‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 14Chapitre 59 sur 1059 · DÉRIVÉS ALCOOLIQUES DE LA SALIGÉNINE · texte numérisé non relu

DÉRIVÉS ALCOOLIQUES DE LA SALIGÉNINE

Ici devraient se placer la salieine ou glucoside saligénique et la populine, qui est un glucoside mixte, à la fois saligénique et benzoïque. Mais ces corps sont étudiés aux mots salicine et populine. V. ces mots.

SAL1GNAC, village de France (Basses-Alpes), arrond, de Sisteron, canton et à 5 kilom. N.-O. de Volonne. On y remarque une curieuse inscription latine gravée sur un rocher désigné dans le pays sous le nom de Peira escricho (la Pierre écrite J. (Jette inscription, qui passe pour la dernière trace laissée pur les Romains, car elle précéda de très-peu d'années l'invasion des barbares, est due à Dardanus, alors gouverneur de la province, sous le règne d Honorius (409 après J.-C). Elle consacre l'établissement et l'ouverture de la pre- ■ mière grande route viable et accessible aux voitures à travers les montagnes de cette partie de la Gaule.

SALIGNAC, bourg de Fronce (Dordogne), eh.-l. de cant., arrond. et à 17 kilom. N. de Sarlat; pop. aggl., 567 hab. — pop. tôt., 1,253 habl Mine (ie charbon de terre, lignite terreux et cendres sulfuriques végétatives; source saline. Château de Salignac, construit au xiie siècle et berceau de la famille de Fénelon.

SALIGNAC ou SALAGNAC, maison du Périgord, d'où sont sortis les seigneurs de La Motte-Fèuelon et de Magnac, et qui a produit plusieurs hommes remarquables. V. FÉ-

NELON.

SALIGNAC (Jean de), en latin Sallnieus ou Saliguaius, théologien protestant français, né dans le Pél'igord. 11 vivait au xvi« siècle. Scaliger l'appelle Theotogus non minus linguarum peritus quant théologies, atque in omnibus maxime versatus. Disciple de Vatable, Salignac suivit d'abord l'exemple timide de son maître, qui professait les doctrines réformées, en secret, n'osant pas se déclarer ouvertement protestant. François 1er le choisit pour un des arbitres de la dispute qui eut lieu en 1543 entre Ramus et Govea. Calvin l'exhorta vivement à rompre entin avec l'Eglise romaine, dont ses opinions l'éloignaient depuis longtemps', mais Salignac résitait toujours; entin il se décida et se rit admettre parmi les adhérents k la Réforme, On connaît de lui une Réponse à Calvin, insérée dans les lettres du réformateur. On le regarde comme l'auteur d'un livre intitulé : Sophonix propketia latine versa et interprelata, reste manuscrit.

SALI GNON s. m. (sa-li-gnon; gn mil. — rad. lat. sat , sel). Pain de sel extrait des eaux d'une fontaine salée : On rnjst des salignons dons les colombiers pour attirer les pigeons. (Acad.)

SA.LIGOT s. m. (sa-li-go). Bot. Nom vulgaire de la m acre ou coruuulle. Il Saligot terrestre, Nom vulgaire du tribule terrestre.

SALIMBENI (Arcangelo), peintre italien, né à Sienne, mort vers 1563. 11 étudia son art dans sa ville natale, puisse rendit à Rome, où il se lia intimement avec Zuccaro. De retour à Sienne, Salimbeni exécuta des tar

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bleaux. dans lesquels on remarque un dessin correct, et du goût. Il ouvrit alors une école ou se formèrent plusieurs artistes distingués. On trouve dans sa ville natale ses principaux ouvrages, parmi lesquels nous citerons : un Martyre de saint Pierre, à l'église Saint-Dominique; une Nativité, au couvent del Carminé, et une fresque au-dessus de la porte de Saint-Nicolas, la Vierge filtre deux saints. Il a également peint à Lucques plusieurs plafonds du palais Andreozzi, et l'église do Lusignan possède de lui un Christ entouré de saints, qui rappelle la manière du Pérugin.

SALIMBENI (Ventura), dit le cavalier Be-

vllucqua, peintre italien, fils du précédent, né à Sienne en 1557, mort en 1613. Il travailla avec son frère utérin Francesco Vanni, puis il parcourut la Lombardie pour y étudier le faire du Corrége et se rendit à Rome, où il exécuta, du temps de Sixte-Quint, plusieurs fresques également remarquables par la correction du dessin, la grâce des figures et l'entente du clair-obscur. Salimbeni paraissait destiné à devenir un des plus grands peintres de l'Italie; mais son goût pour les plaisirs l'empêcha de s'adonner entièrement à son art. Il parcourut presque toute l'Italie, en laissant sur son passage un grand nombre d'oeuvres. Le cardinal Bevilacqua, qui le prit en vive amitié, le fit nommer chevalier de l'Eperon d'or et l'autorisa à porter son nom. Parmi ses nombreux ouvrages, qui rappellent la manière de Baroohe et où il joint la grâce des figures à la morbidesse du coloris, nous citerons : les fresques de l'église San ta - Trinita, de l'oratoire Saint-Bernardin, de l'église de San-Quirico-et-Giulietta, et de la cathédrale, dans sa ville natale. A Florence, on remarque les fresques du cloître de l'Annunziata et du cloître des Servîtes; à Rome, des peintures à Sainte-Marie-Majeure, dans la salle de la bibliothèque du Vatican ; un Abraham adorant les anges, dans l'église de Jésus ; k Pérouse, un Saint Georges, dans l'église Saint-Pierre. On voit à Gènes plusieurs de ses compositions. Le musée de Nantes a de lui un Portrait de jeune ecclésiastique romain.

SALIMBENI (Simondio), peintre italien, fils du précédent, né en 159", mort en 1043. On ne connaît aucune des particularités de son existence et nous nous bornerons à citer son œuvre principale, quatre fresques exécutées dans l'église Saint-Rochde Sienne : Descente du Saint- Ji'sprit, Mort de la Vierge, la Sainte Famille, Jésus et les docteurs. A Saint-Pierre de la même ville, on voit de lui un excellent tableau, la Mort de saint Joseph.

SALIN, 1NE adj. (sa-rain, i-ne — du lat. sal, sel). Qui contient du sel; qui est de la nature du sel; qui est propre au sel : Eau saline. Corps SALINS, Concrétion s ALINE. Goût

SALIN

— Miner. Marbre salin, Marbre qui présente une texture grenue homogène.

— s. m. Lieu où l'on recueille le sel : Les $alins de Peccais.

— Ane. jurispr. Cour de salin, Juridiction qui fut établie à La Rochelle vers l'an 1635, pour connaître des différends qui s'élevaient à l'occasion de la possession des salines.

— Ane. chim. Produit brut qu'on obtient en faisant évaporer jusqu'à siccité la lessive de cendres végétales : La bruyère, le buis, le genévrier, la vigne, etc., fournissent beaucoup de salin. La potasse est le salin calciné. (Acad.)

— Comm. Baquet dans lequel on met le sel destiné à la vente en détail. Il Salin de potasse, Produit qu'on extrait, par incinération, des vinasses qui restent dans les appareils où l'on a distillé des mélasses.

— Techn, Nom donné aux alcalis fixes employés à produire la fusion des sables, dans les verreries.

— Ichthyol. Poisson du genre spare, qui vit dans les mers d'Europe et d'Amérique et remonte les fleuves.

■ — s. f. Viande salée ; poisson salé : La saline ne vaut rien aux graveleux, aux goutteux. (Acad.) il Se dit surtout du poisson.

— Lieu où l'on fabrique le sel en évaporant l'eau salée : La saline de Peccais. La saline de Salins. Les salines du Midi, il Mine de sel gemme.

— Ane. administr. Pays des salines, Partie de la France approvisionnée par les salines de l'Etat.

SALIN (Alphonse), vaudevilliste, né vers 1800. Il obtint un emploi dans les bureaux de la chancellerie, qu'il quitta en 1830 pour entrer à l'Hôtel des monnaies de Paris, où il fut nommé contrôleur en chef du monnayage (1857). M. Salin s'est fait connaître par un assez grand nombre de vaudevilles, la plupart en collaboration avec Capier et Berruyer, et qui ont paru, soit sous son nom, soit sous les ' anagrammes Nilus et Aslin. Nous citerons, entre autres : le Salon dans la mansarde (1839); Une nièce d'Amérique (1839); Un cœur et 30,000 livres de rente (1839); les Mousquetaires (1841); la Alièce du pasteur (1841); Dodore en pénitence (1841), etc.

SAL1NA, la Didyma des anciens, Ile du royaume d'Italie, compris* dans le groupe des Iles Lipari, au N.-O. de celle qui donne son nom à tout le groupe, longue de S kilom.,

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large de 6. Sol montagneux et volcanique. Récolte de fruits, huile et vin ; exploitation de sel sur les côtes, principalement dans la lagune qui forme la côte S.-E. ; 4,000 hab.

SAUNA, ville des Etats-Unis d'Amérique, dans l'Etat de New-York, k 57 kilom. S.-E. d'Osvrego; 12,000 hab. Exploitation importante de sources salées ; nombreuses manufactures.

SALINjG, nom latin de Castellanb, de Salins et de Thorda.

salinage s. m. (sa-li-na-je — rad. saliner). Etat de l'eau salée qui n'est pas suffisamment concentrée pour que le sel se dépose. Il Opération consistant à pousser la concentration de l'eau des sources salées au point convenable pour que le sel se dépose : Chaudière de salinage. Le saunage succède au schlotage.

SAL1NAS, bourg d'Espagne, province de Guipuzcoa, à 15 kilom. N.-E. de Vittoria, sur la Deba; 1,082 hab. Près de ce bourg est un défilé où un convoi de Français malades et blessés fut massacré par les Espagnols en

SALI N'AS (Francisco ne), musicien espagnol, né à Burgos en 1512, mort k Salamanque en 1590. Atteint de cécité dès l'âge de dix ans, il prit pour se désennuyer des leçons de musique et d'orgue et entra dans la maison de l'archevêque de Compostelle, qui l'emmena avec lui à Rome en 1538. Après un séjour de vingt-trois ans dans cette capitale des arts, il revint à Salamanque professer la musique. Le duc d'Albe, vice-roi de Naplcs, lui lit donner l'abbaye de Saint-Pnncrace, dont les revenus étaient considérables. Salinas, regardé comme le premier organiste de son temps, n'était pas seulement un savant musicien, jouant de plusieurs instruments, chantant avec beaucoup d'art; il était encore trèsversé dans les mathématiques, connaissait le latin et le grec et cultivait la poésie. Il eut des relations affectueuses avec Paul IV, le cardinal de Granvellc, le savant augustin Louis de Léon, etc. 11 avait écrit sur la musique plusieurs traités, dont il composa un ouvrage, longtemps estimé, ayant pour titre De musica libri VII ( Salamanque , 1577 , in-fol.).

SAUNAS Y COHDOVA (Bonaventure de), historien péruvien, né à Lima vers la lin du xvie siècle, mort en 1C53. Entré chez les franciscains, il devint vicaire général de son ordre dans plusieurs provinces de la Nouvelle-' Espagne, aux Philippines et aux îles du Japon. On lui doit : Mémorial de las historias del nûevo mundo del Peru (Lima, 1630, in-4<> ; Madrid, seconde édition, 1639, in-4°) ; un recueil manuscrit des relations de ses missions dans les mers de Chine; un Cours complet de philosophie, qui ne paraît pas avoir été publié, etc. — Son frère, Diego de Saunas y Cordova, entra comme lui chez les franciscains et devint historiographe de son ordre. Il a publié une Vie de François Solano (Lima, 1630) et Epitome de la hisioria de la provincia de los Ùoce-Apostoles (Lima, 1651, in-fol.).

SALINATOR (Livius), consul romain. V.

Livius.

SALINE s. f. (sa-li-ne). V. salin.

— EnCyCl. V. SEL et MARAIS SALANTS,

SALINE, bourg du royaume d'Italie, province de ia Capitanate, district de Foggia, mandement de Trinitapoli; 3,250 hab..

SALINE, rivière des Etats-Unis d'Améririque, dans le territoire de Nebraska, au S.-E., affluent de la Plata; cours de 280 kilom.

SALINE, rivière des Etats-Unis, dans le Kansas. Elle prend sa source dans la partie méridionale du territoire de Nebraska et Se jette dans le Republican-Fork, après un cours de 450 kilom.

SAL1NEB v. n. ou intr. (sa-li-né — du lat. sal, sel). Procéder à l'opération du salinage. Il Prendre le degré de concentration nécessaire pour que le sel se dépose : L'eau commence à saliner.

SALINIER s. m. (sa-li-nié — rad. salin). Fabricant ou marchand de sel, dans les départements du Midi.

— Celui qui extrait l'alcali des soudes.

SALI .M S (Louis-Antoine de), prélat français, né àMorlaas (Basses-Pyrénées) en 1798, mort à Auch en 1861. En sortant du collège d'Aix, il fut envoyé au séminaire de Saint- Sulpice, à Paris, où il reçut la prêtrise en 1822. Nommé peu après aumônier au collège Henri IV, il prit part, en 1824, à la fondation du Mémorial catholique et de la Société catholique des bons livres, puis, en 1828, à celle de l'association pour la défense de la religion catholique. Cette même année, il acheta avec l'abbé de Seorbiac le collège de Juilly, dont il devint l'aumônier. Très-attaché à cette époque à l'abbé de Lamennais, dont il était, avec l'abbé Gerbet et Lacordaire, un des pius fervents disciples, il écrivit dans le Correspondant, mais se sépara de son illustre maître lorsque celui-ci rompit avec Rome. Au retour d'un voyage qu il fit en Italie en 1840, l'abbé de Saliuis fut nommé grand vicaire de M. Donnet, archevêque de Bordeaux, et professa en même temps l'Ecriture sainte à la Faculté de théologie de

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cette ville. En 1849, il devint évêque d'Amiens, assista à Rome à la proclamation du dogme de l'immaculée conception en 1554, et fit porter de cette ville à Amiens le corps de sainte Theudosie. Appelé k l'archevêché d'Auch en 1856, il institua dans cette ville des comités historiques et archéologiques au musée diocésain, etc. M. de Salinis passait pour un des prélats ies plus distingués de l'épiscopat français. Il a publié divers écrits, doDt le plus connu est son Précis de l'kistoire de la philosophie (Paris, 1834, 1 vol. in-8°), qui a eu un grand nombre d'éditions et fut composé pour l'usage des petits séminaires et des établissements d'instruction publique dirigés par le clergé. Nous citerons également de lui : Mandements, instructions pastorales et discours divers (1856, in-8°) et la Divinité de l'Eglise (1865, 4 vol. in 8°).

SALINITÉ s. f. (sa-li-ni-té — rad. salin). Chim. Qualité de ce qui est salin.

SALINOMÈTRE s. m. (sa-li-no-mè-tre — de saline, et du gr.' metron, mesure). Physiq. Instrument à l'aide duquel on détermine la quantité proportionnelle de sel en dissolution dans l'eau.

— Encycl. Le salinomètra est d'une application indispensable pour les chaudières de marine, auxquelles il évite de graves inconvénients en permettant d'opérer l'exhaustion aux instants voulus. Le salinomèire consiste en deux petits vases cylindriques logés l'un dans l'autre ; dans le vase intérieur est placé un pèse-sel constamment plongé dans l'eau qui vient de la chaudière par un petit tube; 1 excédant continuel de cette eau se déverse d'abord dans le vase extérieur et s'écoule ensuite dans la cale par un autre tube placé au fond de ce dernier récipient. On a ainsi une indication permanente du degré de saturation de l'eau des chaudières, mais à la condition d'essuyer souvent le pèse-sel pour empêcher que les dépôts calcaires ne changent sa densité. Parmi les salinomètres les plus employés par toutes les marines, on remarque ceux de MM. Cave, llol et Picot.

SALINS, en latin Salinœ, ville de Fronce (Jura), ch.-l. de cant., arrond. et à 14 kilom. N.-E. de Poligny, sur la Furieuse ; pop. aggl., 5,193 hab. — pop. tôt., 6,045 hab. Place de guerre de 4e classe. Collège communal, bibliothèque publique, tribunal de commerce. Fabrication de sulfate de soude, usines à fer, tanneries, fromageries. Commerce de bois de sapin pour la marine, vins rouges et vins blancs très-estiinés, miel, cire, grains, bestiaux, chevaux, instruments aratoires.

Cette ville est située dans une gorge étroite, entre deux montagnes élevées, à 1 extrémité d'une vallée fertile baignée par la Furieuse. Elle est entourée de murs et défendue par le fort Saint-André à l'O. et le fort Belin à l'E.; la rue principale, parfaitement régulière, la traverse entièrement. Les places publiques sont ornées de fontaines simples, mais de bon goût, et les maisons sont bien bâties. Au milieu de la ville se trouve le vaste établissement des salines, auxquelles Salins doit son nom et sa principale branche d'industrie, et qui furent vendues par l'Etat à M. de Grimaldi en 1843. « On y voit, dit M. Joanne, des sources salées sortir d'une roche dolomitique et de grandes roues mettre en mouvement des pompes aspirantes qui montent l'eau, au moyen de tubes, sur un banc de sel gemme ayant 23° à 24» de salure. Trois trous de sonde, commencés en 1845 et terminés en 1849 par M. Degousée, ont atteint le terrain salifere à 223 mètres ; ils ont été poussés à 243 mètres, 248>a,40 et 265m, 23, Chacun d'eux fournit par jour 500 hectolitres. La moitié des eaux est dirigée, par un conduit en fonte de 17 kilom. de longueur, sur la saline d'Arc, établie en 1775, taudis que l'autre, élevée par le même mécanisme hydraulique, va remplir les réservoirs, d'où elle se rend, selon les besoins, aux chaudières à évaporation, maintenant au nombre de six. Le réservoir du Tripot, presque entièrement dallé avec des pierres tombales, a 11 mètres de profondeur, 10 mètres de largeur et 40 mètres de longueur. Deux chaudières sont affectées à la fabrication du chlorure de sodium et du sulfate de soude; la première produit environ 300 quintaux par an, et la seconde 200 quintaux. Les bâtiments couvrent une superficie de 22 hectares. »

— Bains et établissement hydrothérapique. Un établissement de bains (eaux mères sodobromurées) a été fondé en 1855 dans la petite saline par M. deGrimaldi. Il contient environ cinquante cabinets, La piscine, une des plus vastesqui existent, contient 86,000 litres d eau de 28° à 30°; on peut s'y livrera la natation. Les eaux de Salins sont froides, chlorurées, sodiques et bromurées. On les emploie en bains et eu douches; mais la plupart des malades ne peuvent en supporter l'absorption; leur action sur l'économie est analogue à celle de l'eau de mer : elles sont excitantes, toniques, résolutives, reconstituantes et particulièrement utiles aux tempéraments lymphatiques.

Un établissement hydrothérapique a en outre été créé, en 1858, dans le principal corps de bâtiment. La saison des bains dure à Salins du 1er juin au Ier octobre.

— Monuments. Les anciens murs d'enceinte, qui faisaient autrefois de Salins une des places les plus fortes de la Franche-Comté, ont

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cessé d'être entretenus en 1790; seuls, les forts de Saint-André, du Haut-Belin et du Bas-Belin et ta redoute de Grelimb.ich, démantelée en 1814 par les alliés, ont été remis en bon état. Le Haut-Belin correspond avec le Bas-Belin par un escalier de 180 marches que protègent des murs à créneaux. La création du fort Saint-André est due à Vauban. Les monuments proprement dits de la ville sont les suivants: l'église Saint- Anatoile, qui domine la ville et qui est dominée par les forts Belin, remonte originairement au xi<= siècle et eut pour fondateur Hugues de Salins. Plusieurs fois endommagée par l'incendie, elle offre un curieux mélange de styles divers parmi lesquels dominent le gothique et le roman. Elle se compose de trois nefs, d'un transsept, d'une'abside et d'un chœur. La longueur dans œuvre du vaisseau est de 33m,20 sur 14m,70 aux collatéraux et 24™,50 à la croisée. Douze arcades ogivales, supportées par quatorze piliers, dont huit cylindriques, séparent la grande nef des bas-côtés. Au-dessus, entre deux cordons, règne une charmante galerie romane composée de cinquante-six arcades. Mentionnons aussi le maltre-anlel, plusieurs pierres tombales du xive et du xv« siècle, les boiseries du chœur, l'orgue, la chaire et le baldaquin dont le inaltre-autel est surmonté. L'église Saint-Maurice, construite au xme siècle , a été mutilée pour élargir la grand'rue. On y remarque la chaire, une Descente dé croix en marbre, un bon vitrail et plusieurs tableaux. Deux autres églises, Notre-Dame, incendiée en 1825 et rebâtie en 1833, Notre-Dame-Libératrice, qui se trouve enclavée dans l'hôtel de ville; l'hôtel de ville lui-même, construit en 1750; les vieilles tours ou portes de l'enceinte encore debout et une fontaine monumentale du statuaire Devosge (1720), ayant pour sujet une naïade assise dans une niche rustique, complètent les principaux monuments de la ville. La nouvelle bibliothèque, installée dans l'ancienne église des Jésuites, possède 9,000 volumes environ , deux tapisseries tissées à Bruges en 1501 et un tableau représentant Salins au xviie siècle.

— Histoire, Salins doit son nom aux sources d'eau salée qui rirent sa richesse. Ces sources durent être exploitées dès l'époque de la conquête romaine, où l'on trouve Salins désignée sous le nom de Pons Ariarica. Une voie romaine, des tombeaux, des statues, des médailles sont la preuve de notre assertion. Au vie siècle, les Burgundes construisirent les forteresses de Bracon et le château , qui furent le commencement de la ville actuelle. Elle avait, au vue siècle, une certaine importance, puisqu'on la voit alors former le cheflieu d'un des cinq archidiaconés du diocèse de Besançon. Détruit par les invasions hongroises, Salins fut, en 942, inféodé, par l'abbaye d'Agaune, à Albéric de Narbonne, qui le rebâtit. A la mort d'Albèric, ses deux (ils se partagèrent la seigneurie, divisée dès lors en deux bourgs. La branche aînée, k laquelle échut plus tard le comté de Bourgogne, posséda le Bourg-le-Comte, la branche cadette eut le Bourg-le-Sire. Ces noms indiquent le titre pris par les princes des deux branches. Chacun des bourgs avait sa saline et était fortifié. La branche cadette s'étant éteinte en U75, avec Gérard de Vienne commença une nouvelle maison des sires de Salins, puis une troisième commença en 1220 par Josserand de Brandon; ce dernier vendit Salins à Hugues IV, duc de Bourgogne (1284), lequel, à son tour, le céda par échange à Jean de Châlons l'Antique (1237). Jean de Châlons prit dès lors le titre de sire de Salins; il érigea, peu de temps après, Bourg -le-Sire en commune. En 1259, les deux bourgs furent réunis en la personne de Hugues, comte de Bourgogne, qui les transmit à son fils, Othon V (1266). Jeanne de Bourgogne les porta ensuite (1306) à son époux, Philippe le Long, roi de France, lequel, en 1319, octroya des franchises au Bourg-le-Comte. Un autre mariage, celui de la tille de Philippe, Ht de nouveau passer Salins sous l'obéissance d'Eudes IV , duc de Bourgogne. Ce fut le signal de nombreux désastres ; Jean de Châlons-Arlay brûla la ville en 1336; les Anglais envahirent ensuite le territoire et tentèrent même de s'emparer de la place (1362), mais sans succès. Le gouvernement de Marguerite de France (1374), puis celui de fhilipe le Hardi, duc de Bourgogne, rétablirent néanmoins la prospérité de t>;ilins, un instant compromise, en même temps qu'ils augmentaient encore les fortifications de la place. Une peste et un incendie qui décimèrent la population et ruinèrent une partie de l'ancien Bourg-le-Sire sont les seuls événements marquants qui signalent, à Salins, la fin du xiv« siècle et les premières années du XVe siècle. En 1476, Charles le Téméraire, vaincu à Morat, convoqua à Salins les états du comté. A la mort de ce prince, la ville se rendit à Louis XI, qui, irrité contre Dôle, transféra le parlement à Salins, où il siégea jusqu'en 1494. Dans la lutte de 1492 contre l'année de Charles VJII, Salins fut le théâtre des derniers combats. A l'approche de Maximdien , les Français avaient abandonné la place et s'étaient retirés dans le château de Bracon, sous le commandement du capitaine normand Henri de Maillot. ■ Beaudricourt, dit M. Charles Gautier, gouverneur du comté pour Charles VIII, voulut secourir Bracon, reprenire Salins et empêcher l'arrivée d'un convoi d'hommes et d'artillerie qu'on y at-

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tendait. Il se mit en marche, à la tête de 6,000 hommes; mais, ayant rencontré àDoarnan, la bourgeoisie salinoise commandée: par Philippe de Loète, il fut défait et contraint de s'enfuir... Les vainqueurs revinrent alors dans la ville où ils ramenèrent le convo . Le siège de Bracon fut aussitôt commencé; les Français se défendirent longtemps et avec vigueur, mais Henri de Maillot ayant été tué d'un coup d'arquebuse, ils se décidèrent à évacuer le château. » Le traité de Senlis rendit le comté de Salins à Maximilien, dont les héritiers le conservèrent jusqu'au siècle suivant. Pendant les guerres de religion, Loupy et d'Assonville, ayant essayé une surprise contre Salins, furent taillés en pièces par la bourgeoisie sous les murs de la ville. Henri IV, à son tour, se présenta devant la place ;t la somma de se rendre ; Salins refusa, et le Béarnais se décida à lever son cainp sans rrême commencer l'attaque. Salins échappa encore aux Français pendant la guerre de Dix ans; Bernard de Weimar échoua devant ses irurs, mais ne se retira qu'après avoir dévas.é et incendié les villages des environs. En 1668, la place, assiégée par le duc de Luxembourg, fut moins heureuse; il est vrai que le gouverneur des forts avait été acheté à prix d'or par l'assiégeant; mais l'occupation Irançaise ne fut que passagère : le peuple se souleva, chassa les magistrats qu'on lui avait imposés et, la même année, le traité d'Aix-la-Chapelle replaça Salins sous son ancien gouvernement. Il n'y demeura que quelques années. Le duc de La Feuillade se présenta de nouveau devant la place en 1674, l'investit et en commença le siège. L'attaque fut dirigée t.vec une activité si impétueuse, que Salins, épuisé par les assauts, découragé par la prise des forts, se résigna à capituler. Le siège avait duré dix-sept jours, les Français y avaient perdu plus de 2,000 hommes et la ville avait essuyé plus de 5,000 volées de canon. Depuis lors jusqu'à la Révolution, Salins n'offre aucun épisode historique digne de remarque. La ville accueillit la Révolution de 1789 avec enthousiasme; lots de la levée nationalo de 1792, elle fournit à elle seule un fort bataillon et 120,000 francs de dons patriotiques. Cette noble conduite fut récompensée par un arrêté de la Convention du 18 août 1792, déclarant que Salins avait bien mérité de la patrie. Salins comptait à cette époque 9,000 habitants. Un incendie terrible (1825), qui détruisit près de 400 maisons et amena l'émigration d'une partie considérable de la population, por a à sa prospérité un coup funeste et dont la ville commence a peine à se relever depuis quelques années. Les établissements d'industrie locale, la création des bains ont contribué puissamment à ce résultat.

C'est à Salins que fonctionna pour la première fois, vers 1363, l'institution si connue depuis sous le nom de monts-de-piété. Salins prit,, peu de temps après, une grande part dans' le mouvement intellectuel de la province. En 1486, une imprimerie y fut ins .allée; c'est la première qu'ait possédée la Franche-Comté. Plus tard (1569), le collège, réorganisé, donnait un large enseignement, et, eu 1593, une bibliothèque publique fut instituée dans le couvent des Capucins.

SALINS (CHATEAU-), ville de France. V.

Château-Salins.

SALINS (Jean-Baptiste de), médecin français, né à Beaune en 1630, mort dans la même ville en 1710. Il exerça la médecine dans sa ville natale. On lui doit deux curiosités œnophilo-littéraires : Défense du vin de Bourgogne contre le vin de Champagne (Dijon, 17 J] , in-8°) ; Lettre à un magistrat (Paris, 1706, in-4°), consacrée a la démonstration de la supériorité du vin de Beaune.

SALINS (Hugues de), médecin français, frère du précédent, né à Beaune en 1632, mort à Meursault en 1710. Agrégé au colltge des médecins de Dijon et secrétaire du roi près la chambre des comptes de Dôle, il consacra la plus grande partie de sa vie à censtater l'identité de sa ville natale avec la Bibracte des Eduens. On lui doit : Lettre en réponse à un extrait de Moreau de Mantour (Dijon, 1718, in-8°); Lettre contenant des réflexions sur une dissertation historique au rujet de l'ancienne Bibracte (Beaune, 17)9,

SALIO (Giuseppe), littérateur italien, né à Padoue en 1700, mort en 1737. Il s'adonna de bonne heure à la poésie et devint sécréta re de l'Académie des réfugiés. Il a laissé : Pénélope (1724) et 0(/ion (1736), tragédies ; Examen critique de quelques écrivains et Dieu rédempteur, poème en six chants in ottava rima, dont le style est harmonieux et pur et dent les images ne manquent ni de grâce ni de majesté.

SALIQUE adj. (sa-li-ke. —V. salies). Hist. Qui appartient aux Francs Saliens. Il Terres saliques, Terres concédées aux Francs 1ers de leur établissement dans les Gaules : La terrb salique ue pouvait être héritée que par les mâles. (Guizot. Il Loi salique, Recueil de lois des anciens Francs, et particulièrement Loi franque qui excluait les filles de la succession aux biens de leurs parents et qui fut appliquée à la succession à la couronne : Si les princesses se mettent à cultiver leur esprit, la loi saliq.uk n'aura pas beau jeu. (Volt.) Brantôme s'étonne comment la France

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n'a point sacrifié la loi salique à la beauté de Marguerite. (St-Marc Girard.)

— Encycl. Loi salique. On possède plusieurs textes de cette loi célèbre, tous rédigés en latin mélangé de mots barbares; on ignore même s'il en exista, jamais une version germanique. On croit que la rédaction de la loi salique est antérieure à la conversion des Francs au christianisme. Elle parait avoir été plusieurs fois modifiée, notamment par Clovis et Uagobert. C'est la rédaction de Dagobert qui est parvenue jusqu'à nous. Le texte même de la loi est précédé d'un préambule dont l'accent poétique mérite d'être remarqué. « Les premières lignes de ce prologue, dit M. Augustin Thierry (Lettres sur l'histoire de France, vie lettre), semblent être la traduction littérale d'une ancienne chanson germanique : < La nation des Francs, illustre, » ayant Dieu pour fondateur, forte sous les » armes, ferme dans les traités de paix, pro-

• fonde en conseil, noble et saine de corps, » d'une blancheur et d'une beauté singulières, » hardie, agile et rude au combat, depuis peu » convertie à la foi catholique, libre d'héré- ' sie ; lorsqu'elle était encore sous une » croyance barbare , avec l'inspiration de » Dieu, recherchant la clef de la science, selon » la nature de ses qualités, désirant la jus-

• tice, gardant la piété, ta loi salique fut dic- » tée par les chefs de cette nation, qui en ce » temps commandaient chez elle. On choisit, » entre plusieurs, quatre hommes, savoir : le » Gast de Wise, le Gast de Bade, le Gust de » Sale, le Gast de Winde, dans les lieux ap- » pelés canton de Wise, canton de Sale,can- » ton de Bade et canton de Winde. Ces hommes » se réunirent dans trois mats (assemblées), » discutèrent avec soin toutes les causes de » procès, traitèrent de chacune en particu- » lier et décrétèrent leur jugement en la ma- » nière qui suit. Puis lorsque, avec l'aide de » Dieu, Clovis le Chevvlu, le beau, l'illustre » roi des Francs, eut reçu le premier le bap- » tème catholique, tout ce qui dans ce pacte » était jugé peu convenable fut amendé avec » clarté par les illustres rois Clovis, Childe- » bert et Clotnire, et ainsi fut dressé le décret

• suivant . Vive le Christ qui aime les » Francs! qu'il garde leur royaume et rem- » plisse leurs chefs de la lumière de sa grâce, » qu'il protège l'armée, qu'il leur accorde des » signes qui attestent leur foi, les joies de la » paix et de la félicité ; que le Seigneur Jésus- » Christ dirige dans les voies de la piété les » règnes de ceux qui gouvernent, car cette » nation est celle qui, brave et forte, secoua » de sa tête le dur joug des Rom-tins et qui, u après avoir reconnu la sainteté du baptême, » orna somptueusement d'or et de pierres pré- » cieuses les corps lies saints martyrs que les » Romains avaient brûlés par le feu, mutilés ■ par le fer ou fait déchirer ^ar les bêtes fé- » roces. » Suit un historique des principales législations depuis celte que Moïse donna au peuple hébreu jusqu'aux lois des barbares. Le préambule de la loi salique se termine par l'indication des quatre personnages qui, sous le règne de Dagobert, travaillèrent à la réforme de cette loi et qui l'améliorèrent. C'est, du moins, ce qu'affirme l'auteur du préambule en parlant de Dagobert, qui profita de leurs travaux [omnia veterum legum metius iranstulil). Cette loi, comme le prouvent les citations que l'on vient de faire, a un double caractère : elle est antérieure à l'invasion et rédigée en Germanie sous l'influence des idées barbares ; elle a été ensuite revue après la conquête, lorsque le christianisme et la civilisation romaine avaient profondément modifié les mœurs des Francs.

La loi salique n'est pas, à proprement parler, un code; on n'y trouve jamais de principes de droit ni de conséquences logiquement déduites de ces principes. M. Guizot, dans la remarquable leçon qu'il a consacrée à la loi salique (Cours d'histoire de la civilisation en France), n'y voit qu'une série de coutumes et de décisions et il cite, à l'appui de son opinion, ce texte : « Si quelqu'un a dépouillé un mort avant qu'on l'ait mis en terre, qu'il soit condamné à payer dix-huit cents deniers, qui font quarante-cinq sous, et, d'après une autre décision (in alia sententia), deux mille cinq cents deniers, qui font soixante-deux sous et demi, » La loi salique fait allusion à quelques institutions politiques, mais sans entrer spécialement dans ces questions. Elle renferme un grand nombre de dispositions relatives au droit civil ; mais ce qui y domine et la remplit presque en entier, ce sont les articles du code pénal. Il y a trois cent quarante-trois articles de pénalité et soixantecinq seulement sur les autres sujets. La plupart des délits qu'elle mentionne nous montrent un peuple encore très-grossier et presque a l'état primitif, occupé surtout de travaux d'agriculture ; il s'agit principalement de vols de chevaux, de porcs, de bœufs, etc. Les violences contre les personnes, les cas de mutilation sont prévus avec des détails d'une grossièreté révoltante. Nous allons en citer quelques articles : « Si les os sortent d'une blessure faite à la tête, le coupable payera trente sous; si le cerveau est mis à nu et que trois os en sortent, quarante-cinq sous, etc. ■> La peine peut toujours être rachetée ou compensée par le wehrgeld (argent de la défense), et l'amende que l'on paye est proportionnée a la qualité de la personne qui a été blessée dans son honneur, dans sa personne ou dans

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ses biens : • Si quelque homme libre a tué un Franc ou un barbare vivant sous la loi salique, il sera juiro coupable au taux de deux cents sons. Si un Romain possesseur, c'est-à-dire ayant des biens en propre dans le canton où il habite, a été tué, celui qui sera convaincu de l'avoir tué sera jugé coupable à cent sous. Celui qui aura tué un Franc ou un barbare dans la truste (service de confiance du roi) sera jugé coupable à six cents sous. Si un Romain, convive du roi a été tué, la composition sera de trois cents sous, etc. » > Voilà, dit M. Augustin Thierry (lettre vue), comment la loi salique répond à la question tant débattue de la différence originelle de condition entre les Francs et les Gaulois. Tout ce que fournissent à cet égard les documents législatifs, c'est que le wehrgeld ou prix de l'homme éiait, dans tous les cas, pour le barbare, double de ce qu'il était pour leRomuin. Le Romain libre et propriétaire était assimilé au lite germain de la dernière condition, cultivateur forcé des terres de la classe guerrière et probablement issu d'une race anciennement subjuguée par la race teutonique. La loi salique mentionne plusieurs fois les épreuves qui servaient à constater l'innocence ou la culpabilité des accusés. Les conjuiateurs qui attestaient la vérité ou la fausseté des assertions de l'accusé et de l'accusateur étaient aussi admis par cette loi. Les formes et usages symboliques par lesquels un Franc réclamait une propriété, luisait cession de biens et rompait avec sa famille, étaient communs à toutes les lois des barbares.

L'article le plus célèbre de la loi salique, par les conséquences arbitraires qu'on en a tirées, est la disposition concernant la terre salique, c'est-à-dire le lod ou rief donné au guerrier lors du partage des conquêtes, à la condition du service militaire, condition qui excluait nécessairement les femmes de l'héritage de ce genre de possession.

■ Que de la terre salique aucune partie ne pas:-e à la femme. • On s'explique cette disposition parla nécessité de défendre la terre salique ou terre de conquête. Dans une société où la guerre exerçait une si puissante influence, il fallait le bras d'un guerrier pour repousser la force et défendre les propriétés conquises parl'épée. Dans la suite, on appliqua cette disposition à la couronne, et, à la mort de Louis le Hutiu (1316), Philippe le Long; par une interprétation forcée, invoqua cet article, qui ne s'appliquait qu'aux propriétés particulières, pour succéder au roi défunt, au préjudice de la fille da ce prince (v. Philippe le Long). Dans la suite, cet article d'une loi qui était déjà tombée en désuétude depuis longtemps lors de son application à la succession royale a été regardé comme une des lois fondamentales de la monarchie; quelques-unes des raisons sur lesquelles se fondèrent ceux qui soutinrent l'exclusion des femmes de la couronne sont des plus singulières. Ils s'appuyèrent sur le texte de l'Evangile, où il est dit que > les lis ne filent pas et que cependant ils sont vêtus avec plus de splendeur que Salomon dans sa toutepuissance ; • d'où ils concluaient que le « royaume des lis ne pouvait tomber en quenouille, i Quelque singuliers que fussent les motifs allégués pour proclamer la loi salique, le résultat fut très-avantageux pour la France. Il empêcha la couronne de passer a des dynasties étrangères,. ce qui serait infailliblement arrivé sans la loi salique. C'est à la loi salique que, sous l'ancien régime, la France a dû le développement de l'unité nationale.

Ajoutons en terminant que, dès les premiers temps de la monarchie, on remarque des infractions à la loi saligue en tant qu'elle s'appliquait à la terre de conquête, à 1 alleu. Ainsi, on trouve dans les formules de Marculfe la preuve que la terre salique pouvait être transmise à une femme des le temps des Mérovingiens. Voici la traduction de cette formule : « A ma douce fille. C'est chez nou3 une coutume antique, mais impie, que les sœurs n'entrent pas en partage avec leurs frères dans la terre paternelle. Moi, j'ai pensé que, donnés tous à moi également de Dieu, vous deviez tous trouver en moi un égal amour et, après mon départ d'ici-bas, jouir également de mes biens. A ces causes, o ma très-douce fille I je te constitue par cette lettre, à l'encontre de tes frères, égale et légitime héritière en tout mien héritage, de horte que tu partages non-seulement mes acquêts, mais encore l'alleu paternel. <

On consultera avec fruit Sur le sujet dont nous venons de parler, outre le Cours d'histoire de ta civilisation en France par M. Guizot, l'ouvrage que M. Pardessus a consacré à l'explication de la loi salique : Loi salique ou Recueil contenant les anciennes rédactions de cette loi et le texte connu sous te nom de lex emendata, avec des notes et des dissertations (Paris, 1843).

SALIR v. a. ou tr. (sa-lir — rad. sale). Rendre sale : Salir son linge. Prenez garde de vous SALIR.

— Troubler, assombrir : Dans la rotonde d'une diligence, un est dansun nuage de poussière qui salit le paysage et qui étrangle le voyageur. (H. Taine.)

— Fig. Souiller, rendre impur : Peut-on, ayant de la vertu, trouver de lagrément dans une pièce gui tient sans cesse ta pudeur en alarme et salit à tout moment l'imagination? (Mol.)

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Le cynisme des mœurs doit salir la parole.

A. Barbier.

— Déshonorer, décrier : Salir la réputation de quelqu'un. Les envieux ne manquent jamais pour salir ce qu'ils ne peuvent pas atteindre. (Boitard.) Cnamforl prenait plaisir à salir le genre humain, à la veille de le. vouloir régénérer. (Ste-Beuve.) Les grandes passions épurent l'âme, les petites la salissent. (Cb. Lemesle.)

— Salir du papier, Le noircir, en écrivant dessus des choses sans valeur :

Mais ne pardonnons pas à ces folliculaires. De libeHes affreux écrivains téméraires.

Qui, ne pouvant apprendre un honnête métier, S'occupent jour par jour a salir du papier.

Voltaire.

• — Salir son blason, Déshonorer le nom que l'on porte.

— Peint. Salir une couleur, En rompre l'éclat, la ternir par un mélange.

Se salir v. pr. Devenir sale : Les étoffes blanches se salissent bientôt. (Acad.)

— Salir quelque partie de son corps on de ses vêtements : Cet enfant s'est sali. Marchez avec précaution, prenez garde de vous salir. (Acad.)

— Fig. Souiller sa propre réputation : Je ne dis pas qu'il s'est déshonoré, mais il s'est sali. (Acad.)

Dans le siècle de boue où nous sommes plongés Chacun se vautre et se salit.

A. Bardier.

SALIRÉTINE s. f. (sa-li-ré-ti-ne). Ohim.

Corps découvert par Piria, qui prend naissance dans l'action des acides étendus sur la saligénine, et qui diffère de ce dernier corps par une molécule d'eau qu'il contient en moins.

— Encycl. La salirétine est un corps qui diffère de la saligénine C?H80* par les éléments d'une molécule d'eau qu'elle renferme en moins. Sa formule est C'HSÛ. On l'obtient par l'action des acides étendus sur la saligénine ou sur la salicine (v. ces mots). Dans le dernier cas, il se forme en même temps de la glucose. La plupart des acides, même en solution très-étendue, déterminent cette déshydratation de la saligénine pourvu qu'on porte le liquide à la température de l'ébullition. La salirétine monte alors à la surface de la liqueur sous la forme d'une substance résineuse ordinairement jaunâtre, quelquefois tout à fuit blanche. En général, plus l'acide (sulfurique ou chlorhydrique) qu'on emploie est étendu, plus le produit est pur. On peut, du reste, purifier la salirétine en la redissolvant dans l'alcool, d'où on la précipite ensuite par l'eau. D'après Piria, 100 parties de saligénine traitées par l'acide chlorhydrique étendu et chauffées entre 120" et 130» perdent 15,39 pour 100 d'eau. Le calcul exigerait 14,52.

La salirétine est insoluble dans l'eau et l'ammoniaque, mais soluble dans l'alcool, l'éther et l'acide acétique concentré, toutes solutions d'où l'eau la reprécipite. La potasse et la soude la dissolvent aussi, en donnant des solutions qui ne sont pas précipitées par l'eau, mais qui sont précipitées par tous les acides, même par l'acide carbonique. La salirétine s'en sépare alors sous la forme d'une pulpe blanche gélatineuse. L'acide sulfurique colore la salirétine en rouge de sang. L'acide azotique concentré et bouillant la convertit en acide picrique, sans donner d'acide oxalique. A la distillation sèche, la salirétine donne du phénol et un abondant résidu de charbon.

— Appendice. Salicine. La salicine, découverte par Leroux, pharmacien à Vitryle-François, se trouve toute formée dans les écorces de diverses espèces de saules et de peupliers, et plus particulièrement, d'après Braconnot, dans les salix hélix, salix amygdalina, populus trémolo, et populus grssca. Elle parait exister aussi dans les boutons en fleur de la reine des prés (spirssa ulmaria) et de quelques autres spiraeas herbacées ; ces plantes fournissent en outre du salicylol lorsqu'on les distille avec de l'eau. On trouve aussi cette substance dans le castoréum. Elle y provient évidemment dé l'écorce de peuplier qui forme la principale nourriture du castor.

La salicine prend artificiellement naissance : 10 dans l'action de l'hydrogène naissant sur l'hélicine C^R^OT; lorsqu'on fait digérer une solution aqueuse de cette substance avec de l'amalgame de sodium et qu'on évapore ensuite la liqueur k siccité après l'avoir saturée par ie gaz carbonique, on obtient un résidu dont il est facile d'extraire par l'alcool de la salicine; 2° elle se forme lorsqu'on fait bouillir la populine avec de l'eau de chaux ou de baryte :

C20H22O8 -l. h*o = cwo» -(- ClSHWOi.

Populine. Eau, Acide Salicine.

benzoïque.

Aucune de ces préparations ne peut être appelée synthétique ; l'une, la première, ne faisant autre chose que régénérer la salicine de l'hélicine qui en provient; l'autre étant une saponification incomplète d'un glucoside plus compliqué que la salicine, la populine. La synthèse vraie consisterait à préparer la salicine au moyen de la saligénine et de la glucose; elle n'a point été faite jusqu'à ce jour.

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— I. Préparation. On fait bouillir 3 kilogrammes d'écorce de saule ou de peuplier hachée. On jette ensuite le tout sur une toile, on presse et l'on concentre le liquide de manière à le -réduire à 9 kilogrammes. On le mêle ensuite, pendant qu'il est encore chaud, avec 1 kilogramme d'oxyde de plomb en poudre fine préparée par lévigation, on fait digérer pendant vingt-quatre heures et l'on passe de nouveau a travers un filtre. Le liquide mêlé aux. eaux mères du précipité est enfin concentré jusqu'à consistance sirupeuse et abandonné à la cristallisation. Les eaux mères, traitées de nouveau par l'oxyde de plomb, filtrées et évaporées, donnent une nouvelle cristallisation de salicine. On purifie le produit en le faisant cristalliser encore une ou deux fois. Une autre méthode consiste à précipiter la décoction aqueuse concentrée par l'acétate basique de plomb, à filtrer, à faire bouillir la liqueur filtrée avec de la craie jusqu'à ce que l'excès d'acétate basique soit décomposé et que le liquide devienne clair et limpide, à évaporer en consistance d'extrait, à épuiser 1 extrait par de l'alcool à 34° Bautnè et a, faire cristalliser. Une troisième et dernière méthode a été proposée par Erdinann. Ce chimiste fait macérer 6 parties d'écorce avec 2 parties de chaux délayée dans l'eau pendant vingt-quatre heures. Il fait alors bouillir le mélange pendant une demi-heure, passe k travers une toile, presse et filtre ; le résidu soumis au même traitement fournit un second liquide qu'il réunit au premier. Il concentre les solutions mélangées, les décolore par le noir animal et les évapore à siccité. Le résidu, bien pulvérisé, est épuisé à une douce chaleur par de l'alcool k 82 centièmes. L'alcool est retiré par distillation, et le liquide aqueux qui reste est abandonné au refroidissement et au repos. La salicine se décompose alors en granules d'un jaune pâle qu'on purifie en les redissolvant dans 1 eau, décolorant la solution par du noir animal et faisant cristalliser de nouveau.

— II. Propriétés. La salicine cristallise en larges cristaux qui ont la forme de tables ou d'écaillés et qui appartiennent au système trimétrique. Quelquefois elle prend la forme d'aiguilles et se rapproche par son aspect du sulfate de quinine. Elle est blanche, soluble dans l'eau et dans l'alcool, insoluble dans l'éther et dans l'essence de térébenthine. L'eau à la température ordinaire dissout environ 5 parties de salicine ; l'alcool en dissout moins. Ce corps fond à 120°, ne perd pas d'eau lorsqu'on le chauffe à 200° et se décompose à une température plus élevée. Ses solutions ont une saveur amère et sont sans action sur les couleurs végétales. Quelques médecins lui attribuent des propriétés fébrifuges ; mais il semble résulter d'expériences concluantes qu'elle n'a jamais guéri que les fièvres qui guérissent d'elles-mêmes. Sa solution dévie vers la gauche le plan de polarisation de la- lumière. Son pouvoir rotatoire moléculaire est égal, pour le rayon rouge, à [a] = — 55", 8.

L'acétate basique de plomb, la gélatine et le tannin ne précipitent pas les solutions aqueuses de salicine.

D'après Phipson, une solution alcoolique renfermant une molécule de salicine et une molécule d'acide benzoïque abandonnerait des cristaux de populine; mais, suivant M. O. Schinidt, elle ne fournit point de populine dans ce cas, ni même lorsqu'on la chauffe dans des tubes scellés avec de l'acide benzoïque et de l'eau. Il se forme dans ce cas un corps résineux, jaune, dont la solution colore en bleu le chlorure ferrique, peut-être de la saligénine.

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