‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 14Chapitre 678 sur 1059 · STERNUTATOIRE · texte numérisé non relu

STERNUTATOIRE

— Pharm. Poudre stemutatoire, Mélange de fleurs sèches de marjolaine, de bétoine, d'asaret et de muguet pulvérisées.

— s. m. Substance qui provoque l'éternument : Le tabac, la bétoine sont des sternutatoires. (Acad.) La poudre d'iris est un puissant sternutatoire. (A. Karr.)

On est loin de nier les charmes bienfaisante Que cette poudre noire offre a ses partisans; Mais si, trop aveuglés par ce stemutatoire, lis voulaient du cigare atténuer la gloire. On pourrait, Bans effort, rabaisser leur orgueil.

Barthélémy.

— Encycl. Les sternutatoires, auxquels on donne encore le nom de ptarmiques , ont la propriété de provoquer l'éternument ; cet effet est dû à une action réflexe du système spinal ; la branche nasale du trifacial est le nerf excitateur par lequel l'impression arrive à la moelle oblongue.

Toutes les fois qu'une sécrétion abondante du mucus nasal ou que les secousses provoquées par l'éternument seront nécessaires, l'emploi des sternutatoires sera recommandé. Ils seront donc utiles, comme contre-irritants, dans les affections chroniques des yeux, de la face, de la tète : ophthalmie chronique, amaurose, migraine ; pour activer la respiration ou provoquer l'expulsion des corps étrangers des voies aériennes ; on les emploiera également pour produire des chocs propres à enrayer les maladies, éveiller les fonctions des sens, de l'utérus. Ils peuvent également arrêter les mouvements convulsifs spasinodiques de l'appareil respiratoire. Dans toutes les maladies où une congestion vers la partie supérieure du corps pourra déterminer des accidents, on devra éviter l'emploi des sternutatoires, par exemple chez les pléthoriques, les apoplectiques. Il en sera de même pour les cas où de trop violentes secousses du diaphragme pourraient opérer sur les intestins une pression fâcheuse -, on devra donc les défendre aux malades atteints de hernie ou de prolapsus de l'utérus.

La subdivision des errhins pourra s'appliquer aux médicaments sternututoires. Ainsi, nous aurons dans le premier ordre les sternutatoires mécaniques ; dans le second, les sternutatoires aromatiques, tels que les pousses de feuilles de sauge, de marjolaine, de lavande, de thym, en général des feuilles des plantes de la famille des labiées; dans le troisième, les sternutatoires encéphaliques, parmi lesquels nous citerons le tabac et le camphre; dans le quatrième, les sternutatoires acres; ces derniers sont les plus communément employés; ce sont eux qui jouissent au plus haut degré de cette propriété sternutatoire ; ce sont l'euphorbe, le vératre. l'asarum, le muguet; enfin, dans le cinquième ordre, les sternutatoires salins, le sel commun, le sel ammoniac.

11 existe uu assez grand nombre de formules de poudres sternutatoires, dans lesquelles entrent plusieurs des substances que nous venons de citer. Quelques-unes ne laissent pus que de présenter certains inconvénients dans leur emploi. Parmi ces différentes formules, nous citerons les principales. Ce sont :

1" Poudre stemutatoire du Codex, appelée aussi poudre capitule , poudre errhine, poudre d asarum composée, tabac céphalique.

Elle comprend les substances suivantes, et dans les rapports indiqués :

Feuilles sèches d'asarum. 100 parties.

Feuilles sèches de bétoine. 100 —

Feuilles sèches do marjolaine 100 —

Poudre de fleurs sèches de muguet 100 —

go Poudre stemutatoire du formulaire de M. Bouchardat :

Poudre de feuilles sèches d'asarum 2 parties.

Poudre de feuilles sèches de marjolaine 2 —

Poudre de fleurs sèches de

lavande 5 —

Poudre de racine sèche d'iris de Florence 5 —

Huile essentielle de girofle . 8 gouttes.

STER

Une très-petite prise, soit pure, soit mélangée de tabac.

3° Poudre stemutatoire de l'ancien formulaire de l'Hôtel-Dieu :

Feuilles sèches de marjolaine. . 2 parties.

Poudre de racines sèches d'iris de Florence S —

Poudre de fleurs sèches de muguet 2 —

Employée contre les affections soporeuses. Elle provoque l'éternument et même quelques fois le saignement de nez.

40 Poudre capitale de Saint-Ange :

Poudre de feuilles sèches

d'asarum . . . • S00 parties.

Poudre de feuilles sèches de

bétoine 10 —

Poudre de feuilles sèches de

verveine 5 —

On ajoutait, paralt-i), autrefois 5 parties de poudre de crapaud au mélange ci-dessus; dans les nouveaux formulaires on a supprimé cette addition ridicule. La poudre de Saint- Ange est la plus connue. Elle jouit d'une assez grande réputation , et est par cela même assez fréquemment employée. On ne devra donc point s'étonner de l'existence d'une seconde formule de ce médicament.

Cette dernière se trouve dans le formulaire de Baunis ;

Poudre de résine d'euphorbe. 4 parties.

Poudre d'ellébore 5 —

Cette dernière est beaucoup plus active que la précédente.

5° Poudre stemutatoire de Schneider :

Poudre de camphre 40 parties.

Poudre de résine de gaîae. 50 — Poudre de feuilles sèches

de germandrée 30 —

Poudre de sucre 30 —

Cette poudre est employée contre le coryza. 6° Poudre stemutatoire de Pierquin :

Poudre de résine d'euphorbe. 4 parties. Poudra de racine d'ellébore. 5 —

La conformité de cette dernière formule avec celle que Baunis nous donne comme formule de Saint-Ange nous autorise à croire que M. Pierquin n a fait qu'employer la formule précédente.

STÉROPE s. m. (sté-ro-pe — du gr. stéréos, ,Solide; pous, pied). Entom. Genre d'insectes coléoptères pentatnères, de la famille descarabiques, tribu des féroniens, comprenant une trentaine d'espèces, qui habitent l'Europe, l'Afrique et l'Amérique. Il Genre d'insectes coléoptères hétéromeres, de la famille des trachélydes, tribu des anthieites, comprenant deux espèces, qui habitent le midi de la Russie et les Etats-Unis. Il Genre d'insectes lépidoptères diurnes, de la tribu des hespérides, comprenant deux espèces, qui habitent les lieux humides et marécageux de presque toute l'Europe.

— Encycl. Les stéropes sont caractérisés par une tête large ; des yeux gros et saillants ; les antennes terminées en massue courte , ovoïde et presque droite; les palpes écartées et très-velues; les ailes amples, peu épaisses, les inférieures plus courtes que 1 abdomen, qui est long et grêle. Les chenilles sont assez allongées, pubescentes, à tête rugueuse et hémisphérique ; les chrysalides trèseffilées, avec la tête surmontée d'une pointe conique, ks yeux saillants et l'abdomen cylindro-conique. Les espèces de ce genre sont peu nombreuses et habitent l'Europe et l'Afrique. Le stérope aracinthe est assez répandu aux environs de Paris; il habite surtout les parties marécageuses des bois et se montre au commencement de l'été; il faut battre les buissons pour en faire sortir les femelles. Citons encore le stérope échiquier, du nord de la France, et le stérope rhadaina, de Madagascar.

STERPSICÉROS S. m. (stèr-psi-sé-ross — du gr. sti'epsis, circonvolution ; keras, corne). Munun. Un des noms du condoina.

STERRHE s. f. (stè-re — du gr. sterrhos, solide). Entom. Genre d'insectes lépidoptères nocturnes, de la tribu des géomètres.

STERRHOPTÉRYX s. m. (sté-ro-pté-rikss — du gr. sterrhos, solide; pierux, aile). Entom. Genre d'insectes lépidoptères nocturnes, de la tribu des Unéides.

STERRHICHROTE s. m. (stèr-ri-kro-te — du gr. sterrhos, solide ; diras, chair). Erpét. Groupe de reptiles ehéloniens,

STERTEUR s. f. (stèr-teur — du lat. sterto, je ronfle). Méd. Ronflement.

STERT1N1US, philosophe stoïcien, qui ne nous est connu que par la satire dans laquelle Horace l'a livré au ridicule {Sut. n, 3). Selon un ancien scoliaste, ce philosophe avait écrit deux cents volumes, dont pas un seul ne nous est resté. Ce n'est pas lui qu'Horace introduit en personne; c'est un de ses disciples, le stupide Daniasippe, qui répète mot pour mot tous les préceptes que lui a donnés sou maître et dont le résumé est ceci : Hors le stoïcisme, point de sagesse ; tous les hommes sont fous, excepte nous. On sait que Huileau, dans sa quatrième satire, s'est inspiré de ,ce célèbre morceau d'Horace et a bafoué les Stertimus de son siècle.

STES

STERTINIUS (Lucius), général romain. Il combattit sous Gerraanicus en Allemagne, défit en l'an 14 après J.-C. les Bructèrcs et, en les poursuivant, arriva jusqu'aux frontières extrêmes de leur territoire, où il retrouva l'aigle de la 19e légion qui avait été perdue lors de la désastreuse expédition de Varus. Il vainquit les Angrivariens l'an 15 et se distingua dans un grand nombre de batailles.

STERTOREUX, EUSE adj. ( Stèr-to-reu, eu-ze — rad. sterteitr). Méd. Qui tient du ronflement : Respiration stkrtoreusb.

STERZINGER (Ferdinand), théologien allemand, né k Lichtenworth (Tyrol) le 24 mai 1721, mort le 18 mai 1786. Il entra dans l'ordre des Théatins et fit ses vœux en 1742. En 1747, il alla étudier la théologie et le droit canon en Italie, à Rome, puis à Bologne. De retour en Allemagne en 1750, il fut nommé professeur de théologie morale à l'université de Prague, puis, en 1753, professeur de droit canon à Munich. En 1779, il fut élu par l'Académie de Munich directeur ou président de la classe d'histoire. Sterzinger eut le mérite de combattre les préjugés relatifs à la sorcellerie. A la suite d'un voyage à Elwnngen, théâtre des exploits d'un exorciseur nommé Gassner, il avait publié un ouvrage intitulé : les Merveilleuses cures de Gassner dévoilées (1775, in-8u de 55 pages; 2° édition, précédée d'un Catéchisme des esprits, en 34 pages, même année); ce dernier opuscule fut réfuté par un pamphlet intitulé : le Catéchisme sur les esprits est-il un catéchisme catholique? (Augsbourg, 1775, in-8°). Parmi les autres ouvrages de Sterzinger, nous citerons : la Magie tromperie et la sorcellerierêverie (1787, in-40) et V Introduction chronologique à l'histoire ecclésiastique (Munich, 1764-1778, 5 vol. in-8<>).

STERZINGER ( Antoine-Regalat) , professeur de théologie, né à Inspruck en 1751, mort vers le commencement du xixe siècle. Il fut conseiller épiscopal et, depuis 1785, curé de l'église académique d'Inspruck. Il n publié deux dissertations en allemand .sur le baptême et la confirmation (1777 et 1778 , in-8°) et a traduit de cette langue en italien une Histoire du Tyrol (1780, in-8").

STERZINGER DE SIEGSM UNDSR1GD (dom Joseph), théatin, conservateur de la bibliothèque et du cabinet d'antiques de l'université de Palerme, né k Inspruck en 1746. On a de lui une Vie de Pierre Anich (Munich, 1764, in-40). L'ouvrage Der Hexeitprocess, ein Traum (le Procès de sorcellerie , songe) [1767, in-4°], qui lui est attribué par Meusel, paraît être plutôt dû k Ferdinand Sterzinger.

STÉS1C1IORE, l'un des plus anciens poètes grecs, né à Himère, en Sicile, l'an 636 avant notre ère, mort en 556. Son père, Euphemus, était originaire de Metaurus, dans l'Italie méridionale. Il porta d'abord, dit-on, le nom de TUIoa, qu'il changea plus tard en celui de Stésichore (régulateur du chœur),

fiarce qu'il régla le chœur appelé à chanter a poésie lyrique. On ne sait rien de certain sur la vie de ce poèHe, contemporain d'Alcée et de Sapho et rangé parmi les neuf grands poètes lyriques grecs. D'après une tradition tout à fuit fabuleuse, il aurait attribué dans un poème la guerre de Troie à la passion que Paris avait inspirée à Hélène, et aurait été, pour ce fuit, frappé de cécité par les dieux et n'aurait recouvré la vue qu'après avoir, dans une palinodie, affirmé qu'Hélène n'était point allée a Ilion.

On raconte que, pour détourner ses concitoyens de l'alliance de Phalaris, tyran d'Agngente, il mit en vers l'apologue du cheval et de l'homme, imité depuis par Horace, Phèdre et La Fontaine. « Stésichore, élevé dans la connaissance familière de 1 épopée héroïque d'Homère, de l'épopée théologique et didactique d'Hésiode, dit M. Léo Joubert, puisa ses sujets dans ces deux grands courants épiques. Il chanta les légendes de l'âge héroïque tellesqu'il les trouvait dans l'épopée, en les modifiant quelquefois pour leur donner l'attrait de la nouveauté. Mais la nouveauté était surtout dans l'application du chœur musical, avec ses évolutions variées, aux récits héroïques des rapsodes. « Les anciens vantent la noblesse de son génie épique, et Quintilien le met presque au même rang qu'Homère. « S'il eût su se modérer, dit-il, il aurait presque égalé Homère; mais on peut lui reprocher d'avoir une trop grande abondance et de ne savoir point s arrêter. » Stésichore mourut dans un âge très-avancé. Ses concitoyens lui élevèrent une statue, par laquelle il était représenté comme un vieillard courbé par l'âge et tenant une lyre à la main. Cette statue, comme nous l'apprend Cicéron, fut l'objet de la rapacité de Verres. Stésichore, k qui l'on attribue l'invention de l'épode, avait composé, en dialecte dorien, des poèmes mythiques : Cerbère, Cycnus, Oéryon, Scylla, la Destruction de Troie, le Retour du liéros, Y Histoire d'Oresle; un poème fiastoral, JJap/mis; des hymnes, des épithaames, des apologues, etc. De ces œuvres, il ne nous reste que quelques fragments insères dans divers recueils. Ces fragments ont été publiés à, part, sous le titre de Stesiehori Himerensis fragmenta, par lileine (Berlin, 1828, iu-so).

STÉSICLÉE , hétaïre athénienne. D'une enivrante beauté, d'un esprit plein de grâce

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