‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 14Chapitre 542 sur 1059 · SOTI · texte numérisé non relu

SOTI

que de belles-lettres. Il ne quitta Londres que pour faire un voyage sur le continent en 1816-1817. Ses principaux travaux sont les traductions de i'Obéron de Wieland (1798), des Géorgiques (1800), de {'Iliade (1830), de l'Odyssée (1832); une traduction polyglotte des Géorgiques (18S7) etquelques poëmes originaux ; Oreste (1802; 2° édit., 1814); Saûl (1807); Constance de bastille (1810); l'Italie (1828, in-8o).

SOTHERN (Edouard-Askew) , acteur anglais, né à Liverpool en 1830. Ses parents, qui voulaient faire de lui un pasteur, lui firent donner une bonne instruction. A vingt et un ans, Sothern se prit de passion pour le théâtre et résolut de se faire acteur. Etant passé aux Etats-Unis, il obtint uu engagement au théâtre national de Boston, où il joua avec un grand succès les rôles comiques. De Boston, i! se rendit à New- York, où il ne fut pas moins applaudi. Ce fut à cette époque qu'il écrivit une pièce intitulée le Cousin d'Amérique, dans laquelle il joua le principal rôle et dont la vogue fut prodigieuse. De retour en Angleterre, Sothern fut attaché à divers théâtres, notamment à celui de Haymurket. à Londres, reprit sa pièce le Cousin d'Amérique, qui n'eut pas moins de succès qu'aux Etats-Unis, créa des rôles dans de nombreuses pièces et devint un des meilleurs comiques de la Grande-Bretagne. Lors de l'Exposition universelle de 1807, Sothern vint donner à Paris, avec une troupe anglaise, des représentations dans la salle Ventadour. Pour attirer sur lui l'attention publique, il eut recours à un système de réclame fort usité en Amérique. Les murailles de Paris se couvrirent d'affiches-portraits, représentant un homme comptant sur ses doigts. Cet homme était Sothern, qui fut loin de retirer de son grand déploiement d'annonces l'effet qu'il en attendait. Il joua son fameux Cousin d'Amérique, mais le public français resta froid devant un genre de comique qui parut tout à fait au-dessous de ce qu'on attendait. Au bout de quelques mois, il retourna en Angleterre, et la bruit courut, en 1868, qu'il venait d'être atteint d'aliénation mentale. Toutefois, on le vit reparaître quelque temps après sur le théâtre, et, en 1874, il retrouvait à Boston les frénétiques applaudissements qu'il y avait obtenus au début de sa carrière.

SOTHIACAL, ALE adj. (so-ti-a-kal, a-le).

Syn, de sothiaque.

SOTHIAQUE adj. (so-ti-a-ke — de Sothis, nom égyptien de Sirius, étoile de la constellation de la Canicule). Astron. anc. Se disait d'une période astronomique de 1,460 ans. Il On dit aussi sothiacal, aui.

SOTIE s. f. (so-tl — rad. sot, qui a signifié fou). Littér. Sorte de satire allégorique dialoguée, en usage au xve et au xvje siècle.

— Hist. Société bouffonne du moyen âge, composée de jeunes gens dont le chef se nommait le prince des sots.

— Encycl. La sotie ou sotte chanson, chanson contre l'amour, fut d'abord une des formules poétiques des trouvères. La chanson amoureuse, considérée comme plus noble et plus intéressante, portait le titre de grant citant. La sotie, tout inférieure qu'elle était, n'en était pas inoins admise au concours des Puys d'Amour. Jacques Bertaut, trouvère flamand du xme siècle, nous a laissé un recueil assez ample des différentes pièces de poésie qui y furent couronnées. Sa collection est divisée en six chapitres, intitulés Abécédaires, et nous trouvons au nombre des pièces reçues YEslampie, la Pastourelle, la Ballète, les Jeux partisse Grant chant, quelques cantiques, et enfin lu sotie ou sotte chanson.

Les trouvères et les jongleurs qui acquirent le plus de renommée dans la composition de ces petits poëines lyriques étaient natifs de l'Artois, de la Picardie ou de la Flandre.

La sotie devint, vers la fin du moyen âge, une comédie satirique ou plutôt une satire dialoguée, empruntant le plus souvent la forme allégorique. Tandis que les confréries de la Passion, profitant du privilège qu'elles tenaient de Charles "VI, jouaient leurs mystères, que les clercs de la basoche, utilisant les vacances du palais, représentaient des moralités, une autre troupe exploitait la sotie comme une nouvelle veine dramatique : ce furent les Enfants sans souci, réunion déjeunes Parisiens dont le chef prenait le titre de prince des sots et prétendait plaisamment avoir pour royaume le genre humain tout entier. Les Enfants sans souci obtinrent de Charles VI l'autorisation de représenter leurs soties sur des échafauds élevés aux Halles. Ce genre nouveau jouit bientôt d'une grande vogue ; satirique avant tout, critiquant toutes choses et ne ménageant aucun ordre social, il se laissait emporter comme par un souflle d'indépendance bien digne de remarque dans ce temps de religion et d'absolutisme. L'analyse d'une sofie donnera, d'ailleurs, une idée précise et juste du genre.

A l'ouverture de la scène, un personnage représentant l'Ancien monde gémit sur Son sort et se plaint d'aller fort mal : ■ C'est grand'pitié que Ce pauvre monde ! » dit-il. Comme il est ainsi occupé à déplorer sou triste état, un personnage nouveau lui apparaît : c'est Abus. « 11 ne faut pas tant vous tourmenter, lui dit-il; prenez vos aises, dormez, je me charge de tout. » L'Ancien monde

Page 1