‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 14Chapitre 66 sur 1059 · OU HABIB · texte numérisé non relu

OU HABIB

SALTATRA adj. (sal-ta-tra). Ethnogr. Se dit des descendants de nègres et de blancs, lorsque depuis les premiers parents il y a eu un nouveau mélange de sang noir.

SALTCO ATS, bourg d'Ecosse, dans le comté d'Ayr, avec un petit port sur la Clyde et la mer d'Irlande, k 40 kilom. S.-O. de Glasgow; 4,000 hab. Bains de mer fréquentés; mines de houille, exploitation de sel, manufactures de coton, chantier de constructions maritimes.

SALTHOLM, petite lie du Danemark, dans le Sund, comprise dans le bailliage et à 9 kilomètres S. -È. de Copenhague; 9 kiloin. de longueur sur 3kitom.de largeur. Le passage Drogden, qui la sépare k l'O. de l'Ile d'Amager, est le seul par lequel les vaisseaux de ligne puissent entrer dans la Baltique. L'île renferme de bons pâturages, des carrières de marbre et de pierres à bâtir.

SALTIE s. f. (sal-tî — de Sait, voyageur angl.). Bot. Syn. de comètes, genre de plantes d'Abyssinie.

SALTIENNE s. f. (sal-t'i-è-ne — du lat. saltus, saut). Mamm. Espèce d'antilope,

SALTIGRADE adj. (sal-ti-gra-de — du lat. saltus, saut ; gradus, démarche). Zool. Qui marche par sauts.

— s. m. pi. Mamm. Famille de mammifères marsupiaux , créée pour la genre kanguroo et quelques genres voisins.

— s. f. pi. Arachn. Groupe d'arachnides, appelées aussi sauteuses, et qui comprend seulement les deux genres trèse et saltique.

SALTILLO, ville du Mexique, ch.-l. de l'Etat de Cohahuila, à 690 kilom. N. de Mexico; 6,200 hab. Ville riche et bien peuplée.

SALTIMBANQUE s. m. (sal-tain-ban-ke — de l'italien saltimbanco, proprement qui saute sur un banc; de saltare in banco, sauter sur un banc. L'italien a aussi caniimbanco, chanteur de tréteaux). Jongleur, bateleur, charlatan qui se montre en public pour faire des exercices ou débiter des drogues : Il est des mots qui, semblables aux trompettes, aux cymbales et à la grosse caisse des saltimbanques, attirent toujours le public. (Balz.) Le saltimbanque a sa vanité' comme le tragédien, comme l'orateur. (G. Sand.)

Il n'est saltimbanque en la place Qui mieux ses affaires ne fasse.

SiRRASIN.

— Par ext. Bouffon de société; homme qui débite avec charlatanisme, avec des gestes outrés, des choses sans valeur : Cet Komme croit être un boit plaisant, ce n'est qu'un saltimbanque. Ce n'est pas un orateur, c'est un saltimbanque. (Acad.) Le père de tous les saltimbanques de salon, c'est le calembouriste. (Boitard.)

— Encycl. Au mot bateleur, nous avons déjà traité la partie humoristique du sujet; nous l'envisagerons ici à un point de vue plus sérieux.

De plus fort etrplus fort, comme chez Nicole!, telle est la devise du saltimbanque. On voit tous les jours dans les lieux publics, parmi les saltimbanques, des enfants de douze a treize ans, marchant sur leurs mains à reculons, dans une position perpendiculaire, adosser leurs pieds contre le mur voisin et, dans cette posture, les deux mains au pied de la muraille, faire de leur corps un arc de cercle qu'ils rétrécissent k volonté, au point de ramasser, avec la bouche, la pièce de monnaie qu'on jette à terre devant eux. Oa en voit d'autres, debout, faire décrire graduellement un demi-cercle à la partie supérieure de leur corps, de manière à placer leur tête verticalement entre leurs jambes et reprendre ensuite leur première position.

Pour dresser ces malheureux enfants k ce» tours de force, on lésa plies dès l'âge le plus tendre et, de plus fort en plus fort, qu'on nous passe l'expression consacrée, à des positions contre nature, de manière à accroître la contractilité des muscles du dos et à dilater en même temps les nerfs correspondant à la colonne vertébrale et qui servent de lien à chaque vertèbre. Ces nerfs ou ligaments sont si forts que, lorsque le corps est dans sa position naturelle, ils résistent aux

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chocs les plus violents. C'est pat ces exercices, répétés vingt fois par jour, qu'on est parvenu à faire décrire un arc de cercle plus ou moins grand k l'épine dorsale de ces pauvres enfants, plus dignes de pitié que d'admiration. On ne saurait nier pourtant la force, la souplesse, l'agilité des gens qui prennent et quittent de semblables postures sans aucune assistance étrangère. D'autre part, on peut, à ce métier-la, gagner quelque argent et se montrer aux yeux en Zéphire ou en Hercule ; mais gare aux suites d'un pareil jeu 1 La continuité de ces exercices use en peu de temps les ressorts des organes et conduit ceux qui s'y livrent à une décrépitude prématurée. Comme ce funeste dénoûment se passe dans la coulisse, le spectateur ne prend pas la peine de s'en occuper, et il perd de vue le pauvre saltimbanque, se traînant obscurément vers la tombe k un âge qui , pour le reste des hommes, est celui de la virilité et de la force.

Les sauts périlleux, le grand écart, les pyramides humaines, les tours d'équilibre, la gymnastique du trapèze, des anneaux et des barres constituent l'éducation du saltimbanque. La troupe de Nicolet était justement célèbre au xviiib siècle; elle donnait ses représentations à Paris, dans un théâtre ad hoc, devenu plus tard le théâtre de la Guîté. Vers la même époque, k Londres, un Allemand nommé Van Kckeberg vit se presser dans sa salle d'expériences toute la société londonienne. Dans une de ces expériences, Van Eckeberg s'entourait les reins d'une forte ceinture, sur le devant de laquelle était fixé un anneau de fer,auquel s'adaptait une corde, fixée elle-même après un poteau à une certaine hauteur et passant, un peu plus bas, dans un anneau également fixé après le poteau. Plaçant ses pieds contre ledit poteau, il s'élevait presque horizontalement jusqu'à la hauteur de l'anneau; puis, raidissant subitement ses jambes, il rompait la corde et tombait sur un matelas placé au-dessous de lui. Dans une autre expérience, il se couchait tout de son long par terre ; on lui plaçait une assez grosse enclume sur le ventre, et un homme forgeait à grands coups de marteau un morceau de fer sur cette enclume. Quelquefois deux hommes coupaient, k froid, au moyen d'un ciseau, une forte barre de fer placée sur l'enclume. Dans d'autres moments, c'était une grosse pierre qu'on y brisait à coups de marteau; ou bien encore, les pieds appuyés 'sur une chaise et les épaules sur une autre, l'Allemand formait avec son corps une voûte sur laquelle montait un homme, qu'on voyait s'élever ou s'abaisser, suivant les mouvements de la respiration du patient. Quelquefois même trois ou quatre personnes se tenaient sur cette voûte sans qu'il parût en être fatigué; enfin, dans cette position, il reproduisait toutes les expériences précédentes de l'enclume et du marteau. Mais le tour qui paraissait le plus fort consistait à placer une pièce de canon sur un plateau suspendu à quatre cordes terminées par une chaîne ou une autre corde qui s'adaptait à la ceinture de Van Eckeberg. Deux rouleaux étaient placés sous le plateau ; à un signal donné, on les enlevait, et la pièce de canon restait suspendue aux reins de l'opérateur.

L'explication de la première et de la dernière de ces expériences n'offre aucune difficulté. Elles reposent entièrement sur la force naturelledes os du bassin, qui forment une double voûte, dont la rupture ne pourrait être déterminée que par une force immense dans les conditions où se pinçait l'acrobate, c'est-à-dire par une pression extérieure dirigée vers le centre de la double voûte. D'un autre côté, les os des jambes et des cuisses peuvent supporter, dans le sens de leur longueur, une pression de 5,000 k 6,000 livres, et par conséquent Van Eckeberg ne devait éprouver aucune difficulté à soulever ainsi le poids de la pièce de canon, k se soutenir dans une position horizontale contre le poteau et à casser la corde qui le soutenait; nous disons aucune difficulté, étant donnée, bien entendu, sa force musculaire et aussi l'habitude qu'il avait de ce tour de force ; car il faut bien reconnaître qu'en tout l'habitude est une seconde nature. Saint Denis, décapité, portait sa tête dans ses mains, et pourtant ce n'était pas un saltimbanque! L'histoire, du moins, n en fait pas mention. L'expérience de l'enclume était réellement la plus surprenante; mais toute la difficulté consistait k en supporter le poids , car l'effet du marteau était tout k fuit nul pour l'homme. Si l'enclume n'eût été qu'une feuille de tôle, ou n'eût pesé que deux ou trois fois le poids du marteau, quelques coups auraient suffi pour tuer l'opérateur; mais l'enclume étant très-pesante, il ressentait à peine les coups du marteau, car la quantité de mouvement qui animait celui-ci se répartissait, après le coup, dans une masse do matière peut-être cent fois plus considérable et ne produisait sur le corps du patient qu'un elfet cent fois moindre par conséquent. D'autre part, la réaction de l'enclume ou de la pierre contre le marteau diminuait encore l'efl'et de celuici. Enfin, la troisième expérience s explique très-bien par la résistance considérable qu'opposait à la pression la voûte formée par les diverses parties de la charpente osseuse, qui s'arc-boutaient parfaitement. Nous ferons remarquer en même temps que, dans ce cas, l'expérience de l'enclume était beaucoup

moins dangereuse que lorsque le dos de l'opérateur touchait la barre.

A côté de ces expériences, qui prouvent plus d'adresse que de force, on cite quelques actes qui décèlent une force véritable. En voici plusieurs qu'exécutait un Anglais nommé Thopham, âgé de trente et un ans. Il écrasait, entre le pouce et le majeur, une pipe de terre ; il plaçait une pipe semblable sous sa jarretière et l'écrasait en gonflant seulement sert muscles; tenant de la main droite une barre de fer de 3 pieds de longueur et de l pouce do diamètre, il en frappait son bras gauche nu, entre le coude et le poignet, jusqu'à ce quo la barre de fer fût courbée à angle droit ; prenant une barre de fer semblable par le» deux bouts, il en plaçait le milieu sur son cou ; puis, rapprochant les deux mains, il courbait la barre de manière à faire rencontrer les deux bouts; enfin, par un effort en sens inverse, il la redressait presque complètement. Cette dernière expérience était beaucoup plus difficile que la précédente, parce, que les muscles qui déterminent l'écartemen" horizontal des bras sont beaucoup inoins fort!) que les muscles qui les font se rapprocher.

On a connu à Paris, dans ces derniers temps, l'homme-mouche qui marcha au plafond, l'homme-canon qui, une pièce de 8 sur l'épaule, y met le feu et reste immobile, et bier. d'autres dont les noms nous échappent, héroii du Cirque, de l'Hippodrome, des champs dt foire ou des places publiques, sans oublier lfc fameux Léotard, qui sautait d'un trapèze sur l'autre et a fini par se casser le cou... C'est là le revers de la. médaille. Mais ne faut-il pas que le métier de saltimbanque ait ses inconvénients comme les autres? Bilboque!

avait raison lorsqu'il disait : « Tout n'est pas rose dans la vie, tout n'est pas jasmin dans notre profession... »

Une loi récente (7 décembre 1874) protège aujourd'hui les malheureux enfants que let saltimbanques louaient ou achetaient à leurs parents pour les exhiber en public. L'article 1« défend de faire exécuter par des enfants des tours de force périlleux ou des exercices de dislocation. L'article 2 est formulé en .ces termes : « Tout individu autre que les père et mère, pratiquant les professions d'acrobate, saltimbanque, charlatan, montreur d'animaux ou directeur du cirque, qui emploiera dans ses représentations des enfants âgés de moins de seize ans, sera puni d'un emprisonnement de six mois à deux ans et d'une amende de 16 francs à 200 francs; la même peine sera applicable aux père et mère exerçant les professions ci-dessus désignées qui emploieraient dans leurs représentations leurs enfants âgés de moins de douze ans. » Le parlement italien a voté une loi formulée à peu prés dans les mêmes termes.

Sniiiuibaiiquo (lks) , parade en trois actes, par Dumersan et Varin ; théâtre des Variétés, 25 janvier 1831. Emérite de carrefour, paradista vieilli, mais intrépide, Bilboquet a recueilli ou volé, on ne sait au juste, une petite fille et un petit garçon. Il a baptisé l'une Zéphirine, l'autre Gringalet. Les deux orphelins grandissent , deviennent fameux dans l'art de leur maître, et, réunis à Mlle Atala , vieille funambule décrépite , acrobate en cheveux gris, ils exploitent sans grand succès les villes et villages qu'ils rencontrent sur leur route. Plus gueu,\ que Job, et pour le moins aussi déguenillés , ils arrivent k Lagny, où ils se trouvent retenus, | faute d'argent pour payer l'aubergiste qui leur fournit le i^îte et le couvert; quel gîte et quel couvert ! C'est là qu'un certain Sosthène, qui par hasard a vu Zéphirine à Meaux, rejoint la troupe dont il veut absolument partager les nobles travaux. Ce Sosthène a un air bête qui prévient Zéphirine en sa faveur; et tandis qu'il l'admirait la bouche béante et les mains sur ses poches, Bilboquet lui a extirpé sans douleur une molaire • avec accompagnement de gencive et de clarinette. ■ Ce sans douleur est une cruelle ironie, car c'est en tenant un mouchoir sur sa joue que le pauvre diable tombe aux pieds de Zéphirine. Le voilà donc enrôlé dans la troupe funambulesque ; il tâche de s'en faire estimer en portant des tabourets sur le nez, en jouant de l'ophieléide et en prêtant une surface complaisante au pied de Bilboquet. Mais ce jeune présomptueux a un père, un monsieur enrhumé nommé Ducantal, qui s'intitule capitaliste. Ducantal père, cherchant son héritier par mer et par terre, tombe dans l'auberge où sont descendus les saltimbanques. Le voilà, sévère, mais juste, dans son habit noir k basques incompréhensibles, avec son chapeau à bords largement évasés, ses chaussons de lisière et ses énormes gants fourrés, poursuivant en toussant et en avalant force pâte de jujube son coquin de fils. Ledit Ducantal saisit celui-ci au collet et le poussant devant lui s'éloigne, oubliant sa malle. Gringalet, à qui Bilboquet recommande de ne rien laisser traîner, dit : • Cette malle est-elle à nous? — Elle doit être à nous, » répond l'imperturbable Bilboquet.

Cependant Sosthène échappe à son père; il rejoint son infante, sa chère Zéphirine, dans la ville de Meaux, où le maire ordonne jeux et spectacles, illuminations et réjouissances publiques à l'occasion de l'installation d'un nouveau sous - préfet. Qui défraye la gaieté publique? C'est Bilboquet et sa bande, où figure l'amoureux Sosthène , élevé au

grade de paillasse. La foule se presse autour de leur baraque en plein vent ; Gringalet, Bilboquet débitent le plus abracadabrant des boniments; coq-à-l'âne et calembours fortement épicés, rien n'y manque, pas même les croquignoles sur le nez de Gringalet et les coups de pied, aussi habilement lancés à leur adresse que maladroitement parés; Zéphirine en Espagnole danse la plus folle cachueha. Tout k coup un grand bruit se fait entendre; la musique se tait et Sosthène cherche de l'œil le côté le plus favorable k sa fuite : le père Ducantal, toujours à la piste de sa malle et de son fils, vient de faire irruption dans la baraque I Bilboquet proteste, mais il est forcé de s'exécuter; il restitue Sosthèrfe à son père; Gringalet désolé apporte la malle d'où s'échappe un portefeuille, lequel contient un passe-port,, et les spectateurs apprennent alors que des liens de famille unissent Ducantal à Bilboquet et que Bilboquet est le père de Zéphirine. Sosthène épousera celle qu'il aime. N'en demandons pas davantage, car c'est là ce qu'on peut saisir de plus clair dans ce feu croisé de lazzi, de calembours, de jeux de mots, d'arlequinades et de charges toutes plus bouffonnes et plus exhilarantes les unes que les autres dont cette pièce est faite. Elle est en son genre un véritable chef-d'œuvre.

SALTIQUE s. f. (sal-ti-ke — du lat. saltus, saut). Arachn. Syn. d'ATTE, genre d'arachuides : La saltique chevronnée se trouve très-communément à Paris. (IL Lucas.)

— Encycl. Les saltiques présentent, comme caractères principaux : huit yeux, formant par leur réunion un grand carré ouvert en arrière ou une parabole; des mâchoires droites, longitudinales, élargies et arrondies k l'extrémité ; la lèvre ovale très-obtuse ou tronquée au bout; des pieds propres au saut et à la course, la plupart robustes, surtout les premiers , qui sont généralement les plus longs. Ce genre est si naturel, qu'il a été admis par presque tous les naturalistes qui ont traité des aranéides. Aristote en distingua plusieurs espèces. On les a désignées sous les noms d'araignées-phalanges, araignées-puces, araignées sauteuses, vibrantes, voltigeuses, voyageuses, etc., qui tous rappellent leur singulier mode de progression. ■ Les araignées de cette tribu, dit M. H. Lucas, marchent par saccades, s'arrêtent tout court après avoir fait quelques pas et se haussent sur les pieds antérieurs. Découvrent-elles un insecte, une mouche on un cousin surtout, elles s'en approchent doucement, jusqu'à une distance qu'elles puissent franchir d un seul saut, et s'élancent tout à coup sur la victime qu'elles épiaient. Ces ar:i ignées ne craignent pas de sauter perpendiculairement sur un , mur, parce qu'elles s'y tivuvent toujours at- S tachées par le moyen d'un til de soie qu'elles j dévident à mesure qu'elles avancent; il leur sert encore à se suspendre en l'air, à remonter au point d'où elles étaient descendues, ou

à se laisser transporter par le vent d'un lieu à un autre. »

La plupart des saltiques se construisent, entre les feuilles ou sur les pierres, des nids de soie, en forme de sac ovoïde et ouvert aux deux bouts ; c'est là qu'elles se retirent pour se reposer, subir leur mue et se garantir des intempéries. L'accouplement présente, chez certaines espèces, des particularités assez remarquables. Dans la saltique à pieds épais, le mâle et la femelle s'approchent l'un de l'autre et se tâtent réciproquement avec leurs pattes antérieures et leurs tenailles; quelquefois ils s'éloignent un peu, mais pour se rapprocher de nouveau; souvent ils s'embrassent avec leurs pattes et forment un peloton, puis se quittent pour recommencer le même jeu. Dans la saltique chevronnée, le mâle monte sur la femelle, en passant sur sa tôte et se rendant à l'autre extrémité; il avance une de ses palpes vers le dessous du corps de celle-ci, lui soulève doucement l'abdomen et appliquel'extrsmitéde la palpe sur l'organe génital, il s'éloigne et revient à plusieurs reprises sur sa femelle, qui se prête oomplaisamment à tous ces jeux. Cette espèce est longue de om,Ol, noire, avec trois chevrons blancs ; on la trouve fréquemment à Paris, sur les murs des maisons.

SALTUAIREs. in. (sal-tu-è-re — lat. saltuarius; dusallus, forêt). Antiq. rom. Esclave ou affranchi chargé de la garde d'un bois.

— Ilist. Chez les Lombards, Ofticier chargé de'la garde des frontières.

SALTZA, SALTZDOUUG, noms d'une rivière et d'une ville des Etats autrichiens. V. Salza, Salzbourg.

SÀLTZMANN (Balthazar-Frédéric), pasteur protestant, ué à Strasbourg en 1612, mort dans la même ville en 1696. Admis au ministère en 1042, il devint, en 1658, pasteur de la cathédrale. Strasbourg passa à cette époque sous la domination de Louis XIV, et la cathédrale fut enlevée aux protestants. Saltzmann devint alors pasteur de l'église du Temple-Neuf.

SALTZMANN (Balthazar-Frédéric), érudit allemand, tils du précédent, né à Strasbourg en 1644, mort en 1703. Il embrassa la carrière ecclésiastique et fit ses études k Leipzig et à Wiltemberg. On a de lui deux ouvrages : De scriptionis antiqux varieiate (Leipzig, 1667, in-4°) ; De scriptione hieroglyphica JEgyptiorum et Sinensium.

SALTZMANN (Chrétien-Gotthilf), éruditallemand. V. Salzmann.

SALUADE s. f, (sa-lu-a-de — rad. saluer). Action de saluer en faisant la révérence : Il me fit une grande, une profonde saluade. Il Vieux mot.

SALUBRE adj. (sa-lu-bre — lat. saluber ; de salus, salut). Qui est favorable k la santé : Des eaux salubres. Un air sai.ubre. Une nourriture, un régime saujdrk. (Acad.) Les oeufs, pour être salubres, doivent être frais pondus. (A. Rion.) Il est plus facile à l'hommt de se passer d'une bonne alimentation que d'un air salubre. (L. Cruveilhier.)

SALUBREMENT adv. ( sa-lu-bre-man — rad. salubre). D'une manière salubre.

SALUBRITÉS, f. (sa-lu-bri-té — rad. salubre). Qualité de ce qui est salubre : La salubrité de l'air, de la nourriture, du logement. L'entrée du Mississipi n'est qu'une suc cession de marécages dont la présence est funeste à la salubrité des contrées voisines. (A. Maurv.) Une des principales conditions de la santé de l'homme est la salubrité des aliments solides et liquides dont il se nourrit. (Virey.) L'impôt du sel est un obstacle à l'élèoe au bétail, une interdiction de la salubrité. (Proudh.)

— Hygiène publique, ensemble de conditions favorables k la santé publique : Mesures de salubrité. Conseil de salubrité. La police veille au soin de la salubrité publique. (Portalis.)

— Encycl. En dehors de la double question du climat et de la nature du sol, qui tient une si grande place dans l'état physique et moral de l'homme, la santé de ce dernier dépend de trois conditions essentielles: 1° la pureté de l'air et sa libre circulation; 2° la qualité des aliments solides et liquides dont il se nourrit; 3° la profession qu'il exerce ou le travail auquel il se livre.

Il est bien rare que ces trois conditions soient satisfaisantes sous le rapport de la salubrité. Pour ce qui est de l'air, la plupart n'ont pas eu à choisir celui qu'ils respirent. Le lieu où ils sont nés, l'état de l'habitation qu'ils occupent, tout cela est le fait du hasard, c 'est-adire de leurs parents dont ils partagent la destinée et d'ordinaire la condition sociale. Qu'on vive par exemple k la campagne, où on a hérité d'un champ situé aux abords d'un marais ou dans un vallon malsain ; on a sa maison bâtie dans un coin de ce champ , il suffit à faire vivre la famille ; on passera sur l'insalubrité de l'endroit. On ne la pas choisi, mais on l'habite presque malgré soi. Dans les villes, l'état des choses est beaucoup' plus pitoyable encore, et une grande partie de la population en souffre. En fait de salubrité publique, nos ancêtres étaient d'une imprévoyance extrême. Il n'y a pas une vieille ville dans l'Europe moderne qui ne soit un foyer d'infection ou du moins relativement malsaine. Le mal est tellement grave que les économistes estiment que la population des villes est obligée de se renouveler après trois générations, c'est-à-dire que, sans les habitants des districts ruraux, au bout d'un siècle nos villes seraient désertes.

A cet égard, de grands efforts en vue d'assainir les villes ont été tentés de nos jours, et la plupart ont réussi. Presque partout commencent à disparaître les ruelles infectes, les sous-sols affectés au logement des êtres humains, les cloaques. Aujourd'hui do larges rues, des égouts, un service d'inspection sanitaire, organisé en vue d'aller voir ce qui se passe chez les particuliers, tendent à rendre . généralement plus sain le séjour des villes. A Paris, quoique la population ait presque doublé, il meurt chaque année 10,000 personnes de moins qu'il y a vingt ans, et il y a lieu de croire que ce résultat est dû en grande partie aux immenses travaux exécutés dans ces quarante dernières années et aussi à l'accroissement du bien-être général.

Sous le régime féodal, quand on fondait une ville ou un village, on obéissait aux convenances du moment, toutes politiques ou religieuses; la situation saine ou malsaine des lieux, la régularité, la largeur et la ventilation des rues étaient des objets qui ne se présentaient à 1 e>prit de personne. Paris, anciennement Lutèi-e (ville de boue), ne fut pas bâti autrement. Bien qu'elle s'étendit déjà très-loin hors de la Cité sur les deux rives de la Seine, elle n'était pas encore pavée au commencement du règne de Philippe-Auguste (1 180-121G). C'était alors un cloaque tel que le roi n'en pouvait supporter l'odeur dans son palais. Il ne fit point paver Paris parce qu'on s'y noyait dans la boue, ni parce que cette boue devenait périodiquement pestilentielle, mais parce que son odeur l'incommodait. Cela n'empêcha pas la fièvre et la peste d'élire domicile dans les rues longues, étroites, où le soleil n'arrivait pas durant une partie de l'année. La Cité et le quartier Saint- Jacqiies étaient deux gouffres d'où la gangrène gagnait chaque été les autres quartiers de la ville. Peu à peu, cependant, il se créa una police, et de temps en temps elle prenait tics mesures sanitaires. Mais ce ne fut que sous Henri IV, et pour une causa étrangère au soin d'assurer la santé publique, qu'on prit les premières mesures décisives, c'est à-dire qu'on résolut d'elui gir les rues. Le luxe de la noblesse, de la haute bourgeoisie et la mode d'aller en voilure dèter-

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minèrent cette révolution. Les quartiers neufs • furent bâtis sur de nouveaux plans; mais on n'eut guère, avant la Révolution française, l'idée de démolir l'ancienne ville afin de l'assainir en la rebâtissant. Le premier Empire voulut réaliser cette idée, mais n'en eut ni le moyen ni le loisir. C'était une tâche réservée à notre temps, tâche très-lourde, très -coûteuse et dont l'avenir recueillera les fruits.

Un de3 côtés de cette tâche consiste à faire disparaître ou du moins à éloigner des quartiers très-habités (es industries dangereuses. Un conseil de salubrité créé en 1802 est chargé de veiller sur les industries de ce genre, afin d'atténuer autant que possible les maux qui résultent de leur existence, lorsqu'on ne peut pas les faire sortir de Paris. Le conseil de salubrité fut institué sur la proposition du chimiste Cadet-Gassicourt, qui l'organisa et en resta le directeur jusqu'en 1S21. Les travaux accomplis par le conseil de salubrité depuis son institution sont immenses. Ils s'étendent à l'ensemble des objets qui intéressent la santé publique. Les principaux sont l'assainissement des rues, des maisons et des cours; celui des puits, des égouts, des chantiers, de la Bièvre, do la Seine, des lieux d'aisances, des détritus végétaux et animaux qu'on transporte de Paris au dehors ; ce sont là des objets d'intérêt général. Le conseil de salubrité s'occupe aussi des professions dangereuses et des maux qu'elles peuvent engendrer soit pour le voisinage, soit pour ceux qu'elles occupent.

Dans cette partie des attributions du service de salubrité sont compris : l'affinage des métaux, les usines et en particulier celles où l'on fabrique des produits chimiques, les amphithéâtres d'anatomie, les bains publics, les aliments, les boissons, etc.

Des hommes du plus grand mérite, comme savants ou praticiens, ont fait partie du conseil de salubrité depuis sa fondation; ce sont, entre autres : Parmentier, Dupuytren, d'Arect, le docteur Roux, Jobert de Lnmballe, Chevalier, etc. Les résultats obtenus à Paris par le conseil de salubrité ont engagé plusieurs villes de province à créer des institutions analogues, et la plupart des Etals de l'Europe ont imité la France. Notre pays est d'ailleurs celui où on a le plus d'égards pour la vie humaine et où, par conséquent, les précautions sanitaires sont le plus perfectionnées. Du reste, on n'en prend guère que dans les grands centres, et c'est là surtout qu'elles sont nécessaires, o Les agglomérations urbaines, dit M. Le Play (Réforme sociale en France, tome II), ont fait naître partout et dans tous les temps des besoins auxquels les chefs de famille ne sauraient isolément pourvoir; tels sont notamment ceux qui se rattachent k la salubrité, à l'hygiène publique, à la voirie, à la police, k 1 assistance des pauvres ; mais ces besoins ne se manifestent plus dans les districts ruraux, en dehors d'une étroite banlieue eontigue aux habitations urbaines; en sorte qu'on a toujours été conduit à limiter les institutions communales urbaines à des circonscriptions soigneusement délimitées et qui ne forment, à vrai dire, que des points imperceptibles au milieu du territoire d'une grande nation. Les familles habitant ces circonscriptions sont soumises à des obligations et jouissent d'avantages qui n'existent point pour les familles établies dans les districts ruraux. >

Là, les précautions sanitaires sont presque inutiles. Aussi, comme il n'y a ni service de voirie ni service de police, il y a encore moins un service de salubrité. Tout se borne h des recommandations faites de temps à autre par les autorités municipales; ce qui était un inconvénient dans les villes devient à la campagne un avantage, a L'abondance des déjections de toute sorte, dit le même auteur, la multiplication des ateliers d'abatage et d'équarrissage et en général les accumulations de débris végétaux et animaux, loin de nuire à la population, assurent la fertilité des pâturages et des cultures et sont par conséquent une source d'agrément et de richesse. Alors même qu'en certains cas l'hygiène et la salubrité auraient à souffrir à cet égard de la négligence de la population, ce désordre, vul'éloignement réciproque des habitations, conserverait un caractère local et privé et justifierait rarement l'intervention d'une autorité publique, i

Une remarque utile à faire est que plus la civilisation avance , plus les besoins d organiser partout des services de salubrité s'étendent. Outre que les centres de population se multiplient, les procédés industriels propres au xixe siècle ont développé sur un grand nombre de points des causes d'insalubrité qu'il importe de surveiller énergiquement. Consulter sur ce sujet : Journal d'hygiène et de médecine légale.

SALUCES, autrefois Augusta Vagiennorum, Salutis, ou Salutium en latin moderne, Saluzzo en italien, ville du royaume d'Italie, province et à 25 kilom. N.-O. de Cuneo, autrefois capitale d'un petit Etat bien connu sous le nom de marquisat de Saluées, actuellement chef-lieu de district et de mandement, au pied d'une coltine, entre le Pô et la Vraita; 16,208 hab. Evêché suffragant de Turin ; collège royal, séminaire, prison centrale. Fabrication de soieries, cuirs, chapeaux, coutellerie, forges. Commerce de vins, grains et bétail. La partie haute de la ville est compo-

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sée de rues étroites et escarpées, mais propres et bordées de maisons bien bâties; la partie basse, qui s'étend au pied de la colline, présente plus de régularité. On y remarque une belle cathédrale, et l'ancien palais des marguis de Saluées.

SALDCES (marquisat de). Ce marquisat, qui comprenait au moyen âge Cannagnola , Kevello, Cental, appartenait à une famille issue de la maison de Montf«rrat; ses titulaires furent d'abord vassaux de l'empire, puis des ducs de Savoie. Pendant les guerres de Charles VII 1, de Louis XII et de François 1er en Italie, les marquis de Saluées servirent clans les armées françaises. Le marquisat fut réuni à la couronne de France par François 1er, comme fief du Dauphiné.

Henri IV échangea ce marquisat avec Charles-Emmanuel , due de Savoie , contre la Bresse, en 1G01.

SALUCES, nom d'une ancienne et illustre famille souveraine italienne, qui régna jusqu'au milieu du xvic siècle sur la ville et le marquis» t de Saluées. Depuis leur dépossession, les membres de la maison de Saluces n'ant cessé d'occuper en Piémont de hautes charges civiles et militaires.

Les personnages les plus remarquables de cette famille sont les suivants :

SALUCES (Thomas II, marquis de), fils du marquis Frédéric 1er, mort en 1357. Son oncle JUaiiifroi, ligué contre lui avec le roi de Naples, le comte de Savoie et le prince d'Achaîe, pénétra dans le marquisat de Saluces, qu'il ravagea, pilla la ville de Saluces, rasa le vieux château et massacra les habitants. Thomas, fait prisonnier avec ses deux fils, fut. emprisonné à Pignerol et ne recouvra la liberté qu'au bout d'une année, après avoir consenti à donner, outre une forte rançon, le château de Dronero. Son oncle s'était emparé de. la plus grande partie du marquisat, qu'il recouvra eu 1355, grâce à l'intervention de l'empereur Charles IV.

SALUCES (Thomas III, marquis de), capitaine et historien italien, né vers 1350, mort en HIC. A la suite de querelles avec le duc de Savoie, il fut contraint de se réfugier en Franco, De retour dans ses Etats, il soutint de longues luttes contre Amédée, duc d'Achaïe, qui avait envahi ses domaines et contre le frère de celui-ci. Assiégé dans Saluces par Louis d'Achaïe en H 13, il fui fait prisonnier et dut souscrire, pour conserver sa vie et son apanage, à toutes les humiliantes conditions que lui imposèrent ses vainqueurs" On doit à Saluces le Voyage du chevader errant (Anvers, 1577), ouvrage devenu très-rare et qui parut sous le nom de Jeun Cariliomi.

SALUCES (Louis 1er, marquis de), fils de Thomas III, mort en 1475. Tout jeune lorsque mourut son père en 1416, il fut mis sous la tutelle de sa mère Marguerite de Luxembourg. L'habileté qu'il montra plus tard lui valut d'être nommé lieutenant général du duc Amédée, en Savoie, et d'être choisi comme médiateur entre Visconti de Milan, d'une part, et les Florentins et les Vénitiens de l'autre. Sous le duc de Savoie Louis, le marquis de Saluces devint gouverneur général de la Savoie et du Piémont. Ce fut lui qui fit creuser au-dessous du mont Visola route qui mit en communication la France et le Piémont.

SALUCES (Louis II, marquis de), fils du précédent, né en I42S, mort à Gênes en 1504. Il épousa Jeanne de Montferrat, dont la sœur Blanche épousa le duo Charles de Savoie. Jeanne, froissée d'être la vassale de sa sœur cadette, résolut de rendre le marquisat indépendant de la Savoie et demanda au roi de France Charles VIII de lui accorder son appui (U85). Le due de Savoie, informé de ces intrigues auxquellesse trouvait mêlé Louis II, envoya Anselme de Miolans assiéger Carmagnohi, qui dut se rendre. Louis II partit alors pour la France, dans le but d'y chercher des secours. Pendant son absence, la ville de Saluées, défendue par son frère Charles-Dominique, fut assiégée par de Miolans. Malgré la plus héroïque résistance, à laquelle prirent part les femmes, Saluces dut capituler et le général du duc de Savoie s'empara de presque tout le marquisat, à l'exception de quelques châteaux. Après la mort du duc Charles, le marquis de Saluces obtint du duc de Milan des troupes avec lesquelles il rentra en possession de son marquisat (1490). Quelque temps après, devenu veuf, il épousa Marguerite, sœur de Gaston de Foix. Lorsque le roi de France Louis XII entra en Italie pour conquérir le Milanais et le royaume de Naples, le marquis de Saluces lui fit le plus brillant accueil et conquit à tel point ses bonnes grâces que Louis XII le nomma général des armées françaises en Italie, puis le nomma vice-roi de Naples. Arrivé dans ce pays, Louis de Saluces força les Espagnols à lever le siège de Gaëte et s'empara de Trajetto, de Fondi et de plusieurs places fortes. Battu au Garigliano, par suite de la mésintelligence qui s'éleva entre les chefs de l'armée, le marquis dut faire embarquer les débris de son armée, qui furent décimés par une épidémie. 11 se retira alors à Gênes, où il mourut. Le marquis de Saluces passait pour un politique et un homme de guerre, habile. Il s'attacha à protéger les gens de lettres, fonda une Académie et composa des ouvra-

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ges en vers et en prose, pour la plupart perdus. Nous citerons de lui : l'Ari de chevalerie salon Végèce (Paris, 1488), h la fin duquel se trouve une pièce de vers sur les douze vertus que doit avoir un homme noble et courageux.

SALUCES (Michel-Antoine, marquis de), fils du précédent et de Marguerite de Foix. Il fut nommé par Louis XII gouverneur d'Asti en 1507 et suivit l'armée française en Italie, où il assista aux principales batailles. Pour conserver son marquisat, que le (tbc de Milan menaçait de lui faire perdre, Michel-Antoine dut lui payer 16,000 ducats d'or. Lors de l'expédition de François I<sr en Italie, le marquis fut de nouveau l'allié des Français; il assista à la bataille de Pavie et reçut lo commandement d'un corps de troupes françaises. Nommé par François Ier amiral de Guyenne et lieutenant général en Italie, de Saluces fut mis à la tète des troupes royales contre les impériaux, qu'il défit k deux reprises. Il commanda l'uvant-gal'de do l'armée française k Mnrignan, puis suivit François 1er en France, pendant que le marquisat de Saluces était occupé par les impériaux. En 1528, de Saluces reçut le commandement de l'armée française à Naples; il mourut l'année suivante. Après sa mort, deux de ses frères, Jean-Louis et Gabriel, furent emprisonnés par ordre du roi de France; le troisième, François, fut tué sous les murs de Carmagnola; la famille de Saluces perdit définitivement la possession du marquisat.

SALUCES (Alexandre, comte de), homme d'Etat et écrivain militaire piémontais, né à Turin eu 1775, mort dans la même ville en 1S51. Ayant embrassé le métier des armes, il fit les campagne3 contre la Fronce jusqu'à la bataille de Marengo. La soumission de l'Italie par Bonaparte brisa la carrière militaire du comte de Saluces, qui se tourna vers les études littéraires. Sous le gouvernement impérial, il accepta la place" de proviseur du lycée de Turin, qu'il conserva jusqu'à la chute de l'Empire, époque k laquelle il reprit du service dans l'armée piémontaise. En 1820, il fut nommé ministre de la guerre et de la marine. Après l'abdication de Victor-Emmanuel I*r, il conserva les bonnes grâces du nouveau roi Charles -Félix, qui l'envoya en Russie avec le titre d'ambassadeur extraordinaire, puis le nomma président du conseil d'Etat (1831). Sous Charles-Albert, le comte de Saluces renonça entièrement k la vie politique. Il fut élu président perpétuel do 1 Acadéfnie des sciences de Turin et présida le congrès scientifique réuni dans cette ville en 1840. On lui doit : Histoire militaire du Piémont (Turin, 1818, 5 vol. in-8<>).

SALUCES (César, chevalier de), écrivain italien, frère du précédent, né à Turin en 1777, mort en 1853. Il prit de bonne heure l'habit ecclésiastique et figura parmi les gentilshommes du cardinal Costa, archevêque de Turin, tandis que ses frères aînés entraient dans l'armée. Les événements politiques le décidèrent ensuite à renoncer a l'éiat ecclésiastique et il se mit à étudier le droit. Reçu docteur, il se tourna vers les lettres, fut reçu agrégé de la Faculté de philosophie et de belies-lettres, puis devint membre et secrétaire perpétuel de l'Académie des sciences pour la classe des lettres et inspecteur des études. Chargé, à la Restauration, par Victor- Emmanuel Ier, de réorganiser le collège militaire de Turin, il devint successivement secrétaire du conseil des ministres, commandant de l'Ecole militaire, gouverneur des jeunes ducs do Savoie et do Gênes, grand écuyer, grand maître de l'artillerie, président de la députation pour l'histoire nationale, enfin conseiller d'Etat extraordinaire. Le chevalier de Saluces rentra, en 1848, dans la vie privée. Profondément versé dans la connaissance des langues italienne, française et latine, César de Saluces publia dans sa jeunesse deux livres intitulés : Sur l'utilité des études morales et Introduzione ai principii delta morale filosofia. Outre ses recherches archéologiques sur l'antiquité et le moyen âge, il prit une part considérable à la publication des Monumenta historiée patris, collection patronnée par Charles-Albert, et écrivit en un latin élégant la préface du troisième volume, les Ecrivains. Comme gouverneur de l'Acu'ieime militaire, il s'appliqua surtout à développer l'instruction théorique et l'éducation morale des jeunes gens. Possesseur d'une magnifique bibliothèque militaire en diverses langues, qu'il légua à son élève, le duc de Gènes, il édita l'ouvrage de Francesco di Giorgio Martini sur l'architecture civile et militaire, réunit les matériaux d'un dictionnaire militaire, et recueillit, sous le titre de Souvenirs militaires des Etats sardes, tirés de plusieurs ouvrages tant imprimés que manuscrits, les nombreux traits de modeste bravoure que l'on rencontre k chaque pas dans l'Histoire militaire du Piémont, dont son frère Alexandre est l'auteur.

SALUCES (Griselidis, marquise de). V. Griselidis.

SAJ.UCES DE MENUSIGLIO (Joseph-Ange, comte du), chimiste italien, né en 1734, mort en 1810. Entré dans l'artillerie, il suivit les cours de physique de Reccariu et s'adonna presque exclusivement aux études chimiques. Placé à. la tète de l'instruction publique dans son pays, Saluces acquit en Europe une

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grande et légitime réputation comme savant. Ses nombreux et intéressants mémoires ont été publiés dans les Taurincnsih miscellanea.

SALUCES EEVEL (Diodata, comtesse de), femme de lettres piémontaise, née à Turin en 1775. Elle était fille du précédent, et, dès l'âge de sept ans, elle improvisait des vers. Le grand poëte Alfieri fut surpris en écoutant ce poète enfant. Cependant, il conseilla de régler cette jeune imagination, de la subordonner à des études sérieuses, et l'on suivit ses conseils. En 179S, Diodata publia le premier volume de ses œuvres. Il se compose de sonnets, de cantates, d'odes, d'élégies, de stances. Tout e=t d'une douceur grave en ce volume un peu triste, plein de sentiment et même de sentimentalité. Trois nouveaux volumes suivirent bientôt, contenant encore des sonnets, des stances, des élégies, encore des larmes et des fleurs sur des tombes. En un mot, mêmes qualités de sentiment et de style, mais qualités secondaires. Cela n'a point empoché l'œuvre poétique de la comtesse de Saluces d'avoir un certain succès et d'arriver à quatre éditions. La dernière, datée de Turin, a paru en 1817. On a encore de Mme de Saluces quelques nouvelles, dont deux surtout sont appréciées; elles ont pour titre: Gaspard Stampa et la Comtesse de Tende. Diodata de Saluces, mariée en 1799 au comte Roerode-Revel, devint veuve trois années après cette union. Nous ignorons la date do sa mort.

SALUDECIO, bourg du royaume d'Italie, province de ForSi, district de Riinini, cheflieu de mandement ; 3,890 hab.

SALUÉ, ÉE (sa-lu-é) part, passé du v. Saluer. A qui l'on fait un salut : Si peu de vanité que l'on ail, il est toujours flatteur d'être salué par une jolie femme. (Mlue E. de Gir.)

— Mar, Atteint légèrement par un projectile : Vous saurez donc que Preuilly fui salué, et le Tonnant dégréé par le canon de ces mangeurs de fromage. (De Valbelle.)

SALUER v. a. ou tr. (sa-lu-é — lat. salutare; de sains, salut). Donner une marque de civilité, de respect k : Saluer un passant. Saluer de la main. J'aimerais mieux Saluer dix fillettes, que de manquer à saluer une honnête femme. (Bassompierre.) Le bitlser était une manière de saluer très-ordinaire dans toute l'antiquité. (Volt.) On salue les uns pour leur faire une politesse, tes autres pour leur montrer qu'on est poli. (A. d'Houdetot.) On salue plus volontiers une connaissance en voiture qu'un ami à pied. (Petit- Scnn.)

D'un magistrat ignorant

C'est la robe qu'on salue.

La Fontaine.

— Offrir ses civilités à : Les officiers de la garnison sont allés saluer le gouverneur. (Acad.)

— Fig. Rendre hommage à : Les oiseaux en chœur se réunissent et saluent de concert le père de la me. (J.-J. Rouss.)

— Acclamer : Saluer l'avènement de la liberté. || Déclarer par acclamation : Les soldats trouvèrent dans un lieu, obscur du palais un homme tremblant de peur ; c'était Claude: ils le SALUERENT empereur. (Montesq.)

— Aborder avec respect, en parlant d'un lieu, d'un objet : Saluer le lieu de sa naissance. Saluer la tombe de ses pères. Saint Louis meurt comme jlfoïse, autiut d'avoir pu passer le Jourdain ; il salue de loin comme lui celte terre heureuse promise à sa postérité. (Mass.)

O mer, dans ton repos, dans tes bruits, dans ton air. Comme un amant, je t'aime et te tatue, ô mer!

Biuzeux.

— Complimenter par lettre : Je salue tels et tels. J'ai bien l'honneur de vous saluer. Je vous salue de tout mon cœur. (Acad.)

— Honorer du salut militaire ou du signal de civilité réglé par les usages de la marine : Saluer de l'épée, du drapeau le général qui passe la revue. Saluer un pavillon étranger.

— Mar. Saluer un grain, Curguer les voiles à l'approche d'un coup de vent. Il La mer salue la terre, C'est aux navires qui mouillent devant une forteresse à la saluer les premiers en tirant le canon.

Se saluer v. pr. Etre salué : Une femme que l'on connaît à peine ne doit pas se saluer en public.

— - Se donner mutuellement le salut : Les vaisseaux amis qui se rencontrent eu mer se saluext en tirant te canon. Les Juifs se saluaient d'une façon respectueuse et en courbant la corps très-profondément. (Volt.)

— — AUUS. hist. Ceux qui vont mourir te Haïtien!, Cri des gladiateurs antiques en défilant, dans le cirque, (levant la loge impériale. V. Ave, César...

SALUEUR, EUSE s. (sa-lu-eur, eu-ze — rad. saluer). Personne qui fait beaucoup do saints : C'est une grande salueuse.

SALCGGIA, bourg du royaume d'Italie, province de Novare, district de Verceil, mandement de Livorno-Vercellese; 3,862 hab.

SALURE s. f. (sa-lu-re — du lat. sal, sel). Qualité, état de ce qui est salé, de ce qui contient du sel : Les salures de l'eau de mer. Oter, diminuer la salure- de quelque viande. (Acad.) La force de la salure de l'eau de la mer augmente vers le midi et di-

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minue vers le nord. (Cuv.) La salure des eaux marines parait varier suivant les bastins. (A. Maury.)

SÀLUSSOLA, bourg du royaume d'Italie, province de Novare, district de Bieila, cheflieu de mandement; 2,056 hab.

SALUT s. m. (sa-lu — latin salus, du même radical que salvare, sauver, lequel est rattaché par Eichhorf à la racine sanscrite saio, aider, assister). Action de sauver, rie mettre hors du péril : Le salut de la patrie. Le salut du peuple, de la république. Le salut de l'Etat. Ne devoir son SaLUT qu'à la fuite, à la vitesse de son cheval. Il n'y a pas de constitution là où les lois peuvent être enfreintes sous prétexte de salut public. (De Malesherbes.) Le salut public et la nécessité sont les deux premières lois de l'Etat. (Ferrand.) La liberté est te salut et la vérité. (C. Dollfus.) Le jour où la sagesse placera sa chaise sur une borne, je croirai au salut du peuple. (Béranger.) // n'est pas donné à la sagesse humaine de sauver un peuple qui ne concourt pas lui-même à son salut. (Guizot.)

— Personne ou chose qui sauve, qui tire du péril : Vous êtes mou salut.

Vous me faites mourir. Qu'apportes-vous? — La

[perche.

Oui, mon cher, depuis hier je songe a vous, je

[cherche, Et je viens de trouver. — Mais quoi? — Votre saillit.

E. Augiee.

— Félicité éternelle : Le salut des âmes. Travailler à son salut. Faire" son salut. Etre dans la voie du salut. L'affaire du salut. Hors de l'Eglise, point de salut. Ah! c'est bien dit, il y a cinq cent milte routes qui mènent au salut ! (Mme de Sév.) L'indissolubilité du mariage est une suite rationnelle de la doctrine du salut par l'expiation et ta douleur. (D. Stern.)

Laissez-la., croyez-moi, gronder les îndévots, Et sur votre snlut demeurez en repos.

Boileau.

— Fam. Succès, réussite : Il faut de l'intérêt dans une tragédie, de la gaieté dans une comédie; sans quoi, point de salut. (Acad.)

— Action de saluer, démonstration révérencieuse : Un profond salut, un salut gracieux. Il nous fit de loin beaucoup de saluts. (Acad.) Une froideur ou une inciuilité qui vient de ceux qui sont au-dessus de nous nous les fait haïr; mais un sourire ou un salut nous les réconcilie. (La Bruy.)

Le courtisan, quêteur de faveurs et d'écus, Des rois aux Turcarets promène ses saluts.

VlEKNET.

— Démonstration de civilité que les militaires et les m;irins doivent à leurs supérieurs ou qu'ils échangent entre eux. |[ Démonstration do civilité échangée entre deux navires ou entre un navire et un fort.

— Prov. A bon entendeur salut, Que ceux qui sont intrlligcnts comprennent ce qui vient d'être dit et en profitent.

— Hist. Comité de Salut public. V. comité. Il Loi de salut public, Loi de déportation rendue par le conseil des Cinq-Cents le 3 août

— Antiq. rom. Cérémonie par laquelle on consultait les dieux pour savoir s'ils permettaient qu'on leur demandât la conservation du peuple.

— Liturg. Prières qu'on chante le soir, après compiles, et qui se terminent par la bénédiction du saint sacrement : Je vous embrasse mille fois et m'en retourne à mon jar- ■ di», et puis à un bout de salut. (Jl'nu da Sév.) A l'heure du salut, la foule remplissait la cathédrale. {Chateaub.)

— Escrime. Salut d'armes, Politesse réciproque que se font deux tireurs avant de commencer un assaut, en se présentant les armes d'une certaine façon.

— Littér. Pièce de vers qui commençait par des paroles de salutation à la personne à qui on l'adressait.

— Ane. métrol. Salut d'or, Monnaie qui portait l'empreinte de la Vierge, recevant la salutation angêlique, et qui fut frappée en France sous Charles VI, puis sous Henri VI, roi d'Angleterre.

— Ichthyol. Nom vulgaire des silures.

— Interjectiv. Je vous salue :

Je t'ai connu soldat, salut, te voilà roi.

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