‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 14Chapitre 539 sur 1059 · V. Hugo · texte numérisé non relu

V. Hugo

« Je suis très-aise, monsieur, que ce ne soit pas vous qui ayez fait des lettres sous le nom de la reine Christine. La candeur de votre caractère ne s'accorde pas avec cette petite fraude littéraire. Votre Sosie ne vous vaut pas, et il mérite d'être bien battu par Mercure. Il est permis de cacher son nom ; mais il ne l'est pas de prendre le nom d'autrui. »

Voltaire.

Sosies (les), comédie en cinq actes et en vers, de Rotrou (1636). Le sujet de la pièce est le même que celui de V Amphitryon du Plaute. Rotrou, à l'exemple de Plaute, suivi aussi par Molière, a fait précéder sa pièce d'un prologue dont l'idée est toute à lui, et dans lequel Junon vient exhaler sa jalousie contre Jupiter et lui prédire un rival dans le fruit qui résultera de son intrigue avec Alemène. Les Sosies ont passé pour un des chefs-d'œuvre de Rotrou, jusqu'à ce que l'Amphitryon de Molière les eût fait tomber dans l'oubli ; mais il est juste de dire que Molière a emprunté un graud nombre d'idées et d'excellents vers k Rotrou.

La première et la seconde entrevue si comique de Mercure et de Sosie, par exemple, est presque prise textuellement, et tout ce que Molière y a ajouté de son cru se borne à l'invention de la lanterne remplaçant Alemène et devant laquelle Sosie fait la répétition de sa harangue. Nous ne constatons pas ce fuit pour diminuer le mérite de Molière , mais pour mieux faire comprendre la valeur d'une pièce dont le grand comique jugea plusieurs scènes dignes d'être signées de son nom.

Ajoutons que Rotrou se trouve plus à l'aise peut-être dans le style comique que dans le Style tragique.

SOSIGÈNE, philosophe et astronome grec, né en Egypte. 11 vivait au i" siècle avant notre ère, appartenait a, l'école péripatéticienne et était très-versé dans les sciences, particulièrement dans l'astronomie. Tout ce qu'on sait de sa vie, c'est qu'il se rendit à Rome à l'appel de Jules César, qui voulait reformer le calendrier. Il doit ia célébrité à la part qu'il prit dans la confection du calendrier Julien. Sosigène proposa de régler l'année sur le cours du soleil seul et la fixa k 305 jours un quart, quoiqu'il sût bien que Hipparque l'avait trouvée moindre de 4 mi-

SOSI

nutes 48 secondes. Nous n'entrerons pas ici dans les détails de son travail, dont nous avons parlé ailleurs (v. calendrier romain). Sosigène avait composé des commentaires, aujourd'hui perdus, sur le traité d'Aristote De cœlo.

SOSIPOLIS, nom d'une divinité particulière aux Eléens, dieu à la fois indigène et indigète de l'Elide. Il y avait k l'extrémité nord du mont Cionius, mont de l'Elide, près d'Olympie, un temple d'Ilithye, et c'était dans ce temple, divisé en deux parties égales, que les Eléens rendaient un culte spécial à Sosipolis, divinité que seuls parmi tous les Grecs ils adoraient. Il était leur dieu tutélaire, leur dieu indigète, né en Elide même et qui n'en était jamais sorti. Ils en rattachaient le culte à celui d'Ilithye, par une raison qu'on verra plus loin. Ilithye est le nom grec de la déesse qui présidait aux accouchements, et Sosipolis était un dieu enfsnt; c'est la même déesse que les Latins appelaient Lucine, et Horace, dans le Carmen sxoulare, lui donne indifféremment l'un et l'autre nom :

Lenis Uythia

Sive tu Lucina probas vocari, Seu gcnitalis.

Une vieille femme, au rapport de Pausanias, était attachée au service de Sosipolis, après s'être purifiée suivant les rites des Eléens ; elle lui portait elle-même des offrandes expiatoires et mettait auprès de lui des gâteaux pétris avec du miel. L'autel d'Ilithye était dans la partie antérieure du temple, lequel était séparé en deux; c'était un temple double. Les hommes pouvaient entrer dans cette première partie; l'accès de la seconde, consacrée a Sosipolis, était interdit à tout le monde hors à la femme attachée au service du dieu et qui seule pouvait y entrer; mais elle devait se couvrir auparavant la tête et le visage d'un voile blanc. Les filles et les femmes qui étaient restées dans le temple d'Ilithye communiquaient toutefois avec le dieu, de la voix, à travers les rideaux qui dérobaient aux yeux la vue du sanctuaire, en chantant un hymne et en brûlant toutes sortes de parfums en son honneur ; il n'était pas permis de lui faire des libations avec du vin. Le serment fait par Sosipolis était le plus inviolable que pût faire un Eléen. D'où venait ce dieu? Quel était-il î II était honoré aussi à Elis, où il avait une petite chapelle, à gauche du temple de la Fortune. Quant a son origine, voici ce que les Eléens euxmêmes en racontaient, d'après Pausanias : Lorsque les Arcadiens entrèrent dans l'Elide avec une armée, au moment où les Eléens étaient rangés en bataille devant eux, une femme vint trouver leurs généraux ; elle avait a son sein un petit enfant; elle leur dit que c'était elle qui avait mis cet enfant au inonde; que, d'après des songes qu'elle avait eus, elle le donnait pour auxdiaire aux Eléens. Leurs chefs, ayant ajouté foi à ce que disait cette femme, placèrent devant l'année cet enfant tout nu, et lorsque les Arcadiens s'avancèrent sur eux, l'enfant se changea en serpent. Terrifiés à la vue de ce prodige, les Arcadiens prirent la fuite ; les Eléens les poursuivirent et remportèrent la victoire la plus signalée. Comme par cette aventure, dit Pausanias, la ville d'Elis fut sauvée, les Eléens donnèrent à ce merveilleux enfant le nom de Sosipolis (formé de ff&Ço, je sauve, je conserve, et de ittoc.;, ville) et lui bâtirent un temple à l'endroit où, changé en serpent, il s'était dérobé à leurs yeux. Et, ajoute-t-il, persuadés que la déesse Lucine avait particulièrement présidé k sa naissance, ils lui décernèrent aussi un temple et des sacrifices. On voit que les miracles ne sont pas d'aujourd'hui ; celui-là en vaut bien un autre et n'a pas fait moins bien vivre les prêtres voués à ce culte sacré que ceux qui sont attachés aujourd'hui au service de Notre-Dame de la Salette ou de Notre-Dame de Lourdes.

SOS1THÉE, poète grec du me siècle avant notre ère, contemporain de Théocrite. La date de sa naissance et ce le de sa mort sont inconnues; on le fait naître tantôt à Athènes, tantôt k Syracuse, tantôt à Alexandreia, dans la Troade. Quoi qu'il en soit, il appartient à la période dite alexandrine, et le peu de vers qui nous restent de lui offrent beaucoup d'affinité avec ceux de Théocrite. Ce sont des fragments d'un drame sntyrique ou d'un drame pastoral intitulé Lityerse ou Daphnis, qui ont été l'occasion d'une petite querelle littéraire, au xvi" siècle, entre Fr. Patrizzi et J. M^zzochi, sur la question de savoir dans quel genre de poésie il fallait ranger l'œuvre dont ils faisaient partie. Suivant Patrizzi, le Daphnis et le Lityerse étaient deux poèmes distincts : il fallait voir dans le premier un poème bucolique, et dans le second une tragédie pastorale. Suivant Mazzochi, les deux titres se rapportaient ai; même ouvrage, lequel était un poëme bucolique. Un philologue de notre siècle, H.-Ch.-A. Eichstajdt, se prononçant aussi pour un seul ouvrage, l'a rangé dans le drame satyrique, mais dans une espèce particulière qu'il appelle le satyrique-comique. Cet avis a été généralement adopté. On croit que l'œuvre de Sosithee était une sorte de drame pastoral, se rapprochant du drame satyrique des Athéniens, mais tenant aussi aux compositions mimiques et bucoliques des Doriens de Sicile;

SOST

ce qui tendrait à fortifier l'opinion que Sosithée naquit à Syracuse, de même que Théocrite, son contemporain, dont il se rapproche beaucoup.

Des vingt-quatre vers qui nous restent du Lityerse, les vingt et un premiers paraissent appartenir à l'exposition du drame, et les trois autres à la lin de l'œuvre. Les premiers font partie d/un dialogue entre un étranger et un habitant de Célère, lieu où la fable se passe. Ce fragment est écrit dans un style pur et élégant.

SOSORÉ s, m. (so-zo-ré — nom indigène).

Ornith. Petite perruche de la Guyane : Le sosokb est à peu près de la grandeur de notre gros-bec. (V. de Bomare.)

— Encycl. Le sosoré, appelé par quelques auteurs sosooe, est une petite perruche, que les uns rangent parmi .les perruches, les autres parmi les touis, Sa taille ne dépasse guère celle de notre gros-bec; son plumage est d'un vert brillant; les ailes présentent au bord et vers le bas une tache jaune foncé; les couvertures du dessus de la queue sont de cette dernière couleur; le .bec est couleur de chair; les yeux entourés d'une peau nue ; les pieds et les ongles blanchâtres. Ce charmant petit oiseau est assez commun k la Guyane , notamment sur les bords de l'Amazone et de l'Oyapoc; on l'appelle quelquefois petite perruche de Cayenne. Il est facile k élever et susceptible de recevoir toute l'éducation qu'on donne aux autres espèces du genre. Il apprend aisément à parler et ne cesse de causer quand il est instruit.

SOSOVÉ s. m. (so-zo-vé), Ornith. Syn. de

SOSORÉ.

SOSPEL (Sospello), bourg de France (Alpes-Maritimes), ch.-l. de cant., arrond. et à 22 kilom. N.-E. de Nice, au pied du col de Braous, sur la Bevère; pop. aggl., 3,058 hab. — pop. tôt., 3,912 -hab. Une tradition donne pour fondateur a SoSpel uu compagnon d'Hercule nommé Braus. Ce qui est plus authentique, c'est que cette ville existait déjà, à l'époque tie la domination romaine, sous la dénomination â'Hospitellum, qu'elle dut à sa situation et parce qu'elle formait comme une sorte de refuge, au pied du col. En 859, les Sarrasins s'en emparèrent et la livrèrent aux flammes. Plus tard, elle réussit à conquérir des privilèges spéciaux et conserva un instant son indépendance et un gouvernement particulier; mais elle ne tarda pas k devenir la proie successive des guelfes et des gibelins, des Lascaris et des Grimaldi. Sospel servit au xme siècle de refuge aux albigeois, pourchassés jusqu'au pied des montagnes. Les malheureux n'y trouvèrent pas l'asile qu'ils avaient espéré : en 1471, un grand nombre d'entre eux furent brûlés en pompe solennelle sur la principale place de la localité. Les guerres qui, au xvie siècle, naquirent de la longue rivalité de François 1er et de Charles-Suint, et, au xvae, de l'ambition de Louis XIV, amenèrent pour Sospel une suite continuelle de désastres. La ville eut surtout il souffrir du voisinage des Provençaux. Elle en tira des représailles éclatantes en attaquant par surprise le petit village de Saint-Laurent-du- Var; la population de ce village fut complètement dispersée et les habitations saccagées. On désigna longtemps la ville sous le singulier titre de Comtesse deCastillon et de Moulinet. Le 14 février 1793, les Français y délirent les Piéinoutais et s'emparèrent de ce bourg, qui a été annexé à la France en 1860, avec le comté de Nice. Sospel possède encore quelques restes de fortifications, un vieux pont à deux arches en plein cintre, que domine au milieu une tour pittoresque, et une église placée sous le vocable de saint Michel et dont le grand vaisseau est supporté par une double rangée de colonnes d'une seule pièce. On remarque encore un peu au sud de la ville les ruines d'un ancien couvent abandonné depuis longtemps. Sospel est aujourd'hui le rendez-vous des touristes qui visitent le col pittoresque de Castillou ou la vallée de Moulinet, immense amas de pierrea, voisin deLantosque.

SOSPIROLO, bourg du royaume d'Italie, province, district et mandement de Bellune; 2,967 hab.

SOSSANO, bourg du royaume d'Italie, province de Vicence, district et mandement de Barbarano; 2,217 hab.

SOSTEGNO (Charles-Emmanuel Alfibri, marquis db), homme d'Etat piémontais, né à Turin en 1764, mort eu 1844.11 servit dans l'armée piémontaise, et fut l'un des otages emmenés en France en 1799 par le gouvernement provisoire établi dans le Piémont. Rendu à la liberté après la bataille de Marengo, Sostegno plaida en 1801 auprès du premier consul la cause du roi de Sardaigne. Il devint plus tard grand maître des cérémonies du prince Camille Borghèse. En 1814, il revint au service du roi de Piémont, dontil fut l'ambassadeur à Paris. Sostegno n'abandonna ce poste que pendant les Cent-Jours et l'occupa jusqu'en 1828. 11 fut nommé ensuite grand chambellan du roi et, en 1831, conseiller d'Etat adjoint permanent. Il se retira des affaires en

SOSTEGNO (César Alfibri, marquis de), fils du précédent, homme d'Etat italien, né à Turin en 1796, mort eu 1869. Il entra dans la

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diplomatie, comme son père, et résida successivement k Saint-Pétersbourg, à Berlin, a Florence et, depuis 1825, k Paris, où il rejoignit son père, alors ambassadeur. Dans tous ces voyages, d'ailleurs, étudiant les hommes et les institutions, il mûrissait les projets qu'il devait réaliser plus tard. A son avènement au trône, Charles-Albert l'attacha à sa personne en qualité d'écuyer et le nomma conseiller d'Etat. Dans ce corps, qui était à cette époque la seule assemblée délibérante du royaume sarde, César Alfieri proposa et soutint diverses réformes. L'amitié que le roi lui portait lui permit de prendre une part importante aux affaires. Il fit introduire de notables améliorations dans les établissements de bienfaisance, fut élu président de la Société agraire, restaura l'enseignement universitaire supérieur, créa des chaires d'économie politique, d'histoire du droit, de droit international, de droit administratif et de belles-lettres modernes. Comme ministre de l'instruction publique, il signa avec ses collègues la charte du 4 mars 1848, octroyée par Charles-Albert. Ce cabinet se retira ensuite et fit place au ministère Balbo ; mais, au mois d'août de la même année, le marquis de Sostegno fut de nouveau chargé de l'instruction publique dans le cabinet conservateur Pinelli, qui ne résista pas longtemps aux attaques de Gioberti. Depuis cette époque, le marquis de Sostegno a cessé de faire partie du ministère. Vice-président du sénat du royaume depuis sa première réunion (mai 1848), il devint président de ce grand corps en 1856. Il occupa cette haute fonction jusqu'à la fin de 1860, époque k laquelle il fut remplacé, sur sa prière, par Ruggiero Settirao, prince de Fitalice.

SOSTENE (SAN-), bourg du royaume d'Italie, province de la Calabre Ultérieure lie, district de Catanzaro, mandement de Davoli ; 2,059 hab.

SOSTENUTO adj. (so-sté-nu-to — motital.

qui signif. en soutenant). Mus. Se met sur un passage ou sur une note, pour indiquer que le forte doit être suivi, ou que la note doit continuer de se faire entendre.

SOSTHENE, général macédonien qui vivait au nio siècle avant notre ère. Il s était fait remarquer par ses talents militaires lorsque, après la mort de Ptolémée Céraunus, les Gaulois envahirent la Macédoine. Sous le règne éphémère de Méléagre , frère de ce prince, il reçut le commandement de l'armée, remporta quelques avantages sur les Gaulois et les força k sortir de Macédoine. En 278, il reçut le titre de roi ou de chef suprême des Macédoniens. Peu après, les Gaulois revinrent en Macédoine, et Sosthène, ne se trouvant pas assez fort pour leur livrer bataille, se renferma avec ses troupes dans des lieux fortifiés. Selon les uns, il fut tué pendant un engagement avec les barbares; selon d'autres, il continua à gouverner la Macédoine deux aus encore après le départ des Gaulois, qui envahirent alors la Grèce.

SOSTI (SAN-), bourg du royaume d'Italie, province de la Calabre Citérieure, district de Castrovillari, ch.-l. de mandement ; 2,654 hab.

SOSTRATE DB CM DE, architecte grec du ma siècle av. J.-C. Il construisit les jardins suspendus de Cnide, sur lesquels on a fait tant de conjectures, et fut appelé par Ptolémée Philadelphe à Alexandrie, où il éleva le phare célèbre compté parmi les merveilles du monde et qui a servi de modèle à tant de monuments du même genre.

SOSVA, rivière de la Russie d'Asie. Elle descend du versant oriental des monts Ourals, dans le gouvernement de Perm, coule au S.-E., entre dans le gouvernement de Tobolsk et se joint k la Losvu, pour former la Tarda, après un cours de 350 kilom,

SOSVA, rivière de la Russie d'Asie. Elle prend sa source sur le versant oriental des monts Ourals, sur la limite du gouvernement de Perm, coule au N. et au N.-E. et se jette dans l'Obi, k 9 kilom. S. de Berezov, après un cours de 650 kilom.

SOSYLE s. m. (so-zi-le). Entom. Genre d'insectes coléoptères tétramères, de la famille des xylophages, tribu des colydiens, formé aux dépens des colydies, et dont l'espèce type habite l'Amérique du Sud.

SOT, SOTTE adj. (so, so-te — du bas latin soltus, dont l'origine est fort controversée ; il est peut-être venu lui-même du mot rabbinique ou syriaque schoteh, fou. Cette étymologie, reprise par Diez, était déjà celle de Cujas et de D. Heinsius. Du Gange dérivait le mot en question du grec asotos, perdu, qu'on ne peut plus sauver; mais cette explication ne vaut certainement pas mieux que celle des savants qui rattachaient sot au latin slultus. Pictet rapproche sotûa l'irlandais suthan, imbécile, fripon; sotal, orgueil; soit/iir,ûev; solaire, fat, et du sanscrit çotlia, sot. Dom Lepelletier le fait venir do l'armoricain saot, qui signifie gros bétail, béte k cornes. De son côte, Scheler croit que sot est de la même famille que l'allemand zole, propos libre, obscène). Qu»est sans esprit, sans jugement : Un homme sot. Une femme trèssorTE. Il n'est pas si sot qu'il le parait. Vous confier mes intérêts/ je ne suis pas si sot. Il y a des gens destinés o être sots. (La Rochef.) J'ai connu des femmes qui se sont tuées pour les plus sots hommes du monde. (Volt.)

SOT

11 faut être, bien sot ou bien méchant pour m'accuser d'être l'auteur d'un ouvrage où l'on me loue. (Volt.) Il n'y a point d'homme si sot qu'on ne puisse le façonner. (Le Sage.) Rien n'est plus rare en France qu'une femme tout à fait sotte. (Mot E. de Gir.) Ignorer et savoir qu'on ignore, bonne disposition pour apprendre ; ignorer et croire que l'on sait, bonne disposition pour rester ignorant et Sot. (Latena,)

L'un dit : « Je n'y vais pas ; je ne s^uis pas si sût.*

La Fontaine.

Pour mai, je ne vois rien de plus sol, à mon sens, Qu'un auteur qui partout va gueuser de l'encens.

Molière.

Ainsi qu'en sots auteurs,

Notre siècle est fertile en soit admirateurs.

Boileau.

Do Paris au Pérou, du Japon jusqu'il Borne, Le plus sot animal, à mon avis, c'est l'homme.

BoiLEAU.

Tel est devenu fat à force de lecture.

Qui n'eût été que sot en suivant la nature.

Gkesset.

... La gent marécageuse, Gent fort sotte et fort paresseuse, S'en alla cacher sous les eaux.

— Par ext. Embarrassé, interdit, confus : Rester sot. Cela le rendit tout sot. On me mande qu'on est tout consterné et tout sot à Paris. (Volt.) Ayant reconnu malgré lui que c'était mon père en chair et en os, il demeura bien sot. (Le Sage.) Vous m'avez vu fort triste et fort sot. (G. Sand.)

— Qui appartient à un sot, qui provient d'un sot: Sot orgueil. Sotte fierté. Sot amour-propre. Sot entêtement. Sotte avarice. J'ai renoncé à mes sottes rêveries. La sotte envie de discourir vient d'une habitude qu'un a contractée de parler beaucoup et sans réflexion. (La Bruy.) Il me semble que je me suis déjà corrigée de ces sottes viaacilés. (Mmo de Sév.) Sotte chose que la gloire de montrer des galons, des rubans et des bvoderies. (Mérimée.) La sotte vanité nous est particulière.

La Fontaine, Nous faut-it nous brouiller pour un sot point u'hon-

[neur?

Beonard.

L'amour-propre est, hélas ! le plus sot des amours. Mme Deshouuères,

— Qui est fait sans esprit, sans jugement : Sot discours. Sottk réponse. Sotte louange. Sotte entreprise. Un sot livre. Une sottk chanson. Un esprit abstrait nous fait faire ou de mauvaises demandes, ou de sottes réponses. (La Bruy.)

Vous allez commencer quelque sotie harangue.

Destouches.

Mais ces leçons t'ont-elles engagé A brocarder un auteur af/ligé, Assez puni de l'orgueil qui l'enivre Et du malheur d'avoir fait un sot livre ?

Il Fâcheux, ridicule : C'est une sotte a/faire, fl a fait un sot mariage.

— Trompé par sa femme, en parlant d'un mari ;

Elle? elle n'en fera qu'un sût, je vous assure.

Molière.

Epouser une sotte est pour n'être pas sot.

Molière.

— S'est dit pour amoureuse, en parlant d'une femme : Si bien donc qu'elle est sotte de vous. (Mol.)

— Loc. prov. Etre sot comme ttn panier, Etre extrêmement sot : Elle était belle comme un ange et sotte comme un panier. (Mme de Sév.) Il A sotte demande point de réponse, On n'est point obligé de répondre à une question indiscrète, inconvenante. Il Rester sot comme un panier, Rester muet, interdit, confondu. Il il n'y a pas de sots métiers, il n'y a que de sottes gens, Tout métier honnête est avouabie, n'est pas à mépriser, || De sot homme sot songe, Qu'il donne ou qu'il soit éveillé, l'homme sot est toujours sot. Il Sot qui s'y fie, Il faut se tenir en éveil, prendre ses précautions.

— Substantiv. Personne dépourvue d'esprit, de jugement : C'est un Sot. Ne parles donc pas à cette sotte. Taisez-vous, vous êtes un sût.' On est quelquefois un sot aoec de l'esprit, on ne l'est jamais avec du jugement. (La Rochef.) On a dit qu'un sot qui a un moment d'esprit produit le même élonnement que des chevaux de fiacre au galop. Rire des gens d'esprit , c'est le privilège des sors . (La Rouhef.) Un sot n'a pas assez d'étoffe pour être bon. (La Roclief.) Dans tous les beauxarts, c'est un supplice assez fâcheux que de se produire à des sors. (Mol.) // n'y a que des sots et des sottes, ma femme, qui se riront de moi. (Mol.) Il n'a pas a/faire à un sot, et vous savez des rubriques qu'il ne sait pas. (Mol.) Ce n'était ni un esprit ni un sot, mais un drôle, à qui toute voie fut lionne et qui fureta partout. (St-Siruon.) Un fat est celui que les sots croient un homme de mérite. (La Bruy.) Un sot m'embarrasse quelquefois plus "qu'un hommejl' esprit. (Tureune.) Un sot est celui qui n'a pas même assez d'esprit pour être un fat. (La Bruy.) Les sots admirent tout dans un auteur estimé. (Volt.) Il y aura toujours un grand peuple de sots et une foule de fripons, mais le petit nombre des penseurs se fera respecter. (Volt.) Il se peut

SOT

faire que je ne sois qu'un sot, mais je ne veux pas qu'on me le dise. (D'Alemb.) Il n'y a que les sots et lesennuyeux qui aient besoin d'être riches. (Mlle de Lespinasse.) Il n'y apoint de bon conseil pour un sot. (Dider.) Les sots sont la broussaille du genre humain. (Marmont.) Un sot peut réfléchir quelquefois, ma\s ce n'est jamais qu'après la soitise. (Duclos.) Personne ne se croit propre comme un sot à duper un homme d'esprit, ^auven.) Les sots ne sont jamais effrayés de rien. (Grimm.) Un sot a beau faire broder son habit, ce n'est toujours que l'habit d'un sot. (Rivarol.) Le sot se reconnaît à ses attributs : il se fâche sans motif, parle sans utilité, se fie sans connaître. (M'ne Roland.) Un SOT est toujours content de lui, de sa fortune, de son mérite, (De Ségur.) La nature n'a fait que les bêtes ; nous devons les sots à l'état social. (Balz.) L'homme ennuyeux n'est pas le sot qui ne parle pas, mais le sot qui parle, (Mme de Somerv.) Des sots ont réussi là où j'ai échoué avec mon habileté. (X. Marmier.) L'admiration des sots vous fait voir par quels côtés vous tenez au vulgaire. (Th. Gaut.) Tout homme qui n'est pas un sot et qui a de ' la bonne volonté finit toujours par rencontrer | une bonne veine. (Laboulaye.) Si vous voulez réussir plus sûrement encore, tâches d'être ou de paraître un sot. (Renan.) Le président Gaussant s'était acquis une telle réputation de sottise, que son nom était pas*é en proverbe pour désigner un homme dépourvu d'esprit. Se trouvant un jour près de deux joueurs, qui n'avaient point remarqué sa présence, il échappa à l'un de dire, en reconnaissant qu'il avait écarté son jeu: i Parbleu 1 je suis un

| franc Goussant ! « Le président, choqué, lui

i dit : « Vous êtes un sot. — C'est justement ce que je voulais dire, » répondit le joueur.

j Un so/ savant eat sot plus qu'un «of ignorant.

I Molière.

I Una*o«e en sait plus que le plus habile homme.

MOUÈRB.

Les soij sont ici-bas pour nos menus plaisirs.

' GilESSET.

j Qui s'élève est un fat, qui s'abaisse est un sot.

| Favart.

Les sots depuis Adam sont en majorité.

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