SAAL
arabes et persanes, des odes, des quatrains, des distiques. Le plus célèbre de ses ouvrages est le Gulislan (Jardin des roses), charmant recueil de préceptes de morale et de philosophie , d'anecdotes piquantes , d'épigrammes spirituelles, écrit d'un style plein d'élégance et de grâce (v. Gulistan). La Fontaine en a tiré sa fable le Songe d'un habitant du Magot. La dernière traduction française du Gulistan est celle de M. Semelet ( 1834). On cite encore de Saadi le Boston (Jardin des fruits), entièrement en vers et conçu sur un plan à peu près semblable k celui du Gulistan, mais moins intéressant parce qu'il porte davantage l'empreinte des idées mystiques et religieuses de l'auteur ( v. Bostan). Silvestre de Sacy en a traduit des fragments en français (1819) dans les notes de sa traduction du Pend-Nameh, du même auteur.
SAADIAS GAON BEN-JOSEPH, rabbin égyptien, né dans la province de Fayoum en 892, mort à Sora en 942. Nommé, en 927, chef ou gaon de l'école de Sora, il eut k lutter contre le gouverneur civil des juifs, Duvid-ben-Saccaï, qui l'excommunia et que lui, Saadias, excommunia à son tour. David, vaincu par la fermeté du rabbin, le rétablit en 934 dans son poste de gaon qu'il lui avait enlevé. Saadias, qui s'occupa surtout d'expliquer d'une manière naturelle et avec une grande liberté d'esprit les passages difficiles de la Bible, a composé, entre autres ouvrages : Livre des articles de foi (Constantinople, 1546, in-40); Livre de la rédemption et de la délivrance {Mantoue, 1556, in-S°); Commentaire sur le Cantique des cantiques (Constantinople, s. d., in-4<>); Sepher Jetzira (Mantoue, 1592, in-40); un Commentaire sur Daniel; trois traités de grammaire hébraïque : Livre de la collection, Livre de la tangue hébraïque, Livre de l'élégance; enfin une traduction arabe de la Bible, dont quelques parties ont été. publiées, notamment le Pentateuque (Constantinople, 1546).
SAA DO, rivière de Portugal. V. Sadao.
SAAL (Marguerite de) , seconde femme de Philippe le Magnanime, landgrave de Hesse, Elle vivait au xvie siècle et faillit être l'occasion d'une véritable révolution morale et sociale, en faisant admettre la polygamie parla religion réformée. « Le luthéranisme se signale (en 1540) en permettant la polygamie, dit Voltaire dans ses Annales de l'empire. La femme du landgrave, fille de Georges (Georges de Saxe, prince souverain de la Misnie et de la Thuringe), indulgente pour son mari, k qui elle ne pouvait plaire, lui permit d'en avoir une seconde. Le landgrave , amoureux de Marguerite de Saal, fille d'un gentilhomme de Saxe, demanda k Luther, à Mélanchthon et à Bucer s'il peut en conscience avoir deux femmes et si la loi de la nature peut s'accorder avec la loi chrétienne; les trois apôtres embarrassés lui en donnent secrètement la permission par écrit. Tous les maris pouvaient en faire autant, puisque, en fait de conscience, il n'y a pas plus de privilège pour un landgrave que pour un autre homme... Mais, ajoute Voltaire, cet exemple n'a pas été suivi : la difficulté d'avoir deux femmes chez soi étant plus grande que le dégoût d'en avoir une seule. »
SAALE AUTRICHIENNE, rivière de l'empire d'Autriche. Elle prend sa source dans le Tyrol, cercle d'Inspruck, coule d'abord kl'E., pu s tourne au N., entre en Bavière, où elle baigne la ville de Reichenthall, et se jette dans la Salza, à 6 kilom. N. de Salzbourg, après un cours de 108 kilom.
SAALE FRANCONIENNE, rivière de Bavière, cercle de Basse-Franconie. Elle prend sa source au pied d'un rameau du Henneberg, dans le district et à 6 kilom. E. de Kcenigshofen, coule d'abord au N.-O., puis au S.-O., baigne Neustadt et Kissingen, et se jette dans le Mein, près de Gemunden, après un cours de 113 kilom.
SAALE SAXONNE ou ÏHCR1NG1ENNE, rivière de l'Allemagne centrale. Elle prend sa sourcesurle versant septentrional du Fichtelgebirge, dans le cercle bavarois de Haute- Frnnconie, entre bientôt dans la principauté de Reuss, baigne la principauté de Schwarzbourg-Rudolstudt, le duché de Saxe - Meiningen, le grand-duché de Saxe- Weimar, arrose la province prussienne da Saxe (régence de Mersebourg), le duché d'Anhatt-Bernebourg, la régence prussienne de Magdebourg, où elle se jette dans l'Elbe, après un cours de 400 kilom. Elle passe k Hof, Saalfeld, léna, Naumbourg, Mersebourg, Halle, Wettin et Bernebourg. Ses principaux affluents sont, k droite, l'Elster rt la Fuhne; à gauche, l'ilm, l'Unstrutt, la Wippcr et la Bode. Sous le premier Empire français, la Saale avait donné son nom k un département du royaume de Westplialie; chef-lieu, Halberstadt.
SAALES, bourg de France (Vosges), ch,-l. de caut., arrond. et à 20 kilom. N.-E. de Saint- Dié, près de la Bruche; pop. aggl., 1,214 hub. — pop. tôt., 1,278 hab.
SAALFELD, ville d'Allemagne, duché do Saxe - Meiuiugen, sur la Saale Saxonne, k 77 kilom. E. de Meiningen ; 5,000 hab. Ecole des arts et métiers. Fabrication de tabac, potasse, drap, lainages, porcelaine; tanneries, brosseries, mines de fer efde cuivre; usines à. cuivre. Saalfeld, entourée de murailles, renferme quelques édifices curieux, eu-