SOUZ
montre l'amie du futur roi, sa conseillère, remplissant presque auprès de lui le rôle d'une tutrice écoutée et influente. Avec lui, elle parcourut la Suisse jusqu'à Brunswick, puis elle alla le rejoindre à Hambourg. Dans cette dernière ville, Mm» de Flahaut fit la connaissance d'une autre personne qui devait tenir une grande place dans sa vie, celle de M. de Souza, qu'elle devait épouser plus tard. De retour à Paris, Mme de Flahaut entra en relations intimes avec Mmes Tailien, Beauharnais, etc., et se vit très-recherchée pour l'agrément et le charme de son esprit, pour ses manières gracieuses et distinguées. Elle continua à publier des romans, qui ne furent pas accueillis avec moins de faveur que le premier et qui la mirent en évidence. En 1802, elle retrouva dans le salon de Talleyrand, avec qui elle s'était liée, M. de Souza, qui venait d'être nommé ministre plénipotentiaire de Portugal à Paris. Le goût qu ils avaient l'un et l'autre pour les lettres les amena à s'unir, et cette union fut des plus heureuses. Elle eut alors complètement pied à la cour du premier consul, puis à celle de Bonaparte devenu empereur. • Un jour, dit Sainte-Beuve, au retour d'un voyage a Merlin, Mma de Souza arrivait à Saint-Cloud pour voir l'impératrice Joséphine. L'empereur était sur le perron, impatient de partir pour la chasse ; les fougueux équipages, au bas des degrés, trépignaient. Lu vue d'une femme le contraria, dans l'idée sans doute que ce serait une cause de retard pour l'impératrice, qu'il attendait. Il s'avança, le front assez sombre, vers M"10 de Souza et, la reconnaissant, il lut demanda brusquement: « Ah l vous venez de Berlin? Eh bien I y aime-t-on la France?» Elle vit l'humeur au front du sphinx redoutable. Si je réponds oui, pensa-t-elle, il dira : « C'est • une sotte ; » si je réponds non, il y verra de l'insolence... « Oui, sire, répondit-elle, on y -» aime la France..., comme tes vieilles femmes » aiment les jeunes. » La figure do l'empereur s'éclaira: «Ohl c'est très-bien, c'est très- » bien! » s'écria-t-il deux fois, et comme la félicitant d'être si heureusement sortie du piège. Quant à M"10 de Souza, elle aimait à citer cet exemple pour preuve que l'habitude du monde, comme celle de laisser naître ses pensées, les fait toujours venir à propos. » Lorsque, en 1811, son fils, M. de Flahaut, eut un enfant naturel de la reine Hortense, ce fut elle qui se chargea de l'élever sous le nom de comte de Morny (v. Morny), et l'on raconte qu'elle perdit au jeu les 200,000 francs que la reine Hortense avait donnés à son fils adultérin et inavoué. Sous la Restauration, elle eut le chagrin de voir son fils, M. de Flahaut, exilé, et de perdre M. de Souza (1S25). Depuis ce moment, elle demeura complètement dans la retraite, se bornant à vivre, dit Casimir Bonjour, au milieu d'un petit nombre d'esprits distingués qu'elle charmait par de spirituelles causeries. « Ceux qui ont connu Mme de Souza, dit Sainte-Beuve, ont trouvé en elle cette convenance suprême qu'elle a si bien peinte, jamais de ces paroles inutiles et qui s'essayent au hasard, comme on le fait trop aujourd'hui; un tour d'expression net et défini, un arrangement de pensées ingénieux et simple, du trait sans prétention, des mots que, malgré soi, l'on emporte, quelque chose enfin de ce qu'a eu de distinetif le xvm« siècle depuis Fontenelle jusqu'à l'abbé Morellet, mais avec un coin de sentiment particulier aux femmes. Moraliste des replis du cœur, elle croit peu au grand progrès d'aujourd'hui ; elle serait sévère sur beaucoup de nos jeunes travers bruyants, si son indulgence aimable pouvait être sévère. L'auteur d'Eugène de Itoihelin goûte peu, on le conçoit, les temps d'agitation et de disputes violentes. Un ami qui l'interrogeait, en 1814, sur l'état réel de la France, jugée autrement que par les journaux, ruçut cette réponse, que l'état de la' France ressemblait à un livre ouvert par le milieu, que les ultras y lisaient de droite à gauche, au rebours, pour tâcher de remonter au commencementjque les libéraux couraient de gauche à droite, se hâtant vers la fin, mais que personne ne lisait à la page où l'on était. » Dans ses romans, elle a peint avec beaucoup de finesse les salins élégants du xviite siècle. Ses conceptions sont simples et naturelles. Elle n'émeut pas par la mise en scène de passions orageuses, mais elle intéresse au plus haut point par le piquant et la délicatesse des détails. « Ses jolis romans, dit M.-J. Chénier, n'offrent pas, il est vrai, ie développement des grandes passions; on n'y doit pas chercher non plus l'étude approfondie des travers de l'espèce humaine; on est sûr au inoins d'y trouver partout des tableaux très-lins de la société, des tableaux vrais et bien terminés, un style orné avec mesure, la correction d'un bon livre et l'aisance d'une conversation fleurie..., l'esprit qui ne dit rien de vulgaire et le goût qui ne dit rien de trop. » Outre Adèle de Senanges, on lui doit : Emilie et Alphonse ou le Danger ie se livrer à ses premières impressions (Paris, 1799, 3 vol. in-12), où l'on trouve des caractères bien tracés et des scènes intéressantes ; Charles et Marie (1802, in-12), étude de mœurs anglaises; Eugène de Rothelin (1808, 2 vol. in-12), son chefd'œuvre, peinture idéalisée, mais charmante, des mœurs de l'aristocratie du xvitie siècle; Eugénie et Mathilde ou Mémoires de la famille-du comte de Uevel (1811, 3 vol. in-12), tableau plein d'observation et de vérité sur les phases et les vicissitudes de l'émigration ;
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il/lîc de Tounion (1S20, 2 vol. in-12); la Comtesse de Fargy (1822, 4 vol. in-12), où l'on trouve de très-lines peintures du grand inonde ; ta Duchesse de Guise on Intérieur d'une famille illustre dans te temps de la Ligue (1831, in-8°), drame en trois actes. Ses Œuvres complètes ont été réunies en 1822 (6 vol. in-8°). Il en a été donné un choix dans la Bibliothèque Charpentier (1840, in-12), avec une notice'par Sainte-Beuve. Ces Œuvres choisies comprennent Adèle de Senanges, Charles et Marie et Eugène de liathelin.
SOUZA-COCTINHO (Domingo-Antonio db), marquis de Fuschal, diplomate portugais, né à Chaves en 1765, mort à Londres en 1832.. (I remplit avec distinction des missions diplomatiques a Turin et à Londres et publia divers ouvrages, entre autres : Essai sur les prinvipes de la mécanique (1807) ; la Guerre de la Péninsule sous son véritable point de vue (1816); Quatre coïncidences de rfn/« (1819) ; Observations sur le manifeste du peuple portugais aux souverains de l'Europe (1820).
SOUZA-PhNTO (Basilio-Alberto), jurisconsulte et homme politique portugais, né à I,amego en 1793. Il a occupé pendant longtemps une chaire à l'université de Coïmbre et est devenu membre du conseil du roi. A diverses reprises, il a été membre des cortès, notamment en 1821, en 1855 et 1856. Nous citerons, parmi ses ouvrages : Le.çaus de droit criminel (1845) et Annotations sur te droit administratif.
SOUZDAL, ville de la Russie d'Europe, gouvernement et à 38 kilom. N. de Wladimir, ch.-l. du cercle de son nom. sur IaKamanka; 6,661 hab. On y remarque l'ancien palais des évêques de Wladimir. Soiizdal fut jadis le titre d'une principauté, érigée au X!" siècle comme apanage des princes de la maison du Rurik; cette principauté, qui comprenait les gouvernement^ actuels de Wladimir, de Moscou et de Nijni-Novgorod, fut indépendante de 1167 à 1392.
SOVERIA-DI-MANELU, bourg du royaume d'Italie, province de la Calabre Ultérieure IIe, district de Nicastro, mandement de Serrastretta; 2,761 hab.
SOVIEILtE, ville du royaume d'Italie, province , district et mandement de Sienne ; 7,115 hab. Célèbre par ses belles carrières de marbre.
SOWERBÉE s. f. (sou-èr-bé — de Sowerby, natural. ungl.). Bot. Genre de plantes, de la famille des liliacées, tribu des authéricées, dont l'espèce type croît en Australie.
SOWERBY (James), artiste et naturaliste anglais, né à Lainbethen 1757, mort en 1822. li fut d'abord maître de dessin. Il cultivait la peinture; pour réussir a peindre plus fidèlement les fleurs, il étudia la botanique et prit goût à cette science. Les principaux ouvrages de Sowerby sont : Livre de dessin pour la botanique ou Introduction facile à l'art de dessiner tes fleurs d'après nature (1789, in-4»; 2° édit., 1791); les Délices du fleuriste, contenant six ligures coloriées, avec des descriptions botaniques (1791, in-fol.); Minéralogie anglaise ou figures coloriées, etc. (1803, in-8«) ; Description de modèles pour expliquer la cristallographie (1805, in-8°). Sowerby était membre de la Société liunéenne et de la Société géologique, et a inséré plusieurs articles dans les mémoires de ces deux sociétés.
SOWERBY (George-Brettingham) , fils du précédent, né à Lainbeth en 178S, mort en 1854. Il s'occupa de travaux eutoinologiques et concliyliologiques et rit paraître un ouvrage intitulé : The gênera of récent andfossil shells (1820-1824), dont son frère aîné lui fournit les illustrations, et, en 1830, un autre ouvrage sur le même sujet, intitulé : Species conchyliorum, dont il ne donna que la première partie. Il était membre de plusieurs sociétés savantes et a inséré des articles dans diverses publications périodiques scientifiques. — Sun frère, Charles-Edouard Sowerby, né en 1795, mort en 1842, se consacra aussi à l'étude des sciences naturelles. Il aida sou père à la rédaction de l'ouvrage intitulé : Englisk botany. — George-Brettingham Sovisrby, fils de George-Brettingham, né en 1812, se fit connaître comme naturaliste et comme graveur. On a de lui : Conchotogical manual (1839; 4« édit., 1852); ConcAoïoaïcai illustrations (1830-1842); Popular british conchology (1854); Popular guide to the aquarium (1857).
SOWINSK1 (Joseph-Longin), général polonnis, né en 1777, mort en 1831. H fut élevé à l'école des cadets de Varsovie, prit part, à peine âgé de seize ans, à la guerre contre les Russes et, sous les ordres de ûombrowski, combattit à Sochaczewet k Bygdoszcz. Après le dernier partage de la Pologne, il entra dans la cavalerie prussienne et y parvint rapidement au grade d'officier. Il donna sa démission en 1810, passa dans l'armée polonaise, avec le grade d'officier d'escadron, et assista à tous les couibats de la Campagne de Russie, jusqu'à la bataille de Moznisk, où il eut une jambe emportée par un boulet. Pris par les Russes à Moscou, où il avait été transporté, il fut interné successivement à Twer et à Tainbow et recouvra sa liberté en 1813. Après la réorganisation du royaume de Pologne en 1815, il fut nommé directeur de l'arsenal de Varsovie et, en 1820, fut placé à la tète de l'école d'application militaire. Ea 1830, il fut l'un des premiers à répondre à
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l'appel de la patrie, fut promu général par le gouvernement national et, après avoir pris paît k différents combats, fut, au mompjitoù les Russes marchaient sur Varsovie, chargé de la défense de Wola, auprès de cette ville. Il y fut tué en combattant vaillamment.
SOWINSKI (Albert), compositeur et musicographe polonais, né k Ladyzyn, dans la province de l'Ukraine, en 1803. Son père, Sébastien Sowinski, qui avait appris la musique comme art d'agrément et jouait du piano, du violon, du violoncelle et de la clarinette, entra au service. Mais, contraint de rester en Podolie, k l'issue de la malheureuse campagne de 1792, qui se termina par le licenciement de l'armée nationale, il fut obligé, pour vivre, de se livrer à l'enseignement du piano. U eut trois fils, tous trois musiciens, et dont le troisième, celui qui nous occupe, s'est particulièrement distingué.
Après avoir travaillé le piano avec son père, M. Albert Sowinski se rendit à Vienne et devint l'élève do Charles Czerny et de Leidesdorf; il reçut ensuite des leçons de composition du chevalier Seyfried et étudia l'instrumentation avec Gyrowetz, tout en recevantdes conseils de Hamitiel,de Moschelès, de Schubert et de l'abbé Studler. Après deux ans de séjour en Autriche, il partit pour l'Italie, visita Rome et Naples, puis vint, en 1830, se fixer k Paris, où, tout en se livrant a l'enseignement, il se fit entendre dans les concerts et publia de nombreuses compositions, parmi lesquelles nous citerons : musique religieuse, quatre Messes; Saint Adalbert, oratorio en quatre parties, paroles de M. Christian Ostrowski; chœurs pour Abraham, tragédie biblique de M. E. d'Anglemont ; un Kyrie, un Vent creator, des motets, etc. ; musique d'orchestre, Symphonie en mi mineur ; ouvertures de Jldaseppayie la Heine Heduiige; musique dramatique, Léonore, draine lyrique en deux actes, paroles de M. Edouard d'Anglemont (inédit); le Modèle, opéra-comique en un acte, paroles de M. de Suint- Georges (inédit); musique de piano, avec orchestre, Grand concerto; Variations de concert sur tes Puritains; Grande polonaise; Marche héroïque, etc. ; musique de chambre, Trio en ré majeur, pour piano, violon et violoncelle; Quintette en »it majeur, pour piano, violon, alto, violoncelle et contre-basse; musique pour piano seul, variations, rondeaux, caprices, fantaisies, morceaux de salon, valses, galops, mélodies, études, impromptus, mélanges, etc, etc. ; musique pour piano et violon, duos sur Otello, sur Corradino, 3ur 11 Pirata, sur la Sonnanbula, etc., en collaboration avec MM. Haumann, Launer, Manera; musique vocale, Chants polonais, nationaux et populaires, avec texte et traduction française de M. G.-Fulgence Olivier, accompagnés de notices (Paris, 1830, in-fol.) ; Album lyrique, paroles des principaux poètes polonais (Paris, l'auteur, 1833) ; diverses chansons, romances, mélodies vocales; plus, un certain nombre de chœurs.
Comme écrivain, M. Albert Sowiuski a commencé par collaborer à la Revue musicale, fondée et dirigée par M. Fétis, et dans laquelle il a donné quelques bons articles; il a publié ensuite plusieurs travaux intéressants sur la musique et le théâtre en Pologne dans la Pologne illustrée de M. Léonard Cnodzko ; on connaît de lui une nouvelle, la Vallée, dans le recueil intitule la Brise du nord; entin, il a fait paraître deux ouvrages importants : les Musiciens polonais et slaves, anciens et modernes, dictionnaire biographique des compositeurs, ciianteurs, instrumentistes, luthiers,constructeurs d'orgues, poètes sacrés et lyriques, littérateurs et amateurs de l'art musical, précédé d'un résumé de l'histoire de la musique en Pologne et de la description d'anciens instruments slaues; notices sur ta bibliographie musicale polonaise , fragments de compositions des grands maîtres polonais et détails sur les pèlerinages célèbres en Pologne (Paris, Adrien Le Ciere, 1857, in-8°) ; Hisloire de la vie et de l'œuvre de Ludwig von JSeethoven, traduit de l'allemand, d'Antoine Bchindler (Paris, Gantier, 1865, in- 8e*).
SOY s. m. (soi). Art culin. Sorte de sauce usitée au Japon. V. Souï.
SOYA s. ni. (so ia). Art culin. Sorte de sauce japonaise. V. souï.
— Bot. Genre de plantes, de la famille des légumineuses, tribu des phaséolées, dont l'especo type croît dans le» régions chaudes de l'Asie.
SÛÏE (Philippe DB),graveur hollandais, né en Hollande vers 1538. Elève de Dort, il le suivit à Rome et exécuta divers travaux, signés tantôt Soye, tantôt Sericu», tantôt Syiius, et parmi lesquels nous citerons : une suite de portraits ues papes depuis l'an 408 jusqu'à l'époque OÙ vivait l'artiste, publiée en 1568; l'Ange ordonnant à saint Joseph de fuir en Egypte, d'après C. Cort; Suint François recevant les stigmates, d'après Fréd. Zuccaro; la Vierge avec l'Enfant Jésus sur ses genoux, connue sous le nom de Vierge au silence; sur le prie-Dieu, on ht Philippe Sericus, 1566 ; Prométhée enchainé sur te Caucase, d'iiprès le Titien. Cette gravure, qui se. trouve dans le palais du roi à Aladiiu, est attribuée par les comiuUseurs k de Soye, bien qu'elle soit signée C. Cou.
SOYÉ s. in. (so-ié ou soi-ié). Ornith. Es-
sozo
pèce de héron, qui est représentée sur les peintures chinoises.
SOYER, ÈRE adj. (soi-ié ou so-ié, è-re — rad. soie). Qui a rapport k la production de la soie : Industrie soyèrk. j^Peu usité.
— s. m. Commis préposé , dans un magasin, à ia vente des soieries.
SOYÉrie s, f. (soMé-rl — de Soyer-Willemet, botan. fr.). Bot. Genre de plantes, delà famille des composées, tribu des ehicotacées, formé aux dépens des épervières et des crépides, et comprenant plusieurs espèces qui croissent sur les Alpes et les Pyrénées.
SOYERSI s. m. (soi-ièr-si). Sorte de sorbet k l'orange, contenant deux doigts de vin de Champagne, deux doigts d'eau de Seltz et une rondelle d'orange, qu'on aspire avec un chalumeau de paille, à 1 américaine.
SOYEUX, EUSE adj. (soi-ieu, eu-ze — rad.
soie). Qui est propre à la soie : Matière soyeuse. Eclat soyeux. Reflets soyeux.
— Doux au toucher comme de la soie :
Cheveux soyeux. Poil soyeux. Plumes soyeuses. Les chanvres du Nord sont plus blancs, plus soyeux, pius moelleux que ceux du Midi, ( Chaptal. ) Le cheval secoua sa crinière soyeuse. (Alex. Dumas.)
— s. m. Bot. Nom donné a divers agarics : Soyeux marron. Soyeux noisette. Soyeux gris blanc.
— s. m. pi. Famille de passereaux.
— s. f. Bot. Nom vulgaire de l'asolépiade de Syrie.
SOYMIDA s. m. (soï-mi-da). Bot. Genre d'arbres, de la famille des cédrélacées, dont l'espèce type croît dans l'Inde.
SOYON s. m. (soi-ion — rad. soie). Art vétér. Maladie du cochon, qu'on appelle aussi
SOIE
SOYOU s. m. (soi-iou, ou so-iou). Min. Extrémité d'une veine, qui est placée sous une autre veine, dans une mine.
SOYOUTH1 ou SIOUTI (Aboul-Fadhl-Abdel-Rabman-Sjelal-Eddyn, surnommé al), écrivain arabe, né à Siout (Egypte) en 1445, mort en 1505. Il nous est connu seulement par ses nombreux ouvrages, dont les manuscrits sont disséminés dan^ les principales bibliothèques de l'Europe, notamment à l'Eseurial et au Vatican. Parmi ses ouvrages, élégamment écrits, mais qui ne sont presque tous que des compilations, nous nous bornerons à citer : Commentaire sur le Coran, regardé comme son chef-d'œuvre; les Perles éparses, histoire des traditions mahométanes ; Lumière de la chronologie prophétique, sur Mahomet ; Histoire des divers interprètes du Coran et des traditions; Odeur de roses de Damas, sur l'histoire des compagnons de Mahomet; Histoire du temps de Satomon; Histoire des califes; Histuire d'Egypte; Histoire des Abyssins; Histoire des grands hommes de ta ville de Mérou ; Traité de la sphère; Dialogues sur les sciences et leur utilité; Ceinture de femme, ornée de pierreries, sur le mariage ; Recueil d'histoires et de sentences; Mécamat, dialogues sur divers sujets; la Moelle des quatorze sciences, ouvrage dans lequel llammer a beaucoup puisé pour son Essai encyclopédique des sciences de l'Orient; Sources d'eau courante, grammaire arabe; l'Astre qui propage son influence , livre sur la grammaire; Prolusions , sur les difficultés grammaticales ; Collier orné de pierreries , poëme sur la rhétorique ; Fleurs du printemps , traité de rhétorique; Anthologie ; Histoire de La-Mecque; un traité de matière médicale, qui a été presque entièrement traduit en latin sous le titre : De proprieiatibus et virtutibus medicis animalium; le Pré fleuri ou Odeur de parfums, son ouvrage capital. Ce traité, que Oasiri appelle un vrai trésor de langue et de littérature arabes, est en cinquante chapitres et traite des règles du style, ues procèdes pour Je rendre élégant et de l'art oratoire.
SOZOMKNK (Hermias), historien religieux, né près de Gaza vers la lin du ive siècle, mort en Palestine vers 443. Apres avoir étudié le droit ù Béryte, en Phéniuie, il vint se fixer à C'onstantiuople, où il exerça la profession d'avocat et composa une Histoire ecclésiastique, publiée pour la première fois il Paris (1544, in-fol.). Dans cette histoire, divisée en neuf livres, « il fait connaître, dit M. Hase, le triomphe complet du christianisme sur l'idolâtrie, les luttes soutenues par l'Eglise contre les ariens, les novatiens, les moiitanistes, les sectateurs de Nestoi'ius,sans négliger entièrement les événements politiques qui eurent lieu dans l'empire romain depuis 323 jusqu'en 439 ou au dix-septième consulat de Thèodose 11, prince auquel l'ouvrage est dédié, u Le style de cette histoire est d'une remarquable élégance pour le temps de décadence dans lequel l'auteur l'écrivait; mais Sozomène manquait absolument d'esprit critique. Auprès de faits véritables et curieux, on trouve des hois-d'œuvre,des descriptions inutiles et des récits merveilleux d'une complète absurdité, qui témoignent de sa crédulité enfantine. Enfin, il a beaucoup puisé dans l'histoire de Soerate,q'i'il se garde bien de citer. Parmi les nombreuses éditions de l'Histoire ecclésiastique., nous citerons celle de Paris (1668, iu-fol.), avec traduction latine, et celle de Cambridge (1720 in-fol.). Le
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président Cousin l'a traduite en français (Paris, 1676, in-4ul. Sozomône avait écrit, en outre, un Abrégé de l'histoire ecclésiastique, depuis la mort te Jésus-Christ jusqu'en 324; mais cet ouvrage est perdu.
SOZOMENO, chroniqueur italien, né a Pistoïa en 1387, mort vex-s 145S. Il fît ses premières études .i Florence, embrassa l'état ecclésiastique et termina son éducation à Bologne. Il fit partie d'une réunion du clergé rassemblé pour reconnaître le pape Alexandre V, assista ai concile de Constance et revint ensuite à Florence. En 1418, il fut élu chanoine de Pis~oïa. Il n'alla siéger dans son chapitre qu'en 1436 et fut nommé vicaire général. Il a laissé une sorte û'Hisloire universelle, qui va depuis le commencement du monde jusqu'à l'année 1455. Muratori, qui a donné un extrait, de cet ouvrage dans sa collection des Scriplores rerum itaticarum, fait usage d'un manuscrit qui ne va pas au delà de 1410. La part e de i ouvrage de Sozomeno dont il n'avait pas connaissance doit être une des plus intéressantes, car elle contient précisément les événements dont l'auteur fut le contemporain.
SOZOPOL1S, ville de l'ancienne Thrace, appelée aussi Ajoltonie. C'est aujourd'hui le bourg de Sizéboti.
SOZUSA, ville ancienne de l'Afrique septentrionale, dans la Cyrénaïque, près de la Méditerranée, au N.-E. de Cyrène. Sur son emplacement, on voit aujourd'hui la bourgade de Marza-Suza. Soznsa fut aussi appelée Apollonie.
SOZZ1 (Louis-François des) , jurisconsulte et littérateur français, né à Paris eu 1706, mort en 1780. Ses études de jurisprudence terminées, il fui. nommé bailli général du grand prieuré de France, se ht ensuite recevoir avocat au parlement de Paris et enfin alla exercer sa piofession à Lyon, Ses principaux ouvrages sont : Mémoire sur l'usage des testaments olographes (1742, in-4<>) ; Consultations sur la mouvance des pairies de France (1752, in-40); traduction des Olympiques de Piudare (Paris et Lyon, 1754, in-12).
SOZZ1N1 (Alexandre), historien italien, né à Sienne en 1518, mort en 1608. Il passa la plus grande part'13 de sa vie dans sa ville natale et prit pari à la guerre qu'elle eut à soutenir contre Charles-Quint. U a écrit le Journal des révolutions de la ville de Sienne de 1550 k 1555, resté longtemps inédit et qui a été publié dans l'Archivio storico de Florence, tome II.
SPA, ville de Be.gique, ch.-l. du canton auquel elle donne si n nom, située sur quatre ruisseaux (la Weay, le Picherotte, le vieux Spa et l'eau Rouge), au pied du Spaloumont, colline schisteuse et boisée, à 247 mètres d'altitude dans sa partie .a plus basse, 272 dans l'autre; 4,774 hab., chiffre qui se double à l'époque de la saison des eaux. La ville, environnée de forêts et de montagnes, est propre, percée de rues bien tracées et bâties de maisons peintes, d'un riant aspect. Climat tempéré, assez froid dans U dernière partie de la saison. „
— Hisl-:re. L'étymologie même de Spa {à'espa, vieux mot qui signifie fontaine) indique que de tout temps cette localité dut être célèbre, ou du moins connue principalement par ses eaux minérales. Si l'on s'en rapporte en effet lux résultats de fouilles récentes pratiquées sur le territoire de Spa, fouilles qui ont amtné entre autres la découverte eu 1851 d'un» médaille très-bien conservée de l'empereur romain Nerva, les Romains eux-mêmes taraient connu ces eaux.
Quelques écrivains veulent que l'antique fontaine minérale décrite par Pline, et qu'on s'accorde en génèinl a placer à Tongres, ne soit autre que la source de Spa primitivement connue; mais celte assertion n'est nullement prouvée. Au xiva siècle seulement on rencontre sur Spa quelques documents positifs. A cette époque, un certain Collin Wolf acquit du prince-évoque de Liège, Adolphe de La Marck, la concession de douze arpents de bois aux alentours de cette localité. Collin Wolf, qui avait fait usage personnellement des eaux de Spa et y avait trouvé la guérison, s'occupa aussitôt de faire défricher une partie du terrain acquis par lui et dégagea ainsi complètement une des soi:., ces, celle du Pouhon. L'exploitation commença aussitôt, et les eaux de Spa furent fréquentées par la population des environs. Le bruit des cures obtenues par l'usagt de ces eaux se répandit bientôt dans toute l'Europe, et dès 1545 le médecin de Henri VI11, Augustino, Vénitien, se rendit k Spa pour y faire une cure. Les bons effets qu'il en obtint ne fuirent pas étrangers k la réputation de cette station thermale, et Spa ligure dès cette époque dans la plupart des ouvrage:) spéciaux publiés sur la matière. Guichardin dans sa Description des Pays-Bas, André Buccio, dans ses Sept livres des bains [De thirniis libri septem), Bernard Palissy,dans sen ouvrage sur les Eaux et fontaines, menttor nent les vertus désormais consacrées des eaux de Spa. En même temps, le petit village s'agrandissait et, dès 1573, Girard de Giue.iOeck, évéque de Liège, en érigeait la chapelle en paroisse. Quatre ans plus tard, Marguerite de Valois, première femme de lieu ri IV, si connue sous le nom de reine Margot, choisit Spa pour but du voyage k elle ordonuo par Henri III, son
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frère. Mais elle s'arrêta k Liège, le petit village thermal lui paraissant trop pauvre pour qu'elle consentît k y résider. Marguerite, dans ses curieux mémoires, raconte en détail son voyage: le passage suivant donne k ia fois la façon dont voyageait au xvie siècle une princesse en villégiature et la description de l'établissement thermal de l'époque : « J'allois, écrit-elle, dans une litière toute vitrée, et les vitres toutes faiîes k devise, y ayant, ou k la doublure ou aux vitres, quarante devises toutes différentes, avec les mots en espagnol et italien, sur le soleil et ses effets; laquelle étoit suivie de la litière de Mme de La Roche-sur- Yon et de celle de Mme de Tournon, ma dame d'honneur, et de dix filles k cheval avec leur gouvernant!', et de six carrosses ou chariots, où nlloit le reste des dames et femmes d'elle et de moi. Arrivée k Liège, les eaux de Spa n'étant qu'à trois ou quatre lieues de lit, et n'y ayant qu'auprès un petit village de trois ou quatre méchantes petites maisons, Mm' la princesse de La Roche-sur-Yon fut conseillée par les médecins de demeurer k Liège et d'y faire apporter son eau, l'assurant qu'elle auroit autant de force et de vertu étant apportée la nuit avant que !e soleil fût levé. De quoi je fus fort aise, pour faire notre séjour en lieu plus commode et si bonne compagnie. Etant convjée ou par l'èvéque ou par ses chanoines d'aller en festin en diverses maisons et divers jardins , comme il y en a dans la ville et dehors de très-beaux, j'y allai tous les jours, accompagnée de l'évêque, dames et seigneurs étrangers, comme j'ai dit, lesquels venoient tous les matins en ma chambre pour m'accompagner au jardin où j'allois pour prendre mon eau, car il faut bien la prendre en se promenant, et bien que le médecin qui me l'avoit ordonnée étoit mon frère, elle ne laissa toutefois de me faire bien, ayant depuis demeuré six ou sept ans sans me sentir de l'érysipéle de mon bras. Parlant de lk, nous passions la journée ensemble, allant dîner à quelque festin, ou après le bal nous allions à vêpres en quelque religion; et l'après- soupée se passoit de même au bal ou dessus l'eau, avec la musique. Six semaines s'écoulèrent de la façon qui est le temps ordinaire que l'on a accoutumé de prendre les eaux. » Un sièole après, Charles II, roi d'Angleterre,, se rendait à Spa; Christine de Suède lui succéda; puis vinrent Pierre le Grand, l'empereur Joseph II, etc. Au xviii6 siècle, la ville ét;iit en pleine pros-
férité; des édifices publics s'y élevèrent et afftuence des baigneurs augmenta chaque jour. Néanmoins, si l'on en croit l'auteur anonyme des Amusements de Spa. ouvrage fort rare, publié k Amsterdam vers 1740, l'établissement thermal ainsi que les promenades ne ressemblaienlguère kce qu'ils sont devenus depuis. Les routes et les promenades étaient dans le plus pitoyable état; de plus, il fallait que chaque nouvel arrivant payât un tribut: deux pères capucins, appartenant k un couvent fondé deux siècles auparavant, se détachaient de leur communauté et, en manière de députés ou d'ambassadeurs, ■ venaient, dit l'écrivain anonyme, fairo compliment au visiteur, en l'assurant des vœux de la communauté pour le bon succès des eaux et eu lui offrant en même temps la promenade dans leur jardin et tout ce qu'ils pouvaient avoir k Jeur disposition. Ils terminaient en rappelant que leur couvent était pauvre et n'avait d'autres ressources que les bienfaits des étrangers pour subsister pendant toute l'année. • Le jardin des capucins étant alors réellement 1 unique promenade praticable de la ville, l'étranger acquittait sans se faire prier cette dîme extraordinaire. Les capucins, de leur côté, reconnaissaient cette complaisance en ouvrant sans distinction leur jardin aux daines elles-mêmes , circonstance tout exceptionnelle et qu'il convient de signaler. Depuis lors, Spa n'a fuit que prospérer et est devenu l'une des stations thermales les plus k la mode. Spa pos séde trois établissements thermaux ; ce sou, en suivant l'ordre de leurs dates de fondalion : la Redoute (1764 k 1769), le Vaux- Hall (1770), et la Salle-Levoz (1781). La Redoute fut construite par une société organisée commercialement en vertu d'un privilège cxclusif.de Jeun-Théodore de Bavière, évéque de Liège, permettant « de tenir les assemblées publiques, les jeux et de donner des bals, des concerts et autres divertissements. » La Redoute se compose d'un rezde-chaussée, où se trouvent café, restaurant, billard, etc., etc.; d'un premier étage comprenant les salons, très-vastes et relies entre eux par une galerie ; enfin d'un théâtre communiquant avec la grande salle de bal, longue de 25 mètres, large de 14ii,33. La fondation du Vaux-Hall, qui suivit de près celle de la Redoute, fut pour cette dernière une concurrence redoutable; mieux situé en effet que la Redoute, plus vaste, formant un bâtiment considérable entouré d un beau jardin et avec cour centrale où jaillit un jet d'eau, le Vaux-Hall ne tarda pas à disputer, puis finalement k enlever k la Redoute sa clientèle. Un procès s'ensuivit, interminable, suivant les us de l'époque; mais le comte de Vilbruk, prince-évèque de Liège, imagina uu moyen original d'y mettre fin : il ordonna la fusion des deux établissements, par rescrit du 26 janvier 1774, et stipula qu'il toucherait régulièrement une taxe de 30 pour 100 sur
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■es bénéfices. Les compagnies furent bien obligées d'en passer par ces exigences, et l'évéque inaugura ainsi le régime encore en vigueur aujourd'hui pour la régie des villes d'eaux.' Fusionnés, la Redoute et le Vaux- Hall prospérèrent pendant dix années ; ce fut au bout de cette période, en 1784, qu'un sieur Levoz imagina de construire un troisième établissement; son but, dit M. du Pays, n'était autre que de contraindre par une concurrence insupportable l'administration de la Redoute à lui payer une somme considérable, afin de le décider à la retraite. Mais la Redoute refusa de passer sous ces fourches caudines et la Salle-Levoz poursuivit son industrie. La rivalité fut telle un instant que des rixes étaient, dit-on, fréquentes entre les employés des deux maisons et eurent plus d'une fois une issue sanglante. Napoléon 1er s'en émut, et par ses ordres le préfet de l'Ourthe, département dans la circonscription duquel Spa était alors placé, prépara un traité de paix qui dut être exécuté. Ces rivalités ont depuis longtemps disparu. Ce fut dans les salons de la Redoute que se tinrent jusqu'à leur fermeture les jeux de roulette et de trente-et-quarante. Le Vaux-Hall et la Salle -Levoz eurent plutôt la spécialité des fêtes et concerts, bien que le Vaux-Hall possédât aussi une salle de jeu. La Salle-Levoz, d'une architecture extérieure fort simple, se fait remarquer par l'étendue de ses salons et par son gymnase.
Les eaux de Spa comprennent six sources : le Pouhon , la Géronstère, la Sauvenière, la Groesback, les Tonnelets, subdivisés eux-mêmes en trois sources contiguës, et le Barisart.
La source la plus ancienne de Spa, celle à laquelle la ville actuelle doit vraisemblablement son origine et son existence, est le Pouhon, autrefois Pouxhon. Elle est située au centre de la ville et sort en bouillonnant des l'entes de roches micacées, situées au fond d'un puits. C'est la plus abondante, la plus chargée en fer et en sels et la seule qui fournisse les eaux de Spa à l'exportation. Très-claire ordinairement, l'eau du Pouhon, d'une température de-|-80 Réauinur, est pétillante, acidulée, piquante et ferrugineuse. On a remarqué, que ses etfets médicaux étaient moins actifs par les temps froids et pluvieux que par les temps secs et chauds. La Géronstère jaillit k quelques kilomètres de Spa, au milieu d'un petit bois, et à 144 mètres au-dessus de la source du Pouhon.
Elle fut enfermée en 1751 dans une niche de marbre, par les ordres du comte de Burgsdorf, conseiller d'Etat de l'électeur de Brandebourg. Moins ferrugineuse, moins acidulée que 1 eau du Pouhon, celle de la Géronstère répand une très- vive odeur de gaz hydrogène sulfuré. Elle n'est pas transportable, se trouble rapidement, laisse un dépôt au fond du verre et atteint une température de 7», 55 Réaumur.
La source de la Sauvenière jaillit à 141 mètres au-dessus du Pouhon, sur la route de Stavelot etde Malmédy. L'eau en estacidulée, piquante, d'un goût agréable, moins ferrugineuse que celle du Pouhon. Elle se trouble, laisse un dépôt au fond des récipients, comme celle de la Géronstère, et par conséquent n'est point transportable. Sa température est de 7<>,77. Dans la pierre qui entoure le puits se trouve un trou, connu sous le nom de trou de saint Remacle. «D'après la tradition, ditM. du Pays, il suffit à une jeune femme, pour cesser d'être stérile, de boire pendant neuf jours consécutifs de l'eau de la Sauvenière en posant son pied sur l'empreinte de celui de saint Remacle. > A peu de distance de cette pierre, on rencontre une colonne de marbre noir entourée d'une grille de fer. On y lit cette inscription : A la reconnaissance. C'est un petit monument élevé en 1787 par les enfants do la duchesse d'Orléans ; it fut renversé en 1792, pendant la conquête française; Louis-Philippe l'a fait rétablir en 1841 tel qu'il est encore aujourd'hui.
La source du Groesback est située k peu de distance de la précédente. L'eau de cette source possède une action spécialement diurétique et résolutive et est fort agréable à boire.
Les trois sources du Tonnelet, ou les Tonnelets, jaillissent à 76 mètres environ audessus du niveau du Pouhon. Leurs eaux s'élancent du fond de deux puits taillés dans la roche schisteuse, dont la forme a donné son nom aux sources; elles laissent échapper une grande quantité de gaz acide carbonique, répandent une odeur sulfureuse, sont d'un goût piquant et agréable et ont une température de "o,77. « Le gaz acide carbonique, dit le docteur Lezaack, est si abondant dans le terrain qui avoisine ces sources, que dans certains états de l'atmosphère, et notamment lorsque le vent change au nord, les caves du village voisin, le Nivesée, en sont si remplies que les chandehes s'y éteignent et que nul animal ne peut y entrer sans être asphyxié. ■>
Enlin la source du Barisart, la dernière exploitée de toutes celles de Spa, jaillit entre Spa et la Géronstère.
La saison des eaux de Spa dure du 15 mai au 15 octobre. Les eaux sont employées surtout en boissons; néanmoins, il y existe un établissement de bains, installé dans l'ancienne maison du docteur Lezaack. Le traitement par les boissons varie dans une moyenne de six semaines à deux mois. Quant
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au chiffre de verres formant le traitement, il estde trois à quatre verres par jour. Les eaux de Spa sont recommandées contre toute affection aiguB, la pléthore, les congestions sanguines et les affections du cœur.
Spa possède plusieurs promenades trèsagréables; nous citerons : la place Royale, rendez-vous favori des étrangers ; la promenade de Sept-Heures, plantée en 1750 par l'archevêque d'Augsbourg; le Marteau, tri- -ple avenue de 2,000 mètres de longueur et qui prend son nom de la maison de campagne à laquelle elle aboutit; le Spaloumont, montagne boisée, sillonnée de sentiers en tous sens; on la désigne souvent sous le nom de mont d'Annette-et-Lubin ; enfin la promenade Meyerbeer, ou promenade des Artistes. Cette dernière, qui est la plus pittoresque de toutes, est tracée au fond d'un ravin ombragé. Aux environs, nous citerons, parmi les lieux à excursions, la promenade du Reckheim, la promenade Forestière, les ruines de Franchimont,le vallon du Chaurion.ta grotte de RemoUL-hainps et le château d'Amblève.
SPAAN (Jean van), ecclésiastique hollandais, mort à La Haye vers 1780. Il fut successivement pasteur à Dordrecht en 1752, à Leyde en 1755 et à La Haye en 1762. Il contribua à la fondation du Recueil de la Société poétique de La Haye et y inséra quelques poésies. Il contribua aussi à la rédaction du psautier hollandais de 1773.
SPACCAFORNO, ville du royaume d'Italie, dans la Sicile, province de Syracuse, district de Modica, ch.-l. de mandement; 7,539 hab.
SPACH (Louis-Adolphe), érudit et littérateur français, né k Strasbourg en 1800. Il a été successivement archiviste du département du Bas-Rhin et président de la Société pour la conservation des monuments historiques d'Alsace, Outre quelques romans publiés sous le pseudonyme de Louia Lavater, tels que Henri Farel (1834), le Nouveau Candide (1839), Roger de Manesse (1849) et un recueil de Poésies en allemand (1839) , on lui doit : Frédéric de Dietriçh, maire de Strasbourg (1857, in-S°); YAbbayede Vissembourg (1857, in-8u); Deux voyages d'Elisabeth d'Autriche, épouse de Charles IX (1856, in-8°); Histoire de la basse Alsace et de la ville de Strasbourg (1859, in-8°); l'Abbaye de Marmoutier (1861, in-8°); Etudes sur quelques poètes alsaciens du moyen âge (1862, in-16); Lettres sur les archives départementales du Bas-Rhin (1862, in-8°); Inventaire sommaire des archives dé' partementales antérieures à 1790 (1863, in-4°); Oberlin (1865, in-12) ; Œuvres choisies (1865- 1867, 3 vol. in-8°), etc. On lui doit, en outre, des rapports, des lettres, des monographies, des articles insérés dans divers recueils, entre autres dans la Revue d'Alsace et le Bulletin de la Société historique d'Alsace.
SPACH (Edouard), naturaliste français, frère du précédent, né k Strasbourg en 1801. En 1826, il fut nommé 'aide naturaliste au Jardin des plantes, poste qu'il occupait encore en 1875. On lui doit : les Plantes phanérogames (1835, 2 vol. in-8°) ; Histoire naturelle des végétaux (1834-1848, 14 vol. in-S») ; Illustrationes plantarum orientalium ( 1842, 5 vol. in-4«). M. Spach a, en outre, écrit la partie botanique du Dictionnaire de d'Orbigny et collaboré à divers recueils scientitiques.
SPAGHÉA s. m. (spa-ké-a — de Spach, botan. fr.). Bot. Genre d'arbres, de la famille des malpighiacées, comprenant six espèces, qui croissent en Amérique.
SPACIEUSEMENT adv. (spa-si-eu-se-man — rad. spacieux). Au large, d'une manière spacieuse : Etre logé spacieusement.
SPACIEUX, EUSE adj. (spa-si-eu, eu-ze — latin spatiosus; de spatium, vespace , qui appartient à la même famille que le grec spaâ, étendre, et le sanscrit sphay, croître, être augmenté). Qui a une grande étendue : Jardin spacieux. Cour spacieuse. Maison spacieuse. Les lions réclament pour leur habitation des contrées spacieuses. (A. Maury.)
Que le monde, dit-il, est grand et spacieux! La Fontaine.
— Syil. Spacieux, ample, grand , vasto. V. AMPLE.
SPACIOSITÉ s. f. (spa-si-O-zi-té — du lat. spatium, espace). Qualité, état de ce qui est spacieux.
SPADA (Leonello), peintre italien de l'école bolonaise, né à Bologne en 1576, mort dans la même ville en 1622. Né de parents pauvres, il fut d'abord broyeur de couleurs chez les Carrache, dans l'atelier desquels ses instincts de peintre s'éveillèrent. Annibal Carrache, lui reconnaissant de rares dispositions, lui donna des conseils et surveilla ses études. Leonello Spada entra ensuite dans l'atelier de Baglioni, tout en gardant pour son premier maître une admiration profonde et en s'efforçant d'imiter sa manière, ce qui lui valut quelques sarcasmes du Guide. Pour se venger de celui-ci et opposer à sa manière fine et vaporeuse un faire énergique et brutal, il s'attacha alors à Michel-Ange de Caravage, le plus fougueux des peintres réalistes de l'époque, et l'accompagna à Rome, à Naples et à Malte. De retour k Bologne, il I surprit ceux qui connaissaient ses premiers essais par le réalisme puissant de ses nouvelles œuvres, et ce caractère, par lequel il
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se rapproche de son dernier maître, est celui qu'il garda durant tout le reste de sa carrière. Saint Dominique brûlant les livres prohibés, que l'on voit encore dans l'église Saint-Dominique de Bologne, fut la première preuve du changement qui s'était opéré dans Leonello Spada; c'est une page très-intéressante, d'une force incontestable. Le Miracle de saint Benoit, à San-Michele-in-Bosco, de la même ville, suivit de près le Saint Dominique, en affirmant plus vivement encore les tendances nouvelles de l'artiste. Cette œuvre, d'un arrangement savant, donna à son auteur une grande réputation ; Andréa Saechi en lit un immense dessin, qui figure dans son oeuvre, et les deux artistes, liés ensemble d amitié, furent chargés de couvrir de fresques la cathédrale de Reggio. Ces fresques sont la partie faible de loeuvre de Spada; faites à la hâte, à l'imitation de Luca Giordano, elles attestent seulement la rapidité et la sûreté de main de l'artiste qui, en quelques mois,. couvrait sans fatigue de compositions gigantesques des superficies de plusieurs centaines de mètres carrés.
C'est seulement dans ses tableaux qu'on retrouve toute sa saveur originale; il en a fait un très-grand nombre et, comme tous les peintres qui abusent de leur facilité, il a souvent répété le même sujet, avec des variantes insignifiantes, atin d'avoir le moins possible d'études à faire et d'aller plus vite. Ainsi, on compte dans son œuvre une vingtaine de Sainte famille, tout autant de Décollation de saint Jean- Baptiste, sept ou huit Décollation de saint Christophe, plusieurs Joseph et la femme de Putiphar, etc. Ses meilleures œuvres sont: Jésus attaché à la colonne (musée de Naples), scène brutale, où le peintre s'est surpassé dans l'expression des physionomies bestiales de toute la cohue qui entoure le supplicié ; Joseph et la femme de Putiphar, de la galerie Faiagina, à Gênes; un double de ce tableau, avec variantes, se trouve au musée de Lille ; le Retour de l'enfant prodigue, la Décollation de saint Christophe, Enée et Anchisa, le Concert (inusée du Louvre); la Décollation de saint Christophe est surtout saisissante d'expression ; ces quatre tableaux sont d'un coloris très-vif et d'une conservation parfaite ; Suzanne au bain (musée du Louvre) ; Saint Jérôme (église des Carmélites de Parme); le Martyre d'une Sainte (église du Saint-Sépulcre, de la même ville) ; la Décollation de saint Jean-Baptiste, de la galerie Malvezzi, k Gênes. Citons encore de ce peintre: le Christ à la colonne (du musée de Dresde), répétition du tableau du musée de Naples; une Ouvrière cousant (pinacothèque de Munich), tableau tout k fait réaliste et en dehors des habitudes des peintres du xvne siècle ; une Sainte Cécité (musée de Madrid); Melchisédech bénissant Abraham (musée de Bologne); son Portrait, par lui-même (musée des Offices, k Florence) ; enfin les Quatre âges de ta vie, au musée de Bordeaux.
Leonello Spada a signé presque tous ses tableaux d'un monogramme, une épée (spada, en italien), avec un L placé en croix. Cet artiste, qui avait connu des jours si malheureux, mourut jeune, épuisé moins par les fatigues d'une production incessante que par celles de la vie luxueuse à laquelle il se livra dès qu'il eut de la réputation, et par les excès de bonne chère qu'il faisait à la table du duc de Parme, son protecteur.
SPADA (Jean-Jacques), naturaliste italien, né k Vérone vers 1680. 11 fut curé .de Grezzana et se livra à de vastes travaux sur la géologie et la botanique des environs de Vé rone. On a de lui : De petri/icati corpi marini antidiluvianiÇVènae, 1737, in-40); Deplantis Veronensibus (Vérone, 1737, in-40) ; Dissertazione, ove si prova cite li petri/icati corpi mai-ini, che ne' monti adjacenti a Verona si trovano, non sono schersi di natura, ne diluviani, ma antediluviani (Vérone, 1737, in-4°)j Giunta alla dissertanione de' corpi marini petrificati, ove si prova che sono antidituviatti (1737, in-40); Catalogus lapidum Verouensium liio[i.optpûv, id est propria forma prxditorum,qui apud Joh. Jacobum Spadam asservantur (Vérone, 1739, in -40), avec un supplément imprimé en 1710, réimprimé en 1744, avec l'indication des trente-cinq espèces do marbre qu'on trouve dans le territoire de Vérone.
SPADACTIS s. 111. (spa-da-ktiss — du gr. spadix, branche; aktin, rayon). Bot. Section des atractyles, genre de carduacées.
SPADAFORA-SAN-MA11TINO, bourg du royaume d Italie, dans la Sicile, province et district de Messine, mandement de Rometta; 2,850 hab.
SPADAFORA (Placido), grammairien italien, né à Païenne en 1628, mort dans la même ville en 1691. Il appartenait à la compagnie de Jésus et professa pendant trente ans les lettres grecques et latines dans sa ville natale. Ses principaux ouvrages sont : Pa(ronomica grmca et latina (lJalerme, 1658, in-S») ; Prosodia italiana (Païenne, 1682, in-8°); Preceiti grammaticali sopra l'oracione latina (Palerme, 1691, in-8").
SPADARO (Micco), appelé aussi Dominique Gargiuoil, peintre italien, né k Naples en 1012, mort en 1679. Il fut élève d'Aniello Falconi et de Salvator Kosa, et peignit à Naples des paysages et des tableaux historiques. Ses principales compositions sont :
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\ Eruption du Vésuve; les Esclaves turcs sur les galères; V Insurrection et les massacres de Naples; Masaniello et sa mort.
SPADASSIN s. m, (spa-da-sain — de l'Haï. spada, épée). Bretteur; celui qui aime, qui cherche à ferrailler, k se battre : C'est un spadassin , il enfile un homme sans remords ni vergogne. (Volt.) Trois ou quatre spadassins le suivaient de près pour le tuer. (Le Sage.) Personne aujourd'hui n'est déshonoré pour refuser les provocations d'un querelleur ou d'un spadassin. (Dupin.) Le beau du métier de spadassin, le sublime du genre, est de se battre d'abord et de s'expliquer après. (Boitard.)
Vous n'allez fréquentant que spadassins infâmes.