‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 14Chapitre 672 sur 1059 · V. STjEHÉLINE · texte numérisé non relu

V. STjEHÉLINE

STE1BELT (Daniel), célèbre compositeur allemand, né k Berlin en 1764, mort k Saim- Pétersbourg le 20 septembre 1823. Il était tils d'un facteur de pianos. Une grande incertitude règne sur l'époque exacte de la naissance de Steibelt, que nous fixons approximativement, t Cela tient, disait un biographe éminent, k la vie errante qu'a menée Steibelt et qui provenait moins de son inconstance que d'une habitude vicieuse, qui le mettait dans la nécessité de changer fréquemment de domicile pour se dérober aux poursuites de la justice. > U avait cependant, dès sa jeunesse , par ses dispositions précoces pour la musique, su intéresser le roi de Prusse Frédéric -Guillaume II, alors prince royal, qui lui donna le célèbre Kiruberger pour maître de clavecin et de composition. « Mais Steibelt n'était pas né pour régler son talent d'aprPS les conseils d'un maître, fait observer Fétis. Il ne fut élève que de lui-même, comme exécutant et comme compositeur. Tous les journaux de musique elles écrits du temps gardent le silence sur sa jeunesse et sur ses premiers succè-=; les événements de sa vie sont même moins connus eu Allemagne qu'en France. L'avertissement d'un catalogue de l'éditeur Goetz, de Munich, m'a fait découvrir que Sieibelt élait dans cette ville en 1788 et qu'il y publia les quatre premiers œuvres an ses «onaies pour piano et violon. Les numéros de ces œuvres prouvent qu'il était alors k l'aurore de sa carrière. Quelque temps après, André d'Otfénbaeh lit paraître de nouvelles éditions de quelques-unes de ces sonates. En 1789, Steibelt donna des concerts

STEI

dans plusieurs villes de la Saxe et du Hanovre, puis il allak Manheini et arriva à Paris en 1790. Les frères Nadermann ont trouvé la preuve dans les papiers de Boyer, leur pré décesseur, que cet éditeur avait accueilli 1s jeune virtuose et lui avait procuré de puissants protecteurs k la cour. Steibelt reconnut assez mal ses services, car il lui vendit comme des ouvrages nouveaux ses sonates I et II, dont il avait fait des trios en y ajoutant une partie de violoncelle non obligée. La supercherie fut découverte peu de temps après, et Steibelt ne put éteindre cette méchante affaire qu'en donnant k Boyer ses deux premiers concertos pour indemnité. Des faits semblables se sont reprodufts plusieurs fois dans sa carrière. L'arrivée de Steibelt k Paris fit sensation... A cette époque, Hennann y était considéré comme le pianiste le plus habile; une lutte s'établit entre les deux virtuoses; mais les qualités du génie qui brillaient dans la musique de Steibelt lui donnèrent bientôt l'avantage sur son rival, malgré la protection que Marie-Antoinette accordait k ce. ut-ci et l'éloignement que Steibelt inspirait pour sa personne par son arrogance habituelle et par les vices de son éducation. Sa musique eut beaucoup de vogue, bien qu'on la trouvât alors difficile ; son succès balança auprès des -amateurs le succès populaire de la musique de Pleyel. Au nombre des protecteurs de Steibelt se trouvait le vicomte de Ségur, qui, tort aimé des femmes, sut les interresser aux succès de son protégé. M. de Ségur avait écrit pour l'Opéra le livret de Jiuméo et Juliette et lui avait confié cet ouvrage puur eu composer la musique; mais la parution de Steibelt fut refusée k l'Académie royale de musique en 1792. Piqués de cette injustice, les auteurs supprimèrent le récitatif, b; remplacèrent par un dialogue en prose et firent représenter leur pièce au théâtre Feyiieau... Le succès de cet ouvrage mit Steibelt k la mode, et bientôt il compta parmi ses élevés ies femmes les plus distinguées de ce temps... 11 aurait pu dès lors prendre une position honorable et travailler aussi utilement k sa foi tune qu'à sa réputation; mais des fautes graves 1 obligèrent k s'éloigner do faris eu 1798. U se rendit d'abord k Londres, y donna des concerts et s'y maria avec une jeune Anglaise... Pui3 il visita Hambourg, Dresde, Prague, Berlin et Vienne, où il entra en lutte avec Beethoven. D"ubord, il parut avoir l'avantage dans l'opinion d'un certain nombre d'amateurs ; mais il fut vaincu par le génie du grand homme... Ses détracteurs lui reprochaient l'usage du trémolo; l'inégalité de sou jeu et la faiblesse de sa main gauche etaieut aussi les sujets de beaucoup de critiques. C'est dans ces voyages qu'il tit entendre pour la première fois des fantaisies avec variations, genre de musique agaçante et dont il avait inventé lu forme... H joua aussi, dans ses concerts k Prague, k Berliu etk Vienne, des rondos brillants et des bacchanales, ave-c accompagnement >le tambourin, exécuté par sa femme, furmes musicales imag.nées par lui et dont la première lui a survécu. Dans l'automne de l'aimée 1800 Steibelt retourna k Paris. U y rapportait de' Vienne la parution de la Création du monde de Haydn... L'idée d'exploiter cet ouvrage k sou profit le préoccupait; il en lit une traduction en prose qui fut mise eu vers par M. de Ségur, puis il l'ajusta, sur l'œuvre de Haydn et iraUa avec l'adiinnistratiou de l'Opeia pour l'exéculion solennelle de l'ouvrage sous sa direction. J'ai sous les yeux l'original des conventions faites k ce sujet; les uirecieurs de l'Opéra s'y engagent k payer k Steibelt 3,600 francs pour sou travail et 2,400 francs k M. de Ségur, et leur laissent la propriété de leur punition traduite, qui fut vendue 4,000 fr. k Erard, L'exécution de l'ouvrage ainsi arrangé eut lieu k l'Opéra le 3 nivôse an IX, juste le jour où Napoléon, se rendant k l'Opéra, faillit penr par l'explosion de la machine infernale. La paix d'Amiens, qui fut signée peu de temps après, permit k Sieibelt de retourner k Londres avec sa femme • il saisitavecd'uutantplus d'empressement cette occasion que les monts qui lui avaient fait quitter Paris en 1798 n'y étaient pas oubliés. Arrivé k Londres, Steibelt y donna deux concerts brillants ; mais son caractèie peu sociable ne plut pas a la haute société unglaise... Au commencement de 1805, il revint à Paris* puis partit subitement pour la Russie au mois ù'oeiobre 1808... Sa mort, arrivée en 1823 laissait sa famille sans ressource; mais son proieoleur, le comte Milarodowitsch, la tira de cette fâcheuse position en donnant k sou bénéfice un concert par souscription qui produisit 40,000 roubles. A voir le dédain qu'on ali'ecte maintenant pour la musique de steibelt, on ne se douterait guère du succès prodigieux qu'elle eut pendant vingt ans, succès inertie par le génie qui brille k chaque pa"e. A la vérité, de grands défauts s'y fout remarquer; le style en est diffus; on y trouve des répétitions fastidieuses; les traits ont en général la même physionomie et le do:gté est tres-défectueux; mais ia passion, la fantaisie, l'iudividiiuliié s'y mouireut k chaque instant. Les débuts de pièces ont tous de la fougue, du charme ou ue ia majesté; ses chants ont toujours quelque chose ue tendre et d'élegautj si la liaison manque dans les idées, du moins celles-ci sont abondantes. Au résumé, la musique de Steibelt pèche toujour* par le plan et ressemble trop k l'improvisa-

STEI

tion; matsonysent partout l'homme inspiré... L'étal de gêne et dedisoré.litoù samauvai.se Conduite l'avait fait tomber ne lui laissait plus le temps de soigner ce qu'il éctivait pour les éditeurs de musique; alors il abandonna le genre de la sonate et celui du concerto, qui avaient fait sa gloire, pour des bagatelles qui ne lui coûtaient aucun trava.l et qu'il se donnait à veine le temps d'écrire, a l'égard de sa musique de théâtre, elle n'est connue que par sa partition de Homéo et Juliette; mais celle ci suffit pour démontrer que la nature lui avait donné la génie dramatique autant que l'originalité des idées. Comme exécutant, S eibelt, dépourvu de toute instruction méthodique concernant le mécanisme du piano et n'usant eu d'autre maître que lui-même, s'était fa.t un doigté fort incorrect. L'art d'attaquer la touche par divers procédés pour modilier le son lui était peu connu, parce que les instruments de son temps, légers et brillants, mais maigres et secs, se pi étaient pou à ces transformations de la sonorité ; néanmoins, il possédait à un haut degré l'art d'émouvoir et d'entraîner un auditoire... Tout était chez lui d'instinct, d'inspiration ; aussi n'était-il pas supportable lorsqu'il était mal disposé; mais des qu'il se semait en verve, nul n'avait plus que lui le talent d'intéresser pendant des heures entières. Au beau temps , de sa carrière, il passait pour exécuter des , dii'fieubés excessive:- ; aujourd'hui, ses tours \ de force paraîtraient des enfantillages à nos virtuoses; tuais tout artiste serait heuteuxde posséder les qualités dout la nature l'avait doué. >

Une déplorable manie du vol nuisit à ses talents, ti sa fortune et à sa réputation; car, si la justice fut indulgente pour lui, il n'en perdit pas moins tous les droits à l'estime publique, à la bienveillance des amateurs et u la protection «les gouvernements. Sa criminelle habitude se montre jusque dans ses compositions. Non-seulement il se pillait lui-même sans scrupule, mais il lui est arrivé de reproduire un même itioiceau en se contentant de changer les premières mesures pour tromper l'oreille de l'amateur et la bonne loi de l'éditeur. C'est ainsi que sa sonate en Sot mineur répète mot pour mot le premier motit d'une autre sonate en fa mineur et un rondo délicieux, gâté tout exprès pour le rendre méconnaissable et que Mehul a rétabli dans son ballet intitulé : Persée et Andromède. Steib II a publié un grand nombre de Sonates, Concertos, Pots-pourris et Airs variés pour le pia. o, pleins de verve et d'imagination et qui, malgré quelques longueurs, ont obtenu beaucoup de vogue, surtout son quatrième livre de sonates, ses duos IV et IX et celui qu'il «lediu a lu reine de Prusse, qui étiticelieut de beautés du premier ordre; son troisième concerto ctsott charmant rondo de Y Orage, morceau original qui ne vieillira jamais, quoiqu'il ait ete depuis paraphrasé par divers pianistes.

Voici la liste des opéras de Steibelt : Roméo et Julie/te, opéra en trois uctes, paroles de de Segur jeune ; distribution : Capulet, Châteaufon ; Roméo, Gaveaux ; don Fentund , Gavaudan; Cébas, Valtëre ; Antonio, Geurg t; Atberti, DesCombes ; Ju.iette, Mme Setu; Cécile, iM'le Rosine. « Cet ouvrage obtint un des plus beaux et des plus légitimes succès qu'il y ait eus à la scène française, dit M. Fétis. Bien que la musique de Steibelt fût mal éc.ite pour les voix et qu'on y trouvât des longueurs qui refroidissent l'action, l'originalité des formes, le charme de la mélodie et même la vigueur du sentiment dramatique en quelques situations ont fait à juste litre consiuérer sa punition comme une des meilleures productions de son époque et ont placé sou auteur à un rang élevé parmi les musiciens. » Cet opéra est resté pendant plus de quarante uns au répertoire à lariset dans les provinces; la Création du monde, oratorio en trois parties, livret de Van swieten, traduit pardeSégurjeune (l)péru, 24 décembre 1800) ; interprètes : Garât, Chero*, M™cs Bruiiu.hu. et Baibier-Valbonue. » Steibelt avait épuisé toutes les ressouroesde s'ou adresse, remarque Caslil-Blaze, pour ajuster lu prose barbare du timeur sous les tuè.odies de Haydn ;

Dieu voulut la lumière, et la lumière fut.

Ce vers, qui serait bon partout ailleurs, est . d'une stupidité phénoménale sous le chaut qui ! le recuit. Le chœur pourra-t-il faire entendre i le tonnerre harmonieux qui succède à de ; sombres accents, comme les rayons du soleil aux ténèbres du chaos? Potirra-t-ilsecotiiier le trait ii'iini union du compositeur en faisant sonner une tenue stridente sur cette iiuiien- i contreuse syllabe fut, qu'on ne saurait prononcer qu'en fermant la bouche, en faisant la utuue, comme dit le bourgeois gentilhomme ? > La première exécution de cet oratorio pro- , ciuistt une recette ne 23,974 fr. 95; le IletOW de ife/i/me, ballet-pantomime en deux actes, de Pierre Garde) {Opéra, 3 mars 1802), succès; .a Uede laitière, ballet-pantomime (théâtre du Roi, à Londres), grand triomphe; lo j Jiiyument de Paris, ballet (théâtre du Roi, à | Lonmes), vogue méritée; la tête de Mars, t iuieriiiéue u Esmvnard et Pierre Garde! (Opéra, 4 mais 1806). Ayant obtenu de l'eut- \ pereur Ue Russie la plare de directeur de mu- ' sique de l'Opéra français, en remplacement de Boieluieu, il écrivit pour ce théâtre les ouvrages suivants : Cendrillon, opéra en trois actes; Sargines, opéra en trois actes; homéo

STEI

et Juliette, refondu; la Princesse de Babylone, reçue en 1808 à l'Opéra île Paris. Il a laissé inachevée la partition du Jugement de Midas.

STEIDL (Martin-Melchior), peintre allemand, mort en 1726. Il fut élevé d'André Wolf, à Munich, et peignit des tableaux et des fresques remarquables par le dessin et le coloris, mais qui pèchent quelquefois par défaut d'harmonie. Outre un grand nombre de tableaux et de fresques dans des églises de Bavière et notamment k Ratisbonne et à Au.:sbourg, on a de lui : a Salzbourg, Sainte Catherine, dans l'église des Theatins; Saint Gaétan, dans l'église Saint-Gaétan, et des fresques qu'il peignit avec Gump dans l'église Suint-FIorian.

STE1F.H, ville de l'empire d'Autriche. V- Stuykr.

STE1FENSAND (François-Xavier), graveur allemand, né k L'aster vers 1820. Il suivit les cours de l'Académie de Dussiddorf, puis il alla se perfectionner dans l'atelier de Felsing. Une manière brillante et facile le signala de très-bonne heure à l'attention des altistes. M. Steifensaud s'est fixé à Dusseldorf. où il exerce son art, tout en formant des élèves. Citons, parmi ses meilleures planches : YOrage , d'après Becker; Frédéric, d'après Sclirader; Alirjam, d'après Kotiler, très -remarqué à Parts en 1855, avec un Enfant Jésus, d'après Deger. Cette dernière gravure est très-belle, d'une grande maestria d'allure, d'une exécution sobre, mais pittoresque au possible eu sus moyens multiples et variés. En 1860, M. Steifensand a obtenu en Belgique la grande médaille d'or.

STEIUENTESCH (Auguste, baron de), littérateur allemand, né k Hildesheiin eu 1774, mort en 1826. Entré à l'âge de quinze ans dans l'armée autrichienne, il franchit rapidement les grades subalternes, fit avec distinction les campagnes de 1805 et de 1809, fut chargé à cette époque d'une mission à Koenigsberg et devint, en 1813, aide de camp général du feld-maréchal prince de Schwarzenberg. En 1814, il fut envoyé en Norvège pour y amener, de concert avec les représentants des quatre grandes puissances, la soumission de ce royaume au roi de Suède et reçut, l'année suivante, l'ambassade de Copenhague.

Au retour de Napoléon de l'île d'Êtbe, on le chargea d'aller en Suisse engager les cantons à recommencer la lutte. 11 accompagna ensuite l'empereur Alexandre à Saint-Pétersbourg, devint plus lard conseiller intime à Vienne et fut nommé, eu 1824, ambassadeur près la cour de Sardaigne ; mais il n'alla jamais prendre possession de son poste. Steigentesch s'est fait une éminente réputation comme prosateur et comme poète. La pureté et l'élégance du style sont les caractères distinctifs de ses écrits ; ses poésies portent l'empreinte d'un esprit sérieux et élevé, tandis que, dans ses nombreuses comédies, il a peint avec une vérité saisissante les petites faiblesses et les sottises de la vie, surtout dans la société moyenne. Il connaissait à fond les littératures anciennes, ainsi que la littérature philosophique et poétique de l'Allemagne. Il avait publié lui-même ses Œuvres complètes (Darmstadt, 1819-1820, 6 vol.).

STE1GER (Jacques-Robert), homme politique suisse, né à Buron, canton de Lucerne, iïA 1797, mort à Lucerne en 1862. Il fut médecin k Lucerne. Il siégea parmi les libéraux dans le petit, puis dans le grand conseil. En 1844, il prit part aux émeutes contre les jésuites et fut emprisonné. Mis en liberté au commencement de 1845, il se rendit à Aarau et se mit à la tête d'une troupe qui marchait contre Lucerne. Il fut pris et condamné à mort; mais il réussit k s'échapper de prison. Il prit part k la repression du Sonderbund, devint, en 1848, membre du conseil national suisse et siégea daus cette assemblée jusqu'en 1853.

5TEIGLEHNER (Gaspard), littérateur allemand, né à Pessenbenger, eu Bavière, le 20 avril 1741, mort le 5 août 1787. li entra eu 1758 dans la congrégation des chanoines réguliers de l'abbaye Ue Polling et se rendit k Paris, puis à Rome, où il reçut la prêtrise en 1768. Revenu en Allemagne, il devint successivement professeur k Polling en 1773, professeur et bibliothécaire de l'université k Ingolstadt-, bibliothécaire k Polling en 1777 et entin, en 1787, directeur de la bibliothèque électorale et membre du conseil ecclésiastique k Munich. On a de lui une dissertation en français sur le véritable auteur de l'ouvrage intitule Flores psalmorum, publiée en 1764; un Mémoire littéraire et critique sur deux Bibles très-anciennes, imprimées à Aluyeuce et conservées dans la bibliothèque électorale à Munich, en allemand, et une Dissertation sur l'origine et les accroissements de lu bibliothègue de Munich, en allemand (Munich, 1787 ; trad. latine, Rome, 17.-8).

STE1GUEK (Nicolas-Frédéric DE), homme d'Etat suisse, ne en 1729, mort à Augsbourg le 3 décembre 1799. Il fut élu avoyer de l'Etat extérieur de Berne, eu 1764 membre du conseil souverain, en 1772 bailli de Thunn, puis sénateur et, en 1787, avoyer de Berne, Il se montra tres-hosiile k la Révolution française et eut même pendant tin moment l'intention de demander que son canton tirât vengeance de la mort des mercenaires suisses

STEI

tués dans la journée du 10 août 1792. Lors de l'arrivée des Français en Suisse, il suivit l'armée bernoise; après la défaite de Grauholz, il se relira à Ulm. 11 accompagna les hordes russes qui envahissaient sa patrie, les suivit dans leur retraite après lu battiille de Zurich (3 décembre 1799) et quitta définitivement la Suisse.

STEIN s. m. (stain). Métrol. Ancien poids d'Anvers, valant 3kil,76L. Il Nouveau poids du grand-duché de Bade, valant 5 kilogrammes. || Poids de Leipzig, valant ioki',284. Il Poids de Pologne, valant l2k'i,96. il Poids du canton de Soleure, valant 5kil,l84.

STEIN, ville de Suisse, canton de Schaffhouse, sur la rive droite du Rhin.à 22 kilotn. E. de Sohnffhouse; 2,000 hab. Bibliothèque publique. Aux environs, carrières d'ardoise.

STEIN, ville de l'empire d'Autriche, dans la basse Autriche, cercle et k 3 kilom. O. de Krems, sur la rive gauche du Danube; 2,017 hab. Commerce de bois, vins et fruits. Cette petite ville ne forme qu'une même commune avec la viJle de Krems, a laquelle elle sert de port.

STEIN-AM-ANGER , en hongrois Ssombathely, ville de l'empire d'Autriche dans la Hongrie, chef-lieu du comilat d'Eiseuburg, k 271 kilom. O. de Bude,sur la GUns ; 4,000 hab. Evêché sutfragant de Gran; séminaire, gymnase de prémontrés. On y remarque une belle cathédrale, un musée d'antiquités romaines et de nombreuses ruines. Elle occupe l'emplacement de la Sabaria des Romains.

STËIN (Georges-Guillaume), médecin allemand, né k Cassel en 1737, mort en 1803. Après avoir fait ses études médicales k Gœttingue, il vint se perfectionner en France et se livra spécialement à l'élude des accouchements, k Strasbourg sous Rcederer, et k Paris sous Levret. Renne dans sa patrie, il fut nommé presque simultanément conseiller et médecin de la cour, professeur ordinaire de médecine, de chirurgie et d'accouchements au collège de Cassel, médecin et ac.oucheur de la maison d'accouchement et des orphelins, et membre du collège des médecins. En 1790, il passa à l'université de Matbourg en qualité de professeur ordinaire de chirurgie et d'obstétrique et, en 1792, obtint la direction de la maison d'accouchement qui fut établie k Marbourg k sa sollicitation. En 1794, il eut le titre de conseiller supérieur de la cour. La traduction de sou Traité d'accouchement l'a fait connaître en F'rance comme un des esprits les pkts justes et les plus éclairés qui se soient appliqués k l'étude de 1 obstétrique.

STEIN (Charlotte-Albertina-Ernestine de), femme de lettres allemande, connue surtout par ses relations avec Goethe, née à Weimar en 1742, morte en 1827. Elle était fille d'un maréchal de la cour de Weimar, nommé de Schardt, qui la maria en 1764 au baron de Stein. Elle donna k ce dernier sept enfants en moins de huit ans et devint veuve en 1793. Goethe avait eu, en 1775, occasion de la voir k Strasbourg chez le célèbre médecin Zimmertnann,et celle vue avait fait sur lui une telle impression qu'étant arrivé a Weimar, en novembre de la même année, il conçut pour elle une profonde passion, bien qu'elle fût son aînée de sept ans. Il en résulta entre eux une liaison, qui peut-être ue fut pas aussi platonique qu on l'a prétendu, mais qui exerça une grande influence sur la vie et sur le talent poétique de Goethe. Lorsque ce dernier revint de son voyage en Italie (1788), un grand changement s'opéra daus les rapports des deux amis, et la liaison que le po&tc contracta peu après avec C'hristiane Vulpius, qu'il ne devait pas tarder k épouser, amena une rupture complète. Elle ne fut pas éternelle cependant et lit place plus tard à une amitié sérieuse et sincère qui dura jusqu'à la mort de Mme de Stein. M. A. Scholl a publié (Weimar, 1848, 3 vol.) le recueil des nombreuses lettres que Gœthe avait écrites k son amie ; mais ou n'y trouve pas celles qu'il lui avait adressées d'Italie parce qu'il avait uû le» réclamer pour s'en servir dans la composition de son Voyage en Italie. Ce recueil n'en forme pas moins l'une des sources les plus précieuses pour l'histoire de la vie publique et privée de Gœthe jusqu'à son départ pour 1 Italie. Quant aux lettres de Mma de Stein, Gœthe les lui rendit sur sa demande, et elle les brûla peu de temps avant sa mort. Elle avait écrit une tragédie en prose, intitulée Oidon, dont le manuscrit a été publié par U. Duutzer (Leipzig, 1867). Celte pièce n'est que d'une médiocre valeur au point de vue poétique, mais elle est intéressante à cause des allusions qu'elle renferme aux relations de l'auteur avec Gœthe et avec les principaux personnages de la cour de Weimar. Plusieurs lettres charmantes de M"16 de Stein k la femme de Schiller se trouvent daus le tome 11 de l'ouvrage intitulé Charlotte de Schiller et ses amis (Stuttgard , 1862). On peut aussi consulter k son sujet les Lettres de Gœthe et de sa mère au baron Frédéric de Stein (l'un des fils de M"" de Stein), qui ont été p. .buées par Ebers et Kuhlert (Leipzig, 1S46).

STEIN (Henri-Frédéric-Charles, baron de) homme d'Etat prussien, né dans le duché de Nassau le £5 octobre 175£,mort dans le château de Cappenberg le 89 juin 1831. Il étudia, de

STEI

1773 à 1777, le droit à Gœttingue, voyagea en Allemagne et en Angleterre, entra, en 1780, dans l'administration prussienne et fut nommé en 1784 directeur général des mines du gouvernement en Westphalie. Envoyé en 1785 à Aschaffenbourg, pour déterminer l'électeur de Mayence à entrer dans la ligue des princes allemands, il s'acquitta avec un plein succès de sa mission. Pendant un voyage qu'il fit en Angleterre en 1786, Stein étu lia avec soin l'organisation politique de ce pays, y prit le goût des réformes et songea dès cette époque aux moyens d'introduire en Prusse d'importantes modifications gouvernementales et politiques. Quelque temps après son retour, il lit un très-riolie mariage, puis devint conseiller supérieur des mines (1793), directeur des douanes de Westphalie et président de la Chambre de Westphalie (1797). Il fut chargé, en 1803, de l'administra tion des évêchi's westphaliens, récemment annexés k la Prusse. Appelé, en 1804, k prendre le portefeuille du commerce, de l'industrie et des douanes, Stein introduisit u'utiles améliorations dans les services administratifs sur lesquels il avait la haute main, mais n'eut aucune influence sur la direction des affaires politiques. Ses idées libérales, son antipathie pour le despotisme militaire et pour la bureaucratie, ses critiques sur le plan de campagne adopté contre la France amenèrent enlre lui et ses collègues de vifs dissentiments, à la suite desquels il donna sa démission, en janvier 1807. Stein se relira alors dans le duché de Nassau ; mais, dès le mois de juillet suivant, après le traité de Tilsilt, qui démembrait la Prusse, Stein fut rappelé au pouvoir et chargé de réparer les désastres que cette puissance venait de subir. Ce grand homme d'Etat lit com-prvndre au roi la nécessité de profiler de la cruelle leçon qu'il venait de recevoir et de préparer par des mesures radicales la régénération et la grandeur future du pays. De concert avec Scharnhorst et Gneisseuau, il reorganisa l'administration, introduisit d'importantes réformes dans la législation politique et sociale, supprima le servage, restreignit les privilèges de la noblesse, affranchit la propriété du sol, proclama l'égalité devant la loi, s'attacha à rétablir les finances qui se trouvaient dans le plus uéploruble état, fit admettre en principe le service obligatoire pour tous, mesura qui devait faire par la suite de la Prusse la puissance militaire la plus formidable de l'Europe; s'attacha en un mot u fonder des institutions libérales et k raviver le patriotisme de la nation. Napoléon, qui avait cru réduire la Prusse a une impuissance définitive, ne vil pus sans inquiétude se produire le système adopté par Stein, et comme une lettre interceptée lui révéla les sentiments de légitime répulsion que son ambition et sou despotisme inspiraient k l'homme d'Etat prussien, il exigea du roi de Pru-se son renvoi, Stein dut en conséquence quitter le ministère (nuv. 1808), après avoir expose dans un remarquable mémoire ses vues politiques sur la situation et les nouvelles réformes qu'il regardait cumino utile d'introduire, notamment le régime parlementaire. Poursuivi par la haine de Napoléon, Stein dut quitter la Prusse, vit ses biens confisqués et se relira eu Autriche, d'où il prépara secrètement, en prenant part & la formation do Tutjeudbuud, le grand mouvement patriotique et liueial qui ne devait pas tarder a se produire en Allemagne. Eu 1812, il se rendit k la cour de Russie, où il fut accueilli k bras ouverts et où il Contribua k préparer contre Napoléon une coalition nouvelle. Après la bataille de Leipzig, il fut chargé par les allies de l'administration des provinces reconquises en Allemagne. Il vint en 1814, à la suite du roi de Prusse, k Paris; mais là, aveugle par sa haine contre Napoléon, il commit k la fois l'injustice et la faute d'étendre sa haine k la France elle-même, qui plus qu'aucun peuple uvait eu k souli'rir du despote. U demanda que les coudit.oiis de paix imposées au vaineti fussent beaucoup plus rigoureuses, et mente qu'on démea.bràt la France, un pouvait croire qu'après le r6.e si important qu'il avait joue il serait rappelé au pouvo.r; mais il n'en fut rien. Stein avait poussé les Allemands en avant au nom de la patrie allemande et de la liberté; or, Napoléon vaincu, les souverains alliés ne songèrent plus qu'a comprimer le mouvement libéral et national. Le parti absolutiste devint tout-puissant en Prusse, comme ailleurs U ne fut plus question de réformes et de liberté que pour les étouffer, et Stein tomba en disgrâce; il fui éloigné des affaires; on se borna k le nommer membre du conseil d'Etat en 1827 et, telle même année, maréchal des états de West, lialie. On a accusé Stein ue duplicité; on a prétendu qu'eu pailaut de la liberté ei de la nationalité allemande, il n'avaii été qu'un serviteur des partisans de la Saitue-Alliauce et qu'il avait contribué largement k duper les Allemands, connue ils purent le voir eu 1815 ; mais cette accusation n'est point justifiée; car, ainsi que le prouve sa correspondance avec le baron do Gager n, Stein resta constamment ri lele aux itlees de reforme qu'il avait préconisées. En juillet 1872, la ville de Nassau lui a éiigè une statue, et Berlin a suivi cet exemple en octobre 1875. On a de lui : un Testament politique, publié vers 1809, et uu ouvrage intitulé : Denkwurdigkeiten ueber deutetm

SÎEi

Verfassuiigen (Berlin, 1848). Sa correspondance avec Gagern, Humboidt, Gneisenau, Eichhorn, Niebuhr, etc., a été publiée en 1833. M. Pertz a fait paraître V Histoire de la vie et du ministère de Stein (Berlin, 1849- 1854, 6 vol.) et un autre ouvrage intitulé : Ans Steins teben (Berlin, 1856, 2 vol.).

STE1N (Chrétien-Godefroy-Daniel), géographe allemand, né à Leipzig en 1771, mort en 1831. Après avoir étudié pendant deux ans la théologie à l'université de sa ville natale, il renonça k cette science pour s'adonner à la géogmphie, à la topographie et à la statistique, devint, en 1795, professeur au gymnase du CloîtrH-Gri~, à Berlin, et resta jusqu'à sa mort attache à cet établissement. On lui doit ■ n grand nombre d'ouvrages, dont plusieurs sont encore aujourd'hui classiques en Allemagne. Nous citerons, entre autres : Manuel de géographie et de statistique (Leipzig, 1S09, 3 vol. ; 6e édit., publiée par Hœrsehelniann , 1833-1834 ; nouvelle édition, entièrement remaniée pas Wappœus et autres, 1852 et années suiv.) ; Géographie pour l'école et pour la maison |26^ èdii., donnée par Wagner et D litsch, Leipzig, 18GS); Géographie à l'usage des écoles industrielles et secondaires (1818. 2" édit.) ; Dictionnaire géographique et statistique, etc. (2^ édit., Leipzig, 1829, 2 vol.); Voyages dans les principales capitales de l'Europe centrale (Leipzig, 1818-1811,4 vol.; suppléments, 1822-1824); la Monarchie prussienne <'<ms sit situation géographique et ethnographique (Berlin, 1818); Manuel de la géographie et de la statistique de la monarchie prussienne (Berlin, 1819); Manuel d'histoire naturelte (3e «-dit-, Leipzig, 1827-1829, 7 vol.); Nouvel atlas de toute ta terre (32e édit. publiée par Ziegler, Heck, Lange, etc., Leipzig, 1868, 28 fcuil.). Il avait, en ouire, écrit en 1812 la partie géographique et ethnographique il il Livre élémentaire de Funke et, en 1817, la description de l'Europe dans l' Encyclopédie de Klugel.

STEIN, également connu sous le nom de Ferhad Pnclin, général et homme politique, d'origine allemande, né près de Cracovie, en 1811, mort en 1860. Il se lit recevoir ingénieur et passa en Autriche, où il remplissait des functions importantes lorsque eut lieu en Hongrie la révolution de 1848. Stein se jeta du coté du mouvement et alla offrir ses services aux chefs des patrioies iusuiges, qui utilisèrent ses talents en le faisant entrer dans le comité de défense. 11 se lia alors avec Kossuih, Béni, Klapk", etc., et montra de telles capacités que Kussuth, devenu chef du gouvernement, lui conlia le portefeuille de la guerre. La Hongrie ayant été vaincue par la trahison et par l'intervention armée de la Russie, Steili alla chercher un refuge en Turquie, prit du service dans l'armée, fit !a campagne d'Asie sous les ordres d'Oiner-Pacha et reçut le grade de général sous le nom de Ferhad-Pucha. Pendant ses loisirs, il notait ses impressions sur les hommes et les choses de la Turquie, qu'il jugeait avec une juste sévérité et une verve mordante. Un homme dont il Se servait comme secrétaire communiqua son manuscrit au ministre de la guerre Riza- Pacha. Celui-ci, furieux du jugement peu flatteur que Fei had-Paclia portait sur lui, le lit jeter dans une prison, et peu après ce dernier mourut à la suite des mauvais traitements dont il était l'objet.

STEIN (Laurent), célèbre jurisconsulte et économiste Danois, né à Eekernfœrde en 1815. Fils d'un soldat et de bonne heure orphelin, il fut élevé comme enfant de troupe dans une école militaire, où il se signala tellement par son inielligence et ses progrés, qu'à l'âge de dix-sept ans il reçut du roi les secours nécessaires pour alh'r continuer ses études à la savante école de Flensbourget plus tard aux universités de Kiel et d'Iéna, où il s'appliqua surtout à la philosophie et à la jurisprudence. Il prit, en 1841, ses grades à Kiel et y publia la même année une Histoire de la procédure civile et de ta procédure actuelle du Danemark, qui lui tit obtenir du gouvernement un subside de voyage pour se rendre à Berlin et de là k Paris. Dans la première de ces capitales, son attention se porta sur le saint-simonisttie, et, une fois à farts, il se lia avec les ffjuriérisies et l'ut ainsi amené à publier sa brochure sur le Socialisme et le communisme de la France actuelle (Leipzig, 1844). Cet ouvrage original, où. les agitations sociales étaient pour la première fois soumises à un examen vraiment scientifique, jeta un jour tout nouveau sur un sujet qui n'avait encore été traité qu'avec l'esprit do parti ou d'une façon toute superticielle et contribua beaucoup k introduire au nombre des études' seiieuses celle des questions sociales. M. Stein recueillit à la même époque, à Paris, les matériaux qu'il coordonna et publia à son retour dans son Histoire de l'état et du droit français (1846-1848, 3 vol.), en collaboration avec Warnkœnig, ouvrage unique dans son genre. Dans l'intervalle, il s'était fai' recevoir agrégé k l'université de Kiel et y était devenu, en 1846, professeur extraordinaire. Lorsque la question du Slesvig- Hoistein fut mise à l'ordre du jour, il défendit avec succès dans la presse allemande les droits des duchés et chercha surtout à établir l'importance de cette question pour les pays du Nord, et en particulier pour l'Allemagne. H prit aussi part, en 1846, à la rédaction de la brochure des neuf professeurs de Kiel

STEÎ

Stei

STEÎ

sur les droits du Slesvig-Holstein et se vit, dés cette époque, menacé de destitution. Après le soulèvement des duchés en 1848, il soutint avec plus d'ardeur que jamais la cause nationale, bien que, d'après la marche des choses, il eût dès le début douté du succès final. Le gouvernement provisoire l'envoya la même année à Paris, où il écrivit une brochure intitulée : la Question du Slesvii/-HoIstein,et où il conçut l'idée d'un remaniement complet de son ouvrage sur l'état social de la France, qui fut publié de nouveau sous ce titre : Histoire des agitations sociales en France depuis 17S9 jusqu'à nos jours (Leipzig, 1849-1851, 3 vol.). A dater de cette époque, il se consacra de plus en plus k l'étude des sciences économiques proprement dites et, ayant été destitué avec neuf de ses collègues, lorsque le Danemark eut repris en 1852 possession des duchés, il vécut à Kiel, en simple particulier, jusqu'en 1854, où il se rendit à Vienne. Il y fut charge l'année suivante de la chaire des sciences politiques k l'université et se lia à la même époque avec le ministre d'Etat de Bruek, qui 1 appela à prendre part aux tentatives laites pour la solution des grandes questions financières alors en jeu en Autriche. On a encore de lui : Système des sciences politiques (Stuttgard, 1852-1856, tomes 1er et II), ouvrage où il fait de l'économie nationale la base de toutes ces sciences ; lu Nouvelle situation des espèces et du crédit en Autriche (Vienne, 1835); Afunuet d'économie populaire (Vienne, 1858); Manuel de la science financière (Leipzig, 1860) ; la Doctrine de l'administration (Stuttgard, 1865-1868, tomes 1er à IV). U a consigné dans ce dernier ouvrage les résultats des études qu'il avait été amené k faire, comme rédacteur du recueil Austria, sur la science et le droit administratifs.

STEIN (Frédéric), zoologiste allemand, né à Nietnek^Brundebourg) le 3 novembre 1813. II fit ses études à Wittemberg et k Berlin et reçut en 18-41 le grade de docteur en philosophie. En 1848, il devint prival-docent de zoologie k l'université de Berlin, et en 1849 premier conservateur du musée zoologique île cette ville. Eu 1853, il fut nommé professeur k l'université de Prague et en 1868 ou 1869, doyen de la Faculté de philosophie. Ses ouvrages sont •* Der Organisants der J»fusion-thierchen, etc. (Leipzig, ire partie, 1859; 2« partie, 18G7, 10 giav.); Guudriss der organisclien Nattuwissensehuflcn (Berlin, 1845); Vergteichende Anutomie und Physiologie der Inseklen in Monoyrafien bearbettet (Berlin, 1847, avec 10 grav.j; Die litjusorUu auf ilire EitiwickelwiysijeschicAte untersuchl (Leipzig, 1854, 6 grav.).

STEINAO, ville de Prusse, province de Silésie, régence et à 59 kiloin. N.-U. de Bieslau, chef-lieu du cercle de son nom, sur la petite rivière de son nom ; 2,560 hab. Fabrication de draps et de toiles. Wallenstein y battit les Suédois en 1633.

STE1NAU , ville de Prusse , province de Hesse, à 6 kilom. de Schluchtern; 2,727 hab. Fabrication importante Je poterie; distilleries d'euu-de-vie et de liqueurs.

STE1NBAC11, bourg de Prusse, province do Hesse, cercle et à 8 kilom. de Smalkalde.sur la Seliwarza; 2,759 hab. Hauts fourneaux, forges et afrinenes de fer; fabrication active de clouterie, ferronnerie et serrurerie. On y voit les ruines de l'ancien château d'Hallenberg.

STEINBART(Gotthelf-Samuel), théologien alleiuanu, de l'école rationaliste, né à Zulliohau en 1738, mort eu 1809. Elevé dans les doctrines des piétisies, il divorça complètement avec le piétisme sous l'influence de l'éiude de la philosophie de Locke et de Wolf, et grâce à la liaison qu'il contracta avec A. Teller elTœlluer. Après avoir fait ses études aux universités de Halle, de Francfort-sur-l'Oder et de Berlin, il devint aumônier de l'asile d'orphelins de Zullichau et fonda dans cette ville un établissement pédagogique!, qui était encore en 1870 dans l'état le plus florissant et que Frédéric le ! Grand avait éri^é, en 1766, en pajdagugium ! royal. Steinbart en fut nomme directeur et ! prit en outre, l'année suivante, la direction de l'asile d'orphelins. En 1774, il passa comme professeur de philosophie a Francfort-sur- 1 Oder et y fut nommé, en 1787, conseiller supérieur des écoles. On a ne lui : Système de la philosophie pure ou Théorie de la félicité selon le christianisme (Zulliohuu, 1794, 4« édit.), ouvrage base en partie sur les principes du l'école de Leibniz et de Wolf et qui eut un j grand retentissement; Entretiens historiques pour servir à l'éclaircissement de la théorie de la félicité (Zulliehau, 1782 1784, 3 cahiers), écrit qui engagea l'auteur dans une polémique des plus vives avec Jean-Auguste Eberhard de HaiFe; Exposition utilu à tous de l'entendement, etc. (Zulliehau, 1793, 3^ édit.); Méthode d'éloquence acaiiémique pour les professeurs chrétiens (Zulliehau, 1784, 2<= édit.).

STE1NBEISSER s. m. (stain-bè-seur — de l'allein. stein , pierre ; beisser , mordre) . Iohthyol. Un des noms vulgaires de la loche de rivière, datas les déparlements voisins de l'Allemagne.

STElNBOCKs. m. (stain-bok — de l'allem.

stein, rocher ; bock, bouc). Mamm. Un. des noms du bouquetin.

STEINBRECH s. ta. (stain-brèk — de l'allem. stein, pierre; hrech, percer). Bot. Syn. de bacille on perce-pierre.

STEINBRUCH (Edouard), peintre allemand, né à Magdeboiirg en 1802. Destiné d'abord au commerce, il renonça a celte carrière pour suivre sa vocation artistique et se rendit à Berlin, où il entra dans l'atelier de Wach. Ses deux tableaux de début, le Péché et l'Ange ouvrant la porte du ciel, révélaient un talent sérieux et furent accueillis avec beaucoup de faveur. Attiré par la renommée naissante de l'école de Dusseldorf, il se rendit en 1829 dans cette ville et y continua ses études. Après y avoir exécuté son tableau d'Agar, il partit pour l'Italie et, à son retour (1832), vint s établir k Dusseldorf, où il résida jusqu'en 1846, uniquement occupé de son art. Bien qu'il peignît encore des sujets religieux, il s adonna cependant au genre romantique. La correction du dessin, l'harmonie et la noblesse des lignes, la délicatesse, la pureté et la vivacité du coloris, tels sont les caractères qui distinguent ses toiles, parmi lesquelles nous citerons : Geneviève ; le Petit Chaperon rouge ; la Nymphe de la Dussel; Femme de pêcheur sur la plage , Ondine: les Elfes sur l'étang, gracieuse composition, inspirée par la ballade de Tieck et dont l'auteur a exécuté lui-même plusieurs reproductions; Thisbé écoutant sur le mur; la Naissance de Vénus; la Cène, d'après la parabole du Nouveau Testament, etc. Depuis 1846, M. Steiubruck habite Berlin, où il a exposé en 1852 une toile de grandes dimensions, représentant la Destruction de Magdebourg par Tilly, et où il a peint à la fresque une Résurrection dans la coupole du château royal. 11 est plus tard revenu exclusivement au genre religieux et s'est même converti à la religion catholique.

STEINER s. m. (staï-nerr — n. pr.). Violon de la façon du luthier allemand Steiner, H Steiner électeur, L'un des seize violons fabriques par le même pour les électeurs et l'empereur d'Allemagne.

STEINER (Werner), chroniqueur suisse, né à Zuv; vers le milieu du xve siècle, mort dans la même ville en 1517. Il a écrit une chronique de la Suisse de 1503 à 1513 et une relation de la bataille de Marignan (1515).

STEINER (Werner), un des fils du précédent, né à Zugen 1432. Il a donné des notes sur la chronique de son père et a fait, lui aussi, une chronique de 1503 à 1516, restée manuscrite.

STEINER (Jean-Gaspar), de la famille des précédents, né vers le commencement du xvnc siècle. Né protestant, il se fit catholique vers la tin do sa vie, et il a écrit contre ses anciens coreligionnaires plusieurs ouvrages, entre autres : Description allégorique de la Suisse (Turin, 1GS4, in-12). Il a publié encore : Table géographique de la Suisse (1680).

STEINER (Jean -Jacques) de la famille des précédents, homme de guerre suisse, né au château de Hegi, prèsde Winterihur.en 1724. Il servit d'abord dans les armées françaises, s'y distingua surtout dans la guerre de Sept ans et fut nommé colonel en 1770, brigadier en 1780 et maréchal de camp en 1784. Il prit part uux luttes intestines des Suisses de 1795 kl802, commanda en 1795 un corps zurichois contre les rebeles des bords du lac de Zurich, à l'alfa ire de Slœfuer. Il lit preuve d'un grand courage dans la défense de Zurich contre le général Andermatten 1802.— Son h'is, GaspaR, ne en 1770, mort à Saiiit-Chrisiophe eu 1797, changeu constamment de maître, connut! les condottieri du moyen âge, et servit successivement la Fiance, l'Autriche, sa patrie, et enfin l'Angleterre. Il mourut capitaine dans l'armée anglaise.

STEINER ou STAINER (Jacques), célèbre luthier allemand, né à Absora, près d'Inspruck, en 1620, mort vers 1670. Il fut envoyé par ses 'parents k Crémone, chez N.Amati,et acquit rapidement une habileté presque égaie k celle de son maître, dont il épuu.-^a la tille. Il revint alors a Absom et continua de fabriquer des violons excellents, que sa pénurie le forçait de vendre à vil prix. Il en obtenait, dit-on, rarement plus de 6 florins, et au siècle suivant, l'art du luthier étant en pleine décadence, on en paya quelques-uns jusqu'à 3,500 florins.

Les premiers violons fabriqués par Steiner sont datés de Crémone et portent une étiquette signée de lui. a On les reconnaît, dit Fetis, aux signes suivants : les voûtes sont plus élevées que celles des Amati ; les S sont petites et étroites, les volutes moins allongées et plus larges daïis la partie amérieuie. Le bois est k larges veines et le vernis est celui des Amati. Le plus bel instrument connu de cette première époque de Steiner avait passé de la succession de M. Desentelles, ancien intendant des menus plaisirs du roi, dans les mains de Gardel, premier maître de ballets de l'Opéra. 11 porte la date de 1C44. » On a aussi suivi la trace de quelquesuns de ses violorîs de la deuxième époque, datés d'Absoin, de 1650 k 1667. Le violoniste Ropiquet possédait de Stemer un quintette de la plus grande beauté, compo-é de deux violons, d'un alto , d'un violoncelle et d'une contre-basse. Une autre série également célèbre fut fabriquée par Steiner à. la fin de sa vie et se composait de seize violons, tous

parfaitement semblables et dans lesquels il avait réuni toutes les perfections désirables; Steiner en envoya un & chacun des douze électeurs et les quatre autres à l'empereur. Treize de ces violons sont perdus ; des trois autres, l'un fut donné par M»rie-Tliérè*e à Kerinis, violoniste liégeois renommé; le second fut acheté par le duc d'Orléans, père de Philippe-Egalité, et donné par lui à Navoigille ; le troisième était, k la fin du xvmc siècle, en la possession du roi de Prusse Frédéric-Guillaume II. Le violoniste Aîurd s'est souvent fait entendre sur un steiner ,d'une grande beauté, mais qui n'appartient pas à cette série connue sous le nom de steinerélecteur.

STEirS'ER (Jean-Conrad), peintre de paysage allemand , né k Wintertbnr en 1757 , mort vers 1815. Il étudia lu gravure sur cuivre k Genève et habita pendant un certain temps à Dresde et à Paris. De retour dans sa patrie, il dessina des paysages et grava sur cuivre. Il fit ensuite trois voyages en Italie et cultiva la peinture, le dessin au fusain et à la sépia, etc. — Sa femme, Anne-Barbe Stein, morte vers 1815, a peint des paysages à l'aquarelle, a dessiné à ta sépia et a gravé k

I eau-forte.

STEINER (Emmanuel), peintre de paysage et graveur, né à Winterthur en 1773. 11 a aussi dessiné au crayon, au fusain, à la sépia, a peint à l'aquarelle et k l'huile, surtout des paysages et des fleurs et a gravé à l'eauforte.

STEIIVFUHT, ville de Prusse, province de Wesiphalie, régence et à 57 kilom. N.-O. de Munster, ch.-l. du cercle de son nom, sur l'An; 3,000 hab. Fabrication de -uirs, toiles et tabac. On y voit un beau château, résidence des princes de Beniheiin-Beiuheini.

STEIN ILÏUSEK (Jean -Benjamin), historien allemand du xvme siècle. Il fut conseiller à la cour du roi de Pologne Auguste III et vécut longtemps en Pologne, et principalement à Varsovie, où il s'occupa d'études historiques. Il a fourni des notes historiques et héraldiques k Niesiecki pour la rédaction de son Armoriai (Herbarz). On a de Steinhœuser : Mémoires sur le gouvernement de la PotoyiH', en français (Manheiui, 1759, iu-8° ; réimpr. en 1772, iu-8i'J. Cet ouvrage a été traduit en allemand sons ce titre : Grundriss der heutiyen, Staatsverfassuny von Puleu, et en russe k Saiut-Péiersbourg, en 1764.

STElMMiUSEIi (Charles), sculpteur allemand, i.è a Brème en 1813. Il fit ses études artistiques à Berlin, dan» l'atelier de Raiieh, et débuta en 1834 par la statue d'un Enfant péchant des écrevisses, qui obtint beaucoup de succès, tant à cause de sa grâce naïve que du fini de son exécution. Cette œuvre appartient au genre dans lequel l'artiste devait acquérir le plus de réputation. Il partit Ijannée suivante pour Rome, où il exécuta un grand nombre de charmantes compositions, dont le sujet était emprunté k la vie des marins ou des bergers; telle fut, entre autres, la Jeune fille uua moules, que l'artiste dut reproduire pour la ville de Philadelphie, où furent des lors envoyées k différentes reprises les reproductions de ses œuvres principales. M. iteiiiliœuber aborda ensuite des sujets d'un genre plus élevé et y reu-sit également, ainsi que le prouvent sa Judith, qu'il a représeiii.-o au moment où elle vient de tuer Holophcrue, et son .groupe de Héro et Léundre , qui lui avait été commande parle rui de Prusse, et dans lequel la virile b auté de LéanUre fait un Contraste frappant avec la grâce de^cate et voluptueuse du son amante. Parmi les autres travaux de M.Sieinhœuser, il faut citer : la statue eu marbre de V Astronome Olbers, pour la ville de Brème; celie de Uœllte, pour YVeimur; un grand vase destiné k la uile de Brème et dont les basreliel's représentent une fête populaire dans cette ville; une PtVfe'/deux groupes en marbre pour fontaine, lepréseniaut l'un Bermann et Uorolhée, l'autre le Débat d'Oreste et de Pylade, dans Ylphiyénie Ue tiœtbe,etc. M. Siemliœuser résidait eu 1875 k Curlsruhe, où il avait été appelé en I8t>3 par le gouvernement , pour y fonder une école de sculpture. — Sa femme, Pauline SteiNujsu- SIîr, née Franck, u peint plusieurs tableaux remarquables par une exécution gracieuse. Tels sont, entre autres, ceux qui représentent Jisther, Iphiyénie , Saint Jean-Dupliste-, le Cnrist et saint Jean-Baptiste, etc.

STEINIIElL(Cliarles-Augustr),savatit allemand, ne à Rapiiortsweiier, eu Alsace, en 1801. 11 étudia I astronomie kliienigsbei g, fut nomme, en 1832, professeur de physique et de mathématiques k l'université ue ùiumeh.

II fut mis ensuite k la tète de l'administration des télégraphes en Autriche, fonda la Société télégraphique austro- russe et fut uppelé en 1851, par le conseil fédéral, en Suisse, où il organisa les télégraphes. En 1855, il fonda k Munich l'institut opuco-muthématique. Sieinheil s'est fait connaître par de nombreuses découvertes en électro-magnétisme et en optique. Ses principaux ouvrages sont : Meber Tetegrafie besonders durch gaivanische Kreifte (Munich, 1838); Beschreibung und Veryleischung der galoanischeu Teleyrufen Deutschtuuds (Munich, 1850J ; Ueber quuntitutioe Analyse durçh physicaiische Beobachtungen (Munich, 1851); Ueber die Beslimmung des Berechnungs und Zertreung-

STEI

vcrhâltuisses verscliedener Afedien (Munich, 1851); liectificatiot. des optisciten Bierprobe (Vienne, 1852).

STF.iN UEIL (Louis-Charles-Auguste), peintre français, né à Strasbourg en 18U. Il eut pour maître le peintre belge Henri Decaisne et débuta au Salon de 1836 par deux tableaux de genre, Consolations et Lëonore. 11 exposa ensuite diverses compositions plus sérieuses, telles que Jeune vierge présentée nu Christ (Salon de 1840) ei Sainte Philomène (1841), puis revint à la peinture de genre, qui répondait mieux à ses aptitudes. La Mère de famille. Mon petit doiyt me fa dit (1845), petites toiies Irès-supèrieuresaux deux compositions précédentes ; Fruits et liqueurs , Un intérieur (1846) ; Une mère, les Bulles de savon (1847) révélèrent des qualités incontestables d'arrangement et de couleur. Son exposition de 1847 lui valut une 3e médaille-, il oblint une 2e médaille l'année suivante pour sa Jeune mère et le Matin, et envoya au Salon de 1S49 Une femme et son enfant et un tableau de fleurs, Giroflées. A l'Exposition de 1S55, on revit de M. Steinheil une des toiles précédentes, le Matin, et deux. Portraits. A Cette époque, l'artiste commençait à se livrer à des travaux d'archéologie arohiteetonique ; il avait aussi étudié la sculpture dans l'atelier de David d'Angers, et il exposa cuite même année le dessin d'un Christ du \tie siècle, trouvé en Auvergne et encadré de motifs d'architecture, qui a depuis écé placé au musée de Cluny. On doit encore à M. Steinheil des vitraux moyen âge : le Mariage de la Vierge, le Muuoais riche , la restauration d'un Panneau du xiue siècle et un Etat des peintures de ta Sainte -Chapelle (1855). M. Steinheil est le beau-frere de M. Meissonier. Il a été décoré de la Légion d'honneur en 1860.

STEINHEILIE s. f. (sté-né-11 — de Steinheil, bolan. fr.). Bot. Genre de plantes, de la famille des asolepiadèes, formé aux dépens des asclépiades, dont l'espèce type croit en Arabie.

STEINHEILITE s. (. (sté-né-H-te — de Steinheil, boian. fr.). Miner. Nom donné à la dicbroïte.

STElNKERQUE s. f. (stain-kèr-ke. — Four l'étyinol., v. STElNKERQUE [bataille de]). Modes. Espèce de cravate d'homme ou de fichu de femme , noué négligemment autour du cou : Une stëinkerqub. Une cravate à la

STElNKERQUE.

Une longue steiiikerque & replis tortueux.

Regnuid.

STEINKE&QL'E ou STEEiVKEltQUK, ville de Belgique, province de llaiuaut, arrond.et à 20 kilom. N.-E. de Alons, sur la Senne; 1,250 liab. Victoire du maréchal de Luxembourg sur Guillaume 111, le 3 août 1692.

Sleiukerque (BATAILLli DU) , gagnée par le itiureultal de Luxembourg, le 3 août 1692, sur le prince Guillaume d'Orange; la victoire la plus populaire qu'ail remportée le célèbre tapissier de jVotre-Ùame. Louis XIV, aptes lu prise de Namur , rentra triomphant à Versailles, laissant au maréchal de Luxembourg le commandement de l'armée des Pays- Bas, réduite à 70,000 hommes. Il était alors dans le nord du liaiuaut. Guillaume d'Orange ayant Ceint de vouloir reprendre Namur pour mieux masquer ses desseins, le maréchal de Luxembourg envoya au secours de la place Ï0,0J0 hommes, commandés par Boufliers. Les mouvements ultérieurs de Guillaume l'ayant détrompé, il se hâta de rappeler Boufileis; mais, avant que celui-ci put être de retour, le prince mit habilement it protil l'affaib.issement du général français pour l'attaquer près Ue Sieinkerque. A celte manoeuvre fort bien conçue, ji joignit encore la ruse. Ayant découvert parmi ses secrétaires un espion de Luxembourg, il le força, avant de le livrer à la mort, u mander au maréchal que le lendemain devait avoir lieu un grand lourrage et que, pour en assurer le succès, on devait occuper les défilés nombreux qui s'étendaient entre les deux années avec ue l'artillerie ei de l'infanterie, déploiement de foices dont il ne devait point s'alarmer. Luxembourg s'y trompa en effet, et les rapports qui lui lurent faits sur les mouvements Ue l'ennemi ne lui inspirèrent aucune inquiétude. C'était un véritable désastre que lui préparait le prince, dont les mesures, d ailleurs, étaient admirablement prises. Guillaume savait que le terrain accidenté oi resseiré qu'occupaient les Fiançais, entre Enghien et bleiukerque, ne perineitruit pas le déploiement de leur redoutable cavalerie, et il espeiait les écraser aveu son infanterie, très-supérieure en nombre a celle de Luxembourg. (Jeiui-ci uormaii quand, le 3 août 1082, au mutin, on vint le prévenir que les têtus de colonnes ennemies débouchaient en face ou camp, Déjà une brigade qui formait sou extrême droite avait battu en retraite sous le feu éerasaut de l'ennemi. Tout était perdu peut-être si Guillaume n'avait rencontré sur sou chemin des obstacles imprévus, tels que ravins, fossés ei clôtures. Pour comble de malheur, Luxembourg etuit malade de la lièvre. Mais c'est dans les circonstances critiques que ce grand général donnait les plus éclatantes preuves ue son sang-froid et de la rapidité merveilleuse avec laquelle il Corrigeait une fausse position. Changer de terrain, donner Un champ de bataille à son

STEI

armée, gui n'en avait point, comme nous venons de le dire , rétablir sa droite tout en désordre, rallier trois fois ses troupes, exécuter trois charges impétueuses à la tète de la maison du roi; tout cela fut l'affaire de moins de deux heures, mais deux heures des plus héroïques efforts. Les dragons avaient mis pied à terre pour soutenir l'infanterie, combattant sur un front qui ne présentait pas plus d'une demi-lieue de large, resserré entre île grands bois et la petite rivière de Senne. Bientôt même le centre français faiblit sous la violence du feu, et l'ennemi, débouchant du bois, s'empara de quelques pièces de canon. C'est alors que le duo de Bourbon, petit-fils du grand Condé, le prince de Conti, le duc de Vendôme, petit-fils de Henri IV, et le jeune duc de Chartres, qui devait être un jour le Régent et qui n avait pas plus de quinze ans à cette époque, comprenant la nécessité de donner un grand exemple, descendirent de cheval et, l'épée à la main, se mirent à la tête des gardes-françaises et suisses. Ces troupes d'élite furent éîeotrisées; elles se ruèrent dans un élan furieux, irrésistible sur les Anglais et y creusèrent de longues et sanglantes trouées; la vaillante infanterie écossaise de Guillaume resta presque tout entière sur le champ de bataille. Les Français reprirent aux alliés l'artillerie perdue et leur enlevèrent plusieurs canons. Dès ce moment, k droite comme au centre, nos troupes ressaisirent l'avantage , mais au prix de flots de sang versé.

Cependant, sur notre gauche, la victoire était loin encore de se déclarer pour nous. Tout à coup, Boufflers apparaît sur ce point, accourant de toute vitesse, après avoir reçu le contre-ordre de Luxembourg. Il lance ses dragons contre les Anglo-Hollandais, tandis que son infanterie ouvre sur eux un feu terrible. Guillaume comprend enfin que l'occasion de vaincre lui est arrachée cette fois encore, et il donne en frémissant de rage le signal de la retraite, laissant 18,000 des siens sur le champ de bataille et 1,200 ou 1,500 prisonniers entre nos mains, La lutte avait été si terrible, si acharnée, que les Français avaient perdu eux-mêmes près de 7,000 hommes.

Celte brillante victoire souleva à la cour, de même qu'à Paris et dans toutes les provinces, un incroyable enthousiasme. En quelques jours, toutes les modes furent à la Steinkerque. Les hommes portaient alors des cravates de dentelle dont ['arrangement prenait-beaucoup de temps et exigeait un goût, raffiné, car l'art de mettre sa cravate a toujours joui en France de la plus haute importance ; la mode fut retournée, et, en souvenir de ce que les princes, forcés de s'habiller précipitamment pour la bataille, avaient noué négligemment leur cravate autour du cou, on ne porta plus, et les femmes elles-mêmes, que des ornements ajustés sur ce modèle. On les appela des steinlcerques. Tout soldat qui avait assisté à cette bataille se voyait dans les rues l'objet d'une véritable curiosité, et les princes ne pouvaient plus sortir sans qu'on s'attroupât sur leur passage.

STE1NKOPF (Jean-Frédéric), peintre allemand, né à Oppenheim en 1737, mort à Stuttgard en 1825. 11 commença par éire peintre sur porcelaine à Fraukeiiihai et à Ludwigsburg. 11 vint ensuite à Stuttgard et cultiva la peinture à l'huile. En 1801, il fut nommé peintre du prince Frédéric, qui devint ensuite roi. Steinkopf a peint presque exclusivement des animaux, surtout des chevaux.

STEINKOPF (Gottlob-Frédèric), peintre de paysage, ne à Stuttgard en 1779, mort dans la même ville le 20 mai 1860. 11 alla passer quelques unnées à Rome, où il peignit des tableaux historiques, puis quelques années à Vienne et se dxa, en 1831, h Stuttgard, où il devint professeur à l'Académie. Il a peint surtout des paysages.

STEINLA (Maurice Muller, dit), graveur allemand, né à Steinla (Hanovre) en 1791, mort à Berlin vers 1865. C'est un des graveurs les plus éminems de l'école moderne en Allemagne, et il jouit k Paris même d'une notoriété sérieuse. U se lit d'abord connaître par quelques planches au trait, au sortir de ses premières études à l'Académie de Dresde. Eu 1815, il put faire le voyage d'Italie, et, après avoir visité tour à tour les grandes villes, celles du moins qui gardent les chefsd'œuvre les plus précieux, il alla se lixer à Florence, où il reçut les conseils de Loiighi et de Morghen. U y demeura près de vingt ans et consacra presque la moitié de sa carrière à graver une partie des innombrables dessins qu'il avait ébauchés un peu partout, les années précédentes. Steinla travaillait lentement, d'un burin sobre, prudent et réfléchi. C'est pour cela que sou œuvre n'est pus considérable; mais le petit nombre de planches qu'il a terminées ont une grande valeur artistique. Sa première gravure fut le Christ du Titien, cette sombre et merveilleuse" épopée du grand poète et du grand coloriste. Titien offre aux graveurs de grandes diftieuliés. Si l'on ne cherche dans sa peinture que les silhouettes précisas, l'accentuation du modelé, la division de la lumière et de l'ombre, on les trouve aisément; mais la traduction de l'ampleur magistrale de sa forme puissante, l'indication précise de ses demi-teintes magiques, se dégradant en ombres transparentes, et l'étonnante variété de sa coloration sont presque impossibles à reu-

STEI

dre. Steinla en est cependant venu a tout, et cette gravure lui valut une notoriété qui ne s'est pas amoindrie depuis lors. Rentré à Dresde vers 1837, il acheva le Massacre des innocents de Raphaël , gravure excellente qu'il avait préparée à Klorence d'après les dessins de son séjour à Rome. Cette épreuve jouit également, d'ailleurs, d'une réputation méritée. L'artiste fut nommé professeur de gravure k l'Académie royale. Déjà à cette époque (1839), son nom était connu en France, quoiqu'il n'y eût pas encore exposé'. 11 envoya au Salon de 1842 la Vierge d'Holbein de la galerie de Dresde, gravure qui montra une face nouvelle de son talent. Il essaya de fondre dans cette œuvre la roideur allemande avec le moelleux des maîtres actuels de la gravure française. U obtinl à ce Salon une 30 médaille. Ses œuvres suivantes: la Vierge de Saint-Sixte, de Raphaël; la Vierge au poisson, du même maître, qui parurent a l'Exposition de 1855, obtinrent une 2" médaille.

STEINLE (Jean-Edouard) , peintre allemand, né à Vienne en 1810. Après avoir achevé h l'Académie ses études, il alla passer quelque temps à Rome, dans l'atelier de Cornélius, vers 1835. Mais les leçons de ce maître, les enseignements des chefs-d'œuvre de la Renaissance firent peu d'impression sur son esprit. Son tempérament contemplatif et mystique l'attirait davantage vers l'étude des vieux maîtres allemands. Dans ce culte du passé, M. Steinle est même allé plus loin qu'aucun autre. Ses œuvres sont essentiellement archaïques et reculent jusqu'à Giotto et jusqu'à Fra Giovanni; l'artiste n'y a pas moins déployé toutes les qualités d'un talent véritable. De retour à Vienne, il exposa en 1839 l'une de ses imitations les plus réussies, ta Lutte de Jacob avec l'ange, œuvre de longue haleine et de profonde érudition, qui fut très-adinirée en Allemagne. En 1841, une Madone et Jeunne Darc à cheval valurent à l'auteur un beau succès. Dès ce moment, les travaux lui vinrent en foule, avec les récompenses les pius flatteuses et les plus enviées. Parmi les productions qui datent de cette époque, il faut citer principalement les fresques du château de Reineck et les décorations de la cathédrale de Cologne, terminées vers 1814. Le Jugement de Satomon, qui corjvre l'une des parois de la salle impérialo de Francfort, a été gravé (1846), et il est aussi connu en France qu'en Allemagne. Cette création importante, très-êtudiée comme détail et d'un archaïsme prodigieux, valut à l'artiste d'être appelé à l'institut de Vienne en qualité de professeur do peinture historique. On connaît aussi de M. Jean Steinle de nombreux portraits et des dessins gravés par lui-même et lithographies en France. En 1855, il envoya à Paris deux ou trois de ses meilleures peintures, que l'on aurait pu prendre pour des panneaux retrouvés du x.vs siècle. Ils durent k ce caractère étrange de n'être pas remarqués autant qu'ils le méritaient.

STEINMANN1TE s. f. (stain-ma-ni-te — de Steinmann, nom d'homme). Miner. Sulfure de plomb antiraonifère naturel, ainsi appelé par Zippe, en l'honneur d'un minéralogiste de ses amis.

— Encycl. La steinmannite est une substance d'un gris de plomb qu'on trouve, avec la galène, aans les filons de Pzibram, en Bohème. Elle se présente en cristaux ootaédriques et cubo-octaédriques, avec des clivages cubiques. On ne connaît pas encore sa composition exacte. Zippe la considère comme une combinaison particulière de sulfure de plomb et de sulfure d'antimoine; mais d'autres savants la regardent comme une simple variété de galène, mêlée d'une petite quantité d'antimoine.

STEINMBTZ (Charles-Frédéric de), général prussien, né en 1796. Elevé successivement aux écoles des cadets de Culm , de Stolp et de Berlin, il entra en 1813 au service militaire, fit les campagnes de 1813 k 1815, suivit, de 1820 à 1823, ies cours de l'école générale militaire, travailla, de 1825 à 1827, dans le bureau topographique et commanda, à partir de 1841, un bataillon du régiment de réserve de la garde, avec lequel il prit part en 1848 à la lutte dans les rues de Berlin. Au début de la guerre de Danemark, il combattit à Slesvig et à Duppel, devint commandant de place à Brandebourg lorsque l'assemblée nationale fut transférée dans cette ville, et fut chargé, en 1849, de désarmer un régiment de la laudwehr de Berlin, qui, à cause des excès sans nombre qu'il avait commis, avait été rappelé du Rhin dans la Marche de Brandebourg. Investi en 1850 du commandement de Uassel, il empêcha que l'on n'enlevât le trésor public et les armes de cette ville, fut nommé l'année suivante commandant du corps des cadets de Berlin et devint, eu 1854, commandant de Magdebourg, puis, en novembre 1857, dé la ire division militaire à Kcenigsberg. En 1866, il était général commandant du 5e corps d'armée de Posen, composé de Polonais et de Silesiens, et à la tète duquel il marcha contre les Autrichiens. Pendant trois jours consécutifs, Je 27 juin au combat de Nachod,le 28 k SUalitz et le 29 à Sohweinsehœdel , il battit trois corps d'armée ennemis ; mais, le 30, il se rencontra de nouveau à Gradlitz avec l'ennemi.

STEI

Qui était posté derrière l'Elbe, et, à la suite d'une vigoureuse canonnade, il fut forcé de

Îiuitter ses positions. Le jour de la bataille de tœniggiœtz (SadowuJ, il se mit en murehe à sept heures du matin, sur l'ordre du général en chef; mais, quoiqu'il n'eût fait aucune halte, Surtout en entendant le fracas incessant des canons qui retentissait à plusieurs lieues dt champ de bataille, il n'arriva que lorsque les Autrichiens étaient déjà en pleine déroute. En récompense de ses services, i) reçut du roi de Prusse l'ordre de l'Aigle noir et une dotation importante. En 1867, il fut élu membre de la diète constituante, puis de la première diète régulière de la Confédération germanique du Nord. Lorsque, au mois de juillet 1870, la guerre fut déclarée entre la France et la Prusse, le général Steinmetz reçut le commandement en chef de la première année. Le 6 août, il battit le général Frossard à Forbach et marcha sur Metz, où se concentrait une partie du corps d'armée français. Le 14 août, il attaqua à Borny notre iirinée en marche sur Verdun, perdit 5,000 hommes, mais parvint à arrêter le mouvement. Le 10 août, il livra la terrible bataille de Gravelotte, à la suite de laquelle le maréchal Bazaine se retira dans le camp retranché de Metz. Dans cette grande lutte, le général Steitiraetz montra cette ardeur belliqueuse qui le poussait toujours en avant, au risque de déranger les plans savamment combines par l'état-major général. Une partie de son armée ayant été envoyée dans le Nord, il resta devant Metz, mais reçut l'ordre de combiner ses mouvements avec le prince Frédéric-Charles,commandantde la deuxième armée, et se trouva subordonné à ce dernier, chargé de commander en chef les armées qui bloquaient Metz. Steinmetz n'accepta cette situation qu'avec répugnance, et, à la suite de quelques difficultés survenues entre lui et le prince Frédéric-Charles, ii demanda à être relevé de son commandement (B septembre). Le 12 du même mois, il fut nommé gouverneur général à Posen et retourna en Prusse le 16 septembre. En 1871, lorsque le roi de Prusse, devenu empereur d'Allemagne, donna des récompenses aux généraux qui avaient le plus contr.bué aux succès de la guerre, le général de Steinmetz fut créé feid-maréchal.

STE1.\SC11.\EJDEH (Maurice), savant hébraîsant allemand, né à Prossnitz, en Moravie, en 1816. Apres avoir étudié à Prague, de 1832 à 1836, la philosophie, la philologie et la pédagogie, il 30 rendit à Vienne , où il suivit ies cours de Kaerle sur les langues arabe et syriaque et sur l'exégèse biblique; mais la liaison qu'il contracta dans celte ville avec Muniiheimer et Dukes l'amena bientôt à se consacrer presque exclusivement à l'étude de la théologie et de la littérature hébraïques proprement dites. Apres avoir complété ses connaissances en langue arabe à Leipzig, sous la direction de Flcischer, puis à Berlin, sous celle des meilleurs professeurs de cette université, il devint, en 1842, professeur à une école supérieure déjeunes filles à Prague. Depuis 1859, il est professeur à l'institut juif de Veitei-lleine-Epliraïm, à Berlin. Steinschneider est l'un des hommes les plus versés, a notre époque, dans la connaissance de la littérature hébraïque' ancienne et moderne, et parmi ses nombreux travaux, ceux qu'il a écrits sur ce sujet jouissent d'une grande estime, non-seulement parmi ses coreligionnaires, mais encore parmi les théologiens des différentes confessions chrétiennes. Tels sont principalement Son Cataloyus librorum hebrseorum in bibliolheca lioUlejana (Berlin, 1852-1860) et son Conspectus cotlicttm manuscrip(oruin hebrnkorum in bibliotheca Bodtejana (Berlin, 1857). Citons encore, parmi ses écrits Un uièine genre : le Manuel ùiblioyrupldque sur la littérature de la langue hébraïque (Leipzig, 1859); le journal intitulé Bibliographie hèbrulgue (Berlin, 1858-1867), eil'ariieleUTTEBATURii hébraïque, dans l'/s'ucyc/u/Jédi'euni'uerseitsd'ErscbeiGruber (Leipzig, 1850, vol. XXVII, section 11), qui est le premier et jusqu'à présent le seul essai d'un labieau historique complet de cette littérature et qui a été traduit eu anglais (Londres, 1857) par Spottiswoode. Parmi ses autres travaux, il faut encore mentionner : les Eléments philologiques étrangers dans l'hébreu moderne (Berlin, 1845); Al fin mi (Berlin, 1847) et Jteshith Hallimud (Uerlin, 18cii), manuel élémentaire de la langue hebiaïque, rédigé d'après un nouveau système. U a, on outre, fourni de nombreux, artio es, notamment sur les mathématiciens, ies astronomes et les médecins juifs, à l'Ot ient et à presque tous les autres recueils publiés eu hébreu, ainsi qu'aa Serapeum, au Journal de la Société orientale allemande, etc.

STEINTHAL (Heymann), philologue allemand, né dans le Unche U'Anhall en 1823. Il étudia k Berlin la philosophie, la philologie générale et la mythologie, vint eu 1852 à Paris et y consacra trois années à l'étude de la langue et de la littérature chinoises. En 1863, il a été nommé professeur extraordinaire à l'université de Berlin. Les travaux de M. Steiuthal, qui a adopté la rauihode philosophique de philologie crêèo par G. de Uumboldt, n'ont pas seulement hâte les progrès du la philologie générale, mais ils ont encore éminemment contribué à rendre les résultats obtenus par cette science apjplica-

Mes à l'étude particulière des autres langues. : On cite, comme ses ouvrages les pins remar- ' qtiables : YOrigine de la langue, en rapport avec 1er demièi-e* questions de toute science (Berlin, 1851 ; 1858^ 2« édit.) ; Classification des langues (Berlin, 1850; 1860, 2e édit.), ouvrage qui est l'une des meilleures productions de la philologie contemporaine; le Développement de i'écriture (Berlin, 1852); la Grammaire, la logique, la psychologie, leurs principes et leurs rapports entre elles (Berlin, 1 855) ; Histoire de la philologie chez les Grecs (Berlin, 1863); les Langues des nèyres Mandes, étudiées au point de vue psychologique et phonétique (Berlin, 1867). On lui doit encore : De pronnmine relativo (Berlin, 1847) ; la Philologie de G. de Bumboldt et la philosophie de H»gel (Berlin. 18-*8) ; Discours en commémoration de G, de Bumboldt (Berlin (1867), ainsi qu'un grand nombre de dissertations, qui ont été insérées, la plupart, dans le Journal pour la psychologie des peuples et la philologie (Berlin, 1861 et suiv.).

STEIRA s. m. (sté-ra — du gr. steira, carène). Entom. Genre d'insectes coléoptères hétHi'omères, de la famille des mélasomes, tribu des eurychorides, dont l'espèce type habite l'Afrique australe.

— Moll. Genre de mollusques ptéropoSes, du groupe des hyales.

STEIRACTIS s. m. (sté-ra-ktiss — du gr. steira, carène ; aktis , rayon). Bot. Genre d'arbrisseaux, de la famille des composées, tribu des astérées, dont l'espèce type croît k la Nouvelle-Zélande.

STEIRASTOME s, m. (sté-ra-sto-me — du gr. steira, carène; stoma, bouche). Entom. Genre d'insectes coléoptères tétrainères, de la famille des longicornes, tribu des lamiaires, comprenant sept espèces, qui habitent l'Amérique du Sud.

STEIROD1SQUE s. m. (sté-ro-di-ske — du gr. steiros, stérile, et de disque). Bot. Genre de plantes, de la famille des composées, tribu des sênèeionées, formé aux dépens des cinéraires, et dont l'espèce type croît au Cap de Bonne-Espérance.

STEIRODON s. m. (sté-ro-don — du grsteira, carène ; odous, dent). Entom. Genre d'insectes orthoptères, de la famille des locus'tiens, dont l'espèce type habite la Guyane: Les stérodons se distinguent par le prothorax, offrant de chaque côté une carène plus ou moins denliculée. (Blanchard.)

STEIROGLOSSE s. f. (sté-ro-glo-se — du gr. steiros, stérile ; glôssa, langue). Bot. Genre de plantes, de la famille des composées, tribu des sénécionées, comprenant des espèces qui croissent en Australie.

STEIROLÉPIDE adj. (stc-ro-lé-pi-de — rad. steirolépis). Erpét.. Qui ressemble ou qui se rapporte au steirolépis.

— s. m. pi. Groupe de reptiles sauriens, de la division des stellions, ayant pour type le genre steirolépis.

STEIROLÉPIS s. m. (sté-ro-lé-piss — du gr. steira, carène; lepis, écaille). Erpét. Genre de reptiles sauriens, formé aux dépens des stellions, type du groupe des steirolépides.

STEIRONÈME s. m. ( sté-ro-nè-me — du gr. sleiro:, stérile; nêma, filet). Bot. Genre de plantes, de la famille des primulacées, qui doit être réuni aux lysimaques.

STEIRONOTE s. m. (sté-ro-no-te — du gr. steira, carène ; nàtos, dos). Erpét. Genre de reptiles sauriens, formé aux dépens des stellions.

STEIROPHIS s. m. (sté-ro-fiss — du gr.

steira, carène; ophis, serpent). Erpét. Genre de reptiles ophidiens, formé aux dépens des couleuvres.

STEIROSE s. f. (sté-ro-ze — du gr. steiros, stérile, qui est de la même famille que Wereos.sterros, solide, dur ; latin stei'ilis, stérile ; moyen haut allemand star, roide; gothique stairo, stérile; lithuanien styru, engourdi, roide ; sloras, solide ; sterva, cadavre ; sanscrit sihiras, solide, dur ; stari, vache stérile, toutes formes qui se rattachent probablement k la racine sanscrite s/Ad, rester debout), Pathol. Stérilité de l'homme ou de la femme.

STEKAN s. m. (sté-kan). Métrol. Nom d'une mesure de capacité usitée en Hollande, et qui vauU^'M*» pour le vin, lSii^TSS pour l'eau-de-vie, 19"t,656 pour la bière.

STEKENE, bourg de Belgique, province de la Flandre orientale, à 22 kiiom. N. de Termonde; 5,019 hab. Fabrication de poteries, tuiles et briques, chandelles ; raffinerie de sel; blanchisserie de toiles.

STELAGE s. m. (ste-la-je). Ane. coût. Impôt sur chaque setier de grain. Il Droit que l'on percevait sur le sel, dans la principauté, de Bouillon.

STELAGIER s. m. (ste-la-jié — rad. stelage). Ane. coût. Collecteur du stelage.

STÉLEs. f. (stè-le — duge. stélé, colonne, qui représente exactement le gothique stuls, le lithuanien stalas et le sanscrit sthali, appui ; de la racine slhal, se tenir fortement, qui est alliée à la grande racine sthâ, rester debout, se tenir). Archit. Monument monolithe, formé d'une pierre placée debout et affectant une forme quelconque : Les plus anciens tombeaux

STÊL

*e composaient d'un tumulus entouré d'un mur et surmonté d'une stèle portant le nom du défunt. (Batissier.)

Immobile sur son pied grêle.

L'ibis, le bec dans son jabol, Déchiffre au bout de quelque stèle Le cartouche sacré de Thot.

Tu. Gautier.

Il Sorte de colonne brisée ou de cippe, destiné à porter une inscription.

— Antiq. Poteau auquel on exposait certains condamnés, dans quelques villes de la Grèce.

— Encycl. Dans les temps les plus anciens, les stèles, comme les cippes et les colonnes, servaient de fastes historiques. On y gravait les événements mémorables, le texte des lois et décrets. Les musées conservent beaucoup de stèles égyptiennes de forme rectangulaire, gravées sur les quatre faces. Ce sont, en général, des monuments fort précieux par la teneur de leurs inscriptions. En Egypte, les inscriptions s'appliquaient à toutes sortes de sujets. Les stèles sont cependant consacrées d'ordinaire à la mémoire d'un parent défunt. Elles font pénétrer dans l'histoire des familles et en énumérent les membres. La formule qui y accompagne les ligures, dit M. de Rougé dans sa Notiee, est ordinairement une prière adressée à Osiris, le dieu des morts. Ces prières se développent quelquefois de manière à présenter un intérêt littéraire. Si je personnage a exercé quelque charge de l'Etat, la stèle fournit d'intéressants renseignements historiques. Le sommet des stèles est presque toujours occupé par le disque ailé, ce symbole du soleil, considéré connue la divinité suprême. Dans sa course céleste dirigée d'orienten occident, l'astre est soutenu par deux ailes, dont l'une désigne le ciel du nord, l'autre le ciel du midi. Cette orientation est souvent reproduite par les deux chacals qui portent les noms de guides des chemins célestes du nord et du midi. Les autres symboles qui complètent ordinairement cette scène sont l'anneau, symbole de l'orbite solaire ei des périodes du temps; l'eau ou iether céleste, sur lequel étaient censés voguer tous les astres, et le vase, symbole de l'étendue. Les figures gravées dans les champs des stèles sont ordinairement distribuées en plusieurs étages ou registres ; le chef de la famille, un pèro ou un aïeul défunt reçoivent dans le premier les hommages du dédioateur, qui figure à son tour dans les registres inférieurs avec ses enfants et le reste de sa famille, même avec ses principaux serviteurs. Les stèles présentent aussi des actes d'hommage ou d'adoration adressés aux dieux.

Quelques exemples feront juger de l'intérêt qui peut s'attacher ù. l'examen de ces tables gravées. Une des stèles du musée du Louvre fut dédiée à un roi nommé Aï, qui fut ensuite traité en usurpateur. Aussi ses noms sont-ils martelés sur la stète. Ces exemples de radia- tion des noms et des emblèmes royaux et religieux sur les monuments en Egypte ne sont pas rares. Une autre il èle martelée avec soin a cependant permis de reconnaître le nom de Pianchi, qui régna un moment à Thèbes.

L'inscription fait l'éloge de la princesse Montartis, sa fille, qui lui dédie la stèle, et offre un modèle du style imagé des Egyptiens : « Elle a la palme de l'amour entre les hommes et les femmes. Le noir de ses cheveux est le noir de la nuit. » Une stèle très-intéressante représente l'investiture d'un collier d'honneur, accordée par le roi Séti I*r au poète Harmon. Ce personnage lève les bras en signe de joie, tandis que les serviteurs lui attachent les grands colliers d'anneaux d'or qui viennent de lui être conférés. Le roi assiste à la cérémonie du haut d'une espèce de balcon. Les légendes gravées contiennent l'ordre prononcé par le souverain et les remercîments du fonctionnaire. La plupart des stèles sont en pierre calcaire, en granit rose ou noir. Le sêrapéum de MemphU en a fourni une grande quantité au musée du Louvre,

STÉLÉCHITB s. f. (sté-lé-ki-te — du gr. stelechos, souche; du radical qui est dans stallô, steltà, établir, fixer, radical qui apparaît dans l'ancien allemand stellan,staljan, placer, établir, et qui est évidemment la racine sanscrite sthal, se tenir fortement; causatif sthalay, faire tenir). Ane. miner. Incrustation calcaire autour d'une racine.

STÊLÉCHOSPERME s. m. (sté-lé-ko-spèrm« — du gr. stelechos , souche; sperma, graine). Bot. Genre d'arbres, de la famille Ues clusiacées, tribu des caryophyllées, dont l'espèce type croit en Coehinchine.

STÉLIDE s. f. (sté-li-de — du gr. stèle, colonne). Entom. Genre d'insectes hyménoptères, de la famille des apiens ou mellifères, tribu des philérémites, comprenant un petit nombre d espèces , dont le type est assez commun en France : Les Stéliijks se reconnaissent surtout à leurs palpes maxillaires. (Blanchard.)

— Bot. Genre de plantes, de la famille des orchidées, tribu des malaxidées, comprenant plusieurs espèces, qui croissent sur les arbres, dans l'Amérique tropicale.

STÉLIDOTE s. m. (sté-li-do-te). Entom.

Genre d'insectes coléoptères pentumères, de la famille des clavicornes, tribu des nitidu-

laires, comprenant sept espèces, qui vivent en Amérique et à Madagascar.

STÉLION s. m. (sté-li-on). Erpét. Syn. de

Page 1