V. Huoo
Enfin, il y a la strophe de six vers, toute en vers de huit pieds :
Donc, si vous m'en croy<?z, mignonne, Tandis que votre âge Ilcuronne En sa plus verte nouveauté, Cueillez, cueillez votre jeunesse ; Comme à celte fleur, la vieillesse Fera ternir votre beauté.
RoNSARn.
On construit aussi cette- strophe sur deui rimes, au lieu de trois, et on la clôt très-heureusement par un vers de quatre pieds : Sur les collines de Lorraine, Parmi les sapins et les bous.
Est une fille éclose h peine, Une faneuse aux cheveux roux.
Femmes du mont et de la plaine, Inclincz-vousl
J. AUTRAK.
La strophe de six vers en vers de sept pieds, coupée au second et à l'avant-dernier vers par un vers de trois pieds, donne un rhythme sautillant et léger, usité par les poùtes du xvio siècle, et que V. Hugo, Sainte-Beuve et
STRO
la plupart des romantiques ont remis en honneur :
Bois qui chantent, fraîches plaines,
D'odeurs pleines; Lacs de moire, coteaux bleus.
Ciel où le nuage passe;
Large espace, Monts aux rochers anguleux...
Th. Gautier.
C'est le rhythme sur lequel V. Hugo a écrit Sara la baigneuse.
La strophe de huit vers, composée de deux quatrainsà rimesdiversementcroisées, n'offre pas beaucoup d'intérêt; on en fait rarement usage. Elle a, au contraire, un mouvement très-vif en vers de trois, cinq ou sept pieds, lorsqu'elle est obtenue en triplant les rimes :
Le cèdre s'embrase, Crie, éclate, écrase Sa brûlante base Sous ses bras fumants!
La flamme en colonne Monte, tourbillonne.
Retombe et bouillonne En feux écuniants.
Lamartine.
Les vierges au sein d'ébène, Belles comme les beaux soirs Riaient de se voir à peine Dans le cuivre des miroirs.
D'autres, joyeuses comme elles, Faisaient jaillir des mamelles De leurs dociles chamelles Un lait blanc , sous leurs doigts noirs. V. IIuoo.
Ecuyer,
Çà, qu'on selle
Mon Adèle
Destrier.
Mon cœur ploie
Sous la joie,
Quand je broie
L'étrier.