‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 14Chapitre 627 sur 1059 · V. 8PERGULA1RB · texte numérisé non relu

V. 8PERGULA1RB

SPARGOLE s. f. (spar-gu-le). Bot.V.sPER- GOLtS.

SPARIANÉ,ÉE adj. (spa-ri-a-né). Ichthyol. Syn. de sfaroïde.

SPABIDÉ, ÉE adj. (spa-ri-dé). Ichthyol.

Syp. de sparoÏde.

SPARIES s. f. pl.{spa-rt — du lat sparsus, épars). Mar. Nom donné autrefois aux épaves, à tout ce que la mer rejette sur ses bords.

SPARIN, INE adj. (spa-rain, i-ne). Ichthyol. Syn. de sparoÏde.

SPARISOME s. m. (spa-ri-so-me — de spare, et du gr.soma, corps). Ichthyol. Genre de poissons labroïdes.

SPARKS (Jared), écrivain américain, né à Williugton (Connecticut) en 1794. Il fut d'abord garçon de fermé, puis charpentier. Il était devenu maître d'école dans un village, lorsque, frappé de son intelligence, un pasteur protestant de son pays lui fit obtenir une bourse au collège d'Harvard, où, tout en étudiant la théologie, il professa la physique. En 1819, Sparks entra dans les ordres et alla habiter Baltimore. Ce fut là qu'il se lia intimement avec Channing, le célèbre réformateur unitaire, dont il embrassa avec chaleur les doctrines. Vers 1827, M. Sparks se démit de ses fonctions sacerdotales pour se livrer exclusivement aux travaux littéraires. Collaborateur de la Bévue de l'Amérique du Nord depuis 1817, il acheta ce recueil en 1828, et s'occupa ensuite de son fameux ouvrage sur Washington, qui lui prit plusieurs années de recherches sérieuses, lui fit faire des voyages à Paris et à Londres pour puiser dans les archives, et qui parut par fascicules de 1833 a 1840. M. Guizot s'est beaucoup servi de cette remarquable biographie pour sa Vie de Washington. Nommé en 1839 professeur d'histoire au collège d'Harvard, M. Sparks devint en 1849 président de cette espèce d'université. En 1852, il donna sa démission pour cause de santé et se retira à Cambridge, où il passa les dernières années de sa vie.

On a de M. Sparks, outre sa Vie de Washington : Doctrines des protestants épiscopaux (Baltimore, 1829); Mélanges unitaires (1820- 1S22) ; Tendances morales des doctrines unitaires et trinit aires (Boston, 1823); Recueil d'essais et de dissertations théologiques (1828- 1826); Correspondance diplomatique de ta révolution américaine (Boston, 1829-1831); .Annuaire des Etats-Unis (1830); Vie de Gouverneur Morris (Boston, 1832, 3 vol.); Œuvres complètes de Franklin (1840, 10 vol.); Correspondance officielle de la révolution américaine (1854) et Bibliothèque de biographie américaine (1834-1848, 25 vol. in-iz), ouvrage intéressant, dont il n'a rédigé qu'une partie.

SPARLIN s. m. (spar-lain — dimin. de i:paré). Ichthyol. Syn. de sparaillon.

SPARNACUSI, nom latin d'EpERNAY.

SPARNO, nom latin d'EpERNON.

SPARNODE s. m. (spnr-no-de — du gr.

sparnos, rare; odous, dent). Ichthyol. Genre de poissons sparoïdes, intermédiaire entre les dentés et les daurades, et comprenant cinq espèces fossiles du monte Bolca.

SPAROÏDE adj. (spa-ro-i-de — de spare, et du gr. eidos, aspect). Ichthyol. Qui res-

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semble ou qui se rapporta au spare. Il On dit aussi SPAROÏDE.

— s. m. pi. Famille de poissons acanthoptérygiens, ayant pour type le genre spare : Tous les sparoïdes ont des cœcums auprès d.t pylore. (Valenciennes.)

— Encycl. Les sparoïdes ont tous un corps ovalaire, couvert de grandes écailles; une double nageoire dorsale, épineuse et indivise, non écailleuse; une membrane des ouïes soutenue par cinq ou six rayons et des appendices pyloriques en petit nombre ; leur museau non protractile , l'absence de deux palatines et le manque d'armure, soit sous forme d'épines, soit sous celle de dentelure, aux pièces operculaires, les distinguent des ménides ; leur opercule simple, l'absence de tout renflement au crâne servent à les séparer des sciénoïdes; enfin l'absence d'écaillés sur les nageoires verticales les différencie des squamipennes, et la grandeur des écailles du corps des scombèroîdes. On connaît plus de deux cents sparoïdes, répartis dans une quinzaine de genres; ce sont des poissons de taille moyenne ou assez grande, ornés d'assez belles teintes, comestibles pour la plupart, propres à presque toutes les iners, et dont un nombre assez restreint se pèche sur nos côtes. On les divise en quatre grandes tribus : l° mâchoires pourvues de dents rondes en forme de pavés sur les côtés ; genres sargue , punlazzo , daurade , pagre , pagel ; 2» dents coniques, dont plusieurs s'allongent en canines; genres pentapode, leptine, denté; 3» dents en velours, seulement aux mâchoires ; genre canlhère; 40 dents tranchantes sur une seule rangée; genres bague, oblade, scathare et crénidats.

SPAROÏDE, ÉEadj. (spa-ro-i-dé). Ichthyol.

Syn. de sparoÏde.

SPARONE, bourg du royaume d'Italie, province de Turin, district d^Ivrée, mandement de Ponte-Cnnavese ; 2,279 hab.

SPAROPHAGE adj. (spa-ro-fa-je — de spare, et du gr. phaffô,je mange). Ichthyol. Qui vit principalement de spares.

SPARR (Otton-Christophe, baron), homme de guerre allemand, né dans la Marche de Brandebourg en 1593, mort le 0 avril lâfiS. Il entra au service de l'empire pendant la guerre de Trente ans, devint en 183S gouverneur de Landsberg, entra en 1049, comme général-major, au service du Brandebourg et fut nommé gouverneur de Kolberg, En 1G55, il eut le commandement en chef des troupes brandebourgeoises contre les Suédois. II prit part ensuite à fa guerre contre les Polonais et se distingua dans la bataille de trois jours qui eut lieu sous Varsovie, du 18 au 20 juin 1656, et dans la campagne de 1657, fut nommé maréchal de camp, puis, en 1659, gouverneur de Berlin.

SPARRE s. m. (spa-re — corrupt. du mot sparte). Tecbn. Nom donné par les ouvriers corroyeurs au jonc ou sparte avec lequel ils esparrent les peaux de chèvre, c'est-à-dire les frottent pour les adoucir.

SPARRE (Eric-Larsson) , homme d'Etat suédois, né en 1550, décapité en 1600. Attaché en qualité de page à la cour d'Eric XIV, it fut nommé sénateur en 15S2, puis gouverneur du Westmanland, et vice-chancelier. Le' roi de Suède, Jean III, le chargea en 15S7 de se rendre en Pologne pour faire nommer roi de ce pays le prince Sigismond. Deux ans plus tard, il se prononça en faveur de ce dernier, devenu roi de Pologne, lorsque celui-ci se brouilla avec Jean III. Sparre tomba alors en disgrâce et perdit toutes ses dignités. Sigismond, devenu roi de Suède à la mort de Jean III (1592), nomma Sparre chancelier du royaume. Il se fit remarquer alors comme un ardent défenseur de tous les privilèges de la noblesse. La guerre civile ayant éclaté entre Sigismond et Charles, duc de Sudcrinanie, Sparre soutint naturellement les intérêts de son maître. Après le triomphe de Charles, qui prit le titre de régent de Suède, Sparro rejoignit Sigismond en Pologne, puis passa en Danemark pour obtenir des secours dans le but .de rétablir Sigismond sur le trône de Suède, prit part à la bataille de Staengebro, où il fut fait prisonnier, et, traduit devant une haute cour de justice, il fut condamné, comme traître à la patrie, a la peine capitale; il fut décapité àLinkœping. C'était un homme instruit, habile, éloquent, dont plusieurs discours ont été publiés, notamment celui qu'il prononça Pro lege, rege et greye.

SPARRE (Gehr-Georges), romancier suédois, né à Lessebo, près de Kronsberg, en 1790. Il suivit la carrière militaire, se distingua dans la guerre de Finlande et devint successivement enseigne (1807), capitaine (1814), colonel (1832) et enfin commandant de la place de Carlscrona (1844). Pendant ses loisirs, il a écrit plusieurs romans, dont les principaux sont: Thora (Nykœping, 1829); le Dernier des corsaires (Stockholm, 1832, 3 part.); Adolphe Findling (1835); VEtendard (1847, 2 vol.); le Cadet de marine (1850), etc. Il a publié, en outre, un certain nombre de nouvelles dans la Bibliothèque originale et dans l' Etoile polaire.

SPARRE (Mlle Naldi, comtesse de), cantatrice italienne. V. Naldi.

SPARRMANN (André), naturaliste et voyageur suédois, né dans l'Upland eu 1747,

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mort en 1820.- Après avoir étudié la médecine à Upsal, il entreprit un voyage en Chine en 1705, et, après son retour, en 176S, il soutint une thèse sur des animaux et des végétaux qu'il avait étudiés pendant sa lointaine excursion. En 1772, il se rendit au Cap de Bonne-Espérance, pour y faire une éducation particulière, et «"adonna avec ardeur à l'élude de la flore de cette contrée. Sur ces entrefaites, le capitaine Cook étant arrivé au Cap, Sparrmann accepta avec empressement l'offre qui lui fut faite de suivre le célèbre capitaine, en qualité de botaniste, dans un voyage autour du monde. De retour «u Cap au commencement de 1775, il y exerça la médecine et la chirurgie et se livra k quelques opérations commerciales, puis résolut de faire un grand voyage d'exploration dans les terres. 11 quitta le Cap le 25 juillet 1775, avec Daniel Iimnelmanii, s'avança jusqu'à 350 lieues dans l'intérieur des terres et revint k la colonie anglaise le 15 avril 1776, rapportant une intéressante collection de plantes et d'animaux. Cette même année, il retourna en Suède, fut nommé membre de l'Académie des sciences de Stockholm, puis devint conservateur de la belle collection d'histoire naturelle laissée à l'Académie par le baron de Geer. On a donné en son honneur le nom de sparrmannia a une plante de la famille des liliacées. On lui doit : Voyage au Cap de Bonne-Espérance, au cercle polaire austral et autour du monde, ainsi que dans le pays des Eotlentots et des Cafres (Stockholm, 1787, in-8°), avec carte et figures, trad. en français par Le Tourneur (Paris, 1787, 2 vol. in -4°); enrin des discours, des dissertations, etc.

SPARBMANNE s. f. (spar-ma-ne ). Bot.

Syn. de SPARRMANNIE.

SPARRMANNIE s. f. (spar-ma-ni — de Spamuann , voyageur suédois). Bot. Genre d'arbrisseaux, de la famille des tiliacées, comprenant deux espèces, qui croissent au Cap de Bonne- Espérance : La sparrmannie d'Afrique croit au sein des forêts situées sur le penchant des montagnes. (T. de Berneaud.)

— Encycl. Les sparrmaunies sont des arbrisseaux k feuilles alternes, simples; les fleurs, groupées en ombelles sur des pédoncules opposés aux feuilles, présentent un calice à

3 uatre sépales ; une corolle à quatre pétales é passant le calice ; des étaminesnombreuses, les extérieures stériles et plus courtes ; un ovaire pentagone, velu, surmonté d'un style simple terminé par un stigmate tronqué. Le fruit est une capsule à cinq loges dispermes, offrant k l'extérieur cinq angles couverts d'aiguillons. La sparmannie d'Afrique, espèce type du genre, est un arbrisseau d'environ 3 mètres, à fleurs blanehes, légèrement pourprées, très-nombreuses et se succédant pendant plusieurs mois. Elle croît au Cap de Bonne-Espérance ; ses (leurs sont employées comme antispasmodiques, émollientes et pectorales.

SPARSIFLORE a'ij. (spnr-si-fio-re — du lat. sparsus, êpars; flos, fleur). Bot. Qui a des fleurs éparses.

SPARSIFOLIÉ, ÉE adj. (spar-si-fo-li-é — du lat. sparsus, épars ; folium, feuille). Bot. Qui a des feuilles éparses.

SPABS1LE adj. (spar-si-le — du lat. sparsus, épars). Astron. Se dit des étoiles disséminées dans le ciel, et qui ne se trouvent pas comprises dans les constellations.

SPARSIFORINE s. f. (spar-si-po-ri-ne — du lat. sparsus, épars, et de porine). Zooph. Genre d'escliaroïde.

SPART s. m. (spar — grec spartes, même sens). Bot. Genre de plantes, de la famille des graminées, tribu des phalaridées, dont l'espèce type croît en Espagne et dans le nord do l'Afrique : Dans les Pyrénées, on confectionne avec le spart une chaussure ou espèce de sandale. (T. de Berneaud.) a Nom vulgaire de diverses graminées des genres lygée, stipe, etc., qu'on emploie aux mômes usages que la précédente. Il On écrit aussi

iPARTE.

— Encycl. On donne le nom de spart ou sparte k quelques graminées qui croissent sur le littoral de la Méditerranée, et dont les tiges et les feuilles sont coriaces, très-flexibles et d'une ténacité qui les rend très-difficiles k rompre quand elles ont été bien préparées. Cette préparation consiste k les faire sécher uu soleil aussitôt après les avoir coupées, puis k les faire rouir dans l'eau de mer ou dans l'eau douce ; on doit préférer la première si l'on dent k avoir un produit plus résistant, la seconde si on veut une matière plus flexible et plus facile à diviser. On les sèche de nouveau, après les avoir légèrement battues pour leur donner plus de souplesse. Alors elles sont susceptibles d'être teintes en toutes nuances. On en fait des ouvrages dits de sparterie, des tapis, des nattes, des chapeaux, des corbeilles, des paniers, des cordages très-estimés pour la marine, et on les réduit même en étoupe tres-line, dont on fabrique une assez belle toile. C'est encore avec le spart que l'on t'ait, dans les Pyrénées, ces chaussures appelées spartilles, espadrilles ou espardègues; ce sont des espèces de sandales, dont la semelle est en spart, l'empeigne en grosse toile, et qu'on assujettit autour de la jambe avec des rubans, comme le cothurne des anciens; elles durent très-long-

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temps dans les pays secs et chauds. Une des principales espèces employées pour les ouvrages de sparterie, qui font l'objet d'un commerce assez important, est le lygée sparte, graminée dont l'aspect rappelle celui d'un jonc ; elle croit sur les côtes maritimes, dans les lieux stériles, sur les collines incultes, et parait préférer les sols schisteux. On emploie encore la stipe tenace, grande plante haute de 1 mètre environ ; elle croît dans les mêmes régions, mais de préférence dans les sols calcaires, et supporte mieux les hivers du Nord.

SPARTA, ville des Etats-Unis d'Amérique, dans l'Etat de New-York, k 45 kilom. S.-O. de Canandaigua; 6,702 hab.

SPARTACUS. chef de la révolte des gladiateurs contre Rome, mort en 71 av. J.-C. Thrace de nation, mais de race numide, il avait servi quelque temps comme auxiliaire dans les légions; mais trop fier pour accepter une servitude déguisée sous le nom d'alliance, il avait déserté à la tête d'une troupe de ses vaillants compatriotes. Repris et vendu comme esclave, son courage et sa force l'avaient fait réserver pour l'emploi de gladiateur. Enfermé chez un citoyen île Capoue qui dressait des esclaves pour le cirque, il forma avec sas compagnons un complot pour s'enfuir ou conquérir la liberté le fer k la main. Un traître ayant révélé ce projet, soixante-dixhuit des plus résolus eurent le temps d'échapper à la vengeance de leur maître et s'armèrent en fuyant de couteaux et de couperets oubliés dans les cuisines, pillèrent quelques chariots chargés d'armes de gladiateurs,'grossiient leur troupe de quelques bandes de fugitifs et s'emparèrent enfin d'un lieu trèsfortifié situé sur une montagne (peut-être le Vésuve). Après avoir vaincu quelques troupes envoyées contre eux de Capoue, ce qui leur permit de s'équiper militairement, ils élurent trois chefs, dont le premier était Spartacus. Le préteur Claudius, envoyé de Rome, vint bientôt investir le rocher sur lequel étaient retranchés les révoltés. Une seule issue leur était ouverte : c'était un endroit où le terrain coupé à pic formait un précipice immense. Spartacus n'hésita pas. Il fit couper tous les sarments de vigne sauv'nge qui couvraient les rochers, en forma de longues échelles, puis, le soir venu, fit descendre ses soldats, homme par homme et dans le plus profond silence. Enveloppant ensuite rapidement le camp du préleur, il précipita sa troupe sur les Romains surpris, les écrasa avant qu'ils eussent eu le temps de se rallier et resta maître des bagages et des armes. Ce premier succès d'une bande meprit.ee fut décisif. Dès qu'on sut que le terrible pilum des légionnaires .s'était brisé sur des armes d'esclaves, une multitude de bouviers et de pâtres fugitifs vinrent se ranger autour du chef audacieux, lien compta bientôt 10,000. Mais, bien qu'il les dominât par la supériorité de son courage et de son génie, il n'exerçait cependant qu'une autorité précaire sur ce rassemblement tumultueux d'hommes de toutes les nations et qui se laissaient parfois entraîner à des expéditions partielles par leurs chefs particuliers. Toutefois, il put se jeter dans les montagnes de la Lucanie, terrain favorable à une armée qui manquait d'organisation et de discipline, battit successivement les deux lieutenants du préteur Varinius et bientôt après le préteur lui-même, qui, dans un combat désastreux, perdit ses troupes, ses bagages, son cheval et jusqu'à ses faisceaux prétoriens. Les victoires étonnantes de Spartacus, ses proclamations à tous les opprimés d'Italie grossirent en peu de temps son armée jusqu'au nombre de 70,000 hommes. Il fixa son quartier général près de Thurium et s'occupa pendant l'hiver de l'organisation militaire et politique de ses bandes irrégulières. Cependant, le sénat romain, qui avait d'abord affecté un mépris hautain pour cette révolte, commençait k s'inquiéter sérieusement, et il envoya contre Spartacus les deux consuls à la fois. A ce moment se manifesta de nouveau dans l'année des esclaves ce misérable esprit de division qui devait leur être si fatal. Les Gaulois et les Germains voulurent former un corps séparé, se firent battre et furent heureux de retrouver Spartacus pour les sauver et les recueillir. Quant k ce dernier, découragé peut-être par ces dissensions, il sembla borner ses projets à conduire ses compagnons vers la terre natale et la liberté, quitta la Lucanie et exécuta cette marche étonnante k travers lltalie , en longeant l'Apennin et en se dirigeant vers le nord, écrasa sur sa route les deux armées consulaires, deux autres armées prétoriennes, et arriva enfin, toujours combattant et toujours victorieux, sur les rives du Pô, dont les eaux débordées lui barrèrent le chemin. Après avoir vainement tenté de soulever les cités de la Cisalpine, qui détestaient le joug romain, mais qui eussent rougi de s'allier k des esclaves, il fut obligé de céder à l'ivresse de ses soldats, qui voulurent marcher sur Rome. Le sénat épouvanté envoya Crassus avec 35,000 hommes de vieilles troupes, auxquelles se rallièrent les débris de toutes les armées détruites. Le général romain se borna k couvrir le Latiutn, n'osant hasarder de bataille contre le terrible gladiateur et se contentant de le faire misérablement harceler par ses lieutenants, invariablement battus dès qu'ils avaient la témérité de livrer coin-

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bat. Ramené ainsi vers les contrées méridionales, Spartacus forma le projet de jeter quelques milliers d'hommes en Sicile afin d'y rallumer les feux mal éteints de la deuxième guerre servile. Des pirates ciliciens s'engagèrent à les y transporter, reçurent de lui des avances considérables, puis mirent à la voile en l'abandonnant sur le rivage II con- • struisit alors des radeaux ; mais lu tempête les brisa et les jeta à la côte. Telle était cependant la terreur qu'il inspirait encore, que Crassus entreprit de l'enfermer dans la presqu'île de Rhégium par un fossé et un retranchement de 15 lieues de longueur] Le chef des esclaves témoigna son profond mépris et pour cet. immense travail et pour des ennemis qui n'osaient plus l'attaquer en face; puis, quand les vivres et les fourrages commencèrent à lui manquer, il combla une partie de la tranchée pendant une nuit orageuse, força les lignes des Romains et manœuvra librement dans la Lucanie, où il extermina encore les troupes de deux lieutenants de Crassus qui osèrent l'inquiéter dans sa retraite. Ce dernier écrivit au sénat afin qu'on envoyât pour le seconder Pompée, alors de retour d'Espagne, et Lucullus, qui revenait d'Asie. Mais il se repentit bientôt de cette démarche et rechercha les occasions de terminer prompteraent la guerre afin d'avoir seul l'honneur. Un corps de Gaulois s'étant séparé du gros de l'armée, il se hâta de les attaquer avec des forces supérieures et leur tua 12,000 hommes. Cependant Spartacus, menacé d'être enveloppé par trois armées, se dirigeait vers Brindes dans l'espoir de s'y embarquer pour gagner la Sicile, lorsqu'il fut contraint par ses soldats, que des succès récents avaient affolés, de changer tout son plan et de revenir sur ses pas pour inarcher contre les Romains. C'était entrer dans les vues de Crassus, qui venait d'apprendre que Pompée approchait et qui était pressé d'en finir, d'autant plus que l'armée affaiblie et désorganisée de Son ennemi lui permettait d'espérer le succès. La rencontre eut lieu sur les bords du Silarus. Forcé de livrer une bataille qui n'entrait pas dans ses desseins, Spartacus se prépara k jouer cette partie suprême avec un héroïsme grandiose et désespéré. Au moinentde donner le signal du combat, il tua son cheval d'un coup d'épéo : « Vainqueur, dit-il, j'en trouverai assez d'autres chez les Romains ; vaincu, je ne veux pas fuirl » Et il entraîna les siens sur les lésions, plongea bien avant dans l'armée romaine afin de joindre Crassus, et, quand il fut déchiré de blessures, combattit longtemps encore à genoux jusqu'à ce qu'il fût enseveli sous les cadavres de ceux qu'il avait abattus. 40,000 esclaves périrent avec le sublime vaincu dans cette glorieuse défaite qui rivait pour des siècles les chaînes des races asservies (71 av. J.-C.). Quelques milliers de fuyards furent exterminés par Pompée, l'homme des victoires faciles, k qui revint tout l'honneur d'avoir écrasé les derniers germes.de la révolte.

Le nom de Spartacus est resté le type, la personnification du bon droit persécuté et qui brise tout k coup ses entraves.

■ Le Spartacus noir, prédit par Raynal, venait d'apparaître. Toussaint-Louverture, des derniers rangs de l'armée, s'était élevé k la toute-puissance. »

(liévolution de Saint-Domingue.)

« Partout où l'arbre hideux de l'esclavage pousse encore des rejetons malheureux, les lois sont sans force et la religion sans honneur. La rage et la vengeance couvent au fond des cœurs avilis par la servitude, et ces hommes que l'esclavage a flétris soupirent après le jour où, k la voix d'un nouveau Spartacus, ils ramasseront les débris de leurs chaînes pour en écraser la tête de leurs maîtres durs et impitoyables. »

(L'Ecole normale.)

• Le roi ne capitule pas avec des sujets rebelles, dites-vous. Mais Louis XIV a bien capitulé avec Cavalier, ce garçon boulanger, le Spartacus des Cêvennes. »

Camîllb Desmoulins.

« Rousseau conservait au milieu des humiliations sans nombre de sa destinée, et jusque dans l'abaissement moral où il tomba souvent par sa faute, l'indomptable fierté d'un héros de Plutarque ; il en avait les mâles inspirations. Comme Spartacus, il sentait gémir et tressaillir en lui les fils d'une race asservie; il devait en être le rédempteur; il était marqué au front du sceau fatal des prédestinés. »

Lanprey.

Spartacus, tragédie en cinq actes, de Saurin (Théâtre - Français , 1760). Les grands effets que l'amour produit au théâtre font croire assez généralement qu'une pièce ne peut s'y soutenir sans lui. On le fait entrer jusque dans des sujets où il est absolument déplacé. Corneille , dans ses discours sur l'art dramatique, et Fontenelle, dans sa poétique, recommandent de ne lui donner que la seconde place et de céder la première aux autres passions. Racine s'est conformé k ce précepte, mais en rendant l'amour intéressant par des développements délicats, par

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des nuances fines. Voltaire, qui aimait tant les tragédies politiques sans amour, Voltaire, après avoir payé le tribut au goût de son siècle dans Œdipe, donna la première place à l'amour dans la plupart de ses tragédies et mit ce puissant ressort tout entier nu service de l'action dans Zaïre, Alzire, Adélaïde, etc. Ce n'est ni le lieu ni le moment de nous prononcer pour ou contre Corneille ou Voltaire ; mais nous pouvons dire qu'il existe des personnages historiques qu un poëte dramatique ne devrait jamais représenter amoureux; Moïse, Alexandre, César, Brutus, Scipion, Caton, Cicéron et, plus près de nous, Corneille, Louis XIV, Napoléon ne peuvent, sans être amoindris, venir nous occuper de leurs amours. Certains côtés de leur physionomie dominent l'histoire et s'emparent seuls de notre esprit; le reste ne peut qu'affaiblir l'intérêt que leur ambition, leur héroïsme, leurs crimes, leur orgueil ou leur génie nous inspirent. C'est ainsi que nous nous imaginons Spartacus animé du seul amour de la liberté et qu'il ne nous plaît pas de le voir s'attarder aux pieds d'une femme. 11 est des figures silencieuses qui surgissent tout à coup de leur obscurité, frappent et meurent sans que personne ait su leur secret. EJes sont faites pour le marbre et pour le monologue, mais elles se refuseront toujours k se livrer devant une rampe aux évolutions du théâtre. Tenter de faire entrer dans des groupes scéniques ces statues isolées, c'est se créer d'invincibles obstacles que quelques hommes de génie ont seuls pu surmonter de loin en loin. Voyons comment Saurin s'est tiré de ce pas difficile. Son Spartacus a pour père un chef fabuleux des Germains nommé Argétorix. Elevé dans l'esclavage par les Romains, qui ont tué son père et fait sa mère captive, il a sucé cependant avec le lait de celle-ci l'amour de la liberté; mais il devient amoureux de la fille de Crassus, Emilie. Contraint de figurer dans Tes vils exercices des gladiateurs, il frémit de cet opprobre et excite ses compagnons k verser leur sang pour une' plus noble cause. Tous le choisissent pour leur chef. De toutes parts de nombreux esclaves accourent se ranger sous ses ordres; il gagne quatre batailles contre les Romains, qui lui opposent une cinquième armée, commandée par ce même Crassus dont il aime la fille. Spartacus triomphe encore; mais, vainqueur, il refuse de tuer Emilie, qui est en son pouvoir, comme te demandent les esclaves révoltés, et cette faiblesse du héros pour une Romaine fait triompher la trahison de son lieutenant, Noricus, qui est en même temps son rival. Spartacus tombe aux mains de Crassus; il est poignardé, et Emilie se tue sur le corps de son amant. Saurin a fait de Spartacus un héros philosophe : < Je voulais, dit-il dans la préface de sa pièce, tracer le portrait d'un grand homme tel que j'en conçois l'idée ; d'un grand homme qui joignît aux qualités brillantes des héros la justice et l'humanité; d'un homme, en un mot, qui fût grand pour le bien des hommes et non pour leur malheur. » Ce dessein philosophique mène le poëte aux froides abstractions de la vertu et de la nature alors, k la mode ; mais, une fois admis au théâtre, le caractère dsr Spartacus en reçoit beaucoup de grandeur et de noblesse; l'esclave révolté devient un personnage sublime, véritablement digne de la scène héroïque. Avec la plume de Corneille, cette tragédie difficile à faire accepter montait au premier rang. Les vers de Saurin, que Voltaire jugeait quelque peu duriuscules, manquent malheureusement trop souvent d'ampleur. Ils sont en générai exacts et nerveux, exprimant bien les idées mâles, nobles, sublimes, répandues dans la pièce ; mais ils ne suffisent pas à cacher lajnaigreur du sujet. Mettre en opposition la haine du gliidiateur contre Rome et son amour pour une Romaine est une invention vulgaire qui offrait peu de ressources, et Saurin n'avait pas en lui assez de force pour suppléer, comme l'auteur de Sertorius et de Ctnna, k l'absence de l'action par la grandeur des détails. Il y a pourtant quelques scènes saillantes, entre autres cebe où Spartacus vient se livrer k ses soldats révoltés ; cette scène a cela de remarquable, qu'elle semble avoir inspiré k Schiller une des plus belles situations de ses Brigands.

A la représentation, ce Spartacus, parfaitement classique d'ailleurs, faisait beaucoup d'effet; il e»t resté la meilleure des pièces de. Saurin, ce qui ne veut pas dire que ce soit un chef-d'œuvre, loin de là. « Servilement soumis, dit Ancelot, aux impérieuses exigences de la Melpomène du xvtiie siècle, qui ne vouluit frayer qu'avec des familles royales, ou tout au moins patriciennes, et qui eut dédaigneusement repoussé la bassesse d'un « vil gladia- » teur,» Saurin mentit résolument k l'histoire; il fit de Spartacus le fils d'un roi des Suèves, et, ne montrant qu'une portion de sa vie, il se garda bien de le présenter secouant sa chaîne et la brisant. Nous ne voyons que le îhef d'une armée victorieuse, l'amant aimé de la fille d'un consul, le héros triomphant, puis trahi et vaincu. Les tortures de l'esclavage, les douleurs de l'abjection, les fureurs concentrées de la haine méditant sa vengeance, l'explosion de sa révolte, tout cela se cacha dans l'avant-scène; c'est donc la partie la plus poétique et la plus dramatique en même temps de son sujet que Saurin a volontairement négligée. » M. Hippolyte Lucas écrivait

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dans le Siècle en 1847 : « Le sujet de Spartacus est assurément un des plus beaux, un des plus sympathiques que l'antiquité nous ait légués; il plaît aux cœurs indépendants. Il fut truite avec énergie, en 1760, par 8nurin ; le souffle d'une révolution prochaine s'y faisait sentir, et le grand mot d'humanité y résonnait avec éclat. L'idée, en général, chez Saurin, ad« la grandeur et le vers de la fermeté ; mais l'intrigue manquo d'animation véritable ; ce sont des entretiens philosophiques ii la façon du xvme siècle. »

Nous ne pousserons pas plus loin l'analyse de cotte pièce, qui est sortie un instant du demi-jour poussiéreux où elle était reléguée, lors de l'apparition du Spartacus de M. Hippolyte Magen (v. ci-après). Il est pourtant ça. et là quelques bonnes tirades qu on voudrait sauver de l'injure du temps. Ainsi, quand le destin l'accable, Spartacus, ce lier révolté qui no dément nulle part son caractère, resie supérieur encore à ceux qui l'ont vaincu. Crus^us, avant de l'env03'er au supplice, triomphe de sa défaite:

. . . Votre Ame inflexible et superbe Voulait voir nos remparts ensevelis &ous l'herbe. De tous ces grands projets que reste-Hl ?

— L'honneur, répond Spartacus. Dit sur les planches en 17GÛ, cela ne manquait pas d'audace et ferait comprendre au besoin pourquoi Voltaire trouvait les quelques vers heureux de Spartacus a frappés sur l'enclume du grand Corneille. *

Spnrincn* , tragédie en cinq actes , de M. Hippolyte Miigen (théâtre de l'Odéon, 8 juin 1817). Le Spartacus de 1847, profitant des libertés que le théâtre a conquises depuis Saurin, n'est pas issu d'un roi. Enfant du peuple, il n'en tombe pas moins, ou à peu près, dans le même péché que celui de 17G0, c'est-à-dire qu'il est amoureux, ce qui, disonsle tout de suite, ne nous plaît guère; (es quelques lignes dont nous avons fuit précéder I analyse de l'ouvrage de Saurin trouveraient également bien leur place ici. Puisque M. Magen éprouvait absolument le besoin de mettre en scène le Spartacus de l'histoire et de la légende, il devait, ajouterons-nous, essayer de lé faire en devançant l'exemple de M. Ponsard, qui n'a pas craint, dans Charlotte Cordai/, d'exclure l'amour du théâtre, une fois par hasard. Il est vrai Ijue la chose est périlleuse en Fiance, où l'on n admet pas, comme chez les Grecs et les Romains, nos maîtres cependant, que l'amour fasse entièrement défaut dans une action tragique.

Spartacus est, au lever du rideau, l'époux d'Idamis, sœur du consul Lucullus Varron. De cette union invraisemblable et restée secrète est née une jeune fille, nommée Junie, qui a quinze ans. L'esclave, époux et père, inédite son affranchissement, la ruine de la ville éternelle et la réhabilitation de son épouse. Un de ces rois barbares que Rome gardait comme otages, Tigrane, s'associa k ses projets. Pendant ce temps , Lucullus songe b mari«r sa sœur à un sénateur. Cette alliance rendra l'honneur à Idainis. Mais Idamis refuse et, sur les instances de Lucullus, elle avoue qu'elle est engagée dans des liens indissolubles. Lucullus ne tarde pas h découvrir que c'est avec Spartacus qu'elle est secrètement unie. Il s'apprête à se venger de l'esclave : Spartacus trouvera la mort au cirque en combattant un tigre; mais l'attente de Lucullus est trompée; Spartacus reste vainqueur de l'animal. Cependant, pour lutter contre le tigre, on l'a armé, lui et les autres gladiateurs; ces unues, entre les mains des esclaves, vont devenir funestes h leur maître. Spartacus excite ses compagnons et, pendant une orgie des fils dégénérés de Romulus, la révolte éclate. Mal secondé, Spartacus échoue. 11 est plongé dans le spoliuire, où Lucullus vient 2e railler. A Lucullus succède Idamis; elle a séduit le gardien et précède les gladiateurs qui accourent le délivrer. Rendu à la liberté, Spartacus appelle à lui tous les esclaves de l'empire; il plante ses tentes aux portes de Rome et ordonne aux Romains qu'il a vaincus de descendre au cirque à leur tour et de se déchirer entre eux comme on le forçait naguère de se déchirer avec ses amis. De plus, il veut détruire

Rome avec ses palais, où le vice, abrité, Se rit de l'innocence et de l'humanité.

« Qui peut l'en empêcher? — Moi I » s'écrie Idamis, qui se souvient qu'elle est Romaine. Idamis et sa fille viennent implorer la clémence de Spartacus, qui s'arrache pourtant à leurs embrusseineuts et retourne au combat. Il en revient mortellement blessé et meurt entre les bras de sa femme et de sa fille.

» Les nobles qualités que Plutarque prête au gladiateur, M. Magen les a données au héros de su tragédie, et le développement de ce caractère fuit honneur au talent du jeune écrivain, » disait Ancelot, rendant compte de Spartacus. Kt il ajoutait : t Nous ne sommes pas aussi contents de la partie romanesque de la pièce; nous aurions de sérieuses réserves a fai'-e sur le mariage secret de Spartacus aveu la sceur du consul Vairon, cette Idamis, dont le nom, fort étrange pour une Romaine, ne nous plaît guère plus que sa position équivoque, nous allions dire impossible ; mais ne troublons point le triomphe du

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poète. Une action sagement conduire, des pensées exprimées avec énergie, un dialogue souvent concis et ferme, des détails de mœurs bien étudiés et poétiquement rendus, ont justifié les unanimes applaudissements qui ont accueilli l'ouvrage de M. Magen. »

Spartnena, statue de Foyatïer. Le modèle en plâtre de cette oeuvre fut exposé au Salon de 1827 ; la statue ne fut exécutée en marbre qu'en 1830. Elle obtint un grand succès. Le roi Louis-Philippe l'acheta et la fit placer dans le jardin des Tuileries, où elle est encore aujourd'hui. Ce ne fut plus alors un succès seulement , ce fut une vogue immense. Le public y chercha ' des allusions politiques. Il voulut voir dnns l'esclave brisant ses chaînes un S3'mbole ou une prophétie de la révolution de Juillet. Spartacus, en effet, est daté du 20 juillet 1830. On ne s'aperçut que plus tard, et lorsque l'enthousiasme fut un peu refroidi, que les reins et surtout les épaules étaient empreints d'exagération, hors de toute proportion avec le reste du corps. Malgré ces défauts, Spartacus est demeuré le ehef-d'ceuvre de l'auteur; on y applaudira toujours la vigueur des membres, l'énergique simplicité du mouvement et l'expression de tière indignation qui contracte les traits du célèbre gladiateur.

Sjinrlncn» ( LIÎ SERMENT DE ) , groupe de

marbra de M. Barriasj Salon de 1872. Le vieux père de Spartacus, enchaîné et cloué à un tronc d'arbre, vient d'expirer; sa tète retombe lourdement; sa poitrine, comprimée par la torture, a tini de râler; son dos est arc-bouté à l'arbre ; ses pieds ensanglantés demeurent eramponnés au sol. On devine, aux convulsions du corps, ce qu'a dû souffrir cette victime d'un pouvoir implacable ; mais la physionomie est calme, presque sereine, comme celte d'un martyr chrétien. Le malheureux semble être entré dans la mort comme dans un repos ardemment souhaité.

Près de lui se tient Spartacus, bel adolescent d'une quinzaine d'années. Le héros futur est debout, un poignard à la main ; sa jeune tête, sur laquelle s'appuie celle du vieillard, est ornée d'une abondante chevelure; son visage, à moitié couvert d'ombre, a une expression de douleur concentrée et de haine farouche Le sang du martyr crie... Le fils du vaincu jure de châtier les bourreaux.

« L'auteur du Serment de Spartacus, a dit M. Marius Chaumelin, n'a pas fuit seulement œuvre de penseur. Ses deux figures, savamment groupées, sont exécutées avec correction et énergie. Le Spartacus a des formes jeunes, souples et nerveuses. Le torse du vieillard rappelle, par la vérité des détails anatomiques et l'affaissement des membres, le Christ réaliste de la Pietà sculptée par Michel-Ange oour Santa-Croce, à Florence. » Avant de paraître au Salon de 187!, où il a remporté une médaille de l'o classe, le Serment de Spartacus avait figuré parmi les envois de Rome en 1871.

Une statue de Spartacus, exécutée par le sculpteur italien Vêla, a été exposée à Londres en 1862. Un tableau du Dominiquin, représentant Spartacus qui vient de rompre ses liens et pousse le cri de la révolte, a fait partie de la galerie Aguado et a été gravé par Auguste Blanchard.

SPARTAN s. m. (spar-tan — rad. spart).

Mur. Cordage de spart, il On dit aussi sparton.

SPARTE s. m. (spnr-te). Bot. Syn, de srART : Les tiges du sparte tenace sortent par touffes de gaines radicates. (T. de Berneaud.) Dans les années de sécheresse, la récolle du sparte est peu abondante. (Y. de Bomare.)

— Encycl. V. spart.

SPAHTE ou LACÉDÉM01SB , ville de la Grèce ancienne, capitale de la Laconie (v. ce mot), dans le l'éloponèse. Elle était située dans une vallée, entre les monts du Taygète à l'O. et du Parnon à l'E., sur la rive occidentale de l'Eurotas, recevant à cet endroit les eaux de la Tiasa. Au temps de sa plus grande prospérité, elle comptait environ 00,000 habitants, y compris les ilotes. Sparte, qui avait une forme ovale, se développait sur un espace ayant environ 9 kilomètres de circonférence. Ou y comptait quatre quartiers : lo Pitane, au N., comprenant l'Agora (place publique), dominée par l'Acropole, bâtie sur un rucher haut d'une centaine de mètres', 2° les Marais, à l'E., baignés par l'Eurotas et la Tiasa, et dont une partie portait le nom de Plataniate; le Piataniste était ainsi nommé (Pausanias, ch. xiv) parce qu'il était entouré de platanes irès-hauts et qui se touchaient; cet endroit, destiné aux combats des adolescents, était entouré d'un euripe (canal plein d'eau) qui eu formait une Ile ; deux ponts y conduisaient; sur l'un, on voyait la statue dUlereule , et sur l'autre, celle de Lycurgue ; 3° Cynosura, près de la Tiasa, à l'O.; 4a enfin Messoa, au centre. Ses principaux monuments étaient : le portique ies Perses, orné des statues de Mardonius et d'Artémise; le cirque, dit Droiuos; le théâtre en marbre blanc; le temple de Minerve Cnalciœohos, situé sur l'Acropole; ceux de Vénus Guerrière, de Junon Argienne, de Neptune Gseochos, des Muscs; les tombeaux des rois; l'Hippodrome, situé hors de la ville. Aucun de ces monuments ne pouvait rivaliser avec ceux d'Athènes. Pendant fort longtemps,

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Sparte ne fut point fortifiée; ce ne fut que I du temps du tyran Nabis, vers 250 av. J.-C, I qu'on la protégea par des murailles. De cettu , cité, qui tint une si grande place dans l'his- I toire de la Grèce ancienne, il ne reste plus que des ruines , désignées aujourd'hui par le peuple sous le nom de Palosoohori. Nous allons indiquer en peu de mots l'état de ces ruines.

Un aqueduc ruiné mène à la colline contre laquelle est appuyé le théâtre, seul monument que l'on puisse bien reconnaître. Le drome et l'hippodrome sont effacés; les temples sont détruits; les murs de la citadelle ont presque disparu, et la campagne est couverte au loin de monceaux de ruines. On cherche en vain, devant le théâtre, le tombeau de Léonidas: plus loin, celui de Pausanias; de l'autre coté, le portique des Perses et la palais d'Hélène; on ne trouve que des restes informes, auxquels de systématiques touristes ont imposé des noms. Un ruisseau

3ui se jette dans l'Eurotas est le seul indice e l'emplacement du Piataniste, dépouillé des arbres qui en faisaient l'ornement. Un pont traverse le Ileuv6 sur les restes du pont Babix. De notre temps, le roi Othon a ordonné de rebâtir Sparte près du confluent de l'iri (ancien Eurotas) et de la Magoula (ancienne Tiasa), et il en a fait le chef-lieu du nome de Laconie; mais la nouvelle ville ne s'est bâtie que très -lentement, et elle ne compte guère aujourd'hui plus de 2,000 hab. Comme nous avons parlé ailleurs (v. RÉ- PUBLIQUE, t. Xllf, p. 1013) du gouvernement sous lequel Sparte joua un si grand rôle dans l'ancienne Grèce, nou3 allons nous borner ici à esquisser rapidement son histoire. Mais auparavant disons quelques mots du caractère de ses habitants. Les Spartiates ou Laoédémoniens formaient un peuple essentiellement guerrier. La Laconie, qu'ils habitaient, était, selon l'expression d'Euripide, • un pays riche en productions, mais difficile à labourer, enfermé de tous côtés par une barrière d'âpres montagnes, presque inaccessibles h l'ennemi, » Cette contrée, par sa nature et son climat, devait rendre les hommes énergiques et durs. ■ Le pays, dit M. Duruy, était admirablement disposé pour porter la guerre chez les autres sans la recevoir chez soi, véritable forteresse où l'on ne pouvait entrer qu'au nord-ouest par la vallée supérieure de l'Eurotas, très-facile à défendre, et au nordest par celle de Sellasie, presque impraticable à son extrémité supérieure. Du côté de la Messénie, il n'existait qu'un sentier étroit et dangereux a travers le Taygète. Toutes ces routes aboutissaient à un même point, Sparte. • Les habitants, habitués de bonne heure aux privations et à la fatigue, ne se livrant ni à l'industrie ni au commerce , étaient sobres, vigoureux , opiniâtres et braves. Leurs mœurs , que n'avait point corrompues une civilisation avancée, étaient pures et leur patriotisme ardent. Leur éducation , donnée en commun , avait surtout pour objet de développer leur vigueur musculaire , de les rendre habiles dans les exercices du corps; elle laissait presque de côté la culture do l'esprit, qui tenait tant de place à Athènes. Si l'on en excepte leur législateur Lycurgue, presque tous leurs grands hommes, Léonidas, Pausanias, Lysandre, Agis, Cléombrote, Cléomène, etc., sont des hommes de guerre. Ils étaient pour la plupart ignorants et portaient dans leur langage une concision, une brièveté qui est devenue proverbiale sous le nom de laconisme. Toutefois, ils n'avaient pas pour les lettres et pour les arls le dédain qu'on leur a attribué. « Au vie siècle, dit un écrivain, on voit Sparte accueillir les artistes étrangers, Théodore de Samos, Bathyclès de Magnésie, etc.; les sculpteurs Chartas et Syadras sont Spartiates de naissance et forment le Corinthien Euchir, dont le disciple, Cléarque de Rhégium, fait pour Sparte un colosse de Jupiter eu or battu. Sont aussi Spartiates les sculpteurs Dùryclidas, Doutas, Théoclès et le plus grand de tous, Giliadas, architecte, sculpteur et poëte, qui construisit un temple d'airain pour Minerve, fondit la statue de la déesse, composa un hymne en son honneur et entoura tout l'édifice de bas-reliefs en airain, dont Pausanias vanie l'admirable composition. Au travail de l'airain et du. marbre se joignait celui de la toreutique, c'est-à-dire l'emploi de l'or, du bois et de l'ivoire habilement mélangés. Lu musique et la poésie, considérées comme moyen d'éducation , étaient également en honneur. Les lois de Lycurgue étaient en vers. Enfin, le poète Alcman obtint par son génie le rang le plus rapproché de celui de citoyen Spartiate. » Quoi qu'il en soit, les Spartiates, en somme, n'ont produit qu'un très-petit nombre d'individus notable;, dans les lettres et dans les arts, et aqcun d'eux n'a laissé ni un de ces noms ni une de ces œuvres qui restent graves dans la mémoire des hommes. Quant aux femmes Spartiates, dont la beauté était célèbre en Grèce, elles recevaient une éducation toute virile et qui, comme celle des hommes , servait surtout à fortifier Je corps. Les historiens désignent les habitants de la Laconie ou Laconiens soit sous le nom de Spartiates, soit sous celui de Laeédémouiens. Toutefois, ou appelle plus particulièrement Spartiates les habitants mêmes de Sparte, et Lacédèmoniens les habitants du territoire de cette ville, c'est-à-dire de la Laconie,

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Tout ce an on a dit sur les origines da Sparte est absolument dépourvu do certitude et appartient beaucoup plus a la légende qu'à, l'histoire. Des historiens ont attribué la fondation de Sparte à Spartoti, qui v.vait, dit-on, vers 1880 avant notre ère. D'après d'autres, le premier roi de Laconie fut Lelex, prince autochthone, qui vivait vers 1743 et d'où les habitants de la Laconie prirent le nom de Lêléges, Son petit-fils Eurotas (vers 1631) fit creuser une sorte de canal pour conduire à la mer l'eau stagnante qui rendait la plaine insalubre. Commeil n'avait pasd'enfantmàle, il donna sa tille Sparta et son royaume au. chef achéen Lucédéinon, lils de Jupiter et de Taygète. D'après une tradition qui contredit ce que nous avons dit plus haut au sujet de Spatton, la principale ville de la Laconie dut le nom de Sparte ù la fille d'Eurotas. Lacédémon fit agrandir la ville, où plutôt il construisit auprès une ville nouvelle à laquelle il donna son propre nom, Car Homère considère comme deux villes distinctes Sparte et Lacédéinone. Les successeurs de ce dernier prince, a; partenant comme lui à la tribu grecque des Achéens, qui, selon toute vraisemblance, avait envahi la Laconie, continuèrent à régner sur cette contrée jusqu'il l'époque de la guerre de Troie. Un des successeurs de Lucédéinon fut Tyndare (vers 1328), à qui Hippocoon, son frère, ravit le trône. Hercule le lut rendit en lui faisant promettre qu'en mourant il lo transférerait aux Iléraclides. Tyndare ne tarda pas à oublier sa promesse. Il donna son royuume et sa lille, la belle Hélène, à l'Atride Ménélas ; puis Hermione , lille de Ménélas, épousa le roi d'Argos, Ores:e, qui devint à non tour roi de Sparte. Ce fut sous le règne du fils de ce dernier, Tisamène, que les Iléraclides, à. la tête des Dorions, envahirent lu Luconie, eu réclamant le trône promis aux descendants d Hercule, et s'emparèrent du trône de Sparte. Aristodème, le piemier roi de cette dynusiio vers 1190, laissa ses Etats à ses deux lils, Eurysthene et Proclës. • Comme ils étaient jumeaux, dit'M. Duruy, on décida qu'ils seraient tous deux rois. La pythie l'avait ainsi ordonné. Ils fondèrent les deux maisons royales des Agides et des Eurypontides, qui régnèrent siinuluitiément à S parte pendant plus de neuf cents uns. La branche aînée prit lo nom du fils d'Eurysthène, Agis; la branche cadette, celui du petit-fils de Proelès, Eurypon. Les nouveaux maîtres de la Laconie, au lieu de se disperser dans la campagne, se concentrèrent it Sparte afin de se tenir en garde contre toute surprise. Ils avaient d'abord laissé leurs lois aux anciens habitants; mais Agis retira cette concession. Les Doriens ou Spartiates eurent seuls des droits politiques. Les Laconiens, devenus leurs sujets, n'eurent que des droits civils. La plupart acceptèrent ce changement de condition. Les habitants d'Hélos, ou Ilotes (v. ce mot), qui le repoussèrent, furent lainou-f et réduits en servitude. Tous ceux qui lus imitèrent eurent un pareil sort. » Les Doriens, qui furent alors les Spartiutes proprement dits, en devenant maîtres absolus, un gardant pour eux seuls le droit de guuverner, (le faire des lois, de tenir des assemblées, durent être constamment armés pour empocher do se révolter la double classe de vaincus, Jes Lneedeinouieiis ou Laconiens et les ilote.s ou esclaves uu nombre do 340,000. A cette cause permanente de trouble intérieur s'en joignit une autre provenant de la mésintelligence et des rivalités qui Se produisirent presque constamment entre les deux rois. A l'exemple des deux familles royales, les l'uinilles des conquérants doriens su divisèrent, et bientôt, parmi les maîtres do la Laconie, il y eut des oppresseurs et dos opprimés, des riches et des pauvres. De là, eiit l'historien précité, des secousses qui ébranlèrent l'Etat et chassèrent du pays quelquesuns des conquérants; ce fut ainsi que Theras conduisit une colonie dans 1 lie qui prit son nom et que d'autres allèrent se fixer dans la Tiiphylic, à l'ouest du Pelopouese. Cependant, malgré ses discordes, Sparte trouva lo moyen de faire des conquêtes. Elle attaqua et chassa de leur territoire les Cyuuriens, qui faisaient d'incessantes incursions dans l'Argolide et la Laconie, puis vainquit les Argieus, qui voulaient s'emparer de ee petit territoire. Vers 884, Lycurgue entreprit de réformer l'Etut ne Sparte et de mettre un terme aux troubles intérieurs en établissant l'égalité des fortunes et en partageant les terres entre les Spurliateî, qui nabitaient la ville, et les Laconidusou provinciaux, qui habitaient les campagnes. Quant aux ilotes, ils continuèrent à être maintenus en esclavage et à être charges de travailler pour les Spartiates et de les nourrir. Doté des institutions nouvelles dont nous avons parlé aux articles LïCDHGUB et hkpubliqub, l'Etat de Sparte ne tarda pas a acquérir une influence prépondérante sur les autres Etats doriens. Grâce ù leur éducation, qui u-udait à faire d'eux des hommes de guerre toujours prêts ù servir la patrie et à mourir pour elle, grâco à leur discipline rigoureuse, a leur puissante oiganisauon militaire, qui faisait dire u Xénophon : « Vous croiriez que la seule republi jiie de Sparte a produit ues guerriers, tandis que l'art militaire est resté dans l'enfance chez la plupart des liutiohs, « les Spartiates devinrent uu peuple redoutable. Apres avoir réduit eu esclavage les habitants d'Egjs, de

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Pharis, de Géranthrées, d'Amyclées, détruit de fond en comble Hélos et fait une expédition malheureuse contre les Tégéates, Us attaquèrent les Messéniens, avec lesquels ils étaient depuis longtemps en rivalité. A la suite de deux guerres sanglantes, l'une qui dura de 744 k 724, l'autre de 684 à 6G8 (v. Messénie), ils réduisirent tous les Messéniens en esclavage, excepté les habitants de Pylos et de Méthone, qui allèrent s'établir en Sicile et doublèrent a la fois leur population et leur territoire. Par cette conquête, Sparte était devenue l'Etat le plus puissant.du Pé-. loponèse. En 620, elle fit aux Tégéates une guerre qui dura soixante-quatorze ans et se termina par la soumission de la ville de Tégée, qui devint tributaire. En 582. elle renversa la dynastie des Cypsélides à. Oorinthe, et, en 580, celle des Orlhagorides à Sicyone et fit alliance avec ces deux villes. A la suite d'un différend ayant pour objet la possession de Tyrée et de la Cynurie, Sparte déclara la guerre à Argos. Les Argiens, défaits dans une grande bataille vers 547, durent céder les pays disputés et vraisemblablement aussi la côte orientale de la Laconie, qui, à partir du vie siècle, fit partie du territoire laeédémonien. Dans une seconde guerre contre les Argiens, Cléomène, roi de Sparte, après les avoir vaincus (514), s'avança jusqu'à Argos ; mais il ne put prendre cette ville, qui se défendit héroïquement. Sparte intervint dans les affaires de l'Attique en 510 pour chasser Ilippias, auquel succéda Clistliène, pour expulser ce dernier au profit d'Isugoras en 507 et pour rétablir Isagonis que Clisthène venait de renverser (505). Vers la inéme époque, les Spartiates s'emparèrent de Cythère, qui devint une bonne station navale, et, en 491, ils firent une expédition dans l'Ile d'Egine, dont les habitants leur livrèrent des otages. A cette époque, « Sparte, dit M. Duruy, était maîtresse par elle-même des deux cinquièmes du Péloponèse, redoutée ou obéie. dans le reste; les peuples répondaient k son iippel quand elle les invitait à suivre son armée hors de leur péninsule. Elle était la première puissance <te la Grèce, et sa réputation pénétrait même en Asie; car vers l'époque de la guerre contre Argos (547), une ambassade ilu riche Crésus, roi do Lydie,, était venue solliciter son secours, et elle se disposait k lui envoyer des vaisseaux et des soldats, quand elle upprit sa chute. C'est à elle encore que s'adressèrent les victimes de Polycrate, l'exilé samien Méandrios, les Ioniens révoltés contre les Perses et Platée qui voulait se séparer de la Beotie, Athènes enfin, qui \oulait se venger d'Egine. Elle était donc, avant les guerres inédjques, reconnue par les Grecs et pur les barbares comme la tête de l'Hellade. •

Pendant la seconde guerre médique, Sparte joua un grand rôle. Ce fut Léonidas qui arrêta un instant l'armée de Xerxes au défilé des Thennopyles, où il trouva une mort héroïque (480). Cette même année, Eurybiade irit part avec la flotte lacédémonienne à la latiulle de Salamine. L'année suivante, Pausanias commanda eu chef l'armée grecque qui remporta une victoire complète sur Mardonius 1479). Peu après, l'ambition, l'urrogance et la trahison de Pausainas, qui forma le dessein d'asservir sa patrie, amenèrent les Grecs alliés a se séparer de Sparte et à placer Athènes à la tête de la Grèce. A la suite d'un tremblement de terre qui détruisit en partie Sparte en 460, les ilotes et les Messéniens entreprirent de secouer le joug des Spartiates et marchèrent sur la ville. Le roi Archidamus parvint à les repousser, et les ilotes rentrèrent dans la soumission, sauf un certain nombre d'entre eux qui suivirent les Messéniens. Ce fut alors que commença (464) une troisième guerre de Messénie, qui dura dix ans et pendant laquelle les Spartiates éprouvèrent à diverses reprises des revers, ils demandèrent même des secours à Athènes; mais lorsqu'ils furent parvenus à comprimer par leurs seules forces le soulèvement des Messéniens, ils renvoyèrent d'une façon blessante k Athènes les auxiliaires qu'ils en avaient reçus. Cette conduite impolitique amena une guerre entre Sparte et Athènes, qui s'allia avec Argos, Mégare, les Phocidiens et Jps Thessalietis. Une année Spartiate, sous prétexte de secourir les Doi ens contre les Phocidiens, vint camper à Tanagie ; les Athéniens accoururent k sa rencontre, ayant à leur tête Pericles; mais, malgré leur bravoure, ils furent défaits par suite de la défection des Thessaliens (456). Toutefois, les Athéniens ne tardèrent pas à prendre leur revanche. La victoire de Myronidès sur les Béotiens à CKnophyta (456) assura l'infiaence d'Athènes sur la Grèce centrale; l'année suivante, Toltnidas brûla Gythium, arsenal de Sparte, et prit Naupacte, que les Athéniens donnèrent aux Messéniens vaincus, qui s'étaient retirés chez eux en quittant le Péloponèse. Cimon, ayant été rappelé d'exil en 456, sur la demande de Périclès, conclut entre Sparte et Athènes, en 454, une trêve qui devint, en 450, une paix soi-disant définitive. Deux ans plus tard, en 448, à l'occasion de la deuxième guerre sacrée, Sparte forma contre Athènes dans le Péloponèse une ligue puissante, dans laquelle elle n'hésita point à faire entrer les Perses. Elle avait commencé les hostilités, lorsqu'elle dut s'arrêter par suite de la conquête de l'Eubée par péricles, et les deux peuples rivaux signè-

ïiv.

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rent, en 445, une paix de trente ans. Cette paix devait être subitement interrompue en 431 par la célèbre guerre du Péloponèse, qui dura vingt-sept ans. La rivalité commerciale de Mégare, d'Egine et dé Cor'mthe et la haine séculaire de Sparte, avivée par les intrigues de la Perse, telles étaient les causes de cette guerre, dont nous avons parlé ailleurs (v. Pkloponesi;) et qui se termina par l'abaissement d'Athènes, par la destruction de son port et de ses fortifications (404). Sparte, après avoir écrasé sa rivale, devint toute-puissante en Grèce; mais alors on vit s'introduire chez elle le luxe, la corruption, la vénalité, Ses généraux avides pillent le trésor public, et ses institutions se corrom-

1 pent. Le joug écrasant que son impitoyable oligarchie fait peser sur les ilotes et les clas-

I ses pauvres provoque, en 399, la rébellion de Cinadon, comprimée dans le sang. En même temps, elle s'attire la haine des Grecs par

' la tyrannie qu'elle exerce dans chaque ville

. où elle envoie un harmoste Spartiate, que soutient une garnison lacédémonienne, par l'injuste guerre qu'elle fait à l'Elide (408), par les tributs annuels qu'elle exige des villes soumises. Rien de grand et de fécond ne sortait de cette domination , menacée d'une rapide décadence par des causes multiples , notamment par l'état même de Sparte. A cette époque, la • cité Spartiate, dit l'historien précité, diminuait de jour en jour, comme usée par le jeu de ses institutions de fer. Ce cadre étroit dont elle s'était environnée, et qui, jamais ne s'ouvrant, se resserrait toujours, finissait par ne plusrenfermerqu'un petit nombre de Spartiates ; une foule avaient péri dans les guerres ; d'autres étaient rejetés dans la classe inférieure par leur pauvreté, qui ne leur permettait plus de venir s'asseoir aux tables publiques. Aristote le dit expressément : « Qui n'avait pas le moyen » de fournir aux dépenses de ces tables était » privé de ses droits politiques. » Les Spartiates sentaient bien qu'ils étaient menacés de périr par défaut de citoyens. « Le territoire ' de Sparte, dit Aristote , pouvait entretenir » l,50û cavaliers et 30,000 hoplites; il porte à > peine aujourd'hui 1,000 guerriers. Dans des » assemblées de 4,000 personnes, k peine » voyait-on 40 Spartiates, y compris les rots, » le sénat et les éphores. » En outre, à mesure que le nombre des Spartiates diminuait, l'inégalité augmentait. L'or et l'argent cessaient d'être proscrits. Ceux qui revenaient des commandements en Asie, les harmostes, les généraux en rapportaient de grandes sommes et bien d'autres choses encore, l'amour du luxe, de la mollesse, l'esprit de vénalité, tous les vices dont Lycurgue avait voulu préserver sa ville. Les éphores, les sénateurs donnaient eux- mêmes l'exemple de ces dangereuses nouveautés; le gouvernement devenait de plus en plus oligarchique. Tout Se passait entre les éphores et le sénat; l'assemblée générale était même rarement consultée , et moins les gouvernants étaient nombreux , plus ils étaient jaloux de leurs privilèges, plus ils craignaient de les laisser envahir. Il résultait de la une haine violente entre les privilégiés et la classe inférieure, qui se recrutait des Spartiates déchus de leur rang par la pauvreté, d'ilotes affranchis, de Laconiens auxquels on avait accordé certains droits, d'entants nés de Spartiates de la première classe et de femmes étrangères, «

Des germes profonds de dissolution se trouvaient dans l'Etat lacédémonien, lorsque les Spartiates, comprenant, après la guerre du Péloponèse, que les Perses avaient profile de cette guerre plus peut-être qu'euxmêmes, résolurent de porter leurs armes en Asie. Lorsque le jeune Cyrus se souleva contre son frère Artaxerxès iYlnéinon,ils mirent un Spartiate, Cléarque, k la tête de 13,000 Grecs auxiliaires, qui allèrent, combattre pour le jeune prince et qui assistèrent k la bataille de Cunaxa (401) ; puis ils firent directement la guerre au roi de Perse (400-395), et leurs généraux Thymbron, Dercyllidas et Agésilas battirent k diverses reprises les armées de ce prince. Ce fut alors que, à l'instigation et grâce aux subsides du roi de l'erse, les Etats opprimés, Athènes, Thèbes, Argos, Coriuthe et les Thessaliens, se liguèrent contre Sparte. Le géuéral Spartiate Lysandre fut vaincu par les coalisés k Haliarte, où il trouva la mort (394). Vainement le roi Agésilas remporta sur eux la victoire de Coronée (393), la défaite des Spartiates à la bataille navale de Cnide leur fit perdre l'empire de la mer, qui revint aux Athéniens. Dans cette situation critique, ils n'hésitèrent point à signer avec le roi de Perse le honteux traité d'Antalcidas (387), qui livrait ace prince les Grecs d'Asie en échange d'une flotte de 80 vaisseaux avec laquelle ils redevinrent maîtres de la Grèce. Sparte fit alors peser une tyrannie écrasante sur la plus grande partie de l'Hellade, sur la Thessalie et les cites sujettes d'Olynthe. Après avoir démantelé Mantiiiée (3S5), rétabli à Phlionte le gouvernement aristocratique, pris par surprise la citadelle de Thèbes (382), elle attaqua le port d'Athènes, le Pirée (378) ; mais, cette même année, le général thèbain Félopidas reprit la citadelle (Cadmée) et chassa les Lacédémouiens. Athènes et Thèbes se liguent alors contre l'ennemi commun. Battus successivement sur terre, et sur mer à Thespies, à Naxos (377), à Orchomène, à Tégyre, k Leucade (376), les Spartiates éprouvèrent, en 371, la

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terrible défaite de Leuctres, k la suite de laquelle le général thébain Epatninondos envahit à trois reprises le Péloponèse, rétablit la Messénie comme Etat, fonda Mégalopolis pour donner un centre k la confédération arcadienne et porta k Sparte un coup dont elle ne devait plus se relever. Encore une fois, elle fut vaincue à Mantinée (363) par Démétrius Polyoreète et Epaminondas, qui y trouva la mort, et, l'année suivante, elle perdit son roi Agésilas, qui avait fait preuve de grands talents militaires. Sous le règne de Philippe, roi de Macédoine, Sparte ayant attaqué Messène et Mégalopolis, ce prince intervint dans le Péloponèse et la força k cesser ses attaques. En 338, elle refusa de s'adjoindre aux Grecs contre le roi de Macédoine, et les laissa, impassible, écraser à Chéronée. Lorsque Alexandre le Grand envahit l'Asie. Sparte, à l'instigation du roi de Perse Darius, essaya de soulever la Grèce contre le jeune conquérant; mais le général Antipater marcha contre elle et vainquit Agis, qui trouva la mort dans la bataille (330). En 252, Aratus, ayant fondé la ligue achéenne pour lutter «outre la Macédoine, demanda aux Spartiates leur concours dans cette œuvre patriotique ; mais ceux-ci refusèrent de répondre h son appel et ne prirent les armes pour la cause des Hellènes que lorsqu'ils y furent contraints plus tard par Philopœmen. En ce moment, l'Etat lacédémonien était tombé dans une profonde décadence et se trouvait en proie aux révolutions intestines. Deux de ses rois, Agis III, puis Cléomène III, entreprirent de faire revivre les antiques institutions de Lycurgue, sans songer aux modifications profondes qui s'étaient produites dans les mœurs publiques. Agis III paya de la vie sa périlleuse tentative (239); Cléomène, sans se laisser intimider par cette fin tragique, procéda avec une extrême vigueur aux réformes qui lui semblaient devoir régénérer sa patrie , fit opérer le partage des biens et mit à mort les éphores qui s opposaient à ses vues. Mais, toufentier au désir de faire renaître l'antique grandeur de sa patrie, il commit la faute grave, au lieu de s'unir aux Achéens contre les Macédoniens, de, combattre la ligne achéenne parce qu'elle ne l'avait pas choisi pour stratège. Il vainquit Aratus au mont Lycée (225), puis à Dymes ; mais le roi de Macédoine, An tigone Doson, s'empressa d'intervenir et écrasa à Sellasie (222) les troupes de Cléomène, qui quitta alors la Grèce et alla mourir on Egypte. Avec lui disparu-

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rent les réformes qu'il avait faites, et Sparte retomba dans son irrémédiable décadence.

En 210, Machanidas, qui s'était emparé du pouvoir suprême, entreprit de conquérir tout le Péloponèse; mais Ph'lopœmen, stratège des Achéens, marcha contre lui et le défit à la bataille de Mantinée, où il trouva la mort (200). Le tyran Nabis, qui lui succéda et se rendit odieux par ses cruautés, s'allia d'abord à Philippe, puis se prononça pour Rome, qui devait être plus redoutable encore que les Macédoniens pour la liberté de la Grèce. Grâce à l'appui des Romains, il put se rendre maître d'ArgoS; mais ses nouveaux alliés ne tardèrent pas à lui prendre sa conquête, en même temps qu'ils lui enlevaient les villes du littoral laconien et. Gythium (195). Trois ans plus tard, Nabis perdit la vie en combattant contre les Etoliens , qui s'emparèrent de Sparte ; mais Philopœmen délivra la ville, qui fut alors comprise dans la ligue achéenne. Neuf ans plus tard, en 1S3, Rome détacha Sparte de la ligue et, en 146, la réduisit en province romaine, ainsi que le reste dé la Grèce. La cité de Lycurgue, comprise dans la province d'Achaïe, fut alors administrée au nomdusénat romain par unagentehoisi parmi les Spartiates. Sous Auguste , la Laconie fut séparée de Sparte et forma le territoire particulier desEleuthéro-Laconiens. Lorsque, au milieu du vue siècle, on substitua dans l'empire romain le nom de thèmes à celui de provinces, Sparte tit partie du th>me du Péloponèse; puis, lors de la fondation de l'empire latin en 1204, elle fut comprise dans la principauté de Morée ou d'Achaïe. Un prince de la famille des Paléologues fit plus tard de Sparte le siège d'un despotatr, qui disparut en 1460, lorsque Mahomet II s'en empara et chassa le dernier despote, Démétrius. Celui-ci appela à son secours le prince de Riraini Malatesta, qui mit, en 1460, le siège devant la ville et qui', ne pouvant s'en rendre maître, parvint à l'incendier. A partir de ce moment, elle ne fut plus qu'un monceau de ruines abandonné, et les Turcs lui substituèrent successivement, comme chef-lieu de la Morée, Mistra, construite a peu de distance par les Latins, puis Tripolitza au siècle dernier. Après la proclamation de l'indépendance hellénique, le roi Othon, comme nous l'avons dit plus haut, voulut ressusciter à la fois le nom et la ville de Sparte. On éleva près des ruines de la cité antique des maisons et quelques édifices, et elle devint le chef-lieu de i'éparchie de Lacédémone.

Bois do Sparte.

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