‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 14Chapitre 60 sur 1059 · III. RÉACTIONS ET DÉCOMPOSITIONS · texte numérisé non relu

III. RÉACTIONS ET DÉCOMPOSITIONS

îo Chauffée ii 260», la salicine dégage de l'eau, de l'hydrure de salieyle, émet des vapeurs qui ont l'odeur du caramel et laisse un résidu jaune, insoluble dans l'eau, qui brunit et finit par se carboniser. A la distillation sèche, elle donne de l'hydrure de salieyle et quelques autres produits aromatiques. Distillée avec de la chaux iodée, elle fournit un mélange de phénol et de salicylol (hydrure de salieyle).

2° Soumise à l'action d'un courant électrique produit par 400 éléments de Bunsen, la salicine se résout en glucose et en saligénine, et celle-ci se convertit ensuite en salicylol et finalement en acide salicylique.

3° L'ozone ne l'altère pas.

40 L'eau n'altère la salicine en vase clos ni à la température ordinaire ni à la température de 100° ; mais, abandonnées au contact de l'air, les solutions aqueuses de ce corps ne tardent pas à contenir du sucre et de la saligénine, en même temps que des moisissures se produisent à la surface du liquide. Si l'on introduit ces moisissures dans une solution aqueuse de salicine maintenue hors du contact de l'air , la résolution de ce corps en sucre et saligémae se fait très-promptement. Il se produit donc là une véritable fermentation déterminée par des organismes inférieurs.

5° La salicine se dissout dans l'éthylate de sodium. Au bout de quelque temps, le liquide se prend en une pulpe cristalline. Celle-ci lavée k l'alcool et desséchée à une douce chaleur donne une masse blanche et cassante de sodium-salicine CiWNaO''. Il est à présumer que ce corps, traité par l'anhydride

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I benzoïque ou par le chlorure de benzoïle, fournirait la populine.

6° Bouillie avec de l'eau et du peroxyde de plomb, la salicine donne un dérivé plombique en même temps que du formiate de plomb. Distillée avec un mélange de' peroxyde de manganèse et d'acide sulfurique, elle dégage de grandes quantités d'acide formique et d'anhydride carbonique ; si l'on remplace le peroxyde de manganèse par le dichromate de potassium , on obtient , outre les deux corps précédents, du salicylol.

7° La salicine se colore en rouge intense sous l'influence de l'acide sulfurique concentré ; l'eau détruit cette coloration et la liqueur renferme alors un acide sulfoconjugué, l'acide sulforufique de Mulder, en même temps que de la salicine inaltérée. Si l'on chauffe le mélange, il se forme en même temps une substance résineuse que Mulder a appelée olivine et que Braconnot a appelée rutiline; il est à parier que cette substance n'est autre chose que de la salirétine impure. La couleur rouge que prend la salicine sous l'influence de l'acide sulfurique concentré sert à montrer la présence delà salicine dans l'écorce de saule et dans le sulfate de quinine, où elle peut être introduite en fraude.

8<> Chauffée avec de l'acide sulfurique ou de l'acide chlorhydrique étendu, la salicine se résout en glucose et en saligénine, comme l'indique l'équation suivante :

C13H1807 + H80 = C6H1206 + CWO* Salicine. Eau. Glucose. Saligé-

nine.

L'eau chargée d'émulsine détermine la même transformation à une température qui n'excède pas 40°. Il en est de même de la salive entre 38° é"t 40<>.

9° Traitée par l'acide azotique très-faible a la température ordinaire, la salicine se transforme en hélicine ;

C13H180' 4- O = C13H1601 + H.20 Salicine. Oiy- Hélicine. Eau-

gène.

Quelquefois il se forme de l'hélicoîdine au lieu û'hélicine, particulièrement lorsque l'acide marque 12° Bauiné. Dans fci formation de l'hélicine, l'oxydation porte sur le groupe saligénique que la salicine renferme et qui est un giyco-phénol. La' salicine étant un glucoside «Je la saligénine, l'hélicine est un glucoside du salicylol ou 'hydrure de salieyle. Lorsqu'on fait bouillir la salicine avec une ou deux fois son poids d'acide azotique étendu de dix fois son volume d'eau, celle-ci devient jaune, répand des vapeurs rutilantes, dégage une odeur de salicylol et donne une solution qui prend une couleur d'encre noire sous l'influence des sels ferriques. La même solution, abandonnée ou repos, laisse déposer de l'hydrure de salieyle dont la quantité s'accroît si l'on évapore le liquide à une douce chaleur, en évitant soigneusement de le faire bouillir. Mais si on porte la liqueur à l'ébullition, elle s'éclaireit de nouveau et donne alors, par le refroidissement, des aiguilles d'acitle nitrosalicylique qui sont rougies par les sels ferriques. Par l'action prolongée de l'acide azotique, la salicine se convertit en acide picrique et en acide oxalique.

10° Ajouté par petites portions à une lessive de soude bouillante, la salicine se dissout avec effervescence. La liqueur refroidie donne, sous l'influence des acides, un dépôt de salirétine. Si l'on distille la solution neutralisée, il passe du salicylol et il reste uu résidu qui renferme de l'acide salicylique et une poudre rouge. Fondue avec un excès de potasse, la salicine dégage beaucoup d'hydrogène et finit par se convertir en un mélange de salicylate et d'oxalate de potassium.

11° Le chlore convertit la salicine en chlorosalicine, dichlorosalicine et perehlorosalicine. Un mélange d'acide chlorhydrique et de chlorate de potassium la transforme en perchloroquinone. Avec le chlorure de chaux, ce n'est plus de la perchloroquinone, c'est de la chloropierine qui se forme et qui distille quand on chauffe le mélange.

12° Le brome convertit la salicine en un dérivé monobromé Cl3Hl7BtO''.

13° Une solution aqueuse de salicine, traitée par le chlorure d'iode, se prend, au bout de quelque temps, eu un magma cristallin qui renferme de l'iode et qui, jusqu'à ce jour, n'a point été étudié.

14» Le chlorure d'acétyle donne lieu à la substitution de l'acétyle à un ou à plusieurs atomes d'hydrogène de la sulicine.

15» Après l'ingestion de la salicine, on trouve, dans l'urine des animaux soumis k cette expérience, du salicylol et de l'acide salicylique. Si la quantité ingérée est considérable, l'urine renferme en outre de la salicine intacte, de la saligénine et, peut-être aussi, du phénol.

— Dérivés de substitution de la salicine. Benzosalicines. La monobenzoylsali cine CM>H2*OS = C13H«(C1H50)01 n'est autre que la populine (v. ce mot), substance cristallisable qu'on extrait des feuilles, de l'écorce et de la racine du tremble. Ce corps se produit artificiellement, suivantSchiff, lorsqu'on fait agir le chlorure de benzoyie sur la" salicine. Le même chimiste a obtenu de la dibenzoylsaiicine et de la tribenzoylsalicine par la même méthode. Tous ces composés sont insolubles dans l'eau, même k chaud. La tétrabenzoylsuiicine, qui se forme également,

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se dissout facilement dans l'éther, tandis que la dibenzoylsalicine ne s'y dissout presque pas du tout. La tétrabenzoylsalicine est une résine incolore qui, bouillie avec l'acide chlorhydrique étendu, donne de l'acide benzoïque, de la salirétine et des produits humiques provenant de la décomposition de la glucose.

— Acétylsalicinbs, Lorsqu'on traite k la température ordinaire la salicine par le chlorure d'acétyle, on obtient un composé de tétracétylsalicine et de chlorure d'acétyle :

C18H180T + 5C2H30C1 = 4HC1 Salicine. Chlorure Acide

d'acétyle. chlorhydrique.

+ C13Hl'»(CSH3O)*O7,CSH30Cl Composé de chlorure d'acétyle et de tétracétylsalicine.

Ce composé est insoluble dans l'eau, peu soluble dans l'éther, facilement soluble dans l'alcool d'où il se sépare en cristaux très-petits. Les acides minéraux étendus et chauds le résolvent en sucre, salirétine, acide chlorhydrique et aeide acétique ; les alcalis le résolvent en acides acétique et chlorhydrique et en salicine. Avec l'azotate d'argent, il donne de l'acide acétique libre, du chlorure d'argent et de la tétracétylsalicine

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