‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 14Chapitre 572 sur 1059 · OM · texte numérisé non relu

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réunis entre eux, non point par un simple atome d'oxygène, mais par le groupe diatomique (O2)''. L'acide tétrathionique serait alors de l'acide dioxyhyposulfureux. Toutefois, les décompositions de l'acide tétrathionique et ses rapprochements avec les autres corps de la même série nous portent à rejeter cette formule, et à lui préférer celle qui est donnée plus haut.

Voici comment on opère la préparation : on met de l'hyposullite de baryum en suspension dans une très-petite quantité d'eau et l'on ajoute petit à petit de l'iode à cette liqueur jusqu'à complète saturation. Il se forme alors une pulpe cristalline que l'on fuit

SOUF

digérer avec de l'alcool absolu. Ce liquide dissout l'jodure de baryum et l'excès d'iode, et laisse le tétrathionate barytique sous la forme d'une poudre blanche qu'on purifie en la redissolvant dans la plus petite quantité d'eau possible et en abandonnant la solution à l'évaporation spontanée.

On peut encore donner naissance à un sel de l'acide tétrathionique en ajoutant avec soin de l'acide sulfurique i un mélange d'hyposnlfite et de peroxyde de plomb ou de baryum, d'après 1 équation

2P1>S203 -f- PbO* + J:H2SO* = Pb"S*06 Hyposulflte Peroxyde Acide Tôtrathio-

de de sulfurique. nata

plomb. plomb. de plomb.

-(- 2PVSO* -f 2II20 Sulfate Eau.

de plomb.

Enfin, l'acide tétrathionique ou plutôt ses sais prennent encore naissance par l'action du peroxyde de plomb sur l'acide pentalhio-

nique :

4H2S306 -f- 5Pb02 = 5l'b"S*0« + 411^0

Acide Peroxyde Tétrathionate Eau.

pen'.athio- d« de

nique. plomb. plomb.

On peut préparer l'ack e tétrathionique en décomposant les sels de baryum ou de plomb par la quantité strictement nécessaire d'acide sulfurique. D'après Kesster, le sel de plomb est préférable pour cet objet U celui de baryum, parce que, en présence de bases fortes, l'acide est apte il se décomposer en soufre libre et en acide Irithionique, surtout au moment où il devient libre. Il faut, toutefois, décomposer le sel de plomb par l'acide sulfurique. L'acide sulfhydrique ne peut convenir à cet usage, parce que, dans ce dernier cas, l'acide tétrathioniqi e se transformerait en partie, ou peut-être même intégralement, en acide pentathionique sous l'influence du sulfure de plomb résuhant de la réaction elle-même.

L'acide tétrathionique est un liquide trèsacide, incolore, inodore, dont la stabilité est à peu prés égale à celle de l'acide dithioni-

3ue. On peut faire bouillir ses solutions étenues sans qu'elles se décomposent ; mais ses solutions concentrées se dédoublent par l'action delà chaleur en aede sulfurique, anhydride sulfureux et soufra. A froid, les acides chlorhydrique ou sulfurque étendu ne le décomposent pas ; mais une solution modérément étendue, chauffée avec de l'acide chlorhydrique, donne lieu k un dégagement d'acide sulfhydrique. Chauffé avec de l'acide azotique, il dégage des fumées rouges et laisse déposer du soufrs. Le chlore le convertit en acide sulfuriqco.

Toutes ces réactions, et surtout la possibilité pour l'acide tétrathionique de se dédoubler dans certaines circonstances en acide trithionique et en soufre, et de se dédoubler, dans d'autres circonstances, en acide sulfurique, en anhydride sulfureux et en soufre, sont celles qui nous on-, fait adopter la formule donnée plus haut.

Les tètrathionates M'2S*OB et M"à>>08 sont tous facilement solubles dans l'eau et insolubles dans l'alcool, jui les précipite même de leurs solutions aqueuses. Ils prennent naissance soit lorsqu'on sature l'acide avec les bases, soit par double décomposition au moyen du sel de plomb. Toutefois, les solutions ne peuvent généralement pas être évaporées sans éprouver une décomposition ; les tètrathionates des bases fortes se convertissent en effet, par l'évaporation, en sels d'acides moins sulfurés de la même série, tels que le dithionate et le trithionate. Les tétrauiionates, d'autre par;, qui renferment des bases facilement réductibles, se dédoublent, dans les mêmes condit ons, en sulfates et en sulfures.

L'acide tétrathioniqte et ses sels déterminent, dans la dissolution des sels cuivriques, un précipité qui ost brun après une longue ébullition; avec l'azotate mercureux, il donne un précipité jaune qui noircit lentement par l'ébullition; avec le chlorure mercurique, il fait naître un précipité jaune qui consiste en un composé de chlorure et de sulfure de mercure mêlé de soufre libre ; avec le cyanure de mercure ajouté petit à petit, il donne un précipité jaune qui noircit, quoique lentement, même à froid, et qui noircit immédiatement par l'ébullition.

Avec l'azotate d'argent, il se forme un précipité jaune qui noircit rapidement.

Lorsqu'on sature à froid l'acide tétrathionique par l'ammoniaque, il se forme une solution qui n'est altérée ni par l'azotate d'argent ammoniacal, ni par le cyanure de mercure, ni par l'aci le sulfhydrique. Cette dernière réaction pernie'; de distinguer l'acide tétrathionique de l'acide pentathionique. On le dislingue encore de ce dernier acide parce que le peroxyde de plomb est sans action sur lui; enfin, on disttnguj l'acide tétrathionique de tous les autres acides de la même série par la réaction que le monosulfuré de potassium exerce sur le téirathionaie potassique. Cette réaction cousis .e à convertir le tétrathionate en hyposulfte de potassium avec •séparation de soufre :

Tétrathio-

Sulfure

Hyposulflte Soufre

nate

potassi-

de libre.

potassique.

que.

potassium.

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Le tétrathionate de baryum Ba":s*06,?H20 peut être préparé comme nous l'avons dit plus haut. Il forme, suivant KesslsT, de grosses tables que l'on obtient en mélangeant sa so'ution avec une quantité équivalente d'acétate de baryum et en ajoutant de l'alcool absolu à la liqueur.

Le tétrathionate de cadmium s'obtient par double décomposition. Sa solution évnporée dans le vide l'abandonne sous la forme d'une masse très-déliquescente.

— Tétralfiionatts de cuivre. Le sel cuivrique n'a point été obtenu à l'état solide; en effet, lorsqu'on cherche à évnporer sa solution, même dans le vide, elle laisse déposer une grande quantité d'ecailles brunes et brillantes, tandis qu'il reste en solution du sulfate cuprique et de l'acide sulfurique libre.

Le sel cuivreux résulte de l'action de l'hyposullite de baryum sur le sulfure de cuivre; sa -formule est S40sCu'2. Il se décompose facilement, même à la température ordinaire, et plus rapidement encore lorsqu'on le chauffe, en sulfure île cuivre et en anhydride sulfurique :

SiOBCu'2 = 2Cu"S -f- 2SO»

Téirathio- Sulfure Anhytiate cui- dride

cuivreux. vrique. sulfurique.

— Télratliionate de fer (ferreux) Ke"SJ06. Ce sel se produit par )'acti»n d'un sel ferriqne sur l'hyposulfite de fer. Par l'évaporation, il se résout en sulfate ferreux, anhydride sulfureux et soufre.

Le tétrathionate de plomb Pb"S*06, 211*0 ne cristallise pas par l'évaporation, mais se sépare en aiguilles brillantes lorsqu'on ajoute de l'alcool au mélange de solutions concentrées d'acétate de plomb et d'acide tétrathionique.

Le tétrathionate de nickel se sépare sous la forme d'une niasse déliquescente lorsqu'on évapore ses solutions dans le vide.

Le tétrathionate de potassium K*S*0B se prépare par une addition graduelle d'iode à une solution concentrée d'hyposulfite potassique, jusqu'à ce que la coloration brune produite par l'iode soit devenue permanente. Le tétrathionate se sépare alors complètement. On le redissout dans l'eau chaude, on filtre la solution pour en séparer le soufre et on y ajoute de l'alcool jusqu'à ce que le précipité formé par les dernières additions de ce liquide ne se dissolve plus que difficilement par l'agitation. Par le refroidissement, la tétrathionate de potassium se sépare en gros cristaux. Quand on ajoute de l'acide tétrathionique libre à une solution concentrée d'acétate de potassium, le même sel se forme ; mais il se sépare sous la forme d'une masse pulvérulente; il est alors plus stable que quand il est en gros cristaux.

— Tétrathionate de sodium. On le prépare comme le sel de potassium; mais il exige une plus forte proportion d'alcool pour se précipiter de sa solution aqueuse. Doucement chauffé, il fond dans son eau de crist:i Mention en même temps qu'il se dépose du soufre et qu'il se dégage de l'anhydride sulfureux.

Le tétrathionate de strontium

Sl"S*06,6H20 peut être obtenu comme le sel do baryum ; mais il est moins complètement précipité par l'alcool. Par l'évaporation spontanée de sa solution, il donne des prismes et se décompose en grande partie en S,iiOs et S04St".

— Composes pentathioniques. Acide pentathionique S5H206. L'acide pentathionique faisant suite aux autres acides de la série thionique, dont il se rapproche par ses propriétés, l'analogie nous pousse à le représenter par la formule rationnelle

S*0 SOï

OH

OH

qui en fait un acide condensé analogue à l'acide disulfurique, où l'un des deux sulfuryles est remplacé par le radical d'un acide hyposulfureux bisulfure inconnu S40 ; cet acule prend naissance par l'action réciproque de l'acide sulfhydrique et de lucide sulfureux t »■

5I12S03 -f 5H2S = H2SB08 + 911*0 + S» Acide Acide Acide Eau. Sou-

suifureux. eulfhy- pentalhio- fre.

drique. nique,

Pour préparer ce corps, Wackenroder dirige un courant d'acide sulfhydrique en excès à travers une solution aqueuse Saturée d'acide sulfureux, filtre, fait Oigérer sur des morceaux de cuivre décapé le liquide laiteux qui passe à la fîltrai.inn, filtre de nouveau, précipite le cuivre dissous au moyen de l'acide sulfhydrique, chasse l'exi-ès de ce dernier acide par une douce chaleur et filtre une troisième fois. La solution ainsi obtenue est incolore et sans odeur; on peut la concentrer sans qu'elle se décompose, jusqu'à ce qu'elle atteigne une densité de 1,37.

Kessler conseille de faire passer à travers de l'eau des courants alternatifs de gaz sulfureux et de gaz sulfhydrique, jusqu'à ce que le soufre précipité forme un épais magma au fond du vase; il fait alors digérer le liquide filtré avec du carbonate de baryum récemment précipité, pour éliminer l'acide sulfurique ; il filtre et il concentre la liqueur filtrée

SOUF

SOUH

SOUH

SOUI

au bain-marie, jusqu'à ce qu'elle ait atteint une densité de 1, 25-1, 3. Le liquide acide ainsi obtenu peut être porté, par une évaporation dans le vide, à une densité de 1,6 à 22<>.

D'après Rissler-Bonnet, l'acide pentathionique se produit au^si par la réaction du zinc sur l'acide sulfureux; le zinc se dissout dans l'acide avec dégagement d'hydrogène, et cet hydrogène, au moment où il devient libre, décompose une partie de l'acide sulfureux en eau et acide sulfhydrique. A"son tour, l'acide sulfhydrique ainsi formé réagit sur l'acide sulfureux encore inattaqué et le convertit en acide pentathionique.

La solution, en effet, présente les caractères de l'acide pentathionique aussi longtemps qu'elle renferme de 1 acide sulfureux libre ; mais, quand elle ne renferme plus d'acide sulfureux, l'acide pentathionique se résout à son tour en acides sulfurique et hyposulfureux et en soufre.

L'acide pentathionique est incolore et inodore ; il aune saveur acide légèrement amêre. On peut le conserver à l'air sans qu'il s'altère. Quand on cherche, toutefois, a le concentrer par la chaleur au-dessus de la densité de 1,36, il se décompose: de l'acide sulfhydrique, puis de l'anhydride sulfureux se dégagent, et il reste en dissolution de l'acide sulfurique, tandis que du soufre se dépose.

L'acide sulfhydrique, les acides chlorhydrique et sulfurique étendus ne le décomposent pas. Ce dernier acide le décompose au contraire s'il est concentré.

L'acide azotique, l'acide hypochloreux et le chlore l'oxydent et le convertissent en acide sulfurique.

Le cuivre métallique et le fer le décomposent aussi à la température de l'ébullition, le premier avec dégagement d'acide sulfhydrique et d'anhydride sulfureux. Une solution modérément concentrée d'acide pentathionique donne une faible odeur sulfureuse lorsqu'on la fait bouillir, mais ne dégage pas de gaz sulfureux, a moins qu'elle ne soit trèsconcentrée. Quand on la fait bouillir avec de l'acide chlorbydrique, l'odeur de l'acide sulfhydrique devient perceptible. Bouilli avec de tapotasse caustique, il donne de l'hyposultite, du sulfate et du mouosulfure de potassium.

Les réactions de l'acide tétrathioniqueavec le sulfate cuprique, l'azotate mercureux, le chlorure et le cyanure inercurique et l'azotate d'argent si>nt les mêmes que celles de l'acide tétrathionique. Avec le nitrate d'argent ammoniacal, cependant, la réaction est différente.

Lorsqu'on mélange rapidement une solution d'acide pentathionique avec -un excès d'ammoniaque, l'addition a cette liqueur d'une solution également ammoniacale d'azotate d'argent produit une coloration brune qui se fonce peu à peu, et du sulfure d'argent se sépare du liquide. D'après Rissler-Bounet, il se produirait d'abord et immédiatement un précipité noir. Une solution ammoniacale de chlorure mercurique ajoutée au même liquide y fait naître un précipité noir de sulfure de mercure, et, par l'addition de l'acide sulfhydrique, il se sépare du soufre. Une solution fraîchement préparée d'acide pentathionique mêlée avec la potasse décolore une solution d'indigo.

Les pentathionates ont été peu examinés. Ils sont très-instables, d'autant plus qu'il est fort difficile de les préparer à l'état solide. En fait, le cinquième atome de soufre de l'acide paraît être retenu par une tresfaible affinité, et, surtout en présence des bases fortes, hi la solution est concentrée, il se sépare, l'acide pentathionique se trouvant ainsi réduit à l'état d'acide tétrathionique dont les sels sont très-stables. Quelquefois 2 atomes de soufre se séparent et il se produit des trithionates. Kessler, en mélangeant avec de l'alcool à 96 pour 100 une solution de pentathionate potassique de 1,37 de densité, a vu se produire un précipité qui, lave à l'alcool et dissous dans l'eau tiède, laissait une grande quantité de soufre insoluble. La liqueur additionnée d'alcool laissait déposer des cristaux de tétrathionate de potassium.

Les pentathionates de baryum et de plomb sont solubles dans l'eau, mais ne peuvent pas être obtenus à l'état solide par l'évaporation même dans le vide, parce qu'ils se décomposent dès que le liquide atteint un certain degré de concentration. Lenoir, toutefois, a obtenu le sel de baryum Ba"S506,HaO en cristaux définis. Pour ies obtenir, il ajoute de l'alcool à la solution fraîche de ce sel. Celuici se sépare alors en abondance sous la forme de prismes soyeux, transparents, qui, au sein du liquide, se convertissent en cristaux plus larges et mieux définis.

Le pentathionate de potassium K2S606 cristallise en prismes monocliniques.

SOUFRÉ, ÉB (sou-fré) part, passé du v.

Soufrer. Enduit de soufre : Allumettes SOU- FRÉES. Chemise soufrée.

— Traité par le soufre : Laines soufrées.

VlW SOUFRÉ.

— Techn. Mèches soufrées, Bandes de toile ou de coton avec lesquelles on soufre les vins.

— Hist. nat. Qui a la couleur du soufre.

— s. m. Entom. Nom vulgaire d'un papillon du genre coliade. Il On l'appelle aussi

80UFRB.

— s. f. Entom. Soufrée à queue, Nom vulgaire de la phalène du sureau.

SOUFRER v. a. ou tr. (sou-fré — rad. soufre), Enduire de soufre : Soufrer des allumettes.

— Exposer aux vapeurs du soufre en combustion : Soufrer des laines, des soies.

— Soufrer du vin , L'imprégner d'acide sulfureux, ou brûler dans le tonneau une mèche soufrée.

— Agric. Traiter par le soufre en poudre : Soufrer des vignes attaquées de l'oïdium.

SODFREUR, EUSE s. (sou-freur, eu-ze — rad. soufrer). Personne qui soufre, qui est chargée de soufrer : Des soufreuses de vigne. Il Ouvrier, ouvrière qui prépare le soufre dans certaines usines.

— Palhol. Ophthalmie des soufreurs, Ophthalmie a laquelle sont exposées les personnes qui manipulent le soufre eh poudre.

SOUFRIÈRE s. f. (sou-fri-è-re — rad. soufre). Endroit où l'on recueille du soufre.

— Techn. Dans les fabriques d'allumettes, Boite où l'on met le soufre.

SOUFRIÈRE (la), plateau situé à 1,557 mètres au-dessus du niveau de la mer, au centre de l'île de la Guadeloupe. Le piton central est encore à l'état de volcan en activité.

SOUFROIR s. ra. (sou-froir — rad. soufrer). Tecbn. Etuve où l'on blanchit la soie, la laine par la vapeur du soufre.

SOUFRUTESCENT, ENTE adj. V. SOUS- FRUTESCENT.

SOUGAR s. m. (sou-gar). Mamm. Syn. de

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