‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 14Chapitre 673 sur 1059 · STEL.LION · texte numérisé non relu

STEL.LION

STELLA s. f. (stèl-la — mot lat. qui signif. étoile). Moll. Genre non adopté de mollusques gastéropodes pectinibrancb.es, formé aux dépens des turbos.

— Echin. Ancien genre d'échinodermes, du groupe des stetlérides, dont les espèces sont aujourd'hui réparties entre les genres astérie et ophiure.

STELLA, bourg du royaume d'Italie, province de Gênes, district de Savone, mandement de Varazze; 5,378 hab.

STELLA (Aruntius ou Laruntius), poète latin, issu d!une famille consulaire, né à Padoue. Il vivait sous Titus et sous Domitien, en même temps que Martial et Stace, ses amis. Il a écrit un poème élëgiaque intitulé : Astéris, en l'honneur d'une jeune Napolitaine nommée Violantilla, dont il était amoureux ; des élégies, dont l'une, intitulée la Colombe, ■ était préférée par Martial au Moineau de Catulle, et des poésies en l'honneurde Domitien. Aucune des productions de Stella n'est parvenue jusqu'à nous. Stace a dédié à ce poëte le premier livre de ses Syloes, dont la seconde pièce est intitulée : Epithalamion Stel/x et Violantillie.

STELLA (François), peintre flamand, né à Malines en 1563, mort à Lyon en 1605. Il était fils du peintre Jean vau den Star (de l'Etoile), né à Anvers en 1525 et qui, après avoir habité Malines, se rendit à Paris, où il mourut en 1601. François partit fort jeune pour Rome, y étudia la peinture et changea alors son nom de Star en Stella. En quittant cette ville, il se rendit à Lyon, où il se maria et s'établit. Il enrichit cette cité d'un assez grand nombre de tableaux et de fresques remarquables. Il peignit notamment un Christ au tombeau pour l'église Saint-Jean, une Descente de croix aux Célestius, les Sept sacrements aux Cordeliecs, une Vierge, Saint Sébastien, Saint Roch, Saint Antoine, Saint François de Paule, à l'église des Minimes, etc.

STELLA (Jacques), peintre, fih du précédent, né à Lyon en 1596, mort à Paris en 1657. Il reçut les premières leçons de son père, qu'il perdit n'ayant encore que neuf ans. Il continua à s'adonner avec ardeur à la peinture et alla, en 1616, achever sou instruction artistique en Italie. Après avoir passé sept ans à Florence, où le grand-duc Cosme II lui fit exécuter de nombreux travaux, ^1 se rendit à Rome (1623), y trouva Poussin, qui lui donna des conseils, et, plein d'admiration pour le talent de ce maître, il adopta sa manière. Pendant son séjour à Rome, il exécuta un assez grand nombre de tableaux et de dessins et se fit une assez grande réputation. Stella était sur le point de partir pour l'Espagne, où t'appelait Philippe IV, lorsque, sur une fausse accusation, il fut jeté en prison. Pendant sa captivité, il dessina au charbon, sur le mur de sa chambre, une fort belle Vierge avec l'Enfant Jésus, qui excita une vive admiration et qu'une foule de personnes allèrent visiter. Ses accusateurs, ayant été convaincus d'imposture , fuient fouettés en public, et Stella recouvra la liberté; mais, dégoûté du séjour de Rome, il partit pour la France, traversa Milan, où il refusa l'offre que lui fit le cardinal Albornos de diriger l'Académie de peinture, et arriva à Paris avec des lettres de recommandation du duc de Créqui, ambassadeur à Rome. Le cardinal de Richelieu lui fit l'accueil le plus bienveillant, le nomma peintre du roi avec logement au Louvre, et lui accorda une pension de l,ono livres, ainsi que le cordon de Saint-Michel (1645). Travailleur infatigable, Stella exécuta un grand nombre de tableaux pour la reine, pour le cardinal, pour les églises de Paris, fit le portrait du dauphin, depuis Louis XIV, peignit la chapelle du Palais- Royal, composa un grand nombre de dessins à la plume et grava a l'eau-forte plusieurs de ses compositions. Les productions de ce peintre sont correctement dessinées, peintes avec finesse, d'un coloris un peu rouge et d'une extrême froideur. Imitateur du Poussin, il manqua d'originalité et fut au-dessous de sa réputation. On cite parmi ses tableaux: I'Ahnonciation, au dôme de l'Assomption ; Jésus disputant avec les docteurs, pour le Noviciat, des jésuites; la Samaritaine et le Miracle des cinq pains, pour les Carmélites du faubourg du Temple ; le Baptême de Jésus-Christ, dans l'église Saint-Gervais ; Jésus recevant ta Vierge dans le ciel et Miueroe visitant les Muses, au musée du Louvre ; Plaisirs champêtres et des arts, série de 16 petits tableaux; la Passion de Jésus-Christ, en 32 tableaux, etc. Parmi ses estampes, on estime surtout celle qui représente Jésus-Christ descendu de la croix. — Son frère, François Stella, né à Lyon en 1603, mort à Paris en 1647, s'adonna également à la peinture. 11 suivit eu Italie Jacques, qui lui avait donné des leçons, et se rendit en même temps que lui à Paris, où il se maria. François reçut, comme son frère aîné, le titre de peintre du roi, exécuta des peintures dans l'oratoire de la reine, à Saint- Germain, et lit quelques tableaux qui rappellent la manière de Jacques, mais avec inoins de talent.

STELLA (Claudine BOUZONNET-), femme

STEL

graveur, nièce du précédent, née a Lyon en 1636, morte à Paris en 1697. Elle commença à étudier sous la direction de Jacques Stella, son oncle, puis elle abandonna la peinture pour la gravure. Aucun homme, dit Watelet, n'a saisi comme Claudine Stella le véritable caractère du Poussin, et aucun graveur n'est parvenu comme elle k indiquer la couleur du maître. Parmi ses gravures, nous citerons : Moïse frappant le rocher, d'après le Poussin, son chef-d'œuvre; Jésus-Christ entre les deux larrons, dit le Grand calvaire, gravure également fort belle ; Moïse exposé sur les eaux ; le Mariage de sainte Catherine; Sainte Famille, saint Pierre et saint Jean, etc. Elle a gravé, d'après son oncle Jacques, une Suite de sujets rustiques et de jeux d'enfants, et une Suite de dix-sept pastorales. — Sa soeur, Françoise Bouzonnut-Stella, née à Lyon en 163S, morte à Paris en 1691, s'adonna également à la gravure et collabora à plusieurs des estampes de Claudine, dont elle était loin d'avoir le talent. On lui doit, d'après son oncle Jacques Stella, une suite de 76 planches d'ornements et une autre de 56 vases. — Une troisième sœur des précédentes, Antoinette Boozonnet-Stbll,a , née à Lyon en 1641, morte à Paris en 1676, étudia la peinture, puis la gravure, à laquelle elle s'adonna exclusivement. Cette artiste très-remarquable mourut prématurément des suites d'une chute. On cite d'elle ; Entrée de l'empereur Sigismond à Mantoue, d'après Jules Romain, et llonntlus et Jiémus allaites par une louve, d'après Antoine Stella.

STELLA (Antoine BOUZONNET-), peintre français, frère des précédentes, né à Lyon en 163", mort à Paris en 1682. Il était fils de Madeleine Stella, qui épousa à Lyon l'orfé-' vre Bouïonnet, et, de même que ses trois sœurs, il ajouta le nom de Stella à celui qu'il tenait de son père. Antoine fut élevé avec ses soeurs au Louvre, chez son oncle Jacques, qui lui apprit la peinture. De là il se rendit k Rome, où ii perfectionna sou talent et trouva Poussin, qui lui témoigna de l'intérêt et lui donna des conseils. De retour à Paris en 1664, il fut admis deux ans plus tard à l'Académie. Antoine Stella, qui peignait d'une façon correcte, mais Sans chaleur, exécuta un grand nombre de tableaux religieux pour les églises de Paris et pour les églises de Lyon. On lui doit aussi quelques gravures à l'eauforte, notamment Moïse défendant les filles de Jethro, d'après Poussin. Un de ses principaux tableaux, les Jeux Pytkiens, est au Louvie.

STELLA-PETRON1LLA (Maria), femme qui prétendait être la fille du uuc d'Orléans Philippe-Egalité. Elle passa dans sa jeunesse pour la fille d'un certain Chiappini, geôlier dans la petite ville de Modigliana. Elle épousa lord Newborough et, eu secondes noces, le baron de Sternberg. Ce fut alors que Chiappini, en mourant, lui révéla qu'elle n'était pas sa fille, mais celle d'un certain comte de joinville qui était de passage k Modigliana en 1772. Elle était, disait-il, née en même temps qu'un de ses fils k lui Chiappini, et le comte de Joinville l'avait fait Cuiisemir k l'échange des deux enfants. Malgré les conseils de Chiappini, Stella se mit a la recherche de son vrai père. Elle arriva à savoir que le duc d'Orléans, Philippe-Egalité, avait voyagé en Italie sous le nom de comte de Joinville; mais elle ne put réussir en France à se faire reconnaître comme la fille du duc. Elle fut plus heureuse en Italie et obtint un jugement du tribunal de Faenza qui établit positivement qu'elle n'était point la fille de Chiappini, mais celle du comte de Joinville. Elle a laissé des Mémoires qui ont eu plusieurs éditions (1829, lr» édit.).

Sielio, roman, par Louis Enault (1S62, în-lÊ). Un poète célèbre a dit: •Celles-là aiment bien qui aiment dans la crainte et le péché; • mais ces amours maudites ne sont pas les seules amours. Le drame des passions que racontent nos romans se joue aussi dans les cœurs purs; car la passion n'est pas moins grande parce qu'on lui résiste, au contraire : qui se contient s'accroît, c'est la règle éternelle. L'énergie qui lutte nous offre un plus noble spectacle que la faiblesse qui s'abandonne. C'est cette lutte à laquelle M. Enault nous fait assister. Belle, jeune, riche et veuve, Stella vient a Paris, et une nuée de soupirants la poursuit. Trois surtout ont quelque chance de triompher : l'Espagnol Ramon d'Oïina, pur Castillan , qui espère en cet amour pour guérir une plaie du cœur mal fermée ; M. de Maldive, jeune Français dont l'esprit, léger en apparence, sérieux au fond, a su découvrir quel trésor serait ouvert a, celui qui comprendrait Stella; Sergi, comte Iiuéi'ieff, un Russe pour qui la passion est chose sérieuse, et qui, en offrant son amour k Stella, lui offre sa vie.

La belle veuve n'est pas demeurée insensible ; l'attachement sincère et profond de Sergi a fait fondre sa froideur; elle aime, mais elle ne veut pas s'abandonner à son penchant dans la crainte de prendre un caprice pour une affection éternelle. Comme, entre deux personnes qui s'aiment, trop souvent un malentendu suffit pour élever une barrière en apparence infranchissable, Sergi part pour la guerre et Stella, incapable de vivre sans lui, confie k son père son chagrin. Tous deux se rendent k l'armée du Caucase. Elle retrouve son amant blessé, en proie au délire, incapable de la reconnaître. Au mo-

ment où elle était sur le point de succomber à sa douleur, le comte Imérieff recouvre la raison, revient promptement à la santé avec l'amour pour médecin, et s'unit à Stella.

La fable de ce roman est des plus simples, et cependant l'intérêt ne faiblit pas. L'analyse aes sentiments est savante, 1 étude poussée aussi loin que possible. Quant au style, il est pur, correct et élégant.

Stella, comédie ou drame de Gœthe (1791). Cette pièce appartient à la première manière du pofite, dont la conception est restée si flottante qu'il a donné à son œuvre deux dénoûmetits; suivant que le lecteur adopte l'un ou l'autre, Stella est une comédie trèsgaie ou un drame lugubre. C'est l'histoire u'un homme qui a deux femmes; la polygamie est un cas pendable, disent les avocats de M. de Pourceaugnae : Stella semble avoir été composée pour prouver le contraire. Il est probable que Gœthe avait en vue Sterne, plticé entre les deux femmes qui l'adoraient, Stella et Vunessa, et vivant en nais au milieu d'elles; in.iis il n'a pas voulu mettre en scène Sterne et l'a remplacé par un homme quelconque, Fernando. Ce Fernando est un homme marié que les circonstances ont éloigne de sa femme, et qu'une violente passion a fixé près d'une autre. Rien de plus simple ; cela se voit tous les jours. Bien que la chose ne soit pus en elle-même très-édifiatite, il y a plus d'un moyen de la rendre excusable, et la situation est assez forte pour devenir intéressante. Mais que ce mari laisse Cécile, sa femme, dans la misère avec une petite fille, sans aucune cause apparente d'antipathie; que su femme obtienne une place de dame de compagnie chez Stella, la maîtresse de sou mari , et qu'en présence de Fernando la seule question qui s'élève entre elles soit de savoir qui des deux l'aura, et que la seule solution qu'elles trouvent à cette difficulté soit d'en prendre chacune la moitié, voilà ce que réprouvent la morale et la raison de tout pays.

Tel est cependant le dénoûment de Stella comédie; mais Stella drame satisfera davantage les moralistes sévères : Fernando, ne pouvant supporter le dédoublement continuel qu'il est forcé de faire de sa personne, se briile la cerveLe. L'indécision du poëte, qui n'a pas su ou qui n'a pas voulu donner à son œuvre un dénoûment logique, issu des situations, car c'est n'en pas donner que d'en donner deux, dénote certainement un assez grand désordre d'idées ou un scepticisme absolu en morale.

STELLAGE s. m. (stèl-la-je). Féod. Droit qu'où percevait sur les grains qui se vendaient sous les halles aux foires et aux marchés.

STELLAIRE adj, (stèl-!è-re — latin slellaris, de Stella, étoile, qui est une contraction de sterula et appartient à la même famille que le védique star, étoile, sanscrit staru, persan sitar, kourde s/er, afghan $turir gothique s/ut'rtiô, anglo-saxon s/eorr<i,scanuitiave stiarua, ancien allemand sterno, etc., sans doute de ta racine star, répandre, soit parce que les étoiles répandent, sèment la lumière, soit parce qu'elles sont répandues, épurses dans la voûte du ciel. Kuhn, cependant, croit que ce nom de l'étoile est de la même famille que le lutin astrum, grec aster, ustron, zend açtar, persan âslar, propreuu-nt l'astre qui lance ses rayons comme des flèches, de la racine sanscrite us, jeter, d'où le sanscrit astra, flèche; mais cette conjecture est peu probable ; outre star, en effet, nous trouvons en sanscrit tara, étoile, constellation, météore, védique tar, grec teiros, constellation, qui appartient évidemment à la même famille que star, dont le s initial a pu facilement se perdre; mais si tara était le même mot que astar, il faudrait supposer que la racine entière a disparu pour ne laisser que Je suffixe, ce qui serait certainement fort extraordinaire), Astron. Qui a rapport aux étoiles : Lumière stellaire. Radiation stellaire. Astronomie stellaire. (Acad.)

— Qui a une forme rayonnée : Disposition STELLAIRE.

— Bot. Qui porte une sorte d'étoile au cen" tre de se» heurs.

— s. f. Echin. Genre d'échinodermes, aujourd'hui réuni aux astéries.

— Bot. Genre de plantes, de la famille des caryophyllées, tribu des alsinées, comprenant de nombreuses e-pèces, disséminées sur une grande partie du globe : L'une des plantes les plus vulgaires de nos contrées est la stullaire moyenne. (P. Duchartre.) La stellairk gramitiée est recherchée par les bestiaux. (Th. de Berneaud.)

— Encycl.Bot.Ce genre se compose d'herbes disséminées sur une grande portion de la surface de la terre; elles sont presque toujours diffuses, poussant à l'aventure, quelquefois grimpantes. Leurs feuilles sont opposées, tantôt pétiolées, tantôt sessiles. Les fleurs, qui sont disposées en cymes, présentent un calice à cinq sépales, une corolle de cinq pétales profondément b fides, dix étamines, un ovaire supérieur, surmonté de trois styles. Le fruit qui succède à ces fleurs est une capsule globuleuse, ovoïde ou oblongue, qui s'ouvre à maturité en un nombre de valves double de celui des styles. Parmi tout le genre, nous prendrons comme exemples les plan tes les plus connues: 1° la stellaire des bois, jolie espèce qui croît dans les bois ou sur les montagnes, telles

que les Vosges, les Alpes et celles de l'Auvergne; elle est facilement reconnaissante à ses feuilles inférieures, qui sont cordiformes et pétiolées, tandis que les supérieures sont lancéolées etsessiles; S" la stellaire holostée, ainsi nommée par antiphrase, car, dit Rabelais, « herbe n est, en nature, plus fragile et plus tendre ; » elle est extrêmement abondante au printemps dans les haies et dans les taillis, qu'elle orne de ses grandes fleurs blanches ; sa tige est grêle et allongée, très-cassante; c'est, sans contredit, une des plantes les plus vulgaires de nos contrées ; 3° la stellaire moyenne, très-connue sous le nom de morgeline ou mouron pour les petits oiseaux, dont on fait a Paris un véritable commerce. Cette plante abonde le long des chemins, des ruisseaux, dans les fossés et dans les lieux cultivés. Elle fleurit pendant la plus grande partie de l'année. V. morgkline.

STELLARIA s. m. (stèl-Ia-ri-a}. Ornith.

Syn. de stellérie.

— Echin. Bot. Syn. de stellaire.

STELLARINÉ, ÉE adj, (stèl-la-ri-né — rad.

stellaire). Bot. Qui ressemble ou qui se rapporte à la stellaire,

— s. f. pi. Section de la tribu des alsinées, famille des caryophyllées, ayant pour type le genre stellaire.

STELLASTRE s. m. (stèl-la-stre — du lat. Stella, éLoile, et de astre). Echin. Genre d'astérides, formé aux dépens des astéries.

STELLATURE s. f. (stél-la-tu-re — lat.

stellatura, même sens). Antiq. rom. Retenue faite par le tribun sur la paye du soldat.

STELLÉ, ÉE adj. (stèl-lé — du lat Stella, étoile), Hist. nat. Qui a la forme d'une étoile, tl Peu visité ; on dit étoile.

STELLER (Jean), jurisconsulte allemand peu connu du xviie siècle. 11 a publié une apologie de Ponce-Pilate, intitulée : Pilatus defensus, etc. (Dresde, 1G74 ou 1675, iti-4<>). Un auteur caché sous le pseudonyme de Maphanatus, et que Placcius prétend être Daniel Hartnaccius, a publié, en un seul volume, une réédition et une réfutation de cet ouvrage, sous ce titre : Dan. Mapkanati confutatiu dissertationis per quam sctindaloss Joh. Stetleri, etc. (Leipzig, 1C76, in-4»; deux éditions dans la même année).

STELLER ou-STOELLER (Georges-Guillaume) voyageur allemand, né à Wind heim, en Kranconie, eu 1709, mort près de Tumen, gouvernement de Tobolsk (Sibérie), en 1745. I) étudia la théologie, la botanique et la médecine à Halle, se fit recevoir médecin à Berlin et entra en cette qualité au service de la Russie pendant le siège de Dantzig. En 1734, il devint médecin particulier de l'évèquede Novgorod, Eu 1738, il entreprit un voyage d'exploration en Sibérie. 11 alla jusqu'au Kamtchatka et accompagna le commandeur Behring dans sa navigation au nord-ouest de l'Amérique. Steller fit naufrage avec ses compagnons eu revenant au Kamtchatka et passa trois années dans une lie déserte avant de pouvoir regagner la presqu'île. 11 revenait en Russie lorsqu'il reçut l'ordre de retourner en Sibérie ety mourut aussitôt après. Les circonstances exactes de sa mort sont inconnues. Sa Description du Kamtchatka a été publiée par J.-B. S. (Seherer) [Francfort et Leipzig, 1774, in-8<>, aveclig.]; sou récit de voyage il u Kamtchatka en Amérique a été inséré par Pallas dans les Nouveaux mémoires du Nord (Saint- Pétersbourg, 1793). Dans ce même recueil, on trouve (t. II) une description de l'île de Behring par Steiler. On a encore de Steller quelques mémoires scientifiques insérés dans les Novi comment. Academ. scient. Petropotit. — Augustin Steller, frère de ce voyageur, a publié une notice sur sa vie et ses voyages dans plusieurs recueils périodiques indiqués dans la Bibliolheca Bunaviana. Une autre vie de Georges-Guillaume Steller a été publiée en allemand à Francfort (1748, in-8°).

STELLÈRE s. m. (stèl-lè-ra — de Steller, natur. allem.). Matiim. Genre de mammifères cétacés, de la famille des herbivores, dont l'espèce type habite les mers boréales : Les habitants du Kamtchatka font la chasse aux STELlÈres. (E. Desmarest.)

— s. f. Bot. Genre de plantes, de la famille des thymélées, réuni aujourd'hui aux passerines, et dont l'espèce type croît en France, dans les champs sablonneux : La stellère est une plante de peu d'apparence. (F. Hœfer.)

U Genre de plantes, de la famille des gentianêes, formé aux dépens des swerties, et dont l'espèce type croît en Sibérie.

— Encycl. Mamm. Ce genre a pour caractères : pas de dents proprement dites, mais une plaque cornée de chaque côté des deux mâchoires, plaque attachée non par des racines, mais par une infinité de vaisseaux et de nerfs; tête ronde, confondue avec le cou et le corps; pas de défenses; bouche petite, placée uu-dessousdumuseau,etayant ses lèvres j doubles spongieuses, épaisses et très-gonflées, garnies à l'extérieur de soies blanches, recourbées, longues de 0°>,03 à om,04, formant des moustaches; mâchoire inférieure dépassant la supérieure; ouverture des narines placée vers l'extrémité du museau, ayant autant de largeur que de longueur ; yeux sans sourcils, mais ayant k leur grand angle une membrane cartilagineuse en forme de crête qui peut les recouvrir à volonté ; extrémités |

antérieures en forme de nageoires palmées; peau nue, excessivement épaisse, de nature fibreuse et noire; il y a deux mamelles pectorales; l'estomac est simple, les intestins sont très-longs; caecum énorme; côlon trèsvaste. La longueur totale de ce cétacé est d'environ 4 à 5 mètres; il pèse parfois jusqu'à 3,000 kilogrammes.

Les stellères habitent les mers qui baignent la presqu'île du Kamtchatka. On les trouve surtout en abondance dans les baies de la côte nord de l'Amérique et aux environs des lies Aléoutiennes. Othon Fabricius assure même avoir rencontré un crâne appartenant à un animal de cette espèce sur les côtes du Groenland. Ces animaux aiment les parties basses et sablonneuses des rivages , et surtout les embouchures des rivières, où ils sont attirés par la douceur de l'eau courante. Ils sont toujours en troupes, conduisant devant eux les petits et les individus non adultes; ils les environnent en arrière et sur les côtés et les laissent toujours au milieu du troupeau. A la marée haute, ils s'approchent tellement du rivage, qu'on peut non-seulement les frapper avec un bâton, mais encore leur toucher le dos avec la main. Ils ne produisent qu'un petit a la fois, elf Ja durée de la gestation est de près d'une année. Us sont sans cesse occupés à manger; leur avidité fait qu'ils ont toujours la tête sous l'eau, et leur propre sûreté les occupe si peu, que l'on peut, dit Steller, sur un bateau Ou à la nage, aller au milieu d'eux, choisir en toute sécurité et frapper celui qui convient le mieux. Quand ils paissent, toutes les quatre ou cinq minutes, ils sortent les nageoires hors de l'eau; ils en chassent l'air et un peu d'eiiu.avec un bruit semblable au hennissement du cheval. Tantôt ils nagent tranquillement, tantôt ils marchent, pour ainsi dire, au fond de l'eau et placent lentement un pied devant l'autre, comme le font en paissant les boeufs et les brebis. La moitié du corps de l'animal, c'est-à-dire le dos et les flancs, sont toujours hors de l'eau, et les mouettes ont coutume de s'y reposer pour se nourrir des insectes parasites qui sa trouvent dans l'épiderme.

Les stellères ne mangent pas indistinctement tous les fucus, mais semblent choisir certaines espèces, et recherchent les feuilles plutôt que les tiges ou les racines. Souvent, en hiver, ils sont suffoqués par les glaces qui flottent près des côtes et ils sont rejetas morts >ur le rivage. En hiver, ces animaux sont maigres au point qu'on leur voit l'épine dorsale et les cotes. La chasse de ces animaux se fait comme celle des lamantins, soit qu'on les capture au harpon, suit qu'on s'en empare pendant leur sommeil. Ces cétacés cherchent à se porter secours lorsqu'ils sont blessés. Le stellère est inuet; il ne fait entendre aucune voix; il souffle seulement avec force et pousse une espèce de Soupir lorsqu'il est b essé. La .peau de ces animaux est employée par les Américains pour faire des semelles et des ceintures. On assure que les Ti-haktschia se servent de cette peau pour faire des nacelles, en l'étendant au moyen de bâtons et en la façonnant, comme les Coréens font pour les peaux des grands phoques. La graisse sous-cutanée, qui est trèsépaisse, a une odeur et une saveur fort agréables. Elle peut se conserver longtemps et forme une très-grande ressource pour la nourriture et l'éclairage des peuples du Nord. La chair, qui fait la nourriture presque exclusive des peuplades du Kamtchatka, a besoin d'une cuisson prolongée, mais a une saveur tresagréable, assez semblable i\ celle du bœuf. La graisse des jeunes ressemble tellement au lard frais, que l'on s'y trompe facilement. Leur chair ne diffère pas de celle du veau; elle se ramollit par la cuisson et se gonfle tellement, qu'elle occupe un espace double de celui qu'elle avait auparavant.

STELLÉRIDE adj. (atèl-lé-ri-de — du lat. Stella, étoiie, et du gr. eidos, aspect). Echin. Qui ressemble ou qui se rapporte aux astéries ou étoiles de mer.

— s. f. pi. Ordre d'échinodermes, ayant pour type les astéries ou étoiles de mer : Les Stellerides se trouvent dans toutes les tnei^s, et généralement sur les rivages. (E. Baudement.)

— Encycl. Les stellerides sont caractérisées surtout par leur forme générale étoilée; le corps composé d'une partie centrale et ne rayons allongés et mobiles, ordinairement au nombre de cinq, tantôt simples, tantôt ramifiés; la bouche ordinairement placée au centre. Les échinodermes qui composent cet ordre se trouvent dans toutes les mers, et généralement sur les rivages; mais ils sont plus communs dans les mers des pays chauds. On connaît aussi un grand nombre d'espèces fossiles, répandues dans les divers terrains. Ce groupa se divise en deux familles, comprenant les genres suivants. I. Astérides : astérie, ccelasire, comptonie, goniastre, pleurastre, stellotiie, ophiure, ophiurelle, acroure, aspidure, euryale, tricastre. — II. Crinoïdes : comatule, cotnaturelle, comastre, ptéroeoine, saccosome, marsupite, éohinooriiie, sphéronite, caryocrine, rhodocrine, peutaerine, encrine, holope, etc.

STELLÉRIE s. f. (stèl-lé-rl — de Steller, natur. allem.). Ornith. Genre d'oiseaux palmipèdes, formé aux dépens des canards.

STEL

STELLÉR1NE b. f. (stèl-lè-ri-ne — du lat. Stella, étoile). Bot. Genre de plantes, de la famille des thymélées.

STELLIFÈRE adj. (stèl-H-fè-re — du lat, Stella, étoile; fero, je porte). Hist. nat. Qui porte des taches en forme d'étoiles.

STELLIFORME adj. (stèl-!i-for-mo — du lat. Stella, étoile, et de forme). Qui a la forma d'une étoile.

STELL1GÈRE adj. (stèl-li-jè-re — du lat. Stella, étoile; gero, je porte). Hist. nat. Qui a quelque partie disposée en rosace ou en étoile.

STELL1NERVÉ, ÉE adj. (stèl li-nèr-vè — du lat. Stella, étoile; nervus, nerf). But. Se dit des feuilles dont les nervures rayonnent du centre vers le bord.

STE1.L1M (Jacques), philosophe italien, né à Cividal-del-Friiili eu 1699, mort h Padoue en 1770. Il fit ses premières études dans l'ordre des Sotnasques et les termina à Udine. Il enseigna la rhétorique au collège des nobles à Venise, fut ensuite précepteur aes enfants de Jean Emo, noble Vénitien, et, à partir de 1739, professa la philosophie morale k l'université de Padoue. Il cultivait les sciences et les lettres, et surtout In philosophie. Son principal ouvrage est un Essai «tir l'origine et tes progrès des mœurs (eu latin), qui ne parut qu'après la mort de l'auteur, en 1778. On a encore de lui : De ortu et progressa murum atque opiniomtm ad mores pertinenlium (Padoue, 1764, in-8°), traduit eu italien par Louis Valeriani (Milan, 180G, in-8<>) et par Melchior Spada (Bussano, 1816, in-s°) ; Opéra vmnia (Padoue, 1778-1779,4 vol. in-4»); Opère varie (Padoue, 1783, 5 vol. in-S*1). Il a paru à Udine, en 1827, un recueil de ses œuvres chois.es (Opère scelle).

STELLIO, jeune enfant que Cérès changea en lézard. La déesse parcourait tome la terre à la recherche de sa fille Proserpine, enlevée par Pluton. C'est alors que, succombant de fatigue, épuisée de faim et de soif, elle alla frapper à la porte d'une vieille femme, nommée Batibo, qui lui présenta un breuvage composé d'un jus d'orge et de miel. Céres but avec tant d'avidité que Ste.lio , jeune espiègle témoin de cette scène? partit d'un grand éclat de rire. La déesse, indignée, lui hmça le re-te du breuvage, et Stelliose trouva aussitôt changé en lézard.

Les mythographes ne sont pas tous d'accord sur le nom de celte innocente victime de la bilieuse déesse; les uns l'appellent Ascalabe; d'autres Abas, fils de Méganire et d'Hippothoon; mais cela ne change rien au fond même de l'aventure.

STELLIOLA. (Nicolas-Antonio), physicien italien, né Nola en 1547, mort k Naples en 1623. Il étudia la médecine, occupa une cliuire à l'université de Naples et, tout en se livrant à l'enseignement, s'uccupa de sciences naturelles et d'architecture. On cite de lui : Theriaca et mithridatiu (Nu pies, 1577, iu-4u); Encictopedia Pitugorea (Naples, 1616, iti-4<>) ; Il telescopio (Nuples, 1627, in-4»).

STELLION s. in. (stàt-ii-on — du iat. stellio, menu sens; de Stella, étoile, parce que ce lézard a la peau tachetée). Krpet. Genre de reptiles Sauriens, type de la famille des stellionides , comprenant plusieurs espèces, répandues dans les régions chaudes des deux continents : Le STELLION du Levant se rencontre dans les ruines des vieux édifices. (E. Desmarest.) On prétend que la chair du stullios excite à la sueur et résiste au poison. (V. de Bomure.)

— s. m. pi, Syn. de stellionides.

— Encycl. La queue de ce lézard est communément assez courte et diminue de grosseur jusqu'à l'extrémité. Les écailles qui la recouvrent Sont aiguës et disposées par anneaux. D'autres écailles, petites et' pointues, revêtent le dessus et le dessous du corps, qui d'ailleurs est garni, ainsi que la tête, de tubercules aigus ou de piquants plus ou moins grands. Bien loin d'avoir une forme agréable, le steltion ressemble au crapaud, surtout par la tête, de même que le tapaye, avec lequel il a beaucoup de rapports et dont quelques auteurs lui ont donné le nom. Mais si ses proportions déplaisent, ses couleurs charment ordinairement la vue : il présente le pl'is souvent un agréable mélange de noir, de blanc, de gri^ et quelquefois de vert, dont ii est comme marbré. Il habite l'Afrique et il n'y est pas confiné dans les régions les plus chaudes, puisqu'on le trouve également au Cap da Bonne-Espérance et ea Egypte. On le rencontre aussi dans les contrées orientales et dans les îles de l'Archipel, ainsi qu'en Judée et en Syrie, où il parait, d'après Belon, qu'il devient très-grand. U est assez commun en Surdaigne, où ou le trouve dans Les maisons ; on l'y nomme tarentole, ainsi que dans plusieurs provinces d'Italie. Aluis c'est surtout aux environs du Nil que les niellions sont en grand nombre ; on en von beaucoup autour des pyramides et des anciens tombeaux qui subsistent encore en Egypie; ils s'y logent dans les intervalles que laissent les différents lits de pierres et ils s'y nourrissent de mouches et d'insectes ailes. « On dirait, dit Lacépède, que ces pyramides, ces éternels monuments de la puissance et de la vanité humaines, ont été destinées à présenter des objets extraordinaires en plus d'un genre ;

STEL

c'est, en effet, dans ces monuments que l'on /a recueillir avec soin les excréments du petit lézard dont nous nous occupons; les anciens, qui en faisaient usage ainsi que les Orientaux modernes, les nommaient crocodilea, apparemment parce qu'ils pensaient qu'ils venaient du crocodile, et peut-être ces excréments n'auraient pas été si recherchés si l'on avait su que l'animal qui les produit n'était ni le plus grand ni le plus petit des lézards, tant il e>t vrai que les extrêmes en imposent à ceux dont les regards ne peuvent pus embrasser la chaîne entière des objets. ■ Les modernes, mieux instruits, ont rapporté ces excréments au stellion, à un lézard qui n'a rien de très-remarquable ; mais déjà le sort de celle maiiëre abjecte était décidé et sa valeur vraie ou fausse était établie. Les Tur<-s en font une grande consommation ; ils s'en fardent le visage, et il faut que les stellions aient éié bien nombreux en Egypte, puisque pendant longtemps on trouvait presque partout en abondance cette matière, que l'on nommait aussi slercus lacerti.

STELLION AT s. m. (stèl-li-o-na — lat. Stellionatut; de stellio, petit lézard dont on fait le symbole de la fraude, à cause de sa peau tachetée). Jurispr. Délit que commet un homme en vendant un immeuble qui n'est pas U lui ou en déclarant faussement que le bien qu'il vend est franc de toute hypothèque : Etre aecusë de steluonat. Commettre un

STELLIONAT. (Acad.)

— Encycl. Le mot stellionat n'avait pas, en droit romain, une signification nettement définie. Il désignait différentes fraudes commises dans les contrais; ces fraudes ou manœuvres dolosives étaient qualifiées de stellionat quand on n'avait pas sous la main une autre expression pour les désigner; en un mot, quand elles n'avaient pas un caractère et un nom propres et qu'elles n'avaient été prévues par aucune loi particulière. Mais ce mot a pris dans le droit actuel une acception parfaitement limitée et beaucoup plus restreinte. Le code civil prévoit seulement deux eus distincis de stellionnt. Dans son article 2059, il dunne ce nom à la fraude commise par un individu qui vend un immeuble qu'il sait ne pus lui appartenir et dont néanmoins il se déclare piopriétaire dans le contrat de vente. Le même article qualifie aussi de stellionat le fait de l'individu qui affecte par hypothèque) un immeuble grevé d'hypothèques antérieures et qui déclare faussement que cet immeuble est franc et libre de toute charge hypothécaire ou privilégiée, ou qui encore ne déclare que des charges hypothécaires moindres que celles dont le fonds est en réalité grevé. L'article 2136 du même code prévoit, un autre cas de stellionat : c'est le fait d'un mari ou d'un tuteur qui n'a pas fait inscrire sur ses biens l'hypothèque légale de sa femme ou de son pupille et qui, en outre, vend l'immeuble grève ou hypothéqué à un nouveau créancier sans déchirer expressément l'existence de l'hypothèque occulte à laquelle le fonds est déjà affecté.

On voit tout de suite la différence caractéristique de ces deux genres de stellionat. Dans le premier, prévu par l'article 2059, le délit civil de stellionat n'existe qu'autant qu'il y a eu une iléolaration mensongère de propriété ou de franchise de l'immeuble et que cette déclaration a été faite en termes exprès. Dans le cas de l'article £136, au contraire, il y a stellionat par le simple effet de la réticence, du silence gardé sur l'existence de l'hypothèque légale non inscrite. La peine du stellionat consiste à rendre la personne qui l'a commis passible de la contrainte par corps, soit pour le montant des reparaiions ou dommages-intérêts qu'elle sera condamnée à payer, soit pour la dette même à raison de laquelle elle a donné à son créancier une hypothèque illusoire, et cela alors même que la nature de cette dette ne comporterait pas de soi la voie rigoureuse de l'exécution par contrainte personnelle.

Outre les conditions extérieures, en quelque sorte, qui eonstitueut la matérialité du stellionat, il y a d'autres conditions à rechercher. Le stellionat est une fraude, et, à ce titre, il n'existe qu'autant qu'il y a eu tout ensemble d'abord intention frauduleuse et, de plus, préjudice causé : fraudis consilium et eveiitus. La question de bonne ou mauvaise foi doit donc être d'abord discutée, et- cela dans ious les cas, qu'il s'agisse du stellionat par fausse déclaration , prévu par l'article 2059, ou même du slellionat par simple jé.icence, auquel se rapporte l'article 2136. Un arrêt de la cour de Bordeaux (9 juillet 1830) a fait une assez remarquable application de ce principe à une espèce où il s'agissait de stellionat par omission de déclaration des hypothèques existantes. Un villageois qui était marié avait hypothéqué sa terre sans déclarer aux créanciers qui lui prêtaient de l'argent l'hypothèque légale, d'ailleurs non inscrite, dont cette terre était déjà grevée au profil de la femme de l'emprunteur. Ce dernier pouvait-il alléguer sa bonne foi? L'hypothèque des femmes et des mineurs existe de plein droit sans inscription, et ■ nul, dit-on, n'est censé ignorer la loi. » Néanmoins la cour de Bordeaux jugea, et jugea sainement à notre avis, que ce paysan avait pu ignorer la loi hypothécaire de son pays, ne pas prendre garde à une hypothèque légale qu'aucun signe extérieur ne

STEL

lui révélait et qu'il- avait pu très-innocemment ne pas en faire la déclaration expresse. La cour écarta la fraude et. par conséquent, prononça qu'il n'y avait pas stellionat dans l'espèce.

Le second élément du stellionat est an préjudice réel causé à la personne qui a été trompée par la fausse déclaration ou par la réticence. Supposons , par exemple , qu'en empruntant une somme et en donnant hypothèque au prêteur sur un immeuble le débiteur déclare faussement que cet immeuble est libre de toute charge antérieure de même nature ; mais supposons, d'un autre côté, que, malgré "l'hypothèque antérieure, l'immeuble présente encore une valeur libre suffisante pour garantir le nouveau créancier, qui, en définitive, sera intégralement payé. Il n'y a point ici de préjudice et, par conséquent, pas de stellionat.

La loi déclare les stellionataires déchus du droit de s'exonérer de la contrainte par corps en faisant cession de biens à leurs créanciers. Néanmoins, fa jurisprudence est à peu près unanime à reconnaître que cette déchéance est purement relative et ne concerne que le créancier vis-à-vis duquel le stellionat a été commis. Si ce dernier garde le silence, les autres créanciers ne peuvent s'emparer d'un grief qui ne leur est point personnel pour refusera leur débiteur le bénéfice de la cession de biens,

STELLIONATAIRE s. (stèl-li-o-na-tè-re — rad. stellionat). Jurispr. Personne coupable de stellionnt : Les Stellionataires ne sont admis ni à la réhabilitation ni au bénéfice de cession. (Acad.)

— Adjectiv. Qui est coupable de stellionat.

STELLIONIDE adj. (stè)-li-o-ni-de — de stellio», et du gr. eidos, aspect). Erpét. Qui ressemble ou qui se rapporte au stellion.

— s. m. pi. Famille de reptiles sauriens, ayant pour type le genre stellion. Il On dit

aussi STFLLIONIDÉ et STELLIONIN.

STELLIONIDE, ÉE adj. ( stèl-li-o-ni-dé) . Erpet. Syn. de stellionide.

STELLIONIN, INE adj. ( stèl-li-o-nain, i-ne). Erpét. Syn. de stellionide.

STELL1PORE adj. (stèl-li-po-re — du lat. Stella, étoile, et de pore). Zooph. Qui a des pores en forme d'étoiles.

STELLITE s. f. (stel-li-te ^ du lat. Stella, étoile, et du gr. tithos, pierre). Echin. Nom donné aux astéries fossiles.

Stello, Première consultation du docteur Noir, par Alfred de Vigny (Paris, 1832). I « Qu'est-ce que Stello? dit M, Gustave Planche; est-ce un roman, une èiegie,un drame? Rien de tout cela. Il semble que l'auteur soit arrivé au désabusement poétique en passant parle désabusement social; qu il soit dégoûté des artifices de la Composition, des ruses et des coquetteries du récit, des machines dramatiques aussi bien que des fantasmagories qui se nomment gouvernements.» Stello se compose presque entièrement d'études relatives à Chatterton, Gilbert et André Chénier, les trois poètes morts jeunes, d'une façon tragique, avant d'avoir réalisé toutes leurs espérances. En outre , guidé par le docteur Nnir, Stello, assailli de diables bleus, c'est-àdire du spleen, s'engage dans l'analyse de la plupart des q> estions sociales et humaines. « L'analyse, lui dit le docteur, est une sonde. Jetée profondément dans l'Océan, elle épouvante et désespère le fnible, mais elle rassure et conduit le fort qui la tient fermement en main. • Puis, à force de chercher et de creuser, Stello finit par s'arrêter au doute. « Sietlo, dit M. Nettement, tient de la philosophie par le fond, du roman par la forme, de lu poésie par 1 inspiration qui en anime toutes les pages. C'est un dialogue ouvert entre l'esprit du pofiie, inclinant avec son temps au rationalisme, et les facultés intuitives de son âme; un duel entre l'analyse, qui veut sonder tous les mystères au milieu desquels l'homme chemine, et la synthèse, qui donne les principes, et à l'aide 5e l'intuition , éclairée par une lumière d'en haut, arrive en trois pas aux. conclusions que l'analyse cherchera éternel-, lement. Ste.llo, c'est un type plus moderne" et plus familier de la grande famille des Faust, des Werther, des René, des Manfred. L'échafaudage des accessoires surnaturels dont l'avait entouré Goethe , la grandiose théâtral de la scène où l'avait jeté By ron et les perspectives lointaines et romantiques dans lesquelles l'avait encadré Chateaubriand ont vieilli. C'est nonchalamment étendu sur un élégant canapé, dans son salon étincelant du luxe moderne, que Stello devisera de toutes choses; mais le type est resté, le type du doute amer, de l'ironie douloureuse, de l'orgueil rationaliste, qui préfère douter avec souffrance et chercher avec désespoir que croire avec humilité et ignorer avec foi. Pourquoi? voilà le développement de tout le livra. Hélas t telle est la conclusion, c'est-à-dire un cri d'interrogation curieuse et une exclamation de douleur. Il y a dans Stello- deux, révoltes : la révolte de la raison humaine contre les énigmes philosophiques dont elle est entourée; la révolte de la raison individuelle contre les énigmes du monde social, qui ne sont, au fond, que la conséquence pratique de ces autres énigmes placées dans une sphère supérieure, celle de l'idée. « Nous n'avons pas heaoin d'indiquer

Page 1