‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 14Chapitre 652 sur 1059 · V. Georokto-wn · texte numérisé non relu

V. Georokto-wn

STABULATION s. f. (sta-bu-la-si-on — lat. stabulatio ; de stabulum, étable). Econ. rur. Séjour et entretien des animaux dans une étable : La stabulation est temporaire ou permanente. D'après la méthode flamande, qui se lie à une stabulation permanente, les fumiers ne sont extraits des étables que tous tes dix ou douze jours. (Grognier.)

— Encycl. La stabulation peut être permanente ou intermittente, selon que les animaux sont tenus à l'étable toute l'année ou seulement pendant les mois de la saison rigoureuse. Le régime du pâturage, exclusivement propre aux pays chauds, n'est guère usité, dans les contrées tempérées, que pour l'espèce ovine, que l'on parque quelquefois en plein champ pendant toute l'année. Quant à la stabulation permanente, née de circonstances exceptionnelles, elle n'est guère eu usage que dans les pays k agriculture très-perfectionnée; encore est-elle loin d'y être générale. Chacun de ces modes d'élevage a ses partisans et ses détracteurs. Cependant des hommes très-compétents dans l'économie rurale recommandent . la stabulation permanente comme offrant de grands avantages sur le pâturage. Jetons un coup d'oeil sur les arguments mis en avant par les partisans de Pun ou de l'autre de ces deux systèmes. « Lu stabulation, suivant M. Gobin, a sur le pâturage cet immense avantage qu'elle procure une plus grande masse d'engrais, mais aussi elle exige un climat favorable à la culture des ■ fourrages, soit naturels, soit artificiels, un sol riche, des capitaux abondants, une population nombreuse, plus de soin et de surveillance. Autant le pâturage économise la maind'œuvre, autant la stabulation est exigeante sous ce rapport. Si la stabulation est à peu près indispensable au bétail de trait, elle est souvent nuisible à la santé et au produit des vaches laitières, et surtout au développement des jeunes animaux dans les races qui, depuis un long temps, sont entretenues au pâturage. A cet inconvénient, les Anglais remédient, dans l'engraissement et l'élève et dans l'entretien des vaches laitières, par l'emploi de strato-yard (cours à litière) et de paddoks {petits enclos), où les animaux trouvent de 1 air et peuvent prendre de l'exercice tout en améliorant la qualité des fumiers, dont, par le tassement, ils rendent la fermentation plus égale. Un des grands reproches faits à la. stabulation, c'est d'exiger remploi des pailles en litière ainsi que de vastes logements pour abriter les animaux et leurs provisions fourragères. Au premier reproche, M. Huxtable, de Sulton-Waldren, fermier de deux exploitations importantes dans le Dorsetshire, répondit en construisant des boxes avec planchers mobiles à claire-voie. Au second reproche, tous les fermiers anglais répondent par des constructions économiques en sapin couvert de bruyère et à clairevoie, ou formées de branchages ou de planches brutes, par la mise en meules du fourrage et en silos des racines.

La stabulation a pour effet incontestable de rendre les animaux plus doux et plus dociles; elle fait épaissir la peau, tout en la conservant souple. Les chevaux élevés au râtelier ont fréquemment l'encolure longue, droite, souvent même renversée ; la tête, en général, est courte, fine et carrée ;■ les reins sont quelquefois ensellés et la croupe horizontale avec la queue attachée haut, par suite de la position que prend l'encolure pendant le repas. Les membres présentent souvent des aplombs défectueux ou une conformation vicieuse, par le défaut de soin apporté aux sols d'écurie et le manque d'exercice dont les jeunes chevaux auraient tant besoin ; aussi rencontre-t-on souvent, chez les sujets élevés ainsi, les jarrets clos et étroits, les pieds pl;,ts ou eneastelés, panards ou cagneux. Les inconvénients sont beaucoup moindres pour le bétail k cornes et ne portent guère que sur l'ensemble de la constitution interne. Un des sérieux avantages de la stabulation, c'est qu'elle permet de surveiller l'acte de la reproduction bien plus facilement que le pâturage. Dans ce dernier système en effet, ou. les mâles sont mis en liberté avec les femelles, et alors l'accouplement est livré au hasard; ou ils sont conservés à la ferme, et alors beaucoup

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de chaleurs passent sans être remarquées, et les femelles deviennent ensuite stériles.

En un mot, la stabulation est un système qui, comme tous les autres, a ses avantages et ses inconvénients ; tout comme le pâturage, il offre des écueils dont il faut se garder de ne pas tenir compte. Mais l'un et l'autre, fussent-ils parfaits, ne devraient pas être appliqués sans discernement.

Nous dirons plus : l'agriculteur qui connaît son métier peut être amené à employer un système totalement défectueux, mais impérieusement commandé par des circonstances qu'il n'est pas en son pouvoir de changer. Avant tout, il est industriel et, en cette qualité, doit se préoccuper principalement de l'article profits et pertes. C'est la. son véritable critérium en toutes choses. Ainsi en est-il de la stabulation. Le fermier, le propriétaire ne peuvent la repousser ou l'adopter que suivant les circonstances où ils se trouvent placés. Ces circonstances doivent peser plus que la valeur intrinsèque de la méthode elle-même Sur son rejet ou son adoption. Ne sortons pas de la si nous ne voulons pas nous exposer aux. mécomptes les plus funestes.

STABULUM, nom latin de Stavbxot.

STACCATO adv. (stak-ka-to — mot italformé de staccare, détacher, qui se compose de s privatif et d'un primitif taccare, qui n'est pas employé, mais qu'on trouve dans attaccare, attacher). Mus. Mot qui sert à indiquer, sur une partition, qu'il faut attaquer brusquement la corde avec l'archet, ou piquer avec la langue, pour faire entendre chaque note détachée.

— s. m. Passage qui doit être exécuté de la façon décrite ci-dessus. Il PI. staccati.

— Encycl. Ce mot sert à désigner un coup d'archet d'une nature spéciale, dans lequel l'exécutant tire ou pousse l'archet d'une façon rapide, en lui imprimant de légères secousses, par le fait desquelles chaque note se trouve détachée sèchement et comme piquée, bien que l'archet poursuive toujours sa marche ûans le sens. Un virtuose habile peut ainsi fournir quarante, cinquante notes, et même davantage, en un seul coup d'archet. Certains violonistes ont un staccato nerveux et en quelque sorte naturel, très-rapide, trèsbrillant, mais qu'ils ne peuvent, par cela même qu'il est nerveux, ni modérer ni maîtriser; d'autres, au contraire, sont obligés de travailler le staccato avec persévérance pour obtenir sous ce rapport de bons résultats; quoique moins brillant parfois, celui qu'ils acquièrent ainsi est préférable, parce qu'ils en sont complètement maîtres et qu'il ne les oblige pas à précipiter la mesure et à accélérer le rbythme plus que de raison. Lorsqu'un artiste possède un beau staccato, ferme et 'mesuré, et qu'il peut le prolonger dans toute l'étendue de l'archet, il en obtient visà-vis du public, toujours étonné de ce procédé étrange, de très-grands succès. Le staccato en tirant l'archet, beaucoup plus difficile a obtenir que celui en poussant, est aussi celui qui produit le plus d'effet. Dans les instruments k vent, on donne aussi le nom de staccato à un coup de langue rapide et précipité qui produitdes résultats à peu près analogues,

STaCE (Publius Papinius Statios), poète latin, né à Naples l'an 61 de notre ère, mort en 96. Son père était lui-même un orateur et un poëte distingué, et le jeune Stace fut élevé au bruit des applaudissements et k l'éclat des concours publics. Il n'avait pas vingt ans lorsqu'il commença son poënie de la Thébaïde, qu'il mit douze ans à composer. Amené jeune à Rome, il apprit de son père à flatter les grands, k chanter leurs vices, leurs richesses, leurs malheurs, leurs joies et leurs souffrances, k jouer le rôle, enfin, de ces Grecs lettrés, rhéteurs, poètes ou philosophes, mais surtout courtisans souples et adroits, qui abondaient dans la ville des Césars et étaient devenus les parasites en même temps que les précepteurs de leurs maîtres. Les combats de poésie, les concours, les lectures publiques furent le théâtre ordinaire des succès du poète napolitain, dont l'abondance et la facilité extraordinaire font déjà pressentir les improvisateurs italiens des temps modernes. Outre sa Thébaïde et son Achilléide, poème dont il n'a composé que deux chants, il versifia une infinité de pièces sur les événements qui intéressaient le bonheur, la gloire ou la fortune de ses patrons ; il en forma un recueil sous le titre de Sylves. Stace était doué d'un véritable génie poétique, et ses oeuvres se distinguent par la grâce, l'éclat des images, l'abondance des idées ingénieuses, la richesse du style et la fécondité des inventions. Mais on lui reproche, avec l'affectation qui caractérise les productions de l'époque, de l'enflure et de la recherche. Les flatteries hyperboliques et serviles qu'il adresse à Domitien lui font en même temps peu d'honneur. La Thébaïde a pour sujet la guerre d'Etéocle et de Polynice; le Tasse a imité plusieurs endroits de ce poème. Stace a été traduit en français par MM. Rinn, Achaintre et Bouteville, dans la collection Panckoucke (1829- 183a).

Voici le jugement que porte sur le poète un critique qui fait autorité, M. Nisard : « L'esprit est plus une qualité de l'homme chez Ovide, c'est plus une qualité de l'écrivain chez Stace. Ovide a plus d'esprit qu'il n'en fait ; Stace en fait plus qu'il n'en a. Dans l'un,

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oV'it ia pensée surtout qui est spirituelle; dans l'autre, c'est jilus souvent l'expression. Quand je lis Ovkle, je cherche la pensée sélieuse qu'il a pu cacher sous ces formes faciles et légères; je cherche si ce poète exilé (la la cour n'a pus été disgracié pour une certaine indépendance philosophique, bien plus que pour d'indiscrètes amours. Ounnd je lis Stace, je n'y so.upçonue jamais d'idées utiles, ni^ d'arrière-pensées indépendantes. Ce qui m'intéresse, c'est seulement l'habileté de 1 é- «rivain ; c'est, le dirai-je, cotte fatalité qui l'ait qu'un poète qui ne nous apprend rien, qui n'est bon k rien, qui n'entre pour rien dans l'éducation de l'humanité, qui chante la chevelure d'un eunuque, un platane, le lion de César, a pourtant été doué, à un haut degré, de ces qualités qui, k certaines époques privilégiées , révèlent au poète les vérités d'un intérêt éternel et lui suggèrent l'expression qui les fait durer. C'est une bonne fortune pour State d'avoir k traiter un trèspetit sujet. Sa grande réputation vient surtout de ce qu'il sait tirer quelque chose de rien. La pièce de Stace sur les cheveux d'Ealinus est un poème complet. Ce poème est plein de grâce et d'esprit; mais c'est' de la grâce où il n'y a pas de sentiment, et de l'esprit où il n'y a pas de raison, 11 faut moins y chercher des pensées que d'agréables effets de style, des vers harmonieux, une poésie d'imuges et de rhylhme plutôt que d'idées; de l'improvisation italienne étineelante; un jeu de la mémoire dans uno tête vive. •

STACHYANTHE s. m. (sta-ki-an-te — du gr. stacluts, épi ; antâos, fleur). Bot. Genre de sous-arbrisseaux, de la famille des composées, tribu des vernon'tées, dont l'espèce type croit au Brésil.

STACHYBOTRYS 3. m. (sta-ki-bo-triss — du gr. stuihus, épi; boiras, grappe). Bot. Genre de champignons, de la tribu des mucédinées.

STACHYDE s. f. (sto-ki-de — du gr. stachm, épi). Bot. Syn. d'ÉPiAlRE, genre de labiées : La stachyde à grandes fleura est une belle espèce, originaire lie ta Sibérie. (P. Duehartre.) Il Syu. de' betoine, autre genre de labiées,

STACHYDE, ÉE (sta-ki-dé — rad. siachyde). Bot. Qui ressemble ou qui se rapporte à répiaire ou atachyde.

— s. f. pi. Tribu de la famille des labiées, ayant pour type le genre épiuire.

STACHYL1DION s. m. (sta-ki-li-di-on — dimin. du gr. stachulé , épi; eittos , aspect). Bot. Genre de champignons, du groupe des mucédiiiées, comprenant plusieurs espèces, qui croissent sur les plantes en décomposition.

STACHYNIE s. f. (sta-ki-nî — du gr. slachus, épi). Kiitoui. Genre d'insectes diptères, de la famille des athéricères, tribu des muscides, comprenant six espèces, qui habitent le midi de l'Europe.

STACHYQUE s. f. (stachi-ke). Bot. Syn.

de STACHYDE OU ÉPIA1RE.

STACHYS s. m. (sta-kiss). Bot. Syn. de stachydk : Le stachys est apéritif et hystérique. (V. de Botnare.) Un Angleterre, le stachys laineux est fréquemment employé pour border les massifs et tes corbeilles. (Vilmorin.) Sur le bord de la mer et des étangs croit le stachys maritime, dont la tige est an peu pubescente. (F. Hœfer.)

STACHYSTEMON s. m. (sta-ki-sté-mon — du gr. stuelius, i'pi ; stémdn, étamine). Bot. Genre de sous-arbrisseaux, de la famille des euphorbiacées, dont l'espèce type croit en Australie.

STACHYTARPHA s. m. (sta-ki-tar-fa). Bot.

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