‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 14Chapitre 695 sur 1059 · IU C · texte numérisé non relu

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STRATON'ICÉE, ville de l'ancienne Asie Mineure, dans la Carie, kl'E. de Mylase.EUe devait son nom à Stratonice, femme d'Autiochus Soter. Elle fut embellie par les rois de Syrie. On y trouva l'original lutin de la loi de maximum, publiée par Dioclétien en 301 ; le préambule de ce décret est au musée d'Aix. Patrie de l'orateur Ménîppe. Sur l'emplacement de l'ancienne Stratonioée s'élève aujourd'hui la ville turque de Eski-Hissar.

STRATOR s. ni. (strator — mot lat. dérivé de siernere, étendre). Antiq. rom.Nom donné k des écuyers, et plus tard à divers officiers inférieurs.

— Encycl. Ce nom fut donné, sous l'empire romain, à des personnes chargées de divers emplois. On l'appliqua d'abord aux écuyers des écuries impériales, auxquels était confié le soin des chevaux; ils avaient aussi la fonction d'amener les chevaux à l'empereur et de l'assister quand il voulait monter sur l'un d'entre eux. Les consul et les préteurs avaient des écuyers du même genre, qui portaient également le nom de strator; es sont des inscriptions qui nous l'apprennent.

Le mot strator désigna, en second lieu, des officiers qu'on envoyait dans les provinces, avec la mission de choisir des chevaux destinés soit à l'écurie impériale, soit au service général de l'Etat. Ils appartenaient probablement au même corps que les écuyers dont il est parlé ci-dessus. Dans les ouvrages relatifs aux antiquités romaines, on leur donne le titre de stratores a publiais ralionibus. Ce titre u'est fondé que sur l'autorité d'une inscription citée par Gruter, et ou se trouvent les lettres suivantes : Str. A. P. R. On a lu là les mots stratores a publiais ralionibus; mais cette interprétation n'est pas à l'abri de la critique et du doute.

Les Romains donnèrent, en troisième lieu, le nom de strator à un officier chargé de veiller au pavage des voies. Une inscription relative k la voie Appienne porte les mots : Diomedes Ap. strator. Une autre inscription trouvée à Mayence mentionne les strators dans le même sens.

On croit aussi que certains geôliers, sous la dépendance du. commentariensis , ou inspecteur en chef (]<*s priions , reçurent le

nom de strator. On leur rapporte ce passage d'Ulpien {Digeste, 1, xvi) : Nemo proconsulum stratoressuos habere potesl, sed vice eorum milites ministerio in proviuciis fungtintur, « Aucun proconsul ne peut avoir des slrators k lui, mais ce sont des soldats qui remplissent leur ministère dans les provinces.» Toutefois, des érudits pensent que ces paroles doivent être appliquées aux strators des écuries.

Les écrivains de la basse latinité, et surtout les historiens monastiques du moyen âge, appellent strators des soldats d'élite envoyés en avant du corps d'armée pour explorer lo pays, pour éclairer la marche, pour choisir les lieux propres aux campements et faire tous les préparatifs d'une halte où les troupes puissent irouver la sécurité et les vivres suffisants.

STBATOS, anienne ville de la Grèce, dans l'Acarnaaie, dont elle fut la capitale, près de la rive gauche de l'Achéloiis et de la frontière d'Etolie. Elle était bâtie sur une colline qui domine au N. la grande plaine où serpente le fleuve. La force de sa position militaire la rendait importante; aussi fut-elle occupée par les Etoliens dans leurs guerres contre la Macédoine et coutra les Romains. On en trouve quelques ruines près du village moderne de Lépénon, qui fait partie del'éparchie d'Acarnanie. « Les ruines de Stratos forment une enceinte de 3 a 4 kilom. de circuit. Le côté E. longe la rive du fleuve; à l'angle S.-E., on remarque une pelite porte; à 30 mètres au-dessous, on trouve les fondations d'un temple ou d'un port. A moitié cheminentrela porte et le sommet de l'enceinte, Leake a reconnu dans un deux les restes d'un théâtre de 30 mètres de diamètre, qui semble avoir eu trente rangées de gradins. Le sommet N.-O. parait avoir porté une petite citadelle peu élevée et dominée par les hauteurs environnantes. ■> (Joanne, Guide en Orient.)

STRATTON, bourg et paroisse d'Angleterre, comté de Cornouailles, à 26 kilom. N. de Launceston; 1 ,662 haïj.Victoire des troupes du Long Parlement sur celles de Charles 1er en 1643.

STRATUS s. m. (stra-tuss — mot lat. qui siguif. cliose que l'on étend). Météorol. Nuage affectant la forme d'uue longue bande.

— Encycl. Les stratus, un des trois types de nuages imaginés par Howard, sont de longues bandes de nuages s'étendant k l'horizon le soir, au coucher du soleil, et quelquefois à son lever. Ce sont des couche3 de nuages vues par la tranche. Alors même qu'ils sont formés par des vapeurs légères, ce point de vue leur donne une densilé apparente assez considérable.

Quand les nuages appelés cirrus descendent en s'épaississant,ils prennent le nom de cirro-stratus. Ces nuages annoncent ordinairement une pluie prochaine.

De même, les cumulus sont appelés cumulo-stratus quand leur forme se rapproche de celle des stratus.

STRAUB (Jean-Baptiste), sculpteur allemand, né k Wiesensteig (Wurtemberg) en 1704, mort à Munich en 1778. 11 fit ses premières études sous la direction de son père, puis sous celle de LuMl, à Munich, et les termina à l'Académie de Vienne. De retour à Munich, il devint, après la mort de Charles Gro'ff, sculpteur de la cour. 11 a fait les modèles de plusieurs statues de Nymphenburg et de Scheissheim et un grand nombre de statues de marbre et de bronze à. Munich, l'autel du chœur et les statues des saints Norber, Augustin, Joseph et Jean-Népomucène dans l'église du courent de Schôïtlaru.

STRAUB1NGEN, la Castra Augustana des Romains, ville de Bavière, cercle de la basse Bavière, k 90 kilom. N.-O. de Passa, dans une plaine fertile, près de la rive droite du Danube, chef-lieu du district de son nom; 9,700 hab. Tribunaux de ire instance et de commerce; gymnase, école normale et institut de sourds-muets. Fabrication de ruban de soie, tanneries, brasseries, commerce de grains et de sel. On y remarque les églises de Saint- Pierre et de Saint-Jacques ; cette dernière est surmontée d'une tour de 90 mètres d'élévation. Cette ville, autrefois capitale de la basse Bavière et titre de duché, fut prise en 1743 par les Autrichiens, qui la rendirent deux ans plus tard, après l'avoir démantelée.

STRAUCH (Georges), peintre allemand, nék Nuremberg en 1613, mort en 1675. Il fut élève de Jean Huuer, et peignit à l'huile, à l'eau et en émail des portraits et des sujets historiques. On trouve dans le Belvédère de Vienne un petit tableau de ce peintre représentant \' Immaculée Conception. Lo musée de Prague possède deux Portraits peints par Strauch.

STRAUCH (François-Raimond), prélat espagnol, né à Tarragone en 1760, fusillé à Vallirana le 16 avril 1823. Il prit en 1776 l'habit des cordeliers observantins de l'île Majorque et professa la philosophie d'abord dans son couvent, puis à l'université de Palma pendant vingt ans. De 1S08 à 1812, il fut aumônier d'un régiment suisse. En 1813, victime d'une accusation calomnieuse, il fut détenu pendant plusieurs mois dans les prisons de l'inquisition de Majorque. Sous Ferdinand Vil, il fut sacré évoque de Vich. Il fit de l'opposition au mouvement libéral en 1823 et refusa do publier le décret dos cortè3 du 23 Octobre 1820 qui soumettait les réguliers aux ordinaires sans l'intervention du pape.

Il fut arrêté, comdamné à mort par un premier tribunal et acquitté par un second. On donna ordre ensuite de le transporter à Tarragone, où devait être prononcé l'arrêt définitif. L'escorte qui conduisait l'évêque et un autre ecclésiastique était arrivée à Vallirana, lorsqu'elle crut apercevoir un attroupement qui menaçait de délivrer les deux prisonniers. Les soldats les conduisirent aussitôt dans un chemin creux et les expédièrent à coups de fusil. Strauch a laissé, outre divers ouvrages sur des questions religieuses, une Carte de lile lie Majorque, faite sur les lieux.

STRAUSBERG, ville de Prusse, province de Brandebourg, régence de Potsdam.k 26 kilom. E. de Berlin ; 4,107 hab. Tribunal civil. Dépôt de mendicité. Fabrication de coton ; brasseries, distilleries.

STRAUSS (Gérard - Frédéric - Abraham), théologien allemand, né à Iserlohn en 1786, mort en 1863. 11 fit ses études aux universités de Halle et d'Heidelberg, devint successivement pasteur à Ronsdorf et à Elberfeld et fut nommé, en 1822, chapelain de la cour et de la cathédrale de Berlin, puis professeur à l'université de cette ville, où il obtint en outre , dans la suite, les titres de conseiller supérieur du consistoire près du ministère des cultes et de membre du conseil supérieur évangèlique. Prédicateur renommé, il s'est, en outre, fait connaître par des écrits purement théologiques, tels que Y Année de l'Eglise évangèlique dans son enchaînement (Berlin, 1850), et par des écrits littéraires qui ont obtenu un tel succès, qu'ils ontétéla plupart traduits en anglais,en suédois et en Viollandais. Nous citerons, entre autres : Sons de cloches ou Soiwenirsde la vie d'un jeuneeccléji'ailio-uefElberfeld, 1812-1820, 3 vol.; Leipzig, 1840, 70 édit.); le Baptême dans le Jourdain (Elberfeld, 1822) et le Pèlerinage d'Hélon à Jérusalem, 109 ans avant la naissance de Notre Seigneur (Elberfeld, 1820-1823, 4 vol.) Un recueil de Proverbes bibliques, qu'il avait aussi publié, en était en 1866 à sa 12° édition.

STRAUSS (Frédéric-Adolphe), théologien allemand, fils du précédent, né à Elberfeld en 1817. I! étudia, de 1836 à 1842, k l'université de Berlin, fut nommé ensuite pasteur adjoint de la chapelle royale et de la cathédrale, et fit un voyage eu Orient pendant l'année 1845, dont il passa l'hiver k Rome. Nommé, en 1847, aumônier utilitaire, il assista en cette qualité à la campagne de 1848 dans le Slesvig et en relata quelques incidents dans son livre intitulé la Fidélité militaire (Berlin, 1852). Depuis 1858, il est aumônier de lagarnisoti de Berlin et, depuis 1859, professeur k l'université de cette ville. On a encore de lui : le Sinaï et le'Golgatha(B&rlin, 1847; 9e édition, 1866), relation de son voyage en terre sainte, qui a été traduite en anglais, en suédois, en danois et en hollandais ; les Pays et les villes de l'Ecriture sainte (Stuttgnrd, 1861, avec 100 gravures). Parmi ses écrits plus spécialement relatifs à la théologie et à l'étude de i'Ancien Testament, il faut citer : Y Explication des Vaticinia Zephanjs (Berlin, 1843); Dévotions liturgiques (Berlin, 1850 ; 3<* édit., 1857) ; la Liturgie du service divin éoangélique (Beriin, 1853). Enfin, on lui doit aussi deux recueils de sermons (Berlin, 1858 et 1S65).

STRAUSS (Joseph), violoniste et compositeur allemand, né k Brùnn (Moravie) en 1793, mort à Carlsruhe (duché de Bade), le l" décembre 1866. 11 était fils du maître de chapelle d'un petit prince italien. Son père, qui ne le destinait pas à la profession de inusicien,lui fit néanmoins enseigner à jouer du violon et du piano. Devenu orphelin de bonne heure, Joseph Strauss fut conduit à Vienne pour y faire ses études musicales. A l'âge de douze ans, il joua un solo de violon au théâtre Van der Wien, dans un entr'acte. L'empereur, qui assistait à cette représentation, accorda des éloges au jeune artiste, ce qui fit engager celui-ci k l'orchestre du théâtre. Il travailla ensuite le violon avec Casimir Blumenthal, de Urbani,et ScUuppanzigh, puis l'harmonie sous la direction de Joseph Teyber et la contre-point avec Albrecntberger. • Après avoir obtenu du succès dans plusieurs concerts à Vienne, dit Fttis, Joseph Strauss reçut des propositions pour être directeur de musique à Lucerne et violon solo au théâtre de Pesth : il accepta cette dernière proposition, Ce fut dans cette ville qu'il écrivit ses premières grandes compositions.... En 1813, il fut engagé comme directeur de musique k Temevwar (.Hongrie); mais il ne resta qu'un an dans cette ville, ayant accepté, en 1814, la direction de la musique de l'Opéra allemand, dans la province de Transylvanie.... En 1817, Joseph Strauss se rendit k Brunn, et y composa une messe pour l'installation de l'évêque, plusieurs graduels et offertoire* pour l'église de Saint-Jacques , un concerto et quelques autres morceaux pour le violon. Pendant un court séjour à Prague, Joseph Strauss se lia d'amitié avec le maître de chapelle de la cathédrale, Witdsek, et avec lo directeur du conservatoire, D. \Veber; puis il se fit entendre avec succès comme violoniste k Leipzig, Dresde, Halle, Altenbourg, Magdebourg, Breslau, Cassel .et Francfortsur-le-Mein. Arrivé à Manheim, il s'y arrêta et s'y occupa de plusieurs compositions importantes; pub il fit un petit voyage en Suisse et donna dos concert-s à lïile, Berne et Zu-

ricb. A cette époque (1822), il reçut l'invitation d'organiser 1 Opéra allemand de Strasbourg et y fit exécuter Don Juan, Fidelio, Freischutz et Afédée. De retour à Manheiin, il y fut chargé, au mois d'octobre 1823, des fonctions de directeur de musique du théâtre de la cour et mit en scène le Fernand Cortez de Spontini. Satisfait de la parfaite exécution de cet opéra, le grand -duc de Bade nomma immédiatement Joseph Strauss directeur des concerts de la cour et, après la mort de Danzi, en fit son maître de chapelle.... Je l'ai visité à Carlsruhe en 1838, et j'ai trouvé en lui un homme aussi aimable que modeste.... Peu de temps auparavant, une grande symphonie de sa composition avait été exécutée au concours de Vieune et avait obtenu le deuxième prix. Kn 1840, Joseph Strauss a dirigé l'Opéra allemand à Londres et y a fait exécuter sa symphonie couronnée. Une deuxième œuvre de ce genre lui a été demandée à cette époque pour la Société philharmonique de cette ville.» Voici la liste des principaux travaux de Joseph Strauss (musique instrumentale et vocale ): sextuor pour harpe et instruments à vent j cantate en langue hébraïque ; chœurs pour des tragédies ; une inesse; deux cantates; variations brillantes pour violon et orchestre; quatuor brillant pour deux violons, alto et basse; pots-pourris pour violon, avec un second violon, alto et basse ; douze variations pour violon, avec un second violon et basse; variations sur un menuet milanais, pour violon et piano ; plusieurs suites de chansons allemandes avec piano, et beaucoup de morceaux pour le violon (opéras) ; ouvertures et entr'actes d'un drame intitulé ; le Siège de Vienne ( Die Bclegeruny Wiens) ; un petit opéra, dont le nom est resté inconnu, ce qui prouve son peu de succès; Faust' s Leben und Thaten (la Vie et les actions de Faust), représenté à l'Opéra allemand de la province de Transylvanie (1815). Un contemporain a affirmé que cet ouvrage était le chef-d'œuvre de son auteur. On y trouve, disait-il, cette unité si rare dans une œuvre de longue haleine. Le jet mélodique laisse peut-être un peu à désirer ; mais les connaisseurs s'aperçoivent à peine de ce défaut, d'ailleurs inhérent en partie au sujet, car, fascinés par la variété des chants et leur parfaite harmonie avec les paroles, ils applaudirent l'ouvrage. La niasse du public fit chorus ; Die Sœhnedes Watdes (les Fils de la forêt), opéra (1816). Avec un degré d'inspiration de plus, Joseph Strauss s'élevait à la hauteur de Weber. La mélodie a de l'originalité, de l'imprévu, un certain parfum sauvage , mais l'ensemble est inégal et le résultat définitif fait éprouver quelque déception; Armiodan, opéra (théâtre de Carlsruhe, 1845), peu de succès; Zélide, opéra (Carlsruhe, 1843), résultat négatif ;Barthold le pleureur, opéra-comique (Carlsruhe, 1845). Joseph Strauss n'avait pas les qualités nécessaires pour réussir dans le genre léger. Il sa donna beaucoup de peine pour produira peu d'effet; Der Wœhrwolf (le Loup garou) (Carlsruhe). Toutefois, à force de volonté et de science, le compositeur était parvenu à aborder avec succès le genre comique. Le public, sans s'inquiéter de l'effort, applaudit avec enthousiasme cet opéra, qui, depuis, a été représenté à Vienne plus de cinquante fois.

STRAUSS (Jean), célèbre compositeur allemand, né à Vienne en 1804, mort dans la même ville en 1849. Il montra dès son enfance un goût décidé pour la musique. « Ses parents le destinaient à être relieur, dit M. Fétis,etil apprit en effet cet état; mais, entraîné par sa vocation musicale, il étudia le violon et, par des études persévérantes, acquit assez d'habileté sur cet instrument pour faire partie, à l'âge de dix-neuf ans, de l'excellent orchestre de Lanner. La nature l'avait doué du génie de la musique de danse; ses premières valses eurent un succès de vogue. Pour les exécuter, il forma un orchestre qu'il dirigea lui-même à l'imitation de Lanner, et bientôt il devint un rival redoutable pour ce rénovateur de la danse allemande. Secondé par son éditeur Hasslinger, qui sut exploiter ses productions avec intelligence, il acquit en peu de temps une renommée universelle, que son inépuisable fécondité a soutenue jusqu'à, sa mort. Des critiques allemands le placent au-dessous de Lanner comme compositeur, comme violoniste et comme directeur d'orchestre ; toutefois, il est certain que la popularité de son nom l'emporte sur celle de son rival. Le nombre des cahiers de valses et de galops qu'il a publiés s'élève à plus de deux cent cinquante, et l'on a fait de la plupat t de nombreuses éditions. Strauss a voyagé avec son orchestre en Allemagne , en Belgique, en France et en Angleterre : partout il a excité le plus vif intérêt. » Jean Strauss possédait à un degré éminent l'originalité, qualité qui frappe à la fois la masse et les connaisseurs. Ses compositions avaient de plus un cachet de distinction dont ses imitateurs ont perdu le secret. Ses valses ont eu une vogue inouïe en Europe, surtout en Allemagne. Il y a peu de concerts allemands où une ou plusieurs valses de : Jean Strauss ne fassent partie du programme. Parmi ces valses d'un© élégance exquise, les plus célèbres sont : le Beau Danube bleu (An der schônen blauen Donan) ; les Feuilles du malin (Morgenblditer)-t la Nouvelle Vienne [Neu Wicn); Plaisir d étudiants (Studenten-

STRA

lusi). Le nombre total des valses, polkas, mazurkas, etc., de Jean Strauss etc., peut être évalué à un millier. On a publié sur Jean Strauss : Slrauss's Ankwift im Elysium (Arrivée de Strauss dans l'Elysée), en vers, par Charles Meisl (Vienne, 1849, in-8"), et Johann Slrauss's musikalische Wanderung durch dus Leben ( Voyage musical de Strauss dans la vie) [Vienne, 1850, in-8']. — Son fils, également appelé Jean Strauss, s'est, lui aussi, fait connaître comme compositeur de valses, de polkas et autres morceaux de musique de danse. C'est à lui qu'on doit l'opérette intitulée la Heine Indigo, qui a été représentée avec succès à Paris, sur le théâtre de la Renaissance, en 187S.

STRAUSS (Isaac), musicien français, né à Strasbourg en 1806. Il appartient à une famille israélite qui n'a aucun lien de parenté avec les précédents. Il étudia de bonne heure le violon, devint un habile exécutant et se rendit à Paris vers 1827, avec quelques musiciens alsaciens. Là, avec son petit orchestre, il exécuta des morceaux célèbres de Beethoven, Mozart, Haydn, ainsi que des contredanses et des valses de sa composition et eut une assez grande vogue dans les salons où l'on donnait des soirées dansantes. M. Strauss venait de se faire admettre au Conservatoire lorsqu'il obtint au concours le poste de premier violon au Théâtre-Italien. Tout en restant attaché à cet orchestre, M. Strauss, qui devait une partie de sa vogue au nom qu'il portait , fut appelé comme chef d'orchestre h diriger de grandes fêtes musicales. Pendant la saison d été , lorsque le Théâtre-Italien se fermait, il allait diriger les bals et les concerts donnés à Aix-les-Bains, en Savoie. A partir de 1844, il fut attaché, pendant la même saison et au même titre, au Casino deVichy. Enfin, pendant toute la durée du second Empire, il fut le chef de3 bals de la cour et prit la succession de Musard dans les bals masqués donnés au Grand -Opéra. Chef d'orchestre habile, M. Strauss est, en outre, un compositeur facile, à qui l'on doit un grand nombre de quadrilles, de polkas, de valses, etc.

STRAUSS (David-Frédéric), célèbre théologien allemand, né à Ludwigsbourg (Wurtemberg) en 1808, mort dans la même ville en 1874. Il acheva ses études théologiques a Tubingue et fut ordonné ministre en 1830. L'année suivante, il entra comme professeur au séminaire de Maulbronn. Bientôt il résolut d'aller à Berlin suivre les cours de philosophie de Hegel et les leçons de Schleiermaeher. Il revint ensuite à Tubingue, pour occuper une place de répétiteur au séminaire théologique. En 1835, son nom, jusque-là oï>cur, devint tout à coup célèbre parla publication de sa Vie de Jésus, ouvrage qui eut un retentissement immense et qui tendait à annuler presque complètement la personnalité du Christ : l'histoire évangélique, selon le docteur Strauss, n'était qu'une légende, une succession de mythes symboliques issus de l'idée préconçue qu'on se faisait du Messie et du désir qu'on avait de mettre sa vie et ses discours d'accord avec tous les passages des prophètes qu'on voulait lui appliquer. Mais nous avons consacré un article spécial à ce livre, qui fut traduit en français par M. Littré (Paris/4 vol. in-8°), et nous devons ici nous contenter de renvoyer le lecteur au mot JÉsos (vie de). Le scandale que suscita la Vis de Jésus parmi les théologiens et les ministres protestants d'Allemagne fut tel, que le docteur Strauss fut destitué de ses fonctions de répétiteur. Cependant il fut nommé professeur au collège de Lud-wigsbourg ; mais il revint bientôt à Tubingue et parut vouloir apporter quelques restrictions à ce qu'il y avait de trop absolu dans ses doctrines ; tel est du moins l'esprit qui semble lui avoir inspiré ses Ecrits polémiques, publiés en 1837, et ses Deux feuilles pacifiques, qui parurent en 1S38. L'année suivante, il fut nommé professeur de dogmatique et d'histoire de l'Eglise à l'université de Zurich ; mais cette nomination fut très-mal accueillie par la population protestante zurichoise, qui ne pardonnait pas au nouveau professeur d'avoir cherché à ruiner l'authenticité des récits évangéliques. Le docteur Strauss fut obligé de se retirer. En 1810, il publia un grand ouvrage intitulé : Dogmatique chrétienne, dans son développement historique et dans sa lutte avec la société moderne (Tubingue, 2 vol.), avec une préface contenant une dissertation sur Schleiermacher et Daub. En 1847, son livre sur Julien l'Apostat produisit une certaine sensation, parce qu'on crut trouver des allusions a un souverain contemporain. En 1848, après avoir publié Six discours au peuple sur la théologie et la politique, il se porta candidat aux élections pour la diète wurteinbergeoise et fut nommé par sa ville natale ; mais, contre l'attente générale, il prit rang parmi les membres animés d'un esprit réactionnaire, et les manifestations malveillantes de ses électeurs le décidèrent bientôt à donner sa démission.

Retiré dans sa ville natale, où il vécut depuis sans exercer aucune fonction publique, le docteur Strauss a publié successivement : Vieda Sc/iubert d'après ses leltresiBerWn^MQ, 2 vol.) ; Christian Maerktin ou un Type moderne (Manheim, 1S51); Vie et écrits de Nicodème Frischlin (Francfort, 1856); puis enfin une biographie de Ulrich de Hutten. En 1864, il lit paraître une édition complètement

STRE

remaniée de sa Vie de Jésus, d'après laquelle a été faite la traduction donnée par MM. Nefftzer et Dollfus. Dans ces derniers temps, le docteur Strauss a soutenu les théories darwiniennes, dans une série de lettres adressées à la Gazette d'Augsbourg. Son dernier ouvrage, qui a paru à Leipzig en 1872, avait pour titre : Aperçu sur l'ancienne et la nouvelle foi. Il y parle longuement de ce qu'on appelle les vieux catholiques, et, sans accepter leurs doctrines, il semble du moins encourager leurs efforts. On a trouvé dans ses papiers deux ouvrages non terminés : la Vt'e de Lessing et la Vie de Beethoven.

STRAUSS (Louis), écrivain belge, né à Bruxelles en 1844. Après avoir obtenu son diplôme de capacité à l'institut supérieur de commerce d'Anvers, il fut nommé élève consul en 1862 et visita la France, l'Allemagne, la Suisse, le Danemark et l'Angleterre.^

En 1864, le cabinet de Bruxelles l'envoya aux Etats-Unis et au Canada. De retour en Europe en 1865, il collabora à quelques journaux et devint rédacteur en chef de la Hevue économique, qu'il quitta en 1869 pour aller remplir les fonctions de consul de Belgique au Japon. Dévoué aux intérêts du parti libéral, lorsque le cabinet catholique arriva au pouvoir en 1870, il donna sa démission et reçut le titre de consul honoraire. Ses principaux ouvrages sont : le Zollverein (1863); les Etats-Unis (1866) ; le Canada (1867) ; la Chine (1874); Souvenirs de mon voyage autour du monde (1875).

STRAUZIE s. f. (strô-zl — de Straus-Durkhein, natur. fr.). Entom. Genre d'insectes diptères, de la tribu des muscides, groupe des myodines, dont l'espèce type se trouve h Philadelphie.

STRAVADIE s. f. (stra-va-dî). Bot. Genre de la famille des myrtacées, tribu des barringtoniées, réuni par plusieurs auteurs, comme simple section, aux barringtonies.

STRAVOLÈME s, m. (stra-vo-lè-me). Infus.

Genre d'infusoires, du groupe des trichodés, dont l'espèce type vit dans les eanx marines.

STRAVROPOL, ville de la Russie d'Europe, chef-lieu du gouvernement de son nom ou du Caucase, dans un pays aride, sur la rive gauche de la Taschela, à 180 kilom. N.-O. de Georgievsk, par 43« 3' de huit.. N. et 39" 39' de longit. E. ; 10,000 hab. de diverses nationalités. Evêchégrec; lycée; plusieurs écoles. Fabrication de cuirs, savons. Commerce important. Les caravanes qui vont de Perse en Russie passent par cette ville.

STRAVROPOL, ville de la Russie d'Europe, dans le gouvernement et à 150 kilom. S.-E. de Simbirsk, sur un bras du Volga ; 3,000 bah. Le centre de la ville forme une espèce de citadelle flanquée de tours. On y voit une belle cathédrale de construction moderne.

STREATER (Robert), peintre anglais, né à Covent-Garden en 1624, mort en 1680. Il cultiva les genres de peinture les plus variés, peignit des tableaux historiques, des portraits, des fresques, entre autres celles du plafond du théâtre d'Oxford, etc. Il grava aussi à l'eau-forte. Il était peintre du roi Charles II, qui l'avait pris en amitié. Lorsque cet artiste fut tombé gravement malade, le roi fit venir un médecin de Paris; mais Streater mourut avant l'arrivée du médecin.

STRÉBANTHE s. m. ( stré-ban-te). Bot.

Genre de plantes, de la famille des ombellifères, tribu des saniculées, dout l'espèce type croît dans l'Amérique du Nord.

STHÉUÉE (Jacques-Louis), en latin Sirobœus, philologue français du xvie siècle, né à Reims, mort vers 1550. Il enseigna les humanités au collège de Sainte-Barbe à Paris et professa ensuite la rhétorique dans l'université de sa ville natale.Vers la fin de sa vie, il fut obligé de se faire correcteur d'imprimerie. On a de lui : des versions latines des Morale», des (Economiques et des Politiques d'Aristote (réunies en 1556, in-8»); une édition de l'Orateur de Cicéron, avec comment, en latin (Paris, 1540, in- fol.), réimpr. par Léger-Duehesne (Leodegareus a Quercu), avec comment, supplémentaires (Paris, 1553, in-fol., 1561, in-40); une édition des Partitions oratoires de Cicéron, avec commentaire en latin (Paris, 1543, in-4»); enfin un ouvrage intitulé : De electione et oratorio collocutione verbontm libri duo ad Joliannem Venatorem cardinalem (Jean le Veneur) [Paris, 1538, in-4"; Lyon, 1541, in-8<>].

STRÈBLE s. m. (strè-ble — du gr. streblos, recourbé). Entom. Genre d'insectes diptères, de la famille des pupipares, tribu des coriaces, dont l'espèce unique vit en parasite sur les chauves-souris de l'Amérique du Sud.

STRÉBLOCARPE s. m. (stré-bio-kar-pe — du gr. streblos, tortu ; karpos, fruit). Bot. Genre d'arbustes, de la famille des capparidées, comprenant quatre esp'^es, qui croissent dans les contrées tropicales de l'ancien continent.

STRÉBLOCAULEs. m. (stré-blo-kô-le — du gr. streblos, tortu; kaulos, tige). Bot. Genre de champignons, du groupe des botrytis.

STRÉBLOCÈRE s. m. (stré-blo-sè-re — du gr. streblos, tortu; keras , corne). Entom. Genre d'insectes hyménoptères, de la famille des ichneuinoniens, tribu des braconides.

STRÉBLORHIZE s. m. (stré-blo-ri-ze — du

STRE

f t. streblos, tortu; rhiza, racine). Bot. Syn. e CXUNTHB, genre de légumineuses.

STRÉBLOTE s. m. (stré-blo-te — du gr.

streblos, recourbé ; ous, oreille). Entom. Genre d'insectes lépidoptères nocturnes, de la tribu des bombycides.

STRÉBLOTRIQUE s. m. (stré-blo-tri-ke — du gr. streblos, tortu ; trix, poil). Bot. Genre de plantes, de la famille des mousses.

STRECKER (Guillaume), peintre allemand, né en 1795, mort en 1857 à Stuttgard, où il était conservateur du musée de peinture. Il a peint surtout des scènes historiques et romantiques, puisées en partie dans les ouvrages de divers poètes, en partie dans ses propres conceptions. On cite, parmi ses tableaux : Scène du Talisman de Walter Scott; une Moissonneuse et une Vue de Normandie d'après Uhland ; Agar dans le désert.

STRECKÈRE s. f. (strè-ltè-re — de Strecker, n. pr.). Bot. Genre non adopté de plantes, de la famille dfts composées, tribu des chicoracées, formé aux dépens des thrincies.

STRBCKFUSS (Adolphe-Frédéric-Charles), littérateur allemand, né à Géra en 1779, mort en 1844. Il étudia le droit à Leipzig, résida, de 1801 à 1803, en qualité de précepteur, chez un de ses oncles à Trieste, où il acquit une connaissance approfondie de la langue et de la littérature italiennes. En 1803, il se rendit à Vienne, où il publia différentes poésies, entre autres Butk, poème en quatre chants (1805). En 1806, il revint en Saxe, se fit inscrire comme avocat, entra plus tard dans la magistrature et fut appelé en 1819 à Berlin, où il reçut le titre de conseiller intime du gouvernement près du ministère de l'intérieur. Nommé, en 1860, membre du conseil d'Etat, il prit sa retraite trois ans après. Streckfuss s'est fait une place éminente dans la littérature allemande par ses poésies et ses romans, mais surtout par les traductions qu'il a données du Roland furieux de l'Arioste (Halle, 1818-1820,5 vol.) ; de la Jérusalem délivrée du Tasse (Leipzig, 1822, 2 vol. ; 1847, 40 édit. ) de l'Enfer, le purgatoire et le paradis de Dante (Halle, 1824-1826, 3 vol. ; 1841, 3e édit.), et d'Adelgis (Berlin, 1827), tragédie de Manzoni. Citons encore, parmi ses œuvres originales: Altimonet ZomiVe.poSme en six chants (Leipzig, 1808); Nouvelles poésies (Halle, 1834) et deux recueils de Nouvelles (Dresde, 1813; Berlin, 1830). Les fonctions qu'il remplissait l'obligèrent, pendant la dernière partie de sa carrière, à prendre part à la discussion des questions politiques de l'époque, sur lesquelles il a publié, entre autres écrits : De l'organisation des villes prussiennes (1828) , brochure dirigée contre F. de Raumer; Sur les garanties des Elatsde Prusse (1830) ; Des rapports des juifs avec les Etats chrétiens (1833); Comparaison des deux organisations des villes prussiennes (1841).

Sirogn (la), roman d'Ernest Foccinet (1832, 2 vol. in-8"). Ce livre, peu connu aujourd'hui, est un de ceux qui se rattachent par les allures et la manière à l'école romantique que venaitd'afrtnnersibrillammenten 182U Yllernani de Victor Hugo, La révolution commencée en poésie se continua dans le drame , puis dans le roman. La Strega est un roman divisé par parties, subdivisées elles-mêmes en chapitres munis de nombreuses épigraphes, empruntées pour la plupart aux poètes. Le livre est lui-même plus souvent lyrique que dramatique. L'action se passe en Italie, milieu commode et qui permet à l'auteur des digressions nombreuses, f Dans le roman, dit M. H, Babou, à travers une fable attachante, où l'esprit du lecteur est comme balancé perpétuellement entre le fantastique et le réel, le pofite prend par instants la place du romancier: il décrit, il rêve, il évoque; ses souvenirs de voyage l'assaillent et il s'y arrête ; l'émotion le gagne et il su livre à elle. Voici les paysages de ia Sicile, les soleils couchants, les nuits étoilées sur le lac de Côme. Si l'héroïne au sortir du couvent se trouble dans l'appréhension d'un maître inconnu, rame du poète vibre aussitôt à l'unisson de sa créution et nous chante en prose rliyihinée les plaintes de la jeune fille ; si l'époux outragé, domptant sa fureur, se résout à couver dans le silence une vengeance sure, l'effet de ce silence effrayant s'empare des nerfs et du cerveau du narrateur, et voilà deux pages de strophes sur le silence et sa puissance mystérieuse. » Ces digressions lyriques étaient alors à la mode et, jointes aux épigraphes, donnaient à un livre une teinte mélancolique qui se retrouve dans tous les romans de cette période. La Strega, bien qu'un peu vieillie aujourd'hui comme forme, mériterait d'être réimprimée. Elle figurera probablement dans la nouvelle bibliothèque romantique que prépare l'éditeur Lemerre.

STREI1LA, ville du royaume de Saxe, cercle de Leipzig, bailliage et à 9 kilom. N.-E. d'Oschatz, sur la rive gauche de l'Elbe; 2,790 hab. Fabrication de poteries, cuirs produits chimiques. Commerce de blé, bois et charbon.

STREHLEN, ville de Prusse, province de Silésie, régence et à 48 kilom. S. de Breslau, ch.-l. du cercle de son nom ; 5,107 hab. Fabrication de draps, cotonnades, rubans; filatures de laine ; carrière de porphyre.

STREJN (Richard), en latin Streianiua, baron dk Sch'wakzenan , littérateur latin et

STRE

homme d'Etat autrichien, né vers 1538, mort au château de Freideek en 1600. Il fut membre du conseil privé de l'empereur d'Autriche, grand trésorier ou surintendant des finances et grand maître ou inspecteur de la bibliothèque impériale. Il a fait paraître dans sa jeunesse un ouvrage intitulé : Gentiurii et familiarum Romanorum stemmata (Faris, Henri Estienne, 1559, in-fol. ; rééd. à Venise, 1571, in-4», et 1589, in-8°). Parmi les ouvrages manuscrits qu'il légua en mourant à la bibliothèque de Vienne, on cite celui intitulé : Anti-Anicius; c'est une réfutation de la dissertation d'Arnold Wion intitulée : De antiquissima... familia Anicia, etc.

STREIT (Frédéric-Guillaume), géographe allemand, né à Ronneburg en 1772, mort à Berlin en 1839. Il combattit en 1797-1800 sur le Rhin et entra ensuite dans l'armée autrichienne, où il devint, en 1805, lieutenant d'état-major. Ayant quitté l'armée après la conclusion de la paix, il fut placé à la tête du bureau géographique de Lichtenstern, à Vienne. Il y travailla, ainsi que dans le comptoir industriel deWeimar, à la publication de grandes cartestopogiaphiques.il fut ensuite professeur au gymnase d'Hildburghauser et entra enfin comme capitainedans l'armée prussienne. En 1832,41 en sortit major. On a de l"i : Lehrbuckder reinen Mathematik (Weimar, 1816-1833, 10 vol.); Worterbuch der Schtachten, Belagerungen, etc. (Berlin, 1820); Géographie der preussischen Staates (Berlin, 1836). Il a aussi publié diverses cartes et un Atlas fdr Ollilitàrschulen (Erfurt, 1829).

STRELET s. m. (stre-lè). Ichthyol. Syn. de sterlet : La chair du stkelet passe pour être très-délicate. (V, de Bomare.)

— EllCyCl. V. STERLET.

STRÉLITZ s. m. (stré-litss — du russe strelets, tireur). Nom donné aux soldats d'un ancien corps d'infanterie moscovite : Le corps des strélitz fut dissous par Pierre le Grand. (Acad.) Avant Pierre Ier, la principale force de l'empire russe consistait dans les strélitz, milice à peu près semblable aux janissaires turcs. (Fonten.)

— Encycl. Le corps des strélitz constitua la garde des czars, instituée par Ivan IV vers 15-15. Elle formait l'infanterie de l'armée de l'empire et comptait environ 40,000 hommes. Les strélitz jouèrent dans l'histoire russe u cette époque le rôle de toutes les gardes prétoriennes et, se rendirent plus d'une fois redoutables k leurs maîtres. Pierre le Grand les décima cruellement et exila les débris à Astrakhan. Une nouvelle révolte amena leur destruction définitive eu 1705. V. Pierre le Grand et Rcssie,

STRELITZ (ALT-), en français Vieux-Sirelilz, petite ville de l'Allemagne du Nord, dans le grand-duché de Meoklembourg-Strelit2, à 6 kilom. S.-E. de Neu-Strelitz; 4,500 hab. Fabrication de tabac et de cuirs.

STRELITZ (NEU-), c'est-à-dire Nouveau- Strelitz, vilie de l'Allemagne du Nord, dans le grand-duché de Meckleinbourg-Strelitz , capitale du grand-duché, sur le bord oriental du lac de Zieritz, à 105 kilom. N.» de Berlin, à 140 kilom. N.-E. de Schwerin, par 53" 22' de huit. N. et 10" 51' de longit. E.; 8,560 hab. Résidence du grand-duc, siège du gouvernement et des administrations du grand-duché. Gymnase, école secondaire, école normale, école des beaux-arts. Brasseries, distilleries ; commerce de blé et de laines. Cette ville, fondée en 1740, est bâtie en forme d'étoile k huit rayons, de sorte que du milieu de la place du Marché on voit les huit rues de la ville. On y remarque le château grand-ducal, entouré d'un beau jardin, dans lequel se trouve une copie en plâtre du monument de la reine Louise, par Rauch ; l'église de la cour; l'église paroissiale ; la bibliothèque publique, contenant 70,000 volumes; un théâtre et un musée d'antiquités avec collection de médailles. Aux environs, on voit le château grand-ducal de Hohen- Zieritz, agréablement situé près des rives du lac de ce nom.

STRÉLITZIE s. f. (stré-li-tzî — de, Strélitz, nom d'homme). Bot. Genre de plantes, de la famille des tiiusaeées, comprenant plusieurs espèces, qui croissent au Cap de Bonne-Espérance : La strélitzie ovée est la plus belle de toutes. (T. de Bemeaud.)

— Encycl. Les strélitzies sont de grandes plantes vtvaces, à feuilles radicales très-grandes, distiques et longuement pétiolées, àgrundes et brillantes fleurs, sortant de l'ouverture d'une grande spathe monophylle, ployéo en bateau, qui termine obliquement une hampe couverte de gaines foliacées; le périanthe a six divisions alternant sur deux rangs, les trois extérieures d'un jaune orangé très-vif, les intérieures d'un beau bieu; le fruit est une capsule k trois loges polyspermes. Ces végétaux croissent au Cap de Bonne-Espérance. Leurs graines sont féculentes et alimentaires. L'espèce ia plus connue est la strélitzie de la reine, magnifique plante d'ornement, haute de l mètre k ibj.dO, que l'on cultive parfois en serre chaude, mais qui s'accommode très-bien d'une serre tempérée. On la multiplie par éclats de pied. La strélitzie farineuse a ses feuilles couvertes d'une efflorescence blanchâtre.

STRÉLUGE s. m. (stré-lu-je). Ane. Coût.

Droit de mesurage sur les blés.

STRE

BTREMME s. m. (strè-me — gr. siremma, proprement objet contourné; de strepbô, je tourne). Métrol. Mesure agraire des Grecs modernes, valant 10 ares.

STREMPÉLIE s. f. (stran-pé-ll). Bot. Genre d'arbustes, de la famille des rubiacées, dont l'espèce type croît à la Guyane.

STRÈNE s. m. (strè-ne — du gr. sirènes* rude). Entom. Genre d'insectes coléoptères» de la famille des charançons, tribu des érirhinides, dont l'espèce type habite la Normandie.

STRENGNCES, ville de Suède, dans la préfecture et à 66 kilom. N. de Nykœping, sur une presqu'île formée sur la rive méridionale du lac Maelarn ; 1,800 hab. Evêché luthérien ; gymnase où fut élevé Gustave Wasa. Belle église paroissiale. Petit port de commerce.

STRÉNIE s. f. (stré-nî — du gr. strênês, rude). Entom. Genre d'insectes lépidoptères nocturnes, de la tribu des phaléuides, dont l'espèce type habite l'Europe.

— Encycl. Les strénies sont caractérisées par des antennes simples dans les deux sexes ; les palpes très-courtes; ia trompe allongée; les ailes toutes de même couleur, marquées de lignes longitudinales et transversales, qui se coupent à angle droit. Les chenilles sont lisses, minces, cylindriques, k tête convexe, débordant le premier anneau; elles vivent sur diverses légumineuses, notamment les luzernes et les inélilots, et se transforment, & la surface même du soi, dans une sorte de coque lâche, mélangée de grains de terre. La strénie à barreaux a environ 0m,02 d'envergure ; les ailes d'un jaune pâle, ponctuées de brun, avec des nervures de cette dernière couleur, formant une sorte de grillage. Cette espèce est très-répandue, notamment dans les champs de luzerne, dont sa chenille se nourrit.

STRÉPÈRE s. m. (strépè-re). Ornith. Nom scientifique du genre réveilleur.

STRÉPHlE s. f. (stré-fî — du gr. strepliô, je tourne). Bot. Genre de plantes, de la famille des graminées, tribu des panieées, dont l'espèce type croit au Brésil.

STRÉPHOGYSTE s. m. (stré-fo-si-ste — du gr. strephô,je contourne; kuslis, vessie). Bot. Syn. de cosmarion, genre de desmidiées.

STR5PH0PTÉR1S s. m. (stré-fo-pté-riss — du gr. strephô, je contourne ;pteris, fougère). Bot. Genre de fougères, dont l'espèce type,

Eeu connue, a été trouvée dans les terrains ouillers de la Bohême.

STREPSAPTODACTYLE s. m. (strè-psa-ptoda-kti-le — du gr. strepsis, contournement; apios, solide; daktulos, doigt). Ornith. Syn. de strigidébs ou rapaces nocturnes.

STREPSIALE s. m. (strè-psi-a-le). Ornith. Nom scientifique des tourne-pierres.

STREPSICÈRE adj. (strè-psi-sè-ro — du gr. strepsis, action de contourner; keras, corne). Zool. Qui a les cornes contournées en spirale.

STREPSICHROTE adj. (strè-psi-kro-te — du gr. strepsis, contournement; chrâs, corps). Erpét. Dont le corps Se contourne.

— s. m. pi. Genre de reptiles ophidiens.

STREPSIDURE s. m. (strè-psi-du-re — du gr. strepsis, contournement; oura, queue). Moll. Genre de mollusques gastéropodes pectinibranehes, du groupe des pourpres.

STREPSILAS s. m. (strè-psi-lass). Ornith. Syn. de strepsiale.

STREPSIPTÈRE adj. (strê-psi-ptè-re —du gr. strepsis, contournement; pteron, aile). Entom. Qui a les ailes contournées.

— s. m. pi. Ordre d'insectes, caractérisés surtout par des ailes postérieures repliées en éventail, et appelés aussi khipiptekes : On connaît peu l'organisation des Strepsiptèrks. (Bjanchard.)

— Encycl. V. rhipiptère.

STREPSIRHIN, INE adj. (strè-psi-rain, i-ne

— du gr. strepsis, contourriement; rhin, nez). Wamm, Qui a le nez contourné.

— s. m. pi. Famille de mammifères quadrumanes, comprenant les genres indri, lori, maki, tarsier, etc.

STREPTACHNE s. m. (strè-pta-kne — du gr. streplos, tordu ; achnê, arête). Bot. Genre de plantes, de la famille des graminées, tribu des stipacées, dont l'espèce type croît en Australie.

STREPTANTHE s. m. (strè-ptan-te — du gr. streptos, tordu ; anlhos, fleur). Bot. Genre de plantes, de la famille des crucifères, tribu des arabidées, comprenant une douzaine d'espèces, qui croissent dans les contrées occidentales de l'Amérique du Nord.

STREPTAXIS s. m. (strè-pta-ksiss — du gr. streptos, tordu; axis, axe). Moll. Genre ou sous-geure de mollusques gastéropodes pulmonés, formé aux dépens des hélices.

STREPT1CÈRE adj. (strè-pti-sè-re — du gr. streptos, contourné ; keras, corne). Mamra. Qui a les cornes contournées.

— s. f. Section du genre antilope.

STREPTIUM s. ta. (strè-pti-omm — du gr. streptos, contourné). Bot. Syn. de priva, genre de verbénacées.

STREPTOCARPE adj. (strè-pto-kar-pe — du gr. streplos, tordu; tcarpos, fruit). Bot. Qui a des fruits contournés en spirale.

STRE

— s. m. Genre de plantes, de la famille des gesnéracées, formé aux dépens des didymocarpes, et comprenant sept ou huit espèces.

STREPTOCAULON s. m. (strè-pto-kô-lon

— du gr. streptos, tordu ; kaulân, tige). Bot. Genre de plantes grimpantes, de la famille des asclépiadées, comprenant six espèces, qui croissent dans l'Inde et les lies voisines.

STREPTOCÈRE s. m. (strè-ptc-sè-re — du gr. streptos, contourné; keras, corne). Entom. Genre d'insectes coléoptères pentamères, de la famille des lamellicornes, tribu des lucanides, dont l'espèce type vit au Chili.

STREPTOCHÈTE s. m. (strè-pto-kè-te — du

fr. streptos, tordu; chaitê, soie). Bot. Genre e plantes, delà famille des graminées, tribu des festucées, dont l'espèce type croît au Brésil,

STREPTOGYNE s. m. (strè-pto-ji-no — du

fr. streptos, tordu; gunê, femelle). Bot. Genre e plantes, de la famille des graminées, tribu des festucées, dont l'espèce type croît dans les régions chaudes de 1 Amérique. '

STREPTOPE s. m. (strè-pto-pe — du gr.

streptos, tordu ; pous, pied). Bot. Genre de plantes, de la famille des liliacées, tribu des asparagées, comprenant plusieurs espèces, qui croissent en Europe et dans l'Amérique du Nord.

STREPTOPÉTALE s. m. (strè-pto-pé-ta-le du gr. streptos, tordu, et de pétale). Bot. Genre de plantes, de la famille des turnéracées, réuni par plusieurs auteurs aux wormskioldies.

STREPTOSPONDYLE s. m. (strè-pto-spondi-le — du gr. streptos, contourné ; spondulos, vertèbre). Erpét. Genre de reptiles sauriens fossiles, de la famille des crocodiliens.

STREPTOSTACHYS S. m. (strè-pto-sta-kiss

— du gr. streptos, tordu ; stachus, épi). Bot. Genre de plantes, de la famille des graminées, tribu des panieées, réuni par plusieurs auteurs aux panics.

STREPTOTHEIX s. m. (strè-pto-trikss — du gr. streptos, tordu ; thrix, poil). Bot. Genre de champignons filamenteux.

STRÉSOR (Anne-Marie-Rënée), peintre, membre de l'ancienne Académie royale de peinture et de sculpture, née à Paris en 1651, morte à Chaillot en 1713. Fille de Henri Strésor, qui fut aussi peintre estimé, elle apprit de son père les éléments de l'art et s'adonna d'abord k la peinture en miniature. Elle fut reçue membre de l'Académie de peinture le 24 juillet 1676, d'après E. Sellier. • Nous possédons peu de détails, dit ce critique, surll"» Strésor; nous savons seulement qu'elle était de petite taille et de faible coraplexion ; qu'elle avait dans sa jeunesse un penchant très-prononcé k la coquetterie ; qu'elle prenait un très-grand soin de ses ajustements et de ses cheveux, qui étaient fort beaux. Elle aimait le monde, la musique et surtout la peinture. Son esprit, aimable et cultivé, attirait chez elle les personnes du plus haut rang, et certain portrait qu'elle exécuta de la dauphine Marie-Anne-Christine de Bavière, qui n'était pas plus gros que la tète d'une broquette, lui assura une véritable réputation. Cette miniature fit sensation à la cour. » Peu de temps après cependant, Anne Strésor quitta le monde pour entrer dans un couvent. De 1678 à 1680, elle perdit coup sutcoup son père, sa mère, un frère et une sœur; peut-être aussi fut-ce un dépit d'amour qui dicta sa résolution. Elle fut conduite au monastère de Chaillot par un grand personnage, dont les chroniqueurs de l'époque taisant le nom et qui avait manifesté le plus vif désir de l'épouser ; il se fit chartreux immédiatement après qu'elle eut fait profession. Les religieuses de Chaillot, voulant tirer profit du talent de leur nouvelle recrue, l'admirent sans qu'elle versât la dot exigée par les statuts de l'ordre et lui demandèrent seulement d'apprendre la peinture à l'huile afin de pouvoir décorer de grands tableaux l'église qu'on venait de leur bâtir. Eu 1688, M''e Strésor peignit pour cette église une Immaculée Conception, qui fut placée derrière le maître-autel, et ne cessa depuis lors de travailler avec une grande assiduité. Au xvinc siècle, il n'y avait guère d'endroits dans ie monastère où l'on ne trouvât quelques-uns do ses ouvrages ; elle avait fait un nombre considérable de grands tableaux pour le chœur de l'église, l'avant-chœur, le parloir et une multitude do petits, soit à l'huile, soit en miniature. Toutes ses œuvres sont dispersées, et le Louvre ne possède rien d'elle, pas même son morceau de réception.

STRETTE s. f. (strè-te — de l'ital. stretto, étroit, formé du lut. strinyere, étreindre). Etreinte : A la première STRktte que donne ta goutte au roi, il a beau être sire et majesté.... (Montaigne.) u Vieux mot.

— Mus. Partie d'une fugue dans laquelle on ne rencontre plus que des fragments du sujet, et qui ressemble à un dialogue véhément et pressé. Il Mouvement ucoéléré des Anales d'opéra, n Strette magistrale, CelLô qui termine une fugue, quand celle-ci est en canon, il On dit aussi stretta, à l'italienne.

— Encycl. Mus. La. strette est la dernière et la plus brillante partie de la fugue, celle dans laquelle le musicien, resserrant à la fois le dessin mélodique et le tissu harmonique de

STRr

sa composition, ne reproduit plus que p-.ir fragments, d'une allure rapide, le sujet précédemment traité par lui avec tous les développements nécessaires.

Voici la place que doit occuper la strelle dans la composition générale de la fugue. Supposant une ligne sur laquelle la composition fuguée s'expose ainsi : sujet — réponse — sujet — réponse ; — épisode — réponse — sujet — épisode —strelte — épisode — strette plus serrée — épisode — strette la plus sériée; — pédale — canon et conclusion. On voit par cette marche que les strettes forment un des principaux développements de la fuguo et de combien d'effets elles sont susceptibles d'enrichir cette composition.

A ce moment suprême de la fugue, le compositeur partage son sujet en diverses portions et les travaille les unes et les autres au moyen de toutes sortes d'imitations. Tandis que dans le cours de la fugue on attend, pour exposer la réponse, que la proposition, c'estk-dire le thème du sujet, soit entièrement achevée, dans la strette, au contraire, on fait entrer la réponse avant la terminaison du sujet, on les combine on les enchevêtre tous deux, sans altérer ni l'un ni l'autre, du tout an moins en les altérant le moins possible. • Cette manière de procéder vers la conclusion d'une fugue, dit Castiï-Blaze, a été adoptée par les grands maîtres comme étant propre k répandre un nouvel intérêt dans le discours, à lui donner plus de vie, à mesure qu'il se précipite vers sa péroraison, et à laire jaillir une foule de beautés musicales de ce choc d'idées, qui se succèdent avec rapidité. Tels ces acteurs qui ont commencé leur scène en débitant des couplets d'une certaine étendue s'échauffent peu à peu et finissent par donner à leur dialogue une telle véhémence, que le vers répond au vers, le mot au mot. »

Avec un sujet d'une certaine longueur, on peut faire deux, ou trois, ou quatre slreiles différentes, en observant la loi de progression qui veut qu'à mesure qu'elles se succèdent elles soient de plus en plus serrées. Un sujet court ne fournit le plus souvent qu'une strette, qu'on répète deux ou trois fois avec quelques variations. Ainsi, dans une fugue à quatre parties, on présente la strette la première fois entre la basse et le soprano, la seconde entre l'alto et le ténor, la troisième entre trois parties, etc.; la strette la plus serrée, est considérée Comme la principale et placée, à cause de l'intérêt qu'elle présente, vers la fin de la fugue. On considère comme un coup de maître de la traiter en canon, et elle prend alors le nom de strelte magistrale; enfin, pour couronner l'œuvre, on conclut d'ordinaire par une pédale (v. ce mot), où tomes les richesses de l'harmonie sont réunies.

STRETTO adj, tn. (strètt-lo — mot ital. formé du lat. stringere, serrer). Ce mot indique, sur les partitions, que le mouvement doit devenir rapide.

STREVI, bourg du royaume d'Italie, province d'Alexandrie , district et mandement d'Acqui; 2,206 hab.

STRIATELLE s. f. (stri-a-tè-le — dimin. du lat. slriaius, strié). Bot. Genre d'algues, de la tribu des diatomées ou bacillariées, dont l'espèce type vit en pan-asite sur les algues marines.

STRIATIONS. f. (stri-a-si-on — rad. strier). Action de strier; état de ce qui est strié.

STRIATULE s. f. (stri-a-tu-le — dimin. dô strie). Bot. Genre de mousses.

STU1BOG, idole slave, adorée à Kiev jusqu'à ce que le grand-duc Vladimir fit détruire sa statue. On ligurait cette divinité avec une tête de bœuf, ornée d'oreilles d'âne et la gueule ouverte. La tête, sans corps, était placée sur un fût de colonne. Suivant certains commentateurs, elle commandait aux vents et aux tempêtes- d'autres l'ont préposée k la punition des blasphémateurs et des impies.

STRIBORD s. m. (stri-bor). Mar. Ancienne orthographe du mot triboud : On force ensuite deux chenaux d'entrer dans l'eau, l'un à stribord, l'aulre à bâbord du canot. (Bougainville.)

STRICAGE s. m. (stri-ka-je — rad. slriquer). Techn. Action de striquet : Le stricage du drap.

STRICHOSE s. f. (stri-ko-ze — du gr.

slrix, strie). Entom. Gente d'insectes coléoptères tétrainères, de la famille des cycliques, Lribu des chrysomélines, comprenant trois ou quatre espèces.

STRICK s. m. (strik). Métrol. Mesure de capacité usitée en Bohême, et valant loe'i',*"!.

STRICK VAN L1NSCHOTEN (baron), poëte et littérateur hollandais, né U Utrecht en 1769, mort à Bologne le 25 juillet 1819. De 1795 ii 1801, il fut ambassadeur de Hollande à Stuttgard. En 1804, il se retira dans sa terre de Linschoten et, après l'annexion de la Hollande à l'empire, vécut dans un exil volontaire kManheim. En 1819, il fit un voyage en Italie, où il mourut. Il a occupé un rang distingué dans le Parnasse hollandais et a composé, outre des ouvrages poétiques, plusieurs ouvrages de philosophie, d'histoire, do botanique et d'agriculture.

STR1CKER, poète allemand du xm* siècle.

Il vivait en Autriche ver3 1240. U a écrit

STRI

deux poèmes épiques : )' Expédition de Charlemagne en Espagne (imprimée à Quedlinbourg, 1857) et Daniel von Blubenthal, et, de plus, un grand nombre do poésies humoristiques, contes, fables, etc.

STRJCKER (Jean), théologien allemand, né à Lubeck, mort dans la même ville en 1598. Il est l'auteur de deux pièces : la Pieuse comédie de la déplorable chute d'Adam et d'Eve (1590) et le Débauché allemand (Der Deutsche Schlemmer) [1588], traduit en bas allemand en 1593.

STIUCKLAND (Jane-Margaret), femme de lettres anglaise, née a Reydon-Hall, comté de Suffolk, en 1805. Ses premiers essais, spécialement destinés à la jeunesse, parurent dans un recueil intitulé : Jeunesse, ne m'oublie pas. Puis elle écrivit plusieurs ouvrages tendant à In moralisation des classes ouvrières. Son œuvre principale est une Histoire de Rome, dont la publication a commencé en 1854, et dans laquelle elle parle do la Rome antique au triple point de vue de la conquête, de la civilisation et du mouvement intellectuel.

STR1CKLAND (Agnès), femme de lettres anglaise, sœur de la précédente, née à Reydon-Hall, comté de Suffolk, en 18ûù. Elle reçut par les soins de son père une brillante et solide instruction, et ses parents ayant perdu leur fortune, elle résolut de chercher dans la littérature des moyens d'existence. En 1821, elle écrivit un poème, le Champ de bataille de Worcester, bientôt suivi d'un autre ouvrage, Demetrius, inséra ensuite d'autres essais dans des magazines et des keapsakes et publia quelque temps après une série de petits livres à l'usage de l'enfance, qui eurent une grande vogue. Tels sont : les Histoires tirées de l'histoire, Enfants célèbres de l'Angleterre, Aida, les Petits Robinsons Crusoé. Sa première œuvre véritablement importante est un recueil de scènes historiques, les Pèlerins de Walsingham (1835). Elie a fait paraître depuis : la Biographie des reines d'Angleterre depuis la conquête jusqu'à Victoria, en collaboration avec sa soeur Elisabeth (1843-1851, 8 vol. in-8°); la Biographie des reines d'Ecosse (1852-1856, i vol. in-8<>), qui a obtenu plusieurs éditions; des Scènes historiques, en vers, etc.

STK1CKLAND (Catherine-Parr), femme de lettres anglaise, sœur des précédentes. Elle a publié divers ouvrages sur le Canada, .où elle a accompagné son mari, M. Trail, officier dans l'armée anglaise. Nous citerons particulièrement : les Forêts d'Amérique, les Robinsons canadiens, enfin un Guide desémigraules, à l'usage des femmes qui vont habiter l'Amérique du Nord.

STR1CKLAND (Susannah), femme de lettres anglaise, sœur des précédentes. Elle s'est mariée avec M. Moodie, qui était officier au même régiment que son beau-frère, et jouit aux Etats-Unis d'une certaine réputation que lui ont acquise ses romans; dont les deux plus connus sont : Flora Lmdsay et Marc Hurdlestone, réimprimés tous deux en Angleterre. Elle a donné aussi sous une forme autobiographique le récit de ses aventures au Canada. — Un frère des précédentes, John Strickland, a suivi le métier des armes et s'est fait connaître par un ouvrage intéressant intitulé : Vingt-sept ans dans l'ouest du Canada (2 vol. in-8<>).

STR1CKLAND (Hugues-Edwin), géologue anglais, de la même famille que les précédents, né à Righton le 2 murs 1811, mort le 14 septembre 1853. Il étudia ù Oxford, accompagna en 1835 le colonel Ilamilton dans son voyage en Orient et professa la géologie à l'université d'Oxford. 11 a publié des travaux sur la géologie du Bosphore de Thrace, des environs de Stuyrne et de l'Ile deZante; une Bibliographie de la zoologie et de la géologie (Londres,il847-I854) ; le Dodo et son espèce ou Histoire et affinités du dodo solitaire et autres espèces d oiseaux éteintes (Londres, 1848). H a aidé Murchison à lu rédaction du Système silurien et a inséré des articles dans un grand nombre de revues. Il fut tué dans un accident de chemin de fer.

STK1CKNER (Joseph), peintre, né à Inspruek en 1744, mort dans la même ville en 1826. Il fut élève de Kirehebner et orna de fresques plusieurs églises. Il peignit aussi des portraits. On cite parmi ses tableaux celui du mattre-autel de 1 église de Wiesengen et un Chemin de la croix, a Gries. Le musée d'inspruck possède de cet artiste deux tableaux et un certain nombre de dessins représentant les principaux monuments de la ville d'Inspruck.

STRICT, STRICTE adj. (striktt, stri-kte — du lat. strictus, serré). Etroit, rigoureux, ne laissant aucune latitude : Obligation stricte. Deuoir strict. Sens strict. (Acad.) La probité a pour base l'équité, pour guide la conscience et pour but le strict maintien du droit. (Laiena.) Il est souvent de stricte justice d'accuser les gouvernements des vices des nations. (13. Coust.) Une société fraternelle ne mérite plus ce nom lorsqu'un seul de ses membres manque du strict nécessaire. (A. Coquerel.) L'instruction des enfants est un deooir strict pour l'Etal, si les familles ne peuvent en faire les frais. (Vaeherot.) On ne fait de la stabilité politique qu'avec la plus stricte équité gouvernementale. (K. de Gir.)

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— Exact, sévère, en parlant des personnes : 11 est strict en affaires.

STRICTEMENT adv. (stri-kte-man — rad.

strict). D'une manière stricte : Remplir strictkmknt ses devoirs. On doit traduire largement les orateurs et les moralistes verbeux et strictement tes poêles et les écrivains sentencieux. (J. Joubert.)

STRICTION s. f. (stri-ksi-on — lat. strictio; de strictus, serré). Chir. Constriction, action d'étreindre, de serrer.

STRICTURE s. f. (stri-ktu-fe — du lat.

strictus, serré). Chir. Etat d'un conduit nature] rétréci.

STRIDENT, ENTE adj. (stri-dan, an-te — lat. strideus ; de stridere, crier en grinçant, rendre un bruit dur et aigre, qui est de la même famille que le grec strizo, trizô, même sens, strigmos , trigmos , cri aigu, strix , chouette. Toutes ces formes se rattachent à une racine strig, trig, crier en grinçant, formée par onomatopée. Le d du latin stridere représente le g de la racine. Comparez le grec strizô). Qui rend un son aigre, perçant : Bruit STrfiDUNT. Voix stridente. Soudainement, de soi-même s'ouvrirent , et s'ouvrant firent un bruit strident, un frémissement horrible, comme font ordinairement portes de 1 bronze rudes et pesantes. (Rabelais.)

J STRIDEUR s. f. (stri-deur — lat. stridor ; de stridere, rendre un son strident). Cri aigre et perçant : On fait cesser par un grand bruit la stridkur incommode des grillons. (Buff.) La voix habituelle du cygne privé est plutôt sourde qu'éclatante;. c'est une sorte de strideur parfaitement semblable à ce que le peuple appelle le jurement du chat. (Buff.)n Peu usité.

1 STRIDO, l'ancienne Stridonia, ville de

■ l'empire d'Autriche, dans la Hongrie, coini-

tat de Szalad, à 25 kilom. N.-O. de Waras-

din ; 2,000 hab. L'ancienne Stridonia, dans la

i haute Pannonie, est regardée comme le lieu

• de naissance de saint Jérôme. Pèlerinage

fréquenté.

| STRIDULANT, ANTE adj. (strid-u-lan, an-te — rad. strident). Qui fait un cri perçant.

j — s. f. pi, Entom. Syn. de cicadides, famille qui a pour type les cigales.

I STRIDULATION s. f. (stri-du-la-si-on — ' rad. striduler). Bruit strident que font entendre certains insectes.

I STRIDULEUX, EUSE adj. (stri- du - leu, eu-ze — du lat. stridere, grincer). Un peu strident.

— Pathol. Bruits striduleux, Bruits respiratoires aigus et sifflants. || Laryngite striditteuse, Faux croup.

STRIE s. f. (strî — lat. stria, même sens). Nom qu'on donne à de petits sillons parallèles : Les stries d'une coquille. Les stries des élytres d'un insecte. Les stries de la tige d'une plante. Des stries profondes. (Acad.) La tête du cotte insidiateur présente des stries relevées. (Lacép.)

— Archit. Nom donné aux cannelures avec listel qui ornent des colonnes ou des pilastres.

— Techn. Espèce de nuage plus ou moins opaque qui semble enchâssé dans le verre, et qui a la même couleur que lui, imperfection provenant de ce que le mélange des matières premières n'a pas été fait avec tout le soin convenable et de ce que la température du fourneau n'a pas été bien conduite.

— Hist. nat. Petit sillon longitudinal séparé du sillon voisin et pareil par une ligne saillante ou côte.

— Anat, Nom donné à de3 scissures trèsfines et très-nombreuses que l'on remarque Sur quelques points de certains os. Il On donne aussi ce nom à des lignes de teinte plus foncées que les parties avoisiuaiUes qu;oii observe dans certains éléments anatoiniques et à celles qui résultent de la juxtaposition de fibres , de cellules épithéliales , etc. Dans ce dernier cas, elles indiquent la ligne de juxtaposition de ces éléments.

— Stries sanguines, Filets de sang que l'on rencontre dans le pus et dans les produits sécrétés par les muqueuses malades, comme dans la pneumonie, les crachats des phthisiques, etc.

STRIÉ, ÉE (stri-é) part, passé du v. Strier. Dont la surface présente des stries : Coquille striée. Elytres stries. Tige striée. Graine striée.

— Marqué de lignes parallèles : Une écharpe en soie pourpre, striée de légers fils d'argent, s'enroulait autour de sa tête. (ti. Sue.) Les bords du petit Océan génois, profondément striés, ressemblent à un feston brodé par la main des fées. (A. Jal.)

— Archit. Se dit des colonnes et des pilastres qui sont ornés de cannelures avec listel : Colonne striée. Pilastre strié.

— Anat. Corps striés, Nom donné aux parties saillantes des ventricules latéraux du cerveau.

— s. m. Ichthyol. Nom vulgaire de deux poissons, des genres labre et chétodon.

— 3. f. Ichthyol. Nom vulgaire d'un poisson du genre persègue.

— Moll. Nom vulgaire de diverses hélices et du cyclostonie élégant.

— Encycl. Anat. Les corps striés, au nombre de deux, sont ainsi désignés à cause des

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nombreuses stries blanches qui traversent la substance dont ils sont composés, fis sont symétriques et situés un dans chaque lobe cérébral. Ils se présentent sous la forme d'un corps ovo'ide ou pyriforme, de couleur grise, à convexité tournée en bas et en dehors. Le côté interne de chaque corps strié fait saillie dans le ventricule latéral et offre l'aspect d'une éminence pyriforme dont l'extrémité la plus volumineuse est située en avant et en dehors de la couche optique, et dont l'extrémité pustérieure, beaucoup plus grêle, se prolonge jusqu'à la portion réfléchie du ventricule latéral. Le côté externe répond au lobule de l'insula dont il est entouré; il est plus volumineux que le côté interne et représente un segment d'ovoïde dont la grosse extrémité est dirigée en avant. Les deux noyaux, intra et extra-ventriculaires, qui forment les corps striés sont séparés l'un de l'autre par une lame de libres blanches appartenant à l'épanouissement du pédoncule cérébral correspondant. Les corps striés sont recouverts en dehors par les circonvolutions de l'insula ; en dedans, ils sont en contact avec les couches optiques et la substance grise du troisième ventricule; en avant, ils se prolongent dans l'épaisseur du lobe frontal et se trouvent en rapport avec la portion réfléchie du corps calleux. Les corps striés se composent de substance grise et de faisceaux blancs formant des couches alternativement blanches et grises. Une partie considérable de ces fibres se perd dans la substance grise; mais la plus grande partie court entre les deux noyaux de ce corps, pour se rendre ultérieurement aux circonvolutions cérébrales. (Hirschfeld.)

Les usages des corps striés sont très-peu connus. Plusieurs physiologistes leur ont, assigné des fonctions différentes qui sont encore toutes à prouver. Ainsi Willis plaçait dans le corps strié le sensorium commune ; baucerotte en faisait le centre de mouvement des membres inférieurs; Magendie leur attribuait la force de propulsion qui porte tous les animaux à marcher en avant; mais les expériences de MM. Longet, Schiff et Lafargue ont démontré l'erreur de ces opinions.

STR1EGAU, ville de Prusse, province de Silésie, régence et à 57 kilom. S.-O. de Breslau, ch.-l. de cercle, sur la rivière de même nom; 3,740 hab. Tribunaux ; fabrication de lainages, toiles, cuirs; commerce de grains. Victoire de Frédéric II sur les Austro- Saxons en 1745. V. Hohknfriedberg (bataille de.)

STRIER v. a. ou tr. (stri-é — rad. strie). Faire des stries sur : Le glacier façonne, use, strie les cailloux , tandis que l'eau ne tes strie pas. (L. Figuier.)

STRIGA s. f. (stri-ga). Antiq. rom. Double rang de tentes, se regardant les unes les autres, et séparées par un espace vide, où se plaçaient les armes des soldats, les bétos de somme et les bagages.

— Bot. Nom donné à des écailles étroites et allongées.

— Encycl, Dans les camps romains, chaque rang de tentes, avec la moitié de l'espace qui te séparait du rang faisant vis-àvis, s appelait hemistrigium , dçmi-slriga; la striya comprenait les deux rangs et l'allée qui Jes séparait. Sa largeur normale était de 60 pieds, celle de l'hemistrigiwn, de 30. Cette largeur se divisait ainsi: pour la tente, 10 pieds; derrière latente, un passage ayant (j pieds de largeur; devant la tente, 5 pieds pour les armes, 9 pieds pour les bagages et les bêtes de somme. Le total doune les 30 pieds de 17ieviistrigium, et l'hemistrigium doublé donne la striga, c'est-à-dire 60 pieds. Si l'on retranche dans l'Iiemistrigium les 10 pieds de la tente et les 6 pieds du passage derrière la tente, il reste 14 pieds pour l'espace devant les tentes, et par conséquent, dans la striga, 28 pieds pour l'espace situé entre les deux rangs de tentes.

Quant à la longueur de la striga, elle variait suivant les circonstances. Une centurie légionnaire complète était formée de 80 hommes, qui occupaient dix tentes. La longueur affectée à chaque tente était de 12 pieds, dont 10 pour la tente elle-même et 2 pour les passages latéraux. Par conséquent la longueur de la ligne le long de laquelle se développaient les tentes d'une centurie était de 12 pieds multipliés par 10, c'est-à-dire de 120 pieds. Là-dedans se trouvait compris l'espace attribué au centurion, qui occupait deux tentes ou l'espace de deux tentes. Il résultait do là que les soldats de la centurie n'avaient que huit tentes. On comptait donc 10 hommes par chaque tente; mais comme il y avait toujours 16 hommes de garde, il ne se trouvait jamais dans une tente plus de 8 hommes.

L'hemistrigium pour une centurie avait, comme on vient de le voir, 120 pieds de longueur. La striga pour deux centuries avait la même longueur, avec deux rangs de tentes, et en multipliant cette longueur par la largeur de 60 pieds , on trouve qu'elle occupait 7,200 pieds carrés. Or, une cohorte légionnaire se composait ordinairement de six centuries ou de 480 hommes. D'où il résulte que, si la striga n'avait que la longueur d'une centurie, il y avait pour la cohorte une triple striga, occupant 21,600 pieds carrés. Si la striga était égale en longueur à deux centuries, alors la cohorte occupait une striga plus un hemistrigium, et comme la longueur

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atteignait dans ce nns 240 pieds, et que la largeur était de 90 pieds, il en résultait encore 21,600 pieds carrés. Si la striga occupait en longueur la place de trois centuries, la cohorte ne comprenait qu'une striga; mais la longueur étant de 360 pieds, en la multipliant par la largeur de 60 pieds, on trouvait toujours 21,600 pieds carrés.

D'ordinaire la striga était disposée de telle sorte qu'elle présentât son front au retranchement; quelquefois aussi on lui donnait une disposition différente, et elle s'avançait alors, par rapport au retranchement, en ligne perpendiculaire.

STRIGATELLE s. f. (stri-ga-tè-le — dimin. du lat. strigatus, sillonné). Moll. Genre de mollusques gastéropodes pectinibranches, du groupe des volutes.

STRIGE s. f. (stri-je — du lat. striga, nom d'un oiseau de nuit). Sorte de vampire qui, d'après la croyance de certains peuples orientaux, erre la nuit pour faire du mal aux hommes. Il On écrit aussi strygë.

— Bot. Genre de plantes, de la famille des personnées, tribu des buchnérées, formé aux dépens des buchnères, et comprenant une vingtaine d'espèces, qui croissent en Afrique, en Asie et en Australie.

— s. m. pi. Ornith. Syn. de strigidées, famille qui correspond aux rapaces nocturnes.

— Encycl. Superst. Les anciens croyaient à l'existence de monstres qui, la nuit, venaient sucer le sang des hommes et se nourrir de leur chair. Ils les appelaient striges, et ce nom est encore celui que les Russes et les habitants du nord de la Grèce donnent aux vampires. Cette superstition régna surtout au ive et au v« siècle. I! y a même dans la loi salique un article ainsi conçu : a Si une strige a mangé un homme et qu'elle en soit convaincue, elle payera une amende de 8,000 deniers qui font 200 sous d'or. • Un autre article de la moine loi condamne à 187 sous et demi celui qui appelait une femme libre strige ou prostituée. En ce temps-là on soumettait aux lois les spectres et les fantômes aussi bien que les êtres vivants; ainsi les capitulaires de Charlemagne et de Louis le Débonnaire imposent de graves peines aux fantômes enflammés qui paraissaient dans les airs.

Les striges pouvaient être soit des femmes, de vieilles femmes en général, soit des hot;.mes adonnés à la sorcellerie, soit des spectres. Pour se préserver des striges, il fallait en brûler une, disperser sa cendre, ou bien manger sa chair.

STRIGÉB s. m. (stri-jé — du lat. striga, strie). Helm'mth. Genre de vers, du groupe des planaires.

STR1GEL (Victor), théologien protestant allemand, né à Kaufbeuern en 1514, mort à HeidelberJ* le 26 juin 1569. Il étudia à Freiburg et Wittemberg la théologie et la philosophie et professa ces sciences dans cette dernière ville à partir de l'année 1544. Il s'y lia avec Melanch thon et, en 1547, il passa àErfurt. L'année suivante il devint professeur de théologie à Iéna. Ayant pris part aux disputes sur le synergisma, il fut emprisonné pendant quatre mois à Gotha. A la suite de fa chute du parti de Flaeius, il fut réintégré dans sa place de professeur, en mai 1562; mais la même année il quitta Gotha et alla professer à Leipzig. Accusé de cryptocalvinisme, c'est-à-dire du fait d'être un partisan secret de la doctrine de Calvin, il fut destitué en 1567. Il passa alors à Heidelberg où il fut professeur d'éthique et où il se convertit ouvertement au calvinisme. Ses principaux ouvrages sont : Loci theologici (Neusladt-ander-Hardt, 1581-1584, 4 vol.) et Uypomnemata in epitvmen philosophie mornlis Aielanchthonis (1582). Otto a publié une biographie de Strigel (léna, 1843).

STRIGICEPS s. m. (stri-ji-sèps — du lut. strix, chouette; caput, tête). Ornith. Genre de passereaux, de la famille des méliphagidées, dont l'espèce type habite l'Australie.

STR1G1DÉ, ÉE adj. (stri-ji-dé — du lat. strix, chouette). Ornith. Qui ressemble ou qui se rapporte à la chouette.

— s. f. pi. Famille d'oiseaux de proie , ayant pour type le genre chouette, et correspondant aux rapaces nocturnes : La famille des STHiaiDÉES est excessivement naturelle. (Z. Gerbe.)

— Encycl. Tous les oiseaux de ce sous-ordre forment un groupe tellement naturel, par l'homogénéité de leur conformation et la similitude de leurs mœurs, que les naturalistes qui se sont occupés de leur classification, n'ont pu les diviser qu'en un certain nombre de familles. Nous donnerons plus loin un aperçu de ces diverses classifications.

Les strigidées se distinguent des rapaces diurnes par des caractères bien tranchés et qui sont les suivants : les yeux sont gros, à fleur de tête, ronds et dirigés en avant. La pupille en est trèa-contractile, comme chez tous les animaux crépusculaires. Pas plus que ceux-ci Jes oiseaux nocturnes ne voient clair pendant les ténèbres de la nuit, ainsi que pourrait le faire croire une opinion assez généralement répandue; mais, la demi-lumière qui accompagne la chute du jour et le lever de l'aurore s'accominodant mieux à leurs yeux que le grand jour, leur vue est plus distincte à ces deux, moments de la journée. La

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tête est plus volumineuse que chez les autres oiseaux, les caviiés qui logent l'appareil auditif sont plus vastes et ce dernier est plus complet. Il est, en effet, muni d'un appareil spécial qui permet à l'oiseau de le fermer et de l'ouvrir à volonté. Le bee est court, extrêmement crochu, dépourvu de la membrane qu'on appelle cire, mais recouvert à sa base de poils allongés et dirigés en avant. Ses deux parties, supérieure et inférieure, sont également mobiles, ce qui lui permet de s'ouvrir démesurément pour avaler des proies volumineuses. C'est encore à cette disposition que l'oiseau doit de pouvoir faire craquer son bec lorsqu'on l'excite. La base du bec et la circonférence des yeux sont entourées de plumes sétacées et rigides qui vont en rayonnant et donnent à la face une physionomie spéciale à laquelle on a donné le nom de disque facial. Les tarses et les doigts sont courts, recouvertsde plumes dans toute leur longueur les ongles sont acérés et rétractiles. Le doigt externe peut se retourner en arrière, ce qui leur permet, dit Buffon, de se tenir plus facilement perchés sur un pied que les autres oiseaux. Les ailes ont une conformation particulière qui leur permet de frapper l'air, pendant le vol, sans produire aucun bruit. « C'est un fait remarquable, dit le docteur Chenu, et sur lequel on insiste trop rarement, que cette conformation de leurs rémiges primaires, conformation qui n'est pas exclusivement propre aux accipitres nocturnes, car ils la partagent avec une autre famille d'oiseaux crépusculaires. Ainsi, indépendamment de la mollesse de leurs plumes, qui offrent peu de résistance au contact de l'air, chacune des barbules extérieures de leurs premières pennes, au lieu d'être adhérentes 1 une à l'autre, sont hérissées et rebroussées en forme de scie, ce qui en rompt l'adhérence, si nécessaire pour le vol chez les oiseaux grands voiliers, et faeilite le passage de l'air au travers de l'espace que ces barbules détachées et isolées laissent entre elles; aussi leur vol est-il des moins soutenus et des plus saccadés. »

Le plumage des strigidées est épais, soyeux et tellement abondant qu'il augmente singulièrement le volume du corps. Dans quelques espèces, la tête porte deux aigrettes situées de chaque côté et formées de plumes droites etérectiles Ces oiseaux nieheiudaus les trous de murs, d'arbres ou de rochers. Les oeufs, excepté chez l'effraie, ont une forme sphériçpie, à coquille d'un grain peu épais et d'un blanc légèrement jaunâtre.

Ils sont les ennemis des petits mammifères rongeurs et fouisseurs qui ne sortent de leurs retraites que le soir pour ravager les récoltes. Ils avalent leur proie presque entière et jouissent do la faculté de rejeter, sous forme de pelote, les poils, les os ou les plumes qu'ils n'ont pu digérer.

Le grand classiticateur Linné ne faisait qu'une famille des strigidées; Buffon les divisait en deux genres, les hibous et les chouettes; les premiers ayant deux aigrettes sur la tête, les secondes n'en ayant pas. Cuvier, admettant l'unité adoptée par Linné, ne formait des rapaces nocturnes qu'un seul genre, et il le divisait en six sous-genres: 1° hibou; 2° effraie; 3° chat-huant; 4° duc; 5° chevêche; 6° scops. Isidore Geoffroy Saint-Hilaire adopta Une division analogue. Enfin le docteur Chenu admet une division proposée par Gray et dans laquelle il partage la tribu des strigidées en quatre familles : lu les surninées; 2° les buboninées; 3° les ululiuées; 4» les striginées.

Les surninées ont latêtearrondie et sansaigrettes, les tarses et les doigts complètement recouverts de poils. Elles se nourrissent de mammifères, d'oiseaux et d'insectes, et nichent dans des trous de rockers et d'arbres. C'est dans cette famille qu'un trouve les espèces connues sous le nom de chouettes épervières, chassant même pendant le jour et faisant la transition des rapaces diurnes aux rapaces nocturnes. Cette famille comprend deux genres : le genre surnie, dont les espèces habitent les latitudes australes et boréales de l'Europe, de l'Asie, de l'Afrique et de l'Amérique, et le genre chevêche, dont on ne compte pas moins de quarante -quatre espèces, entre lesquelles deux sont représentées en Europe par la chevêche noctuelle et la chouette passerine.

Les buboninces ont la tête plate, ornée de deux aigrettes plantées au-dessus des sourcils, les tarses nus ou emplumés. Elles se divisent en quatre genres : le genre duc (6u6o), renfermant dix-sept espèces, dont deux, le grand-duc d'Eurupe ou athénien et le grand-duc ascalaphe, habitent l'Europe; le genre scops; legeure ketupu, dont les trois espèces habitent l'Inde. ; le genre hibou (olus), renfermant neuf espèces, dont deux se trouvent en Europe, le hibou vulgaire et le hibou braehyole; ou les emploie quelquefois pour attirer les oiseaux à la pipée; ils émigrent par petites troupes peu nombreuses.

Les ululinées ont la tête ronde, sans aigrettes, le disque facial complet, la queue courte et les ailes arrondies. Cette famille ne comprend que deux genres , qui habitent les forêts et nichent dans les trous d'aï bres ou dans les nids abandonnés, le genre chat-huant et le geure hulotte.

Les striginées ont la tête arrondie, le disque facial triangulaire, sans aigrettes, l'oreille munie d'un large opercule, les jambes grêles, les doigts nus. Cette famille ne comprenait qu'un genre, le genre effraie, auquel Isidore Geoffroy

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Saint-Hilaire ajouta le genre phodilus. Le premier renferme dix espèces, dont une seule d'Europe, l'effraie flambée, fréquente les lieux habités et niche dans les trous de rochers, dans les maisons en ruine et dans les clochers ; le second n'est composé que d'une seule espèce, l'efïraie-colong, originaire de Java.

STR1GIDIE s. f. (stri-ji-dî). Entom. Genre d'insectes coléoptères pentamères, de la famille des lamellicornes , tribu des scarabées phyllophages, comprenant trois espèces, qui vivent au Brésil,

STRIGIE s. f. (stri-jî — du gr. strix, strie). Entom. Genre d'insectes coléoptères pentamères, de la famille des carabiques, tribu des féroniens, dont l'espèce type habite l'Inde.

STRIGIEaTION s. f. (stri-ji-la-si-on — du lat. striyilis, étrille). Massage exécuté, après le bain, avec une brosse rude.

STRIGILE s. m. (stri-ji-le — lat. strigilis, étrille). Antiq. Instrument en forme de racloir, avec lequel on enlevait de ta surface du Corps des gladiateurs le mélange formé par l'huile dont ils étaient oints et la poussière et la sueur dont ils étaient couverts après leurs exercices. Il Sorte d'étrillé à l'usage des baigneurs.

— Archit. Nom donné k des cannelures ondées qu'on remarque sur certains tombeaux antiques.

— Moll. Nom donné à la lucine divariquée.

— Bot. Genre de plantes, de la famille des méliaeées, établi pour plusieurs arbrisseaux du Pérou.

— Encycl. Antiq. Cet instrument de fer, de cuivre, d'argent, d'ivoire, de corne, etc., était d'un fréquent usage chez les anciens. Le strigile servait dans les bains pour frotter ceux, qui se baignaient, et dans les gymnases pour enlever de la peau des athlètes l'espèce c'enduit que formait le mélange d'huile, de sueur, de sable, de boue et de poussière dont ils étaient couverts. Presque tout le monde avait des slrigiles dans sa maison , et ceux à qui ils appartenaient faisaient graver leur nom sur le manche. Ce inanche (caputus) formait ordinairement un parallélipipéde rectangle , creux et oblong, dans le vide duquel on pouvait, par les cotés, engager la main pour tenir l'instrument. La languette (liguta) était courbée en demi-cercle, creusée en manière de gouttière et arrondie a l'extrémité opposée au manche ; ce qui faisait une espèce de canal pour l'écoulement de l'eau, de la sueur, de l'huile et de toutes les impuretés qui se séparaient de la peau par le frottement.

Le strigile servait aussi d'une sorte de discipline dans les expiations religieuses; on s'en raclait alors rudement la chair. Les chrétiens adoptèrent pour les bains ce petit meuble en forme d'S, qui avait quelque anaiog.e déforme avec nos démêloirs, brosses à cheveux, etc.

On appelait aussi strigiles des cannelures contournées qui rappelaient plus ou moins sur les sarcophages la forme de cette espèce de brosse. Les sarcophages chrétiens empruntèrent également cet ornement aux païens.

STRIGILIFORME adj. (stri-ji-li-for-me — du lat. strigilis, étrille, et de forme). Qui ressemble à une étrille.

STRIGINÉ, ÉE adj. (stri-ji-né — du lat. stria;, chouette). Ornith. Qui ressemble ou qui se rapporte à la chouette.

— s. f. pi. Tribu de la famille des strigidées, ayant pour type le genre chouette.

STRIGOCÉPHALE S. m. (stri-go-sé-fa-le — du gr. strix, strie; kephalé, tête), Moll. Genre de mollusques acéphales brachiopodes, réuni par quelques auteurs aux térébratules, et comprenant plusieurs espèces fossiles des terrains dévoniens.

STRIGODERME s. m. (stri-go-dèr-me — du gr. strix, strie; derma, peau). Entom. Genre d'insectes coléoptères pentamères, de la famille des lamellicornes, tribu des scarabées phyllophages, comprenant six espèces, qui habitent l'Amérique.

STRIGON1UM, nom latin de Ghan,

STRIGOFE adj. (stri-go-pe — du gr. strix, strie; pous, pied). Hist. nat. Qui a le pied ou le stipe strié.

STRIGOPHORE s. m. (stri-go-fo-re — du gr. strix, strie; phoros, qui porte). Entom. Syn. de STR1NGOPHORE.

STRIGOPS s. m. (stri-gops — du lat, strix, chouette, et du gr. ops, aspect). Ornith. Genre d'oiseaux grimpeurs, de la famille des perroquets, dont l'espèce type vit à la Nouvelle- Zélande : Les mœurs du Strigops sont jusqu'à présent fort peu connues. (Z. Gerbe.)

— Encycl. Les strigops présentent comme caractères principaux; un bec gros, recourbé à la base, k mandibule supérieure dépassant l'inférieure, qui est cannelée en dessous à sa partie moyenne ; des narines basales ovalaires, ouvertes dans une cire, légèrement tubuleuses, presque nues, sauf quelques poils qui s'étendent jusqu'au bord supérieur; des ailes médiocres, ne dépassant pas les couvertures supérieures de la queue, à quatrième et cinquième rémiges presque égales et plus longues que les autres; la queue courte et trèspeu étagée ; les tarses gros, assez longs, réticulés; les doigts et les ongles gros et allongés.

Ces oiseaux se rapprochent beaucoup des

STRI

perroquets par leurs caractères généraux , par le fond de leur coloration , par leurs tarses nus, allongés, forts, disposés pour la marche et terminés par des ongles robustes; par la forme et la structure de leur crâne ; enrin, par leurs ailes très-imparfaites et par leurs rémiges fort peu allongées.

D'un autre côté, les strigops ont beaucoup d'analogie avec les chouettes, par leur face couverte de plumes écailleuses, par leurs narines couvertes de longues soies qui dépassent le bec, par leur plumage très-abondant et assez uniforme, présentant une disposition analogue des taches et des raies ; par leurs ongles peu arqués , enfin et surtout par leurs mœurs essentiellement nocturnes, qui leur ont fait donner dans le pays le nom de kakapo, c'est-à-dire perroquet de nuit.

Le strigops habroptile est la seule espèce connue jusqu'à ce jour. • Il a, dit M. Z. Gerbe, un plumage où le vert domine ; mais cette teinte est plus foncée en dessus qu'on dessous; des rayures transversales noires se montrent sur le dos, le croupion, à la partie supérieure et inférieure des rectrices; d'autres rayures jaunes, en forme de zigzags, alternent, à la région caudale, avec les traits noirs qui présentent la même disposition. Les rémiges sont noires, tachées de jaune; la gorge, le thorax, l'abdomen sont parsemés de taches triangulaires, jaunes, et les flancs de zones transversales noires. Le bec est couleur de corne; la cire et les pieds sont noirâtres. «

Cet oiseau habite la Nouvelle-Zélande. Ses mœurs sont peu connues, et les détails, fort curieux du reste, que l'on possède à ce sujet ont été fournis par les naturels du pays et, par conséquent, ne présentent pas toutes les garanties désirables d'exactitude. D'après eux, le strigops habite de préférence les forêts humides, profondes et sombres, car il craint l'éclat du jour; mais ses habitudes sont essentiellement terrestres; au lieu de percher sur les arbres, il se tient dans des terriers creusés à leur pied, et qui atteignent près de 2 mètres de profondeur; il n'en sort que pendant la nuit, pour chercher sa, nourriture, qui consiste en racines de diverses plantes.

■ Au dire des habitants du pays, ajoute J.Verreaux, quoique d'un naturel peu farouche, puisqu'il ne s'envole jamais à leur approche, il ne se trouve jamais qu'isolé. Il grimpe parfois parmi les lianes épaisses, et c'est de là qu'il fait entendre un gémissement lugubre qui amène souvent son compagnon , que l'on n'entend pas venir, tant son vol est léger. D'après d'autres observations des indigènes, lô son de sa voix change lorsque l'obscurité est plus grande; devenue alors plus sonore, elle ressemble à celle de l'espèce de chouette originaire de ces contrées. Le nid est composé de fougères et placé au fond du terrier. La chair de cet oiseau exhaie une forte odeur, désagréable comme celle délia fourmi. »

Le strigops est devenu, assure-t-on, de plus en plus rare a la. Nouvelle-Zélande, depuis que les chats y ont été introduits; c'est au point que, dans certaines parties de l'île, il est regardé comme fabuleux, opinion que partagent beaucoup d'Européens.

STRIGOPTÈRE s. m. (stri-go-ptè-re — du gr. strix, strie; pteron, aile). Entom. Syn. de

CASTÀUB.

STRIGOSOLE s. f. (stri-go-zu-le — dimin. de strigueux). Moll. Espèce de petite huître fossile, k valves égales, profondêmeiitstiièes.

STRIGUEUX, EUSE adj. (stri-gheu, eu-ze — du gr, strix, strie). Hist. nat. Profondément strié.

STRIGULE s. f. (stri-gu-le — dimin. du lat. slriga, sillon). Bot. Genre de lichens, voisin des verrucaires, comprenant une douzaine d'espèces, croissant sur les feuilles, et dont une seule se trouve en Europe, sur les sapins.

STRINGOPHORE s. m. (strain-go-fo-re — du gr. strix, strie; phoros, qui porte). Entom. Genre d'insectes coléoptères pentamères, de la famille des lamellicornes, tribu des scarabées mélitophiles, comprenant quatre espèces, qui habitent la Cafretie.

STRINNHOLM (Anders-Magnus), historien suédois, né dans la province de Westerbotten en 1785, mort en 1862. Il fit ses études à l'université d'Upsal et ouvrit en 1S08, à Stockholm, une librairie, qu'il céda plus tard pour se consacrer entièrement à son Histoire du peuple suédois sous les rois de la race de Wasa (Stockholm, 1819-1823, 3 vol.). 11 avait entrepris cet ouvrage dans de trop vastes proportions pour pouvoir le mener à bonne lin, et il ne le continua que jusqu'à l'union héréditaire de Westero=ss en 1544. Après avoir travaillé ensuite quelque temps aux archives statistiques de Stockholm, il revint à sa première idée d'écrire une histoire complète de la Suède d'après les documents originaux qui étaient à sa disposition; mais il n'a paru que les cinq premiers volumes de cet ouvrage, qui a pour titre : Histoire du peuple suédois depuis les temps reculés jusqu'à nos jours (Stockholm, 1834-1854), et qui va seulement jusqu'à, l'année 1319. Un exposé plus court de l'histoire de Sou pays (Stockholm, 1857- 1SG0, t. 1er et Il),que Strimiholm avait entrepris, est également demeuré inachevé et s'arrête à Gusiave Wasa.Strinnholm occupe, comme historien, la première place après

STRO

Geijer. L'impulsion que ce dernier avait donnée aux travaux sur l'histoire des pays du Nord avait, certes, exercé une grande influence sur l'auteur dont nous retraçons la biographie; mais il n'en avait pas moins su se faire une manière originale. Il possédait un rare esprit de critique, un prand talent d'exposition et un style dont l'élégance, la variété des couleurs et la correction sans apprêt sont les qualités distinctives. L'Académie de Stockholm accorda un grand prix à, son Histoire du peuple suédois, sans qu il eût fait aucune démarche pour obtenir cette récompense. Outre plusieurs dissertations, publiées sous le voile de l'anonyme, on lui doit encore des traductions suédoises de l'Histoire du 'royaume de Suède de Ruh et des extraits de l'ouvrage de Lœnbom, intitulé Biographie du feld-maréchal comte Magmis Slenbock. Il était devenu successivement membre do l'Académie des belles-lettres, d'histoire et d'archéologie (IS34), l'un des dix-huit de l'Académie suédoise (1837), membre de l'Académie des sciences (1845), et il reeevaitdu gouvernement, depuis 1834, une pension annuelle de 1,000 thalers, qui fut élevée à 1,500 en 1854. Au moment où la mort le surprit, il mettait la dernière main au Vie volume de son grand ouvrage historique.

STR1NSIE s. f. (strain-sî). Ichthyol. Genre de poissons, de la famille des gadoïdes.

STRIOLÉ, ÉE adj. (stri-o-lé — dimin. do strié). Hist. nat. Légèrement strié.

STRJPSIFÈREs. m. (stri-psi-fè-re). Entom.

Syn. de stringophohe.

STRIQUER v. a. ou tr. (stri-ké — de l'allcm. slrich, coup de main). Techn. Donner la dernière main, le fini à : Striqukr le drap.

STR1QUEUSE s. f. (stri-feeu-ze — rad.

slriqucr). Nom qu'on donne, à Bruxelles, à l'ouvrière dentellera qui applique les fleurs sur le réseau.

STRITTER (Jean-Gotthelf de) , historien russe, né à, Idsteim, duché de Nassau, en 1740, mort en 1801. Il alla se fixer à Saint- Pétersbourg, où il devint successivement inspecteur du gymnase de l'Académie des sciences, archiviste de l'empire (1780) et conseiller d'Etat. Stritter se livra à de longues études sur les historiens byzantins. Outre des dissertations sur des matières historiques, publiées en russe, on lui doit : Mcmoris populorum olitn ad Danubium. Poutum Euxinum, Paludem Mseotidem, Caucasum, Mare Caupium incolentium (Saint - Pétersbourg , 1771-1780, 4 vol. in-4°), ouvrage très-important au point de vue des sources et qui fut publié sur la demande et aux frais de l'Académie des sciences de Saint-Pétersbourg ; un Abrégé de cet ouvrage en latin, lequel a été traduit en russe par Sevjetow (1770-1775); Histoire de l'empire russe (Saint-Pétersbourg, 1800, 2 vol. in-4.o), restée inachevée.

STRIORE s. f. (stri-u-re — rad. strier). Etat de ce qui est strié.

STR1VALI , les Slrophades des anciens, groupe de quatre petites lies de la Grèce, dans la mer Ionienne, k 40 kilom. S. de l'île de Zante. La plus grande est située par 37" 15' de latit. N. et 18° 39' de longit. E. Elle produit des arbres et quelques fruits ; on y voit un couvent grec et une tour en forme de forteresse. Les autres ne sont que des rochers stériles.

STRIX s. m. (strikss — mot lat.). Ornith. Nom latin du genre chouette.

— Encycl. Le genre Strix, envisagé dans son acception la plus large, renferme tous les oiseaux de proie nocturnes. Il est donc caractérisé par une tête très-grosse , couverte d'une musse de plumes qui augmente encore son volume; un bec enveloppé, à sa base, d'une cire cachée par des poils roides ou par des plumes décomposées; les yeux grands, à fleur de tête, dirigés en avant, entourés d'un cercle de plumes effilées, roides, décomposées et rayonnantes; la conque auditive ample ; le plumage duveteux, très-doux, souple et perméable à l'eau; des ongles puissants, aigus et fort rétractiles. Essentiellement nocturnes, les strix font la cliasse, au crépuscule ou pendant la nuit, aux petites espèces de mammifères, d'oiseaux ou de reptiles, ainsi qu'aux insectes et à leurs larves; leur vol est tortueux, oblique, mal assuré et silencieux. Ce genre est aujourd'hui subdivisé en plusieurs autres, qui composent la famille des strigidées. V. hibou,

STIUXNEU (Jean-Népomucène), lithographe allemand, né à Alten-CEuingen, en Bavière, en 1782. Il étudia le dessin et la gravure à Munich, apprit ensuite la lithographie sous Senefelder et lithographia un grand nombre des chefs-d'œuvre des galeries de Munich et de Schleisshetm. Il s'associa ensuite avec les frères Boisserée pour la publication de recueils de lithographies de tableaux allemands anciens.

STROBEL (Adam-Walter), historien français, mais qui écrivit en allemand, né à Strasbourg le 83 février 1792, mort le 28 juillet 1850. Il étudia la théologie, entra dans les ordres et fut professeur au gymnase. Sou principal ouvrage est une Histoire de l'Alsace, en allemand (Strasbourg, 1841-1852, 6 vol. in-8°). Elle a été continuée parM.Engelhardt. On doit encore à Strobel des éditions des œuvres de Sébastien Brandt (Leip-

STRO

zig, 1833). de la Chronique strasbourgenise de Clossner (Stuttgard, 1841) et de divers autres anciens écrits allemands. II a écrit dans plusieurs recueils historiques et littéraires, et notamment dans les Mittheilungen... (Communications sur l'ancienne littérature de la France septentrionale) [Strasbourg , 1834] et dans les Franzôsische Volksdichter (les Poêles populaires de la France) [Bade , 1846 , t. 1er et II].

STROBELBERtiER (Jean-Etienne), médecin et botaniste allemand, né à Gratz vers la fin du xvie siècle, mort à Carlsbad en 1630. Il étudia à Montpellier et fut reçu docteur en 1615. De retour en Allemagne, il fut nommé médecin des eaux do Carlsbad. On a de lui : Gallis politico-medicie descriptio (léna, 1620, in-16,et 1621, in-12); un traité du kermès intitulé : De cocco baphico et confections alkermes (léna, 1620, in-4<>); Maslichologia (Leipzig, 1628, in-8°).

STROBILACÉ, ÉE adj. (stro-bi-la-sé — du

r. slrobilos, pomme de pin). Bot. Qui a ses fleurs disposées en cône.

STROB1LA1RE adj. (stro-bi-lè-re — rad.

strobile). Bot. Qui a rapport au strobile : Forme strobilaire.

STROBILANTHE s. m. (stro-bi-lan-te — de strobile, et du gr, anthos, fleur). Bot. Genre d'urbrisseaux,àe la famille des ncanthacées, comprenant environ soixante-cinq espèces, qui croissent dans l'Asie tropicale.

STROBILE s. m. (stro-bi-le — du grec slrobilos, pomme de pin, proprement toupie, de slrobeâ, je tourne, je fais tournoyer, de la même famille que slrombos, tournoiement, tourbillon, toupie, streblê, cabestan, streblos, torui, courbe, louche, strabos, louche, streptos, tordu, strephâyje tourne; tous ces termes proviennent d'un radical streph, dérouler, tourner, qui représente, selon Curtius, par le changement assez rare de g en ph, la racine sanscrite starg, strag, tresser, d'où aussi le grec strangâ et le latin stringo, nouer, serrer, étreindre, et l'ancien allemand strecchan, étendre, stricchan , nouer, etc.). Bot. Fruit des conifères : Les strobii.es sont formés par l'agrégation des écailles. (Th. de Berneaud.)

— Helmintb. Chaîne formée parles articles adhérents au scolex du ténia.

— s. f. Genre d'insectes lépidoptères nocturnes, de la tribu des tordeuses, dont l'espèce type habite la Russie.

— Acal. Prétendu genre d'acalèphes médusaires, fondé sur un état particulier de la méduse auriculée,

— Bot. Svn. d'arnébie et de ménéghinie, genres de plantes.

— Encycl. Bot. Le stt obile est formé par l'agrégation des écailles, accrues après la floraison, devenues coriaces et ligneuses, oblongues, serrées, étroitement imbriquées en spirale les unes sur les autres autour d'un axe commun, épaissies à leur sommet, qui est souvent ombiliqué sur le dos; à l'intérieur et a la base de ces écailles, on remarque deux enfoncements, dans chacun desquels se trouve un nucule monosperme, indéhiscent, membraneux, ligneux ou osseux, muni ou non d'une aile caduque ou persistante. Le strobile caractérise essentiellement la famille des conifères ; il est terminal dans le pin sylvestre, axillaire dans le mélèze, dressé dans le sapin, renversé dans l'épicéa, ovoïde dans le cèdre, globuleux dans le genévrier, etc. Les écailles qui le constituent varient dans leur forme, ieur épaisseur et leur consistance. L'aune, le bouleau et quelques autres genres ont aussi des fruits qui ressemblent à des slrobiles.

STROBILIFÈRE adj. (stro-bi-li-fè-re — de strobile, et du lat. fero, je porte). Bot. Se dit d'une plante dont les fleurs sont disposées en strobiles.

STROBILIFORMEadj.(stro-bi-li-fûr-me — de strobile, et de forme). Bot. Qui a la forme d'un strobile.

STROBIL1N, INE adj. (stro-bi-lain, i-ne — rad. strobile). Hist. nat. Qui a la forme d'un cône de sapin.

STROBILOCARPE s. m. (stro-bi-lo-kar-pe

— de strobile, et du gr. karpos, fruit). Bot. Genre d'arbrisseaux, de la famille des santalacées, originaire du Cap de Bonne-Kspérance.

STROBILOPHAGE s. m. (stro-bi-lo-fa-je ~ de strobile, et du gr. phagô, je mange). Ornith. Nom scientifique du genre durbec.

STROBILORACHIS s. m. (stro-bi-lo-ra-kiss

— de strobile, et de rachis). Bot. Cjenre do plantes, de la famille des acanthacéos, comprenant deux espèces, qui croissent dans l'Amérique tropicale.

STROBILURB s. m. (stro-bi-lu-re — du gr. slrobilos , tourbillon; oura, queue). Erpét. Genre de reptiles sauriens, du groupe des stellions.dont l'espèce type vit au Brésil : Les strobiLurks 07it les plus grands rapports avec tes sténocerques. (E. Desmarest.)

STRÛBOCALYX s. m. (stro-bo-ka-likss — du gr. strobos, cône; kalux , calice). Bot. Genre de plantes, de la famille des composées, réuni par plusieurs auteurs aux vernonies.

STROECK s. m. (stro-èk). Mar. Petit bâti-

STRO

ment à raines et a voiles, dont se servent sur le Volga les individus qui font le commerce avec Astrakhan.

STROEMEH (Martin), astronome suédois, né à Upsal en 1707, mort dans la même ville en 1770. Il succéda dans la chaire d'astronomie à André Celcius. fut un des premiers à étudier les moyens d appliquer l'électricité à la médecine, fut chargé d organiser l'Ecole des cadets de la marine à Carlscrona et dressa la carte des côtes de Suède. On lui doit une traduction suédoise des Eléments d'Euclide, des Remarques sur les anciens calendriers runiques employés en Suède, et divers mémoires présentés à l'Académie des sciences de Stockholm, dont il faisait partie. Benoît Ferner a publié un éloge de Stroemer (Stockholm, 1772, in-4o).

STRCEMIE s. f. (stré-mJ — de Strwm, n. pr.). Bot. Genre de plantes, de la famille des capparidées, réuni par plusieurs auteurs au genre cadaba.

STROGAJVOW, nom de plusieurs Russes qui ont marqué dans la politique et dans l'armée. V. Strogonoff.

STROGANOWIE s. f. (stro-ga-no-vl — de Stroganow , natur. russe). Bot. Genre de plantes, de la famille des crucifères, tribu des vellées, comprenant trois espèces, qui croissent sur l'Altaï.

STROGGYLE s. m. (strogh-ji-le — du gr.

slroggulos, arrondi). Entom. Genre d'insectes coléoptères pentamères, de la famille des malacodermcs, tribu des lycusites, dont l'espèce type habite la Mongolie,

STROGONOFF,ou STUOGONOW.ou STRO- GANOW, nom d'une ancienne famille russe, qui descend d'Anika Strogonoff , riche marchand de Novgorod, qui vivait au commencement du xvi« siècle et possédait de vastes domaines et des salines situées au pied des monts Ourals. Ses trois fils, Jacques, Grégoire et Simon Anikitch Strogonoff, quittèrent Novgorod et allèrent s'établir, avec de nombreux colons russes, entre la Dvina et la Kama, afin d'être plus rapprochés de ces salines et de se livrer directement au Commerce des pelleteries. En .récompense des services rendus par leur père, qui avait établi des salines sur la Vitchegda et ouvert une route commerciale par les monts Ourals pour la Sibérie, le czar Ivan le Terrible concéda aux deux frères aînés la possession des déserts situés au sud de Penn, entre la Kaina et la Tchoussovaia. Ils y fondèrent plusieurs villes et bourgs fortifiés, réunirent une armée, battirent en 1572 les Tchérémisses, les Ostiaks et les Buehkirs, qui s'étaient révoltés, et protégèrent contre toute invasion le nord-est de la Russie, dont ils reculèrent les limites jusqu'à la chaîne des rochers de l'Oural. Le conquérant mongol de la Sibérie, Koutschioum, ayant essayé de détruire leurs établissements , ils demandèrent un ukase qui les autorisât à construire des forteresses en Sibérie et obtinrent en outre, en 1574, des lettres patentes qui leur octroyaient la possession des contrées qu'ils pourraient conquérir. Mais ce ne fut qu'après leur mort, en 1580, que leur frère cadet, Simon, entreprit cette guerre de conquêtes, dans laquelle il fut aidé par ses neveux Maxime Jnkovieffet NikitoGiigorieff. Ils surent gagner l'alliance de l'hetniau des Cosaques du Don, lermak, battirent k trois reprises Koutschioum et s'emparèrent de Sibir, sa capitale. La prise de cette ville assura a la Russie la possession de toute la Sibérie. Les Strogonoff reçurent du czar, en récompense, des privilèges extraordinaires, qui les rendirent, en quelque sorte, souverains de la Sibérie, dont tout le commerce se concentra entre leurs mains et où ils arrivèrent à. posséder plus de cent bourgs, villages, mines et usines. Une nouvelle source de richesses vint encore s'ajouter à celles-ci, lorsqu'on eut découvert les mines d'or des înouts Ourals et Altaï. Ils entassèrent ainsi trésors sur trésors, mais tirent toujours le plus noble usage de leur fortune. Au commencement du xviue siècle, cette famille étiiit représentée par les trois frères Alexandre , Nicolas et Serge Grigorieff Strogonoff, auxquels Pierre le Grand enleva sans motif les privilèges qui leur avaient été transmis par leurs aïeux, en ne leur accordant que le litre de baron pour toute indemnité. Nicolas et Serge ont été les chefs des deux lignes actuelles de cette maison. Les autres personnages importants de cette famille sont :"

STROGONOFF (Alexandre, comte), lettré russe, fils de Serge, né en 1734, mort en 1811. C'était uti biiuimu instruit, qui avait fait son éducation eu France. 11 épousa une parente de l'impératrice Elisabeth et reçut en 1798, de l'empereur Paul, le titre de comte. 11 était b, sa mort graud chambellan et président de l'Académie des beaux-arts.

STROGONOFF (Paul, comte), général russe, fils du précédent, né en 1774, mort en 1817. 11 occupait un emploi au ministère de l'intérieur lorsqu'il entra dans l'armée. Strogonoff parvint rapidement au grade de général, lit la campagne de France et assista au combat livré sous les murs de Craonne, où son fils unique, Alexandre, trouva la mort (1814). L'empereur Alexandre l'avait pris en grande amitié, et sa femme, Sophie Galitzin, était

STRO

une des femmes les plus spirituelles de la cour.

STROGONOFF (Grégoire,corate), diplomate russe, parent des précédents, né a Moscou en 1770, mort à Saint-Pétersbourg en 1857. Il remplit, de 1805 à 1808, les fonctions d'ambassadeur à Madrid, puis à Stockholm, et fut envoyé en 1821 à Constantinople, où il se signala auprès du divan par la fermeté de son attitude en faveur des Grecs. Il donna peu après sa démission et fit à l'étranger un voyage, dont il revint en 1825. Après avoir reçu, l'année suivante, de l'empereur Nicolas le titre de comte, il rentra en 1827 dans le service actif, devint membre du conseil de l'empire et assista en J838, en qualité d'ambassadeur extraordinaire de la Russie, au .couronnement de la reine Victoria en Angleterre. En 1846, il' avait été nommé grand chambellan.

STROGONOFF (Serge, Comte), homme d'Etat russe, fils du précédent, né vers 1802. Il épousa sa cousine, la fille et l'unique héritière du comte Paul, et, par ce mariage, acquit le titre de comte avant qu'il eût été octroyé à son père. Gouverneur de Wilna à l'époque du choléra, puis de Minsk, après la chute de Varsovie en 1831, il s'acquit une grande réputation d'énergie, d'activité et de

Frudence, fut nommé en 1835 curateur de université de Moscou et se démit de ces fonctions en 1847. Il n'en demeura pas moins lieutenant général, aide de camp du czar et sénateur, fut nommé en 1852 général de cavalerie, en 1855 membre du conseil de l'empire et reçut, deux ans plus tard, la direction des recherches archéologiques, qui depuis cette époque ont été poussées avec une grande activité aux frais du cabinet impérial. C'est en cette qualité qu'il a publié depuis 1860, en russe et en français, les Comptes rendus de la mission archéologique, qui ont excité les éloges mérités des plus savants archéologues de l'Europe. C'est aussi sous ses auspices qu'a été entreprise la publication du Recueil d'antiquités de la Scythie (1868 et ann. suiv.), en russe et en français, dans lequel sont représentées et décrites toutes les antiquités que l'on a déterrées dans le pays des anciens Scythes. Il avait été nommé en 1859 gouverneur général de Moscou, mais il renonça peu de temps après à ces fonctions pour devenir curateur du césarevitch Nicolas, dont il dirigea l'éducation et l'instruction jusqu'à la mort de ce jeune prince en 1865. Il devint à cette époque président du comité principal des chemins de fer russes. Le comte Strogonoff est possesseur de la plus grande partie des satines et des mines qui appartenaient à ses ancêtres dans le gouvernement de Perm et en Sibérie. Il a l'ait beaucoup pour le développement du bien-être des classes pauvres eu Russie, a fondé une école de dessin k Moscou et est président de la Société pour l'histoire et l'archéologie russe.

STROGONOFF (Alexandre, comte), homme d'Etat russe, frère du précédent, né k Saint- Pétersbourg vers 1804. 11 entra dans l'armée, devint colonel et prit part à la campagne de Pologne en 1831. Nommé ensuite membre du conseil d'administration du royaume de Pologne, il devint gouverneur général de la Petite Russie, puis ministre de l'intérieur de 1839 à 1841. Aide de camp général de l'empereur, lieutenant général de cavalerie et, depuis 1850, membre du conseil de l'empire, le comte Strogonoff fut appelé en 1855 au

Ïioste de gouverneur de la Bessarabie et de a Nouvelle-Russie, et, après la prise de Sébastopol, il reçut l'ordre de faire reconstruira cette ville ravagée par le bombardement.

STROGONOFF (Alexis), diplomate russe, frère des précédents, né à Saint-Pétersbourg en 18Û8. Apres avoir été chargé d'affaires à Turin et, de 1841 à 1848, ambassadeur k Lisbonne, il a été nommé conseiller d'empire en service actif et chambellan impérial.

STROJEFF (Paul), archéologue russe contemporain. Par ordre de son gouvernement, il visita les principales bibliothèques et archives de l'Europe, de 1817 k 1820, découvrit plusieurs manuscrits fort importants, entre autres les compilations du prince Swiatoslaw, le code civil d'Ivan III, les œuvres de liyrillo Turowski, les décrétules des synodes de Moscou de 1503, 1547 et 1554, et une foule d'autres actes du xve et du xvi» siècle. De 1813 à 1828, Strojetf a rédigé le llecueil des actes diplomatiques et des traités d'Etat (4 vol. in-lol.). L'Académie des sciences ayant conçu l'idée d'organiser une expédition «uthéologique, Strojetf fut chargé de la diriger. Après sept ans de laborieuses excursions scientifiques, la commission archéologique, qui avait visité plus de deux cents bibliothèques, prépara un recueil des actes historiques et juridiques et des catalogues de manuscrits et d'imprimés anciens trouvés dans les bibliothèques et rédigés d'après l'ordre alphabétique sous le titre de : les Matériaux pour l'histoire de ta littérature russo-slave. Outre son travail collectif avec la Société archéologique, Strojetf a publié séparément : Sudteànik (Moscou, 1819); Sofijski Wremienuik, chronique de Novgorod (Moscou, 1820 et 1821, 2 vol.); Dictionnaire bibliologique (Moscou, 1S31), ouvrage très-estiiné; les Actes (Moscou, 1837, 4 vol.), etc.

STROMA s. m. (stro-ma — du gr. strôma, tapis). Hist. nat. Pellicule qui se forme à la

STRO

surface d'un liquide en putréfaction, et dans lequel se développent les organismes microscopiques.

— Anat. Partie superficielle de l'ovaire des animaux, qui renferme les ovisacs. Il Tissu de l'ovaire lui-même.

— Bot. Surface qui porte la fructification des cryptogames.

STROMA, petite lie d'Ecosse, faisant partie du comté de Caithness, dans le détroit do Pentland, à 5 kilom. de la côte, au S. des Orcades; 200 hab. Elle est d'un accès difficile à cause des marées violentes du détroit.

STROM-APPARAT s. m. (stro-mapp-pa-ra

— mot ;i)lem. formé de strom, courant, et de apparat, appareil). Métall. Courant d'eau ascendant, qui emporte les parties les plus ténues du minerai écrasé.

STROMATE s. m. (stro-ma-te). IcbJhyol.

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