SAAD
taire et historiographe. Khodjiih-Effendt fut également en grande faveur auprès du sultan Mahomet III, à qui il avait donné des leçons. Il l'accompagna dans son expédition en Hongrie (1596) et fut chargé par lui de la direction des affaires les plus secrètes de l'empire. Malgré le grand vizir Hassan, il fut nommé mufti. Il mourut d'nue attaque d'apoplexie dont il fut frappé dans la mosquée de Sainte-Sophie. Saad-Eddyn est auteur du Tadj-al-Tawarikh (la Couronne des histoires), traduit en italien par Vincent Brattuti sous, le titre de Cronica dell' origine e progressi degli Oltomani; la première partie de cette traduction fut publiée à Vienne (Autriche) [1646] ; la deuxième, à Madrid (1652). Cet ouvrage, que Saad-Eddyn composa par ordre de Mourad III, est uni; histoire des sultans ottomans de 1299 à 1520, plus remarqunble par le style que parla nouveauté des recherches. On lui doit en outre Sélim-Named, histoire anecdotique de Sélim 1er,
SAAD-IBN - ABOU-WAKKAS , capitaine arabe, un des lieutenants de Mahomet et l'un de ceux qui contribuèrent le plus à la propagation de l'islamisme, né k La Mecque, mort en 675 de noire ère. Il fut un des premiers à reconnaître Mahomet pour prophète et prit part k l'expédition contre les Coraïschites. Mis par Omar k la tête d'une armée en 636, il entreprit la conquête de la Perse, battit les Persans à Kadesiah, puis près de Bohair- Adjan et k Djaloula (637) et s'empara de Nahr-Schyr, où il trouva des richesses considérables. En 638, Saad jeta les fondements de la ville de Koufah , qui ne fut d'abord qu'un camp retranché, puis il marcha sur la capitale de la Perse, Madaïn, et s'en empara. A partir de cette époque, Siiaci paraît avoir renoncé à faire la guerre. En 644, il fit partie des sept chefs qui désignèrent Olhman pour calife. Après la mort de ce dernier, il se prononça pour Moawiah contre Ali.
SAADEH, ville d'Arabie, dans l'Yémen, k 222 kilom. N. de Sana, à 62 kilom. N.-E. d'Abou-Arich. Mines de fer aux environs. Ville ancienne, ceinte de murailles et défendue par un château fort. On y remarque une belle mosquée renfermant le tombeau de l'iman El- Hadi, saint mahométan.
SAAD1 ou SAD1, surnommé Moillh-Eddin,
célèbre poëte persan, né a Schiraz selon les uns vers 1194, selon d'autres vers 1184 de notre ère, mort en 1291. Il était fils d'Abd-Allah, attaché à la maison du sultan Atabec Saad-ben-Zengui, et ce fut pour ce motif qu'il prit le nom de Saadi. Tout enfant, il devint Orphelin et fut élevé dans les idées d'une extreme piété. De Schiraz, où il commença ses études, il se rendit à Bagdad, y suivit les cours du collège de Nizam-Almoulc, puis partit pour La Mecque, pèlerinage qu'il devait faire quatorze fois. Après s'être livré pendant une trentaine d'années k l'étude et k la vie contemplative, Saadi se mit h voyager. Il visita successivement la Syrie, la Perse, l'Egypte, la Mauritanie, le Turkestan, l'Abyssinie, l'Asie Mineure et une partie de la presqu'île indoustanique. Ayant combattu contre les chrétiens dans l'Asie Mineure, il fut fait prisonnier par les croisés et employé à creuser des tranchées devant Tripoli, Un riche marchand d'Alep le racheta et lui donna sa fille en mariage. Mais cette union avee une femme acariâtre fut loin de lui donner le bonheur. Il ne se maria pas moins une seconde fois k l'époque où il se livrait a ses longs voyages. Bien qu'il eût fait la guerre, le poète était loin d'être courageux. Il a raconté lui-même que, sortant un jour de Balkh, accompagné d'un robuste jeune homme, il aperçut deux Indous, armés l'un d'un bâton, l'autre d'un maillet; terrifié, il s'empressa de leur abandonner ses bagages et ses armes sans essayer de se défendre. De retour k Schiraz, Saadi, qui avait alors une soixantaine d'années, résolut de vivre dans la retraite et passa les dernières années de sa longue existence dans un ermitage, près de la ville. Ce fut là, selon toute vraisemblance, qu'il composa les ouvrages auxquels il doit sa célébrité. C'était an homme d'une humeur enjouée et de beaucoup d'esprit, qui jouit jusqu'à la fin de sa vie d'un grand crédit et qui fut fréquemment visité dans sa retraite par des princes et de hauts personnages. Les musulmans, dont la crédulité égale celle des catholiques, prétendent que Saadi avait le don des miracles et que le prophète Elie venait le visiter. Il fut inhumé dans un magnifique tombeau élevé à l'endroit où il avait passé ses dernières années. « Saadi, dit Silvestre de Sacy, n'était point un de ces sofis hypocrites qui embrassent la vie spirituelle pour vivre dans la volupté et la fainéantise aux dépens de la crédulité des pieux musulmans; car il traite sans ménagement feux, qui déshonorent, par une semblable conduite, la profession religieuse. Sa morale est en général pure et ne peut être accusée ni de relâchement ni de rigorisme; il sait tenir le milieu entre le fatalisme qui réduit 1 homme à l'état d'être entièrement passif, et l'indépendance qui le livre tout k fait k lui-même. Tous ses ouvrages ne sont pas cependant exempts de reproches, et le recueil de ses œuvres contient quelques poésies dont rien ne saurait excuser l'obscénité. » Le recueil des œuvres de Saadi, recueil appelé par les Persans la Salière des poètes, a été publié k Calcutta (1791, î vol. in-fol.}. Il comprend des ouvrages en prose et en vers, des élégies