin chercher leur salut dans la fuite. Bientôt leur retraite ne fut plus qu'une déroute générale. Les Autrichiens avaient perdu 22 canons, 10 drapeaux , 2 étendards , 2,000 prisonniers et 6,000 hommes tués ou blessés. Les cuirassiers de Bornstedt, à eux seuls, avaient pris les 10 drapeaux et fait 1,700 prisonniers. Les Prussiens avaient à regretter 3,000 hommes hors de combat, le prince Albert de Bruns- •wick, le général Blanckensie, plusieurs colonels et lieutenants-colonels.

Si le style est l'homme, comme l'a dit Buffon, le bulletin de Frédéric après sa victoire de Sorr révèle tout entier le prince ennemi

SORT

des phrases pompeuses et inutiles. Rentré dans son camp, ou il ne trouva ni plumes ni encre, il écrivit au crayon ce billet laconique à son ministre a Breslau : • J'ai battu les Autrichiens; Vai fait des prisonniers. Qu'on chante un Te Deum. » Voilà ce qu'on peut appeler traiter la rhétorique par-dessous la jambe : César n'a jamais mieux dit.

SORR (Honoré Sclafer, dit Angeio do),

journaliste et romancier français, né à Bordeaux en 1826. Comme journaliste, il s'est fait connaître par de spirituels articles de genre, dans le Soleil, dans le Paris-Dimanche, Paris- Lundi, feuilles bizarres, fondées par le comte de Villedeuil vers 1850, et surtout dans l'ancien Figaro bt-hebdomadaire. Comme romancier, il a écrit quelques études de moeurs légères, des paysanneries et des romans fantastiques d'une excentricité ingénieuse. Le Vampire, un de ses premiers ouvrages, est un des plus curieux spécimens du genre horripilant. On doit à cet écrivain fantaisiste, qui a signé tantôt de son nom Honoré Sclafer' et plus souvent du pseudonyme Angeio de Sorr : le Sceptique mourant (1844, in-8°); les Filles de Paris (1848-1849, 3 vol. in-8°); le Vampire (1852, in-12) ; les Pinadas (1854, in-16); les Paysanneries (1855, in-12), recueil d'une douzaine de nouvelles; les Inutiles (1858, in-12); les Cheveux de Mélanette (1862, in- 18); le Masque de velours (1862, in-12); le Drame des carrières d'Amérique (1867, in-12); le Fantôme de la rue de Venise (1868, in-12); la Chasse et le paysan (1868, in-12); le Paysan riche (1869, in-12); Jeanne et sa suite (1870, in-12); Ranalatalulu CXXXrV (1872, in-12); Manuel du parfait légitimiste (1873, in-12) ; Manuel du parfait bonapartiste (1873, in-12); les Grands jours do M. Baudry (1874, in-12); le Péché de Félicité (1875, in-12). En 1851, le comte de Villedeuil le rit, par plaisanterie, passer pour mort et raconta même, dans le Soleil, la façon mélodramatique dont il avait perdu la vie. Ce récit a trouvé place dans les ouvrages sérieux; on lit dans le Catalogue général ae la librairie française, de Lorentz ; « Angeio de Sorr, romancier, mort en 1851, en tombant du haut des roches de Tayran, dans les Pyrénées,» Mais, par une singulière inadvertance, l'auteur n'en donne pas moins les titres et la date des livres publiés par M. Angeio de Sorr après sa mort.

SORItENTE, le Surrentum des Romains, en italien Sorrento, ville du royaume d'Italie, province et a 25 kilom. S.-E. de Naples, district de Castellamare, sur une petite péninsule que forme la côte méridionale du golfe de Naples, chef-lieu de mandement ; 6,686 hab. Siège d'archevêché ; séminaire, collège. Fabriques de soieries. Récolte et commerce de soie, oranges et uutres fruits. Naples tire de cette ville une grande quantité de boeufs, de veaux, de porcs, de poissons, de beurre et de miel. La richesse en orangers du territoire de Sorrente est telle que les habitants ont voulu la célébrer jusque dans leur écusson, qui se compose d'une couronne tressée avec des.feuilles d'oranger.

Cette ville, bâtie dans une situation délicieuse, sur un tertre qui domine le golfe de Naples, fut, dit-on, fondée par Ulysse ; d'autres affirment qu'elle doit sa fondation à des aventuriers phéniciens. Quoi qu'il en soit, il est certain qu'elle fut colonisée par Auguste et qu'elle eut sous le règne de ce prince une grande importance. On y voit de nos jours de nombreux restes de constructions romaines; mais ce qui n'intéresse pas moins le touriste, c'est, outre la cathédrale qui mérite de fixer l'attention, une petite maison, agréablement située sur le revers de la colline. Un simple buste en terre cuite orne la façade de cette maison, mais ce buste est celui du Tasse. Cette maison fut son berceau et sa propriété. Malheureusement, la chambre dans laquelle est né l'illustre poëte italien n'existe plus ; elle s'est écroulée dans la mer.

SORRÈZE, bourg de France. V. Soreze.

SORKI (Pierre), peintre italien, né au château de Gusme, dans le pays de Sienne, en 1556, mort en 1622. Il étudia sous Salimbeni et sous Passignano et imita avec un grand talent le style du premier de ces peintres. Parmi les tableaux que Sorri peignit dans diverses villes d'Italie, on cite : la Conservation de la basilique de Pise et la Dispute des docteurs avec Jésus (dans l'église du Dôme de Pise) ; le Mariage de la Vierge (à l'église du Santuccio, à Sienne).

SORS s. m. (sor). Fauconn. Nom donné aux jeunes oiseaux de fauconnerie, notamment aux autours, qui n'ont pas encore mué, et qu'on prend au passage, non au nid ou sur les branches.

SORSO, bourg du royaume d'Italie, dans l'île de Sardaigne , province , district et à 12 kilom. de Sassari, chef-lieu de mandement, près de la rive S.-E. du lac Platamone ; 4,305 hab.

SORT s. m. (sor — lat. sors de serere, enfiler. Les Lutins donnèrent d'abord Je nom de sortes à des morceaux de bois enfilés avec un cordon, dont ils se servaient pour consulter le destin). Destinée, force invincible à laquelle on attribue les divers événements de la vie : Le sort l'a ainsi ordonné-. Le sort le veut ainsi. Les caprices du sort. La SORT aveugle. Le sort jaloux. Nous serons

SORT

heureux en dépit du sort. Braver, affronter, supporter les coups du sort. Quel coup du sort 1 Se plaindre du sort. Etre poursuivi, accablé par le sort. (Acad.) Les faveurs du sort nous corrompent, ses rigueurs seules peuvent nous retremper. (De Ségur.)

Mais je connais le sort, il peut se démentir.

Voltaire.

Craignez du sort les jeux accoutumés,

J.-B. Rousseau.

Le sort burlesque, en ce siècle de fer. D'un pédant, quand il veut, sait faire un duc et pair.

Kou.eau.

Les révolutions fatales ou prospères

Du tort qui conduit tout sont les jeux ordinaires.

Voltaire.

Le sort se plaît a dispenser les choses De façon que c'est tout mal ou tout bien.

La Fontaine.

Quand le sort une fois a marqué sa victime, Rien ne change l'arrêt injuste ou légitime.

Ducis.

Que d'êtres gémissants cheminent vers la mort, Le visage hâlé par l'âpre vent du sort i

A. BaeusIER.

— Effet de la destinée, rencontre fortuite des événements bons ou mauvais : Je plains votre sort. Son sort est heureux. Son Sort est malheureux. Son sort est déplorable. Il se plaint continuellement de son sort. Il est content de son sort. Je veux partager votre sort. Disposes de mon sort. Mon sort est dans vos mains. C'est un triste sort que le sien. Son sort est fort doux. (Acad.) Il y a quelquefois une heure dans la vie qui décide du sort de tout le reste. (Ancelot.) Le sort des femmes étant d'obéir toujours, il faut leur faire une habitude de la soumission. (Mme Monmarson.) Ses opinions philosophiques suivent le sort des choses de mode. (Condill.) C'est de l'instruction de la jeunesse que dépend le sort des empires. (Barthélémy.) Il y a des époques où le sort de l'esprit humain dépend d'un homme. (M">e de Staël.) Personne n'est content de son sort, chacun envie le lot de son voisin : c'est l'éternelle folie de l'homme. (Ménière.) Bien souvent, pour corriger son sort, il n'eût fallu que se corriger soi-même. (Mme C. Fée.) L'homme ne pense que pour améliorer son sort et celui des autres hommes. (De Custine.) Pour être content de son sort, il suffit de faire un mauvais rêve (A. d'Houdetot.) C'est encore la force , et non le droit, gui décide du sort des peuples. (L.-N. Bonaparte.) On ne réussira jamais à éteindre dans te peuple le désir d'un sort meilleur. (Lamenn.) L'amélioration du sort des prolétaires est essentiellement de l'ordre moral. (Mich. Chev.) Un peuple qui ne s'abandonne pas finit toujours par être maître de son sort. (E. Laboulaye.)

Mourir pour son pays n'est pas un triste sort • C'est s'immortaliser par une belle mort.

Corneille.

Ah! qu'un grand nom est un bien dangereux 1 Un sort caché fut toujours plus heureux.

Gressbt.

L'homme à qui des humains le sort est confié Doit condamner sans haine et punir sans pitié.

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