‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 14Chapitre 580 sur 1059 · LERET · texte numérisé non relu

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Notre soulier actuel a le dessus composé de deux parties, Yempeigne, ou devant, et le quartier, ou derrière, ce qui enveloppe le talon et qui, parfois très-découvert, ne monte pas plus haut que la cheville du pied ; quand il dépasse cette mesure, la coupe en est différente et le soulier devient un brodequin ou bottine; quand il est sans quartier, c'est-k-dire que le dessus se compose de l'empeigne seule, c'est une sandale: 11 y a plusieurs sortes de souliers, désignés sous des noms différents, suivant leur coupe et selon qu'ils sont plus ou moins montants. Les souliers découverts, qui furent à la mode il y a vingt ans, ne sont plus guère portés aujourd'hui que par les femmes ou les garçonnets ; ils laissent voir le dessus du pied; pour les hommes, ils sont attachés sur le devant par de petites pattes ou oreilles dans lesquelles sont passés et noués de petits rubans ; pour les femmes, ils sont attachés par une agrafe cachée par un nœud ou une cocarde de ruban. Les souliers découverts à boucles avaient des pattes un peu plus larges pour recevoir les boucles, et en général ils étaient un peu plus montants ; c'est encore la chaussure d'une grande partie des membres du clergé. Elle fut en vogue sous Louis XV, Louis XVI, et l'usage en était même conservé, dans la bourgeoisie, sous la Restauration. Les gens bien pensants d'alors portaient les souliers à boucles ; les révolutionnaires et les bonapartistes, que l'on confondait alors volontiers, portaient les bottes à reversoules bottes ordinaires sous le pantalon à la hussarde. Le soulier dit Molière est celui qui fut à la mode sous Louis XIV et que portait le grand comédien, de même que tous les gens de la cour et le roi-soleil lui-même. L'empeigne de ce soulier se termine, par le haut, en forme de petit éventail; le quartier forme derrière une pointe assez large au milieu et il est relié à l'empeigne par une piqûre ou une jointure et par deux pattes ou oreiltes auxquelles on attachait tantôt des nœuds de rubans larges, tantôt des boucles, suivant le goût du jour; de plus, les talons, toujours hauts, étaient enveloppés de peau ou de maroquin rouge, ce qu'on ne fait plus aujourd'hui; cette mode des talons rouges s'était conservée sous Louis XV et même sous Louis XVI, mais seulement parmi les

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petits abbés et les jeunes fashionables, le Jockey-Club du temps; les autres personnes, plus sérieuses et plus sévères, portaient les talons noirs. Enfin , les souliers [ ordinaires ou souliers lacés, qu'on porte aujourd'hui, sont montants, sans oreilles ; l'empeigne est assez basse et jointe ou piquée au quartier qui couvre le cou-de-pied et dans lequel sont percés des œillets de façon à y pouvoir passer un lacet qu'on serre à volonté ; les souliers à boutons ont la même forme, seulement ils n'ont point d'oeillets, et une patte, jointe à l'un des côtés du quartier, garnie de boutonnières, se rabat sur l'autre où sont disposés des boutons en regard de ces boutonnières. Ces souliers ne se font plus aujourd'hui; les boutons sont remplacés par des élastiques.

Mais ce n'est pas seulement leur forme qui fait appliquer le nom de soulier à ces diverses sortes de chaussures, c'est aussi la façon que leur donne l'ouvrier. Cette façon divise le travail du cordonnier en trois catégories : l'escarpin, le chausson et le soutier, quelle que soit d'ailleurs la forme donnée à la chaussure ; c'est ainsi qu'on dit d'une bottine ou d'une botte qu'elle est faite en escarpin ou en soutier, selon la façon qu'elle a reçue. Nous avons dit au mot escarpin et chausson ce qui constitue le travail de ces sortes de chaussures. Nous ne parlerons ici que de celui qui s'applique au soulier proprement dit et qui se divise lui-même en trois espèces : soulier ordinaire, soulier à double couture, soulier à double semelle.

Le soulier ordinaire et le soulier à double semelle sont placés sur la forme; on les coud à une première semelle en cuir de vache mince et en bordant la couture avec bande de même cuir, étroite et très-mince, nommée trépointe, qui soutient le point et sert à coudre la semelle proprement dite; on applique celle-ci sur la première après avoir collé sur celle-ci des morceaux de peau de façon à l'égaliser et à effacer les bourrelets produits par la couture, puis on coud la semelle aasoulier, mais en prenant le point dans la trépointe seulement; celle-ci n'entoure pas le talon, aussi n'y coud-on pas d'abord la semelle; on y coud simplement la trépointe avec un fil plus fort et en laissant ce point apparent, et c est dans ce point qu'on passe un nouveau fil lorsqu'on coud le talon, ce qu'on ne fait qu'après avoir préparé et assemblé plusieurs morceaux de cuir coupés en rond qu'on appelle sous-bouts; le dernier morceau de cuir de bœuf battu, dur et fort, qu'on fixe sur ceux-ci a l'aide de pointes ou de chevilles de fer, se nomme bonbout. Pour le soutier ordinaire, quand ce travail est fait, il n'y a plus qu'à le façonner; pour le soulier à double semelle, on le fait de la même façon, et il ne diffère du premier que parce qu'on y coud ou cloue une seconde ou troisième semelle qui s'arrête à la cambrure.

Le soulier à double couture est cousu sans trépointe, c'est-à-dire que les points en sont partout apparents; c'est dans ces points que l'on passe le fil qui joint le soulier et la première semelle à la semelle ; puis, après cette seconde couture, on en fait une troisième qui traverse les deux semelles.

On a donné le nom de soulier corioclave à un soulier non cousu, mais cloué, dont l'invention est due à un industriel américain qui a pris, en 1810, un brevet d'importation en vue d'introduire en France son genre de découverte. Son essai n'ayant pas réussi, un mécanicien français établi k Londres entreprit d'en fabriquer à l'usage des troupes anglaises. | En 1815, l'ingénieur Brunnel proposa au ministère français d'imiter ce qui se passait en Angleterre , mais son projet fut repoussé , « parce qu'en l'adoptant on aurait fait tort aux ouvriers. » Aujourd'hui ces sortes de souliers obtiennent dans le civil un grand succès, au moins ceux qui sont à vis, car ceux qui sont cloués sans être vissés ne sont pas solides. On a imaginé de petites machines dans le genre des machines à coudre, au moyen desquelles les ouvriers fixent, à l'aide de vis, la semelle et le talon sur l'empeigne et sur le quartier avec une vitesse prodigieuse. Ces souliers ne se déclouent jamais ; pourvu qu'ils jouissent des autres conditions, la bonté du cuir et le reste, ils réalisent à l'usage l'idéal de la perfection,

SOULIER (Pierre), controversiste français, né dans le diocèse de Viviers vers 1640, mort a la fin du XVIIe siècle.- Il entra dans les ordres, prit une part active aux conférences organisées en Sorbonne pour la conversion des protestants, puis fut chargé de missions dans le Limousin. Investi d'une cure dans le diocèse de Sarlat, il fut nommé par son évêque syndic des affaires concernant les temples des réformés du Rouergue et des provinces voisines. Les principaux ouvrages de Soulier sont : Abrégé des édits de Louis XIV touchant la religion prétendue réformée (Paris, 1681, in-12); Histoire des édits de pacification (Paris, 16S2, in-12); Explication de l'édit de Nantes (Paris, 1683, in-s°); Histoire du calvinisme (Paris, 1686, in-4°).

SOULIère s. f. (sou-liè-re). Techn. Barre de 1er aplatie en verge carrée.

SOULIGNEMENT s. m. (sou-li-gne-man ; gn mil. — rad. souligner). Action de souligner.

SOULIGNER v. a. ou tr. (sou-li-ffne; gn

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mil. — de sous et de ligne). Tirer une ligne sous : Souligner un mot, une phrase.

— Fig. Accentuer pour attirer l'attention : Cet atteur souligne toutes ses phrases. C'était un beau parleur, qui soulignait ses sourires et guillemetait ses gestes. (V. Hugo.)

SOULIGNEUR, EUSE s. (sou-li-gneur, euze ; gn mil. — rad. souligner). Personne qui souligne tout, qui met à tout des intentions, qui cherche k faire valoir tout ce qu'elle dit ou tout ce qu'on dit devant elle.

- SOULIGNEUX, EUSE adj. (sou-li-gneu, euze; gn mil.). Bot. V. sous-ligneux.

SOULIK s. m. (sou-Iik). Mamm. Petite marmotte du Canada.

SOUL1LI s. m. (sou-li-li). Mamm. Espèce du genre guenon ou cercopithèque.

SOULIMA et SOULIMANA, petit Etat nègre de l'Afrique occidentale, près de la côte de Sierra-Leone ; il s'étend il E. jusqu'aux montagnes où le Kouara. ou Niger prend sa source, au S. jusqu'au Kouranko, et confine au N. au Fouta-Dialon. Capitale, Falaba. Ce royaume, un des plus policés-de la Nigritie, renferme de gras pâturages et surtout des chevaux estimés ; 1 agriculture y est assez soignée et les habitants, grands et fortement constitués, font quelque trafic avec les Mandingues et les Sangaras.

SOOX1NA, nom d'une des principales branches par lesquelles le Danube se jette dans la mer Noire. La bouche de Soulina, entre celle de Kilia au N. et celle de Saiut-Georgês au S., se sépare de cette dernière à 5 kilom. E. de la petite ville de Tuldscha, et coule à travers les terrains marécageux du delta du Danube jusqu'à la mer Noire, sur un parcours tortueux de 75 kilom. Quoique la profondeur du fleuve, à l'endroit de la barre, ue soit que de 4 à 5 mètres, la bouche de Soulina est la plus considérable «t la plus sûre des trois; néanmoins la navigation y est difficile, parce que le drainage de ce bras est fait d'une manière incomplète, malgré le traité de Paris(1856), qui a constitué une commission internationale pour surveiller la navigation du bas Llanube.

SOULIOTE s. m. (sou-li-o-te). Géogr. Habitant de Soiili, qui appartient à Souli ou a ses habitants : Les Souliotes. La population

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