SOTA
Et, sans ceux que fournit la ville et la province, Il en est chez le duc, il en est chez le prince. L'ouvrage le plus plat a, chez les courtisans, De tout temps rencontré de zélés partisans, Et, pour finir enfin par un trait de satire, Un sot trouve toujours un plus sot qui l'admire.
Dans l'application, ce vers est employé pour dire qu'il n'y a pas de sottise, pas d'absurdité qui ne rencontre des partisans :
t L'homme de lettres incompris porte la tête renversée en arrière ; il a le verbe haut, la voix magistrale, le ton tranchant. Il parle de tout, décide de tout, et ses jugements sont définitifs, sans appel. Quand il pérore, il est entouré de quelques clercs d'huissier, de notaire ou d'avoué, qui l'écoutent la bouche béante et lui prodiguent à chaque mot leur tribut d'admiration.
Un sot trouve toujours un plus sot qui l'admire. •
Boitard.
« De nos jours, tout homme qui a la rage d'écrire s'assied sans façon sur un tribunal et prononce sans examen ; il substitue l'impudence au savoir, les sarcasmes aux raisons, les conjectures aux faits, les passions à la vérité. Il parle de tout, juge sur tout, sans avoir rien approfondi, et, malgré son ignorance ou son ineptie, il justifie encore ce proverbe de Boileau :
Un sot trouve toujours un plus sot qui l'admire. » (Le Censeur des journaux, 3 sept, 1795.)
■ Le malheur rend craintif, et la peine superstitieux. Je ne m'étonne pas que des gens qui annoncent l'avenir avec effronterie et assurance trouvent des esprits crédules qui ajoutent foi à leurs prédictions :
Un sot trouve toujours un plus sot qui Vadmire. » Frédéric.
« Je sais qu'un Français, votre compatriote, barbouille régulièrement par semaine deux feuilles de papier à Clèves ; je sais qu'on achète ces feuilles et qu'un sot trouve toujours un plus sot pour le lire; mais j'ai bien de la peine à me persuader qu'un écrivain de cette trempe puisse porter préjudice à votre réputation, i
Frédéric.
Sol toujours «o< (le) OU le Baron paysan,
comédie de Brueys (Théâtre-Français, 3 juillet 1693). Un gentilhomme du nom d'Almédor contie, avant de partir pour les Indes, son fils Clitandre, encore au berceau, à Thibaut, un de ses fermiers. Ce dernier, aveuglé par l'ambition, substitue Arlequin, son fils, à celui d'Almédor. La pièce entière roule sur ceci, à savoir : que l'intelligence est héréditaire comme la noblesse. Arlequin, roturier dans la peau d'un noble, est un idiot; Clitandre, malgré son déguisement de paysan, possède tous les mérites. Au dénouaient, chacun, bien entendu, reprend son rang, et le public blasonné d'applaudir à ces pasquinades. Cotte comédie, mal écrite, contenait quelques scènes plaisantes et fut jouée avec succès. Le sujet et une grande partie de l'intrigue ne doivent pas avoir beaucoup coûté à l'imagination de Brueys, suivant la remarque des frères Parlait, puisque ce n'est qu'une copie de Crispin gentilhomme, comédie en cinq actes et en vers de ftîontfleury. Cependant Brueys était si satisfait de sa comédie, qu'il la relit en cinq actes, puis en trois. Dancourt la versifia en cinq actes et la donna au Théâtre- Français sous le titre de la Belle-mère (21 avril 1725). De son côté, le collaborateur ordinaire de Brueys, Palaprat, la fit jouer sous son nom au Théâtre-Italien, en trois actes, avec le titre de la Force du sang ou le Sot toujours sol.
SOTA (Pio de La), littérateur espagnol, né dans les premières années du xixe siècle. Après avoir fait ses études de droit, il fut quelque temps attaché au ministère des finances et renonça plus tard à cet emploi pour exercer la profession d'avocat. Consacrant ses loisirs à la littérature et k l'étude de l'histoire de son pays, il a publié plusieurs I romans qui roulent sur divers épisodes de cette I histoire. Tels sont, entre autres : Don Mendo ' de Acuna ; le Châtelain d'Amposta; {'Auberge I du diable, conte historique; Jacques 1$* et lévêque de Girone, etc. Il a, en outre, été l'un des rédacteurs principaux de YEnciclopedia moderna et dirige la publication de la Bibliothèque du séminariste, vaste collection qui embrasse ie droit canonique, l'histoire de 1 Eglise, des conciles et de l'éloquence sacrée, la théologie, etc.
SOTADÈS, poëte grec, né k Maronée , en Thrace, dans le aie siècle avant J.-C. Il doit sa célébrité aux poèmes licencieux qu'il a composés et qui ont donné naissance aux vers sotadiques. Parmi ses ouvrages, dont il nous reste à peine quelques fragments, on cite : les Contes ioniens, Adonis, 1 'Amazone, la Descente dans l'enfer, {'Iliade, Priape. L'antiquité comprenait tous les écrits obscènes sous le nom général de poèmes sotadiques.
SOTADIQUE adj. (so-ta-di-ke — de Sotadès,n. pr.). Luter. auc. Se dit d'une sorte de vers ïambique usité chez tes Grecs et les Latins. Il On dit aussi soiadken.
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— S'est dit aussi des vers rétrogrades, parce que Sotadès a fait des vers de ce genre.
— Poèmes sotadiques, Poèmes satiriques et licencieux, faits à l'imitation de ceux que Sotadès composa et qui le firent chasser d Alexandrie.
— Encycl. On attribue l'invention du vers sotadique à Sotadès, ce qui le ferait remonter seulement au me siècle avant notre ère; mais, s'il tire en effet son nom de ce poëte, peut-être existait-il avant lui et fut-il appelé sotadique seulement à cause de la célébrité des œuvres de ce poôte. Ces œuvres étaient surtout fameuses par la licence, l'impureté de la pensée et par l'obscénité de l'expression. Dans l'antiquité, le nom de poemo sotadique désigne un poème licencieux, et Quintilien dit qu'il n'oserait pas en exposer les règles.
Le vers sotadique comprend plusieurs variétés : le sotadique têtramètre catalectique, le sotadique têtramètre et le sotadique pentamètre. Tous relèvent du vers ionique majeur, oui doit son nom au pied dit grand ionien (-- uo), formé, comme on le voit, de deux longues plus deux brèves.
Le sotadique têtramètre catalectique, qui est le plus fréquent des vers ioniques majeurs, se compose de trois grands ioniens, plus un spondée ; il a donc trois pieds plus deux syllabes, ou, pour justifier l'expression de têtramètre catalectique, quatre pieds moins deux syllabes. Par exemple :
Pansa optime, | divos cole, | si vis bonus j esse.
C'est là le sotadique pur. Nous voyons dans Quintilien qu'on peut faire un sotadique de cette espèce en retournant un certain hexamètre héroïque, présentant le dactyle et le spondée alternativement. Il cite un vers de ce genre qu'avait improvisé un de ses amis. Le voici en hexamètre :
Astra te- | -net cas- [ -lum, mare | classes, | area |
[messein.
En le retournant, on obtient ce sotadique: Messem area, | classes marc, | cœlum tend | astra.
Lesotadigue têtramètre se compose de quatre pieds qui sont deux grands ioniens (-- ,„!, un péon premier (- uuu) etunbacchius (u --). Ainsi, dans Pétrone :
Ferrum timu- 1 -i, quod trepi- | -do maie da- | -bat
fustim Le sotadique pentamètre comprend deux grands ioniens et un ithyphalliqiie (trois trochées). On le trouve aussi chez Pétrone :
Ter corripu- \ -i terribi- \ -lem ma- \ -nu bi- \ -pen-
[nem.
Ennius composa des satires en sotadiques pentamètres; le vers suivant est de ce poute : Nam qui lepi- | -de postulat | aile- 1 -rum fru- 1
[■strari.
SOTABD s. m. (so-tar). Omith. Un des noms vulgaires de la bécasse.
SOTER adj. (so-tèr — du gr. sôtêr, sauveur). Mylhol. Surnom donné à Jupiter, à Bacchus, à Apollon.
— Hist. anc. Surnom do Ptolémée 1er, de Ptolémée VIII, rois d'Egypte ; d'Antiochus 1«» et de Démétrius 1er, rois de Syrie.
SOTER, pape, né a Fondi. Il fut élu évèque de Rome sous Marc-Aurèle en 102 suivant Lenglec-Dufresnoy, en ist d'après le Père Pagi et en 168 d'après Fleury. Il fut, dit-on, l'adversaire des hérétiques montanistes ou eataphryges. Sa mémoire est honorée ie 2 avril selon les martyrologes, quoique, dit M. Desportes- Bosehercn, rien n'indique qu'il ait été la victime d'aucune persécution.
SOTERE (sainte), martyre du ivo siècle.
S'il faut en croire saint Ambroise, qui paraît avoir été son petit-neveu, elle appartenait à une maison illustre qui comptait des consuls, des préfets, des gouverneurs de province. Arrêtée comme chrétienne ù Rome, elle fut condamnée à mort et eut la tête tranchée.
D'après les bollandistes, son corps, ayant été enlevé du cimetière où il était resté pendant plus de 450 ans, fut transporté, vers le milieu du ixc siècle, dans l'église de Saint- Sylvestre-et-Saint-Martin. Un grand nombre de localités prétendent cependant le posséder, entre autres Sezane, en Brie, et Dordrecht, en Hollande. On la fête le 10 février.
SOTÉRIES s. î, pi. (so-té--rl — du gr. saler, sauveur). Antiq. Fêtes célébrées pour rendre grâce aux dieux quand on venait d'échapper à quelque danger. Il Fête annuelle instituée à Sicyone, en mémoire de la délivrance de cette ville par Aratus.
'SOTÉRIOLOGIE s. f. (so-té-ri-o-lo-jl — du gr. sôlèrion, salut ; logos, discours, doctrine). Doctrine du salut par te Christ.
SOTERIOPOLIS, ancienne ville de la Colchide, la même que Dioscurias. V. ce mot.
SOTUEBY (William), poète anglais, né à Londres en 1757, mort en 1833. Il étudia jusqu'à l'âge de dix-sept ans à l'école de Harrow, puis, interrompant ses études, il entra dans l'armée. Il obtint la permission de voyager à l'étranger, revint en 1777 en Angleterre et quitta le service en 1780. En 17gg, il parcourut à pied avec son frère, l'amiral Sotheby, le pays de Galles ; il publia plus tard une relation poétique de ce voyage. En 1791 il se fixa à Londres, ou il ne s'occupa plus