‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 14Chapitre 574 sur 1059 · V. SOUILLE · texte numérisé non relu

V. SOUILLE

SOBILLAC, ville de France (Lot), ch.-l. de cant., arrond. et à 23 kilom. N.-E. de Gourdon, clans une riche plaine, sur la rive droite de la Dordogne ; pop. aggl., 2,369 hab. — pop. tôt., 3,115 hab. Tribunal de commerce, justice de paix ; cardage de laine, tanneries, teintureries, forges; commerce de truffes. Cette petite ville est généralement bien bâtie; on y remarque un joli pont de sept arches sur la Dordogne, une église du xie siècle, du Style byzantin, -et quelques vestiges d'anciennes fortifications.

SOU1LLARD s. m. (sou-llar; Il mil. — rad. souiller). Constr.Trou percé dans une pierre, pour livrer passage à l'eau ou pour en recevoir la chute. !l Pierre elle-même : Le souillard d'une borne- fontaine. Il Pièce de bois de charpente assemblée sur des pieux, qui fait partie d'un pont, il Petit châssis qu'on scelle dans une écurie, pour contenir les piliers.

— Chasse. V. souille.

SOUILLARDE s. f. (sou-llar-de; H mil. — rad. souiller). Techn. Grand baquet dans lequel le savonnier met les soudes qui ont été lessivées.

— Econ. domest. Dans quelques localités du midi de la Franco, Petit cabinet où on Uve la vaisselle. II Baquet où se fait ce lavage.

SOU1LLARDIÈRE s. f. ( sou-llar-diè-re ). Pêche. Nom donné, sur les côtes de Normandie, à un rouleau de filet que l'on ajuste au pied d'un grand filet, pour lui servir de lest.

SOUILLES, f. (sou-Ile; Il mil. — Quelquesuns tirent ce mot du verbe souiller; mais Diez le fait venir de l'adjectif latin suillus, proprement qui concerne les cochons de sus, cochon). Chasse. Nom donné par les chasseurs aux endroits fangeux que les sangliers habitent de préférence. Il Prendre souille, Se coucher dans l'eau ou dans la fange, en parlant du sanglier, il On dit aussi souillard et souil s. in.

— Mar. Enfoncement qu'un navire échoué forme dans le sable ou dans la vase.

SOUILLE s. f. (sou-Ile; Il mil. — On a fait venir ce mot de sudarium, suaire, linge servant à essuyer la sueur; îmiis la forme ne convient pas. II est plus probable que souille vient de souiller, parce que les taies se salissent rapidement). Nom donné aux taies d'oreiller dans quelques départements.

SOUILLER v. a. ou tr. (sou-llé; Il mil. — L'origine de ce mot est controversée ; deux étymologies sont en présence, avec des titres dont Scheler estime la valeur a peu près égale. Chevallet et d'autres rattachent le mot français au germanique : ancien haut allemand bisutjan, souiller, salir ; gothique sautjan, bisauljan, anglo-saxon sylian, ancien Scandinave sùla, moyen haut allemand besulwen, solgen, vieux flamand soluwen, souiller, tacher; allemand moderne sic/i sullen, se vautrer dans la boue, sudeln, salir. Il est certain que le français souiller pourrait se rapporter à l'allemand sudeln, comme nouille h nudel, ot brouiller à bruieln; mais il n'est pas tout à fait sur que sudeln vienne de la même famille que sutten, et Diefenbach le croit d'une souche différente. Du reste, suWen^gothique sauljan, aurait également pu donner le français souiller. D'un autre côté, plusieurs étymologistes, parmi lesquels Diez, partent du mot latin sucula, diminutif de sus, cochon, d'où le provençal sulha, cochon, sitlhon, cochon de mer. De ce substantif viendraient les verbes : provençal sulhar, français souiller, proprement cochonner, faire malproprement, couvrir de boue). Salir, couvrir ou imprégner d'ordure, tacher; Souiller ses habits de boue. Souiller ses mains de sang.

Ta perruque est à moi, et tu serais trop vain Si ce sa!*! trophée avait souillé ma main.

Boii.eau.

La beauté, fatal aimant,

Est pareille au diamant

SOUI

Que la fange peut mouiller Sans !e souiller.

Ta. de Banville.

— Fig. Déshonorer, rendre impur : souiller sa vie, son honneur, sa réputation. Je ne souillerai pas ma bouche, mes lèvres en répétant ces paroles. (Acad.) Je ne souillerai pas ma plume en répétant de pareilles horreurs. (Acad.) Tout ce gui souille l'âme l'attriste. (Mass.) Il n'y a rien de bon que le mal ne souille et n'altère. (J. de Maistre.) Une seule iniquité suffit pour souiller le cours

. entier de la vie. (De Gérando.) Plus une cause est juste, plus il faut craindre de la souilles en acceptant de coupables secours. (J. Droz.) Que faire de la vie après l'flooir souillée ?

Page 1