‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 14Chapitre 669 sur 1059 · III. Décompositions. Lorsqu'on soumet à · texte numérisé non relu

III. Décompositions. Lorsqu'on soumet à

la distillation 90 grammes d'acide stéarique, la plus grande partie de cet acide distille inaltérée ; mais une petite partie se résout en anhydride carbonique, eau et stéarine. Le liquide distillé renferme, en outre, de l'acide acétique, de l'acide butyrique, un acide gras dont le point de fusion est inférieur à celui de l'acide stéarique, un hydrocarbure homologue de l'éthylène et des acétones plus riches en carbone que la stoarone. Ces stéaroiies, comme l'hydrocarbure lui-même, résultent probablement d'une décomposition secondaire subie par lastéarone formée d'abord. Le résidu noir brun de la cornue ren terme encore de la stéaroue, mais ne renferme à p".u près plus de traces d'acide gras.

Lorsqu'on chauffe de l'acide stéarique à 100° dans un courant d'hydrogène, après l'avoir mélangé avec du noir de platine, il se

... .eg.

que et d'eau. A l'air, lacide stéarique brûle

à la manière delà cire, et la lumière devient

înélne éclatante à 180° dans l'oxygène pur;

avec l'ozone, il se comporte comme l'acide

palmitique.

Avec l'acide chromique, l'acide sulfurique et l'eau, l'acide stéarique donne à chaud de '.'oxyde de ehrome en même temps qu'un acide gras, qui fond à 64°-6ô°. La solution alcoolique de cet acide abandonne d'abord des cristaux d'acide stéarique. puis des cristaux d'un nouvel acide dont le point de fusion est situé entre 59° et 60°, et que lied-

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tenbacher considère comme de l'acide margai ique, quoique ce point ne soit pas établi. Le permanganate de potasse convertit l'acide stéarique en un mélange de stéarate et de carbonate de potassium, suivant Cloez et Guignet.

L acide azotique, en agissant sur l'acide stéarique, donne naissance à des acides volatils qui restent mélangés avec la portion inaltérée de l'acide stéarique, dont ils abaissent ie point de fusion. Quand on chauffe ce mélange et que celui-ci renferme deux ou trois parties d'acide azotique, une action violente se manifeste; au bout d'une demi-heure, il se dégage de l'acide azotique et des vapeurs piquantes, tandis que l'acide gras est converti en une masse tenace et boursouflée, qui devient ensuite claire et mobile et qui se prend par le refroidissement eu une masse graisseuse, fusible entre 35° et 45°. Suivant Bromeis, cette masse renferme de l'acide margarique. En outre, quand elle a été préparée au moyen de l'acide stéariqtte impur, elle renfermerait une huile dérivée de l'acide oléique et colorée en rouge de sang par la potasse caustique. Après un traitement à l'acide azotique, prolongé pendant plusieurs jours, l'acide stéarique finit par disparaître et par se convertir intégralement en un mélange d'acide sébacique et d'acide succinique. Bromeis a également obtenu, dans le cours de ses expériences, un acide auquel il donne le nom d'acide azoléique. Suivant Arppe, cet acide, isomère de l'acide œiianthylique, se formerait par la réaction de l'acide azotique sur l'acide oléique.

Lorsqu'on fond de l'acide stéarique avec de l'anhydride pbosphorique, il se forme une masse jaune qui, après avoir été débarrassée de 1 excès d'acide stéarique, fond entre 54° et 60°, Cette masse contient en moyenne 80,4 pour lOOde carbone, 12,9 d'hydrogène et (5,7 d'oxygène. Ces nombres semblent conduire aux rapports C18H3402, qui exigent 81,2 pour 100 de carbone, 12,77 d'hydrogène et 6,03 d'oxygène; mais ce sont là des rapports qui manquent de contrôle. Sous l'influence de l'acide azotique chaud, celte masse jaune donne une matière cassante de l'apparence de la cire, qui renferme 77,25 pour 100 de carbone, 12,22 d'hydrogène et 10,53 d'oxygène. Le chlore sec et gazeux agit assez vivement sur l'acide stéarique à la température de 100° et convertit ce corps en acide chlorostéarique (llardwtck). Quand on chauffe de l'acide stéarique avec du brome et de l'eau dans un tube scellé à la lampe, il se forme un liquide brun rouge qui ne s'altère pas sensiblement à 100°; mais, entre 130° et HO°, ce liquide se convertit lentement en un mélange huileux jaune d'acide monobromostéarique et d'acide dibromostéarique, renfermant en outre de l'acide stéarique inaltéré; de l'acide bromhydrique reste en dissolution dans la couche aqueuse qui est au fond du tube. Si l'on emploie plus de deux atomes de brome par molécule d'acide stéarique, il se produit des quantités de l'acide biûrumé, mais une partie de l'acide stéarique reste toujours inaltérée. Au-dessus de 140°, la masse s'altère, devient brune et abandonne une certaine quantité de charbon.

Le perchlorure de phosphore, mis en contact avec l'acide stéarique aune chaleur modérée, forme une masse incolore, dont la température s'élève presque aussitôt et spontanément à 150° et qui, en même temps, devient brune et même noire. Distillé, ce corps fournit de l'acide chlorhydrique, un peu d'eau, un hydrocarbure, de l'acide stéarique inattaqué et un produit solide dont la solubilité dans 1 alcool est inférieure à celle de l'acide stéarique dans ce liquide.

Au contact de l'oxychlorure de phosphore, le stéarate potassique s'échauffe à 150°, puis se gonfle et acquiert l'aspect d'une gelée foncée, dans laquelle est peut-être contenu du chlorure de stéaryle. Cette hypothèse est d'autant plus acceptable que ce produit fournit du stéarate d'éthyle quand on le traite par l'alcool.

L'acide stéarique chauffé avec son poids de soufre donne lieu a la formation d'une trace d'acide sulfurique, et il se forme les mêmes produits que quand on soumet 1 acide stéarique à la distillation sèche, sans le mélanger avec aucun autre corps qui puisse réagir sur lui.

Chauffé à 100° avec l'acide sulfurique, l'acide stéarique se décompose en quelques heures, en se charbonnant et en dégageant du gaz sulfureux.

Le stéarate de calcium soumis à la distillation sèche répand un mélange de gaz oléfiant et de gaz des marais, en même temps qu'il distille une matière renfermant degraudes quantités de stéarone et de petites quantités d'autres acétones. Il reste du carbonate calcique comme résidu, et le produit distillé ne contient aucun acide gras.

Quand on distille l'acide stéarique avec un excès d'aniline, il se forme de la phénylstéaramide- Cet acide cependant cristallise inaltéré au sein de ses solutions alcooliques chargées d'aniline.

Chauffé avec les alcools méthylique, éthy. lique et leurs homologues ; avec la mannite, la quercite, la pinite et les sucres; avec l'éry Unité; avec la glycérine, l'orcine et la méconine, ou avec la choîestérine, l'acide stéarique fournit des éthers composés, formés par

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la combinaison de i'acide et de l'alcool avec élimination d'eau. Chauffé pendant trente-six heures avec de l'acide pyrogallique à 200°, il donne un produit cristallisable.

— IV. Stéarates. V. ce mot.

— V. EtHEKS STÉARIQUES. V. STÉARATES ALCOOLIQUES.

— VI. Stéarine. V. ce mot,

— VII. DÉRIVÉS DE SUBSTITOTKVI DE i/a-

Cide Stéarique. 1° Acide bromosiéarique

Ci8H«BrO».

On préparececorpsen chauffant "partiesd'acide stéarique avec 4 parties de brome dissous dans l'eau, dans un tube scellé à la lampe, entre 130° et 140°, jusqu'à ce quela couleur du brome ait totalement disparu et que le mélange ait pris l'apparence d'une huile jaune, capable de devenir solide et cristalline par le refroidissement. On ouvre alors le tube, on lave à l'eau le contenu pour en extraire l'acide bromhydrique, et on dissout ensuite la masse solide dans 20 fois son poids d'alcool tiède à 80/100, après quoi on refroidit lit solution à — 10°. L'acide stéarique inaltéré se dépose alors ; on décante le liquide, on y ajoute son volume d'eau et un excès de carbonate de sodium en cristaux, et on l'évaporé jusqu'à siccité sur un bain-marie. La masse saline gluante ainsi obtenue est soumise à l'ébullition avec 10 fois son volume d'aiccol de 80/100, que l'on h'itre ensuite aussi chaud que possible. Par le refroidissement de la liqueur tiltrée, il se forme des cristaux de monobromostéarate de sodium, que l'on recueille et qu'on purifie en les faisant cristalliser à plusieurs reprises dans l'alcool. Les eaux mères donnent de nouveaux cristaux quand on les évapore, et dans les dernières eaux mères se concentre du dibromostèarute sodique.

Le sel sodique de l'acide bromostéariqne, traité par l'acide sulfurique étendu, donne une masse jaune indistinctement cristalline, dont le point de fusion est situé à la température de 41°, et dont la densité est égale à 1,0653 à la température de 20°.

L'acide bromostéarique se décompose lorsqu'on le chauffe avec un excès de potasse caustique. Le bromostêarate d'argent chauffé avec 1 eau forme du bromure d'argent et un isomère de l'acide oléique et de l'acide élaldique, l'acide stéaridique C^H'H)*.

L'acide bromostéarique est insoluble dans l'eau, mais facilement soluble dans l'alcool et dans l'éiher; les alcalis le convertissent en composes qui ont l'aspect du savon et qui cristallisent dans l'alcool. Le sel de potassium est plus soluble que le sel de sodium. Les brotnostéarates alcalins déterminent la formation do précipités dans les dissolutions de la plupart des sels métalliaues.

2° Acide dibromostéarique' C18H3*BrS02.

Il se produit comme nous l'avons dit en nous occupant de l'acide monobromè; on l'obtient sous la forme de sel de sodium incristallisable. Ce dernier sel est brun, tenace, trôs-hygroscopique, facilement soluble dans l'alcool; il forme avec l'eau une solution opaque. Desséché à 130°, il renferme 32,5 pour 100 de brome et 0,59 de soude, nombres qui conduisent à. la formule Cl8H3aNuBi', d'après Oudemann. Cette formule est loin d'être certaine.

3° Acide chlorostéarique CiSH^ClO*. Syn.

Acide chlorobassique. Ce. corps se forme quand on soumet a 100° l'acide stéarique à 1 influence du chlore sec. La masse s épaissit d'abord, puis se convertit eu une résine solide qui forme, avec la potasse, un savon amorphe, incristailisable dans l'alcool. Le sel 'de baryum et les sels de plomb sont complètement insolubles duns l'eau.

— Anhydride stéarique. L'anhydride stéarique pi8|4'j5o I O s'obtient par l'action de

l'oxychlorure de phosphore sur le stéarate de potassium pur; il est très-diflicile de ie débarrasser de l'excès d'acide stéarique, avec lequel il reste toujours mélangé.

On obtient un anhydride benzostéarique C18H350 1 CWO i u en faisant agir le chlorure de benzoïle sur le stéarate pur de potassium à 100° et en reprenant le produit par l'éther. Par l'évaporuiion de la solution éthérée , l'anhydride double cristallise en lamelles brillantes, fusibles h 100°.

STÉAROCONOTE s. f. (sté-a-ro-ko-no-te — du gr. stear, suif; konis, poussière). Chim, Licitine extraite par Couerbe de la matière cérébrale.

STÉAROGLUCOSE s. m. (sté-a-ro-glu-koze — de stéarine, et de glucose). Chim. Ether stéarique de la. glucose, qui est un alcool hexatomique non saturé.

— Encycl. La glucose C°H120* est, comme on le sait, un alcool hexatomique non saturé C6H6(OU)6, ou plutôt un alcool aldéhyde répondant à la formule

HO OH.HOtMIOH.HOH^HOHjHa

et fonctionnant comme alcool pentatomique. On sait, en outre, que cet alcool peut perdre IPO en donnant un premier anhydride C^HIOG3 qui fonctionne encore comme un alcool dont l'atomicité est au moins égale à 3. La glu-

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cose doit donc pouvoir s'unir a l'acide stéarique, en éliminant de l'eau, pour former des glucosides. C'est ce dont M. Berthelot a vérifié la réalité.

— I. Préparation. La glucose distéarique s'obtient en chauffant à 120°, pendant cinquante à. soixante heures, un mélange d'acide stéarique et de glucose ordinaire, mais préalablement déshydratée; on peut également employer le sucre de canne ou la tréhalose. Si l'on opère avec ce dernier sucre, les conditions de la préparation deviennent même plus favorables, car on peut alors porter la température jusqu'à 180°.

L'amidon chauffé avec l'acide stéarique à 180°, le ligneux à 200°, fournissent, en petite quantité, des composés neutres, analogues ou identiques avec la glucose distéarique -ou stéaroglucose.

On extrait la stéaroglucose et on la purifie au moyen de ta chaux et de l'éther, en suivant la même marche que pour la monostéarine (v. stéarine). La glucose stéarique ne s'obtient qu'en très-faible proportion.

— II. Propriétés. La stéaroglucose est une substance neutre, solide, incolore, cireuse et semblable à la stéarine; sa fusibilité est analogue à celle de cette dernière substance. Sous le microscope, elle présente l'aspect de Unes granulations. Elle est très-soluble dans l'éther, soluble dans l'alcool absolu, insoluble dans l'eau. Toutefois, sj on l'agite avec ce dernier meustrue, elle fournît une liqueur opalescente, semblable à une émulsion faible.

D'après l'analyse de la glucose stéarique prépurée avec le sucra de canne, 100 parties de ce corps renferment : carbone, 72,4; hydrogène, 11,0; oxygène-, 16,6. La formule

exigerait : carbone, 72,6; hydrogène, 11,8 et oxygène, 16;2.

— 111. Réactions. La glucose stéarique réduit le tartrale cupropotassique ; au contact de l'acide sulfurique concentré, elle prend immédiatement une coloration rougeàtre qui devient presque aussitôt violacée, puis noirâtre.

Traitée par un mélange d'alcool et d'acide chlorhydrique, avec le concours d'une douce chaleur, elle se décompose lentement et produit de l'éther stéarique, une glucose fermentescible et quelques flocons de matières humoïdes.

— N. B. Nous avons identifié les combinaisons formées avec la glucose, le sucre de canne, la tréhalose, l'amidon et le ligneux, parce qu'elles offrent la même composition et les mêmes propriétés dans les limites actuelles de l'expérience. D'ailleurs, on sait que l'amidon, le ligneux, le sucre de canne et la tréhalose sont également susceptibles de former de la glucose en s'hydratant.

STÉAROL s. m, (sté-a- roi — du gr. stear, suif). Pharm. Médicament ayant la graisse pour excipient.

STÉAROLAURINE s. f. (sté-a-ro-lô-ri-ne — du gr. sieur, suif, et de laurine). Chim. Syn.

de LAURINK.

STÉA.ROLE s. m. (sté-a-vo-lé — rad. stéarol). Pharm. Graisse médicamenteuse.

STÉAROLIQUE adj. (sté-a- ro-li-ke — rad. stéarol). Chim. Se dit d'un acide gras, qui prend naissance par l'action de la potasse caustique à 100° sur l'acide monobromoléique ou sur le dibromure dérivé de l'acide oléique.

— Encycl, L'acide stéarolique C^H'^O* se produit lorsqu'on chauffe à 100° l'acide monomobroléique ou le dibromure de l'acide oléique avec au inoins 2 molécules d'hydrate de potassium en solution alcoolique. Après avoir décanté et étendu la liqueur, on la précipite par l'acide chlorhydrique. Il cristallise dans l'alcool en aiguilles soyeuses ou en longs prisnies; il fond à 48° et distille à 260°, iiidécomposé pour la plus grande partie. Ses sels cristallisent bien et deviennent électriques par le frottement. Lo sel de baryum est anhydre; le sel de calcium renferme

(Ci8H3i02)2Ca-(-H20;

le sel d'argent Cl8H3'02,Ag est anhydre. C'est un précipité cristallin.

L'hydrogène naissant -est sans action sur l'acide stéarolique ; le brome transforme cet acide eu un dibromure que l'on appelle indistinctement dibromure stéarolique ou acide dibrouioléique et qui répond à, la formule

C18H3SBi20*.

Pur, ce bromure constitue une huile lourde presque incolore, insoluble dans l'eau, soluble dans l'aicool et l'éther.

Lorsqu'on emploie un excès de brome et que l'on opère sous l'influeuce des rayons directs du soleil , il se forme un corps connu indistinctement sous les noms da iétrabror mure stéarolique et d'acide tétrabromostéarique. Ce dernier corps cristallise en grandes lames blanches, qui fondent aux environs de 70° et se ramollissent lorsqu'on les frotte. Les deux composés bromes se décomposent par une ebullition prolongée avec la potasse alcoolique, en régénérant de l'acide stéarolique et en donnant naissance à un iiquido acide qui n'a pas été examiné jusqu'à ce jour.

L'acide stéarolique fondu avec un excès de potasse h une température un peu élevée se convertit en acide myristique C«H*8(J2. Si la

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température est nlus basse et qu'on arrête l'opération dès qu'il commence à s'échapper des produits gazeux, il se forme un acide

C16H30OS, isomère ou identique avec l'acide hypogéique. V. hypogéiqoe (acide).

STÉAROLITE s. m. (sté-a-ro-li-te — rad. sléarol). Pharm. Sorte de pommade.

STÉAROLORE s. m. (sté-a-ro-lu-re — rad.

stêarol). Pharm. Médicament formé par la combinaison d'une graisse et d'une substance métallique.

STÉAHONEs.f. (sté-a-ro-ne — du gr. steart' suif). C'him. Substance particulière obtenue en distillant l'acide stéarique avec de la chaux.

STÉAROPHANINE s. f. sté-a-ro-fa-ni-ne — du gr. sieur, suif;phainos, brillant). Chim. Syn. cV anamirtine,

STÉAROPHANIQUE adj. {sté-a-ro-fa-nike — du gr. stear, suif; phainô, je parais). Chim. Se dit d'un acide végétal identique à l'acide stéarique.

— Ëncycl. "V. stéarique.

■ STÉAROPTÈNE s. m. (sté-a-ro-ptè-ne — du gr. stear, suif; pténos, volatil). Chim. Portion concrète et cristallisée des huiles volaiiles.

STÉARO-RICINATE s. m. (slé-a-ro-ri-sina-te — de stéarate, et de ricinate). Chim, Sel résultant de la combinaison de l'acide stéaro-ricitiique avec les bases salifiabies.

STÉARO-RICINIQUE adj. (sté-a-ro-ri-si-nike — du gr. stéarique, et de riciniçue). Chim. Se dit de l'un des trois acides qui se produisent pendant. la saponification de l'huile de ricin.

STÉAROXYL1QUE adj. (sté-a-ro-ksi-li-ke).

Chim. Se dit d'un acide qui prend naissance, en même temps que d'autres produits, lorsqu'on fait couler goutte à goutte de l'acide azotique fumant dans de l'acide stéarolique refroidi.

— Encycl, L'acide stéaroxyliqae C18HS2Ç>* se forme en même temps que l'acide azéloïque et l'aldéhyde azéloïque, lorsqu'on introduit goutte a goutte de l'acide azotique fumant dans un vase renfermant de l'acide stéarolique refroidi. Il reste comme résidu insoluble, lorsqu'on épuise par l'eau, la masse semi-fluide qui résulte de cette action. L'acide stéaroxylique cristallise dans l'alcool en tables rhombiques et jaunâtres, peu solubles daDS l'alcool froid, facilement solubles dans l'alcool chaud et dans l'éther. Il fond à 86° et se décompose un peu à 200». Il est monobasique et ne se combine pas directement au brome, ce qui laisserait supposer que les 2 atomes d'oxygène ajoutés à l'acide stéarolique sont directement unis au carbone par leurs deux affinités et font ainsi d'un acide tétratomique un acide saturé. Le sel d'argent

C18H310SAg se précipite quand on mêle l'acide dissous dans l'alcool avec une solution également alcoolique et chaude d'azotate d'argent, Il forme une poudre cristalline qui supporte une température de 100° sans s'altérer. Le sel de baryum (C18H3iO*)S,Ba" est un précipité visqueux qui devient pulvérulent sous l'influence de l'éther.

STÉASCHISTE s. m. (sté-a-schi-ste — de stéatique, et de schiste). Miner. Roche feuilletée, à base de talc.

— Encycl. Le stéaschiste est une roche à texture schistoïde, ayant pour bases divers silicates de magnésie. Il ne diffère guère du micaschiste que par la substitution du talc au mica. Il présente d'ailleurs plusieurs variétés, dues surtout aux différentes substances minérales qu'il contient ; c'est ainsi qu'on distingue le stéaschiste quartzeux, renfermant une proportion notable de quartz ; le stéaschiste feldspathique, riche en feldspath et passant quelquefois à laprotogyne; le stéaschiste grenatique, renfermant des grenats, souvent en assez grande quantité pour en prendre une texture porphyroïde. Les sléaschistes appartiennent aux anciennes formations; unis aux pliyllades et aux schistes argileux, ils constituent souvent des montagnes assez riches en amas métallifères , composés surtout de plomb et de cuivre argentifère. Leur stratification est souvent assez confuse.

STÉATIQUE s. f. (sté-a-ti-ke — du gr.

stear, suifj. Mmér. Silicate de magnésie.

STÉATITB 3. f. (sté-a-ti-te — du gr.

stear, iuif). Miner. Silicate de magnésie onctueux au toucher.

— Encycl. La stéatite, appelée aussi craie de Briançon, pierre de lard ou de savon, talc de Venise, etc., est une substance compacte ou finement écailleuse, douce et grasse au toucher , assez tendre pour être aisément rayée par l'ongle ou coupée au couteau , d'une densité d'environ 2,7. Comme composition chimique, c'est un trisiiicate de magnésie, avec un équivalent d'eau ; on y trouve presque toujours de petites quantités ou de simples traces d'alumine, de chaux et d'oxyde de fer. La stéatite présente des variétés: compacte, schistoïde, écailleuse, fibro-Sehisteuse et pseudomorphique ; cette dernière a la forme des cristaux de quartz ou de calcaire dont elle a pris la place. Par la calcination, elle donne

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de l'eau, blanchit et devient plus dure; elle fond au chalumeau, mais très-difficilement et seulement sur les bords. Cette substance, fréquemment confondue avec le talc, dont elle diffère surtout par la moindre proportion de magnésie, tandis que celle de l'eau est plus forte, forme assez souvent des masses plus considérables, en sorte qu'on peut la considérer comme une roche. Elle accompagne ordinairement le talc, dans les gneiss, les serpentines et surtout dans les micaschistes ou les bancs de calcaires qui leur sont subordonnés; elle y constitue des amas, des couches ou des veines assez puissantes. Les Alpes françaises en possèdent des gisements très-considérables. La stéatite est susceptible de quelques applications assez importantes. Les variétés compactes, connues sous le nom de craie de Briançon , servent aux tailleurs pour tracer les lignes de la coupe des vêtements. Les autres, pulvérisées, forment la poudre de savon ; on en met duns les gants de peau ou dans les bottes, pour faciliter l'entrée; on en tire un meilleur parti eu mécanique, pour adoucir le frottement des rouages en bois.

STÉATJTETJX, EUSE adj. (sté-a-ti-teu,euze — rad. stéatite). Alinér. Qui eontientde la stéatite ; qui est formé de stéatite.

STÉATOCÈLE s. f. {sté-a-to-sè-le — du gr. siear, suif; kêlê, tumeur). Pathol. Tumeur du scrotum, formée par une matière semblable à du suif.

STÉATODE s. m. (sté-a-to-de — du gr.

steatàdés, gras). Arachn. Genre d'aranéides, de la tribu des araignées, formé aux dépens des théridions, et comprenant cinq ou six espèces.

STÉATODÈBE s. m. (sté-a-to-dè-re — du gr. stear, graisse ; dêrê, cou). Entom. Genre d'insectes coléoptères pentamères, de la famille des serrioornes, section des sternoxes, tribu des élatérides, comprenant cinq ou six espèces, disséminées en Europe, en Asie et dans les deux Amériques: Le sts atodkrk ferrugineuse se trouve quelquefois aux environs de Paris. (Chevrotât.)

STÉATOMATEUX , EUSE udj. (sté-a-toma-teu, en-ze — rad. stéatôme). Pathol, Qui est de la nature du stéatôme.

STÉATOMATODE adj. (sté-a-to-ma-to-de — du gr. stear, suif; eidos, aspect). Méd. Qui ressemble au suif.

STÉATÔME s. m. (sté-a-tô-me — gr. sleatôma; de stear, suif). Chir. Tumeur enkystée, contenant une matière graisseuse qui a la consistance et la couleur du suif.

STÉATÛPVGEadj. (sté-a-to-pi-je — dugr.

stear, suif; pugê, derrière). Qui a les fesses graisseuses.

— Substantiv. Personne dont les fesses ont pris un développement graisseux : La Stbatoptgb connue sous le nom de Vénus hottentote.

STÉATOPYGIE s. f. (sté-a-to-pi-jî — rad. stéalopyge). Développement graisseux des fesses.

STÉATORNIS s. m. (sté-a-tor-niss — du gr. stear, graisse ; omis, oiseau). Ornith. Nom scientitique du guacharo. il On dit aussi

STÉATORNE.

STÉATORRHÉE s. f. (sté-a-to-ré — du grstear, graisse ; rhêo, je coule). Pathol. Syn.

de SÉBORRHAGIE.

STÉATOSE s. f. (sté-a-to-ze — dugr. stear, graisse). Pathol. Production morbide de granules graisseux: La stéatosis du foie.

STÉBÉ s. m. (sté-bé). Bot. Genre de plantes, de la famille des composées.

STÉ8LÉVIEN s. m. (sté-blé-vi-ain). Hist. relig. Membre d'une secte d'anabaptistes plus connus sous le nom de baculairës.

STECH (André), peintre de Dantzig, mort en 1697. Il a peint surtout dans les églises de Dantzig, d'Oliva et de Peplin. L'église des Dominicains de Dantzig possède un fort beau tableau de lui, représentant Y Apparition I de la Vierge et de L'Enfant Jésus à sainte Rosalie, La cour d'Arthur de Dantzig possède également plusieurs tableaux de cet artiste. Il a peint aussi un grand nombre de portraits de ses concitoyens; quelques-uns de ces portraits ont été gravés sur cuivre par les graveurs les plus éminents do l'époque.

STÉCHADES (les), nom ancien des !!es d'Hyeres. V. Stœchades.

ETÉCHAS s.m. (sté-kass).Bot. Nom scientifique de l'immortelle commune, appliqué jadis par extension à plusieurs espèces du même genre: On fait usage du stéchas pour les maladies des nerfs. (V. de Bomare.) f| Nom scientifique d'une espèce de lavande, et de la section du genre dont cette espèce est le type : On retire du stéchas fleuri une huile essentielle. (V. de Bomare.)

STECHMANNIE s. f. (stè-kma-nl — de Stechmann, sav. allem.). But, Genre de sousarbrisseaux, de la famille des composées, tribu des carduacées, dont l'espèce type croît sur le Liban.

STECK s. m. (stèk). Jeux. Dernière levée au jeu de romestecq.

STECK (Françoise -Elisabeth Goichelin, dame), traductrice française, née en 1776. Ses

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dispositions pour la poésie s'annoncèrent de bonne heure ; a l'âge de onze ans, elle composa une pièce de vers sur ia Mort de Léopoldde Brunswick (Versailles, 1787, in-S«)., Mariée vers la fin du siècle, elle alla habiter la Suisse, patrie de son mari. Elle a publié plusieurs traductions de l'anglais et de l'allemand, encore estimées aujourd'hui. Sa traduction des Lettres de Jean M aller à ses amis Bonstetten et deGleim (isio, in-fi») est précédée d'une notice pleine d'intérêt. Mme Steck avait déjà donné au public la traduction du Hamenu abandonné, de Ooldsiuith, et, en 1801, celle du recueil des Lettres de la famille de Gessner (2 vol. in-12). On a d'elle, en outre, un assez important ouvrage : Histoire de la littérature espagnole (2 vol, in-8°), tiré de V Histoire de la poésie et de l'éloquence des peuples modernes, du critique allemand Bouterweek, avec lequel elle «ntretenait des relations d'amitié. Une Epître de M'oe Steck sur l'obscurité, insérée dans plusieurs journaux', lui valut ce madrigal du poète Lebrun :

Ta modestie enchanteresse Brille d'un éclat mérité, Et tes vers A l'obscurité N'iront jamais à leur adresse.

STECKBORN, ville de Suisse, canton de Thurgovie, chef-lieu du bailliage de Son nom, à 11 kilom. N. -E.de Trauenfeld, sur l'Unier- See; 2,465 hab. Fabrication de cuirs, poteries, dentelles.

STECKEN s. m. (ste-kènn), Métrol. Mesure de volume pour les bois, employée dans le grand-duché deHesse-Darmstadtet valant 156do,25.

Stecitenit» (canal de), voie navigable de l'Allemagne du Nord, faisant communiquer la Baltique avec la mer du Nord par l'Iilbe. Ce canal, qui tire son nom de la petite rivière de Steckenitz, qu'il suit dans une partie de son cours, commence à Laueubourg, sur la rive droite de l'Elbe, se dirige vers le nord, atteint le territoire de la ville de l.ubeck, un peu au-dessous de cette ville, se joint à la droite de la Trave, qu'il longe jusqu'au golfe de Travemunde, dans la mer Baltique- Le versant du côté de l'Elbe a une pente de 14™, 70 ; la pente du côté de la Baltique est de 19ta,30. Plusieurs écluses rachètent cette différence de niveau.

STEDliNGK, général suédois, né dans la Poméianie suédoise en 1746, mort à Stockholm en 1836. Il se rendit en Fiance, s'engagea et alla combattre sous La Fayette en Amérique. Après la conclusion de la paix, il rentra comme colonel en France. Lorsque Gustave III eut, en 1778, déclaré la guerre il la Suéde, Stedingk revint dans sa patrie et y fut nommé général-major, et, en 1790 et 1791, commanda une division suédoise. En J792, il fut nommé ambassadeur à Saint- Pétersbourg, d'où il fut rappelé à Stockholm après la paix de Tilza. Il y fit de l'opposition aux projets belliqueux de Gustave IV, prit part à la révolution qui força ce prince à se démettre du pouvoir et conclut, au nom de la Suède, le traité d'Abo avec la Russie. Charles XIII nomma Stedingk maréchal de camp et lui conféra le titre de comte. En 1813 et 1814, celui-ci commanda l'armée suédoise en Allemagne et en Hollande.

STEDMAN (Jean-Gabriel), officier anglais au service de la Hollande, tié en Ecosse en 1748, mort à Tiverton en 1797. Il fut officier dans un régiment de la brigade écossaise au service de la Hollande et fut nommé, en 177», capitaine d'un corps de volontaires hollandais envoyé à Surinam pour réprimer la révolte des nègres. De retour en Europe, il devint capitaine du régiment écossais dans lequel il avait déjà servi, refusa la place de vice-gouverneur de la colonie de Berbice, qui lui était offerte, et donna sa démission lorsque la guerre eut éclaté entre l'Angleterre et la Hollande. Il a publié le récit de son voyage à Surinam (Londres, 1796, 2 vol. in-4") en anglais. Cet ouvrage a été traduit en français par P.-F. Henry, sous ce titre : Voyage à Surinam et dans l'intérieur de la Guyune, par le capitaine J.-G. Stedman, avec atlas de 44 planches in-4», dessinées par l'auteur.

STEEG (Jules), pasteur protestant et publiciste français, <ie à Versailles en 1S36. Il étudia la tliéulogie à Bâleen 1856, à Strasbourg en 1857 et à Montauban en 1858. Sa thèse de bachelier en théologie, dont le titre était: Exposé de la doctrine de Justin, martyr, sur la personne et l'œuvre de Jésus- Christ, fut refusée par la l'acuité de Montauban, qui ne voulut même pas qu'elle lui fût présentée, à cause de ses tendances hétérodoxes. Plus tolérante et plus éclairée, la Faculté de Strasbourg accueillit ce travail en 1859. Quelques mois auparavant, il avait été invité à prendre la parole devant ses condisciples lors de la célébration du troisième jubilé de la fondation des Eglises réformées de France (25 mai 1859). Licencié es lettres dès 1857, pendant qu'il étudiait la théologie à Strasbourg , il revint dix ans après dans cette ville pour y prendre le grade de licencié en théologie.

Jules Steeg entra .dans le corps pastoral aussitôt qu'il eut obtenu son premier grade en théologie. Nommé pasteur à-Libourne le 1« septembre 1859, dans un poste subven-

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tionné par une association privéeù tendances orthodoxes, la Société centrale d'évangélisation, il se vit retirer son traitement par le comité de cette oeuvre. Le comité de l'Union protestante libérale, qui venait de se fonder pour soutenir le protestantisme libéral dans l'Eglise réformée, prit à sa charge le poste de Libonrne, qui fut officiellement reconnu par l'Etat eu 1866 et organisé en paroisse.

En 1869 et 1870, M. Steeg .se fit connaître au publie libournais par des conférences histo riques et litf raires fort g> ûtées et par un discours anti-jdébiscitaire prononcé dans une réunion politique. Avec le concours de quelques amis, il venait de fonder un organe rôfiublicain, le Progrès des communes (]<•'' juilet 1870), lorsque survinrent la guerre et la révolution du i septembre. Ces événements accrurent sa notoriété et son influence dans le, département de la Gironde. Toujours -sur la brèche dans sou journal et dans les réunions populaires pour la défense des principes démocratiques, il fut un des cundiuats de la démocratie girondine aux élections de février et obtint 45,000 voix. Après la paix, las fureurs de la réaction se dirigèrent contre sa personne. Son journal fut criblé d'amendes et de procès; il fut provoqué eu duel par des officiers de la garnison de Libourne. Un article historique sur la Fête-Dieu, dans lequel il racontait les origines du dogme eucharistique, fut dénoncé au pouvoir. Le gouvernement, menacé par quelques députés de l'extrême droite d'une interpellation à ce sujet, autorisa des poursuites. Sleeg présenta lui-même sa défense le 11 septembre 1872 devant la cour d'assises de Bordeaux et, après une spirituelle et savante plaidoirie, se vit acquitté. Quelques mois auparavant, il avait participe aux travaux du synode des Eglises refoi niées tenu à Paris. Il vota contre la confession de foi orthodoxe et fit, dans le dépai lemeni de la Loire, qui l'avait délégué à cène assemblée, une tournée de propagande libérale.

M. Steeg a rendu et peut rendre encore de grands servicesà la démocra.ve girondine, qui, plus que toute autre, a besoin d'hommes dévoues; comme écrivain et comme orateur, M. Steeg ne manque point de valeur. Ou peut regretter toutefois qu'une forte teinte de' mysticisme et une tendance trop accusée à prêcher la liberté au nom de l'Evangile et de ce qu'il appelle les livres saints, le continent dans une secte où la libre pensée, quoi qu'il en dise, se trouve beaucoup trop à l'étroit. Jules Steeg a collaboré à diverses publications protestantes. Le Lien, la Reoue de théologie de Strasbourg, le Disciple de Jésus- Christ ont publié de nombreux articles dans lesquels il a déployé une vaste érudition, jointe à une remaïquable finesse d'esprit et à un véritable talent de style. Il a publie aussi diverses brochures, dont voici les titres : la Fête de la Réformation, sermon prêché à Royau en 1867 ; De la mission du protestantisme dans l'état actuel des esprits (18077; Progrumme du concile œcuménique de 1SG9 ou Lettre de Sa Sainteté Pie IX à ious les Pères du concile, destinée à servir de document pour la direction des débats (1870); Lectures bibliques (1870) ; le Dogme de l'eucharistie (1872) ; Une franche parole sur Jésus-Christ (1872), brochure dénoncée cornu. e hétérodoxe au consistoire de Gensae ; les Deux cites (1873), conférence prononcée au théâtre national de Bordeaux; Faleyrac, histoire d'une commune rurale (Paris, 1875, in-80).

STEEK-BR1NKMAIN (Mme Van), femme auteur, uès-versea dans la connaissance des langues anciennes, née en 1778. El.e vivait encore en 1826 et habitait La Ha^e, Sa traduction en vers de l'Enéide de Virgile et des Géorgiques françaises de Delillo eut le plus grand succès. Celle des Ruines de Volney est regardée comme la principale de ses œuvres. Mm<! Stcek-Briiikmann a laissé aussi quelques romans: Adetson et Louise, Julien et Amélie ou les Dangers d'un cœur trop sensible, compositions d un style agréable, empreintes à la fuis de piété et de tendresse.

STEEL (John),sculpteur écossais, né à Edimbourg en 1804. E éve de l'Académie de cette ville, it remporta, jeune encore, les f.rix spéciaux qu'elle offrait et dont le dernier, équivalant à notre prix de Rome, lui permit, eu 1829, d'aller passer quelque» années en Italie. Malgré les études sérieuses qu'il avait faites de la figure, il s'adonna particulièrement à la sculpture monumentale et décorative ; u Ruine même, sur la façade de plusieurs palais, il a laissé des frontons et des frises en haut relief qui ne sont pas sans mérite. En 1830, il revint à Edimbourg, et le premier morceau important qu'il exposa fut un groupe colossa;, Alexandre et If acéphale, dont il existe dans le cummerce français des réductions plus ou moins exactes. La grande statue de Walter Scott, dont le modèle en plâtre parut deux ans plus tard et que le gouvernement lui Ht exécuter en 1839 en marbre de Carrare, eut un grand succès et* procura ù M. John Steel une certaine vogue. Des bas-reliefs et des cariatides lui furent demandés pour la cathédrale, l'hôtel de ville et le palais de justice d'Edimbourg. Londres possède de lui une figure colossale de la reine Victoria et une statue équestre du duc de Wellington, érigée en 1862. Cet immense bronze, d'un mérite assez ordinaire.

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fut commandé par le gouvernement et conta des sommes considérables. L'artiste en exécuta une copie de mêmes dimensions pour le duo de Wellington. Notons encore de M. John Steel une statue de l'amiral de Saumurez, dans une des cours de l'hôpital de Greenwich.

STEELE (Richard), littérateur, critique et auteur dramatique anglais, né à Dublin en 1671, mort en 1729. Il avait cinq ans lorsqu'il perdit son père, qui était avocat et secrétaire du duc d'Ormond. Ce personnage l'envoya à l'école de Charter-Honse, a Londres, où il eut Addison pour condisciple, puis à l'université d'Oxford (1692). Dès cette époque, Steele montra son goût pour les lettres en composant une comédie et une Marche funéraire, poème à l'occasion de la mort de la reine Marie II (1695). En sortant de l'université il résolut, malgré sa famille, de suivre la carrière des armes, s'engagea dans les gantes à cheval et devint enseigne. Steele mena alors la vie la plus dissolue ; toutefois, il ne tarda pas à sentir renaître en lui le goût des lettres. Il écrivit un petit manuel, le Héros chrétien (1701), qu'il dédia à lord Cutis et qui lui attira les railleries de ses camarades, tant les idées qu'il y exposait étaient en contradiction avec sa conduite. Ayant quitté l'aimée, il composa quelques comédies : Funérailles on Chagrin à la mode (nù l)j\s Mari tendre (1703), qui furent bien accueillies, et l'Amant menteur, qui eut une chute complète. Cet insuccès le dégoûta complètement du théâtre. Au mois d'avril 1709, Steele commença la publication du Babillard (The Tatler), recueil périodique qu'il rédigea avec Addison et dont il suspendit la publication, bien qu'il eût une grande vogue, en décembre 1710. Mais, le 1er murs de l'année suivante, il fondu et dirigea, avec Addison, le Spectateur, journal dont le succès ne fut pas moins grand. Ayant été obligé, à la fin de 1712, de quitter Londres pour se soustraire aux poursuites de sescréaneiers, Steele cessa de l'aire paraître son journal, qu'il continua de janvier à décembre 1714. En 1713, il avait fondé une nouvelle feuille, le Mentor (The Guardian), qu'il remplaça par V Anglais (Tke Englishman). Dans ces divers journaux, tout en traitant des questions littéraires, Steele s'était beaucoup occupé des questions politiques et avait défendu les idées libérales. Lord Sundeiland et lord Halifax, pour le récompenser de l'uppui qu'il donnait à la politique des whigs, le liieut nommer commissaire du timbre. S«ms le ministère tory, dirigé par lord Oxford, il conserva sa place et s'abstint pendant quelque temps de discuter la conduite du cabinet ; mais, pour recuuvrer toute son indépendance, il se démit de son emploi et publia à cette occasion une lettre intitulée: Bemerciutenis d'un Anglais au duc de Mur Iborovyh (1711). En 1713, il attaqua avec une grande vigueur, Oans le Mentor, les tories, que Swift défendait avec une extrême vivacité dans l'Examiner, et parvint a se faire élire membre de la Chambre des communes par le bourg de Stockbridge. Des aiticles publies dans l'A nglais et un pamphlet intitule la Crise mueu-tau comble l'irritation des tories eunlie lui et furent dénoncés à la Chambre comme tendant à exciter à la haine du gouvernement et au mépris du pouvoir royal. Steele se défendit avec talent; mais la majorité ne voulut entendre à rien et l'exclut de la Chambra comme auteur d'écrits séditieux (murs 1714). 11 publia, cette même année, plusieurs brochures : la Foi française démontrée par l état actuel de Dunkerque ; Lettre a {'Examiner au. Défense de M. Steele; Lettre à sir Mites Wiuiriuu sur (es pairs de circonstance; Lettre à un membre du Parlement ; puis Hutoire ecclésiustique de Home pendant tes dernières années (1714, in-8uJ ; la Bibliothèque des dames (17 H) ; enfin deux journaux qui vécurent quelques numéros, l'Amant et le Lecteur. Le parti whig ayant repris le dessus lors de l'avènement de George 1er (août 1714), Steele obtint plusieurs emplois lucratifs. Il devint inspecteur des écuries royales, magistrat dans le comté d'Essex, membre du Parlement, reçut le titre de chevalier et prit la direction du théâtre de Dtuiy-Laue, dont les administrateurs lui firent une pension de 700 livres sterling. En 1715, Walpole jui fit donner une gratification de 500 livres et l'envoya, en 1717, en Ecosse comme commissaire pour les biens confisqués. Dans l'intervalle, Steele lit paraître quelques petits journaux, le Town-Tatk, la Tabit à thé. le Chischut. Eu 1718, il eut l'idée d'exploiter, pvec un eertam Uillmore, un procède ayant pour objet de transporter à Londres du saumon liais; mais l'entreprise ne réussit point. L'année suivante, il fonda le Ptéoeien, dans lequel il attaqua vivement un projet de loi présenté par le duc de Sutiderlanu pour fixer le nombre des membres de la Chambre haute. La Chambre des communes repoussa le bill. Le ministère, lui attribuant son echee, le destitua de ses fonctions de directeur du théâtre de Drur)-Lane. Steele, pour se faire réintégrer dans ce poste, lit paraître le journal le Théâtre, qui eut 28 numéros, et divers pamphlets. L'arrivée de Walpole au pouvoir, en 1721, le fit rentrer dans ses fonctions d'administrateur.

L'année suivante, il fit jouer à son théâtre lesAmunti généreux (Conscious lovera), comédie dont le succès fut Ués-grand et qui

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est une des meilleures de la scène anglaise. Le roi lui témoigna sa satisfaction en lui faisant don de 500 livres sterling. Bien qu'ileût des revenus importants, Steele était constamment traqué par ses créanciers ; pour se procurer de l'argent, il vendit sa part de bénéfices dans l'exploitation de Drury-Lane (1723). Frappé d'une attaque de paralysie, il se retira d abord à Hereford, puis dans le pays de Galles, où il termina Sa vie, vivant d'une pension alimentaire que lui faisaient sescréaneiers, auxquels il avait abandonné tous ses biens. Comme écrivain, Steele avait un style vf, clair, brillant, mais incorrect. Il excellait dans les portraits, et ses essais littéraires abondent en traits d'observation pris sur le vif. Il entreprit de régénérer le théâtre en y faisant mépriser le vice. Comme homme politique, il resta constamment attaché aux opinions des v/higs, lit preuve d'une réelle indépendance et se montra l'adversaire constant du catholicisme. Spirituel, aimable, plein de franchise, il se montra constamment fidèle à ses amitiés; mais il était prodigue, insouciant, dissipé et d'une grande irrégularité de mœurs et de conduite. Plusieurs de ses écrits ont été traduits en français, notamment: la Crise (nu), les Funérailles , la Bibliothèque des dames, l'Histoire ecclésiastique de Rome, et ses journaux, le Babillard, le Specfuieu»" , le Mentor. Ses principaux, pamphlets ont été publiés sous le titre d'-fferit;! politiques (1715, in-Su); Tonson adonné une édition de son Théâtre (1755), et sa Correspondance a été publiée par Ntchols (l"87, 2 vol. in-12).

STEEN (Jan) , peintre hollandais , né à Leyde en 1626, et non eu 1636, comme l'ont dit la plupart des biographes, mort dans la même ville en 1679. Son père, qui était brasseur, ayant remarqué ses penchants artistiques, le confia d'abord à Nicolas Kupfer, peintre allemand établi a Ctreeht, et l'envoya ensuite à Harlem, à l'école d'Adrien van Ostade. S'il fallait en croire Fiorillo, Nagler, Immerzeel et d'autres historiens, Jan Steen aurait reçu aussi des leçons d'Adrien Brauwer; mais celui-ci étant mort en 1639, alors que le fils du brasseur de Leyde n'avait pas encore treize ans, cette assertion ne saurait être admise. Les rédacteurs de l'excellent catalogue du musée u'Anvers font d'ailleurs remarquer que, s'il y a quelques points de ressemblance entre la manière des deux artistes, il n'est pas nécessaire de recourir, pour les expliquer, aux relations d'élève h maître. « L'étude approfondie des productions de Brauwer par Jan Steen, dans la vue de s'approprier quelques-uns des secrets de son art, peut avoir produit l'effet de leçons... C'est -ainsi qu'on reconnaît à Steen certains traits qui lui furent communs avec Franz van Miens le vieux , et celui-ci fut son ami, mais non son maître. » On admet généralement que l'atelier de Jan van Goyen, paysagiste de La Haye, fut le dernier que fréquenta Steen. Il ne se contenta pus de s'y perfectionner dans l'art de peindre ; il y courtisa Marguerite, la tille de son maître, et mena d'ailleurs cette cour si rondement, qu'il dut demander à Jan van Goyen l'honneur de devenir son gendre , afin d'épargner à la tendre Marguerite l'ennui d'être mère avant d'être épouse, llouuraken a raconté au sujet de ce mariage des anecdotes graveleuses que Cumpo Weyerman ne pouvait manquer de reproduire et d'amplilier. Les biographes hollandais se sont plus distingués , eu général, par leur imagination que par leur sincérité ; à les entendre , la plupart des artistes de leur pays auraient mené l'existence la plus débauchée, la plus crapuleuse. Jan Steen nous a été représenté notamment comme ayant vécu dans des orgies continuelles; mais il est bien difficile d'admettre qu'il eu ait été ainsi lorsqu'on voit le nombre considérable de tableaux qu'il a laissés, et dont beaucoup témoignent d'un soin minutieux et d'une sûreté de main admirable. Quoi qu'il en soit, on sait d'une façon certaine que Jan Steen se maria à La Haye, au mois d'octobre 1649, avec Marguerite van Goyen. On prétend qu'à la suite de ce mariage il s'établit brasseur à Delft; on ajoute que, par suite de son intempérance et de l'inexpérience de sa femme, il lit de mauvaises affaires et lut obligé de vendre sa brasserie ; après quoi il aurait repris ses pincen.ux.Des recherches on té té faites, ily a quelques années, dans les registres de la corporation des brasseursdeDelftetdans ceux de la corporation des peintres de cette même ville, et le nom de Jan Steen n'y a pas été découvert. On a dit aussi qu'il avait été aubergiste; Houbraken et Weyerman ont même rapporté à ce sujet une l'ouïe d'anecdotes plus ou moins probantes; mais leur véracité a été mise en doute par M. Van Westhreenne, qui a publié à La Haye, en 1S56, une très-consciencieuse étude sur Steen. Depuis l'apparition de cet ou\rage, M. Rammelinan- Elsevier, archiviste de Leyde, a découvert un document qui établit qu'à la date du 17 novembre 1672 Jan Steen reçut du magistrat de cette ville l'autorisation de tenir une auberge. A cette époque, il était âge de quarante-six ans et il était veuf de (Marguerite van Goyen; six mois plus tard, il épousa en secondes noces Marie van Egmout, qui ellemême était veuve de Nicolas Herculeus, libraire ou imprimeur de Leyde. Avait-il déjà exercé le métier d'aubergiste avant 1672 1

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On ne possède à cet égard aucun renseignement authentique. Ce que l'on sait, c'est qu'il fut absent de Leyde depuis 1649, date de son premier mariage, jusqu'en 1653-, on l'y voit reparaître à cette dernière date, puis encore en 1658, et enfin depuis 1672 jusqu'en 1679, année où il mourut. Il est k noter que ce peintre-aubergiste, qu'on a coutume de nous montrer comme le plus effréné des dissipateurs, laissa à sa veuve et à ses enfants une maison dont il avait lui-même hérité de son père.

Au milieu de toutes les aventures que les biographes ont mises sur le compte de Steen, il y a un fait constant et qui est bien incontestable : ce maître se complut dans la peinture des plaisirs de la table, du chant, du jeu, de l'amour; observateur judicieux, philosophe profond sous l'apparence de l'enjouement, esprit caustique et frondeur, enclin à toujours voir le côté plaisant ou ridicule des choses, il a mis en scène, avec une verve intarissable, les travers de son temps ou plutôt de l'humanité; il a croqué les types grotesques, il a peint les mœurs, il a fixé les caractères d'une société ondoyante et diverse. M. Waagen a dit de lui : « Jan Steen est incontestablement, après Rembrandt, le peintre le plus original de l'école hollandaise. Sa puissance d'invention , qui dépasse celle de tous les peintres de genre de l'école, s'épanche en une verve inépuisable et un esprit sans limites, tandis que par les autres qualités, la composition, l'ensemble, la couleur, l'empâtement, la touche, l'animation et le fini, il ne le cède à personne quand il les déploie dans tout leur éclat. » Ce jugement, porté sur Steen par l'un des plus savants connaisseurs de l'Allemagne, est pleinement corroboré par les éloges donnés à cet artiste par W, Bûrger (T. Thoré), le critique français qui a le mieux étudié les œuvres de l'école néerlandaise. « Les Hollandais, dit-il (Musées de Hollande, t. I«, p. 105 et suiv.), estiment beaucoup Jan Steen et le tiennent avec raison pour un des maîtres les plus originaux de leur école. Ils s'y reconnaissent, par un certain côté , dans quelques-uns de leurs traits nationaux. Mais l'épopée de Jan Steen va plus loin que le caractère d'un peuple; elle touche au fond même de l'humanité. Il a cela de commun avec Molière , et aussi avec Balzac, que, dans sa comédie humaine, ce sont d'habitude les mêmes personnages qui reviennent, jouant toujours un rôle analogue , quoique dans des pièces différentes. Comme Molière, il a ses Sgaiiarelle, ses Arnolphe, ses Dorine ; toute une troupe bien apprise, consacrée k Bacchus et à Vénus ; jeunes vauriens et vieillards ridicules, duègnes et soubrettes, grosses commères et capricieuses fillettes, buveurs très-illustres et ribauds très-précieux. Lui-même est presque toujours de la compagnie, trinquant avec les autres et leur versant à boire, tantôt jouant du violon pour les faire danser, tantôt les regardant en philosophe de quelque coin ombreux où il fume sa pipe. Il n'y a pas une œuvre de Steen qui ne soit une raillerie sur les mœurs ou sur lus passions. Ses sujets peuvent se classer en quelques séries principales, sortes de chapitres de la même farce pantagruélique : les Intérieurs de famille, où l'on se réjouit tous ensemble, depuis le grandpère jusqu'aux nourrissons, fêtes des Rois, fêtes de Saint-Nicolas, fêtes du bon Dieu et du bon diable, où la table est toujours dressée au milieu et couverte de jambons' et de brocs ; les Noces, les Orgies, les Médecins, Charlatans .et Alchimistes , etc. Non-seulement dans les caractères , mais dans la mise en scène des personnages , Jan Steen a encore cette qualité de Molière : une extrême clarté. Il est si expressif et si simple, que tout le monde le comprend ; le peuple et les enfants, aussi bien que les lettrés et les raffinés. Il n'a pas besoin, comme les peintres mystiques , de mettre des banderoles au-dessus de ses héros; on sait ce qu'ils disent et ce qu'ils pensent, en voyant a merveille ce qu'ils font. Pourtant, il a la manie de coller souvent aux murs de ses cabarets de belles sentences explicatives et édifiantes : a Tel père, tel fils. — Quand les vieux s'amusent, les jeunes en font autant; • car il faut ajouter que les inventions burlesques de Jan Steen , loin d'être la glorification des égarements qu'il se plaît à retracer, ont toujours au fond Une signification morale.

Sous le rapport de l'exécution, les œuvres de Jan Steen possèdent des qualités de premier ordre. Le peintre anglais Reynolds n'a pas craint de dire : « Jan Steen a un style vigoureux et mâle qui approche même du dessin de Raphaël. Il a manifesté la plus grande habileté dans la composition et dans le ménagement de la lumière et des ombres, comme aussi une grande vérité dans l'expression et le caractère de ses figures. < Après avoir cité cette appréciation, W. Bùrger ajoute :« J'oserais dire, à mon tour, qu'on voit dans Jan Steen quelques figures de médecins qui font penser a Titien et àYélazquez dans sa manière ferme. Quoique hautes d'un pied seulement, elles ont une structure qui conviendrait à un personnage de grandeur naturelle. Il est vrai que Jan Sieen n'est pas souvent de cette force-là. Toujours spirituel, il est quelquefois un peu enne de dessin, à la manière de Jordaens ; car il est le Jordaens de l'école hollandaise, et c'est ce style-la qu'on connaît surtout de lui en

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France, avec une gamme de ton trop rougeâtre-, mais dans ses œuvres distinguées, il est aussi correct de dessin queTerburg et même plus solide; aussi fin de couleur que Metsu, mais plus ample de touche ; aussi vigoureux que Pieter de Hooch, mais plus mouvementé. Quelques-uns de ses tableaux pourraient être pris pour les meilleurs Adrien van Ostudc. 11 a, dans ses manières très- diverses, presque toutes les qualités des maîtres de son école; mais il est le plus expressif de tous. Sa mimique est incomparable. Et là-dessus, dans quelque école que ce soit, personne ne l'a surpassé. Il y a de lui cependant une certaine quantité de tableaux , parfaitement authentiques, mais qui sont assez faibles et semblent des ébauches mal réussies. L'intention comique et la physionomie s'y trouvent toujours indiquées, mais l'exécution est abandonnée et impuissante. Comment expliquer cela d'un homme si vaillant dans ses bonnes veinas î... Peut-être quelquefois, quand l'œil et la main, fatigués par quelque orgie nocturne, ne répondaient pas à son hallucination intérieure, renonçait-il à son fantôme incomplet. Peut-être, au milieu même de ses compagnies joyeuses, barbouillait-il deces pochades qu'il laissait là dans l'estaminet. C'est la supposition faite par Smith, qui assure qu'on rencontrait autrefois des tableaux de Steen dans tous les cabarets de Delft. Il y a des Jan Steen qui valent 500 francs, d'autres qui valent 50,000 francs. »

C'est en Angleterre, dans le pays humoristique paç excellence, que les ouvrages de Steen sont le plus nombreux. Il y en a dans les galeries de lord Ellesmere ( bcole de village), de M. Baring (le portrait de l'artiste, le Maître d'école endormi), de lord Ashburton (une Tabagie, un Iiitérïiiur rustique), de M. Munro (les Effets de l'intempérance), de lord Overstone [['Alchimiste, les Buveurs), de lord Scarsdale, de lord Wellington, du marquis de Bute, de lord Dudley, de MM. Beekford, Hope, Walter, etc. La galerie royale de Buckingham-Palace en possède six. Dans les autres galeries particulières de l'Europe, il nous suffira de citer : la. Femme au corset rouge, chez M. de Rothschild ; une Querelle de joueurs et un Portrait de paysan, chez M. Suermondt, à Aix-la-Chapelle; un Intérieur et une Kermesse, chez le prince d'Esterhazy, à Vienne; l'Adoration des bergers et les Noces de Caiia, chez le duc d'Arenberg, en Belgique. Les sujets de ce dernier genre et les scènes de l'histoire profane se rencontrent plusieurs fois dans l'œuvre de Steen; mais ils n'ont été pour le maître de Leyde qu'un prétexte à déployer sa verve sarcastique.

Le Louvre ne possède que deux ouvrages de Steen : une Fêle dans l'intérieur d'une auberge et un Bepas de famille (collection La Caze). Les musées de Hollande sont beaucoup mieux partagés; celui d'Amsterdam a sept tableaux : la Cage du perroquet, un Boulanger étalant son pain, un Charlatan, la Saint-Nicolas , une Noce, une Servante «curant un pot d'étuin et le portrait de l'artiste ; dans la galerie Van der Hoop, on remarque la Consultation médicale, le Jour des Itois, le Concert, etc.; au musée de Rotterdam . la Saint-Nicolas et l'Extraction du caillou; au musée de La Haye : lu Famille du peintre , Une Ménagerie, un Dentiste, la Fête aux huîtres ou le Tableau de la vie humaine, la Malade d'amour, un Médecin tûlant le pouls d'une jeune femme ; le musée d'Anvers a deux tableaux : une Noce et Samson insulté par les Philistins; le musée de Bruxelles : la Fête des Bois, l'Opérateur de village et les Bhéloriciens au cabaret; le musée de Berlin : une Cour d'auberge; la galerie de Brunswick: le Contrat de mariage; le musée de Cussel : lit Fête des Bois; la galerie de Florence : le Bepns de jambon; le musée de Francfort: un Médecin; la pinacothèque de Munich : une Malade à qui un médecin taie le pouts ; le musée de l'Ermitage, une Conversation, les Epoux mal assortis, Esther devant Assuerus; la galerie de Dresde : les Noces de Cana et une Femme donnant à manger à son enfant, le musée du Belvédère, à Vienne : un Ménage hollandais et une Noce.

STEEN (Corneille van den), théologien belge. V. Lapibe.

STEENACKERS (François-Frédéric), sculpteur, écrivain et homme politique français, né à Lisbonne en 1830. Son père, qui était belge, vint se fixer en 1838 en France. M. Frédéric Steenackers, après avoir achevé ses études littéraires, se tourna vers les arts; se rendit en Italie, où il apprit la seulpture sous la direction de Barlolini, puiar revint en France et envoya diverses œuvres aux Salons : le Printemps des amours, statue en marbre (1857); un Enfant créole, buste en marbre (1859); l'Indolence, statue (1861), qui reparut en marbre au Salon de 1863 ; le Premier amour, le Pêcheur à ta ligne, statues (1865). Depuis lors, il cessa d'exposer, obtint en 1869 des lettres de grande natuialisation et s'occupa, à partir de ce moment, de travaux historiques et de politique. Il était mein-' bre du conseil général de la Haute-Marne, lorsqu'il posa sa candidature au Corps législatif dans la 20 circonscription de ce département en 1869. M. Steenackers, qui fit une profession de foi très-libérale, fut combattu vivement par l'administration, mais ne lut pas moins élu par 17,548 voix contre 12,314

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données à M. Chauchard, candidat officiel. Il alla siéger »u Corps législatif parmi les membres de l'opposition, avec lesquels il vota constamment. Il proposa l'abrogation de lu loi de sûreté générale, qui fut votée le 24 mars 1870, déposa un projet tendant à soustraire les exécutions capitales à la curiosité publique (20 janvier 1870), mais retira sa proposition le 22 juin suivant, la Chambre n'ayaDt pas admis certains articles destinés k garantir l'identité du condamné; enfin il demanda sans succès qu'on supprimât le crédit de 100,000 francs inscrit au budget pour l'entretien des chanoines de Saint-Denis. Comme ses collègues de l'opposition, il se prononça contre la guerre que Napoléon III déclara k la Prusse. Nommé directeur général des télégraphes uprès la révolution du 4 septembre 1870, M. Steenackers déploya la plus grande activité pour relier par des fils télégraphiques les forts de Paris et fit immerger dans la Seine un cable télégraphique, que l'ennemi ne tarda pas à découvrir et à mettre hors d'usage. Le 16 septembre, il suivit a Tours la délégation de la défense nationale et fut nommé par M. Gambetta, le 12 octobre, directeur général des télégraphes etdes postes. Dans ces fonctions, M. Steenackers déploya autant de zèle que d'habileté et rendit les plus grands services. Ce fut lui qui, durant le siège de Paris, organisa le service des pigeons voyageurs destiné à mettre la province en communication avec la capitale, qui adopta le système de la reproduction des dépêches par la photographie microscopique, fit rendre par le gouvernement de la Défense le décret du 4 novembre 1870, autorisant les particuliers à correspondre avec Paris par les pigeons voyageurs de l'administration, réorganisa la télégraphie militaire, créa de nouvelles lignes télégraphiques en vue des progrès de l'invasion, etc. M. Steenackers ne lut pas élu député à l'Assemblée nationale lors des élections du g février 1871. 11 se démit de ses fonctions en même temps que les membres du gouvernement de la Défense, et, depuis lors, il est rentré dans la vie privée. On lui doit : Histoire des ordres de cheoalerie et des distinctions honorifiques en France (1867, in-4"); Agnès Sorel et Charles VU (1868, in-8°) ; Y Invasion de 181 i dans la Eaute- Marne (1868, in-40), etc.

STEEN BERGEN, ville forte du royaume de Hollande, province du Brabant septentrional, arrond. et k 13 kilom. N. Je Berg-op- Zooin, sur un canal qui la relie aux bouches de l'Escaut; 4,200 hab.

STEENBOCK s, m. (stinn-bok — de l'allem. stein, rocher; bock, bouc). Mamm. Un des noms du nagor.

STEENHAMMÈRE s. f. (sti-na-mè-re — de Sleeuhanuner, savant allein.). Bot. Syn. de mkrtensie, genre de boiraginées : La sthenuammerk de Virginie est plus connue sous le nom de pulmonaire de Virginie. (Vilmorin.)

STEENSTRBP (Jean-Japhet-Smith), naturaliste danois, né à Vang le 8 mars 1313. Il étudia la médecine et les sciences naturelles, et alla explorer l'Ile de Bornholm, le Jutland septentrional, l'Islande et quelques parties de la Norvège. Il obtint en 1842, de l'Académie des sciences de Danemark, un prix, pour son Mémoire sur les marais en Danemark et fut, en 1845, nommé professeur adjoint de zoologie a l'université de Copenhague.

M. Steenstrup a publié un ouvrage très-intéressant, intitulé : Sur la génération alternante (1842). Il a montré que, chez un certain nombre d'animaux, des individus sans sexe produisent par bourgeonnement des individus sexués qui, se propageant ensuite par les firocédés ordinaires, donnent naissance à eur tour à des individus sans sexe, de telle sorte que les enfants ne ressemblent jamais à leur père, mais bien à leur grand-père, et qu'il devient possible de ramener à une espèce unique des formes très-différentes.

STEENVOORDB, bourg de France (Nord), ch.-l. de cant., arrond. et à 14 kilom. N.-E. d'Hazebrouck, près de la frontière de Belgique; pop. aggl., 2,249 hab. — pop. tôt., 4,002 hab. Nombreuses brasseries, tanneries, blanchisseries, teintureries et fabriques du toiles. Commerce de bestiaux, beurre et cuirs.

STEENWERCK, bourg et commune de France (Nord), cant. de Bailleul, arrond. et à 21 kilom S. E. d'Hazebrouck, sur le chemin de fer de Lille à Hazebrouck ; pop, aggl., 993 hab. — pop. tôt., 4,465 hab. Brasseries, blanchisseries de toiles, moulins k farine ; fabrication d'huile.

STEENWYCK (Henri van), peintre flamand, né à Francfort en 1589, mort à Londres en 1642. Il était lils d'un peintre distingué de l'école hollandaise, que la guerre des Pays- Bas avait obligé de se réfugier en Allemagne. Van Dyck, qui faisait le plus grand cas 3e son talent et qui l'employait souvent à peindre les fonds d'iirehitecture de ses portraits, le produisit à la cour île Charles 1er, où il fit une fortune considérable. Il peignait surtout les perspectives avec une perfection rare, et ses intérieurs d'églises gothiques sont fort recherchés. Le Louvre en possède quatre, ainsi qu'uno toile, dont les figures Bout de Corn. Puelenburg, Jéfus 'chez Marthe

et Marie. Il a eu pour élève Peter Neefs le vieux.

STEEPLE -CHASE s. m. (sti-ple-tché-ze — mot angl. formé de steeple, clocher, et chase, chasse). Turf. Nom anglais de la course au clocher : Le premier steeple-chasb qu'on ait vu en France est celui qui eut lieu, le 1er avril 1834, à. la Croix-de-Berny, sur la route de Versailles à Choisy-le-Roi. Il PI.

STBEPLE-CHASES.

— Fig. Emulation de gens qui s'évertuent à se surpasser, k se vaincre les uns les autres : Cette comédie fait défiler devant nous les e'cloppés du steeple-chase de la vie. (P. de St-Victor.)

— Encycl. La course plate a été pendant longtemps la seule épreuve à laquelle le pur sang fut soumis; mais l'Angleterre chercha

fiar quelle application spéciale elle pourrait e prédisposer aux difficultés du saut, et le steeple-chase fut imaginé. C'est le pur sang vainqueur du steeple-chase qui, de préférence, devient la souche du cheval demi-sang propre à la chasse. Or, comme le hunier ou cheval de chasse est aux yeux des connaisseurs le type qui répond le mieux aux exigences des sportsmen , en ce qu'il possède k la fois la vitesse et le fond, le steeple-chase, si souvent attaqué, offre un incontestable intérêt, un but d'utilité pratique à côté de l'attrait du spectacle. L'administration des haras a donc raison de le maintenir sur son programme.

On ne sait pas au juste à quelle date remonte le steeple-chase, que l'on pourrait appeler l'élégant casse-cou du sport. Rien n'empêche de croire, avec M. K. Ohapus, qu'un chirurgien sans ouvrage en ait donné la première idée aux sporismeu , afin que cela lui rapportât bon nombre de côtes brisées à remettre et de luxations k guérir. Il aurait en cela imité le Sungrado de Le Sage, qui donnait des coups de stylet à ses voisins pour se tailler de la besogne.

Longtemps le steeple-chase n'eut rien d'officiel et fut tout simplement une véritable course au clocher entre amis réunis pour de grandes chasses et curieux de varier la monotonie des plaisirs. Il se développa spécialement en Irlande et dans quelques comtés rie l'Angleterre. Des cavaliers bien montés, désireux d'éprouver leur adresse d'équitation, leur sang-froid, en même temps que les jarrets de leur cheval, arrivent sur un plateau élevé, d'où l'on découvre un vaste horizon. Dans quelque coin égaré de cet horizon, l'œil cherche la flèche d'une église, un clocher, et l'on s'écrie : « A qui y sera le premier | ■ Le défi est accepté et un enjeu fixé pour le gagnant. Au signal donné, les sportsmen s'élancent à travers champs et à travers bois, sur un terrain coupé de haies, de palissades, de buissons, de halliers ; des murs se rencontrent, il faut passer ; de petites rivières aux berges escarpées et glissantes, des fossés, des ravins se présentent; il faut franchir à fond de train tous ces obstacles. C'est une course effrayante; l'hippodrome a l'horizon pour seule limite, et la réalité du péril augmente l'émotion.

Le steeple-chase perdit bientôt ce caractère indiscipliné et aventureux partout où l'on se préoccupait moins de plaisir individuel que d'utilité pour l'ensemble de l'éducation chevaline. Même en Angleterre, la vraie course au clocher n'a plus lieu, si ce n'est accidentellement, par caprice et pour des enjeux considérables. On se contente des accidents périlleux de la chasse à cheval, qui, dans le fait, n'est qu'un steeple-chase continu; mais sans itinéraire obligé. Le steeple-chase, en devenant l'une des applications régulières des forces et des qualités du cheval de sang,"a été soumis à des règles fixes. On lui a laissé les difficultés et les périls, mais en leur ôtant l'imprévu qui les exagérait. Aujourd'hui, la piste du steeple-chase est tracée et combinée à l'avance; les obstacles sont disposés eu vue du but k atteindre, et le terrain est montré aux concurrents au moins vingt-quatre heures avant la course. Us peuvent l'étudier à pied, mais tout cheval qui a parcouru la piste avant la course est Jisqualilié, c'est-àdire exclu du concours.

La première apparition du steeple-chase en France s'est faite sans éclat, entre gentlemen-ridcrs, dans les environs de Paris. Les départements s'engouèrent pour cette innovation. Le 22 mars 1834, dans la plaine de Coulange, près de Blois, Young-Maleck, cheval de sang arabe, appartenant à. M. Fouquiet, battait divers chevaux anglais trois quarts sang. Le 1er avril de la même année, la vallée de Bièvre, près de Passy, fut choisie pour le théâtre du premier steeple-chase parisien. Peu après, il y en eut d'autres à la Croix-de-Berny, située sur la route de Versailles k Choisy-le-Roi. May/lg, jument grise, au comte de Vaublanc, moulée par son propriétaire, battit Napoléon, cheval bai de M. Gould, monté par M. Allouard ; il figurait dans ce steeple-chase une jument du duc d'Orléans, Guitare, qui tomba trois fois et ne put même être placée. Le 20 septembre, dans la plaine de Garanjoux, entre Moulins et Souvigny, eut lieu" un steeple-chase émouvant, qui a mérité une belle place dans les annales du turf. Le prince de la Moskowa, alors capitaine de hussards, montait son cheval hongre, Counterpart ; M. Sylas de Vaux montait Frits, cheval irlandais, habitué au pays et k tous Jes obstacles ; M. de Jollivet montait un

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cheval alesan vigoureux; enfin M. Edgar Ney montait Redinka, jument baie très-froide, mais excellente sauteuse. Le terrain avait une lieue de longueur et la piste était coupée par deux petites rivières, uu chemin creux et des clôtures de champs très-solides et trèshautes. La rapidité du départ fut telle qu'on présagea immédiatement des accidents. A environ 500 mètres se présentait la première petite rivière, encaissée, fort profonde et de plus de quinze pieds de largeur, qu'il semblait impossible de franchir. Counterpart sauta de l'autre côté sans effort ; mais,' k 200 pas de là, il se déroba et, glissant sur le gazon dans un fossé, devant une haie vive, il tomba sur son caval'er, à qui cette chute ôta toute chance de continuer la course. Cependant les trois autres chevaux avaient aussi sauté admirablement la rivière et arrivaient très-vite k l'endroit où M. de la Moskowa venait do tomber; ne pouvant s'arrêter, deux d'entre eux roulèrent à leur tour, avec leurs chevaux, dans le fossé d'où Counterpart s'efforçait de sortir. Ce fut un moment de confusion et d'angoisses terribles; mais les hardis cavaliers remontèrent immédiatement en selle ; M. de la Moskowa seul était trop grièvement atteint. M. Edgar Ney, qui avait évité la funeste rencontre, prit la tête. Un moment rejointe par Fritz, sa jument franchit une clôture, des haies' vives, où Fritz se débarrassa de son cavalier, et elle pas-a successivement les derniers obstacles. Cette victoire était due autant an sang- froid de de M. Edgar Ney, écuyer consommé, qu'à la sunériorit'i de Itedinka.

Saint-Lô, Caen, k leur tour, établirent des steepie-chases. Avranches, qui en avait eu avant, se rit remarquer par l'éciat des siens. Mais bientôt, au lieu de continuer la popularisation du steeple-chase chez nous, on s'attacha tout à coup aux inconvénients que présentaient ces dangereuses luttes, sans s'occuper de leur utilité pratique. On critiqua avec raison le pitoyable choix qu'on avait fait de la Croix-de-Berny, comme si d'autres localités ne pouvaient pas lui être substituées. On écrivit que ce spectacle était une cruauté comme les combats de taureaux en Espagne, et l'essor du steeple-chase fut arrêté. Paris, dans un laps de douze années, ne renouvela ses tentatives que deux ou trois fois, et encore les coureurs étaient-ils tous Anglais ; mais la Bretagne et la Normandie tinrent bon. Enfin l'exemple donné en 1851 au Pin par l'administration des haras a tiré le steeplechase du discrédit où' il était tombé. Les courses d'obstacles reprirent alors quelque faveur. La piste de la Marche et celle de Porchefontaine furent spécialement aménagées pour des steepie-chases; malgré. leurs obstacles fort sérieux, il est assez rare que l'on ait à regretter de giaves accidents. On court aussi des steepie-chases à Vincennes; mais cette réunion n'est pas aussi fréquentée que les deux autres.

STEEPLE-CHASER s. m. (sti-ple-tché-zeur — de steeple-chase). Turf. Cheval qui est destiné ou steeple-chase, qui exécute cette espèce de course : Un cheval d'une origine peu distinguée ne doit pas être couduit comme un steeplb-chaser plus [osltionable. (Aubry- Foucault.)

STEEVENS (George), écrivain anglais, commentateur de Shabspeare, né à Stepitey en 1736, mort k Humpstead le 22 janvier 1800. On lui doit en totalité ou en grande partie plusieurs éditions avec commentaires des œuvres de Shakspeare. Voici dans quel ordre se suivent ces éditions : 1" édition, par Steevens seul (1766, 4 vol.); 2« édition, par Steevens et Johnson (1778); 3e édition, par Steevens et Malone (1778). En 1780, Malone publie séparément un supplément en 2 volumes k l'édition de 1778. Nouvelle édition par Johnson et Steevens (1785, 10 vol.). Malone en fuit paraître une autre en 1790. En 1793, Steevens publie une édition plus complète que toutes les précédentes (12 vol.). Cette dernière édition des œuvres de Shakspeare fit autorité jusqu'à l'année 1838, où Kuight fit paraître une édition ptus parfaite encore.

STEFANESCHI (Jean-Baptiste), peintre italien, né k Ronta, près de Florence, en 1582, mort à Venise en 1659. Il étudia la peinture d'abord sous A. Commodi, puis sous J. Ligozzi et P. Beretin. Outre ses miniatures et ses portraits, il a peint un grand nombre de copies de tableaux du Titien, du Corrége et de Raphaël ; ces copies se trouvent dans la galerie de Florence.

STEFANl (Pierre de), sculpteur italien, né à Naples vers 1228, mort vers 1310. Il est le plus ancien sculpteur de l'école napolitaine. Ses œuvres les plus remarquables sont les Tombeaux du pape Innocent IV et de l'archevêque Philippe Minutolo, à Naples. Il travailla avec Masuccio k orner la cathédrale de Naples, où il sculpta plusieurs autels. Son lils, sculpteur comme lui, reçut le surnom de Masuccio il. V. Masuccio.

STEFANl (Thomas), peintre italien, frère cadet du précèdent, né à Naples en 1230. Il fut le premier peintre de l'école napolitaine. Habile comme coloriste, il fut inférieur comme dessinateur k son contemporain Cimabue. Il fut chargé par Charles d'Anjou d'orner un grand nombre d'églises. Il fut en faveur auprès de ce prince et auprès de son successeur Charles II. Il a peint dans la, cjia-

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pelle Minupoli, dans l'église Saint-Janvier, plusieurs scènes de la Passion de Jésus- Christ. On lui attribue les deux beaux tableaux Saint Michel et Saint André dans l'église Saint-Ange, k Nilo.

STEFANO (SANTO-), bourg du royaume d'Italie, province de la Calabre Ultérieure ire, district de Reggio, mandement de Calonuu ; 2,212 hab.

STEFANO-D'AVETO (SANTO-), ville du royaume d'Italie, province de Gènes, district et k 35 kilom. N.-E. de Chiavari, près de la source du Tkro, chef-lieu de mandement; 5.136 hab.

STEFANO - BBLBO (SANTO-), bourg du royaume d'Italie, province de Coni, district et & 24 kilom. S.-E. d'Alba, chef-lieu de mandement, sur le Belbo; 2,890 hab.

STEFANO DEI.-COIINO (SA1VTO-), b0!iro' du royaume d'Italie , province de Milan , district de Lodi , mandement de Codogno; 2,514 hab.

STEFANO-D1-CAMASTHA (SAXTO-), ville du royaume d'Italie, dans la Sicile, province de Messine, district et à to kilom. N.-O. de Mistretta, chef -lieu de mandement; 4,275 hab.

STEFANO -QUISQU1NO (SANTO-) , bourg du royaume d'Italie, dans la Sicile, province de Girgenti, district de Bivona, mandement de la même ville ; 5,297 hab.

STEFANO -ROEBO (SANTO-), bourg du royaume d'Italie, province de Coni, district d'Alba, mandement de Canale ; 2,232 hab.

STEFANO-VERONESE (SANTO-), bourg du royaume d'Italie, province de Vérone, district et mandement de Cologna; 2,454 hab.

STEFANO ou ETIENNE DE FLORENCE,

peintre italien, né à Florence en 1301, mort en 1350. Il fut, dit-on, le petit-fils et l'élève de Giotto. Ses principales productions sont : la Madone du Campo-Santo de P.se; les Scènes de la vie de saint Christophe, dans l'église Saint-Pierre de Rome, et les peintures de la chapelle Saint-Jacques, à Pistoia. Il a laissé un grand nombre d autres tableaux à Florence, Milan, Rome, Assise, Pérouse et plusieurs autres villes d'Italie.

STEFANO (Giovanni), ou le Cimbriaco, poète latin, né à Vicence vers 1432, mort vers la fin du xve siècle. En 1452, il professait les belles-letires k Pordetione pendant que l'empereur Frédéric H se trouvait dans cette ville. Il obtint la faveur de ce prince et de son successeur, Maximilien I«, et occupa plusieurs chaires dans différentes villes du Frioul. On a de lui un recueil de panégyriques intitulé Enconomiastica (Venise, 1504, in-8° ; Strasbourg, 1512, in-4», et 1514, in-40), inséré dans les Velicijepoet. germanorum, par Jean Gruter, et dans les Scripiores rer. germante, de Marquard Freher (édit. de 1637, t. II, p. 190, et édit. de 1717, t. II, p. 415).

STEFANO (Thomas di), peintre italien.

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