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28 janvier, il arriva à Mashondé, eu, du haut d'une colline, il revit ce lac qu'il avait vu pour la première fois en 1859. Le voyage dans le Ganda fut pénible parfois, à cause des marécages à traverser. Annoncée depuis longtemps à Mtésa, roi du Ganda, la caravane de Speke fut partout respectée. Le 8 février 1862, Speke, arrivé sous l'équateur, s'engagea dans la vallée marécageuse de la Katonga, affluent du lac. Il rencontra des cours d'eau nombreux qui fertilisent l'Ouganda, et arriva, sur la rive septentrionale du lac, à l'embouchure fangeuse, et cachée sous un fouillis de roseaux.de la Mouerango. Mais les eaux de cette rivtère-ne s'écoulent pas dans le lac; au contraire, on lui assura que la Mouerango sort du lac en se dirigeant vers le nord, dans l'Ounyoro, et qu'elle débouche dans le Nyanza, c'est-à-dire le Nil. Le 20 février, Speke rendit visite à Mtésa, roi de l'Ouganda, en lui portant des cadeaux. Il obtint de lui au'il enverrait chercher Grant, qu'on avait du laisser malade chez le roi Roumanica.
Speke visita les côtes du lac sur la flottille royale. Grant vint bientôt le rejoindre. Mais tous les efforts des deux voyageurs pour étudier le lac Victoria et ceux qui l'entourent furent inutiles. Us ne purent constater et reconnaître si le lac reçoit d'importants affluents à l'est. Le 7 juillet, Grant et Speke se séparèrent ; le premier, malade de la jaunisse, partit pour le Nyoro; le dernier pour Rondogani; là Speke retrouvait < le Nil Blanc, > mais, voulant le voir sortir du lac Victoria, il remonta le fleuve. Il trouva des chutes qu'il baptisa chutes Ripon, et appela canal Napoléon la partie du « Nil Blanc « comprise entre les chutes et le lac. Il quitta à regret le lac pour suivre le courant du Nil ; mais quand il fut arrivé à la frontière du Nyoro, la population se souleva contre l'expédition et il retrouva Grant qui avait été chassé de cette région. Enfin, Kumrasi, le roi de l'Ounyoro , céda aux instances des envoyés de Speke et Grant et leur ouvrit son pays. A l'embouchure du Nil Blanc et de la Mouerango, ils arrivèrent k Chagouzy, la résidence royale, mais ils ne purent obtenir du roi nègre l'autorisation do visiter le pays, et ce ne fut pas sans peine qu'ils obtinrent l'autorisation de partir. Ils descendirent le Nil jusqu'aux chutes Kerouma, situées entre le 2" et le 3« degré de latit. N. Là, le Nil fait un coude et coule à l'ouest. Mais l'état de guerre dans lequel se trouvait le pays força Spike et Grant à abandonner le Nil et à se diriger vers le nord. A Païra, ils retrouvèrent le Nil coulant de l'ouest à l'est et arrivèrent enfin à Gondokoro, où ils retrouvèrent fetheriek et Baker, envoyés à leur recherche par la Société de géographie. Speke reçut, à son arrivée en Angleterre, le plus brillant accueil. La Société royale de géographie tint à honneur de le récompenser. Les auditeurs se pressèrent à ses conférences, auxquelles assista le prince de Galles. Tout concourait à promettre à Speke un avenir heureux, lorsqu'il mourut, victime d'un accident de chasse , près de Bath, où il s'était rendu pour assister à une réunion de l'Association britannique pour l'avancement des sciences. Murchison se lit le promoteur d'une souscription nationale pour lui élever un monument. Speke possédait à un haut deuré les qualités physiques et morales du voyageur ; par sa santé robuste, par son énergie, il avait résisté à la fatigue, vaincu la fièvre, conjuré les périls qui environnent l'explorateur au milieu d'indigènes rapaces et naturellement soupçonneux; l'expérience qu'il avait acquise, la facilité avec laquelle il supportait le climat du sol africain , tout faisait présager qu'il mènerait à bien les voyages dont il nourrissait les projets au moment où il mourut.
Le capitaine Speke a consigné le récit de son voyage chez lesSomal, en compagnie de Burton, eu 1854, et de son excursion de juillet 1858 au* lac Nyanza, dans des lettres insérées dans le Blackwood's Magasine de 1859 et 1860, et qui ont été réunies eu un volume sous ce titre : What led to the discovery of the source of the Nile (London, 1864, iu-S°). Le second voyage de Speke au lac Victoria est relaté dans un livre, les Sources du Nil, qui a été traduit de l'anglais par E.-D. Forgues, avec cartes et gravures, d'après les dessins du capitaine Grant (Paris, 1SG4, gr. in-8°).
SPÉLÉARCTOS s. m. (spé-lé-ar-ktoss — du gr. spéiaion, caverne; arklos, ours). Mamm. Genre de carnassiers, du groupe des ours, comprenant plusieurs espèces fossiles.
SPÉLECTE s. m. (spé-lè-kte). Ornith.
Syn. de toubaco.
— s. m. pi. Groupe de passereaux, comprenant les touracos et les musophages.
SPELLO, Y Hispellum des Romains, ville du royaume d'Italie, province d« l'Ombrie, district et à 5 kilom. N.-O. de Foligno, cheflieu de mandement; 4,530 hab. C'était autrefois une place forte, qui fut prise par Charles-Quint en 1529 et démantelée par Paul III. C'est dans cette ville qu'en 1772 on'trouva le tombeau de Properce.
SPELMAN (Henry), antiquaire anglais, né à Congham (Norfolk) en 1562, mort à Londres en 1641, Après avoir exercé de hautes fonctions dans la magistrature à Norfolk et
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en Irlande, il vint se fixer à Londres et s'adonna à l'étude des antiquités. Ses principaux écrits sont t De non temerandis ecclesiis (Londres, 1613, in-4°); Glossarium archxolog'icum (Londres, 1626, in-fol.); Concilia, décréta, ieges Ecclesis Anglix (Londres, 1639, in-fol.); De sepullura (Londres 1641, in-4°) ; A larger treatise concerning lilhes (Londres, 646, in-8").
SPÉLONQOE s. f. (spé-lon-ke — lat. spelunca, gr. spélugx, même sens). Caverne. Il Vieux mot.
SPÉLOTE s. m. (spê-Io-te). Entom. Genre d'insecies lépidoptères nocturnes, tribu des noctuélites, comprenant environ vingt-cinq espèces, qui habitent l'Europe.
— Encycl. Les spélotes ont pour caractères : des antennes crénelées chez les mâles, filiformes chez les femelles; les palpes arquées,très-velues :1a trompe longue ;le corselet arrondi, uni: 1 abdomen presque cylindrique, débordant les ailes, qui sont luisantes; les supérieures étroites, allongées, d'un gris variable, avec des taches souvent peu distinctes. Les chenilles sont cylindriques, glabres, de couleurs sombres, avec des taches cunéiformes sur le dos. Elles restent cachées dans le jour; la nuit elles se répandent sur les plantes basses, dont elles se nourrissent. Elles s'enfoncent dans la terre pour y subir leurs métamorphoses. Ce genre, qui a des analogies avec les agrotis et les noctuelles, renferme plus de vingt espèces européennes. Le spétote pyrophila a environ 0,n,04 d'envergure ot les ailes d'un gris cendré; on le trouve quelquefois aux. environs de Paris, et beaucoup plus fréquemment dans le Midi.
SPE1.TA (Antonio-Marin), littérateur italien, né à Pavie en 1559, mort dans la même ville en 1632. 11 professait la rhétorique et devint historiographe du roi d'Espagne. Ses principaux ouvrages sont : Vile ue' Vescooi di Pavia (Pavie, 1597, in-4°) ; Isloria de' futti notabili occorsi nell univcrso, etc. (Pavie, 1603, in-4<>) ; La Saggia Pazsia (Pavie, 160G, in -40), traduit en français par Garon et Michel.
SPEN s. m. (spènn). Pèche. Chacune des dix pièces qui composent le grand filet appelé sardinul.
SPENCE (Joseph), littérateur anglais, né à Kingsclere (Hanipshire) en 1699, mort à Bylleet (Surrey) en 1768. Après avoir terminé ses études à Oxford, il fut nommé ministre évangéiique et obtint à l'université la chaire de poésie, puis celle d'histoire moderne. Ses principaux ouvrages sont : Polymatis (Londres, 1747, in-fol.); Plain matter uf fact (Londres, 1748, iu-8°); Moralities (Londres, 1753, in-8«).
SPENCE (John), célèbre économiste anglais de l'école socialiste, né vers 1740. Ce fut en 1775 qu'il commença à répandre ses doctrines à Londres. Il fit paraître une série de brochures intitulées : liespublica Spencionea, située dans le monde des féeries, entre Utopia et Oceana. Il y soutient le principe de la souveraineté du peuple et demande la suppression de la propriété foncière. « Toutes les terres, dit-il, doivent être affermées par baux temporaires d'un an à vingt; le produit doit être distribué également à toutes les familles. • 11 croyait qu'on arriverait par ce procédé à établir mi certain équilibre parmi les fortunes. Il admettait d'ailleurs le droit de propriété particulière pour les meubles, l'argent, etc. Condamné pour la publication de ces doctrines a un an d'emprisonnement et à 20 livres sterling d'amende , il lit paraître au sortir de sa prison un pamphlet périodique, auquel il donna le titre de Pig's méat (nourriture des cochons), sans doute par allusion à l'expression de Burko qui avait appelé le bas peuple multiiude cochonne (swinish multitude). 11 parcourut l'Angleterre pendant deux ans pour répandre cet écrit; mais, pauvre lui-même et no trouvant d'appui nue parmi les pauvres, il finit par mourir dans une extrême misère. Il est le fondateur dune école socialiste qui a pris le nom de Speucénienne et qui a des adhérents en Angleterre et dans plusieurs autres pays.
SPENCE (miss Elisabeth-Isabelle), romancière anglaise, née vers 1768, morte eu 1832. Elle reçut une brillante éducation et, se trouvant pourvue d'une honorable aisance, elle s'adonna aux lettres, pour lesquelles elle avait manifesté un grand penchant. Son existence fut des plus heureuses et elle se vit tétée par les personnages les plus remarquables de Londres. On cite, parmi ses écrits : Noblesse de cœur, roman (Londres, 1804, .3 vol. in-12); Voyage d'été (Londres, 1809, 2 vol. in-8°); Esquisse des mœurs et coutumes actuelles de l'Ecosse (Londres, 1811, 2 vol. in-12); Lettres des highlands du Nord (Londres, in-S°) ; liécits gallois (Londres, 2 vol. in-12); Comment on se débarrasse d'une femme (Londres, 2 vol. in-12).
SPENCE (William), entomologiste anglais, né en 17X3, mort à Londres en 1860. Il se lia avec Guidaume Kerby, lit comme lui une étude approfondie sur les insectes et publia avec lui : Introduction to entomology, or éléments of the nalurat history of infects (1815- 1826, 4 vol.; 1858, 70 éd.). Eu 1826, il entreprit un voyage sur le continent et visita les principales villes de l'Europe. De retour dans sa
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patrie après huit ans d'absence, il se fixa a Londres.
SPENCE (George), jurisconsulte anglais, né en 1788, mort le 12 décembre 1850. Reçu avocat en 1811, il fut à deux reprises candidat au Parlement. La première élection fut annulée comme entachée de faits de corruption ; sa seconde élection, en 1829, fut plus heureuse. Il demanda en vain au Parlement une réforme de la chancellerie et vota en faveur de la réforme électorale. Il ne fut pas réélu en 1831; le 27 décembre 1834, il fut nommé conseiller de la reine. On a de lui : un Essai sur l'origine des lois et instilutions anglaises (1812) ; une Recherche sur l'origine des lois et institutions politiques de l'Europe moderne, de l Angleterre en particulier (1826) et un ouvrage intitulé : The équitable principes of the court of chancery.
SPENCER s. m. (spain-sèr — mot angl.
tiré du nom de lady Spencer, qui mit ce vêtement à la mode). Corsage sans jupe : spencer de drap, de velours. Porter un spencer par-dessus sa robe. Sous le premier Empire, les hommes ont porté un spencer par-dessus leur habit.
SPENCER, nom d'une illustre maison d'Angleterre, dont l'une des branches subsiste encore (v, Sunderland). Deux des membres les plus célèbres de la première branche (éteinte en 14 U) furent les deux Hugues Spencer, pèTe et fils, favoris du roi Edouard II, qui entamèrent contre la féodalité anglaise une lutte dans laquelle ils finirent par succomber. Bannis par l'influence des barons en 1320, ils revinrent l'année suivante, reprirent leur ascendant et firent périr un grand nombre de leurs ennemis. La reine elle-même, Isabelle, dut se réfugier auprès du roi de France, son frère ; mais elle revint avec une armée fournie par le comte de Hainaut, assiégea les deux Spencer dans Bristol et les fit pendre (1327).
SPENCER (John), antiquaire anglais, né à Bocton, comté de Kent, en 1630, mort à Cambridge en 1695. Il entra dans les ordres, devint l'un des prédicateurs de l'université de Cambridge, puis principal du collège du Corps du Christ. On lui doit : Viscourses coneerning prodigies (Londres, 1663, in-8°);De legibus Hebr&orum ritualibus et earum rationibus libri 111 (Cambridge, 1685, 2 vol. in-fol.).
SPENCER (Charles), duc de Marlborough, fils du comte de Sunderland et d'une fille du célèbre Churchill,duc de Marlborough, homme politique et général anglais, né en 1707, mort en 1759. Il entra dans la Chambre haute, y soutint d'abord le parti du prince de Galles, se rapprocha de la cour en 1738 et fut récompensé de cette conduite par divers titres et distinctions. U fit ensuite de nouveau de l'opposition à la cour au sujet des troupes hanovriennes, puis il se réconcilia avec elle une seconde fois. En 1747, il fut nommé lieutenant général ; il présida le conseil de guerre formé pour juger le général Mortlaunt, comte de Peterborough. En 1758, c'est-à-dire durant la guerre de Sept ans, il fut chargé de commander les troupes qui devaient faire une descente en France, mais ce commandement fut aussitôt révoqué.
Spencer fut alors investi du commandement des troupes anglaises destinées à combattre en Allemagne aveu les alliés. Il mourut pendant cette guerre.
SPENCER (George-Jean, comte), bibliophile anglais, né en 1753, mort en 1834. 11 succéda, en 1783, k son père comme membre de la Chambre des lords, dans laquelle il appartint à l'opposition jusqu'au moment où, effrayé des conséquences de la révolution française, il quitta les rangs du parti whig pour passer du coté du ministère. Nommé en 1794 premier lord de l'amirauté, il se démit de ces fonctions en 1801, à la dissolution du cabinet Pitt, fut encore ministre de l'intérieur pendant le passage de Fox et Grenville au pouvoir, et vécut ensuite loin des affaires publiques, consacrant ses loisirs à la culture des lettres et à l'accroissement de la belle bibliothèque qu'il avait commencée en I7S9, en achetant la collection du comte Rewiozki. C'était, à la mort de Spencer, la plus riche bibliothèque particulière qu'il y eut en Europe. La plus grande partie en est aujourd'hui placée au château d'Althorp, berceau de la famille du comte Spencer, et ne compte pas moins de 45,000 volumes. Le reste se trouve à Londres, ljibdin, bibliothécaire du comte, a décrit dans sa llibliotheca Spenceriana (Londres, 1814, 4 vol.) les richesses inestimables qu'elle comprend en monuments primitifs de l'art typographique et en éditions princepsdes auteurs classiques. Cet ouvrage renferme la description exacte, accompagnée de gravures sur cuivre et sur bois, ainsi que de fac-similé, de 1,004 incunables et d'un grand nombre d'ouvrages inconnus jusqu'alors. Les autres raretés que renferme ta bibliothèque sont décrites dans le Catalogue de la collection Rewiczki (Berlin, 1794). Spencer avait, en outre, formé une richo collection de tableaux dont Dibdin a également donné le catalogue dans le premier volume de ses JEdes Althorpians (Londres, 1822, 2 vol.). Le second volume peut être considéré comme un supplément à la Dibliotliecà Spenceriana, car il renferme la description exacte de tous les anciens livres précieux
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que Spencer avait encore acquis de 1815 à
SPENCER (Jean-Charles, comte), homme d'Eiat anglais, fils du précédent, né en 1782, I mort en 1845. Il est plus connu sous le nom de lord Ahhorp, qu'il porta jusqu'à la mort de son père. Après avoir fait ses études à Cambridge, il entra en 1803 à la Chambre des communes, fut, sous le ministère de Fox et Grenville, lord de l'Echiquier, tandis que son père occupait le ministère de l'intérieur, et, -whig déclaré, défendit toutes les grandes mesures réformatrices qui furent successivement proposées par son parti. Lorsque les whigs revinrent au pouvoir en 1830, il devint chancelier de l'Echiquier. Quoiqu'il ne fût pas précisément un grand orateur, il n'en gagna pas moins la confiance de la Chambre par l'étendue de ses connaissances. Ce fut surtout en matière de finances et d'économie politique qu'il jouit d'une autorité incontestable, et, pendant les quatre années de son administration, il diminua notablement les impôts et les dépenses. En 1833, il présenta à la Chambre des communes le Lit 11 de la réforme ecclésiastique en Irlande, bill qui, à cause de la clause dite d'appropriation, excita de la division jusqu'au sein même du cabinet. La mort de son père, en lui ouvrant peu après la Chambre des lords, le força de renoncer aux fonctions de chancelier de l'Echiquier, qui ne pouvaient être occupées que par un membre de la Chambre des communes, et ce changement amena la chute du ministère. Depuis cette époque , lord Spencer prit de moins en inoins part à la politique et ne parla que rarement dans la Chambre haute. Quoiqu il eût primitivement défendu l'impôt sur les blés, il se prononça ouvertement en 1843 pour la liberté du commerce, et sa conversion à cette idée fut regardée comme un grand succès par VAnti Corn Lato League; mais il ne vécut pas assez longtemps pour voir le triomphe du nouveau principe.
SPENCER (Frédéric, 4e comte), marin anglais, frère du précédent, né en 1798 , mort en 1857. Il entra de bonne heure dans la marine, devint capitaine en 1822 et succéda en 1845, dans la pairie, à son frère, qui ne laissait pas d'enfants. Sous le ministère Russell, il fut, de juillet 1846 à septembre 1848, lord haut chambellan, reçut la décoration de la Jarretière, devint en 1852 contre-amiral par rang d'ancienneté et succéda, deux ans plus tard , au duc de Norfolk comme lord maître d'hôtel de la reine. Il a eu pour successeur John Poyntz SpencisR, né en 1835,
SPENCER (George), prélat anglais, frère des précédents, né en 1799, mort en 1847. U embrassa l'état ecclésiastique et fut d'abord ministre de l'Eglise anglicane; mais il se convertit plus tard au catholicisme, fut ordonné prêtre à Rome et, sous le nom du Pèro Ignace, se rendit célèbre par ses missions et ses prédications en Angleterre et en Irlande. Il était, à sa mort, supérieur d'une maison des frères de la Passion à Highgate, près de Londres.
SPENCER (sir Brent), général anglais, né dans le comté d'Antrim, en Irlande, vers 1761, mort en 1828. Il entra au service, comme enseigne, en 1778, prit part en 1781, comme lieutenant, à la défense du fort de Brimston- Hill contre les Français, fut nommé major au commencement de la guerre de la Révolution et se distingua dans la guerre de la Jamaïque. En 1794, il fut nommé lieutenantcolonel, puis, à sou retour en Angleterre, colonel et aide de camp du roi. Il lit la campagne de Hollande en 1799, sous le duc d'York, prit part à l'expédition d'Egypte, s'y couvrit de gloire et prit Rosette. En 1805, il fut nommé major général. En 1807, il fut chargé du rembarquement des troupes anglaises à Copenhague. Il combattit ensuite dans la guerre d'Espagne, joua un rôle important dans les journées de Viinieiraet de Ruleta et dans la capitulation de Cintro. En 1810, il commanda en second, sous Wellington, en Portugal. De retour en Angleterre à, l'issue de cette campagne, il n'en sortit plus.
SPENCER (Robert), littérateur anglais, né en mo, mort en 1834. 11 s est fait connaître par différents ouvrages en prose et en vers. Nous citerons, entre autres : une traduction de la Lenore de Burger (1796) ; Urania ou l'Illuminée, comédie (1802); l'Anne* de la tristesse (1804) et Poésies (1811), dont l'une des plus remarquables est la ballade intitulée Gelert. Le recueil complet de ses œuvres fut publié en 1835.
SPENCER (Herbert), philosophe anglais, né à Derby en 1820. C'est un des penseurs les plus vigoureux, les plus originaux, les plus hardis et les plus féconds de l'Angleterre contemporaine, un de ces esprits, comme on eu voit à certaines époques, qui semblent faits pour réunir et coordonner méthodiquement en un système pour lequel il faut eiéér un nom nouveau, la masse flottante des faits connus de divers ordres et des idées en voie d'ascendance. Un de ses compatriotes, qui avait le droit d'être difficile, Stuart Mill, n'hé- J sitait pas à le mettre dans la petit nombre 1 des créateurs, des maîtres. La viedeM.iSpen- 1 cer est tout entière dans la production de son 1 Système de philosophie , œuvre considérable, | qui est en cours de publication, dont cinq gros volumes ont déjà paru, savoir : Pre-
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miers principes (1 vol.), Principes de biologie (2 vol.), Principes de psycholngie (1 vol.), et dont cinq volumes restent k publier, savoir : Principes de sociologie (3 vol.) et Principes de morale (2 vol,). Ces dix volumes ont été annoncés en 1860 dans un prospectus qui en indique brièvement la tendance et le but.
Les Premiers principes (do: t la première édition a paru en 1862, et qui ont été traduits en français par M. Cazelles sur la seconde édition en 1871) sont le vestibule du monument. Montrer qu'en dehors de la science est une région inaccessible à ses procédés et à ses méthodes, en dehors du conn dssable l'inconnaissable, et placer ainsi sur un nouveau terrain la vieille querelle de la religion et do la science, de la démonstration et de la foi ; essayer par une synthèse hardie , fondée sur les sciences positives, de tout ramener a In loi d'équivalence ou de corrélation des forces et d'établir que tous les phénomènes sont convertibles entre eux, depuis les manifestations physiques jusqu'à la vie, la pensée et le développement de l'histoire : telle est, en deux mots, la pensée de cet ouvrage.
Les Principes df biologie ont paru on 1864 ; ils retracent l'évolution morphologique et physiologique de la vie, d'après la doctrino darwinienne. On y remarque une étude curieuse sur le principe de population.
La première édition des Principes de psychologie remonte à 1855; elle est, comme on voit, d'une date plus éloignée que les deux précédents ouvrages, bien que, dans le Système de philosophie , la psychologie ait sa place logique à la suite de la biologie, comme celle-ci vient après les premiers principes. M. H. Spencer a publié en 1870 une secondo édition, notablement augmentée, des Principes de psychologie ; elle a été traduite en français par'MM. Kibot et Espinas.
M. H. Spencer, avant d'entreprendre son Système de philosophie , avait exposé patfragments ses idées fondamentales dans des articles de revues et dans des ouvrages formés de la réunion de ces articles. Nous citerons :
Lettres sur la sphère propre du gouvernement (1843); c'est son premier ouvrage; l'idée qui y domine est celle de réduire au minimum les fonctions du gouvernement; Statique sociale (1850); les idées du piécédent ouvrage sur le domaine du gouvernement y sont développées d'une manière plus complète et plus méthodique; VEducation intellectuelle, morale et physique (1861); Classification des sciences (1864) , traduit en français par M. Béthoré sur la troisième édition anglaise; Essais scientifiques, politiques et spéculatifs (1868), deux, volumes où sont rassemblés des écrits publiés à diverses époques ; parmi ces écrits, on doit remarquer : Philosophie du style (1852); la Genèse de la science (1854); le Progrès, sa loi et sa cause (1857).
L'idée de l'évolution, du développement, du progrès nécessairo est proprement l'idéo maîtresse de la philosophie de M. Herbert Spencer, l'inspiratrice de son œuvre entière. M. H. Spencer nous raconte lui-même l'histoire de sa pensée, le travail mental par lequel il est arrivé à compléter ses idées primitives et à donner à sa théorie une ampleur et une rigueur scientifiques que n'ont point celles qui se sont produites depuis la lin du siècle dernier. Pour lui, l'humanité, quelque puissante qu'elle soit, n est qu'une faible partie d'un système d'existence encore plus vuste; elle manifeste pour sa part les lois qui le régissent, elle en partage le sort. Le progrès de l'humanité est une partie du développement d'un ensemble d'êtres qui embrasse plus que l'humanité. La fin marquée it ce progrès, le bonheur, n'est qu'un eus particulier de la fin plus générale assignée un développement de cet ensemble plus comprébensit; et cet ensemble n'est lui-même qu'une partie d'un tout plus vaste dont il manifeste les lois.
Dans sa Statique sociale, M. H. Spencer cherchait déjà la loi naturelle dont le progrès est la manifestation. En quoi consiste ce progrès? En général, on voit le progrès dans ce qui contribue au bonheur de 1 homme , ce qui tend à l'augmenter directement ou à le favoriser indirectement. Mais ce qui fait le bonheur de l'homme est, d'une manière abstraite, l'aptitude à satisfaire ses besoins, de toute nature, c'est-à-dire la liberté, la liberté réglée et limitée par l'égalité, son corrélatif nécessaire, puisque l'homme est à l'état social; c'est donc d'une façon plus générale l'adaptation complète de l'homme a la vie sociale. ■ Bon, parfait, complet sont des mots qui signifient une chose tout à fait adaptée à sa destination; le mot moral signifie la même propriété chez l'homme... ; avoir par soimême la faculté de faire ce qui doit être fait, c'est être organiquement moral... La perfection consiste dans la possession de facultés extrêmement propres à remplir ces conditions; et lu loi morale est la formule de la ligne de conduite qui peut les remplir. 1 Dans une page qui rappelle l'optimisme de Ondorcet proscrit, M. H. Spencer alflnne sa croyance à la réalisation de la perfection dans l'humanité. « Le progrès, dit- il, n'est point un accident, mais une nécessité. Loin d'être le produit de l'art, la civilisation est une phase de la nature, comme le développement de l'embryon ou 1'eclosion d'une fleur. Les modifications que l'humanité a subies et
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qu'elle subit encore résultent de la loi fondamentale de la nature organique, et, pourvu que la race humaine ne périsse point et quo la constitution des choses reste la même, ces modifications doivent aboutir à Ja perfection... Il est sûr qtle ce que nous appelons le mal et l'immoralité doit disparaître; il est sûr que l'homme doit devenir parfait. » Ce qui fait la confiance de M. H. Spencer, c'est qu'il y a une loi de la vie qui n'est pas seulement vraie do l'espèce humaine, mais de toute la nature organique, et que la moralité qui doit assurer le bonheur n'est qu'un cas particulier de cetle loi. Partout la vie nous offre la preuve que le progrès se fait, quand des parties d'abord similaires et indépendants deviennent dissimilaires et dépendantes. Quand l'organisme tend à passer de l'état d'un assemblage d'unités discrètes à l'état intégré d'un système d'unités coordonnées, il tend à devenir une chose distincte , à s'individuer, d'après la définition que Coleridge donne de la vie. Depuis ces êtres inférieurs, sorte de gelée vivante, où l'on ne découvre pas d'organes, pas même de forme, qui se nourrissent de l'eau qui les imbibe et qui sont dépourvus d'unité à ce point qu'on peut les couper et que chaque morceau continue à. vivre comme auparavant la masse totale, jusqu'aux vertébrés, chez lesquels des appareils compliqués, voués a des fonctions distinctes sous l'impulsion d'un système nerveux, coordonnent leurs actions avec une harmonie qui nous fournit le plus haut type de l'unité, et dont, aucune partie ne peut être blessée sans que l'ensemble en ressente un dommage notable qui peut aller jusqu'à la destruction, il y a une échelle immense dont tous les degrés sont des degrés d'individuation. « Plus l'organisme est inférieur, plus il est à la merci des circonstances; il est toujours exposé a. périr par l'action des éléments, faute de nourriture, ou détruit par ses ennemis, et presque toujours il périt. C'est qu'il manque du pouvoir de Conserver son individualité. Il la perd, soit en repassant à la forme inorgïi nique, soit en disparaissant absorbé dans une autre individualité. Au contraire, chez les animaux supérieurs, qui possèdent la force, la sagacité, l'agilité, il existe en outre un pouvoir de conserver la vie, d'empêcher que l'individualité ne se dissolve aussi aisément. Chez ces derniers, l'individuation est plus complète. Dans l'homme, nous voyons la pins haute manifestation de cette tendance. Grâce k la complexité de sa structure, il est l'être le plus éloigné du monde inorganique, où l'individualité est au minimum. 'Son intelligence et son aptitude à se modifier d'après les circonstances lui permettent de conserver la vie jusqu'à la vieillesse, de compléter le cycle de son existence, c'est-à-dire de combler la mesure de l'individualité qui lui est départie. Il a conscience de lui-même, il reconnaît sa propre individualité. De plus, le changement qu'on peut observer dans les affaires humaines sopère dans le sens d'un plus grand développement de l'individualité; on peut dire que c'est une tendance àl'individ nation.» Enfin, ce que nous appelons la loi morale, la loi de la liberté dans l'égalité, est la loi sous laquelle l'individuation devient parfaite. La faculté qui se développe encore aujourd'hui et qui deviendra le caractère delinitif de l'humanité sera l'aptitude * reconnaître cette loi et à y obéir. L'affirmation toujours plus intense des droits de l'individu signifie une prétention toujours plus forte à faire respecter les conditions externes imlispensabl«s au développement de l'individualité. Non -seulement on conçoit aujourd'hui l'individualité et l'on comprend par quels moyens on peut la défendre, mais on sent qu'on peut prétendre à la sphère d'action nécessaire au plein développement de l'individualité, et Ton Veut l'obtenir. Quand le changement qui s'opère sous nos yeux sera achevé , quand chaque homme unira dans son cœur à un amour actif pour la liberté des sentiments actifs de sympathie pour ses semblables, alors les limites k l'individualité qui subsistent encore, entraves légales ou violences privées, s'effaceront; personne ne sera plus empêché de se développer, car, tout en soutenant ses propres droits , chacun respectera les droits des autres. La ioi n'imposera plus de restrictions ni de charges; elles seraient à la fois inutiles et impossibles. Alors, pour la première fois dans l'histoire du monde, il y aura des êtres dont l'individualité pourra s'étendre dans toutes les directions. La moralité, l'ind.viduation parfaite et la vie parfaite seront en même temps réalisées dans l'homme définitif, l.a société devient elle même un individu. Avec l'individuation des parties progresse aussi la dépendance réciproque des punies. Dans un organisme supérieur, vraie république de monades, chaque unité vouée à des fonctions indépendantes qu'elle exerce isolément est unie à des unités similaires pour une œuvre commune dont toutes les autres roritent, de même que, de son côté, elle profite du travail de toutes les autres .et devient, en définitive, très-dépendante. Il en est de même de la société ; les unités sociales vouées de plus en plus à. des fonctions spéciales se groupent avec les unités similaires pour former des classes distinctes qui accomplissent au profit de la société et île chaque unité sociale des fonctions spéciales et deviennent, en définitive, très-dépendantes. Dans une société civilisée comme dans un
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organisme supérieur, l'unité harmonique formée par la subordination des parties est la première condition d'existence; nulle partie ne peut être blessée ou détruite sans que toutes en ressentent un dommage. La civilisation qui resserre toujours davantage les liens de cette harmonie n'est qu'une opération d'individuation.
L'histoire de la science nous la montre en progrès. Ses diverses parties ont entre elles des rapports incessants ; elles s'unissent par des échanges continuels de services. M. H. Spencer nous y fait reconnaître le même caractère de développement. La science, comme l'homme et la société, est un organisme dont les parties, unies par un consensus général, servent au développement de l'ensemble aussi bien qu'à celui des autres parties. > L'observation d'une étoile exige le concours de plusieurs sciences; elle a besoin d'être digérée par l'organisme entier de fa science. Chiique science doit s'assimiler la part qui lui revient dans l'observation, avant que le fait essentiel qu'elle révèle acquière la valeur qui la mettra à même de contribuer au progrès de t'astronomie. » Une découverte dans une science cause tout de suite un progrès correspondant dans plusieurs autres ; une lacune dans une science arrête le développement de celles qui doivent attendre que celte lacune soit comblée. • Pour faire une bonne observation dans une science naturelle pure, il faut le concours organisé d'une demi-douzaine de sciences, »
On a vu qu'avec l'individuation, qui forme un tout composé de parties harmoniquement liées, il se fait une autre opération qui distingue ces parties et donne à leurs fonctions respectives des caractères tranchés : c'est la spécialisation des parties. Les deux tendances deviennent toujours plus évidentes dans le cours du progrès, la variété croît avec l'unité qu'elle accompagne. Mais c'est tantôt la variété, tantôt l'unité qui frappe l'attention avec le plus d'intensité. Ces deux faits concomitants, qui ne s'expliquent pas l'un par l'autre, n'ont pas, au point de vue du progrès même, une égale signification. L'individuation qui constitue l'unité est le caractère principal ; la spécialisation des parties qui constitue la variété est le caractère secondaire. Toutefois, la difficulté de remonter directement de l'individuation k la loi physique qui en exprime la cause détourna peu à peu AL H. Spencer de In considération du caractère essentiel du progrès, pour tourner son attention plus spécialement, et quelque temps exclusivement, sur le caractère secondaire. Kn èuidiaut une question qui se rattachait trop à ses plus intimes préoccupations pour ne pas exercer sur son esprit une attraction prépondérante, l'évolution naturelle des espèces, et en recherchant les preuves géologiques qui l'appuient, M. H. Spencer reconnaît que « non-seulement les individus du règne végétal et ceux du règne animal progressent en originalité dans le cours de leur évolution, mais que, durant les époques géologiques, tes flores et les faunes suivent la même mai che. » C'était un fait que la doctrine de l'individuation ne pourrait exprimer, mais qui trouvait sa tormule générale dans une loi déjà découverte et précisée par des penseurs allemands illustres à divers titres : A. Voltf, Gœthe et Baer. D'après ce dernier, ■ la série des changements opérés pendant qu'une graine se transforme en arbre, un œuf en animal, <îst un passage d'un état de structure homogène à un état de structure hétérogène, • A partir de ce moment, en possession d'une furmule qui exprimait un des côtés les plus saillants du progrès de la vie, M. H. Spencer délaissa. peu à peu le principe de l'iudividuaiion et n'y revint que lorsque, pur de nouvelles spéculations, il put lui rendre dans son œuvre la place prééminente qui lui appartient, en lui donnant une forme tout à fait différente, « non plus métaphysique et impropre à recevoir une explication naturelle, mais une forme purement physique, susceptible de recevoir une explication complète. ■ C'est pourquoi si, durant les annews qui suivent la publication de la Statique sociale, on retrouve encore dans les écrits de M. H. Spencer le principe d'unité sous le nom d'indWiduation , de dépendance mutuelle, de consensus, on y trouve de plus en plus accentué le rôle que jouent dans les progrès la spécialisation des parties et l'hétérogénéité croissante de l'ensemble.
Après avoir successivement éprouvé que la loi de Baer s'appliquait aux organismes considérés comme inuividua, à l'agrégat de tous les organismes dans le cours entier de l'histoire géologique, aux chefs-d'œuvre de la littérature, aux institutions fondamentales de la société, comme aussi aux langues, aux arts et à tous ces produits de la vie mentale qu'il comprend sous le nom générique de àiipej-orgimiques, M. H. Spencer se trouvait placé sur une pente qui devait le porter naluiellement a étendre cette loi au développement des existences qui composent le monde inorganique. Un ne peut douter que coexistences u'aientaussiuneévolution. Les changements coordonnés qui constituent la genèse du système solaire dans son ensemble et celle des grands corps qui le composent, les états divers par lesquels la terre a passé depuis l'époque où elle s'est agrégée en un sphéroïde g:-zcux pour arriver a uavcra les
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périodes d'incandescence, de consolidation de la croûte et de condensation des eaux, sous l'action combinée des forces neptuniennes et plutoniqnes, à l'état où nous sommes, tous ces changements attestent un développement graduel. Kn examinant tous ces changements, M- H. Spencer reconnut l'universalité de la loi de Baer; il fit plus, i! en voulut chercher la cause naturelle. Cette recherche fut l'origine du bel essai intitulé : le Progrès, sa toi et sa cause, qui devait d'abord paraître sous le titre plus significatif de : la Cause de tout progrès.
Le monde sidéral, nous dit M. H. Spencer dans cet essai, si l'on adopte l'hypothèse des nébuleuses, a passé d'un état presque homogène, où la matière était diffuse, à l'état actuel, en obéissant à la loi de Baer. A une masse où toutes les parties étaient semblables par la composition, les forces qu'elles exerçaient les unes sur les autres, la direction du mouvement qu'elles suivaient, a succédé un système de masses distinctes et différentes par leur volume, la direction de leurs mouvements, l'inclinaison de leurs axes, la forme de la courbe qu'elles suivent dans leur révolution, etc. De même, la terre a obéi à cette loi en passant de l'état d'incandescence à l'état actuel, où une croûte solide et refroidie emprisonne un noyau encore incandescent et présente de grandes inégalités d'élévation, de structure, d'exposition aux rayons sotaires, de climats, etc. De même encore, les êtres vivants non-seulement comme individus , mais considérés dans Içs faunes et les flores qui se sont succédé à la surface du globe; de même .encore, toutes les manifestations sociales, les institutions politiques, les industries, le commerce, les sciences, les lettres, les arts. Si le mode de développement est partout le même, nous devons conclure de l'uniformité de la loi à l'uniformité de la cause. Quelque étendue que soit cette loi, puisqu'elle comprend tous les faits d'évolution, elle n'est encore qu'une généralisation de l'expérience; elle a besoin d'être ramenée à aite loi plus générale qui, d'empirique, la rende rationnelle et lui confère , ainsi qu'au progrès qu'elle résume, le caractère de la nécessité. Le progrès est un changement, sous quelque forme qu'il se manifeste; c'est donc dans une loi de changement qu'il faut chercher la raison de cette transformation de l'homogène en hétérogène. M. H. Spencer la trouve dans une loi démontrée par l'expérience et vérifiée dans tous les ordres de faits. « Dans les événements les plus grandioses, comme dans les plus insignifiants, » qui se succèdent dans le monde sidéral, dans le système solaire, dans l'histoire de notre planète, dans les deux règnes de la vie et dans la société, nous reconnaissons qu'une cause produit toujours plus d'un effet. La complication croissante des choses, leur passage d'une structure homogène à une structure hétérogène en est une conséquence forcée. « Vienne maintenant, ajoute M. H. Spencer eu finissant son écrit sur le Progrès, vienne la confirmation de l'hypothèse des nébuleuses, et il sera démontré que l'univers a débuté comme un organisme par un état homogène; que, dana sa totalité et dans chacune de ses parties, il a marché et marche encore vers un état de plus eu plus hétérogène. On s'assurera que, depuis te commencement jusqu'à notre temps, une force qui se dépense en se décomposant en plusieurs forces a toujours produit un degré supérieur de eom, ltcation. L'hétérogénéité qui en est résultée s'accroît et s'accroîtra encore. Le progrès n'est pas un accident, il n'est pas soumis à la volonté de l'homme; le progrés est une nécessité bienfaisante. » Peu après, M. H. Spencer signala une autre cause physique qui, jointe à la première, explique le passage de l'homogène à l'hétérogène; il montra que l'état de l'homogénéité est une condition d'équilibre instable.
Nous venons d'exposer la grande loi qui domine tout le système de philosophie de M. Spencer, Eu vertu de cette loi générale d'évolution, M. H. Spencer est conduit h admettre, en psychologie, l'unité de composition des phénomènes de l'esprit et lu continuité de leur développement. Entre les faits physiologiques et les faits psychologiques, il n'y a point, pour lui, de ligne précise de démarcation. Sensations, sentiments, instincts, intelligence, tout cela constitue un monde à part, mais qui sort de la vie animale, qui y plonge ses racines et, en est comme l'eifiorescence. Entre la fonction la plus humble et la pensée la plus haute, il n'y a pas opposition de nature, mais différence de degré, chacune n'étant qu'une des innombrables manifestations de la vie. » La vie du corps et la vie mentale sont des espèces dont la vie proprement dite est le genre. • Et tandis que la psychologie ordinaire, fondée exclusivement sur l'observation intérieure et l'emploi de la méthode subjective, en vient à se restreindre à l'étude de l'homme sans nul souci des formes inférieures de la vie intellectuelle, la psychologie expérimentale aspire à découvrir, décrire et classer les divers modes de la sensation et de la pensée, à en suivre l'évolution lente et continue, depuis l'infusoire jusqu'à l'homme blanc et civilisé. Elle est donc une étude non-seulement statistique, mais dynamique; elle ne Constate pas su .uinoiit doj Cuits, elle nuJie
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leur genèse, leur développement, leurs transformations.
L'intelligence à son plus bas degré est action réfl«xe ; elle devient instinct par transformation ; et de là sortent la mémoire et la raison, le sentiment et la volonté. L'action réflexe forme la transition de la vie purement physique à l'instinct. « En employant le mot instinct, non comme le fait le vulgaire pour désigner toutes les sortes d'intelligence autres que celles de l'homme, mais en le restreignant à sa signification propre, l'instinct peut être défini : une action réflexe composée. Strictement parlant, on ne peut tirer de ligne de démarcation entre lui et l'action réflexe simple, de laquelle il sort par des complications successives. » Tandis que , dans l'action réflexe simple, une seule impression est suivie d'une seule contraction ; tandis que, dans les formes plus développées de 1 action réflexe, une seule impression est suivie d'une combinaison de contractions; dans celle que nous distinguons sous le nom d'instinct, une combinaison d'impressions produit une combinaison de contractions; et dans la forme la plus élevée, dans l'instinct le plus complexe, il y a des coordinations qui tundent à la fois à diriger et à exécuter. • La transformation de 1 action réflexe simple en action réflexe composée, e'est-a-dire en instinct, s'explique par l'accumulation des expériences et la transmission héréditaire. Mais l'instinct, à mesure qu'il croit en complexité, marche à sa fin; car, à mesure que les instincts deviennent plus élevés, les divers changements physiques qui les composent deviennent moins cohérents, se coordonnent d'une manière de moins en inoins parfaite , et il doit venir un moment où leur coordination ne sera plus régulière. « Alors ces actions commenceront à perdre le caractère automatique qui les distingue, et ce que nous appelons instinct se perdra graduellement dans quelque chose de plus élevé, i
C'est également par transition que l'on passe de 1 instinct à la raison. Tous deux sont un ajustement des rapports internes aux rapports externes, avec cette seule différence que, dans l'instinct, la correspondance est très-simple et très-générale, tandis que, dans la raison, la correspondance est entre des relations internes et externes qui sont complexes ou spéciales, on abstraites, ou rares. L'hypothèse expérimentale suffit aussi à expliquer le progrès des plus basses aux plus hautes formes de la raison. « De ce raisonnement du particulier au particulier, qui est celui des enfants, des animaux domesiiques et, en général, des mammifères supérieurs, au raisonnement inductif ou déductif, le progrès est déterminé par l'accumulation des expériences. » Et il en est de même pour le progrès de toute la connaissance humaine, jusqu'à ses généralisations les plus larges.
SPE.NOIUS, l'un des chefs de la guerre des mercenaires révoltés contre Carthage. Il avait été esclave à Rome et s'était enfui en Sicile, où les Carthaginois l'avaient pris à leur solde. C'était un homme audacieux et d'une taille gigantesque. Après la première guerre punique, il excita les troupes mercenaires à la révolte et devint avec Mathos un des chefs. Après avoir fuit trembler Carthage pendant deux ans, il fut pris après la défaite du défilé de la Hache et mis en croix par Atnilcar (239 av. J.-C.).
SPENER (Philippe-Jacob), célèbre théologien protestant, fondateur du piétisme, né à Ribeau yillé, (Alsace) en 1635, inorc à Berlin en 1705. Envoyé au gymnase de Colmar, puis à Strasbourg, Spener déploya dans ses études une ardeur peu commune, et suivit plus particulièrement les leçons de deux professeurs qui enseignaient que la piété est audessus des argumentations subtiles et que les actes importent plus que les Croyances. Eu dépit de ces leçons, Spener se laissa entraîner à son penchant pour la contemplation. Cependant, il apprenait les langues ' rientales afin de lire l'Ancien Testament dans le texte original, et le grec pour mieux, pénétrer le sens da l'Evangile. Trop jeune encore pour prendre une place de pasteur quand il eut achevé ses études , Spener se chargea de l'éducation de deux jeunes gens, pu s il se remit à la théologie et visita les universités de Bâle. , Fribourg, Genève et Tubingue, se faisant partout des amis par les charmantes qualités de son esprit.
En 1663, il accepta une place de prédicateur à Strasbourg et prit, l'année suivante le grade de docteur en théologie. Il quitta cette ville en 1666 pour aller occuper un poste de pasteur à Francfort, où il obtint beaucoup de succès comme prédicateur. Ses sermons ne brillaient point cependant par l'éloquence; Spener n avait nul souci des apostrophes sonores et des grands mouvements oratoires. Il parlait simplement, et savait toucher le cœur de ses auditeurs. Spener na se contenta point de ce résultat. Afin d'entretenir la piété populaire, il établit chez lui , en 1670, sous le nom d'assemblées de piété, collegia pietatis, des conventicules où il expliquait la Bible et permettait à chaque auditeur (les femmes exceptées) d'exprimer librement ses doutes, ses sensations et ses opinions. Quelques abus se manifestèrent dans ces réunions; mais les adversaires de Spener se plurent h les exagérer étrangement.
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La première attaque publique dirigée contre lui eut lieu en 1679, k l'occasion de la réimpression de ses Pia desideria. <t Cet ouvrage n'était point une satire, dit M, Haag; c'étaient les pieux désirs d'un homme vertueux, d'un pasteur pénétré de la sainteté de sa mission, qui pratiquait lui-même ce qu'il demandait des autres. Il est vrai qu'on y trouvait de dures vérités k l'adresse des simples fidèles et de plus dures encore k celle de leurs guides spirituels. Les magistrats eux-mêmes n'étaient pas ménagés : l'auteur leur déclarait ouvertement que leur zèle , n'étant souvent que de la politique, nuisait à la religion plus qu'il ne la servait. « Une réforme était donc nécessaire, suivant lui ; l'Egliso devait revenir s'abreuver aux sources île l'Evangile, secouer le joug des traditions dogmatiques, en un mot, prendra pour modèle les communautés libres du christianisme naissant. Ces vues n'étaient pas de nature à plaira aux pasteurs orthodoxes et scolastiques. Mais Spener était bien autrement coupable aux yeux des dévots étroits ; son crime était surtout d'avoir réussi et d'avoir rallié beaucoup d'adhérents sous sa bannière, La grande opposition éclata en 1686, alors que, prédicateur de la cour de Dresde, il s'efforçait de renouveler l'enseignement théologique dans l'université de Leipzig; il devint également odieux k l'électeur Jean- Georges III , dont il avait osé blâmer les mœurs scandaleuses. Ainsi tombé en disgrâce, il se vit aussitôt accablé d'injures par le prufesseur Carpzov, qui avait attendu ce moment pour lui donner le coup de pied de l'âne. Le professeur Carpzov se déchaîna surtout contre les collèges bibliques, fondés par Spener, qu'il prétendait rendre responsable de quelques excentricités occasionnées par des jeunes gens d'un rigorisme outré. Carpzov savait pourtant très-bien que Spener ne s'était jamais lassé de blâmer les extravagances, et l'insistance de l'accusateur sur ce point était une lâcheté de plus. Spener quitta Dresde et accepta la place d'inspecteur et de premier pasteur de l'église de Saint-Nicolas à Berlin. Il ne fut pas cependant à l'abri des attaques persistantes de ses ennemis. Les universités de Wittemberg et de Leipzig s'unirent pour dénoncer a l'Eglise deux cent soixante-quatre propositions hérétiques tirées de ses livres. Après sa mort, ses disciples devinrent exclusifs. Les subtilités dogmatiques avaient disparu du sein des communautés piétistes; mais à leur place on eut de larmoyantes homélies sur la corruption de la nature humaine et la justification par la mort expiatoire du Christ. Les piétis? tes se regardèrent comme les seuls élus. Quelques-uns de ces pleurards, joints à des méthodistes anglais, essayèrent de réveiller l'Eglise réformée de France au commencement de ce siècle. Spener eût désavoué de pareils disciples. « Rien n'était plus éloigné de l'hypocrisie que la piété de Spener, dont toutes les actions portent le cachet de la simplicité, de la candeur, d'une humilité vraiment chrétienne, dit M. Hnug. Sa modestie n'était surpassée que par sa bonté ; quoiqu il eût été souvent la dupe de faux amis et d'intrigants, il ne se lassa jamais de l'aire le bien. La violence même de ses ennemis ne put le faire Sortir de sa mansuétude ; « Ils se laisi sent aveug.er par leurs passions, disait-il, » ils sont remplis de préjugés contre moi; j> mon devoir est de les éclairer et non de les » faire rougir. ■ Aussi usa-t-il toujours de beaucoup de ménagements envers ses adversaires et, même sur son lit de mort, il exhortait encore ses collègues à la tolérance et au pardon des injures, n
Spener a laissé plus de cent écrits en latin ou en allemand. Nous citerons les plus importants, en renvoyant pour des renseignements complets k la riene notice bibliographique de la France protestante : Sylloge genealogico-historica (Francfort, 1665, in-8°); Pia desideria (Francfort, 1675, in- 12); Oraisons funèbres (Francfort, 1677-1707, 13 vol. in-4°j ; Natur und Gnade (1687, in-12) , souvent réimprimé ; Doctrines des dogmes évangéliques (1688, in-4°) ; Devoirs de la vie évangélique (1692, iii-4») ; Récit sincère de ce gui s'est passe en Allemagne au sujet du soi-distnit piétisme (1697, in-12); Œuvres spirituelles (1C99, iti-40; ; Questions théotogiquet (Halle, 1700-1721, 5 vol. in-4") ; Opuscules spirituels Leipzig, 1741, 2 vol. in-40).
SPKNEtl (Christian - Maximiiien), savant allemand, fils du précédent, né à Francfortsur-le-Mein en 1678, mort à Berlin en 1714, H travailla d'abord sous la direction de son père, puis il étudia la médecine à Giessen, où il prit le grade de docteur. Il partit ensuite pour Strasbourg, et, après avoir visité les principales universités de la Hollande, il alla se fixer en 1701 à Berlin, où il fut nommé médecin de la cour. Spener devint successivement professeur de généalogie et de philoso phieà la nouvelle Académie d.'s nobles, premier héraut d'armes et conseiller à la cour. En 1711, le roi de Pologne le créa comte palatin; en 1713, il occupa la chaire d'anatouiie au théâtre unuiomique récemment fondé. Il laissa beaucoup de manuscrits sur l'héraldique et la géucalogie.
SPBNEK (Jacques-Charles), jurisconsulte et historien allemand, frère du précédent, né k Francfort en 1684, mort à Wittemberg en 1730. Destiné au ministère évangélique, jI re-
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eut des leçons de son père, entra au gymnase g£ Gotha en 1699, puis alla étudier la théologie à Halle. La mort de son père (1705) le laissant libre de suivre ses goûts, il abandonna la théologie pour la jurisprudence, 3u'i 1 alla étudier en 1706kHelmstaedt. Il passa e là en Hollande, suivit les cours des universités de Leyde et d'Utrecht et s'embarqua pour l'Angleterre, d'où il revint en 1709. L'année suivante, il fut nommé professeur extraordinaire de droit à Halle et, en 1719, professeur de droit féodal et d'histoire à Wittemberg. On a de lui : Historia doctrine de tempéraments hominum (Halle, 1704, in-4») ; Historise Germanix universalis et pragmaticx perpetuis cnm notis libri VI priores (Halle, 1716, in-8°); Not'tiie Germante antiquse ab ortu reipubliae, etc. (Halle, 1717, in-40); Primitix observationum historico-feudalium,cum perpetuis notis (Halle, 1719, in-4°); Cogitationes in jus romanum et germanicum de usufruclu tnariti in bonis uxovis ("Wittemberg, 1726, in-8°),etc.
SPEKGEL (Léonard), philologue et critique allemand, né à Munich en 1803. Il fit ses études philologiques à Leipzig sous la direction d'Hermann, puis k Berlin, où il suivit les cours de Bœck, de Bokker et de Buttroann. Il obtint, en 1826, une chaire à l'ancien gymnase de Munich, se fit ensuite recevoir agrégé à 1 l'université de cette ville et fut adjoint k I Chiersch, son ancien professeur, dans la direction du séminaire philologique. N'ayant k I espéreraucun emploi académique en Bavière, ! sous les ministères de Wallerstein et d'Abel, 1 il accepta en 1841, à l'université d'Heidelberg, j une chaire qu'il occupa jusqu'en 1847, d'où, à I la chute du cabinet Abel, il se vit rappelé à | l'université de Munich. Il n'a pas cessé depuis ( iors d'y professer avec le plus grand succès. On cite, parmi ses écrits de philologie et de ! critique : De la rhétorique grecque avant Aristote (Berlin, 1828), ouvrage couronné par I l'université de Berlin ; De l'étude de la rhétorique chez les anciens, (Munich, 1842) ; De la rhétorique d'Arislole (Munich, I851);/.socrafe et Platon (Munich, 1855); la Défense de Clésiphon par Démosthène (Munich, 1863); Eludes aristotéliques (Munich, 1864 et suiv., tomes I k IV), etc. On lui doit, en outre, une révision du texte de l'ouvrage deVarron, De linyua latina (Berlin, 1826); une traduction de l'Ars rhetorica d'Anaximène (Zurich, 1844) ; une édition complète des Oratores grseci (Leipzig, 1853-1856, 3 vol.); des éditions des Quxstioncs de Dexippe sur les Catégories d'Aristote (Munich, 1859), d'un ouvrage récemment découvert de Philodèma (Munich, 1863), etc. Enfin, il a fourni un grand nombre de dissertations aux Mémoires et aux Annonces savantes de l'Académie de Munich et, dans sa brochure intitulée : le Séminaire philologique de Munich (1854), a défendu cet établissement contre les attaques du parti ultrainontain.
SPENGLER (Lorenz), sculpteur en ivoire, né a ijchaffhause en 1720, mortk Copenhague en 1807. Son père était architecte. 11 eut pour maître Teuber, àRatisbonne, parcourut l'Allemagne, la Hollande et l'Angleterre et arriva en 1743 à Copenhague, ou il fut trèsadmiré et où il enseigna son art au roi et à la reine. En 1771, Spengler devint directeur des beaux-arts.
On conserve k Copenhague un certain nombre de ses ouvrages. Il possédait de vastes collections artistiques et d'autres relatives aux sciences naturelles, il gravait sur cuivre et il a écrit plusieurs ouvrages sur la physique.
SPENNÈRE s. f. (spènn-uè-re —de Spenner, botan. allem.). Bot. Genre de plantes, de la famille des mélastomacées, tribu des rhexiées, comprenant une trentaine d'espèces, qui croissent au Brésil.
SPÉNOCORYNE s. m. ( spé-no-ko-ri-nc),
EntOtll, V, SPHÉNOCORYNE.
SPENSER (Edmond), un des plus grands poètes de l'Angleterre, né à Londres en 1553, mort dans la mémo ville en 1599. Malgré le rang qu'occupait sa famille, on n'est pas certain qu'il tienne aux lords Spencer. Gibbon dit cependant que cette antique maison se fait grand honneur de compter l'auteur de la Heine des fées parmi ses ancêtres. Le poète entra comme étudiant au collège de Pembroke, à l'université de Cambridge, en mai 1569, et y fit ses études jusqu'en 1576, époque à laquelle il quitta catte université pour prendre ses degrés. C'est vers ce temps qu'il connut Gabriel Harvey , avec lequel il se lia d'une amitié qui devait durer autant que leur existence. Harvey poussa Spenser à venir k Londres et le présenta à sir Philip Sidney, l'un des seigneurs les plus brillants de la cour. Peu de temps après, le poète tomba amoureux de cette Kosalinde qu'il a célébrée dans ses pastorales et sur les cruautés de laquelle il a écrit tant de plaintes pathétiques. Le Calendrier du berger, publié en 1579 (v. cet article), est rempli des louanges de cette inhumaine beauté. Spenser avait remis à Sidney sou neuvième chant de la Reine des fées, et Sidney fut, dit-on. si ravi de la description du désespoir, qu après en avoir lu quelques stances, il ordonna à son intendant de porter 50 livres sterling k son protégé ; il continua de lire et doubla la somme, qu'il tripla et quadrupla k mesure qu'il avançait dans le récit; il pressa enfin son intenuatit de partir, de peur de donner toute sa fortune
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à l'auteur. La somme s'était élevée à 200 livres sterling. Ce généreux Mécène admit l'auteur dans son intimité et le présenta k la cour. Spenser ne retira pas d'abord beaucoup de profit de cette présentation. Cependant il fut nommé poète lauréat de la reine Elisabeth; mais, paraît-il, durant les premiers temps, il ne toucha pas la pension affectée k cette place; le lord trésorier Burleigb, moins fin connaisseur que sir Philip Sidney, interceptait les faveurs de la cour. Spenser prit le parti d'en appeler k Elisabeth, qui paya les 100 livres en grondant le ministre infidèle. La fortune sourit alors au poète. 11 fut employé par d'illustres seigneurs comme secrétaire, rendit quelques services k la cour, et son bien-être s'accrut avec sa réputation. La reine lui donna, au mois de juin 1586,3,028 acres de terre avec le château de Kilcolman, dans le comté de Cork, en Irlande, terre confisquée, qu'il eut le tort d'accepter. Pendant onze années, Spenser fut richeettranquille.il se maria vers 1589 et composa les derniers livres de son poâtne la Reine des fées, sans se douter qu'il devait perdre bientôt tout le fruit de son travail. Il fut évincé, en effet, de la propriété qu'il usurpait (1598), et, dans la précipitation de sa fuite, il égara son manuscrit, qui n'a pas été retrouvé. Spenser passa dans la tristesse et le désenchantement la dernière année de sa vie. Il fut, selon son désir, enterré à Westminster, auprès de Chaucer, ce qui fit dire k un poëte latin de son temps: Proximité ingénia, proximvs ut tumulo.
M. Taine a porté sur ce poëte le jugement suivant: 0 Au plus fort de l'invention, Spenser reste serein. Les visions qui donneraient la fièvre à un autre esprit le laissent paisible. Elles arrivent et se déroulent en lui, aisément, tout entières, sans interruption, sans secousses. Il est épique, c'est-k-ilire narrateur et non point chanfeur comme un faiseur d'odes, ou même comme un auteur de drames. Nul moderne n'est plus semblable k Homère. Comme Homère et les grands narrateurs, il ne rencontre que des images simples et nobles, presque classiques, si voisines de l'idée, que l'esprit y entre de lui-même et sans s'en apercevoir. Comme Homère, il est toujours simple et clair, il ne sursaute point, il n'omet aucune raison, il ne détourne aucun mot du sens primitif et ordinaire, il garde l'ordre naturel des idées. Comme Homère encore, il a des redondances, des naïvetés, des enfances. Il dit tout, il s'abandonne k des réflexions que chacun a devinées d'avance; il répète k l'infini les grandes épithètes d'ornement. On sent qu'il aperçoit les objets dans une belle lumière uniforme, avec un détail intini, qu'il veut montrer tout ce qu'il voit, qu'il n'a jamais peur de voir son heureux songe s'altérer ou disparaître, qu'il en suit les contours d'un mouvement régulier, sans jamais se presser ni se ralentir. Même il est trop long, trop oublieux du public, trop disposé k s oublier et k rêvasser en face des choses. 8a pensée se déploie en vastes compositions redoublées, pareilles à celles du conteur ionien... Il développe toutes les idées qu'il manie. Il étale toutes ses phrases en périodes. Au lieu de se concentrer, il s'épanouit. Pour porter cette ample pensée et son cortège, tl ne lui faut pas moins que la stanee immense, incessamment renaissante, aux longs vers croisés, aux rimes répétées, dont l'uniformité et l'ampleur rappellent les bruits majestueux qui roulent dans les bois et dans les campagnes. Four déployer ces facultés épiques, et pour les déployer dans la région sublime où cette âme se trouve naturellement portée, il ne faut pas moins que l'épopée idéale, c'est-à-dire située hors du réel, avec des personnages qui existent à peine et dans un monde qui ne peut être nulle part. »
SPENSER, nom d'une illustre famille d'Angleterre. V. Spencer.
SPENSIERATO s. m. (spènn-sié-ra-to — mot ital. qui signif. étourdi). Membre d'une société littéraire fondée en Toscane au xvne siècle. Il Pt. spensiisrati.
— Eccycl. Giovanni -Battista Andreini, connu au théâtre sous le nom de Lelio et auteur de plusieurs ouvrages dramatiques, faisait partie, vers 1652, de la Société des spensierati. Florence, Éome, Venise, Mantoue et presque toutes les villes de l'Italie rivalisaient alors par l'éclat et l'excentricité de leurs Académies, qui, par une mode que nos clubs et nos cercles élégants ont conservée, luttaient de bizarrerie dans la recherche des noms qu'elles adoptaient. Le nom de spensierati signifie proprement étourdis; îa Société des spensierati correspondait sans doute k ce que nous appellerions aujourd'hui le cercle des Etourneaux ou des Hannetons,
SPENTHERË s. m. (span-tè-re). Entom.
Genre d'insectes coléoptères pentamères, de la famille des serricomes, section des malacodermes, tribu des lampyrides, comprenant deux espèces, de l'Amérique du Sud.
SPÉO s. f. (spé-o). Mol.1. Genre de mollusques gastéropodes pectinlbranches, de la famille des enroulés, dont l'espèce type vit sur les côtes de Nice.
SPÉOTHE s. m. (spé-o-te). Alaiwn. Genre de mammifères carnassiers fossiles.
SPERA (François), jurisconsulte italien.