‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 14Chapitre 55 sur 1059 · PALE · texte numérisé non relu

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ment par ses compositions une réputation qui i lui valut la place do professeur île chant au Conservatoire de musique de Madrid. Parmi les opéras dont il a écrit la musique, nous citerons : Clotilde ou Saladvi; Hypermnestrc ; Cléuiiice; Boabdil; G us manie Bon; le Triomphe de V 'Amour . On luidoitaussi des morceaux de musique sarréf, tels qu'un Miserere, un Statut Mater et un Salue, l'accompagnement du verset l'remens fartus sum ego, de l'antienne Suscepit nos Dominus, ainsi que des compositions de genre varié, entre autres : les Adieux de Ici havanaise; le Retour d'un père; Je te naine; le Sépulcre; Pardonnemoi, etc. M. Saldoni a, en outre, publié une Revue historique de l'école de Monserval et des Ephëmérides musicales.

SALDUBA, en latin Cssaraugusta, ville de l'Espagne 'ancienne, dans la Tarracouaise, capitale des Edétans. C'est aujourd'hui Sa-

■iAGOSSE.

SALE adj. (sa-le. — Diez tire ce mot du vieux haut allemand salo, trouble, terne, étymologie qui est appuyée par le rapprochement de l'italien salavo, sale, qui répond au même mot germanique à l'état fléchi -.salawer, génitif salaives. Chevailet rapporte le mot sale au celtique : écossais et irlandais salaeh, gaélique salw, malpropre; mais il n'est pas sur que ces mots proviennent du fonds celtique ; ils pourraient, en effet, venir des langues romanes). Jliiipropre, pas net, souillé d'ordures : litre toujours crasseux et sale. Avoir les mains salks. Porter du linye sale. De la vaisselle salis. Une chambre salk. Des rues sales. Une eau sale et bourbeuse. Une femme qui laisse sa '. maison et ses enfants sales, pour chercher les j plaisirs, est le pire de tous tes fléaux. (Montaigne.) Une femme mal peignée a toujours \ l'air sale. (Boitanl.)

Puis passe un moine sale,

Qui \a battant le sol de sa triste sandale.

À. Barbier,

— Se dit d'une couleur qui manque d'éclat, qui semble ternie, salie : Un gris sale. Un blanc sale.

— Fig. Déshonnète, obscène, qui blesse la pudeur et la modestie : Des paroles sales. Des discours sales. Des actions sales. Des idées, des images sales. (Acad.) Il y a des âmes sales, uniquement pétries de boue et d'ordure. (La Bruy.)

Uû peuple qu'aucun frein ne modère et n'arrête Accoutume sa vie à de sales plaisirs.

A. Barbier..

Mais le plus beau projet de notre académie, C'est le retranchement de ces syllabes sales, [les. Qui dans les plus beaux mots produisent des scanda-

Molière.

Il Malhonnête; contraire à l'honneur, à lu délicatesse : Voilà une sale affaire. De tous les vices, l'avarice est l'un des plus sales et des plus ignobles. (Boitard.) Il n'est humme si sale en politique que celui qui est propre à tout. (Petit-Senn.)

On sait que ce pied plat, digne qu'on le confonde, Far de sales emplois s'est poussé dans le monde.

MOUÈB.E.

— Paquet de linge sale, Personne vêtue malproprement et sans goût.

— Etre sale comme une huppe, Etre extrêmement malpropre, par allusion au nid de la huppe, qui est en effet très-sale. Il Etre sale comme un peigne, Etre très-malpropre. Il Laver son linge sale en famille, Ne mettre personne dans la confidence de ses discussions d'intérieur.

— Son cas est sale, Se dit d'un homme qui a commis quelque mauvaise action, pour laquelle il doit craindre les poursuites de la justice.

— Peint. Pinceau sale, Teintes brouillées, confuses, mal fondues : Le pinceau de Rembrandt est sale, mais d'un grand effet. (Acad.)

— Mur. Se dit d'un navire dont la coque est en partie couverte d'herbes marines et de coquillages. I! Se dit d'une mer semée d'obstacles, de dangers : Mer sale. Côte sale. 'foutes les mers et cales de Hollande sont sales,

— Substantiv. Personne sale : Fi, le sale !

— Syn. Salo, malpropre. V. MALPROPRE.

SALE, ville du royaume d'Italie, province d'Alexandrie, district de Tortona, ch.-l. de mandement; 5,538 hab.

SALE, rivière d'Afrique, dans la Guinée, appelée aussi Rokelle, "V. ce mot.

SALE (George), littérateur anglais, né en ludO, mort à Londres eu 1736. Les particularités de sou existence sont peu connues ; on sait seulement qu'il était avocat à Londres. Sale a collaboré à Y Histoire universelle éditée par Swiuton, au General Dictionary, et on lui doit, en outre, une version anglaise trèsexacte du Coran avec notes et commentaires.

SALE (John-Bernard), musicien anglais, né h Windsor en 1799, mort à Westminster en 1856. Attaché comme choriste aux églises de Windsor etd'Eton, il devint vicaire laïque de la chapelle de Westminster, puis gentilhomme de la chapelle royale, et enfin il fut chargé de l'éducation musicale de la reine Victoria qui, lors de son avènement au trône, nomma Sale organiste de sa chapelle. On connaît de lui : Collection de plusieurs hymnes et clianls; Chansons joyeuses de lord Morn-

SALE

ington , un duo populaire intitulé le Papillon et quelques pièces pour la harpe.

SALE (Antoine de La), romancier français. V. La Sale.

SALÉ, BE (sa-lé) part, passé du v. Saler. Où l'on a mis du sel : Viande salée, Bœuf SALÉ. Hareng SALÉ. Beurre SALÉ. La viande salée ne se putréfie pas. (F. Pillon.) Les endroits tes plus secs et les moins chauds sont ceux gui conviennent le mieux à ta conservation des viandes salées, (fannentier.) Le maigre du porc se trouve convenablement salé au bout d'un mois ou six semaines. (J oigi eaux.) Duhamel assure que, lorsque la baleine est SALÉii, elle peut être recherchée comme un mets délicat. (Lacépède.) Il Où l'on a mis trop de sel : Votre bouillon serait bon , mais il est

SALÉ

— Qui contient du sel : Eaux salées. Sources salées. La paléontologie prouve que la mer a toujours été salée. (A. Maury.)

— Qui a le goût, la saveur du sel : Les larmes et la sueur sont salées.

— Fig. Spirituel et piquant : Une raillerie, une épigramme très-SM^ÈK. Il Libre, hardi, risqué : Un conte amusant, mais un peu salé,

— Fain. Payé trop cher : Cette marchandise est belle, mais elle est un peu salée, il Excessif : Six mois de prison! c'est salé.

— Salé comme mer, Excessivement salé :

Ce bouillon est salé comme mer.

— Bourguignon salé. V. Bourguignon.

— Autant de frais que de salé, Ni de l'un ni de l'autre.

— Poétiq. Plaine salée ou Plaines salées, Campagnes salées, Mer :

Ainsi, quand des autans les forces redoublées Agitent à leur gré les campagnes salées...

BRl'-MOT.

— Econ. rur. Prés salés, Nom donné, en Normandie et en Bretagne, a des pâturages qui avoisinent la mer : La viande des moutons des prés salés est très-estimée. il Présalé, Mouton élevé dans les prés salés. V. ce mot à son rang alphabétique.

— s. m. Chair de pote salé : Côtelettes de salé. Voilà de bon salé. Ce salé est gâté. (Acad.)

— Petit salé, Chair de cochon nouvellement salée.

— Ane, coût. Franc-salé. V. Ce mot à son rang alphabétique.

SALÉ (lac) , grand lac de l'Amérique du Nord, dans l'Utah. Les eaux de ce lac sont tantôt d'un vert profond, tantôt du Lieu le plus pur, suivant qu'elles sont plus ou moins profondes. Il a 80 milles de l'IS. à l'O., et environ 100 milles du N. au S. L'eau est plus salée que celle de l'Océan. Ou croit guieralement que la cité de Great-Salt-Lake, bâtie par les mormons, est sur les bords de ce lac, mais elle en est a quelque distance.

SALÉ ou VIECX-SALÉ, ville de l'empire du Maroc, à 1G5 kiloui. O. de Fez, k l'embouchure du Buuregreb dans l'Atlantiqi e, où elle a un port de commerce, pat-3lu 5' de latit. N. et 9» 3' de longit. O.; 18,000 hab., dont 600 juifs. Résidence d'un consul français. Le port, jadis important et fréquenté, est aujourd'hui en partie ensablé. Le mouillage est difficile pour les navires de tot.t tonnage. Ils n'y sont en sûreté que depuis le commencement d'avril jusqu'à la fin du septembre. Durant le reste de l'année, les vents S. -S.-O. deviennent trop violents et les navires sont obligés d'aller chercher un refuge sur d'autres côtes plus hospitalières. La piraterie était autrefois la terreur des environs de Salé. Les corsaires régnaient sur toutes les côtes du Gibraltar africain ot paralysaient le commerce européen d'un 3 manière considérable. Aujourd'hui, les mêmes côtes sont encore infestées de pirates et de corsaires, mais les temps sont changea ; les navires européens ne sont plus à les craindre, ils leur font la chasse et les dispersent quand ils peuvent seulement les apercevoir de loin. La vihe de Salé est entourée de fortes murailles qui la protègent; on y voit une rangée de batteries en piévision dî tout cas éventuel. Un fort défend aussi Ui ville et commande la rade où vont mouiller les petits navires. La rivière est également défendue par un petit fort. Les Espagnols la prirent eu 1622, mais elle fut bientôt reprise par les Fezzans.

SALÉ (NOUVEAU-) ou RABAT, ville de l'empire du Maroc, en face du Vieux-Salé (v. l'article précédent). C'est un petit port, avec chantiers de construction; place forte, entourée de murailles flanquées de :ours. Elle est défendue du côté de la me: par des batteries. Elle est construite sur l'ancienne ville de Chellaet dominée par un château nommé Kasbah, qui renferme les tombeaux de quelques saints mahométans. Celui d'Almanzor se trouve dans mie jolie mosquée très- fréquentée.

SALÉBREUX. EUSE adj. (sa-lé-breu, eu-ze — lat. salebrvSus ; de salebrs, aspérités; dérivé de satire, sauter). Raboteux, rocaileux. Il "Vieux mot.

SALÈGRE s. m. (sa-lè-gre). Techrt. Sels qui s'attachent au fond des poêles, pendant la cuisson des eaux servant à la prépaiation du sel.

— Econ. rur. Pierre imprégnée de s«d que

SALE

l'on suspend dans les étables, pour que les animaux puissent la lécher.

— Oisell. Sorte de pâtée pour les serins, faite avec des graines écrasées, de la terre grasse et du sel-

SALEH 1BN MAHDASCH, fondateur d'une dynastie arabe. V. Maruasch.

SALEE (Raden), prince javanais, peintre de genre, né dans la régence de Surcart (Java) vers 1815, mort à Java en 1860. Il était lils d'un des princes javanais révoltés contre le gouvernement hollandais. Il fut pris par les Hollandais et transporté en 1833 en Hollande, où il se livra à l'étude de la peinture. Il acquit de la réputation par ses toiles, qu'il envoya, dès 1840, à Leipzig, a Dresde, à Munich, à Berlin et surtout dans les villes de Hollande. 11 a peint de préférence des combatsd'animaux féroces, puis des ouragans sur mer, des naufrages, etc. Raden Salek a été membre de l'Académie des beaux-arts d'Amsterdam. On croit qu'il a péri lors de sa dernière excursion a Java en 1800, depuis laquelle on n'a plus eu de ses nouvelles.

SALEL (Hugues), poète français, né à Ca- . sais (Quercy) eu 1504, mort prés de Chartres ; en 1553. Nommé successivement par François I^r valet de chambre, puis maître d'hôtel du roi, il reçut en cadeau, du même prince, l'abbaye de Saint-Chéron, dont il fut le premier abbé commendataire. A la mort du roi, il se retira dans son abbaye. On lui do.t : Dialogue auquel sont introduits les dieux Jupiter et Cupidon (Lyon, s. d., in-8°) ; Œuvres de Hugues Salel (Paris, 1539, in-i2)jles Dix premiers livres de ^'Iliade d' Homère traduits en vers français (Paris, 1545, in-fol.).

SALEM, nom primitif de Jérusalem.

SALEM, ville des Etats-Unis d'Amérique, dans l'Etat de Massachusetts, à 26- kilom. N.-E. de Boston, sur l'océan Atlantique, où elle a un port de commerce; 19,700 hab. Société savante des Indes orientales, avec musée formé des objets recueillis par ses membres dans leurs voyages ; bibliothèque. Chantiers de constructions navales; expéditions pour la pêche de la baleine ; commerce important avec la Chine et les Indes orientales.

SALEM, ville des Etats-Unis, dans l'Etat de New-If ork, à 74 kiloin. N.-E. d'Albauy; 3,000 hab.

SALEM, ville des Etats-Unis, dans l'Etat de New-Jersey, à 60 kilom. S.-O. de Philadelphie , près de la baie de la Dehvware ; 3,075 hab.

SALEM, bourg des Etats-Unis, dans l'Etat de la Caroline du Nord, à 1G0 kilom. N.-O. de Raleigh; 2,200 hab. Etablissement de frères moraves.

SALEM ou TCHELAM, ville de l'Indoustan anglais, présidence et à 282 kilom. S.-O. de Madras, 168 kilom. S.-O. de Pondichéry, ch.-l. de district, sur un affluent duCovery; 15,000 hab. Fabriques de toiles de coton. Commerce de coton et de salpêtre. La ville, située dans une plaine vaste et fertile, est protégée par une forteresse. Les Anglais prirent cette ville en 1768, la rendirent bientôt après et en devinrent possesseurs en 1792, par la paix de Seringapatam.

SALEMBRIA, le Pénée des anciens, rivière de la Turquie d'Europe, dans le pachalik de Janina. Elle prend sa source au versant méridional du mont Digos, à l'E, de Metzovo, coule au S.-E., puis au N.-E., baigne Tricala, Jenitcher (ancienne Larisse) et se jette dans le golfe de Salonique, au S. de PJatamimi, après un cours de 177 kilom. Elle est remarquable par la transparence de ses eaux, qui arrosent la délicieuse vallée de Tempe, chantée par les plus grands poètes de l'antiquité.

SALEMENT adv. (sa-le-man — rad. sale).

D'une manière sale : Manger salement.

— Fig. D'une manière déshonnête : Il s'est conduit bien salement dans cette affaire.

SALEM1 , l'ancienne Halycia , ville du royaume d'Italie, dans la Sicile, province et à 60 kilom. S.-E. de Trapani, district de Mazzara, ch.-l. de mandement; 13,020 hab.

SALEMON ou SALMON (Jean-Baptiste), écrivain français, né à Nancy en 1744. 11 avait obtenu le privilège de fonder dans sa ville natale une école militaire privée , destinée exclusivement à la jeune noblesse. En 1733, cette institution fut supprimée ; Salemon ayant alors exprimé très-vivement sa haine pour le régime républicain, il fut emprisonné et ne recouvra sa liberté qu'après le 9 thermidor. Il rouvrit aussitôt sa maison d'éducation, qui fut transformée en école secondaire par arrêt des consuls. On doit à Salemon : les Sages leçons d'un père à son fils (Nancy, 1798, in-8°) ; les Jeux d'enfants, poëme (Nancy, 1799); l'Hiver, poème (Nancy, 1799, in-8»).

SALEMON ou SALMON (don Manuel-Gonzalès), diplomate espagnol, né à Cadix le 18 octobre 1778, mort le 18 janvier 1832. Attaché à l'ambassade de Saxe en 1796, secrétaire de légation en Danemark, à Dresde en 1803, a Saint-Pétersbourg en 1804, il se trouvait en congé en Espagne lors de l'insurrection de 1808. Il fut nommé par la junte centrale insurrectionnelle secrétaire d'Etat (17 mars 1809); quatre mois après, Salemon devint secrétaire du roi avec la rédaction des décrets. Après la restaurati'm de Ferdinand VII, Salemon fut nommé secrétaire

SALF

d'ambassade à Paris et reçut de Louis XVIII la décoration de l'ordre de la Légion d'honneur. De retour à Madrid, Salemon occupa la charge de secrétaire d'Etat, et du 12 juin au 13 septembre 1819 il dirigea le département de l'intérieur. Il se rendit ensuite en Saxe comme ministre plénipotentiaire avec la titre de conseiller d'Etat honoraire. Il donna sa démission après les événements de 1820. Le 19 août 1826, il fut appelé au ministère do l'intérieur, où il gouverna d'après les principes absolutistes et signa le décret du 30 décembre 1824 entre la Franco et l'Espagne. Il négocia (septembre 1829) auprès de la cour de Naples le mariage du roi avec la prin-» cesse Mario-Christine. Devenu, le 15 octobre 1830, premier secrétaire d'Etat et ministre des affaires étrangères, il fut frappé de mort j subite le 18 janvier 1832.

SALENCY, ville et commune de France (Oise), cant. de Noyon, arrond. et à 35 kilom. N.-E. de Compiègne, sur la rive droite de l'Oise ; 844 hab. Découverte de poteries et de

| médailles romaines; tombelle celtique. Couronnement annuel d'une rosière. Patrie do

; saint Médard, évoque de Noyon,

| SALENGOUE ou SALENGOR, ville de l'Indo- Chine, sur la côte occidentale de la presqu'île de Mulacca, à l'embouchure de la petite rivière de même nom, dans le district de Malacca, a 140 kilom. N.-O. de la ville de ce nom, par 99» 2' de longit. E. et 3° 7' de latit. N. Elle est la capitale de l'Etat indépendant de Saleugore.

SALENGORE, Etat indépendant de l'Indo- Chine. Cet Etat confine, au N., au petit royaume de Peruk , à l'E. à celui de l'ahang, au S. au territoire de Mulacca, tandis qu'il est baigné k l'O. par le détroit de Malaccu ; il mesure 180 kilom. de longueur sur 150 de largeur. On y trouve de riches mines d'ôtain exploitées par des Chinois, de la poudre d'or, de l'ivoire, du camphre, du poivre, etc. Le monopole du commerce est entre les mains du rajah : ce prince protège les navires qui abordent sur les côtes de ses Etats.

SALÉNIE s. f. (sa-lé-nl). Echin. Genre d'échinodermes, formé aux dépens des oursins, et comprenant une douzaine d'espèces fossiles des terrains crétacés.

— Ency cl. Ce genre d'oursin fossile fut établi en 1835 par M. Gray pour des espèces inconnaissables a la position un peu excentrique de l'anus, qui est entouré de grandes plaques anguleuses et articulées entre elles. En 1830, M. Agassiz, dans son Prodrome, adopta le genre salcnie en le distinguant des cidarites par la disposition des plaques interanibulacraires, lesquelles ne portent qu'un gros mamelon dont le sommet n'est pas perforé. Plus tard, le même auteur distingua cinq genres parmi les salénies; voici leurs caractères : ca sont de petits oursins fossiles ayant l'apparence des cidarites, mais qui s'en distinguent par un écusson d'une structure particulière placé au sommet du disque et composé des plaques génitales, des plaques ocellaires et quelquefois de la plaque suranale; les ambulacres sont étroits. Les salénies proprement dites ont le test épais, le disque ou écusson du sommet grand, circulaire, à pourtour on- I dulé ; elles sont toutes originaires des terrains crétacés. On en a trouvé quelques-unes dans la craie ebloritée du Havre.

SALENTE, ville de l'Italie ancienne, capitale des Salentius, fondée par ldomênèe. On ignore la position exacte de cette ville. Quelques auteurs la placent à l'endroit où s'elèvo aujourd'hui le village de Soleto.

Le nom de cette ville, qui est peut-être chimérique, est resté dans la langue à cause surtout du chapitre que Féuelon y a consacré dans son Telémaque. C'est là que Mentor ] apprend à Idoménée l'art de gouverner les 1 hommes; mais ce mode de gouvernement a ' été relégué dans les utopies. Féuelon entre I dans les plus petits détails ; il divise le peuple en classes; il règle « les habits, la nourriture, les meubles, la grandeur et l'ornement des maisons suivant les différentes conditions... Les personnes du premier rang seront vêtues de blanc, avec une frange d'or au bas de leur habit; ils auront au doigt un anneau d'or et au cou une médaille d'or avec votre portrait. Ceux du second rang seront vêtus de bleu ; ils porteront une frange d'urgent avec l'anneau et point de médaille ; les troisièmes, de vert, sans anneau et sans frange, mais avec la médaille d'argent; les quatrièmes, d'un jaune d'aurore; les cinquièmes, d'un rouge pâle ou de rose; les sixièmes, de gris de lin; les septièmes, qui seront les derniers du peuple, d'une couLeur mêlée de jaune et de biuiic. » C'est surtout la couleur blanche affectée à la dernière classe, c'est-à-dire à celle qui peut sacrifier le moins aux exigences de la propreté, qui a déversé quelque ridicule sur le gouvernement de Salente.

Ces mots sont devenus une sorte de locution proverbiale et s'appliquent aux utopies chimériques, aux conceptions irréalisables.

n II semble que Saint-Just soit allé dormir et rêver dans la grotte d'Epiménide; il dit, par exemple ■ » Les hommes qui auront tou-

• jours vécu sans reproche porteront une d écharpe blanche à soixante ans. Us se prè-

• senteront, à cet effet, dan3 le temple, le juue ■ de la fête de la Vieillesse, au jugement de

SALE

• leurs concitoyens, et, si personne ne les ac- » cuse, ils prendront l'écharpe, » et autres folies renouvelées du royaume de Salenle. » Sainte-Beuve.

« Dans la Toscane, un prince, Allemand d'origine, porté par le droit de la force et des traités sur le trône de Florence, avait tout à coup réalisé les idées les plus généreuses du xvme siècle. Léopold avait supprimé la peine de mort, supprimé les soldats, k moitié Supprimé les impôts et presque supprimé les prisons. Florence était devenue une espèce de Salente. »

Villemain.

« Au reste, la commission n'y va pas de main morte. Après avoir réglé les heures de travail, elle est en train de régler les salaires. Nous pourrons alors nous croire à Salente, et il sera prouvé que M. Louis Blanc a été élevé dans la lecture exclusive du Télémaque. »

Léon Faucher.

SALENT1NS, en latin Salentini, peuple de l'Italie ancienne, dans la partie méridionale de la Grande-Grèce appelée Iapygïe. Leurs villes principales étaient : Salentum,Hydruntum et Brundusium. Les Salentins prirent part aux quatrième et cinquième guerres des Sa limites contre les Romains et furent soumis par ceux-ci en 267 av. J.-C.

SALEP s. m. (sa-lèp — de l'ar. tsalep, renard, la plante étant vulgairement appelée testicules de renard). Fécule alimentaire extraite de tubercules de divers orchis : Le salkp nous arrive ordinairement de la Perse. (P. Duchartre.) On peut faire avec la fécule de pommes de terre un véritflble salep indigène. { Parmentier. ) il Boisson préparée avec les mêmes tubercules.

— Salep des Indes occidentales, Nom donné k l'arrow-root.

— Salep des pauvres ffens, Fécule alimentaire préparée avec des pommes de terre.

— Encycl. On nomme salep des bulbes desséchés d'orchis, que le commerce nous apporte de l'Asie Mineure, de la Turquie et de la Perse, et qui peuvent aussi se préparer en France avec les tubercules d'un grand nombre d'espèces d'orchis qui y sont acclimatés. En Perse, la préparation du salep consistesimplement, après avoir inondé les bulbes de leurs radicules et les avoir lavés, à les enfiler en forme de chapelet, les passer à l'eau bouillante afin de les débarrasser de la pellicule qui les recouvre encore, à les faire bouillir à grande eau jusqu'à ce qu'on s'aperçoive que quelques bulbes commencent à se résoudre en une pâte muoilagineuse, puis à les faire sécher au soleil; ou l'on se contente de les exposer à l'air, soit suspendus, soit sur des toiles disposées à cet effet. On peut, quand le soleil ne suffit pas, les faire sécher à I'étuve. En France, la préparation est la même ; mais on n'en fabrique pas beaucoup dans nos contrées, parce que d'abord tous les orchis ne donnent pas de bon salep et que, d'ailleurs, le prix de cette substance est trop minime pour rémunérer suffisamment une fabrication européenne. Aussi est-ce toujours de Perse que le salep nous arrive en quantités considérables. On le vend souvent en poudre, et cette poudre est presque toujours mélangée avec de la fécule, fraude qui n'a rien de dangereux, mais qui n'en est pas moins désagréable pour l'acheteur; toutefois, il est facile de constater la sophistication. Faites dissoudre 2Sr,75 de cette poudre dans 225 grammes d'eau distillée et ajoutez à la dissolution lgr,90 de magnésie calcinée; le mélange devra prendre, après quelques heures, une consistance gelée très-prononcée, autrement le salep sera falsifié.

Le salep contient beaucoup de fécule et est très-propre à faire des bouillies alimentaires. Il est en grande réputation chez les Orientaux ; mais ce que l'on a dit de ses propriétés aphrodisiaques est faux. Les anciens le connaissaient à ce titre ; Pline et Théophraste en ont parlé; les Grecs et les Romains lui croyaient cette vertu, et l'on pense que le dudaïin des Israélites n'était que le bulbe d'un orchis. Avouons, à la honte du siècle présent, qu'il se trouve encore en Europe, en France même, des gens qui croient à ces merveilleuses propriétés. Cette croyance est venue de la ressemblance que présentent dans leur forme les bulbes de salep avec les testicules. Ce qui est vrai, c'est que le salep est un aliment très-reconstituant et de digestion trèsfacile. L'usage en est journalier en Orient, et en Europe on le donne aux malades et aux personnes faibles, comme analeptique. Il se prend en gelée, sucré et aromatisé, ou incorporé dans du chocolat; ce chocolat porte lenom do chocolat analeptique au salep. On l'emploie aussi avec le lait et avec le bouillon, en le faisant bouillir dans l'une de ces substances ou en y délayant un ou deux grammes de sa poudre. On l'emploie encore comme mucilagineux contre la diarrhée, la dyssenterie, les toux sèches et inflammatoires. La poudre de salep s'obtient par la trituration des bulbes ayant macéré dans l'eau froide pendant douze heures. La gelée de salep s'obtient à l'aide de la poudre, du sucre et de l'eau. Pour réussir à le pulvériser, il faut l'humecter légèrement; sans cette précaution, on

SALE

n'y parviendrait pas h cause de sa consistance cornée. Quand on délaye cette poudre dans un liquide quelconque, on obtient une sorte de gelée.

SALER v.a. ou tr. (sa-lé — du lat. sal, sel). Assaisonner avec du sel; mettre du sel dans : Saler une soupe, une sauce. Ne pas saler assez un ragoût.

J'aime bien mieux, pour moi, qu'en épluchant ses Bile accommode mal les noms avec les verbes [herbes Et redise cent fois un bas et méchant mot. Que de brûler ma viande ou saler trop mon pot.

Molière.

— Imprégner de sel, pour préserver de la corruption : Saler du bœuf, du cochon. Saler des harengs, des morues. C'est une erreur de croire qu'il faille choisir absolument le temps de la pleine lune pour tuer ou saler le bœuf. (Parmentier.)

On l'emporte, on le sale, on en fait maint repas.

La Fontaine.

— Fam. Vendre très-cher : Ce marchand sale beaucoup trop sa marchandise.

— Techn. Saler les cuirs, Les saupoudrer de sel afin qu'ils ne se corrompent point avant le tannage.

SALERAN s. m. (sa-le-ran — du lat. sal, se!). Techn. Ouvrier qui donne les dernières façons au papier.

SALERNE, ville de l'Italie méridionale, située au fond d'un golfe auquel elle donne son nom; 16,000 hab. Les maisons, entassées et mal bâties, sont disgracieuses. Climat peu sain. Port construit en 1260 par Jean de Procida,par ordre du roi Manfred, réparé en 1318 par le roi Robert, aujourd'hui ensablé. La fondation de Salerne est due aux anciens peuples de l'Italie ; elle devint colonie romaine sous l'empire ; plus tard, les Lombards la réunirent au duché de Bénévent. Les Sarrasins, les Grecs s'en emparèrent successivement. Enfin la ville, tombée, en 1075, au pouvoir de Robert Guiscard, devint un des sièges principaux de la domination normande. Un siècle plus tard (l 193), l'empereur Henri VI s'en empara d'assaut et .la détruisit complètement. Elle s'est néanmoins relevée de ses ruines et est aujourd'hui une cité assez florissante. Salerne fut renommé au moyen âge par sa célèbre école (v. médecine), fondée bien avant l'an 1000 et restaurée par le fameux Constantinus Africanus. Quelques-uns des préceptes de cette école, qui fut en quelque sorte le germe des facultés de médecine de l'Europe, sont encore répandus sous forme de dictons.

Le seul monument de Salerne qui ait survécu a sa splendeur passée est sa cathédrale. Ce remarquable édifice, fondé en 1084 par Robert Guiscard, est décoré de bas-reliefs et de colonnes antiques enlevés de Paestum. Les lourdes portes de bronze qui la ferment datent de 1099. On remarque à l'intérieur la chaire et le siège épiscopal ornés de mosaïques, deux tombeaux romains, des tombes de princes normands et celle du pape Hildefcrand (Grégoire VII), mort exilé. Lors d'une restauration complète de cette cathédrale, restauration qui eut lieu en 1578, le corps et les vêtements du pape furent retrouvés dans un.état satisfaisant de conservation. D'autres tombeaux, entre autres celui de Marguerite d'Anjou, mère du roi Ladislas,et de Jeanne II, se trouvent dans la crypte qui renferme aussi, suivant quelques écrivains religieux, le corps de l'évangéliste saint Matthieu. C'est à 52 kilomètres de Salerne que se trouvent les curieuses ruines de Pœstûm.

SALERNE (golfe de), vaste baie formée par la merTyrrhénienne, sur la côte occidentale de l'Italie. Elle s'ouvre entre la pointe Campanilla, au N.-O., qui la sépare du golfe de Naples, et la pointe Licosa, au S.-B,, à 57 kilom. de la première ; profondeur, 34 kilom.

Salerne (VIE ET AVENTURES DU PRINCE DE),

par le comte Maximilien de Sterne (1811). Cet ouvrage parut aussi portant en sou=-titre : 1 Illustre esclave, traduit de l'italien. Le prince de Salerne et la princesse Sophie, sa sœur, étaient sur le point de contracter des unions dignes de leur naissance; les noces de la princesse devaient se faire dans un château au bord de la mer, à 6 milles do Naples, lorsque tout à coup des corsaires turcs opèrent une descente au nombre de cinquante, envahissent le château et massacrent tous ceux qu'ils rencontrent. Le futur époux resta au nombre des victimes; la princesse Sophie fut enlevée et le prince de Salerno sauvé par son gouverneur.

A quelque temps de là, ce prince tomba au pouvoir des Turcs en combattant pour les Vénitieus et, dépouillé de tout, fut vendu comme esclave au pacha de Damas, qui avait épousé une fille du sultan. Ayant eu occasion de voir cette princesse, le prince de Salerne en devint épris au point qu'il préféra l'esclavage à une liberté qu'il pouvait recouvrer, car on offrait pour lui une rançon considérable, mais qui l'aurait éloigné de la dame de ses pensées. Il se fait alors connaître au pacha, qui le traite avec beaucoup d'égards, lui rend la liberté et l'invite à habiter son palais. Le pacha pousse la bonté jusqu'à lui faire faire la connaissance d'une jolie esclave napolitaine, qui n'est autre que sa sœur Sophie. Naturellement elle favorise les amours de son frère, et tout s'arrange si bien qu'à la fin, après une foule d'évenc-

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ments, de petites intrigues et d'incidents curieux, le prince de Salerne épouse l'ex-femme du pacha de Damas, qui consent à divorcer pour le rendre heureux, k condition qu'il intercédera auprès de sa sœur Sophie en sa faveur. Le pacha était jeune, et beau ; Sophie ne se fit prier que raisonnablement pour lui accorder sa main, et les deux couples allèrent vivre ensemble gais et heureux dans le royaume de Naples.

Cette nouvelle est lestement contée, sans prétention, mais avec facilité, verve et esprit. De temps en temps une réflexion morale coupe le récit, sans l'interrompre; on dirait que l'auteur a voulu imiter par l'originalité de ses courtes remarques le genre de son homonyme, le fameux Sterne, l'auteur du Voyage sentimental et de Tristram Shandy.

SALERNES, ville de France (Var), ch.-l. de canton, arrond. et à 24 kilom. O. de Draguignan, sur la rive gauche de la Bresque ; pop. nggl., 2,310 hab. — pop. tôt., 3,008. Huileries, poteries, tuileries, sucreries ; fabrication de grosses draperies et de chapeaux. Ruines importantes d'un château fort du xmo siècle ; sur le sommet d'une colline voisine, restes d'un mur, dit Mur des païens. Aux environs, ■ belle vallée pittoresque de Saint-Barthélémy, arrosée par une source abondante qui s'échappe d'un rocher.

SALERON s. m. (sa-le-ron — du lat. sal, Sel). Partie creuse d'une salière, celle ou l'on met le sel.

SALERS, ville de France (Cantal), ch.-l, de canton, arrond. et à 18 kilom. S.-E. de Mauriac, sur le plateau de son nom, en face du confluent des deux petites rivières de l'Aspre et de la Maronne; pop. aggl., 1,045 hab. — pop. tôt., 1 ,095 hab. Commerce de grains, vins, fromages et bestiaux, les plus beaux de l'Auvergne. Cette ville, d'un aspect très-pittoresque, est située au pied des monts du Cantal. C'était autrefois un fief considérable. Quoique déchue de son ancienne splendeur, elle conserve encore plusieurs enceintes concentriques de murailles, percées de portes que flanquent des tours de défense. Les maisons datent, pour la plupart, du xve et du xvie siècle; elles offrent de curieux et bizarres détails architectoniques. L'église paroissiale, construite au xuie siècle et restaurée au xvo, renferme un saint sépulcre remarquable et une Adoration des bergers, par Ribera. La place principale est ornée d'une belle fontaine et de la promenade qui domine les jolis vallons de Saint-Paul et de Fontanges ; la vue s'étend sur toute la chaîne des monts d'Auvergne.

Sous Charles VII, le maréchal de La Fayette, gouverneur de Salers, la fit fortifier pour la mettre à l'abri des incursions des Anglais, Les huguenots, maîtres de cette petite ville, la livrèrent au pillage et passèrent au fil de l'épée un grand nombre de ses habitants.

Salers a donné son nom à une race de bœufs qui passent avec raison pour les plus beaux de l'Auvergne. Voici, d'après M. Groguier, quels sont les caractères distinctifs de cette race : poil court, doux, luisant, presque toujours d'un rouge vif sans taches; tète courte, front large, tapissé, chez le taureau, d'une grande abondance de poils hérissés ; cornes courtes, grosses, luisantes, ouvertes, légèrement contournées k la pointe; encolure forte, principalement à la partie supérieure; épaules grosses, poitrail large, fanon descendant jusqu'au genou; corps épais, ramassé, cylindrique; ventre peu volumineux; dos horizontal, croupe volumineuse; fesses larges, blanches, petites ; attache de la queue fort élevée; extrémités courtes , jarrets larges; allures pesantes, aspect vigoureux, mais annonçant de la douceur et de la docilité. La race de Salers multiplie beaucoup et se répand au loin dans toutes les directions, non pour s'y propager, mais pour tracer des sillons et ensuite approvisionner les boucheries. Le bœuf de Salers naît pour le labour, comme le durham pour la boucherie. Cette habitude a été tellement développée par l'hérédité, qu'on n'éprouve aucune difficulté pour soumettre au joug non-seulement les bœufs et les vaches, mais encore les taureaux. «La race de Salers, dit M. Magne, est propre au département du Cantal; elle s'est produite sur quelques plateaux volcaniques, dont la fertilité s'explique par leur grande altitude et la composition chi inique du sol. Les sommets du Cantal sont assez froids, en raison de leur élévation , pour condenser les vapeurs de l'atmosphère. En été, ils sont souvent voilés par d'épais brouillards et presque tous les matins couverts d'une abondante rosée ; la terre qui les constitue présente les nombreux éléments chimiques qui entrent dans la composition des roches volcaniques, recouverts par une forte couche de terreau, produit de plusieurs siècles de végétation. De ces deux circonstances résulte la grande fécondité qui permet à des montagnes peu étendues de fournir indéfiniment et sans s'épuiser des bestiaux k une grande partie de la France. »

Très-rustique, le bœuf de Salers se contente d'une nourriture médiocre pourvu qu'elle soit abondante. Il est fort et très-tenace au travail, mais convient mieux pour les pays do plaines à température douce que pour les contrées à pentes rapides où régnent en été de fortes chaleurs. Pour une race du Midi, celle de Salers est passable au point de vue de lalactation; il s'y trouve même quelques va-

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chesqui donnent 18 à 20 litres de lait par jour, à vrai dire, en consommant beaucoup. Depuis que, grâce aux progrès de la culture, on nourrit mieux les bœufs de travail, depuis qu'on a compris l'avantage de les renouveler plus souvent pour réaliser plus souvent les bénéfices qu'ils procurent, depuis qu'on les vend aussitôt qu'ils ont acquis tout leur développement, qu'on ne les fait travailler que deux, trois ans, au lieu de s-ept, huit, neuf, il s'est produit une amélioration sensible dans la race de Salers au point de vue do la boucherie. Aujourd'hui, même après avoir I fait de pénibles efforts, bjs bœufs de Salers 1 s'engraissent bien et, au pâturage comme à | la bouverie, ils fournissent beaucoup de suif et une très-forte quantité de viande ferme et ] sapide. Les concours ont fort souvent déi montré qu'ils sont susceptibles de parvenir au plus haut degré d'engraissement possible, et cela, disent les engruisseurs, avec aussi peu de nourriture que les races les plus ! renommées pour leur aptitude k prendre la j graisse. On peut même remarquer que les i nombreux bœufs de Salers présentés au con- ! cours de Poissy proviennent de différen- I tes contrées, ce qui prouve que leurs qualités ont été reconnues par tous les pays d'engraissement. La race de Salers a éprouvé de grandes améliorations quant a ses formes. Malheureusement, ces améliorations sont encore loin d'être générales, et il est très-ordinaire de voir sur les marchés des bœufs de cette race à conformation très-défectueuse. Malgré leurs défauts, ces bœufs rendent beaucoup à l'abattoir; mais leurs acheteurs arguent de leurs os saillants, de leur corps étroit pour les déprécier; généralement on ne veut pas les payer ce qu'ils valent. Nous avons remarqué que les bœufs de Salers mal conformés sont souvent achetés par de bons connaisseurs qui savent les apprécier. Ainsi, au double point de vue du travail, de la lactation et de l'engraissement, la race de Salers nous donne des produits avantageux et quelquefois hors ligne. Sans aller aussi loin que quelques-uns de ses plus enthousiastes partisans qui l'ont préconisée comme agent général d'amélioration de nos races françaises, en concurrence avec le durham, nous sommes d'avis que cette race doit être conservée telle quelle, pure de toute espace de croisement. Il suffit pour la porter et la maintenir au premier rang de l'améliorer par une sélection intelligente et une bonne alimentation.

Sales, ancien château de Savoie, dans la Chablais, près d'Annecy ; c'est le berceau de l'i. lustre famille de Sales.

SALES (saint François de). V. François.

SALES (Louis, comte de), capitaine savoisien, frère de saint François de Sales, né au château de Brens (Chablais) en 1577, mort en 1674. Il fit d'excellentes études au collège d'Annecy, puis accompagna en Italie le président Favre. En 1600, il revint en Savoie, où le rappelait la mort de son père, et devint lieutenant du duc de Savoie à Montmélinn. Chargé plus tard de défendre les frontières contre les Espagnols qui occupaient la Franche-Comté, le comte de Suies empêcha Annecy d'être surprise par l'ennemi. Il reçut ensuite la mission de négocier avec la Suisse, fit partie du conseil de guerre du duc Thomas , puis contraignit les Espagnols à évacuer les points dont ils s'étaient emparés et négocia le traité de Dole, qui termina cette guerre. En 1620, il lit îvparer à ses frais les fortifications d'Annecy, pour empêcher les Espagnols de s'en emparer.

Lorsque cetteville fut assiégée par Louis XIII dix ans plus tard, ce fut le comte de Sales qui se chargea de la défendre et il ne voulue la rendre qu'après en avoir reçu l'ordre du duc de Savoie. A partir de ce moment, il vécut presque constamment dans la retraite. Le P. Buffier a publié en 1718 (in-12) une vie du comte de Sales.

SALES (Charles-Auguste de), fils du précédent, né au château de Sales en 1606, mort à Tresun, près d'Annecy, en 1660. Il reçut en 1630 la prévôte de l'église de Genève, fut nommé ensuite doyen de la collégiale d'Annecy, vicaire général et officiai du diocèse en 1631, évêque d'Hébron en 1645. On lui doit un volume de poésies latines, Prsconiorum quasillus (1627, in-40), une histoire du bienheureux François deSales(Lyon, 1034,in-4°) et plusieurs autres ouvrages, tels que traités théologiques, oraisons funèbres, etc.

SALES ( Charles nu) , capitaine français, frère du précédent, né en 1625, mort en 1666. Il entra dans l'ordre de Malte et se signala en combattant les Turcs et les pirates barbaresques. Envoyé aux Antilles comme gouverneur de Saint-Christophe, il fut maintenu dans cette dignité par Louis XIV quand l'île eut été cédée à la France par l'ordre de Malte, et fut tué en défendant cette colonie contre les Anglais.

SALES (le comte Paul-François de), homme d'Etat, lieutenant général des années sardes, né vers 1778, mort à Thorens-Sales (Savoie) en 1850. Il eut pour père Claude de Sales do Brens et pour mère Philiberte de Fésigny. 11 fut tenu sur les fonts b.iptisuiaux par son oncle François de Sales, évêque d'Aoste. La noblesse de sa naissance le rit appeler à la cour de Sardaigne dès l'âge de dix ans ; il y remplit divers emplois domestiques et reçut, à quinze

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ans, le titre de secrétaire intime du roi. L'invasion française le dépouilla de sos charges et le contraignit de se retirer à Genève (1792) avec sa mère. Il revint plus tard se fixer à Thorens-Sales , débris de l'immense fortune de sa famille. Dans cette retraite, il s'occupa d'agriculture jusqu'à son mariage avec Mlle Leblanc, qui eut lieu en 1813.

Lors de la rentrée du roi de Sardaigne dans ses Etats héréditaires (1814), Paul de Sales fut incorporé dans la cavalerie avec le grade de capitaine, auquel il avait droit, puis passa à l'état-major général et fut bientôt choisi par un comité de gentilshommes savoyards pour aller, avec M. de Villelte, réclamer à Paris, à Londres et à Vienne la restitution intégrale de la Savoie à la monarchie sarde. A Vienne, le marquis de Saint-Marsan, ambassadeur du roi de Sardaigne, le retint auprès de lui jusqu'en 1815. Commissaire général du roi auprès des armées alliées durant les Cent-Jours, il servit à Waterloo comme aide de camp de Wellington et reçut la médaille de Waterloo frappée par l'Angleterre.

La vaillance de Paul de Sales à Waterloo lui valut le grade de major et la croix militaire de Savoie, qu'on venait d'instituer. Louis XVUI ne pouvait manquer de récompenser un homme qui avait servi contre la France à Waterloo ; il le nomma chevalier de Saint-Louis en 1816.

La même année, le nouveau chevalier de Saint-Louis reçut le titre de comte, dont s'était emparée la branche cadette de sa famille. 11 avait des goûts militaires ; mais il n'y avait rien à faire de longtemps dans le métier des armes, l'Europe étant lasse de vingt-cinq ans d'une guerre acharnée. Le comte de Sales accepta donc le poste de secrétaire d'ambassade à Paris, où le représentant du roi de Sardaigne était alors le marquis Atfieri de Sostegno. Bientôt le secrétaire d'ambassade du marquis Alfieri de Sostegno alla remplacer à La Haye le marquis de Saint-Thomas, envoyé sarde qui n'avait p'i se rendre à son poste, et resta là jusqu'à la fin de 1818, où il alla représenter le roi de Sardaigne à Berlin.

Nommé, en 1821, ministre plénipotentiaire et envoyé extraordinaire à Saint-Pétersbourg, il sut s'y concilier la confiance du nouveau souverain, l'empereur Nicolas. Le climatdelaRussie lui convenait médiocrement; sur ses instances, on lui permit, en 1828, de revenir en Savoie. Il y était depuis quelque temps, lorsque mourut le marquis Alfieri de Sostegno, et, comme le terrain devenait brûlant à Paris, le roi Charles-Félix, qui avait confiance dans l'habileté du comte de Sales, le chargea de l'ambassade de France. Le comte n'était pas aussi sûr que son maître de pouvoir se montrer h la hauteur des circonstances. Il hésita, puis finit par accepter. Il n'était pas si roide sur les principes qu'on aurait pu le supposer d'après sa conduite antérieure, o II fut tout d'abord reçu au Palais- Royal, dit un de ses biographes, par le duc d'Orléans , moins comme ambassadeur que comme ami. Laduchessed'Orléans avait pour M. de Sales une estime et une amitié toutes particulières qu'elle lui conserva lorsqu'elle fut reine et jusqu'à la mort du comte. Les lettres qu'elle lui écrivit en assez grand nombre et qui sont entre les mains de sa famille en fournissent la preuve. ■

Le bon accueil que le comte de Sales avait reçu au Palais- Royal fut remarqué ; il conseilla chaleureusement à ses collègues du corps diplomatique d'insister auprès de leurs souverains pour qu'ils reconnussent le nouvel état de choses. II le fallait si on voulait conserver la paix, et la paix était un besoin pressant pour l'Europe à peine remise des cataclysmes de l'Empire. De plus, la Sardaigne était plus exposée qu'aucun pays du continent dans les éventualités d'une guerre générale. Son opinion eut gain de cause ; mais fatigué et d'une santé chancelante, il dut solliciter son rappel, qu'on lui accorda en 1836 avec le titre de ministre d'Etat et le grand cordon de l'ordre des Saints-Maurice-et-Lazare. Durant sa carrière diplomatique, on lui avait continué ses grades dans l'armée. Sous-adjudant général en 1815, lieutenant colonel de cavalerie et adjudant général d'année en 1819, colonel de cavalerie en 1821, major général en 1829, il fut admis à la retraite en 1836 avec le grade de lieutenant général.

Il avait vingt-deux ans de service et fut heureux de retourner aux travaux champêtres qui avaient charmé sa jeunesse. Il continua d'ailleurs de s'occuper des affaires publiques. Le roi de Sardaigne le chargea, lors de l'incendie de la ville de Sallanches, de distribuer des secours aux victimes et de veiller à la reconstruction de la ville. Les honneurs et les distinctions affluèrent sur lui comme auparavant; il refusa la vice - présidence du conseil d'Etat en 1840 ; en dédommagement, il obtint en 1842 les insignes de l'ordre suprême de l'Annonciade, en 1844 la médaille mauritienne, en 1845 le grade de grand de cour, puis en 1848, quand on décida qu'il y auraitun sénat en Sardaigne, il fut compris sur la liste des sénateurs, malgré sa répugnance, et devint au Sénat un des chefs de l'extiéme droite. On lui attribue, en partie, rétablissement d'un èvêché à Annecy pour remplacer celui de Genève, occupé jadis par son ancêtre, saint François de Sales.

SALES (Delisle ub). V. Delisle de Sales. SALES-GIRONS (Jean), médecin français,

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né à Saint-Girons (Creuse) en 1808 Reçu docteur à la Faculté de Montpellier ea 1840, il vint se fixer à Paris, où il s'occupa particulièrement des maladies pulmonaires, ît fut, en 1844, chargé parle ministère de l'instruction publique d'aller étudier en Angleterre et en Allemagne les modes de traitement de ces affections. En 1849, M. Sales-Girons prit la direction du journal la Revue médicale et, en 1853, il fut nommé médecin directeur de l'établissement thermal de Pierrefonds. Le docteur Sales-Girons est l'inventeur ce méthodes de pulvérisation des liquides médicamentaux et de la diète respiratoire. Inc.épendamment d'un grand nombre d'articles et de mémoires, on lui doit un certain nombre d'ouvrages, entre autres : Lettres à une provinciale ; M. Lamennais devant le peuple (1841, in- 32); la Phthisie et les autres malao'ies de la poitrine, traitées par les fumigations de goudron et le médicinal naphtha (1846, in-8°) ; Elude médicale et historique des eaux d'Engkien-les-Bains (1S51, in-8°) ; Elude médicale sur les eaux minérales sulfureuses de pierrefonds (1853, in-8°); Thérapeutique re%piratoire (1858, in-80) ; Instruction sur l'instrument pulvérisateur des liquides médictmenlaux (1859, in-8<>).; Traitement de tapnthisie pulmonaire par l'inhalation des liquides pulvérisés et par la fumigation de goudron (lSG0,in-8°); la .DkVereA/Jira/oirc (1860,^-8°); Mémoire en faveur de l'inspection médicale des eaux minérales (1865, iu-8°).

SALETÉ s. f. (sa-le-té — rad. sale). Etat de ce qui est sale, malpropre : La sai.k':é des habits, du linge. La saleté des ruer. Cet homme est d'une grande saleté, d'une s\leté dégoûtante. (Acad.) Je ne sais pas de condition plus défavorable pour la pureté de l'âme que la saleté physi jMe.(Mln«Beecher-Stowe.)

— Ce qui salit, ordure, chose sale : Il y a ici de la saleté, des saletés qu'il faut oter. (Acad.)

— Fig. Chose sale, indécente, déshonnête : Aimer à dire des saletés. Ce livre est plein de saletés. Son crayon, son pinceau s'avilit par de telles saletés. (Acad.) Les satires mêmes, qui avaient été un égout di salktés, ont pris un caractère de pudeur. (Bayle).

J'abhorre un faux plaisant à grossière equi /oque, Qui pour me divertir n'a que la saleté.

Boileao.

— Action malhonnête , basse , déshonorante : Pour parvenir, il est capable de toutes les SALETÉS.

SALET1ER (Claude), simple exécuteur des hautes œuvres à Lyon, qui mérite une mention parce que, lors du massacre de la Saint- Bartheleiny, il refusa son ministère en disant : » Mes mains ne travaillent que juridiquement, o Sainte-Foix, qui rapporte la réponse de Saletier, ajoute cette remarque : « Voilà l'homme le plus vil par son état qui a plus d'honneur que la reine et son conseil. »

SALETTE -FALLA VAUX (la), village et commune de France (Isère), cant. de Cerps, arrond. et à 68 kilom. S.-E. de Gren< ble , près de la montagne de co nom; 715 hul>. Ce \ ilhige, naguère inconnu, est devenu célèbre par un prétendu miracle qui a eu lieu sur la montagne voisine, devenue depuis lors lîbut d'un pèlerinage fréquenté. Le 19 septembre 1846, la sainte Vierge serait apparue à la jeune bergère Mélanie et au pâtre Maximin En înémoiredecetteapparition, une chapelle a été érigée sur la montagne sous le vocable de Notre-Dame de La Salette ; près de là coule une source née des larmes de la Vierge, et qui a la propriété de guérir tous les maux. Un monastère, établi près de la chapelle, est occupé par des prêtres missionnaires et par des religieuses. Quoique cette apparition ait été contestée par plusieurs membres du clergé de Grenoble, la croyance au miracle a fait son chemin ; ainsi s'établissent les dogmes nouveaux. V. l'article suivant.

Siileiio (miracle de la). Le 19 septembre 1846, vers trois heures du soir, deux puits bergers qui se tenaient au bord d'un ruisseau sur les pentes de la montagne de La Salette, dans le département de l'Isère, virent n[ paraître, vêtue d'une robe éblouissante, une belle dame qui marchait sur l'herbe sans la courber et qui disparut après leur avoir conté une grande nouvelle et confié un grand secret. Ces enfants étaient Maximin Gir; ud, âgé de onze ans, et Mélanie Mathieu, âgée de quatorze ans. On leur lit répéter le récit de cette aventure. La dame inconnue a .ait parlé en français et en patois du pays, et leur avait tenu ce discours baroque : a La main de mon tils est lourde et je n ui plus la force de la retenir; elle s'appesantira sur mon peuple... Ils vont à la boucherie comme des chiens; ils jurent comme des charret ers qui conduisent leurs charrettes. Quand ils vont à la messe, les petits garçons mettent des pierres dans leurs poches pour les jeter aux petites filles. Les petites filles se font porter à manger à la danse... Il va venir une grande famine, et, avant que la famine vienne, les petits enfants prendront un tremblement et mourront. Les pommes de terre vont pourrir et le blé sera mangé par les bêtes. »

L'autorité ecclésiastique s'émut : il y a\ait de quoi; les deux enfants furent remis entré les mains de sœur Thècle, supérieure des eligieuses de la Providence, et M. Rousselot,

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vicaire général du diocèse, en présence du curé de la cathédrale de Grenoble, obtint d'eux, assure-t-on, la confidence du secret confié par la dame inconnue. Ce secret fut transcrit sur un papier soigneusement scellé, adressé à Rome, et dont le contenu n'a jamais été publié.

Aumois de juillet suivant, MgrdeBruillard, évêque de Grenoble, rendit une ordonnance aux termes de laquelle une enquête était ouverte pour connaître du fait de La Salette et savoir si la vierge Marie était réellement apparue aux deux bergers. Cette enquête, dirigée par M. Rousselot suivant les formes de procédure employées de temps immémorial en pareil cas, dura deux ans. Le rapport fut fait en 1848; il concluait à l'existence du miracle. L'année suivante, l'évêque, par un mandement, annonça aux fidèles de son diocèse que le catholicisme comptait un miracle de plus, que la vierge Marie avait bien été vue sur la montagne de La Salette. L'événement, une fois déclaré certain par l'autorité ecclésiastique, fut publié dans tout le monde catholique; des milliers de pèlerins vinrent visiter te lieu témoin du miracle et puisèrent dans un ruisseau voisin une eau qui, trans-

fiortée dans tous les pays, guérissait toutes es maladies imaginables et inimaginables.

Celte prédileetion pour le pèlerinage de La Salette fut bientôt troublée par de vagues rumeurs qui prirent promptement une consistance sérieuse. On parlait de discussions qui s'étaient élevées entre les membres du clergé diocésain sur la façon dont l'enquête avait été dirigée et sur ses résultats ; on allait jusqu'à dire qu'une scission existait sur ce sujet entre l'évêque et son supérieur métropolitain , M. de Bonald , cardinal-archevêque de Lyon. Ces discussions étaient réelles ; elles prirent bientôt un tel caractère d'aigreur que des brochures et des articles de journaux, émanant du clergé lui-même, saisirent le public de la question. M. Déléon, ancien curé de Villeurbanne, tour à tour rédacteur de l'Union dauphinoise et du Vœu national, publia en 1852, sous le pseudonyme de Donnadieu, un écrit intitulé : La Salette-Fallavaux [fallax vallis, vallée du mensonge). Cet ouvrage contenait une critique de l'écrit publié deux ans auparavant par M. le vicaire général Rousselot, sous ce titre : Nouveaux documents sur le fait de La Salette. Non-seulement l'auteur niait les miracles récents qui, suivant le vicaire général, avaient été produits par l'eau de La Salette, mais il niait l'apparition elle-même ou plutôt l'expliquait d'une façon toute naturelle. Le livre fut condamné par l'évêque, qui à ce sujet adressa au journal l'Univers une lettre violenta, reproduite ensuite par toute la presse catholique. M. Déléon répondit en publiant la deuxième partie de La Salette-Fallavaux et se vit soutenu par plusieurs de ses collègues , notamment par M. Cartelier, curé de la paroisse Saint-Joseph, de Grenoble, qui adressa personnellement au pape un mémoire sur le même sujet. On vit paraître en dernier lieu un mémoire intitulj La Salette devant le pape, par plusieurs membres du clergé diocésain. L'autorité diocésaine crut nécessaire d'intervenir, et, pendant que le cardinal de Bonald lui-même niait le miracle par un mandement spécial, MM. Déléon et Cartelier étaient cités tous les deux devant le tribunal de l'ofhViatité. Le premier fut interdit, le second signa une rétractation o sous réserve de son opinion personnelle. » Le nouvel évêque de Grenoble, M. Ginoulhiac, qui avait exercé ces poursuites, en annonça le résultat dans deux mandements , l'un du '30 septembre 1854 , l'autre du 4 novembre suivant.

Que disaient donc les écrits incriminés? Ils disaient qu'une demoiselle Constance S:iint- Ferréol de La Merlière, autrefois religieuse de la Providence, s'était fait passer pour la vierge Marie auprès de Mélanie Mathieu et de Maximin Giraud. Mlle de La Merlière, qui jusqu'ulors n'avait pas osé protester, quoique sacha"* parfaitement ce qu'on lui imputait, trouvant désormais un appui moral dans les censures de l'oflicialité, se décida à intervenir. En 1855, elle intenta devant le tribunal civil de Grenoble contre MM. Déléon, Cartelier et Redon, leur imprimeur, une action en dommages et intérêts pour raison de préjudices causés à sa réputation. C'est grâce à ce procès que la lumière fut faite. Quoiqu'il se fut écoulé neuf ans depuis la prétendue apparition et qu'il fût difficile aux défendeurs de revenir sur un événement déjà éloigné, ils réussirent à rassembler un nombre suffisant de témoignages on ne peut plus probants. Un sieur Fortin, conducteur de la diligence de Valence à Grenoble, vint déclarer que vers l'ouverture de la chasse, en 1846, c'est-à-dire juste à l'époque de l'apparition, il avait amené à La Salette Mil* de La Merlière, connue dans tout le pays pour ses excentricités, qu'il l'avait descendue au pied de la montagne et qu'elle lui avait dit, avec une grande exaltation : « Je vais faire une action d'éclat; on parlera de moi dans la postérité, d Quelques jours après, la même demoiselle se montrait k Luus, dans un couvent, revêtue du même costume qu'avait la Vierge apparue aux petits bergers, c'est-àdire une robe jaune sur laquelle étaient brodes les instruments de la passion et un chapeau en pain de sucre. Un peu plus tard, quand on parla de miracle et que l'on fit voir au sieur Fortin des médailles frappées à cette

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occasion, il ne put s'empêcher de s'écrier : « C'est un tour de M"e de La Merlière! — Vous ne répéteriez pas cela devant elle, » lui dit-on. Précisément M11* de La Merlière survint; une vive discussion s'engagea et la vieille folle le prenant à part lui dit : « Permis à vous, Fortin, de ne rien croire ; mais iaissez donc croire les autres ; cela fait du bien à la religion. • Une dame Chevallier déposa qu'elle avait vu chez M'l« de La Merlière la fameuse robe jaune, avec les instruments de la passion brodés en noir et le chapeau pointu. Bien plus, un M. Via], ancien greffier du tribunal de Saint- Maroellin , vint dire que M"e de La Merlière lui avait avoué que c'était elle qui s'était montrée aux bergers do La Salette, dans le costume de la vierge Marie. Enfin, le clergé lui-même était au fait de toutes ces intrigues, et dans un dîner qui réunissait, au moment de l'enquête, tous les chanoines de la cathédrale de Grenoble, une violente querelle s'était élevée entre ceux qui déclaraient cette supercherie très-profitable à la religion et d'autres qui voulaient la faire rejeter comme absurde.

M"c de La Merlière était connue depuis longtemps par des excentricités dont le nombre avait augmenté avec les années. En 1848, elle parut dans les clubs, se porta pour la députation et écrivit en propres termes à M. Pelletan, rédacteur du Siècle: « Sachez que je tiens ma mission sociale de Dieu même. ■ On découvrit aussi que l'apparition de La Salette n'était pas la seule, mais que le clergé avait soigneusement caché les autres. La Vierge s'était de nouveau montrée sous la même forme qu'en 1846, dans la commune de Saillans, près de Crest; à Espeluehes, près de Montéliniar, et une seconde fois a La Salette, où les enfants qui reconnurent M'ic de La Merlière durent rétracter leur affirmation,- sous la menace que leur tit le curé Duperrier de ne pas faire leur première communion. La dernière exhibition avait eu lieu chez une dame Carrât, propriétaire de l'hôtel de l'Embarcadère, près de la porte de France, à Grenoble, qui avait logé plusieurs jours MU« de La Merlière et qui témoignait des faits.

Le tribunal civil de Grenoble, dans son jugement en date du 25 avril 1855, déclara que la demande en dommages-intérêts était mal fondée et condamna ta demanderesse au payement des frais, ■ attendu, disait le tribunal, qu'il faut reconnaître que les ouvrages écrits et publiés par les défendeurs sont l'examen critique d'un fait demeuré jusqu'alors obscur; qu'il n'y a pas, de la part des auteurs, intention de nuire; que les faits y sont uccueillis de bonne foi, après un examen réfléchi, sans imprudence ni légèreté, fuisés dans des documents sérieux, etc. «Sur appel de M"» de La Merlière, après avoir entendu Me Jules Favre et Mo Belhinont, du barreau de Paris, la cour impériale de Grenoble confirma purement et simplement le jugement de première instance, mais interdit à la presse périodique la publication des débats. On les trouvera in extenso dans un volume édité à Paris en 1855 par M. Sabattier, ancien sténographe du Moniteur, sous ce titre : Affaire de La Salette.

Que sont devenus les deux petits bergers?

On a fait courir des bruits contradictoires sur Mélanie Mathieu. Il parait probable qu'on l'enferma dans un couvent. Quant à Maximin Giraud, on a dit qu'il avait exercé la médecine à Paris, dans le quartier du Temple. Pendant l'hiver de 1865 à 1866, un docteur Giraud intenta une action en diffamation contre un journal « pour avoir mal parlé du berger de La Salette. » Le texte de sou assignation fut publié dans presque tous les journaux, mais les curieux accourus à l'heure dite au palais furent déçus dans leur attente; une transaction était intervenue. li est certain qu'il s'est fait aussi fabricant d'une sorte d'elixir destiné à faire une pieuse concurrence à la chartreuse verte ou jaune. Il s'est vendu et il se vend peut-être encore une mixture alcoolique quelconque dont les flacons portent celte étiquette : Liqueur de La Salette, fabriquée avec tes herbes de ta sainte montagne, par Maximin Giraud, le berger de Notre-Dame de La Salette. On ne dit pas qu'elle ait accompli des miracles. La vraie liqueur de La Salette, c'est l'eau pure, prise à la source, et qu'une congrégation, qui s'est établie sur les lieux et s'y est fait bâtir un oratoire, expédie dans la monde entier. Cetto eau , qui guérit plus de maladies que la revalescière, on ne la vend pas, on la donne ; on ne demande que le prix du verre; seulement le verre coûte cinq francs. Quoique le procès de Grenoble ait mis à jour la supercherie, il y a encore des gens qui croient à l'apparition de la Vierge, aux vertus miraculeuses de l'eau pure, et il a été organisé à grand bruit, en août 1873 , un pèlerinage à Notre-Dame de La Salette. Des hommes qui se croient raisonnables sont allés contempler avec onction l'endroit à jamais sacre où M1'* de La Merliore avait arboré sa robe jaune ut son bonnet en pain de sucre 1

SALEUR, EUSE s. (sa-leur, eu-ze — rad.

suler). Personne qui sale, qui fait des salaisons : Saleuk de morue. Saleuse de hareng,

— Nom donné autrefois à des charlatans qui prédiiiiient l'avenir k l'aide du sel.

SALF1 (François), littérateur et philosophe italien, né à Cosenza (Calabre Inférieure) en

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1752, mort a Paris en 1832. Il débuta dans la carrière littéraire par des écrits dirigés contre le saint-siége, puis il composa des pièces de théâtre qui eurent du succès. Ayant adopté les principes de la Révolution française, il devint membre et secrétaire général du gouvernement de Naples pendant la courte existence de la république Parthénopéenne (1799), passa à Milan l'année suivante, fut nommé

Professeur de diplomatie et de droit public à université de cette ville et, après la chute de Murât, se vit encore une fois contraint de se réfugier en France en 1815. Ses principaux ouvrages sont : Essai de phénomènes anthropologiques relatifs aux tremblements de terre arrivés dans les Calabres en 1783 ; Résumé de l'histoire de la littérature italienne (Paris, 1826,2 vol. in-18) ; Saggio slorico délia commedia italiana (Parigi, 1829, in-12); Continuation de l'histoire littéraire d'Italie (1834- 1835, 4 vol. in-8°) , complétant l'ouvrage de Ginguené; Médée, les Précieuses ridicules du temps, d'après Molière; Idoménée, scène lyrique ; Saûl, opéra, etc.

SALGAN s. m. (sal-gan). Mamm. Espèce de lièvre.

SALGAR (Modhafer-Eddyn), fondateur de la dynastie persane des Sulgarides, qui vivait dans le XIIe siècle. Il se rendit maître du Farsistan en 1148, et tout ce qu'on sait de ce prince, c'est qu'il montra une grande vaillance et un profond amour de la justice et qu'il embellit Schiraz, sa capitale. La dynastie des Salgarides finit en 1265.

SALGHIR, rivière de la Russie d'Europe, dans la Crimée, la plus importante de cette presqu'île. Sa source se trouve dans une grotte sauvage, au fond d'un spacieux bassin terminé au midi par une belle sommité de plusieurs mille pieds de hauteur, appelée, à cause de sa forme , Tchatyr-Dâgh (la montagne de la tente). Non loin de là se trouve Simphéropol , l'ancienne capitale des kans, plus connue sous son vieux nom à'Ak-Metsched (la blanche mosquée). Le Salghir s'élance de la grotte sauvage du Tchatyr-Dâgh, et ses eaux limpides se font un brillant lit de cailloux. Voici ce qu'en dit Pallasdans ses Voyages : ■ Le chemin qui conduit au Tchatyr- Dâgh, en partant d Ak-Metsched et remontant le Salghir, passe par Solthan-Mahmoud, résidence du respectable Batyr-Agha, chez lequel les voyageurs trouvent des chevaux, des guides et l'hospitalité. La riante contrée que l'on traverse pour y parvenir est entourée de montagnes calcaires de moyenne hauteur et présente les plus jolis paysages. Les versants de la vallée sont couverts d'une riche verdure, et de fertiles plaines entourent les nombreux villages situés le long du Salghir. Celui d'Esky-Séraï (le vieux château), à pou de distance d'Ak-Metsched, sur la rive gauche du fleuve, est très -remarquable par un ancien fort parallélogramme , construit près d'une montagne ; il est flanqué de quatre tours dont les pierres sont liées à la chaux, et qui paraissent être un ouvrage de* Génois. Un chemin agréable, commode et praticable pour les chevaux, s'étend depuis Solthan- Mahmoud, le long de la pente septentrionale du Tchatyr-Dâgh... Au-dessus du village d'Ayâne, le dernier de la vallée, les montagnes se montrent escarpées et arides. On en descend par plusieurs gorges que la pluie a creusées et dont les flancs sont escarpés. C'est de l'une de ces gorges pierreuses et d'un vaste gouffre miné par les eaux que sort le Salghir. La source considérable et très-froide de cette rivière se rassemble au-dessus du gouffre dans une caverne minée par !a fonte des neiges des gorges supérieures et par les veines d'eau qui traversent l'intérieur du Tehutyr-Dâgh. L'orme luisant, l'ulmaire crénelée, que l'on ne trouve pas ailleurs en Tauride, croissent entre les rochers et embellissent la scène. La rivière abonde ici en truites, mais elles ne descendent pas très-bas. En sortant d'Ak-Metsched, le Salghir coule dans une vallée qui s'élargit de plus en plus et, après un cours d'une quarantaine de lieues, il finit par se jeter, par quatre embouchures, dans le Sivache ou mer Putride. Le Salghir, guéable presque partout durant des mois entiers, devient, à l'époque de la fonte des neiges ou des pluies continues, un torrent trèsrçdoutable et qu'on ne saurait traverser sans danger.

SALGUES (Jacques-Barthélémy), littérateur et journaliste français, né à Sens vers 1760, mort à Parii en 1830. Destiné à la prêtrise, il commença ses études dans son pays et vint les terminer à Paris, au séminaire de Saint-Sulpice. Nommé professeur de rhétorique à Sens, il devint, en 1790, substitut du procureur général de la Commune. Ensuite il fut nommé principal du collège, vicaire général et prit ouvertement le parti de la royauté. Bien qu'il eût prêté le serinent exigé des prêtres, il refusa d'exécuter le décret rendu contre les ecclésiastiques non assermentés. Destitué pour ce fait avec toute la municipalité, il se vit réélu malgré la défense de renommer aucun noble ou prêtre. Envoyé à Paris pour réclamer au sujet des accusations portées par Barère contre la ville de Sens, il fut, pendant son absence, dénoncé comme prêtre exerçant des fonctions civiles. Non contents de l'avoir l'ait destituer, les jacobins vinrent pour l'arrêter; niais il leur échappa et ou inscrivit sou nom sur la liste des émigrés. Sal-

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gués reparut en 1794 et fut élu secrétaire du district avec mandat de réorganiser les études. Décrété d'accusation le 18 fructidor et condamné par contumace à la déportation, il se présenta devant le tribunal d'Auxerre, qui l'acquitta. Ce jugement fut cassé; mais le tribunal de Melun rendit un nouveau verdict d'acquittement. Sous le Directoire, il vint à Paris pour se livrer entièrement aux lettres, et il entreprit le Journal des spectacles, qui fut supprjmé avec beaucoup d'autres par un arrêté consulaire du 17 janvier 1800. Deux ans après, il publia la Théorie de l'ambition, d'Antoine dfe La Salle; en 1810, des extraits du Mercure, sous le titre de Mélanges inédits de Laharpe, et, en 1814, des Mémoires sur Napoléon, son meilleur ouvrage. Interrompus pendant les Cent-Jours, ses Mémoires furent repris à la deuxième Restauration. Le 13 mars 1815, il écrivait dans le Journal de Paris les lignes qui suivent : t Des armes et du couragel Quoil une bande de cinq à six cents fugitifs se flatterait de faire la conquête de la France 1 Ils oseraient concevoir la folle espérance de nous remettre sous le joug de fer du Robespierre corse! 11 vient, disent les traîtres, avec des sentiments pacifiques. Quoil il reviendrait avec des sentiments pacifiques, celui qui n'a jamais rien oublié, rien pardonné..., qui ne goûte de plaisir que dans le sang et la vengeance..., celui qui n'a jamais tenu sa parole ni dans les traités publics ni dans les traités particuliers... » Salguea signa ces articles, car il ne croyait point au succès de l'expédition napoléonienne, et les fit afficher partout. Le surlendemain, Napoléon entrait aux Tuileries et le Journal de Paris changeait de ton ; aussi l'auteur de ces violentes sorties ne fut-il point inquiété. IL fonda ensuite (1817) à Paris, pour les jeunes étrangers, une maison d'éducation qu'il appela lycée européen. L'entreprise avorta. Plus tard, il se constitua le défenseur le plus zélé, le plus actif de la mémoire de l'infortuné Lesurques. Toutefois, nous devons constater, pour être juste, qu'il entrait dans son fait plus d'intérêt, plus d'espoir de spéculation que de véritable humanité, puisqu'il eut un procès avec les héritiers de la victime pour la question des honoraires. Il Ai, avec le célèbre Martainville, une sorte de revue mensuelle sous, le titre pompeux de l'Oriflamme, journal de la littérature, des sciences et des arts, d'histoire et des doctrines religieuses et monarchiques. Vers la fin de sa vie, il s'occupa d'autres travaux littéraires et lança des brochures très-vives contre les jésuites. Ses principaux ouvrages sont : le Paradis perdu, traduction nouvelle (Paris, 1800, in-8°) ; la Philosophie rendue à ses premiers principes ou Cours d'études sur la religion, la morale et les principes de l'ordre social, pour servir à la jeunesse, avec MM. Mutin et Jondot (Paris, 1801, 2 vol. in-8°) ; la Méprise ou Quelque chose qui passe la plaisanterie, traduit de l'anglais de Little John (Paris, 1801, 3 vol. in-12); Cours de rhétorique française, à l'usage des jeunes rhétoriciens (Lyon, 1810, in-12), publié sous le pseudonyme de l'abbé Paul; ce sont les leçons de rhétorique données par lui au collège ue Sens ; Des erreurs et des préjugés répandus dans ta société (1810-1813, 3 vol. in-8<>); De Paris, des mœurs, de la littérature et de la philosophie (1813, in-s°) ; Mémoirespour servir à l'histoire de France sous le gouvernement de Napoléon Bonaparte et pendant l'absence de la maison de Bourbon, contenant des anecdotes particulières sur les principaux: personnages de ce temps (Paris, 1814-182S, 9 vol. in-8°); Un mot à tout le monde (1818. iri-S°); Notice sur la vie et la mort de Joseph Lesurques (Paris, 1S21, in-8«); Mémoire au roi pour le sieur Lesurques (1822, iu-8°); Demande en revendication des biens saisis par l administration des domaines sur la famille de l'infortuné Lesurques (1822, in-8?); les Mille et une calomnies ou Extrait des correspondances privées insérées dans tes journaux anglais et allemands pendant le ministère de M. le duc Decazes (Paris, 1822, 3 vol. in-8°) ; Réfutation du baron Zangiacomi sur la question de savoir s'il y a lieu à réviser le jugement qui a condamné à mort J. Lesurques, pour servir de supplément au mémoire justificatif publié en faveur de cet infortuné (Paris, 1823,in-8°) ; Des libertés publiques d l'occasion de la censure (1824,in-8u) ;De lu littérature des Hébreux ou Des livres saints considérés sous le rapport des beautés littéraires (Paris, 1825, in-S°); Antidote de Montrouge ou Six questions adressées à Mgr l'évêque d' Hermopolis sur le projet de rétablir ou de tolérer les jésuites, et suivies de l'examen de leurs apologistes, MM. Tharin, de Donald, etc. (1827, in-S°) ; Petit catéchisme des jésuites, à l'usage des écoles, des collèges, noviciats, petits séminaires et congrégations dirigés par la compagnie (Paris, 1S27, in-8°); Des erreurs et des préjugés dans le xvme et le xixe siècle (Paris, 1828, 2 vol. in-8°); Pétition sur l'exécution des lois relatives à la compagnie de Jésus, présentée à la Chambre des députés (Paris, 1828, in-S°); De la littérature des offices divins, etc. (Paris, 1829, in-8°); Courtes observations sur les congrégations, les missionnaires, les jésuites et les trois discours de Myr l'éoêque d' Hermopolis (Paris, 1829, in-8°). Salgues a donné, comme éditeur : la Théorie de l'ambition, déjà indiquée (1S02, in 8°) ; Mélanges inédits de littérature de Lahurpc (1810, in-S°)j Deuxième partie de ta

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correspondance de Grimm et Diderot, de 1770 à 1782 (1812); Collection des meilleures dissertations, notices et traités particuliers relatifs à l'histoire de France, en société avec MM. Cohen et Leber (Paris, 18261829, 16 vol. in-ao).

SALH1EB, ville de la basse Egypte, à 100 kilom. N.-E. du Caire, non loin de la branche Pélusiaque du Nil, au milieu d'une forêt de palmiers ; place forte, clef de l'Egypte du côté de la Syrie; 6,000 hab,, tous arabes. Grande mosquée. Cette ville, bâtie par Saladin, fut, le 11 août 1798, le théâtre d'une victoire de Bonaparte sur les mameluks.

SALHYDRAM1DE s. f. (sa li-dra-mi-de — con tract, de salicyle, et de hydramidë). Chim. Syn. de hydrosalicylamide.

' SALI, IE (sa-li, î) part, passé du v. Salir. Rendu, devenu sale : Vêlements sams. Mains salies. La moindre ombre se remarque sur ces vêlements qui n'ont pas encore été salis, et leur vive blancheur en accuse toutes les taches. (Boss.)

— Fig, Déshonoré, souillé : Gloire salie. Mémoire salie. Tout ce que les hommes ne trouvent que dans eux-mêmes est sali, pour ainsi dire, par la même boue dont ils sont formés. (Mass.)

SALIAIRE adj. (sa-li-è-re — lat. saliaris; de salii, saliens). Hist, rom. Qui appartient, qui a rapport aux prêtres saliens.

SAL1AN (Jacques), théologien français, né à Avignon en 1557, mort à Paris en 1640. Entré chez les jésuites, il professa les humanités et la théologie à Lyon, puis fut rappelé à Paris pour enseigner au collège de Clermont. On lui doit : Annales ecclesiastici (Paris, 1619, 6 vol. in-fol.) ; Enchiridium chronologicum sacrse et profans historix (Paris, 1636, in-12), sommaire du premier ouvrage ; Y Ambassade de la princesse Crainte de Dieu (Paris, 1630, in-8°).

SALIANE, petite île de la Russie d'Asie, formée, sur la côte occidentale de la Caspienne, par deux bras du Kour; superficie, 750 kilom. carrés. Elle est très-fertile et renferme un village du même nom avec un petit port de commerce sur la mer Caspienne.

SAL1BABO, groupe d'îles de l'Océanie, dans la Malaisie, entre les Philippines et les Moluques; par 3° 50' -4° 25' de lalit. N. et 123" 39r- 1240 37' de longit. E. Il se compose des trois Iles Tannalabu, Kabriang et Salibabo, qui donne son nom à tout le groupe. Cette dernière a 24 kilom. de longueur sur 8 kilom. de largeur ; elle est bien cultivée et produit en abondance du riz et des patates ; nombreux troupeaux de chèvres et de porcs. Elle renferme 12 villages et 3,000 hab.

SALICAIRE s. f. (sa-li-kè-re — du lat. salix, saule). Bot. Genre de plantes, type de la famille des lythrariéesou su licariées, comprenant plusieurs espèces qui croissent surtout dans les régions tempérées du globe : La salicaire commune est légèrement astringente. (C. d'Orbigny.) La salicaire est estimée délersive, vulnéraire et rafraîchissante. (V. de Bomare.) La Salicaire est une plante fort élégante. (Bosc.)

— Encycl. Les salicaires sont des plantes herbacées, rarement frutescentes, à feuilles alternes, opposées ou verticillées ; les fleurs, solitaires k l'aisselle des feuilles ou réunies en panicules terminales, présentent un calice cylindrique, strié, à douze dents, alternativement longues et courtes ; uuo corolle k six pétales; douze étainines disposées sur deux rangs; le fruit est une capsule oblongue, à deux loges polyspermes, recouverle par le calice. Les espèces assez nombreuses de ce genre sont réparties entre l'ancien et le nouveau continent; la France en possède quelques-unes.

La salicaire commune, vulgairement nommée lysimachie rouge, est une. belle plante vivace, à tige droite, dépassant quelquefois la hauteur de l mèlre et terminée par un long épi de fleurs rouges. Elle croît dans tous les lieux humides, les bois, les prés, au bord des étangs, des marais, des ruisseaux. Tous les bestiaux, et surtout les moutons, la mangent volontiers. Elle est néanmoins plutôt nuisible qu'utile dans les prairies, car elle tient beaucoup de place et contrarie le développement et la croissance d'autres plantes de meilleure qualité. Quand elle est trop abondante, on doit chercher à la détruire autant que possible; il suffit pour cela de la couper entre deux terres avec une bêche ou une pioche à fer étroit, quand elle commence à fleurir.

Dans certains pays, notamment au Kamtchatka, on fait avec cette plante une infusion théiforme ; on mange ses feuilles en guise d'épinards, ainsi que sa moelle. Si on fait macérer cette dernière dans l'eau, il se produit une boisson fermentée, analogue au vin, et dont on peut obtenir de l'alcool ou du vinaigre. La salicaire est encore une des plus belles plantes qu'on puisse employer pour orner le bord des eaux dans les parcs et les jardins paysagers. On la propage de graines, ou d'éclats de pied, ou bien encore par la transplantation des sujets sauvages. Ello vient parfaitement, pourvu qu'elle n'ait pas le pied trop submergé et que Ja terre soit un peu forte. Elle a produit plusieurs variétés.

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La salicaire est dépourvue d'odeur; sa saveur est herbacée, inucilagineuse et un peu astringente. On emploie en médecine ses racines, ses feuilles et ses sommités fleuries. On la récolte au moment de sa floraison, en juin et juillet; on coupe ses sommités par un temps sec et on les fait sécher au soleil ou à l'étuve. On l'administre en poudre ou en décoction, tantôt seule, tantôt associée au coquelicot, à la guimauve ou à d'autres plantes. On l'a vantée contre la diarrhée, la dyssenterie chronique, la leucorrhée, les crachements de sang. etc. On l'emploie aussi en médecine vétérinaire, comme astringente, vulnéraire et détersive.

La salicaire à feuilles d'hysope est une petite plante annuelle, & fleurs d'un rose pourpre. Elle croît dans les même lieux que la précédente et possède des propriétés semblables; mais elle est moins usitée et on ne la cultive guère que dans les jardins botaniques. On s'en sert, dit-on, dans quelques pays pour le tannage des peaux. La salicaire effilée est une grande plante vivace, qui croît en larges touffes ; son feuillage d'un vert gai fait très-bien ressortir ses nombreuses fleurs d'un rose pourpre. Elle se trouve dans l'Amérique du Nord ; on la rencontre aussi en Allemagne et en Italie, où elle est probablement naturalisée. Quoi qu'il en soit, on la cultive dans les massifs d'agrément, où elle produit encore plus d'effet que l'espèce commune. Elle demande un sol léger et des arrosements copieux en été; on la multiplie d'éclats, faits au printemps. La salicaire apanxaloa croît au Mexique, où on l'emploie comme astringent et vulnéraire.

SALICARIÉ, ÉE adj. (sa-li-ka-ri-é — rad. salicaire). Bot. Qui ressemble ou qui se rapporte à la salicaire.

— s. f. pi. Famille de plantes dicotylédones, ayant pour type le genre salicaire. Syn. de lythraKiées.

SAL1CE, bourg de France (Corse), cheflieu de cant., arrond. et à 43 kilom. N.-E. d'Ajaccio; 392 hab.

SALICE, bourg du royaume d'Italie, province de la Terre d'Otrante, district de Brindisi, chef-lieu de mandement; 2,042 hab.

SALICETI (Aurèle), jurisconsulte italien, hé dans les Abruzzes le 16 mai 1804. IL fit ses études sous la direction de son père, médecin et mathématicien distingué, auteur d'un curieux ouvrage intitulé : le Calcul appliqué à ta médecine. Reçu avocat très-jeune, il obtint au concours, en 1828, la chaire de droit civil à Teramo, puis, en 1835, la même chaire à Naples. Tout eu exerçant le professorat, il fut juge au tribunal civil, conseiller à la cour suprême de justice et chargé, pendant quelque temps, de la préfecture de Salerne. La vie politique de Saliceti commença en 1S48; ministre de la justice dans le cabinet du 6 mars, il fut jugé trop libéral par Ferdinand II, qui le congédia quelques jours plus tard. Désigné par 1 opinion publique pour reprendre ce poste lors de la crise ministérielle du 3 avril, il publia un programme de liberté et d'indépendance nationale qui excita l'opinion publique au plus haut degré , tuais à la suite duquel le roi refusa de le choisir pour ministre. Il faillit être assassiné au coup d'Etat du 15 mai et réussit avec peine à s'enfuir à Rome. Bien qu'élu député au parlement de Naples , il ne crut pas devoir rentrer dans son pays et resta à Rome. Il y fut nommé membre du pouvoir exécutif de la république, député et vice-président de l'Assemblée constituante. Il eut lu plus grande part à la rédaction de la constitution romaine, la meilleure de celles qui parurent en Italie pendant la révolution. Chargé d'organiser et Je présider la cour de cassation romaine, il fit ensuite partie, avec Calandrelli et Mariani, du triumvirat qui remplaça celui de Mazzini lorsque les Français furent sur le point de se rendre maîtres de Rome. Huit jours après, Saliceti prenait le chemin de l'exil. Réfugié à Londres, il agit d'abord de concert avec Mazzini ; puis il s'en sépara complètement et vint se fixer à Paris. Saliceti est auteur d'un grand nombre de mémoires et d'un ouvrage intitulé : Institutionumjuris civilis prodromus.

SALICETO (Guillaume de), célèbre médecin , né à Plaisance au commencement du xiiie siècle, mort en 1280. Il nous apprend lui-même qu'en 1275 il résidait à Vérone et qu'il y était pensionné pour enseigner la chirurgie. Il nous dit aussi qu'antérieurement il avait professé quatre ans à Bologne. Supérieur k ses contemporains, comme observateur, il les surpassait encore dans la pratique. Il imita des Grecs et des Arabes l'emploi du fer et du feu, inventa une nouvelle méthode pour l'extraction de la pierre, décrivit le premier le sarcocèle et ia maladie des enfants connue sous le nom de lactescence et indiqua le moyen de les guérir. On lui doit aussi de bonnes observations d'anatoinie. Il a laissé plusieurs ouvrages qui eurent pendant longtemps une grande réputation.

SALICETT1 (Christophe), homme politique italien, né à Bastia en 1757, mort à Naples en 1809. Il appartenait à une famille originaire de Plaisance, que les querelles des guelfes et des gibelins chassèrent de ia ville. Après avoir l'ait ses études au collège des

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barnabites de Bastia, Salicetti étudia le droit à Pise. De retour en Corse, il se fit inscrire avocat au conseil supérieur de l'île. Il montrait déjà toute la fougue de ce caractère hardi et prompt qui en a fait une des ligures les plus accentuées de la Révolution. Paoli é'-ait réfugié à Londres; plein d'admiration pour son compatriote, qui, pour lui, fiersonniflait encore l'amour héroïque de la iberté, le jeune avocat entra en correspondance avec lui et, le mettant au courant des faits de chaque jour, il ne cessait d'entretenir chez le général l'idée d'un prompt retour: mais il ne put se rencontrer avec le grand patriote. En 1789, le suffrage de ses compatriotes le porta aux états généraux pour représenter le tiers état. Il s y dévoila bientôt novateur hardi : ne reculant devant aucune des conséquences qu'entraînait la liberté, il fit décréter la réunion de la Corse à la France ; en même temps qu'il dénonçait son compatriote Buttafoco, député de la noblesse, il obtenait le rappel de Paoli et faisait déclarer infâme son calomniateur, Buttafoco. Jamais la Corse n'eut de plus zélé défenseur de ses intérêts; aussi, quand l'Assemblée constituante résigna son mandat, Salicetti reparut à la Convention nationale, après avoir exercé quelques mois en Corse les fonctions de procureur syndic. Il vota la mort de Louis XVI sans appel au peuple ni sursis. Paoli, lassé, effrayé peut-être des excès de la Révolution, avait appelé les Anglais. Salicetti le renia alors, se fit envoyer en Corse et y décréta la formation d'un corps de troupes chargé de la défense de l'Ile ; mais il fut appelé à l'armée devant Toulon, comme commissaire de l'Assemblée. Il vit là son jeune compatriote Bonaparte, le protégea, le soutint contre ses collègues avec cette ardeur qu'il portait en tout. En 1794, il fut envoyé il l'armée d'Italie en qualité de représentant du peuple en mission; il prévint la révolte dans Gênes, lança des proclamations aux villes italiennes, les électrisant ou les effrayant tour à tour, et contribua ainsi au succès de la campagne. Cependant, son zèle, son emportement l'avaient désigné à la réaction antiterroriste. Appelé à Paris, décrété d'accusation le 9 thermidor pour avoir participé à un mouvement populaire dirigé contre la Constituante, il vint lui-même se défendre et emporta son acquittement. Il rentra alors à l'armée d'Italie, et là, malgré te Directoire, qui l'avait envoyé avec mission de surveiller et surtout de contrarier les plans du général Bonaparte, il adopta les plans de son compatriote et encouragea ses audaces. En novembre 1796, il passa' en Corse et, en mars 1797, le département du Golo l'envoya au conseil des Cinq- Cents. Fidèle à ses principes républicains, il entra dans la Société du Manège et fit partie du club de la rue du Bac. Le 18 brumaire vint l'y surprendre. Comme il s'était détaché de Bonaparte, dont l'ambition le blessait dans ses convictions, Sieyès l'avait porté sur la liste de proscription; mais le premier consul le raya de sa main, il lui devait trop. Après une nouvelle et courte mission en Corse, il fut nommé ministre plénipotentiaire à Lucques pour y présider à l'établissement d'une nouvelle constitution. En ventôse an X, nommé ambassadeur à Gènes, il échoua dans son projet de réunion de cet Etat àla France. En 1806, Napoléon l'attacha à son frère Joseph, qu'il venait de nommer roi de Naples, en lui disant : « Mon frère, je vous donne un homme précieux, sur lequel vous pouvez entièrement vous reposer, » jugement que l'empereur devait reproduire dans ses mémoires sous cette forme si concise et si énergique : «Salicetti, les jours de danger, valait cent mille hommes. » Successivement ministre de la police générale et ministre de la guerre, il ne recula devant aucune mesure de rigueur pour anéantir les insurrections que ne cessaient de fomenter les Anglais; c'est lui aussi qui conserva la couronne sur la tête du roi Joseph en l'empêchant de se retirer lors de la révolte de la Calabre. Ferme sans cruauté, quoi qu'en aient pu dire certains historiens, il le prouva par sa conduite après la paix de Tilsitt ; il se montra alors aussi modéré, aussi juste, le calme rétabli, qu'il avait été inexorable aux jours de danger. Il avait marié sa tille au prince de Torello, et, peu après, il faillit être victime d'un complot : un baril de poudre, caché dans les caves, fit sauter une partie de son hôtel ; il en fut préservé par miracle, au moment où il sortait de l'appartement de sa fille, et celle-ci fut retirée saine et sauve des décombres. Lorsque Joseph quitta Naples pour monter sur le trône d'Espagne , Salicetti obtint de ne pas quitter son poste et, seul, il gouverna le royaume jusqu'à l'arrivée de Murât. Il porta ombrage à ce dernier, qui le destitua et le remplaça par le général Reynier. Rentré à Paris , Salicetti se plaignit à l'empereur de cet étrange procédé. Napoléon , que blessait déjà Ta hauteur de son beau-frère, renvoya Salicetti auprès de Joachim pour le surveiller et surtout pour soutenir avec la reine le parti français. Il protesta donc hautement contre le décret du roi Murât qui forçait les Français résidant dans ses Etats a se faire naturaliser, et devait ainsi séparer le royaume de Naples de l'empire français. Murât plia devant Ja volonté nettement formulée de l'empereur, mais Salicetti dut partir.

Nommé membre de la consulta chargée de

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prendre possession de Rome, il quitta la ville dès qu'il apprit que l'armée anglo-sicilienno débarquée en Calabre marchait sur Naples. Il arriva dans cette ville quand Murât allait se retirer derrière le Voltunie. Organisant aussitôt la garde nationale et oublieux de l'ingratitude du nouveau roi, il déploya d;.ns cette crise, à laquelle mit fin la victoire do Wagram, l'énergie et le dévouement dont il avait si souvent donné la preuve au roi Joseph. Cette conduite devait-elle lui rendre l'affection et l'estime du roi Murât? le préfet de police Maghella craignait-il de se vjir remplacé par lui? on ne le sait; toujours es;-il quje, le 11 décembre 1809, en sortant d'un dîner donné par ce Maghella, Salicetti fut pris de coliques et mourut aussitôt.

. SALICICOLE adj. (sa-li-si-ko-le — du h.t. satix, icis, saule ; coto, j'habite). Hist. nat. Qui habite ou croît sur le saule : Insecie simcicole. Plante salicicolb.

SALICIFOLIË, ÉE adj. (sa-li-si-fo-li-é — du lat. satix, saule; folium, feuille). Bot. Dont les feuilles ressemblent à celles du saule.

SALICINE s. f. (sa-li-si-ne — du lat. salix, saule). Chim. Glucoside renfermé dans l'écorce de saule, qui se résout en glucose et en saligénine sous l'influence des agents d'hydratation qui la saponifient.

— EncyCl. V. SALIRBTINE.

SALICINE, ÉE adj. (sa-li-si-né — du lat. salix, saule). Bot. Qui ressemble ou qui ;;e rapporte au saule.

— s. f. pi. Famille d'arbres dicotylédones, comprenant les genres saule et peuplier.

— Encycl. La famille des salicinées comprend des arbres et des arbrisseaux à feuilles alternes, entières ou dentées, plus raremer t lobées, ordinairement pétiolées et munies de stipules libres, foliacées ou membraneuses. Les fleurs, naissant avant les feuilles ou au plus tard en même temps que celles-ci, sont dioïques, solitaires à l'aisselle de bractées oj écailles entières ou découpées, dont l'enseirble constitue des chatons cylindriques, plus rarement oblongs; elles présentent un disquî en forme de glande ou de cupule à la basi des organes sexuels et sont dépourvues- do périanthe. Les mâles ont des etamines, au nombre de deux à douze ou même plus, à filets grêles, libres ou soudés, à anthères bilobées; les femelles ont un ovaire sessile ou pédicellé, libre, ordinairement uniloculaire, multiovulé, surmonté d'un style simple terminé par deux stigmates bifides ou bilobés, plus rarement entiers. Le fruit est une petits capsule ovoïde, conique ou fusiforme, bivalve, renfermant de nombreuses graines très-petites, à testa membraneux, munies d'une longue aigrette soyeuse et à embryon dépourvu d'albumen.

Cette famille ne renferme que les deux genres saule (salix) et peuplier (populus), qui présentent à la vérité un grand nombre d'espèces. Elle a des affinités avec les cupulifères, les bétulinées et les autres familles réunies autrefois, avec elle, dans la groupe des amentacées. Les salicinées abondent surtout dans les régions tempérées ou froides de l'hémisphère nord, où elles croissent de préférence dans les lieux humides ou au bord des eaux. Plusieurs d'entre elles constituent des essences forestières d'une certaine importance, ou sont recherchées pour l'ornement des parcs. Ces végétaux fournissent quelques produits à la matière médicale ; ils servent aussi dans les arts industriels, la menuiserie, la vannerie, etc.

SALICITE s. f. (sa-li-si-te — du lat. salix, saule). Ane. miner. Pierre figurée imitant une feuille de saule.

SALIC1VORE adj. (sa-li-si-vo-re — du lat. satix, saule; voro, je dévore). Zool. Qui se nourrit de feuilles de saule.

SALICOLE adj. (sa-li-ko-le — du lat. sal, sel; colo, j'habite). Qui produit le sel ; où l'on produit le sel : Industrie salicole,

SALICOQUE s. f. (sa-li-ko-ke). Crust.

Genre de crustacés décapodes macroures, dont l'espèce type est connue sous le nom vulgaire de crevette,

— s. f. pi. Famille de crustacés décapodes macroures, comprenant les genres crangon, alphée, palémon, pénée, etc. : Toutes les salicoques se trouvent dans nos mers, (H. Lucas.)

— Encycl. Ce groupe a pour caractères principaux : un corps peu consistant ou même assez mou, arqué ou comme bossu; les antennes avancées, en forme de soies, les latérales fort lougues, munies en dessous d'un appendice lamelleux ; les branchies peu nombreuses et à lamelles horizontales ; le dos quelquefois armé de petites épines; la nageoire caudale grande ; les pattes grêles et très-longues; les fausses pattes natatoires encaissées à leur base par des prolongements lamelleux du segment dorsal correspondant. Il comprend les genres : alphée, athanas, atye, autonomée, crangon, égéon , gnatophylle, hippolyte, hyménocère, lismate,nika, palémon, pandale, pasiphée, pénée, pontonie, sténope, etc. Ces crustacés vivent sur nos côtes, notamment dans la Méditerranée ; ils sont assez recherchés, et on les sale souvent pour les exporter à l'étranger.

SAL1COR s. m. (sa-li-kor). Bot. Nom vulgaire des salicornes et des soudes.

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j SALI CORNAI RE s. f. (sa-li-kor-nè-re — rad. salicorne). Zooph. Genre de polypiers bryozoaires, dont l'espèce type vit dans la Méditerranée : La salicornaire est un polypier calcaire. (Dujardin.)

— Encycl. Les salicornaires, confondues autrefois avec les cellaires, sont des polypiers calcaires, un peu translucides, rameux, articulés, diehotomes, à rameaux formés d'articles cylindriques, amincis aux extrémités, où ils se joignent par .une partie cartilagineuse ou cornée qui donne aux rameaux une certaine flexibilité; les articles ou segments sont formés de cellules rhomboïdales, dont l'orifice est tubuleux et un peu saillant. Les polypes qui habitent ces cellules sont des bryozoaires analogues à ceux des cellaires et des flustres. La salicornaire dichotome, espèce type, atteint la hauteur do 0m,l, et ses articles dépassent la longueur de on>,01 et l'épaisseur de 010,001. Elle est très-commune dans la Méditerranée et se trouve aussi, dit-on, dans l'Océan. La salicornaire cercoïde s'en distingue surtout par ses cellules non saillantes.

SALICORNE s. f. (sa-li-kor-ne). Bot. Genre de plantes de la famille des atriplicées, type de la tribu des salicorniées, comprenant plusieurs espèces qui croissent dans les terrains imprégnés de sel : La salicorne herbacée a les racines annuelles. (Bosc.) La salicorne fournit le sous- carbonate de soude. (T. de Berneaud.) 11 On dit aussi salicotte.

— Encycl. Les salicornes sont des plantes à tiges articulées, à rameaux opposés et dépourvus de feuilles, à fleurs disposées en épis et dépourvues de corolles; le fruit est une petite capsule recouverte par le calice renflé. Ce genre comprend un assez grand nombre d'espèces, dont deux croissent en Europe. La salicorne herbacée est une plante peu élevée, charnue, verte, à tige et à rameaux comprimés. Elle est répandue sur tout le littoral de la Méditerranée et de l'Océan et se retrouve aussi dans les marais salants de la Lorraine. La salicorne arbrisseau en diffère par ses tiges ligneuses, plus hautes, grisâtres ; moins commune que la précédente, elle est propre surtout au Midi. Ces plantes passent pour antiscorbutiques ; on les confit au vinaigre, comme condiment. Les bestiaux les aiment beaucoup. Sêchôes et incinérées, elles donnent une soude tout à fait semblable à colle que fournissent les pluntes de ce nom.

SALICORN1É, ÉE adj. ( sa-li-kor-ni-é — rad. salicorne). Bot, Qui ressemble ou qui se rapporte à la salicorne.

— s. f. pi. Tribu de la famille des atriplicées, ayant pour type le genre salicorne.

SALICORNIN s. m. (sa-ti-kor-nain). Bot.

Syn. de salicorne.

SALICOT s. in. (sa-li-ko — altér. de salicoque). Crust. Syn. de salicoqub : A Paris, le SALicoT est nommé chevrette. (V. de Bomare.)

SALICOTTE s. f. (sa-li-ko-te). Bot. Syn. de

SALICORNE.

SALICYLAMATE s. m. (sa-li-si-la-ma-te).

Chim. Sel produit par la combinaison de l'acide salicylamique avec une base.

SALICYLAMIQUE adj. ( sa-li-si-la-mi-ke — de salicyle, et de antique). Chim. Se dit d'un acide dérivé de l'acide salicylique.

— Encycl. L'acide salicylamique a pour formule

C6H* j £°>AzH2.

C'est un composé métamère de l'acide oxybenzamiquo de l'acide phénylearbonique et du nitrotoluène. On le désignait d'abord sous le nom de salicylnmide lorsqu'on considérait l'acide salicylique comme monobasique. Il se produit par l'action de l'ammoniaque sur le salicylate monométhylique ou monoéthyliuue. Le nom qu'on lui donne aujourd'hui est impropre et devrait être remplacé par celui de monosalicylamide. En effet, tant qu'on a cru que l'huile de Wintergreen était 1 acide méthylsalicylique, il était rationnel de considérer le corps dont nous nous occupons comme l'acide salicylamique. Mais on sait aujourd'hui que l'huile de Wintergreen n'est point l'acide méthylsalicylique, ce dernier corps ayant été obtenu, mais correspond au lactate neutre monométhylique et ne paraît avoir des propriétés acides que parce que son oxhydryle non acide est phénique au lieu d'être alcoolique comme dans l'acide lactique. Or, dans 1 action de l'ammoniaque sur l'huile de Wintergreen, c'est naturellement l'oxhydryle où s'était substitué le méthy le, c'est-à-dire 1 oxhydryle acide qui s'échange contre l'amidogèuo Azll2, suivant l'équation

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