‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 14Chapitre 670 sur 1059 · V. GiorriNO · texte numérisé non relu

V. GiorriNO

STEFFANI (Agoslino), compositeur et prélat italien, ne k Castelfraneo, près de Venise, en 1655, mort k Francfort en 1730. Il était attaché comme chantre à une église de Venise, lorsqu'il suivit un amateur allemand k Munich, où il prit des leçons de Bernubei. Dciué de remarquables disposit.ous pour la musique, Steffnni fit de tels progrès qu'à dixneuf ans il publia un recueil de huit psaumes (1674, in-fol.), puis écrivit des motets (1675) et des sonates (1679). Etant entré dans les ordres, il obtint l'abbaye de l.epsing, mais n'en continua pas moins à s'adonner à la composition. Un opéra intitulé Marco Aurelio (1081), qui fut représenté avec succès, lui valut d'être nommé directeur de la musique de l'électeur de Bavière. A partir de ce moment, il écrivit plusieurs opéras, qui fondèrent sa réputation, devint maître de chapelle du duc de Brunswick, fut employé par ce prince dans des négociations et y fit preuve d'une grande habileté 7,1692). En récompense de ses services, le duc le lit nommer protonotaire apostolique, évêque in partibus de Spiga et lui donna une pension. En 1710, Sietfani se démit de sa maîtrise en faveur de Hœndel, lit un voyage en Italie (1729), puis revint en Allemagne, où il termina paisiblement sa vie. Outre les œuvres précitées et des oratorios, ou lui doit les opéras suivants : Seruio l'ullio (1685), un de ses meilleurs; Il Solane (1685); Alarico in Bnltha ( 1687) ; Enrico il Leone (16S9) ; Atciiie (1C92) ; Alexandre l'Orgueilleux (1695); Huland (1696); Alcibiade (1597); Atalaute (1698); le Triomphe du destin (1699). Citons encore de lui : Quanta certezza habbia du suoi principi la musica (Amsterdam, 1695, in-8°).

STEFFELSOORF (GROSS-), ville de l'empire d'Autriche, dans la Hongrie, comitat et k26 kilom. S. -O. de Gomor, près de la Rima; 8,600 hab. Exploitation de molybdène; fabrication de gros draps, couvertures de laine, ouvrages en corne et en bois, articles du ferronnerie, taillanderie. Commerce de cuirs et de peaux brutes.

STEFFENS (Henri), littérateur et philosophe allemand, né k Stavanger (Norvège) en 1773, mort à Berlin en 1845. 11 étudia les sciences naturelles à Copenhague, vint ensuite en Allemagne suivre les cours de Schelling k léna ; puis, de retour k Copenhague, il ouvrit des

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cours que l'indépendance de ses idées fit prompteinent supprimer, et accepta, comme compensation, nue chaire de philosophie et de minéralogie k l'université de titille. Adversaire résolu de l'invasion française, il fitla c.impagne de France et, après la paix, revint à Breslau enseigner les scienc«s naturelles. En 1832, il fut appelé k Berlin pour y occuper la même chaire et exerça pendant un an les fonctions de recteur <le l'université. Ses prim-ipuux écrits sont : Principes de la philosophie de la nature (Berlin, 1806, gr. in-8°); Anthropologie (Breslau, 1821, 2 vol. gr. in-go); la Fausse théologie et la foi véritable (Breslau, 1823, in-8°) ; Novellen (Breslau, 1837, 16 vol.); Des sociétés secrètes dans les universités (Berlin, 1835, in-8°); Philosophie chrétienne (Breslau, 1839, 2 vol. in-8°). STEFONIO(Bernardino), littérateur italien, né dans la Sabine en 1560, mort k Wodène en 1620. Entré dans la Société de Jésus, il professa les lettres à Rome, puis fut appelé à Modène en 1618, pour faire l'éducation du tils du duc d'Esté. On a publié de lui, entre autres écrits : Oratinnes (Rome, 1620, in-16); Posthuma cnrmina (Rome, 1655, in-16); Posthurms prosse (Rome, 1658); Posthums epislols (Rome, 16?7, in-12).

STÉGANE adj. (sté-ga-ne — du gr. steyanos, couvert; de stegà, couvrir, cacher, qui représente exactement la racine sanscrite slhar/, même sens, d'où aussi le sanscrit sthagaua, couverture , sthagita , couvert, etc. Cette racine est généralement conservée dans les langues de la famille indo-européenne, mais elle perd quelquefois son » initial : latin tegere, kymiique to, armoricain toi, tei, anglo-saxon theccan, Scandinave t/iekia, ancien allemand dechian, couvrir). Ornith. Se dit des pieds des oiseaux, lorsque les quatre doigts sont engagés jusqu'aux ongles dans une même membrane.

— s. f. Eiitoiu. Genre d'insectes diptères, de la famille des athéricères, tribu des muscides, comprenant deux, espèces, qui habitent l'Allemagne.

STÉGANIE s. f. (sté-ga-nl — du gr. steganos, couvert). Entom. Genre d'insectes lépidoptères nocturnes, de la tribu des phalènides, comprenant trois espèces, qui habitent l'Europe.

— Bot. Syn. de lomaire ou blechnk, genre de fougères.

STÉGANOGRAPHE s. m. (sté-gu-no gra-fe

— du gr. sleyanos, caché ; graphe, j'écris). Appareil dont on se sert pour exécuter une sorte d'écriture cryptographique.

STÉGANOGRAPHIE s. f. (sté-ga-no-gm-fi

— rad. stéyanoyraphe). Syn. de cryptographie.

— Encycl. Nous avons longuement exposé, au mot cryptographib, les divers systèmes par lesquels on parvient à assurer plus ou moins le secret d'une correspondance, résultat qui s'obtient toujours au moyen d'une écriture fondée sur l'emploi de signes ou de combinaisons de signes dont on est convenu avec le correspondant, et dont lui seul a la clef. Nous n'ajouterons ici que quelques renseignements qui ont été passés sous silence dans l'article auquel nous renvoyons.

Aulu-Gelle rapporte que l'on possédait de de son temps un rei-ueil de lettres écrites par C. César à C. Oppius et à Balbus Cornélius, dans lesquelles se trouvaient des syllabes imparfaites, des caractères isolés paraissant jetés sans ordre. «C'est, ajoute-t-îl, qu'ils étaient convenus entre eux de la transposition que les lettres devaient subir. Il y a confusion sur le papier, mais la lecture mettait chaque lettre à sa place. » En réglant cette manière mystérieuse d'écrire, on convenait des substitutions qu'on ferait subir aux lettres. Probus, le grammairien, a composé, avec beaucoup de peine, un commentaire sur la valeur des lettres dans celte correspondance de C. César.

Les bénédictins ont donné la clef de deux écritures stégunographiques, datant du ivo siècle de notre ère. Dans l'une, les voyelles étaient remplacées par des points, l't par un point (.), l'a par deux (:), \'e par trois (:.), l'e par quatre (::), Vu par cinq (:.:)■ Dans l'autre, chaque voyelle était remplacée par la lettre qui la suivait dans l'alphabet, a par 6, e par f, i par k, o par p, u pur x.

Depuis celte époque, lastéganoyraphie a été fréquemment en usage. Un des procédés les plus fréquents a consisté à écrire successivement les vingt-quatre lettres de l'alphabet sur deux lignes horizontales et parallèles, comme ci-dessous :

abcdefghiklm nopqrs t uviyi

et à mettre, au lieu de chaque lettre du mot que l'on veut déguiser, celle qui lui correspond dans l'autre ligne. Par exemple, le mot liberté s'écrirait : yoorgr.

Un s'est encore servi de signes différents de ceux de l'écriture, Uu des plus fameux exemples en ce genre est la stéyanographie employée par le gouvernement e-pagnol au xvie siècle, surtout k l'époque de nos guerres civiles. Klle su composaitde cinquante signes. Le géomètre français Viète fut chargé pur le roi d'en découvrir la clef; il y parvint, et la cour d'Espagne en fut tellement déconcertée, qu'elle accusa la cour de France d'avoir le

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diable à son service. On fît, k Rome, te procès de Viète, comme sorcier et nécromant. Selon Tallemant des Réaux, cela prêta beaucoup k rire. Disons, sans entrer dans de plus longs détails, qu'il n'est guère aujourd'hui d'écriture stèganographique si compliquée dont on ne vienne à bout de trouver la clef en quelques minutes ou au plus en quelques heures. V. cryptographie.

STÉGANOGBAPHIQUE adj. (sté-ga-nogra-ti-kc — rad. stéganographie). Syn. de

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