V. SALPIGLOSSIDÉ
SALPIGLOSSIDÉ, ÉE adj. (sal-pi-glo-si-dé
— rad. satpiglossis). Bot. Qui ressemble ou qui se rapporte au salpiglossis. Il Oq dit aussi
SALPIGLOSSÉ, KE.
— s. f. pi. Tribu de la famille des personnées, ayant pour type le genre salpiglossis.
SALPIGLOSSIS s. m. (sal-pi-glo-siss — du gr. salpigx, trompette ; gtâssa, langue). Bot. Genre de plantes, de la famille des personnées, tribu des salpiglossidées, dont l'espèce principale croît au Chili.
SALPINE s. m. (sal-pi-ne — dimin. de salpa). Infus. Genre d'infusoires systolides ou rotateurs, de la famille des brachioniens, comprenant plusieurs espèces qui habitent les eaux douces : Les salpines sont 'des animaux microscopiques. (Dujardin.)
— Encycl. Ces animalcules microscopiques, qui habitent les eaux douces, sont longs de 2 à 3 dixièmes de millimètre, oblongs, presque diaphanes, revêtus d'une cuirasse bivalve, prismatique ; ils sont plus ou moins renflés au milieu et plus ou moins entaillés aux deux extrémités. Ils ont une queue courte terminée par deux stylets droits ou recourbés en dessous. Ils montrent un seul point rouge oculiforme. L'espèce type est le salpina mûcronaia ; sa cuirasse présente en avant quatre pointes, dont deux latérales et deux presque au milieu du bord dorsal, séparées par une côte saillante. Deux autres pointes terminent le bord postérieur de la cuirasse.
SALPINGO-MALLÉEN, ÉENNE adj. (salpain-go-mal-le-ain, é-ë-ne — du gr. salpigx, trompette, et du lat. malleus, marteau). Aiiat, Se dit d'un muscle qui s'étend de la trompe d'Eustache au pharynx.
— Substantiv. : Le salpingo-MaLLÉën.
SALPINGO - PHARYNGIEN , IENNE adj.
(sal-pain-gofa-rain-ji-ain, i-è-ne — du gr, salpigx, et de pharyngien). Anat. Qui a rapport à la trompe d'Eustache et au pharynx.
SALPINGO-STAPHYLIN, INE adj. (salpain-go-sta-fi-lain, i-ne — du gr. salpigx, trompette, et de staphylin). Anat. Qui a rapport à la trompe d'Eustache et à la. luette.
SALPINGUE s. m. (sal-pain-ghe — du gr.
salpigx, trompette). Enloin. Genre d'insectes coléoptères hétéroinères, de la famille des sténélytres, tribu des rhynchostornes, com-
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prenant une douzaine d'espèces qui presque toutes habitent l'Europe.
— s. f. Bot. Genre de sous-arbrisseaux, de la famille des mélastomacées, dont l'espèce type croît au Brésil.
SALPINX s. m. (sal-pinkss — gr. salpigx, même sens). An tiq. Sorte de trompette grecque.
SALPLICAT s. m. (sal-pli-ka). Comm. Vernis du Japon qui est mêlé d'or en poudre.
SALSE s. f. (sal-se — du lat. salsus, salé). Géol. Volcan de gaz, d'eau ou de boue. Il On dit aussi salzk.
— Bot. Syn. de herrérie.
— Encycl. Géol. et géogr. phys. Les satses ou salzes, qu'on nomme aussi volcans de boue et, en Islande, geysers, sont des volcans fort étranges, formés généralement en cônes moins élevés que ceux des volcans ordinaires et qui dégagent d'une manière continue, dans la durée de leur éruption, de l'hydrogène carboné tantôt seul, tantôt accompagné de plus ou moins d'eau et de matières boueuses qu'ils projettent à une hauteur variable. Le nom de salses leur vient de ce que le liquide vaseux qu'ils rejettent est très-souvent chargé de sels, spécialement de chlorure de sodium ou sel marin et de sulfate de chaux. II se produit quelquefois accidentellement dans les volcans ordinaires de ces déjections boueuses et souvent plus ou moins gazeuses en même temps; mais on a réservé la dénomination de salses à celles qui sont constantes et dont les cônes volcaniques sont même ordinairement placés à de grandes distances des autres volcans. Ces cônes sont peu élevés, n'atteignent en général que 7 à 8 mètres de hauteur et sont formés par les renflements de la boue qui en est sortie, comme ceux des volcans sont formés par leurs scories superposées. Ils sont surmontés d'une espèce de cratère rempli de vase liquide que le gaz soulève par grosses bulles, desquelles s'échappe au dehors une portion des matières qu'ils contiennent. Souvent ils se présentent accumulés en assez grand nombre sur une petite surface. A mesure que les anciens deviennent inadifs, de plus petits se forment et grossissent peu à peu pour devenir enfin semblables aux premiers. C'est ordinairement sur une butte argileuse de 50 à 200 mètres de hauteur, et qui paraît être, avec assez d'évidence, le résultat d'anciennes éruptions, que se fait remarquer cette couronne de cônes cratériformes en activité, dont le milieu est presque toujours un lac de boue consolidée en plusieurs points de sa surface.
Dans certaines contrées, on trouve de ces buttes entièrement desséchées, où tout dégagement de gaz, d'eau et de terre a cessé ; mais il arrive quelquefois que les phénomènes s'y renouvellent avec violence; de légers tremblements de terre se l'ont sentir, et tout à coup des blocs do boue desséchée sont lancés au loin, des coulées vaseuses se frayent un nouveau passage; on assure même qu'il y a parfois pendant quelques minutes dégagement de fumée et de flammes. A Quito, en 1793, l'explosion commença par un tremblement de terre qui ébranla le pays sur une étendue^ de 170 lieues du sud au nord et de 140 de l'ouest a. l'est. Au centre de cette zone, quantité de villages furent renversés ou ensevelis sous les boues descendues du sommet des montagnes volcaniques. A l'extrémité nord-ouest de la chaîne du Caucase, la presqu'île de Taman et la partie orientale de la Crimée offrent une assez grand nombre de collines qui ne sont évidemment que d'anciens volcans boueux. L'une des salses de Taman a fait éruption le 27 février 1793. A la suite de fortes détonations souterraines, une colonne de feu s'éleva à plusieurs centaines de pieds, accompagnée d'une abondante émission de boue et de gaz. Les éruptious boueuses accidentelles des volcans de Java et du Pérou paraissent provenir de l'action des gaz qui se dégagent souvent à une température élevée et avec un mélange de vapeur d'eau ; les matières solides environnantes sont désagrégées, réduites en bouillie et projetées par la force explosive de l'intérieur, avec accom^ pagnement d'eau bouillante et d'acide sulfurixjue. A Java, une explosion de ce genre occasionna, lors de l'éruption du Gallung- Gung, des désastres épouvantables pendant les journées des 8 et 12 octobre 1822. Déjà, en 1722, la plus haute montagne du pays, ou volcan de Papandayan, avait été engloutie dans un lac de boue, entraînant 40 villages et leurs habitants. En 1698, au Pérou, le volcan de Carquaraizo s'écroula en couvrant de boue plus de 29,000 hectares de terrain, et, en 1797,1e village de Pellileo fut enseveli sous une masse de boue noire. Sur le continent américain, un des plus remarquables groupes de salses est situé près du villuge de Turbaeo, à deux milles et demi de Carthagène, dans la Nouvelle-Grenade. La description en a été donnée par Humboldt. Les salses, au nombre de dix-huit ou vingt, s'élèvent au milieu d'une plaine déserte. Les observations faites depuis Humboldt prouvent que les salses ne dégagent pas constamment le même gaz et que les matières expulsées sont de composition variable; le même fait a été constaté pour les salses de Taman. A Java et dans plusieurs autres îles de l'archipel Indien, il existe des salses semblables à celles de Turbaco. On en rencontre en grand nombre en Europe, dans les environs do Modéne, en Si-
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cile, entre Aragona et Girgenti. Nous avons consacré un article spécial aux geysers d'Islande (v. geysers); l'Indoustan en possède un grand nombre, ainsi que l'Amérique du Sud et l'Ile de la Trinité.
Ces phénomènes, dans la partie par laquelle ils se confondent avec les phénomènes vraiment volcaniques, laissent beaucoup de problèmes à résoudre, aussi bien que les volcans proprement dits, et pourront longtemps encore donner lieu à des hypothèses scientifiques diverses et même contradictoires; mais, cet élément véritablement volcanique mis de côté et pris comme l'ait, la science moderne est assez avancée pour se rendre compte des salses aussi facilement qu'elle se rend compte des fontaines thermales et jaillissantes. La croûte terrestre possède dans les éléments qui la composent non-seulement tous les agents chimiques, mais encore , dans ses cavernes souterraines et ses terrains divers, des laboratoires naturels où ces agents , par leurs combinaisons variées, doivent produire des effets près desquels ceux que nous obtenons artificiellement ne sont que des jeux d'enfant. On s'expliquera ce fait très - facilement si l'on "songe que la nature opère surtout en grand et possède un laboratoire bien plus vaste que les nôtres. 11 suffit de supposer, par exemple, pour concevoir une torpille naturelle infiniment plus puissante que les nôtres, une caverne dans laquelle se trouvent réunis les éléments chimiques propres à former a la longue un terrain explosible analogue à notre poudre k canon, ou un liquide ou un gaz ayant la propriété de détoner le jour où une cause convenable, telle qu'une augmentation de chaleur produite par une réaction chimique, par exemple , viendra déterminer la détonation.
Supposons, pour les salses, qu'un simple courant souterrain d'eau thermale rencontre dans sa route une couche de matière propre à se décomposer et à former avec lui un résidu boueux et gazeux de la nature des déjections saisiformes, il deviendra un courant va- Beux qui gagnera le surface du sol par le conduit naturel qui lui sera ouvert, et ce sera une de ces salses tranquilles, telles qu'il en existe quelques-unes, dont la masse s'évase lentement et comme d'une seule pièce, k peu près comme les glaciers descendent des montagnes. Si l'on suppose que ce courant soit arrêté par une clôture et qu'il acquière assez de force pour la briser, il fera une explosion proportionnelle à son énergie et à celle de l'obstacle le jour où il le forcera. Enfin supposons que dans les profondeurs de la terre se trouvent réunies les causes volcaniques et ces mélanges de boue et de gaz, il en résultera ces suives puissantes qui font explosion et sont accompagnées de tremblements de terre.
Cette explication toute simple est appuyée par divers phénomènes observés ; d'abord les déjectionsdessakessont, en général, chaudes à des degrés divers, absolument comme les eaux des sources thermales. Elles sont salées, ce qui s'explique facilement, soit par des dissolutions de sels gemmes dont elles se chargent dans leur route, soit par des infiltrations d'eaux marines qui se font dans les terrains qu'elles traversent lorsqu'elles ne sont pas éloignées d'une mer, ce qui arrive souvent. On a vu les salses du Cotopaxi et du Sangay (Equateur) rejeter au milieu de masses d'eau des multitudes de poissons qu'on u reconnus pour appartenir aux espèces qui habitent les rivières et ruisseaux du voisinage ; ces rivières les fournissent, a n'en pas douter, par des gouffres profonds, aux entrailles de la montagne volcanique, et le courant explosif les emporte et les revoinit par l'orifice de déjection. Quelquefois ce sontdesvapeursk 200° de température qui font éruption en tourbillons blanchâtres ; on les appelle alors fumerolles ou fumarolles, et l'explication reste toujours la même; ces vapeurs se forment dans des cavernes très-profondes, à température trèsélevée, où des liquides viennent se vaporiser absolument connue l'eau dans le générateur d'une machine à vapeur; elles restent concentrées jusqu'à ce que, brisant leurs portes, elles fassent explosion. Oïl conçoit que, dans un tel ordre de choses et avec tous les éléments chimiques et physiques que peut fournir la couche terrestre sous la triple forme solide, liquide et gazeuse, la nature produise les effets les plu» variés. Il y a des salses qui donnent de l'acide chlorhydrique, d'autres donnent de l'acide sulfureux, d'autres do l'acide carbonique, etc. La vallée du l'oison, de Java, solfatare célèbre dont on ne peut approcher sans être asphyxié, ne donne que de l'acide carbonique. Le fluide le plus commun parmi ceux qui s'échappent des volcans ordinaires, c'est la vapeur d'eau.; quant aux matières boueuses qui caractérisent spécialement les salses, on doit dire encore qu'elles sont dues à l'action qu'exercent ces gaz mélangés k cette vapeur d'eau sur les roches que rencontre leur courant. V. geysers, fumerolle, SOLFATARE, VOLCAN, etc.
SALSEPAREILLE s. f. (sal-se-pa-rè-lle ; // mil. — espngnul sarza parilla; de zarza, mûrier, ronce, et de Parillo, nom d'un médecin qui a employé le premier cette plante). Bol. l'tunte du genre sinilace ou sinilax : La salsepareille est un bon sud.oHfi.que. (T. de Berneaud.) La salsepareille est employée particulièrement dans le traitement des mala-
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dies vénériennes. (Robin.) il Salsepareille d' Allemagne, Nom vulgaire du carex des sabUs. Il Salsepareille grtse, Salsepareille de Virginie, Noms vulgaires de l'aralie à tige nue.
— Encycl. On désigne, dans la matière médicale, sous le nom de salsepareille, les racines ou plutôt les rhizomes de plusieurs espèces de smilax. La plus remarquable de ces espèces est le smilax sarsaparilla de Linné, C'est un arbuste k rhizome tubéreux, fauvs, muni de racines fibreuses, très-longues, cylindriques, épaisses, d'un gris cendré; la tige, sarmenteuse, grimpante, rameuse, hérissée d'aiguillons recourbés, porte des feuilles alternes, pétiolées, entières, cordiformes, glabres, coriaces, à nervation très-marquée, accompagnées à leur base de deux vrilles en Spirale. Les fleurs, dioîques, d'un jaune verdâtre, groupées en ombelles simples et longuement pédonculées, présentent un calice à six divisions; les mâles ont six étamines; lis femelles, un ovaire k trois loges uniovulées, surmonté d'un style simple terminé par trois stigmates. Le fruit est une baie globuleuse, rougeâtre, entourée par le calice et renfermant une, deux ou trois graines.
Ce vég'étal est originaire des contrées chaudes de l'Amérique, notamment du Mexique; on l'a naturalisé a l'île Maurice et dans quelques autres localités. Nous devons citer encore les smilax médical, officinal, syphilitique, oblique, papyracé, à grandes feuilles, à feuilles de laurier, qui habitent aussi l'Amérique centrale ; le smilax mauritanique, du nord de l'Amérique, et le smilax rude, qui croît dans le midi de la France. Les rhizomes de ces diverses espèces se trouvent dans le commerce sous le nom de salsepareille ; il n'est pas toujours facile, à la vue d'un échantillon, de dire quelle, est la plante qui l'a produit, bien que le lieu de provenance puisse fournir quelques indications à cet égard. Cm multiplie ces végétaux de graines ou de drageons enracinés; mais la plupart exigent sois nos climats la serre chaude ou tempérée et ne sont guère cultivés que dans lesjardiis botaniques.
La salsepareille de Honduras ou de Vera- Cruz est la plus estimée ; les souches, da is cette sorte, sont grises au dehors, blanches en dedans; les racines noirâtres ou grisâtres, cannelées; l'écorce rusée à l'intérieur, mut ilagineuse, amère et acre; la partie ligneuse blanche, d'une saveur fade et amylacée; toute la racine a une odeur qui devient surtout très-sensible parl'ébullition dans l'eau. Cette sorte nous arrive de Tampico et da Ver.i- Cruz, en balles de 60 k 100 kilogrammes. La salsepareille rouge ou de la Jumaïque, souvent mélangée avec la précédente, s'en distingue par ses racines plus grêles, plus épineuses, plus souples, se fendant plus aisément, à écorce numide, très-sapide, moi.is amylacée , couverte d'un épideime rouge orangé ou gris rougeâtre ; elle arrive, eu bottes plus petites, de Honduras ; mais on la reçoit surtout de la Jamaïque par voie de transit. La salsepareitle dite des côtes ne diffè.'e guère de celle-ci que par sa qualité inférieure, La salsepareille caraque est très-longue, plus propre, assez lisse, droite, régulière, peu striée, facile à fendre; sa couleur varie eu blanc grisâtre au rouge; l'écorce est rose 3t le cœur blanc; elle a une saveur amyiacoe très-faible et renferme peu de principe actif. La salsepareille de Alaracaïbo est court;, flexueuse, cylindrique, striée, non épineuse, munie d'un chevelu abondant, difficile k fe \~ dre; cette sorte est d'ailleurs très-rare dais le commerce. La salsepareille du Brésil eu du Portugal est amère, amylacée etprésen .e peu de radicules et pas de souche; elle arrive, en petites bottes fortement serrées, des provinces de Para et de Maranham. La salsepureilte du Pérou est intermédiaire entre les deux premières que nous avons décrites.; ses écailles sont orangées et sa moelle souvent rougeâtre. La salsepareille noirâtre s. des racines très-longues et noirâtres. La salsepareille ligneuse est d'un rouge brun, à écorce peu épaisse, d'une saveur mucilag neusc, amère et acre ; elle est rare et peu estimée. 11 n'y a qu'à mentionner, pour mémoire, les salsepareittes inférieures, qui proviennent de quelques smilax, notamment du smilax rude, et les fausses salsepareilles, produites par d'autres genres de plantes, appartenant à des familles très-diverses (agave, aralic, carex, périploque, etc.).
Soumise à l'analyse chimique, la salsepcreitle donne une résine acre amère, une mt.tière huileuse, un principe extractif, de l'amidon, de l'albumine, une très-petite quantité d'huile volatile, enfin une substance panier. lière, la parigline ou salseparine. « On doit, dit M. Régis, la choisir bien sèche, saine, sans vermoulure, nourrie, en longs filaments flexibles, faciles à fendre, rendant, bouillie dans l'eau, une couleur rouge. On la fend dans sa longueur et on remarque, d'un côte, une cannelure et, de l'autre, une petite éminence pour s'assurer si l'on n'a pas introduit dans les paquets d'autres racines. On doit observer si dans l'intérieur des paquets il ne Se trouve pas une trop grande quantité de grosses racines ou de collets de racines. "
La salsepareille a joui d'une grande réputation comme sudoritique, dépurative, diurétique, tonique et surtout untisyphilitique. Toutefois, ses propriétés ont été contestées de nos jours par les hommes les plus compu-
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tents. Peut-être le transport de cette substance ou la vétusté des échantillons qu'on emploie lui font-ils perdre de son énergie, beaucoup plus prononcée, à ce qu'on assure, dans l'Amérique centrale. On lui a attribué la propriété spéciale de restaurer les malades, d épurer leur sang, de refaire leur constitution; k haute dose, elle ralentit le pouls, provoque des nausées et détermine une faiblesse passagère. On l'administre le plus souvent eu tisane, préparée par infusion et non par décoction ; on la donne aussi sous forme d'extrait, de sirop, de teinture, de vin, etc. Elle fait partie, avec le gaïac, le.sassafras et la squine, des quatre bois sudorifiques.
SALSEPARINE s. f. (sal-se-pa-ri-ne — rad. salsepareille). Chim. Substance isomère de la saponine, qui se rencontre dans la salsepareille.
— Encycl. On obtient la salseparine en versant dans la teinture alcoolique de salsepareille de l'acétate de plomb, jusqu'à ce qu'il cesse de se faire un précipité; on élimine l'excès de plomb par quelques gouttes d'acide sulfunque. Alors on distille et on évapore. La salseparine cristallise. On la purifie dans l'alcool. Ce glucoside est incolore; il cristallise en prismes rayonnes. Son état moléculaire est plus stable que celui de la saponine, son isomère, car l'acide chlorhydrique ne la change pas en acide esculique, ni lucide azotique en acide mucique. Elle est soluble dans l'eau. Sa dissolution jouit & un haut degré de la propriété de mousser par l'agitation. C'est k elle, pense-t-on, que la salsepareille doit son action.
SALSETTE, lie de l'Indoustan anglais, dans
la mer d'Oman, au N, et près de celle de
Bombay, k laquelle «lie est réunie par une
chaussée ; elle mesure 35 kilom. de longueur
sur 26 kilom. de largeur ; 60,000 hab. Oh.-!.,
Tunnah. On y trouve de nombreuses anti-
I quités mythologiques indoues. Les Portugais
j s'emparèrent de cette lie au xvie siècle; les
I Mahrattes, qui les expulsèrent en 1750, furent
' à leur tour chassés de Salsette par les Anglais
en 177-1.
SALSIFIS s. m. (sal-si-fi — ital. sassefrica, même sens). Bot. Genre de plantes, de la famille des composées, tribu des chicoracées, comprenant plusieurs espèces qui croissent en Europe : La racine de salsifis est un aliment très-sain. (Bosc.) Il Nom donné improprement à la scorsonère, dont la racine est également comestible. Il Salsifis d'Espagne, Salsifis noir. Noms vulgaires de la scorsonère. Il Salsifis sauvage, Nom vulgaire de plusieurs espèces de trngopogons.
— Art culin. Racine de salsifis ou de scorsonère : Salsifis à l'huile, à la sauce blanche, en friture, (Acad.)
— Modes. Queue de cheveux , entourée d'un ruban noir , qu'on portait au dernier siècle.
— Encycl. Bot. Les salsifis sont des plantes herbacées, à feuilles alternes, entières, lancéolées ou linéaires; lesfleurssontgroupéesen capitules solitaires terminaux, sur un réceptacle nu, entouré d'un involucre à folioles égales, souciées à la base et disposées sur un seul rang; les fruits sont des akènes munis de côtes longitudinales et terminés en un bec long et grêle, que surmonte une aigrette de longues soies pluineuses, à barbes entrecroisées. Les espèces peu nombreuses de ce genre habitent surtout les régions tempérées de l'ancien continent, et l'une d'elles est fréquemment cultivée dans les jardins maraîchers ; d'autres sont abondamment répandues dans les prés, les bois, les lieux incultes, au bord des chemins, etc.
Le salsifis blanc, appelé aussi salsifis des jardins ou à fleurs de poireau, est une plante bisannuelle, k racine longuement fusiforme, d'un blanc jaunâtre; sa tige, haute de 1 mètre environ , porte des feuilles lancéolées linéaires , aiguës , d'un vert glauque ; ses fleurs violettes sont en grands capitules entourés d'un involucre k folioles très-longues, portés sur des pédoncules renfles en massue. Originaire des régions montagneuses du midi de l'Europe, il est depuis fort longtemps cultivé dans les jardins potagers, bien qu'il soit aujourd'hui eu grande partie remplacé par la scorsonère, qui a même usurpé son nom dans le langage populaire. Il présente quelques variétés peu caractérisées.
Le salsifis préfère une terre légère, trèsprofondo , un peu fraîche , bien labourée , amendée par du terreau bien consommé autant que possible, car il contracte facilement l'odeur du fumier ; on le sème quelquefois a la volée, et le plus souvent en rayons espacés d'environ 0m,25. Les produits sont d'autant plus beaux que le semis a été plus précoce. Il est bon néanmoins d'attendre qu'on n'ait plus à craindre les gelées, et, par prudence, autant que pour prolonger la production, on échelonne les semis de dix en dix jours. On éclaircit les jeunes plants de manière qu'ils soient espacés de 0m, 05 entre eux; on donne deux ou trois binages dans le cours de l'été, et on arrose copieusement par les temps secs. C est une mauvaise pratique que de couper les fanes pour les donner au bétail, car Ja racine en souifre ; mais on doit arracher les pieds qui montent trop vite en fleur.
On peut commencer à récolter le salsifis vers la fin de septembre, mais il vaut mieux
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ne le faire que dans le courant d'octobre, car c'est alors seulement qu'il est arrivé à son maximum de volume et de saveur. Dans les pays froids, on stratifié les racines, avec du sable ou de la terre, dans une fosse profonde ou dans la serre aux légumes. Sous les climats plus doux, on peut laisser les salsifis en terra durant tout l'hiver, les fanes seules en souffrent. On agit de même, dans tous les cas, pour les pieds destinés à produire de la graine , en les protégeant par une couche épaisse de feuilles sèches, de fougère ou de litière. La graine est mûre et bonne à cueillir vers le milieu de l'été. Mais les racines des pieds qui sont montés en (leur sont creuses, insipides et bonnes seulement pour les bestiaux.
Les racines du salsifis, récoltées en temps convenable , ont une consistance charnue, une saveur mucilagineuse et sucrée et renferment beaucoup d muline. Elles constituent un aliment excellent, très-nourrissant et facile a digérer. Tous les animaux domestiques, notamment les cochons, les mangent avec plaisir. On les a employées autrefois en médecine, comme apéritives, diurétiques et pectorales; mais elles sont aujourd'hui à peu près abandonnées sous ce rapport. On mange également les feuilles et les jeunes pousses de cette plante en salade, en potages, en beignets, etc.
Le salsifis des prés, vulgairement cercifis, sersifis ou barbe de bouc, est aussi bisannuel ; il se distingue du précédent surtout par sa racine brunâtre, les folioles de son involucre plus courtes et par ses fleurs jaunes. Il croît dans les prairies grasses et humides et sa présence est un indice de la fertilité du sol. On mange également ses feuilles en salade. La racine possède des propriétés analogues à celles de la racine de chicorée, mais plus faibles; on lui a attribué une action dépurative, diurétique, pectorale et sudorifique; on l'a vantée contre l'asthme, la pleurésie, les maladies de la peau et des voies urinaires ; mais elle est rarement employée aujourd'hui. Sa plus grande utilité est de servir à la nourriture des bestiaux.
Le grand salsifis a des feuilles plus larges, embrassantes k la base; ses capitules, trèslarges, k fleurs jaunes, sont portés sur un pédoncule fortement renflé en massue ; il croît dans les prés secs et sur les coteaux pierreux. Le salsifis austral est annuel ou bisannuel, à fleurs violettes, et habite les contrées méridionales.
— Art culin. De toutes les racines que nous offre le potager, le salsifis est le plus facilement utilisable comme entremets d'hiver.
Légume aussi abondant que peu coûteux, sous nos climats, il se conserve bien jusqu'au printemps et offre ainsi de précieuses ressources k la ménagère. La façon la plus ordinaire de raccommoder est a la sauce au beurre ou bien frit k la poêle. Les salsifis peuvent aussi s'assaisonner au fromage , comme le macaroni. Les Lyonnais font d'excellents potages aux salsifis. Ils peuvent encore être servis en salade, associés avec des câpres, des anchois et même des betteraves.
— Salsifis à la sauce blanche. Il faut avoir soin de couper la tête des salsifis et de les ratisser de façon k enlever proprement la peau coriace qui les enveloppe. Au fur et k mesure que les racines sont grattées, on les jette dans une terrine contenant de l'eau et un peu de vinaigre. On délaye ensuite une poignée de farine avec du sel et un demiverre de vinaigre dans une casserole qu'on emplit d'eau et que l'on met sur un feu vif. Des que l'eau est bouillante, on y met les racines et on couvre la casserole en laissant une petite ouverture. Après quelques bouillons, on peut ralentir le feu et laisser mijoter une heure, après quoi les salsifis sont cuits ; on les égoutte et on les sert sur une sauce blanche, k laquelle on peut ajouter du beurre d'anchois ou le jus d'un citron. Les salsifis peuvent aussi, préparas de la même façon, se servir k sec, avec lu sauce à part, comme les asperges. On remplace quelquefois la sauce blanche par une béchamel ou une sauce brune; mais la sauce blanche est préférable.
— Salsifis frits. Les salsifis sont préparés comme ci - dessus. Un les êguutte , on les coupe k longueur à peu près égale, et on les met dans la friture, en ayant soin de les tremper préalablement dans de la pâle k frire. Lorsqu'ils sont bien secs et d'une belle couleur blonde, on les égoutte sur un litige, on les dressa en rocher sur un plat., on ajoute un peu de persil frit et l'on sert chaud.
SALSO, autrefois Himera, petite rivière de Sicile. Elle prend sa source au versant méridional Ces montagnes de Madonia, coule nu S., k travers la province de Caltanizetta, et se jette dans la Méditerranée, k l'E. d'Alicata, après un cours de 110 kilom.
SALSO LA s. m. (sal-so-la — du lat. salsus, salé). Bot. Nom scientifique du genre soude.
SALSOLACÉ, ÉE adj, (sal-So-la-sé — rad.
salsola). But. Qui ressemble ou qui se rapporte k la soude.
— s. f. pi. Famille de plantes dicotylédones, ayant pour type le genre soude. Syn.
d'ARROCHES, ATRIPL1CÉES, CHÉNOPODEES.
SALSOLÉ, ÉE adj. (sal-so-lé — du lat. ialsolct, soude). Bot. Qui ressemble ou se rapporte à la soude.
SALT
— s. f. pi. Tribu de la famille des atriplicées ou salsolacées, ayant pour type le genre soude.
SALSOMAGGIOKE, bourg du royaume d'Italie, province de Parme, district et mandement de Borgo-San-Donnino ; 5,510 hab,
SALSORIE s. f. (sal-so-rî — du lat. salsus, salé). Bot. Nom vulgaire d'une espèce de soude, sur les bords de la Méditerranée.
SALSUGINEUX, EUSE adj. (sal-su-ji-neu, eu-ze — du lat. salsugo, saumure). Qui est imprégné de sel marin : Terres SALSUGi- NEUSKS.
— Bot. Qui croit dans les terrains imprégnés de sel.
SALT (Henri), voyageur anglais, né à Lichfield, comté de Stalford, vers 1785, mort en Egypte en 1827. Il compléta l'instruction insuffisante qu'il avait reçue au collège de sa ville natale en s'adonnant k l'étude des bellesletires, de l'antiquité et du dessin. Lorsque lord Valentia partit en 1802 pour ses voyages d'exploration scientifique dans l'Inde, il emmena avec lui comme secrétaire et dessinateur le jeune Henri Sait, qui joignait des talents artistiques à un esprit stigace et observateur. Après avoir séjourné au Cap, parcouru l'Inde, visité Calcutta, Benarès, Luekiiotv, Ceylan, Seringapatam, Mysore et Madras, Sait se rendit sur les côtes de la mer Rouge, où il leva des plans, fit un nouveau voyage dans l'Inde (1804), puis revint en Arabie. Au mois de juin 1S05, Sait fut envoyé en Abyssinie par lord Valentia, dans le but d'entrer en relation avec les chefs de ce pays et d'y rouvrir des communications interrompues depuis plus de deux siècles. Au retour de ce voyage intéressant, Sait visita l'Egypte avec lord Valentia et revint avec lui en Angleterre en octobre 1806. Trois ans plus tard, lord Valentia publia ses Voyages et navigations dans l'Inde, à Ceylan, en Abyssinie et en Egypte pendant les années 1802-1806 (1809, 3 vol. in-4°), dont les gravures et les cartes étaient exécutées d'après les dessins de Sait, qui avait, en outre, rédigé une partie de l'ouvrage et publié à part 24 vues gravées en couleur, avec un texte explicatif in-4°. Pendant que paraissait cet ouvrage d'une remarquable exactitude et qui faisait connatire au monde savant Henri Sait, celui-ci retournait en Abyssinie avec une mission du gouvernement anglais, qui le chargea de porter des présents au souverain de ce pays et d'y négocier un traité d'alliance. Sait, après avoir longé les côtes d'Afrique, débarqua dans la province de Tigré, mais les guerres auxquelles était alors livré le pays l'empêchèrent de mener à bonne Un sa mission. Il revint en Angleterre en 1811, après avoir visité Mesuril, Mozambique, Zanzibar, Pemba, traversé la mer Rouge et gagné Bombay, d'où il s'embarqua pour son pays. Nommé , en 1815, consul général au Caire, il traversa la Fiance, fut admis comme membre correspondant à l'Académie des inscriptions, puis se rendit en Egypte. Vivement frappé des travaux de Chumpollion et de Young, Sait s'occupa de déchilfrer les hiéroglyphes, s'empressa de seconder les efforts faits dans ce sens par les savants, favorisa l'exploration de Beizoni et mourut pendant un voyage qu'il fit du Caire à Alexandrie. Il avait réuni une belle collection d'antiquités qu'il vendit au gouvernement français. C'est k lui qu'on doit la découverte de la fameuse inscription d'Axum, qu'il publia avec un commentaire. On doit à ce savant voyageur : Account of a voyage to Abyssina (Londres, 1814, in-4°), traduit en français sous le titre de Voyage en Abyssinie (Londres, 1816, 2 vol. in-8°, avec atlas) ; Eyypt, a descriptive poem (Alexandrie, 1824, ia-8°), poëme tiré a 50 exemplaires ; Essay on Young's and Cltampolliou's phonetic System of hieroglypIUcs (Londres , 1825, in-8°), traduit en français sous le titre d'Essai sur te système hiéroglyphique et phonétique du docteur Young, etc. (1827, in-8°). Enfin, on a publié sa vie et sa correspondance (Londres, 1854, 2 vol. in-8°).
SALTA ou SAN -FELIPE DE TUCUMAN,
ville de l'Amérique du Sud, chef-lieu de la province de son nom, dans la république de la Plata, à 1600 kilomètres N.-O. de Buenos- Ayres, par 24<> 20' de latit. S. et 66» 55' de longit. O.; 11,300 hab. Siège de l'évêché de Tucuman ; collège, résidence des autorités supérieures de la province. Commerce assez important de bestiaux et de produits agricoles.
SALTA (province de). Cet Etat fait partie de la Confédération Argentine ou du Rio-de-la-Plata, et est compris entre l'Etat de Jujuy au N., de Rioja à l'O., de Tucuman au S. et des déserts inhabités à l'E. Il mesure 700 kilomètres sur 450 et renferme une population d'environ 66,000 hab. La surface du sol est très-accidentée, entrecoupée par plusieurs rameaux des Andes et arrosée par un grand nombre de cours d'eau. On y trouve de belles forêts où abondent les bois de construction, de charpente et d'ébénisterie ; d'immenses pâturages, où l'on élève de nombreux troupeaux de bestiaux, et surtout de mulets, de chevaux et de vigognes. Le soi recèle de l'or,de l'argent, du cuivre, de l'étain, dusoufre et de l'alun, (jette province a beaucoup souffert pendant la guerre de l'Indépendance,
SALT
SALTARELLE s. f. ( sal-ta-rè-le — ital. saltarella; du lat. sallore, sauter). Chorégr. Sorte de tarentelle, danse vénitienne et romaine à trois temps. 11 Air' sur lequel se danse la saltarelle.
— Encycl. ha saltarelle est une danse sautante, rapide et très-mouvementée, usitée surtout à Venise, et plus encore peut-être dans la campagne de Rome , où elle est extrêmement populaire parmi les paysans, les contadini. Cette danse est très-ancienne, et l'air sur lequel on l'exécute porte un cachet irrécusable d'antiquité ; pittoresque, colorée et très-originale d ailleurs, on y voit le cavalier jouer de la guitare, tandis que sa danseuse l'accompagne en frappant à coups répétés sur un tambour de basque. ■ Ce divertissement, dit M. Fertiault dans son Histoire de la danse, fait surtout les délices des vignerons et des jardiniers. Il faut voir danser la saltarelle àMonte-Testaceiopar les vendangeurs et leurs femmes. C'est un'tableau digue du pinceau d'un Léopold Robert, et dont un habile artiste contemporain nous a d'ailleurs gratifiés. »
L'air de la saltarelle esta trois temps trèsvifs, toujours divisés en croches, dont la première, sur le temps frappé,doit toujours être brève et suivie d'une note pointée. On trouve des motifs de saltarelle dans les forlanes de Venise, dans les siciliennes et dans certaines gigues anglaises. Un de nos compositeurs distingués^!. Valer.tin Alkan, a publié une saltarelle pour le piano, qui est un modèle du genre.
SALTASH, ville d'Angleterre, k 4 milles et demi de Plymouth, située d'une manière pittoresque au bord de la rivière Tamar, vers laquelle ses maisons descendent, étagées en amphithéâtre. Ville presque entièrement maritime, Saltash conserve encore aujourd'hui certains-privilèges spéciaux et dont l'origine remonte au moyen âge : ainsi le maire de cette petite cité a la juridiction des eaux jusqu'au port de Plymouth. Le signe de son autorité, qu'il porte dans les circonstancessolennelles, consiste dans une petite rame d'argent. A une très-faible distance de Saltash et sur le Tamar, réunissant le Devon>.hire à la Cornouaille, se trouve le magnifique viaduc de dix-neuf arches, œuvre de Brune], i'un des travaux les plus hardis de ce siècle. Dix-sept de ces arches supportent la masse du pont sur la rive droite et sur la rive gauche, tandis que les deux autres reposent sur un groupe de quatre colonnes en fer, au milieu dufleuve, franchissant ainsi un espace vide de 304 mètres. Ce viaduc, long d un demi-mille, haut de 90 mètres de la base au sommet, a été inauguré le 3 mai 1859. Sa construction a nécessité 2,650 tonnesde fer battu et 1,200 tonnes de fonte. Il constitue la pricipale curiosité de Saltash, dont l'hôtel de ville, vieil édifice à rez-de-chaussée servant de marché, et la chapelle, tombant presque en ruine, ne méritent qu'une mention.
SALTATEUR s. m. (sal-ta-teur — lat. saltator; de saltare, sauter, danser). Antiq. rom. Mime, danseur chez les Romains.
SALTATION s. f. (sal-ta-si-on — lat. saltatio ; de saltare, sauter, danser). Antiq. roui. Art des mouvements réglés, art qui comprenait la danse, la pantomime, l'action théâtrale, l'action oratoire : Les pantomimes exprimaient tout ce qu'ils voulaient dire avec les gestes qu'enseignait la saltation, tans employer le secours de la parole. (Rollin.)
— Encycl. Chez les Grecs, aussi bien que chez les Romains, la danse ressemblait fort peu à ce qu'on appelle du même nom chez les modernes ; elle s'y liait à la gymnastique et à la mimique. Et ici il faut entendre par mimique tous les mouvements du corps, de même que les gestes et les attitudes propres à exprimer des idées ou des sentiments, ou encore une suite d'événements, comme dans les ballets modernes. Les mots mimique et saliation s'employaient même pour indiquer ■ l'attitude du corps sans mouvement, Apulée a dit, par exemple, saltare sotis oculis.
Nous trouvons la danse chez les Grecs dès les temps les plus reculés. Dans les poèmes homériques, la danse et lu musique sont au nombre des divertissements que prenaient les prétendants de Pénélope, et, à la cour d Aieinous, Ulysse a le spectacle de danses qui l'émerveillent par la rapidité des mouvements. De tout temps, les habiles danseurs furent hautement estimés par les Grecs ; on leur donnait des couronnes d'or, on érigeait, des statues en leur honneur et l'on célébrait leur mémoire par des inscriptions. La vive imagination des Grecs et leur goût pour la mimique se manifestèrent dans une très-grande variété de danses, et nous connaissons les noms de deux cents. A l'origine, la danse fut liée intimement aux cérémonies religieuses, et elle tenait une place importante dans toutes les fêtes publiques, si nombreuses en Grèce. Les danses religieuses, si l'on en excepte celle des dionysiaques et celle des corybantes, étaient d'une grande simplicité et se réduisaient à de gracieux mouvements du corps, avec des allées et venues autour de l'autel. Dans le.i dionysiaques, les danseurs représentaient par la mimique les aventures de Bacchus ; la danse des corybantes s'exécutait avec le glaive et le bouclier que l'on frappait l'un contre l'autre, et dans tous les mouvements elle demandait une sorte de fureur
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extravagante. En même temps que le poSme dithyrambique devint la tragédie, la danse religieuse monta sur le théâtre avec les chœurs, V. chœur.
La danse fut mêlée aux exercices gymnastiques, surtout dans les Etats doriques, et l'on croit qu'elle contribua à donner aux soldats doriens cette rapidité, cette harmonie des mouvements qui les distinguaient dans la guerre. La plus célèbre des danses gymnastiques ou guerrières fut !apyrrhique,dont l'origine est reportée aux âges mythiques. Platon la décrit comme représentant par des mouvements rapides du corps le jet des traits et des flèches et l'attaque de l'ennemi. Chez les Doriens, elle était un véritable exercice guerrier ; dans les autres Etats, elle n'était qu'un divertissement mimique ; Xénophon nous raconte même l'avoir vu danser par des femmes. Jules César l'introduisit à Rome dans les jeux publics-, elle y fut vivement goûtée et reparut l'ausles mêmes circonstances sous Caligula, Néron et Adrien. Outre la py rrhique et les danses guerrières dont les Spartiates usaient dans le gymnase, il y avait d'autres danses que l'on exécutait en portant des armes; mais elles n'étaient pas pratiquées en vue de se préparer à la guerre.
Parmi les danses qui ne tenaient pas aux cérémonies religieuses ou n'avaient pas pour but l'imitation des exercices guerriers, un grand nombre portaient jusqu'à la licence la grâce et la mollesse des mouvements. D'autres tenaient du tour de force, comme celles des kybistétéres (v. ce mot), ou demandaient une adresse particulière, comme celles des funambules, ou danseurs de corde. Autant qu'il est permis d'eu juger par des peintures antiques découvertes dans les fouilles, cet art de danser sur la corde fut poussé chez les Romains aussi loin qu'il a pu l'être de notre temps.
A Rome, de même qu'en Grèce, les danses furent d'abord mêlées aux rites religieux et pratiquées, suivant le poète Servius, dans -cette pensée qu'aucune partie du corps ne devait être soustraite à l'influence de la religion. C'était par des personnages appartenant aux familles patriciennes qu'était exécutée la danse des saliens (v.saliens). Denys d'Halicarnasse mentionne une danse avec armes aux grands jeux (magniludi), que, suivant son parti pris de chercher aux anciens usages romains une origine grecque, il appelle la pyrrhique. Festus parle d'une autre danse romaine fort ancienne, d'un genre guerrier, appelée bellicrepa saltaiio, et que l'on disait avoir été instituée par Romulus, après l'enlèvement des Sabines. Si l'on en excepte les danses religieuses, dans lesquelles paraissaient les plus nobles matrones et des fils de sénateurs, les citoyens romains regardaient comme déshonorant de prendre part à une danse. Cicéron reproche a Caton d'avoir appelé Murena danseur (saltator) et ajoute : ■ Personne presque ne danse, à moins d'être ivre ou fou. »
La danse qui fut portée k Rome au plus haut point de perfection fut la danse mimique des pantomimes. On sait que ces acteurs ne parlaient pas sur la scène, et que tout leur jeu consistait en gestes, mouvements et attitudes. Tous leurs mouvements étaient rhythmés comme dans, un ballet, et pour celte raison leur art était appelé saliation (saltatio). Quand on parlait d'un pantomime représentant, par exemple, Niobé ou Léda, on disait qu'il dansait Niobé, qu'il dansait Léda (saltare Nioben, saltare Ledam). Nous n'avons pas à nous occuper ici de la grande popularité que les pantomimes acquirent sous les empereurs, à partir d'Auguste. Leur mode d'action rentre seul dans notre sujet. Remarquonsd'abord qu'ils étaient masqués, et que par conséquent ils n'avaient pas à, compter sur l'expression de leur visage pour l'effet à produire. Toutes les autres parties de leur corps, spécialement les bras et les mains, concouraient à l'action ; de là les expressions : manus loquacissims, digiti clamosi. Malgré leurs masques, à ce que prétendent les anciens, ils rendaient les pensées, les sentiments, les passions aussi correctement, aussi intelligiblement qu'on aurait pu le faire en parlant ou en écrivant. Il faut remarquer combien leur jeu était facilité par cette circonstance qu'ils représentaient seulement des personnages mythologiques, connus de chaque spectateur. En outre, certains de leurs gestes et de leurs mouvements avaient une signification conventionnelle, qui n'était ignorée de personne. Leurs costumes, comme ceux des danseurs dans un ballet, étaient disposés de manière à faire ressortir le plus avantageusement possible la beauté des formes humaines, quoiqu'ils variassent suivant les divers caractères représentés. Au temps d'Auguste, il n'y avait jamais sur la scène qu'un pantomime k la fois, et il représentait à tour de rôle les divers personnages du drame, qu'ils fussent des personnages d'homme ou de femme. Cette coutume subsista jusqu'à la lin du 11= siècle de notre ère. Alors seulement plusieurs pantomimes parurent ensemble surlascèuedans un même drame. Durant la première période de l'empire, les femmes ne parurent jamais au théâtre comme pantomimes; mais plus tard elles en devinrent le principal attrait et portèrent l'indécence au point de se montrer au public dans un état de nudité presque complète. Aussi Tertullien parle-t-il des spectacles de pantomimes comme d'une école de tous les
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vices. Du reste, si l'art mimique ou l'art de la saliation fut poussé très-loin par des pantomimes tels que Bathylle, Pylade et Hylas, il ne parait pas que les pantomimes femmes s'en soient beaucoup préoccupés. On trouvera, sur bien des choses que nous avons dû seulement effleurer dans cet article, de plus amples détails aux articles danse et pantomime. V. ces mots.
La danse et la mimique ayant chez les anciens, comme on l'a vu, une union intime qui en faisuit, pour ainsi dire, un même art, il est tout simple qu'on ait désigné cet art par le seul mot de saltalion, bien que la signification intrinsèque de ce mot semble ne convenir qu'à la danse. Après avoir désigné la mimique dans la danse et dans la pantomime, le mot saliation adésigné aussi, par une analogie facile à comprendre, la mimique dans tout le théâtre et dans l'art oratoire, c'est-àdire l'action chez les comédiens et l'action chez les orateurs.
SALTATOR s. m. (sal-ta-tor — mot lat.
qui signifie sauteur). Ornith. Syn. de habia